‹ Compendium de médecine pratique, ou, Exposé analytique et raisonné des travaux contenus dans les principaux traités de pathologie interne (volume 2)Chapitre 27 sur 57 · GO II · texte numérisé non relu

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tourmenté par la podagre, plongea ses jambes dans du vinaigre chaud , et qu'il fut frappé de paralysie du mouvement et du sentiment. Le cataplasme de Riolan, formé avec la farine de fenu-grec, de miel et de vinaigre, produisait des effets admirables dans l'espace de deux jours, si l'on en croit son inventeur. On a blâmé son emploi ainsi que l'usage des topiques camphrés, ou narcotiques, de l'emplâtre de jusquiame. On a considéré, mais à tort, comme traitement perturbateur celui qui consiste à administrer les vomitifs, le vin stibié uni à l'aconit et à l'extrait de jusquiame (méthode de Vogel et des Allemands), le vin stibié mêlé au laudanum , la poudre de Dower, le remède de Cadet de Vaux, qui n'est que l'ingestion d'une énorme quantité d'eau chaude et qui consiste à faire prendre au patient, de quart d'heure en quart d'heure, quarantehuit verres d'eau chaude; chaque verre doit contenir 190 gramm. environ. Disons, pour terminer, que la plupart de ces moyens sont infidèles ou dangereux, et qu'il est préférable de chercher à régler le traitement sur les indications que présente le malade.

II faut se rappeler qu'il y a dans la goutte deux éléments morbides principaux : l'un , général, que nous ne connaissons pas; l'autre, local, et qui n'est que l'effet du premier, se traduit par des phénomènes morbides que nous pouvons combattre d'après des règles assez précises. Mais disons hautement que nous n'agissons par le traitement local que sur la maladie locale , et que nous ne devons pas espérer enrayer ainsi la marche d'une maladie , dont nous n'atteignons que la superficie ? et qui dès lors doit résister à nos remèdes.

Traitement local. — Quelle que soit la nature de la goutte, il est impossible de méconnaître, dans les symptômes locaux, les signes d'une inflammation souvent violente des parties constituant la jointure : la rougeur vive, l'élévation de la température, le gonflement, la douleur violente, etc. , sont des symptômes évidemment inflammatoires? Mais gardonsnous de croire que c'est là toute la maladie , et que nous la ferons cesser ou que nous l'empêcherons de reproduire ailleurs ses déterminations morbides , en la combattant dans l'articulation où elie est actuellement fixée. Ce serait là une vaine illusion qui a été partagée par tous les médecins qui ont borné leur thérapeutique à un traitement purement local, et se sont imaginés que la goutte devait être ainsi traitée. Us ressemblent à ceux qui prétendaient guérir la variole, la rougeole ou la fièvre typhoïde, en combattant l'exanthème cutané ou intestinal.

On a appliqué sur les jointures malades une foule de topiques dont la composition est très-différente. Les uns ont vanté les fomentations d'huile chaude simple ou chargée de principes narcotiques , les décoctions de plantes narcotiques , de jusquiame ,

de morelle, de belladone, de ciguë; les autres, et c'est le plus grand nombre, des fomentations émollientes ou des cataplasmes de même nature arrosés fortement de laudanum de Sydenham ou de Rousseau. Sydenham s'est bien trouvé d'un cataplasme de mie de pain blanc bouillie dans du lait; il y ajoutait du safran et un peu d'huile rosat. L'application répétée de sangsues sur la jointure a été conseillée par Paulmier , par Barthez , et surtout par les partisans de la doctrine de l'irritation, qui ont regardé ce moyen comme jouissant d'une efficacité constante. Le remède de Paulmier , qui a acquis tant de célébrité , n'est qu'un traitement antiphlogistique local. Ce médecin faisait appliquer de vingt à trente sangsues, et même davantage la première fois; on en diminuait le nombre quand les accidents perdaient de leur intensité. On doit quelque reconnaissance à Paulmier pour avoir employé avec hardiesse et réglé l'application des sangsues. Déjà Arétée et Cœlius Aurelianus avaient dit que les sangsues enlevaient la douleur des jointures. Plusieurs médecins de notre époque ont étrangement abusé de ce moyen dans le traitement de la goutte. «L'application des sangsues , dit M. Roche, peut abréger les attaques de goutte, et , dans quelques cas même , les faire avorter» (article Arthrite, Diction, de médec. et de chirurg. pratiq.). Les émissions sanguines locales peuvent être utiles lorsque la goutte est localisée, le sujet fort et pléthorique , et les symptômes inflammatoires très-prononcés. Elles soulagent beaucoup les malades, diminuent la pléthore veineuse et la congestion' qui s'effectue vers la jointure ; mais elles n'arrêtent pas le mal, qui suit seulement ses phases avec moins d'intensité. Les cataplasmes émollients , les lotions tièdes , les fomentations huileuses et laudanisées, rendent les accidents moins douloureux et moins pénibles. L'application de ventouses scarifiées sur les membres étant douloureuse , on doit leur préférer les sangsues. Faisons remarquer que les topiques émollients , trop longtemps prolongés , produisent l'engorgement des tissus , des infiltrations séreuses , et qu'on doit en cesser l'emploi vers la fin de l'attaque , pour les remplacer par des fomentations huileuses et laudanisées. Il est rare que la tumeur inflammatoire s'abcède lorsqu'il n'y a pas production de tophus; cependant, il en est ainsi dans quelques cas, et l'on est contraint alors d'ouvrir les petits abcès qui se sont formés. Nous indiquerons plus loin les remèdes employés dans le but de résoudre les concrétions tophacées qui se montrent dans la goutte chronique. Le remède de Pradicr consiste dans l'application sur les membres d'un large cataplasme arrosé d'une liqueur dont voici la composition : "if baume de la Mecque , 24 grammes; quinquina rouge, 31 gram.; safran, 16 gram.; sauge, sakeparcille , 31 gram.;

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alcool rectifié , i kil. : 4685 ( 3 livres ). Faites dissoudre à part le baume de la Mecque dans le tiers de l'alcool ; faites macérer, dans le reste de l'alcool, les autres substances pendant deux fois vingtquatre heures; filtrez et unissez les deux liqueurs. Pour l'usage, on mêle la teinture obtenue avec deux ou trois fois autant d'eau de chaux ; on agite la bouteille au moment de s'en servir, afin de mêler le précipité qui se fait. Telle est la formule que Guilbert a publiée dans son article (loc. cit. , p. 190); il la tenait de la commission des remèdes secrets. On l'a citée, dans les livres , avec des modifications qui ne portent que sur la quantité des substances employées. Pour se servir de ce remède , on commence par faire un large cataplasme de farine de graine de lin , que l'on étend sur une serviette, et qui doit avoir l'épaisseur d'un doigt environ ; il faut qu'il soit tenace , et qu'il enveloppe les deux jambes , si les douleurs occupent les deux pieds et les chevilles. Le cataplasme étant trèschaud, on verse à sa surface 64 gramm. de la liqueur préparée , on l'étend également partout , et on recouvre tout le membre. On ne change ordinairement ce cataplasme qu'au bout de vingt-quatre heures Nous ne décrirons pas longuement les effets qu'il détermine; il agit comme agent tonique et excitant. Le plus ordinairement, les symptômes locaux prennent plus d'intensité sous son influence , et quelques malades sont forcés d'y renoncer au bout de peu de temps. Ce remède paraît convenir plus spécialement dans la goutte chronique, et nous en aurions parlé en traitant de cette dernière , si on ne l'avait prôné dans toutes les formes de la maladie. Disons que les guérisons qu'il procure ne sont ni plus rapides ni plus sûres qu'avec les autres moyens ( voy. , sur les effets du remède de Pradier, le rapport de Halle, et l'art, cit. de Guilbert, p. 1 90 et suiv. ).

Voici un autre spécifique, qui a été préconisé dans ces derniers temps par M. Turck : il est déjà oublié, et mérite de l'être ; cependant , notre devoir d'historien nous oblige à en dire quelques mots. 11 consiste en lotions que l'on fait sur tout le corps avec une solution d'aluminatede potasse. On prépare ce sel avec de l'alumine bien pure, que l'on combine à une solution de potasse ou de soude plus ou moins concentrée; on a alors divers degrés de saturation et de liqueurs marqués, n'" 1 , 2 , 3, 4, 5 et G. On prend 1 0 litres d'une de ces dissolutions , on y fait dissoudre 300 grammes de gomme arabique , un jaune d'œuf ; 200 grammes de sirop de sucre et de térébenthine de Chio sont ajoutés à l;i dissolution , et 250 grammes d'alcool I 80° (Baume), et salure de camphre. On conserve daoi des bouteilles bien fermées; on prend d'une à trois cuillerées de re remède, on les \erse dans une timbale d'argent , on ckauffc au bain-marié dans les lempi ii oid . < I on lu» faire des

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lotions sur tout le corps, soit simultanément, soit successivement. On peut en pratiquer depuis deux jusqu'à dix par jour ( Traité de la goutte,, p. 418 et 433).

Traitement général. > — A. Émissions sanguines. — Sydenham , qui a tracé le traitement de la goutte avec une sagacité qui n'a point été dépassée, dit que la perte de sang ne convient, ni pour prévenir un accès que l'on craint , ni pour adoucir un accès présent , surtout chez les personnes avancées en âge ; il y trouve quelque avantage chez ceux qui sont jeunes , et qui ont abusé des boissons vineuses. Gelse, Galien , Barthez , sont partisans de la saignée. On a souvent cité, en faveur de ce moyen , ce que dit Hippocrate des Scylhes , qui , pour se préserver des maladies articulaires auxquelles ils étaient généralement sujets, se faisaient ouvrir la veine derrière l'oreille , et en faisaient couler beaucoup de sang. Cette citation , souvent répétée par les auteurs, est tout à fait inexacte, et ce n'est pas contre les maladies des articulations qu'ils dirigeaient cette saignée, mais contre l'impuissance , qui était fréquente parmi eux. Hippocraie ajoute même que la saignée, loin d'être utile, est nuisible , en ce qu'elle altère la liqueur séminale; car, dit-il , si l'on coupe les veines qui sont derrière les oreilles , on prive ceux qui ont subi cette opération de la faculté d'engendrer ( Traité des airs , des eaux et des lieux, § 22 ; voy. traduct. de M. Littré, t. n, p. 79 ). Nous n'avons pas à rechercher si c'est à tort ou à raison que le médecin grec soutient celte opinion, nous avons voulu seulement rétablir l'exactitude d'une citation vicieuse, répétée, comme tant d'autres, sur la foi des auteurs.

Mead, qui regarde, à l'exemple de la plupart des auteurs anciens , la douleur et la tuméfaction comme des symptômes nécessaires à l'expulsion de la matière morbifique , prétend que, si la fièvre est violente, s'il y a de la dyspnée, du délire, il faut saigner pour dissiper la douleur, et préparer la sortie de l'humeur (de Podagra , p. 122; in Opéra omnia , t. n, in-8°; Paris, 1758 ). Les principales indications ont été parfaitement saisies par Van Swielen ( loc. cit., p. 303). Quand la pléthore est générale, le sujet d'un tempérament sanguin et d'une forte constitution, quand les symptômes inflammatoires locaux sont intenses, la saignée générale est indispensable, et il faut y revenir une seconde fois, si les symptômes persistent avec la même violence; mais ce serait une erreur que de croire que la maladie sera arrêtée dans sa marche : elle la poursuivra, mais avec plus de modération. Nous dirons avec Boerhaavc , que tant d'ailleurs copient sans le citer : aVena gectionem non «aUingere mali maleriam, sedem , eausam; prodessc ntamen aliquando casu, revellendo parum et vires «urgentes minuendçs (aj»h. 1270; loc. cit., p. 303).

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B. Purgatifs. — Us ont été préconisés par un grand nombre de médecins ( Alexandre de Tralles , Fernel , Fréd. Hoffmann , Scudamore, et beaucoup d'auteurs anglais). Les purgatifs les plus doux et les plus violents , comme l'aloès , le jalap , la scammonée , etc. , font la base des principales formules dont ils se sont servis. Cullen préfère ceux qui peuvent entretenir la liberté du ventre sans purger beaucoup : tels sont les sels alcalins, les différentes préparations d'aloès,la rhubarbe, la magnésie blanche, ou les fleurs de soufre (Élém. de méd. prat., p. 494, t. i, in-8°; Paris, 1819). Scudamore administre le calomélas, joint à l'extrait de coloquinte , au savon médicinal et à la poudre antimoniale de James, très-usitée en Angleterre (composée de sulfure d'antimoine en poudre, de corne de cerf râpée, parties égales, que l'on fait griller et calciner ensuite; c'est un mélange d'acide antimonieux, de phosphate dechaux, et d'antimonite de chaux, Berzelius). Il en seconde l'action avec une potion dans laquelle entrent des sels purgatifs et l'acétate de colchique (ouvr. cit. , p. 185).

«La purgation, soit par haut, soit par bas, n'est pas moins à rejeter que la saignée, » dit Sydenham, et il appuie cette opinion sur les idées humorales qu'il s'était faites de la goutte , et que beaucoup d'auteurs ont adoptées. «C'est une loi essentielle et inviolable de la nature , que l'humeur goutteuse doit toujours être expulsée aux articulations. Or, les émétiques et les purgatifs ne produiront autre chose que de la faire rentrer dans le sang, d'où elle se jettera peutêtre dans quelque viscère (loc. cit., § 829). Quelle que soit l'interprétation que l'on donne des phénomènes de la goutte , on ne peut se refuser à y voir l'accomplissement de certains actes pathologiques qui doivent se développer sous l'influence d'une cause inconnue. Or, si l'on vient à perturber d'une manière trop violente l'économie , il est à craindre que l'on ne provoque des accidents plus fâcheux que le mal même ; c'est en ce sens que l'usage des purgatifs , surtout lorsqu'ils sont doués de propriétés énergiques, n'est pas sans danger; mais il ne faut, pas pour cela, s'en abstenir entièrement. Gomme la constipation est un symptôme ordinaire , on doit s'attacher à la combattre par des substances salines ou des boissons légèrement laxatives, le petit-lait, la décoction de tamarin , et les infusions amères , dans lesquelles on dissout un sel alcalin. Sydenham repousse entièrement tous les purgatifs, même les plus doux : «J'ai éprouvé sur les autres et sur moi-même , dit-il , que la purgation , dans tous ces différents temps , n'a fait qu'augmenter le mal au lieu de le guérir. »

Les vomitifs ne sont jamais indiqués dans la goutte simple; les sudorifiques ont réussi entre les mains d'un certain nombre de médecins. Sydenham, dont les vues pratiques sur la goutte méritent

toute l'attention des médecins , mais qui a le tort de s' engager dans des raisonnements à perte de vue sur le principe morbifique de la maladie , Sydenham n'approuve pas beaucoup l'usage des diaphorétiques , parce qu'il pense que c'est moins l'office du médecin que l'ouvrage de la nature de procurer les sueurs (loc. cit., § 834). Il permet seulement l'usage d'une tisane légèrement sudorifique, qui consiste dans une infusion chaude de racines de squine, de salsepareille, de sassafras, de semence d'anis. Boerhaave conseille, pour amener la transpiration, de faire prendre pendant trois mois de suite, chaque matin, deux ou trois grains de sel volatil de corne de cerf dans de l'eau et du vin , ou dans un peu de bouillon de viande , et de faire boire par-dessns une décoction de salsepareille et de sassafras. Les diaphorétiques les plus usités sont les infusions chaudes , dans lesquelles on met quelques gouttes d'acétate d'ammoniaque. Les Anglais vantent l'antimoine à petite dose, mêlé à l'opium ou au calomel. La poudre de Dower, les bains de vapeur, sont utiles aussi, quand on juge nécessaire d'activer la transpiration.

Les amers et les toniques de toute espèce ont été prodigués dans cette maladie. Aetius fait l'éloge d'une poudre composée de parties égales de racine de gentiane, d'aristoloche, de baies de laurier, et de myrrhe. Galien recommande les sommités et les semences de rue sauvage , l'aristoloche , la petite centaurée , le pouiiot , le persil : il donnait une ou plusieurs de ces plantes. Le succès de ce remède et de la plupart de ceux dont il sera question par la suite dépend sans doute de ce qu'on les a administrés à des sujets dont l'estomac et l'intestin , débilités ou atteints de névrose et d'atonie, avaient besoin d'une légère stimulation; il ne faut pas croire, pour cela, qu'ils jouissent de quelques propriétés anti goutteuses.

La fameuse poudre du duc de Portland , désignée aussi, dans la pharmacopée de Paris, sous le nom de puhis arthriticus amarus , qui a eu une si grande vogue, surtout en Angleterre, est un composé qui se rapproche beaucoup de la formule d' Aetius ; il renferme l'aristoloche, la gentiane, les sommités de petit chêne ( teucrium chamœdrys) , de petite centaurée. On donne 4 grammes de la poudre formée avec parties égales de chacune de ces plantes pulvérisées. La poudre doit être prise le matin , à jeun , pendant trois mois consécutivement; pendant les trois mois qui suivent, 3 grammes , et dans les autres six derniers mois, 2 grammes ; l'année suivante, il suffit d'en prendre 2 grammes tous les deux jours. Les auteurs se sont partagés en deux camps au sujet de l'efficacité de ce remède : les uns l'ont considéré comme anti-goutteux par excellence; les autres lui ont attribué la mort de tous les goutteux qui en avaient pris. Celte poudre ne mérite ni l'admiration ni les craintes

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dont elle a été l'objet; seulement, nous dirons que, comme elle ne peut être d'aucune utilité contre le mal en lui-même , et qu'elle ne peut servir que chez les sujets qui ont besoin d'être tonifiés, il faut ne la prescrire qu'à titre de corroborant, et ne pas en prolonger l'usage trop longtemps ; il vaut même mieux lui préférer les toniques dont nous parlerons plus loin.

Sydenham a décrit les heureux effets des toniques; mais répétons qu'ils ne servent uniquemeul qu'à relever les forces abattues, qu'à fortifier le sujet, à dissiper la gastralgie, les flux diarrhéiques non inflammatoires , qui s'établissent chez les vieux podagres; disons, en un mot, que la née ssité de rendre du ton, comme le disaient les anciens, peut leur avoir commandé l'usage des corroborants , dans les cas nombreux où la goutte était chronique et compliquée de différents troubles; c'est ce qui nous engage à en traiter dans le chapitre suivant, où il sera question de ces remèdes et de tous les anti-goutteux.

Traitement de la goutte chronique : traitement local. — L'attention des praticiens a dû être spécialement dirigée, de tout temps, sur les concrétions tophacées , et sur les moyens de les résoudre. Elles font le désespoir des goutteux et des médecins, qui ne peuvent, le plus ordinairement, que pallier un mal qui a donné lieu à des altérations aussi profondes.

S'il ne reste après les attaques de goutte qu'un gonflement oedémateux , ce qui est fréquent et se reconnaît à la transparence des tissus , et à ce qu'ils conservent l'impression du doigt, on fait sur les parties gonflées des fomentations d'eau tiède, ou d'huile chaude ; il faut s'abstenir d'applications émollienles, et leur préférer les topiques aromatiques, dans lesquels entrent les huiles de cajeput, de camomille camphrée, de térébenthine; on a encore conseillé , en pareille circonstance, le bain d'huile et de sel, l'éluve, les vapeurs aromatiques de benjoin , de genièvre , les feuilles de choux cuites au feu, le sel commun, etc.

Les gonflements tiennent souvent, avons -nous dit, à l'induration des tissus fibreux. Les tendons et les mu cles deviennent rigides ; lorsque le malade veut tendre, il ressent une douleur vive, un craquement pénible; les gaines dans lesquelles glissent les tendons, les bourses muqueuses , sont aussi le siège de nodosités dont nous a\ons indiqué la nature. On turent consulté par des malades qui veulent se délivrer des infirmités que ces lésions entraînent avec

elles. A1 i topiques précédemment indiqués pour résoudre l'o'l me, on doit ajouter les remèdes que nous allons énumérer : ils ne diffèrent pas «1»' ceux dont on m sert Journellement pour Favoriser la ré ot ptfon di t >, hns ai lieu rcmè les

sout ; les lotions avec les solutions alcalines de bi-car-

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bonate de potasse et de soude , les bains de vapeur simple, sulfureuse ou aromatique , les douches d'eau simple ou sulfureuse, les douches à l'eau froide et les bains de mer, qu'il ne faut employer qu'avec prudence ; les eaux minérales chaudes , les eaux de Vichy, de Gaulerets et des Pyrénées, de Buxton et de Balh, en Angleterre, les frictions sèches , le massage et les lotions savonneuses.

Les sels alcalins ont été préconisés dès les temps les plus anciens. Aetius préparait une liqueur saline avec le nitre; Alexandre de Tralles, un cérat qui contenait les principes actifs de la solution alcaline dont se servaient les foulons pour dégraisser la laine. Hoffmann conseille la teinture volatile de soufre , préparée avec la chaux vive, le sel commun et le soufre (Medicina ralionalis^ t. iv, § u, cap. 11). Les emplâtres préparés avec le savon , avec le camphre et le savon cuit ( emplâtre de Quarin), avec les résines , et particulièrement les emplâtres dans lesquels entrent la térébenthine, le baume du Pérou et de Tolu , etc. , conviennent pour exciter un mouvement organique plus actif dans les tissus qui entourent les jointures, et pour amener la résolution. De tous les agents thérapeutiques qui réussissent le mieux dans le traitement des affections articulaires causées par la goutte, il n'en est pas que l'on puisse mettre audessus des lotions alcalines avec le bi-carbonale de potasse et de soude ; les eaux thermales de Vichy, et les eaux thermales sulfureuses, jouissent d'une réputation justement méritée. Cependant nous devons prémunir le lecteur contre les éloges exagérés dont les eaux de Vichy ont été le sujet. Si l'on s'en rapporte au travail de M. Gh. Petit, elles guérissent presque à coup sûr (Quelques considérations sur la nature delà goutte et sur son traitement parles eaux thermales de Vichy; in-8°, Paris, 1835). M. Prunelle, un des médecins de ceseaux, déclare auconti aire qu'elles ne jouissent d'aucune vertu (Rapport de l'Acad. de méd., séance du 31 mai 1840). Les topiques nombreux que le charlatanisme a mis en vogue ont été surtout employés dans la goût te chronique. Gabriel Vilctte a publié la recette de sa solution attractive et calmante , préparée comme il suit : "if Résine de gayac en poudre et safran du Satinais, 62 gramm.;eau de chaux saturée (250 gram. de chaux vive dans quatre bouteilles d'eau). On arrose un cataplasme très-chaud de cette liqueur, et on le saupoudre de safran gatinais et de farine de moutarde (Conseil aux goutteux et aux rhumatisants , p. 284 et suiv. , in-8°; Paris, 181 1). Les cataplasmes de Pradier agissent en excitant fortement les parties, et présentent de graves inconvénients. 11 eu est de même de la teinture de iVIusgmc, et du nardum ungnenlum formé avec des substances résineuses et aromatiques.

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Lorsque les douleurs articulaires et le gonflement persistent opiniâtrement, lorsqu'elles paraissent tenir à un travail chronique d'irritation qui subsiste, bien que la cause interne qui l'a produit ait disparu , il faut recourir à des moyens énergiques, pratiquer surlajointureou mieux encore sur les parties environnantes des scarifications , et appliquer à maintes reprises des ventouses par- dessus les incisions. Si le mal diminue, si les téguments s'assouplissent, si les membres commencent à se détendre et à opérer quelques mouvements, on doit recourir à l'emploi de quelques-uns des remèdes précédemment indiqués, et spécialement des eaux thermales, et des lotions chaudes alcalines. C'est aussi dans des cas pareils que le vésicatoire se trouve indiqué; l'un de nous l'a vu réussir dans un cas presque désespéré. C'est sous forme de vésicatoire volant qu'il offre le plus d'avantages; on lui fait parcourir tous les environs de la jointure jusqu'à ce qu'il y ait diminution notable des phénomènes locaux. Enfin, dans les cas extrêmes, il faut placer un moxa : «Inustione cum lino, utendum «saepe est.» Hippocrate en conseille l'emploi dans le cas où il existe de la douleur dans les doigts: «On brûlera, dit-il , les veines des doigts un peu au-dessus des articulations, et on se servira pour cela de lin cru.» Il ajoute ailleurs : «Si la douleur se fixe dans un endroit quel qu'il soit , et qu'on ne puisse l'apaiser par les remèdes, il faudra brûler cet endroit avec du lin cru.» Les uns ont recommandé de se servir de feuilles d'armoise pour cette opération, de préférence à cette matière ; mais on peut assurer, avec Sydenham , que cela importe peu pour le succès du traitement. L'Hippocrate anglais se montre peu favorable à l'emploi de ce remède; il croit cependant qu'il soulage les douleurs , mais qu'il n'atténue pas la cause du mal. On doit , eu effet , ne considérer le moxa que comme un moyen local utile pour détruire les engorgements, et encore ne peut-il être employé que chez les sujets forts , et qui peuvent encore opposer une certaine réaction. Dans Ja goutte chronique fixe ou irrégulière le moxa peut être utile en rendant les déterminations morbides moins vagabondes. Les frictions irritantes faites avec un cérat dans lequel entre le suc d'euphorbe ^Alexandre de Tralles), l'application de moutarde mêlée avec du vinaigre (même auteur), d'herbe de renoncule réduite en poudre, d'huile aromatique de cannelle, l'urtication (Van Swieten , loc. cit. J p. 340) , les frictions avec l'huile de croton tiglion, avec quelques gouttes de baume de soufre succiué , avec la pommade stibiée , en un mot, les agents capables de produire une irritation vive, continue ou passagère à la peau, peuvent être employés pour guérir les altérations chroniques anciennes des jointures. Ils nous paraissent plus infidèles que le vésicatoire , le moxa et les autres remèdes que

nous avons déjà énumérés ; il est d'ailleurs plus difficile d'en régler l'action.

On a cherché à dissoudre- les concrétions goutteuses à l'aide de l'huile essentielle de térébenthine, et avec les alcalis. On a aussi proposé de mettre en usage l'opération indiquée par Musgrave , dans le but de" donner issue à la matière saline qui forme les tumeurs goutteuses, lorsqu'on est en droit de supposer qu'elle est à l'état liquide ou demi-liquide. Cette opération consiste à en opérer la succion avec un instrument disposé dans ce but. Guilbert conseille de pénétrer dans la tumeur avec un petit trocart, et de faire ensuite des injections, afin de ramollir la substance lophacée. Quand on a la cei litude que le dépôt salin est à demi liquide, et que la peau est rouge et amincie au pourtour, il est préférable de faire une incision, afin que la matière puisse s'échapper plus librement; souvent, d'ailleurs , elle est mêlée à du pus auquel il est utile de livrer passage. On peut employer des fomentations qui ramollissent la concrétion, ou aller la chercher avec des pinces lorsqu'elle est déjà déplacée de son siège primitif. Quelquefois la nature travaille elle-même activement à cette élimination; la peau s'ulcère, et l'urate de soude et de chaux mis à nu s'échappe par l'ouverture accidentelle , avec la sérosité qui l'entoure. Un médecin anglais, Pye, prétend avoir vu une concrétion goutteuse se résoudre, en laissant transsuder à travers les pores de la peau les grains de substance saline. Cette assertion doit inspirer une grande défiance.

Traitement général de la goutte chronique. — Ici viennent se ranger la plupart des remèdes que l'on a préconisés comme anti-goutteux. Nous avons cru devoir en placer l'étude dans ce chapitre , parce qu'on les a employés plus souvent contre la goutte chronique que contre la goutte aiguë. Il serait à désirer que l'on pût faire marcher de front le traitement local , qui n'est que palliatif, et le traitement général ou curatif de la goutte; mais comme celui-ci est encore à trouver, le médecin ne peut que dissiper les accidents locaux, puis prescrire les règles hygiéniques qui peuvent mettre le malade à l'abri de nouvelles attaques : au delà cesse sa puissance. Quoi qu'il en soit , examinons tous les médicaments qu'on a considérés comme antigoutteux. Il est peu de maladies où l'on ait plus prodigué des remèdes de toutes espèces : les uns , dit Lucien , se purgent avec l'hiera picra; les autres cherchent un remède dans le nid d'hirondelle ;... les uns prennent des médicaments au nombre de quatre , les autres au nombre de huit , lu plupart au nombre de sept... Nous pourrions extraire des ouvrages qui ont été publiés sur la goutte des formules qui ne seraient pas moins ridicules que

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celles-là ; nous respectons trop le lecteur pour mettre sous ses yeux toutes les drogues qui ont été vantées tour à tour.

C'est surtout dans la goutte chronique , lorsque la constitution est détériorée , ainsi que nous l'avons déjà dit, qu'il convient d'employer les toniques. On a proposé dans ce but les infusions de plantes excitantes , et particulièrement de celles qui sont fournies par les crucifères, tels que le cresson , le trèfle d'eau, le cochléaria , le raifort sauvage ; ou bien des plantes, dans lesquelles le principe amer est uni à un principe excitant , la racine d'angélique et d'aunée , l'impératoire , l'absinthe , la sauge , la gcrmandrée.

On trouve toutes ces plantes réunies dans un électuaire dont Sydenham a donné la composition, et dont il se servait avec une prédilection marquée : ^ racines d'angélique , de roseau aromatique , d'impératoire, d'aunée, feuilles d'absinthe commune , de petite centaurée , de marrube blanc, de germandrée , d'ivette , de scordium , de calament commun, de matricaire , de saxifrage des prés, de millepertuis, de verge d'or, de serpolet, de menthe, de sauge, de rue, de charbon bénit, de pouliot, d'aurone; les fleurs de camomille, de tanaisie, de muguet, de safran; les graines de thlaspi , de cochléaria des jardins, de carvi , et des baies de genièvre, de chaque quantité suffisante. On prend 190 grammes de chacune de ces plantes, on mêle le tout dans suffisante quantité d'excellent miel et de vindeCanarie, pour faire un élcctuaire de consistance requise; on en donne matin et soir 8 grammes.

Un autre électuaire moins composé que le premier, et qui peut avoir son utilité dans plus d'un cas, se forme de la manière suivante : ^ conserve de cochléaria, 47 gramm. ; d'absinthe romaine etd'écorce d'orange, 31 gramm. ; racine d'angélique confite et noix muscade, de chaque, 16 gramm. Faites avec le sirop d'orange un électuaire dont le malade prendra 8 grammes matin et soir, en buvant par-dessus cinq ou six cuillerées d'une liqueur préparée ainsi qu'il suit : if racine de raifort sauvage, coupée menue , 93 gram. ; feuilles de cochléaria, 12 poignées ; de cresson d'eau, de beccabunga, de sauge, de menthe, & 124 gramm.; les écorces de six oranges, deux noix muscades concassées, et six kilogrammes de forte bière , que Ton distille de manière à en retirer seulement trois kilogrammes de liqueur. Nous avons cité la composition de ces deux électuaires, parce qu'ils donnent une idée fort exacte des plantes et des autres substances que l'on a employée! dans tous les temps et dans tons les pays, à qu< Iques variations près. En combinant plusieurs de ces plantes entre elles, en changeant la forme sous laquelle on les administre , on formera une foule de composés qui

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ont passé pour des spécifiques anti-goutteux. Nous nous croyons donc dispensés de les passer tous en revue; nous ferons seulement remarquer que les électuaires, et la liqueur dont Sydenham a formulé la composition , sont destinés par lui, non pas à combattre la goutte, mais à fortifier l'individu; et il faut reconnaître que le dernier électuaire doit jouir, en effet, de cette propriété. On peut blâmer sans doute la multiplicité des substances qui figurent dans la plupart des composés pharmaceutiques qui nous ont été transmis par nos prédécesseurs ; cependant il en est quelques-uns, et entre autres le second électuaire de Sydenham, qui méritent ajuste t Ire la confiance des praticiens.

On a encore vanté, dans les cas de goutte où il faut tonifier, la thériaque, la gentiane , la conserve de romarin donnée dans du vin ( Boerhaave ) , le quassia, la teinture de différentes espèces amères, sous le nom à'elixirium antipodagricum ; les préparations ferrugineuses , les eaux minérales de Spa, de Pyrmont , de Pougues , le quinquina , qui fait la base du fameux remède de Hcld.

Remède de Hcld. — Held proposa , en 1 71 4 , le quinquina comme un spécifique de la goutte (dissertation ayant pour titre : Écorce du Pérou , remède anti-goutteux sans pareil; in Êyhémèride des curieux de la nature , cent. 3 et 4 ). 11 préconisait le quinquina à haute dose : la douleur et la tuméfaction disparaissent, dit -il, sans le secours des topiques, la fièvre diminuant beaucoup, pour cesser ensuite entièrement. Malgré le titre du travail de Held , qui proclamait l'écorce du Pérou comme un remède divin (in podagra d'winum rcmedium), il fut longtemps oublié.

Si l'on en croit Smoll , médecin anglais , un apothicaire de Londres , nommé Bernard Bayne, fut ensuite le premier qui employa le quinquina dans la curation de la goutte (1777): dès qu'il était atteint de la goutte, il prenait, en bols, autant dequinquina que son estomac pouvait en supporter. Sydenham et Van Swieten avaient pressenti les services que cet agent thérapeutique peut rendre. On a comparé les accès de goutte à ceux de la fièvre intermittente, et cette analogie a pu conduire à l'emploi du quinquina. Deux médecins espagnols, l'un nommé Lemnos, et l'autrcs Tavares , apprirent d'un barbier que cette substance guérit presque subitement la goutte ; on en fait précéder l'administration par un purgatif. Ils s'en servirent , disent-ils, avec le plus grand succès, en le donnant à la dose de 02 grammes par jour ( 4 grammes toutes les heures ) ( Tavares , Observadons et réflexions sur l'usage salutaire du quinquina dans la goutte /Lisbonne , 1802 ). Alphonse Leroy eut recours à ce médicament , et le combina au traitement de Paulmicr : il faisait mettre des sang-

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sues sur les jointures malades (Manuel des goutteux, 2e édit., augmenté de la traduct. de l'ouv. de Tavarcs, in-8°; Paris, 1805). Giannini l'associa aux affusions froides , dont nous avons déjà parlé. Gomme les médecins que nous avons nommés , il en fait le plus grand éloge, et prétend qu'il abrège la durée du mal et en opère radicalement la cure ( ouvr. cit. , p. 80 et suiv. ). Nous devons dire que l'expérimentation n'a nullement ratifié les brillantes espérances que l'on avait fondées sur ce remède , et ceux qui voudront le mettre en usage seront contraints de l'expérimenter sur de nouveaux frais. 11 peut être utile dans tous les cas où les corroborants sont indiqués : c'est là ce qui explique le succès du quinquina et de bien d'autres remèdes usités dans la curation de la goutte. Cette maladie se composant , ainsi que nous l'avons dit, de plusieurs éléments morbides, et de complications assez variées; celles-ci ont très-bien pu se guérir sous l'influence d'un remède tel que le quinquina. Cette remarque, que nous faisons pour le quinquina et pour les toniques , s'applique à tous les autres remèdes , et nous prions le lecteur de s'en souvenir.

La douleur, l'insomnie , l'état d'excitation dans laquelle se trouvent les malades, commandent l'emploi des narcotiques : on a souvent administré le laudanum , l'opium , l'extrait de laitue , la stramoine , associés à des eaux aromatiques ou toniques.

Les médecins anglais ont une grande prédilection pour le médicament connu sous le nom de lancastricane ou goutte noire , remède qui consiste dans une préparation concentrée d'opium obtenue par ébullition , et digérée dans un acide végétal. Voici la formule donnée par Scudamore , telle qu'elle lui a été communiquée par un des héritiers de Edward Tonstall , qui le premier prépara les gouttes noires : if opium coupé par tranches, 250 gram.; trois pintes de bon verjus, 46 gram. de muscade, 16 gram. de safran ; faites bouillir jusqu'à consistance convenable, ajoutez un quarteron de sucre et deux cuillerées de levain. On met le tout pendant deux mois environ près du feu , puis à l'air , jusqu'à ce qu'il devienne en sirop ; on décante, on filtre , et on met en bouteille en ajoutant du sucre. Cette préparation est beaucoup plus active que la teinture ordinaire d'opium. On a voulu faire passer pour des spécifiques anti-goutteux la belladone , la ciguë et l'aconit ( les derniers à la dose de 5 centigr. à 1 gramm.). Van Swieten , Quarin , Barthez , se louent beaucoup de l'usage de ce dernier remède.

On a beaucoup vanté la teinture vineuse et éthérée de colchique, que Everard Home recommande comme un spécifique; il vajusqu'à dire qu'il est pour la goutte ce que le mercure est pour la syphilis. Celte assertion ridicule est ruinée par les expériences de sou compa-

triole Scudamore, et par le témoignage de tous les médecins qui l'ont essayé. On doit également ranger parmi les remèdes très-incertains la teinture d'hellébore et d'opium, d'élaterium , d'opium , dont l'usage est très-fréquent parmi les Anglais; beaucoup de médecins distingués de ce pays ont une grande confiance dans ces remèdes. Scudamore s'élève contre la vogue dont ils ont été le sujet; il regarde également comme inefficaces les teintures de ff^ilson et de lieynold, et l'eau médicinale de Husson, dont la composition est restée inconnue ( Scudamore , ouvr. cit. , p. 191 et suiv.). On a cru que l'eau de Husson n'était autre chose que la teinture de colchique automnale; mais cette opinion n'a pas été embrassée par tous les auteurs. Scudamore dit des remèdes précédents «qu'ils ont, dans quelques cas, et par de légers effets, une influence très-prompte sur les symptômes locaux ; mais ils sont si éloignés d'enlever la cause de la goutte, qu'ils laissent dans la constitution une disposition beaucoup plus forte à la maladie , avec moins de pouvoir, il est vrai , pour produire des attaques inflammatoires violentes ; mais conduisant à une plus triste et plus constante maladie encore, à la goutte sous forme chronique» (ouvr. cit., p. 197). Le colchique en extrait, sous le nom de à'hermodaclyle 3 entre dans la composition d'un grand nombre de remèdes que les anciens considéraient comme antigoutteux.

Purgatifs émétiques. — Nous n'avons encore dit que quelques mots des agents thérapeutiques que l'on a plus spécialement dirigés contre la goutte aiguë; il nous reste à mentionner ceux qui ont été employés dans la goutte chronique. Les anciens ont conseillé , d'une manière générale, les purgatifs et les émétiques dans les attaques de goutte irrégulièrement prolongée. Ils administraient d'abord un vomitif , et dans la période de fluxion de la goutte , un purgatif. Lister prescrivait un émétique, chaque mois, avec le plus grand succès. Sydenham , qui est peu partisan des purgatifs , conseille les minoratifs , que l'on fait suivre de l'administration du laudanum , dans le cas où l'attaque de goutte est compliquée d'hématurie. Les purgatifs que l'on doit préférer à tous les autres sont : les substances amères, la rhubarbe, l'aloès, auxquels on joint des sels alcalins; le calomélas à doses quotidiennes est d'un grand usage en Angleterre : on l'administre avec une autre substance amère et purgative. La manne, la casse et le séné sont aussi d'un usage fréquent.

Les diaphoniques sont généralement considérés comme utiles dans les attaques de goutte prolongées. Au nombre des remèdes qui ont été employés à ce titre, on doit citer les fleurs de soufre combinées aux décoctions de bois sudorifiques , au soufre doré d'antimoine, à l'opium, etc., le carbonate et l'acétate d'aju«

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mo/iaque (cspiil de corne de cerf), la teinture de castor, la décoction de racine de genièvre, etc. Les sudorifiques ne nous paraissent indiqués : 1° que dans les cas où l'on est endroit d'admettre que l'état goutteux est entretenu, sinon causé par l'influence du froid humide, et les fonctions de la peau affaiblies; 2° chez les sujets d'une constitution molle et imprégnée de fluides, en proie ou disposés à des flux muqueux ; 3° Barthez dit qu'ils conviennent particulièrement aux goutteux dont l'habitude du corps est cachectique et pâteuse (ouvr. cit., 1. 1 , p. 143). Nous croyons , au contraire , que l'on doit s'en abstenir lorsque la constitution est détériorée , anémiée par la goutte , ou par une maladie qui complique cette dernière. Les toniques et les amers sont alors bien mieux indiqués. Les anciens employaient alternativement les purgatifs et les sudorifiques pour remédier aux attaques de goutte déjà anciennes. 11 nous semble que cette pratique a de grands avantages daus une maladie où il importe de détourner, vers l'une ou l'autre grande surface de rapports , les mouvements morbides qui s'effectuent sans cesse vers les jointures.

On a aussi essayé d'agir sur la sécrétion urinaire. Galien ordonne aux goutteux la décoction de racine de persil dans du vin. Foreslus a vu un cas où la guérisonfut produite par l'usage d'une décoction déracine de bardane dans la bière. Les diurétiques les plus usités sont : le nitrate de potasse et les décoctions de pariétaire, de douce-amère, de bardane, de bourgeons de sapin , de pareira brava , de contrayerva , etc.

Indications thérapeutiques. — Eu présence de celte foule de médicaments, on conçoit quel doit être l'embarras du praticien. Adoptera-t-il le traitement par les toniques , les diaphoniques ou les purgatifs ? lentera-t-il quelques-uns des remèdes réputés spécifiques ? Nous répoudrons qu'il n'est pas aussi difficile au praticien de se choisir une médication , qu'il le semble au premier abord. Qu'il se rappelle qu'à moins d'essayer tour à tour tous les spécifiques, ce qui serait suivre une route remplie d'incertitude, cl même de périls , il n'a rien de mieux à faire que d'asseoir sa thérapeutique sur les indications; elles sont les mêmes que pour la goutte aiguë.

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due , à leur intensité , enfin à la force du sujet. Ce qui les rend souvent incurables, c'est le mauvais état de la constitution.

2° 11 faut, en même temps que l'on obéit 5 celte première indication, en remplir une seconde, qui consiste à explorer attentivement les viscères intérieurs pour s'assurer qu'ils ne sont pas malades. Les troubles sympathiques de l'estomac et de l'intestin , la faiblesse et les désordres nerveux vagues, qui sont si fréquents dans la goutte chronique, que l'on peut à peine les regarder comme des complications, doivent être combattus, les uns par des toniques el des corroborants fixes ou diffusibles, les autres par des narcotiques, tantôt par des purgatifs, tantôt par des diurétiques. Le praticien, instruit de toutes les conditions morbides qui peuvent s'offrir pendant le cours de la goutle, les combattra dès lors avec plus de succès, et la maladie, réduite à ses éléments, se guérira d'elle-même, ou par le secours de quelques adjuvants.

3° Disons, enfin, que si le malade ne s'astreint pas rigoureusement à toutes les règles que lui impose une hygiène sévère, et s'il n'évite pas avec soin toutes les influences nuisibles que nous avons étudiées avec détails au commencement de cet article, il est inutile qu'il implore les secours de la médecine ; il ne doit pas surtout en attendre de guérison durable (voy. les deux belles dissertations de Fréd. Hoffmann sur ce sujet : de Genuino et simplicissimo doloris podagrici remedio ; — de Cura doloris podagrici prœseivatoria, déjà cit. in Opéra omnia, suppl. m, p. 173-180, in-fol.; Genève, 1753).

Goutte interne. — Nous avons dit ce que Ton devait entendre parce mot, et quelle est la véritable nature de la goutte viscérale ; aussi ce que nous avons à ajouter au sujet du traitement est-il simple et dégagé de toutes les prescriptions contradictoires qui ont obscurci trop longtemps la thérapeutique. Posons d'abord en règle que quel que soit l'organe vers lequel se manifestent les phénomènes morbides, il faut, avant tout, faire le traitement ordinaire de la maladie : l'apoplexie , la pneumonie, la pleurésie, l'ascile, seront eomb.it tues absolument comme si elles ne s'étaient pas développées chez un goutleux. Sydenham veut que l'on agisse dans la pneumonie goutteuse comme dans la pneumonie simple, et qu'où saigne; il fait même remarquer que le sang, que l'on tire alors, i iilicii nient :emblablc à celui des pleurétiques (loc. cit., § 871). Musgrave rapporte à un principe universel Ions les traitements de la goutte interne. Il dit que l'indication générale doit cire de débari il it le plus lot, el le plus sùrcincnl possible, de la matière goutteuse, l'organe iulci ne qui en est affecté, el de chasser une partie de celle matière hors du corps, par des évacualions convenables , el d'aider la nature à eu porter une autre sur les articulations.

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Pour arriver à ce résultat , qui lui était suggéré par les idées humorales généralement admises, il donnait des remèdes internes et des remèdes externes. Les premiers étaient des excitants, des toniques, des martiaux, destinés à produire une fièvre artificielle; ks seconds, des topiques irritants, que Ton plaçait sur les extrémités, et sur les parties qui avaient été le siège de la goutte avant qu'elle eût rétrocédé {de Arthritide anomala, déjà cit., chap. 1, n° xu).

Barthez , un des auteurs modernes qui ont étudié avec le plus de soin la goutte interne, établit plusieurs indications. Lorsqu'elle est répercutée sur les viscères par l'impression du froid, des astringents, des narcotiques, on prévient le danger de la fluxion immodérée à l'aide de révulsifs: tous les auteurs sont tombés d'accord sur les avantages de cette révulsion. Il veut ensuite que l'on tonifie par les cordiaux : s'il y a affaiblissement général, il faut continuer pendant longtemps l'usage des toniques, mais y ajouter aussi des stomachiques amers et aromatiques (ouvr. cit., t. h, p. 198 et suiv.).

La maladie interne que l'on a appelée goutte interne une fois déclarée, doit-on l'attaquer par les médications ordinaires? Sans décider si c'est réellement la cause inconnue de la goutte qui a déterminé des phénomènes morbides vers le cerveau , ou la plèvre, par exemple, on est contraint d'avouer que le développement de l'apoplexie, de la pleurésie, chez un goutteux, offre quelques indications particulières. Aussi doit-on prévoir que le traitement ne saurait être le même dans tous les cas : il faudra modifier la médication suivant plusieurs circonstances. Le sujet est-il pléthorique, les symptômes locaux de la goutte sont-ils inflammatoires, on ne doit, pas hésiter à faire une large saignée; mais si Ton voit que la faiblesse arrive promptement, ou bien si elle existe chez un sujet en proie à la goutte asthénique, il est plus sage de tenter d'autres médications. Les révulsifs et les purgatifs agissent mieux , en général , que tous les autres remèdes.

La seconde indication , mais qui doit être remplie en même temps que la première, consiste à révulser fortement sur le siège primitif de la goutte ou sur les parties anciennement affectées : les ventouses scarifiées, les sangsues, la saignée du pied, serviront à opérer une révulsion spolialive, nécessaire chez les sujets forts ; on devra préférer ces saignées spoliatives et dérivalives à tous les autres moyens lorsque la maladie indique une émission sanguine. Les topiques irritants que l'on emploie pour satisfaire à la seconde indication sont les frictions fortes sur les genoux et les pieds avec une flanelle imbibée d'espritde-vin, ou d'hydrochlorale d'ammoniaque, la chaleur, les bains de pieds salés, alcalins, ou sinapisés avec l'acide hydrochlorique, le vésicatoire, et le moxa.

Ces deux derniers agents thérapeutiques sont utiles quand il s'agit d'opérer une révulsion longue, continue et énergique, afin de faire disparaître les accidents internes que l'on attribue à une goutte remontée, ou afin d'en prévenir le retour.

Pour s'éclairer sur le traitement de la goutte interne, il faut s'enquérir s'il n'a pas existé une douleur goutteuse en quelques points. Quelquefois ce premier siège de la douleur n'a pas existé : dans ce cas , on dit que la gouite interne est primitive et mal placée; la diathèse goutteuse dont il s'est montré presque toujours un ou plusieurs signes, fournit dans ce cas des renseignements précieux. Si la goutte interne est remontée, rétrocédée, il sera facile de le reconnaître en interrogeant le malade. D'ailleurs, il reste toujours dans le lieu primitivement affecté quelques vestiges de goutte. Ces données générales sont les seules que nous puissions formuler; elles suffiront au praticien qui voudra les méditer, et l'éclaireront dans les cas difficiles. Nous avons lu attentivement tout ce que Musgrave et Barthez ont écrit sur ce sujet , et nous déclarons n'avoir trouvé rien de satisfaisant : tout est vague , obscurci par des idées théoriques ou par des raisonnements propres aux auteurs.

Goutte compliquée. — La goutte aiguë se complique de différentes affections internes : ce que nous avons dit du traitement de la goutte interne s'applique rigoureusement à celui de la goutte compliquée. 11 faut, avant tout, s'attaquer à la maladie viscérale, qui menace bien plus immédiatement les jours du malade que la goutte elle-même. II est évident qu'une apoplexie, une angine tonsillaire et pharyngée, un catarrhe pulmonaire, réclament le traitement propre à ces maladies; seulement il ne faut pas oublier qu'il existe un autre élément morbide qui s'ajoute au premier, et nécessite quelques modifications dans le traitement. En général, les auteurs conseillent de recourir à ces médicaments qui agissent sur les fonctions de la peau et de l'intestin (purgatifs, diaphoréliques , révulsifs). Mais il faut, avant toute chose, si la maladie est inflammatoire, pratiquer une ou plusieurs saignées, ou retirer du sang par les scarifications ou les sangsues.

Le traitement offre plus de difficultés dans la goutte chronique compliquée. Souvent, en effet, les accidents n'ont rien de bien déterminé, soit dans leur nature , soit dans leur siège ; les symptômes nerveux et le dérangement des organes digestifs dominent , mais on ne sait comment les combattre. Vous administrez les toniques: ils fatiguent l'estomac, provoquent la diarrhée,, et dépassent le degré de stimulation que vous vouliez produire. Vous croyez les narcotiques indiqués par les douleurs et l'éréthisme nerveux où est plongé le malade , et l'opium, les gouttes noires, le laudanum, ou tout autre

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narcotique , affaiblissent le ton de l'estomac et augmentent la difficulté des digestions. Cherchons toutefois à poser les principales indications thérapeutiques , et indiquons la manière de les remplir.

La dyspnée et les symptômes de gastro-entéralgie doivent être combattus par les toniques unis aux narcotiques. Tous les praticiens ont obtenu de grands avantages de l'emploi du quinquina , des amers et des ferrugineux , associés à l'opium. Les électuaires dont Sydenham a formulé la composition donnent une juste idée de la nature des substances qui sont indiquées en pareille circonstance. La thériaque est surtout utile quand des douleurs intestinales se joignent aux douleurs et aux gonflements gastriques, à la production d'une grande quantité de gaz ( voy. Gastro-entéralgie). La goutte atonique de l'estomac , la goutte remontée, mal placée , dont les auteurs se sont tant occupés , et contre laquelle ils ont imaginé tant de formules compliquées , est un ensemble de phénomènes morbides dont la nature est fort difficile à déterminer. On peut les rapporter souvent à la névrose ; mais il faut avouer que ce mot sert, dans un grand nombre de cas , à couvrir notre ignorance. Les eaux thermales, sulfureuses, alcalines, ferrugineuses, sont indiquées chez les sujets en proie aux accidents complexes dont nous venons de parler.

Nous avons dit que la gravelle était une complication tellement fréquente de la maladie, que certains auteurs avaient été jusqu'à la considérer comme une dépendance tout aussi essentielle de la goutte que les concrétions tophacées. Cette opinion est vraie dans un grand nombre de cas. Les solutions alcalines de bicarbonate de soude, de potasse, l'eau de chaux , ont été recommandées; il est préférable pour les malades d'aller boire ces eaux aux sources naturelles qui les fournisseut. Nous épargnons au lecteur rénumération d'une foule de remèdes que Ton trouve indiqués dans les ouvrages anciens et modernes. Il est souvent impossible de débrouiller quelque chose dans cet amas confus et incohérent de formules et de médications qui ont été dictées par des idées spéculatives , et souvent par le charlatanisme.

Nature de la goutte. — L'opinion qui a régné le plus généralement est que la goutte résulte d'une matière morbifique qui se porte sur les jointures , et même sur d'autres organes , et produit les phénomènes de la maladie. Hippocratc regarde la bile et la pituite comme la cause essentielle de la goutte ; ces deux humeurs , mises en mouvement , se déposent sur les jointures.

Galien adopte cette doctrine humorale , et en fait la base de sa théorie. La goutte blanche, œdémateuse, froide , est l'effet de l'humeur piluiteuse ; la goutte aiguë, inflammatoire , est produite par la bile. Ce n'est pas tant l'altération des humeurs qui est la cause

prochaine de celte maladie que la surabondance des différentes humeurs. Oribase, Aétius , Paul d'Éginc, Cœlius Aurelianus , Alexandre de Tralles , ont soutenu le système de Galien , en y modifiant quelques idées.

Le triomphe des doctrines chimiques , à l'époque où Paracelse enseignait avec tant d'éclat , devait contribuer à faire prévaloir les théories humorales. Paracelse, qui a le mérite d'avoir reconnu l'existence de la synovie , attribue la goutte à l'acrimonie de ce liquide , acrimonie qui est telle , qu'elle peut irriter les parties voisines des jointures , et occasionner les douleurs vives qu'éprouvent les malades. 11 y a sans doute plus d'une erreur renfermée dans cette théorie ; mais elle n'en est pas moins un progrès dans l'histoire de la goutte. Sennert la croit produite par la fermentation de la synovie. Pietsch pense que la cause générale de la goutte est l'humeur spermatique mal préparée par les organes de la génération , et introduite dans le sang.

Fernel soutient que la goutte est déterminée par une humeur pituiteuse ténue qui s'écoule de la tête, et se répand sur les jointures : «Ce n'est pas , dit-il , le cerveau ou ses ventricules, qui en sont le point de départ , mais les parties externes de la tête : «Extra «calvam positœ origo sunt arthritidis; e quibus su- «pervacaneus humor per surama corporis sub cule «deorsum decurrit»( Patholog., lib. vi, cap. 18 ). Rivière veut qu'il y ait dans cette maladie altération du sang par un sel acide et corrosif, originairement développée dans ce liquide ; il se sépare de celui-ci , et se répand dans les veines lymphatiques , et leur donne ces qualités irritantes dont les douleurs et les autres symptômes sont l'effet.

Nous devons placer à côté de ces hypothèses celles plus célèbres qui ont été imaginées par Hérissant et Berthollet. Hérissant, après une série d'expériences fort curieuses en elle-mêmes et pour le temps, a cru faussement que la composition des os, des concrétions goutteuses , ainsi que des sédiments, était identique , et que le phosphate de chaux les constituait. Il en a conclu que la matière arthritique se sépare des os, et que c'est elle qui , en s'échappant du corps par différents couloirs, donne lieu aux symptômes indiqués ( Mémoires de l'Académie des sciences , 1758 ). Hundcrtmarck admet la théorie de Hérissant ( de Urina cretacea ; in Opuscules de médecine pratique, par Baldinger, t. vi ). Nous n'avons pas besoin de faire remarquer quelle est entièrement fausse ; nous avons montré que les concrétions goutteuses sont formées par rurale de soude et de chaux, très-rarement par le phosphate de chaux et le sédimeut ui inaire, par l'acide inique et les urales.

Bci thollets'estconvaincujpar des expériences nombreuses, que l'acide phosphorique , toujours combiuc

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en excès avec la chaux , et ordinairement eu quantité moindre dans l'urine des personnes sujettesà la goutte et au rhumatisme , augmente de quantité chez elles, à l'approche des accès et pendant leur durée : les urines des goutteux en contiennent alors autant que celie des individus bien portants et robustes ( Journal de physique > avril et juin 1786 ). Il attribue le paroxysme de la goutte à l'excès d'acide phosphorique : il se demande si cet acide , retenu dans le sang par le défaut d'action des reins, n'est pas le principe dont on a tant parlé dans (es théories. Il paraît croire que l'accès de goutte est une crise , un effort de la nature , pour chasser l'excès d'acide phosphorique accumulé dans le sang ; et, suivant lui, c'est en partie par les urines , en partie par la transpiration , que sort l'acide phosphorique : l'acide proviendrait de la terre des os. Ou a été jusqu'à comparer ces phénomènes de l'inflammation goutteuse à ceux de la combustion phosphorique. La matière des concrétions , et la surabondance d'acide urique dans les urines, la formation fréquente de la gravelle , prouvent que le problème est beaucoup plus compliqué que ne le suppose la théorie de Berthollet, et qu'il faut remonter jusqu'à une altération primitive du sang.

Alphonse Leroy croit «que la goutte est principalement due à un désordre dans la sécrétion de la terre calcaire de l'économie , et principalement à son excès. L'acide s'échappe ; la terre , qui était unie à l'acide , se précipite» ( Manuel des goutteux ). Nous ne sommes guère plus éclairés par cette théorie , qui a obtenu quelque vogue, que par les hypothèses précédemment énoncées. En admettant que la surabondance d'acide phosphorique, de sels calcaires, ou de telle autre substance, existât réellement, et qu'elle fût la cause de la goutte, il s'agirait encore de savoir si elle dépend d'une altération du sang, et quelle est cette altération.

On a parlé de l'acrimonie des humeurs , ce qui est ne rien dire du tout. Jouenne et Marie de Saint-Ursin, dans la traduction de l'ouvrage de Giannini , ont cru avoir fait une découverte admirable en distinguant une goutte acide et une goutle alcaline : la première est caractérisée par un excès d'acide phosphorique , et par la propriété qu'a l'urine de rougir le papier bleu de tournesol ; la seconde est marquée par la surabondance du carbonate de chaux , et la coloration en bleu du papier rougi par un acide ( ouvr. cit. de Giannini, p. 132). 11 n'y a dans cette hypothèse rien qui explique la production de la goutte; ajoutons de plus qu'elle est fausse en tous points. Il n'y a pas de goutte acide ou alcaline ; les urines sont toujours acides ; si elles sont alcalines , c'est qu'elles sont rendues parle malade depuis quelque temps et altérées par la fermentation, ou qu'il existe quelque uuludie du rein ou de la vessie.

Nous venons de rapporter les différentes opinions qui font jouer le principal rôle à l'altération des humeurs considérée comme cause de la goutte. 11 est curieux de peser les objections que Gullen adresse à ces théories. 1 ° Suivant lui, « aucune expérience directe ne prouve que le sang ou les autres humeurs du corps soient altérées» : ce qui est parfaitement vrai. 2° «La plupart des hypothèses sont si peu conformes aux connaissances chimiques et aux lois de l'économie animale, que l'on doit entièrement les rejeter.» Cette proposition subsiste encore aujourd'hui. 3° «En supposant qu'une matière morbifique soit la cause de la goutte , l'explication des phénomènes de la maladie, surtout des métastases fréquentes et soudaines d'une partie à l'autre, devient impossible.» Cette raison n'est pas convaincante. 4° « Les effets de cette matière morbifique ne sont plus les mêmes quand elle se transporte sur tel ou tel organe. » Cullen a tort de ne pas reconnaître jusqu'à quel point la diversité des tissus et des fonctions peut modifier les accidents morbides. La scrofule, la syphilis, se traduisent, chacune, p3r des phénomènes qui varient suivant les tissus. 5° «L'existence d'une matière morbifique n'est pas prouvée par la contagion de la goutte , qui est trèsdouteuse. » Cela est vrai , mais ne prouve rien contre l'altération humorale; il y a des maladies humorales qui ne sont pas contagieuses. 6° «La maladie est héréditaire»; en supposant le fait démontré, il n'y a rien là qui atteste unealtération des humeurs; uneconformation innée desorganes peut produire les mêmes effets. 7° «La supposition d'une matière morbifique comme cause de la goutte a été jusqu'ici inutile; elle n'a suggéré aucune méthode curative heureuse... bien plus, elle a été généralement négligée dans la pratique...» On peut ajouter qu'elle n'a produit que cette innombrable quantité de spécifiques anti-goutteux, qui ont nui en faisant perdre de vue les indications curatives {Éléments de médecine pratique s loc. cit., t. n, p. 470). Nous avons rapporté ces objections, parce qu'elles sont sérieuses,et plusieurs d'une assez grande valeur. Lorsque nous aurons exposé les autres doctrines, nous donnerons les caractères essentiels delà goutte , et nous montrerons qu'il est difficile d'ep placer les causes ailleurs que dans les liquides.

Immédiatement après les auteurs qui attribuent le mal à une cause humorale, viennent se ranger ceux qui en font une maladie générale du solide vivant. Sydenham, Boerhaave , Hoffmann , Cullen , Barlhez, nous semblent devoir être rapprochés les uns des autres. Sydenham dit «qu'après avoir examiné avec toute l'attention possible les divers- phénomènes de la goutte, il lui paraît que sa cause est un défaut de coction dans toutes les humeurs, par faiblesse des solides» (ouvr. cit. , S 824). On voit que le médecin anglais fait iulcrvenir le mauvais état des solides, et

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l'altération consécutive des liquides. La faiblesse de )i consli(u:ion est causée, suivant lui , par la débauche , ks excès de boisson , les fatigues de l'esprit- : alors les digestions se font mal, et «les humeurs nuisibles que l'exercice dissipait auparavant séjournent dans les vaisseaux, et deviennent une semence de la goutte.))

Boerhaave «regarde comme la cause prochaine du mal la dépravation des plus petites branches nerveuses , et du fluide nerveux qui parcourt ces parties. L'altération du fluide consiste dans une acrimonie particulière ,et dans une viscosité plus grande; l'altération des solides, dans l'étroitesse et la rigidité des petits vaisseaux. La cause première de ces altérations est le mauvais état des viscères qui n'élaborent pas convenablemeut le fluide nerveux , et ne lui donnent pas les qualités qu'il doit avoir » (aphor. 1 262, 1 2C3, 1265, toc. cit., p. 290 et suiv.). Cette théorie , passablement obscure , et d'ailleurs entièrement chimérique, est fondée sur la double altération du système nerveux et des fonctions générales.

Hoffmann dit que la cause interne de la podagre consiste dans un spasme violent qui tiraille , déchire les membranes et les ligaments fibreux destinés à retenir les os, et fait éprouver une sensation analogue à celle que produirait la rupture ou un coin que Ton enfoncerait dans les parties. Ce spasme est déterminé par une sérosité dépravée, acre et salée, fournie en plusgrande abondance par les plus petites artérioles (t les glandules des ligaments. H s'accompagne de mouvement fébrile et d'inflammation dans les parties (de Dohrc podagrico et arthrilico vero ; thés, patkotog. , p. 311 ; in opéra omnia, t. i , in-fol., Genève, 1761). Nous croyons que la théorie d'Hoffmann est peu faite pour lui rallier un grand nombre de partisans; disons même que , si l'autorité de son nom n'avait pas protégé cette singulière théorie, elle n'aurait obtenu aucune espèce de crédit. Nous ne nous arrêterons pas à en faire la critique ; elle ne pourrait servir, en aucune manière, à jeter quelque jour sur la Datait de 1 » maladie.

Pour (Julien , U ÇOUtte est : 1" une maladie de tout l( . e'est-à-dire qui dépend d'une cer-

taine conformation générale, et d'un état particulier du corps; 2° elle est é\ idemment une affection du système nerveux , dans lequel résident les premières motrices de tout le système. Les causes ionnelles, ou qui déterminent la maladie, sont pn que toutes de oatu e i agir directement sur les mi f « t but le système nerveui; 3° l'estomac , qui a une lymnathie si universelle avec le i este du système, est, de toutes les parties internes , celle nui est le plus rYéquem oenl et souvent le plus vivement affectée par la goutte [Elim. de mcd., /or. rit. t p. 474

el suiv. .Cullen regarde la goutte comme produite

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par la perle de ton du système nerveux. Maintenant, comment se fait-il que cette altération, ayant son siège dans l'appareil d'innervation , produise des accidents locaux , la sécrétion de Purate , la gravelle , etc? C'est ce que Cullen ne dit pas, non plus que les auteurs qui l'ont cité sans le lire , ou qui ont adopté sa doctrine sans la développer. 11 dit seulement : « La perte du ton se communique jusqu'à un certain point à tout le système, mais se manifeste particulièrement dans les fonctions de l'estomac» ; et il ajoute: «Lorsqu'elle survient pendant que l'énergie du cerveau conserve encore sa vigueur , la nature redouble ses efforts pour rétablir le ton des parties, et elle y parvient en excitant une affection inflammatoire dans quelque partie des extrémités. Lorsque cette affection inflammatoire a subsisté quelques jours , le ton des extrémités et de tout le système se rétablit, et le malade recouvre son état ordinaire de santé. » jCette explicatiou satisfera peu le lecteur. Nous avons voulu reproduire en entier la doctrine de Cullen, parce qu'elle a eu un certain retentissement. Elle est peu rigoureuse et nullement fondée sur des faits concluants; nous allons voir que celle de Barthez ne lui est préférable sous aucun rapport.

« Je pense, dit Barthez, que la formation de toute maladie goutteuse dépend nécessairement de deux causes qui la produisent par leur concours... : l'une est une disposition particulière de la constitution à produire un état spécifique goutteux et dans les solides et dans les humeurs; l'autre cause est une infirmité naturelle ou acquise que souffrent, relativement aux autres organes , ceux qui doivent être le siège de la maladie goutteuse... L'état goutteux spécifique des solides me paraît consister dans un effort puissant et durable de la situation fixe qu'ont entreelles es parties du tissu des orgaues affectés par la maladie goutteuse, effort qui détermine un degré constant du mouvement tonique de leurs fibres, autre que dans l'état naturel... L'état goutteux du sang est un vice de sa mixtion, qui intercepte, à des degrés différents, la formation naturelle de ses humeurs excrémentitielles, de sorte que ces humeurs, étant plus ou moins altérées, subissent une décomposition spontanée qui y fait prédominer la substance terreuse» (ouvr. cit., t. i, p. 33 et suiv.). Nous n'accorderons pas une plus grande place à l'opinion de Barthez, parce qu'elle serait tout aussi inintelligible dans notre citation, qu'elle l'est dans l'ouvrage même de ce médecin. Personne n'a jamais su bien nettement, et Barthez pas plus que les autres., ee que c'est que Cette situation fixe des solides , du inoins en pathologie, lui reste, si jamais Une théorie est restée sans influence sur le traitement de la maladie, c'est bien celle-là. Barthez n'eu a tiré aucune ressource pour la thérapeutique.

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On a regardé la pléthore comme cause delà goutte. Le docteur Barlow,dans un article fort incomplet sur la goutte , embrasse cette opinion et la développe d'une manière obscure et inintelligible. 11 paraît croire que la pléthore détermine invariablement la maladie, et se termine par une inflammation locale (Goût } the Cyclopedia of p radical médecine; pag. 355, t. h ; in-4°, Lond.}.

Nous voici arrivés à une troisième série d'hypothèses qui, plus restreintes que les précédentes, tendent à rapporter la goutte à une lésion d'une fonction ou d'un organe déterminés. Musgrave fait consister la goutte dans une maladie des petites glandules situées autour des articulations et dans leur cavité même. Il croit qu'elle est plutôt une maladie des glandes que des articulations, et il conclut que la goutte, tout aussi bien que la scrofule , est une affection des glandes (de Arthritide prhnigenia , p. 41). Ficinus la fait dépendre d'une inflammation des vaisseaux lymphatiques ; Sœmmering soulient aussi cette opinion. Alard a fait rentrer la goutte, comme bien d'autres affections, dans les maladies des vaisseaux lymphatiques. Guilbert prétend aussi « que ce système est essentiellement affecté, essentiellement mis en jeu; que la maladie semble s'adresser le pluscommunémentaux parties de ce système qui environnent le tissu fibreux» (art. cit. , Dictionn. des se. médic. , p. 184 et suiv.). Il nous semble inutile de chercher à prouver que les lymphatiques ne sont pas la cause de la goutte : il y a des doctrines qui n'exigent même pas une réfutation.

Pierre Desault, médecin de Bordeaux, qui vivait dans le milieu du dernier siècle, publia une dissertation où il cherchait à prouver que les causes assignées par Sanctorius et Dodart à la diminution de la transpiration sont aussi celles de la goulte. Il fait remarquer que cette fonction diminue à mesure que l'on avance en âge , et qu'à l'époque où la goutte survient, elle est bien réduite de ce qu'elle était pendant la jeunesse. 11 en conclut que la diminution de la transpiration est la cause de la goutte (Dis sert, sur la goutte et la méthode de la guérir radicalement , etc. , in-1 2 ; Paris , 1 730).

M. Roche, dans l'article Arthrite du Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratique, s'efforce de démontrer que la goutte et le rhumatisme sont toutes deux des inflammations articulaires, mais que toute la maladie ne consiste pas dans cet élément morbide. 11 en est un autre, suivant lui, qui domine le premier, et qui tient à une modification particulière de tout l'organisme; cette modification est la surabondance des matériaux nutritifs, qui, ne pouvant plus être rejetés par les voies ordinaires d'excrétion, finissent par être déposées à la surface même des tissus articulaires, et forment les concrétions tophacées,

composées en majeure partie des substances les plus animalisées; elles sont en effet fortement azotées, et contiennent une grande quantité d'acide urique, et une matière animale (pag. 430 et suiv.). M. Cruveilhier a soutenu à peu près la même opinion dans son Anatomie pathologique du. corps humain (4e livr.).

MM. Requin et Ghomel, dans leur ouvrage intitulé Leçons de clinique médicale , disent que la goutte et le rhumatisme sont tout à fait identiques ; les différences que les médecins de tous les siècles et de tous les pays ont trouvées entre les deux affections leur paraissent vaines et illusoires. M. Requin soutient que les concrétions ne peuvent servir à caractériser la goutte, et que si on les rencontre si fréquemment dans cette dernière affection, c'est parce que celle-ci a son siège habituel dans les petites jointures. Il est difficile d'alléguer des raisons plus faibles en faveur d'une opinion. Gomment admettre que les tophus ne surviennent que parce que l'inflammation spécifique a son siège dans les petites jointures? Mais ne les retrouve-t-on pas dans les gaînes des tendons, dans les bourses muqueuses et souvent sous la peau ? Et cette sécrétion d'urine chargée d'acide urique et d'urate, si fréquente chez les goutteux , comment l'expliquez- vous ? Est-elle l'effet d'une inflammation spécifique des reins? Cette coïncidence de la gravelle , que M. Requin refuse d'admettre, ou plutôt qu'il explique à sa manière, est positive. Il accorde que les gens riches ont Tincontestable et triste privilège d'être plus sujets que d'autres à lagravelle, qui reconnaît pour causes principales une vie oisive et la bonne chère ; or, comme ces causes sont aussi celles de la goutte, on ne sera pas surpris de la coïncidence des deux maladies (Leçons de clinique médicale, p. 433 et suiv., 1 vol. in-8°; Paris, 1837.)

Scudamore incline à croire que la goutte est une maladie qui dépend d'une surabondance de sang, eu égard au pouvoir de la circulation; maladie affectant particulièrement le système de la veine porte , et conséquemment les fonctions du foie, jointe à la production d'un changement morbifique dans les produits sécrétés du canal alimentaire en général, et des veines en particulier (ouvr. cit. , p. 1 43). Quelques médecins , écrivant sans doute sous l'influence de la doctrine physiologique, ont soutenu que la goutte est une phiegmasie articulaire, dont le siège primitif est dans l'estomac (gastro-arthrite).

Nous passons sous silence une foule de théories qui n'ont aucune importance , et qui sont bonnes, tout au plus, à satisfaire une vaine curiosité. Nous préférons arrêter encore quelques instants le lecteur sur les caractères essentiels de la goulte, afin de chercher à dé-^ terminer sinon sa nature, au moins les différences qui la séparent des autres maladies.

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Résumé. — Quand on considère la nature des lésions trouvées sur le cadavre , et les symptômes locaux observés sur le vivant, on peut croire sans doute que la maladie est toute locale; mais quand on pénètre plus avant dans l'étude de ces lésions, et que Ton trouve auprès des jointures une matière saline formée par Turale de soude, de chaux, et le phosphate , quand on voit que l'urine est changée dans sa composition, que l'acide urique y prédomine, qu'en un mot, la sécrétion des reins est notablement modifiée, qu'il y a formation de produits fortement animalisés; quand on considère, en outre, la marche rémittente des accidents, la fréquence des récidives, l'étendue des troubles fonctionnels, l'impuissance du traitement local antiphlogistique ou autre, l'inutilité de tous les remèdes employés, on ne peut s'empêcher de reconnaître que la goutte ne doit pas être regardée comme une affection locale des tissus fibreux et synovial des jointures. Faire consister ainsi le mal en une affection circonscrite, c'est vraiment méconnaître les principaux caractères et les analogies qui doivent la faire placer parmi les maladies générales; c'est imiter les médecins qui persistent encore à considérer la variole et la rougeole comme des maladies de la peau , parce que c'est sur cet organe que se montrent les phénomènes morbides les plus saillants.

La comparaison que Ton pourrait établir entre ces maladies et la 'goutte n'est pas aussi difficile qu'on peut le croire au premier abord. Dans la goutte , comme dans la variole, il y a des déterminations morbides qui s'effectuent plus particulièrement vers certains organes. Dans la première, ce sont l'inflammation locale, le dépôt d'une matière sui generis (urate de soude) , bien différente de celle que produit l'inflammation (pus , sérosité) , ou une lésion locale d'une autre nature (tubercule , cancer). Dans la variole, la peau est le siège d'une inflammation spécifique, comme les tissus circum-articulaires sont le point où vient se loger la matière humorale engendrée par la mala'iie. Les anciens la nommaient la matière morbifique. Qu'importa le nom ; le fait véritable n'en était pas moins nettement exprimé, et trop généralement reconnu pour que nous ne devions pas en tenir compte. Quand une doctrine se reproduit invariablement dans les différents âges, et qu'on peut la suivre s travers les métamorphoses que lui font subir le> idées des époques qu'elle a traversées, on ne doit pal , mm doute, la considérer comme une doctrine sacrée qu'il n'est pas permis de combattre; mais il

c I rare qu'elle ne Boit i>ls Fondée sur une base solide,

ci sur quelques Faits incontestables : telle est la doctrine de la matière morbifique regardée comme cause ,1 |a g< i i < u aucune Façon le a os

itricl de ce mot, noi qu'il représente un (

des faits essentiels de la goutte, à savoir : les déterminations morbides qui s'effectuent vers les jointures, plus rarement vers des organes intérieurs.

D'autres preuves militent encore en faveur de l'opinion qui tend à faire de la goutte une maladie générale : 1° sa marche paroxystique et assez régulière, qui fait que Ton ne doit espérer la cessation des accidents locaux que quand la cause de la maladie a épuisé son action ; 2° le trouble de plusieurs fonctions : en effet, pour peu que le mal dure quelque temps, ou que ses récidives soient fréquentes, la plupart des fonctions se troublent ; 3° la disposition qu'a le mal à engendrer des accidents divers, et à se métastaser ; 4° la fréquence de la gravelle , et le trouble de la sécrétion urinaire; 5° l'hérédité; 6° l'influence du régime de vie ; 7° le peu d'efficacité des traitements.

Si l'on nous demande maintenant en quoi consiste cette maladie générale, si elle a son point de départ dans le sang ou dans le système nerveux, ainsi que l'affirme Cullen , nous répondrons que nous sommes disposés à admettre une altération du sang ; mais il nous serait impossible d'en spécifier la nature. Sans doute on peu prétendre que la surabondance de l'acide urique ou de matériaux très-azotés en est la véritable cause ; mais il faudrait une démonstration directe pour prouver cette assertion.

Historique et bibliographie. — Le nombre des écrits qui ont été publiés sur la goutte est fort considérable ; mais il s'en faut qu'ils méritent tous d'être consultés; si l'on employait , pour dresser la bibliographie de la goutte , la méthode que suivait Falconnet pour composer sa bibliothèque , elle ne serait pas aussi longue qu'on se l'imagine. La méthode de ce célèbre médecin consistait à choisir dans les ouvrages, même les plus volumineux, cinq ou six pages des meilleures, et à détruire tout ce qui était inutile. 11 est bien peu de livres modernes qui résisteraient à une pareille épreuve, surtout si on la faisait subir aux ouvrages de ces auteurs qui se parent des dépouilles d'autrui , et écrivent sans jamais citer un seul des ouvrages où ils ont largement puisé. Leur article ou leur livre s'appelle une monographie ; le nôtre un Compcndium: toute la différence est dans le mot.

La goutte était une maladie fréquente chez les Grecs; elle le devint davantage lorsque le luxe, la débauche et l'oisiveté se furent introduits dans leurs mœurs. Hippocratc en a saisi les principaux signes, les cause.;, et indiqué le pronostic, dans différentes parties de la collection qui porte son nom : il est peu de passages que nous n'ayons cités (Aphor., sect. 6, aphor. 30, '.V), 50, etc.; Coac. prœnot, ; Prœdivt.). Nous devons cependant faire remarquer que les anciens n'ont pas toujours su distinguer la goutte du

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rhumatisme; cette observation s'applique à Hippocrate et à bien d'autres.

Galien , dans ses Commentaires sur les aphorismes d' Hippocraie , a confirmé la plupart des faits avancés par le médecin grec. Pline dit que la podagre était une maladie rare en Italie dans le temps où il vivait (35 ans après J. G.) {Histoire naturelle 3X\v. xxvi, sect. 64). Il en donne pour preuve qu'il n'existait pas de nom latin pour la désigner; mais cet argument est de nulle valeur. Sénèque , que nous avons déjà cité , adresse de violents reproches à la dépravation de son siècle , et dit que les femmes mêmes étaient souvent attaquées de la goutte.

Gelse confond souvent le rhumatisme et la goutte de telle sorte que les signes diagnostiques et pronostiques n'ont pas toujours une application rigoureuse (de Medicina , p. 56 et 68, édit. d'Almeloveen , in-8°; Rotterd. , 1 750 ). Le traitement qu'il indique est plein de vues excessivement sages sur l'hygiène et l'emploi d'un grand nombre de médicaments ( cap. 24, De manuum et pedum articulorumquc vitiis , p. 237,ouvr. cité).

Arétée connaît très-bien les différences qui existent entre le rhumatisme et la goutte : «Ceux qui sont affectés de cette dernière maladie l'attribuent, les uns à une chaussure trop étroite; d'autres, à une marche forcée; celui-ci, à un coup; celui-là, à une pression subite; mais aucun n'avouera la cause réelle de son mal; et quand on vient dire au malade que c'est la goutte, il fait encore semblant de ne pas y croire» {de Causis et sign. morb. diuturn.y\\b. u, cap. 1 2). Du reste, il s'exprime d'une manière encore plus précise sur la goutte : «Gommunis omnium arliculorum «dolor est arthritis, sed pedum dolorem podagram «vocamus» (loc. cit.).

Pour Cœlius Aurelianus, le rhumatisme est tout à fait différent de la goutte. L'intitulé du chapitre 2, De articulorum passione quam Grœci apOptriv vocant, et de pedum dolore, quem podagram appellant , prouve que, chez les Grecs eux-mêmes, cette distinction était établie, et qu'elle a été faite dès la plus haute antiquité. 11 est impossible de lire sans admiration tout le chapitre que ce médecin a consacré à la description de la dernière maladie : sa marche, rénumération exacte de tous ses symptômes, la forme du gonflement articulaire , la déformation des doigts, la direction vicieuse qu'ils affectent , les concrétions arthritiques, les ulcérations de la peau , etc., tout a été indiqué avec un soin extrême.

On y trouve aussi une longue exposition de tous les moyens usités parmi les anciens pour combattre la maladie: topiques locaux, narcotiques, tisanes de toute espèce , traitement fort exact de toutes les complications, traitement hygiénique, voilà ce que ren-

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ferme le chapitre de Cœlius. Nous engageons ceux qui veulent prendre une idée exacte de la thérapeutique des anciens , et des drogues qui ont été plus ou moins imitées par les vendeurs de spécifiques, à le lire- avec attention. Ils verront combien la lecture des ouvrages anciens est féconde en enseignements divers (Acutorum et chronicorum morborum librij t. n, p. 364 et suiv., in-8w, édit. de Haller; Lausanne, 1774).

Fernel consacre plusieurs pages de sa Pathologie universelle à l'histoire de l'arthrite. Il emploie ce mot. dans un sens générique , et pour désigner toutes les douleurs intermittentes des jointures : «arthritis «articulorum est dolor ex intervallis fere invadens.» Il en distingue trois, qui sont la chiragre,l'ischiagre, et la podagre. 11 signale les principales causes et les symptômes de l'arthrite ; ce qu'il en dit s'applique surtout à la goutte. Les pages que Fernel a consacrées à l'étude de cette maladie ont rendu des services assez importants à ses contemporains et à ses successeurs (Univcrsa medicina, lib. vi, cap. 18).

Nous arrivons à l'immortel traité de Sydenham sur la goutte. Le plus bel éloge que l'on puisse en faire, c'est de dire que la description qu'il en a donnée a été reproduite en entier par Frédéric Hoffmann , et mise largement à contribution par Boerhaave , Van Swieten, et tous les auteurs qui ont écrit sur le même sujet que lui. Nous ajouterons, enfin, qu'aujourd'hui encore, il n'est pas un traité de la goutte que l'on puisse mettre au-dessus de celui de Sydenham. Il est bien entendu que nous ne voulons pas dire que tout est dans le livre du médecin anglais : la composition des tophus, la nature des dépôts de l'urine, les lésions anatomiques, ne pouvaient être connues de lui; mais les symptômes, les causes , le traitement, et la source des indications thérapeutiques, ne laissent rien à désirer. Il est resté fidèle à l'épigraphe qu'il a empruntée à Bacon , et placée en tête de son livre : «Non fingendum, aut excogitandum , sed in- «veniendum, quid natura faciat aut ferat» (7ractatus depodagra et h/drope, in- 8°, Londres, 1 683; et in Opéra omnia).

Un ouvrage qui mérite aussi d'occuper une des premières places dans notre bibliographie est celui de Boerhaave et de son commentateur Van Swieten {Podagra : Comm. in aphoris. Boerhaavii ' , t. iv, p . 25 1 , in-4°; Paris, 1773). Le traité de Sydenham est entièrement pratique, c'est-à-dire qu'il ne renferme absolument que ce qui se voit au lit du malade, et ce qu'il est nécessaire d'y voir; dans celui de Van Swieten, outre cette précieuse qualité, brille encore une érudition immense, non une érudition faite à la manière de Trnka ou de Jos. Frank, mais cette connaissance approfondie, et celte appréciation sévère et critique des principaux travaux publics sur la matière.

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Avec Sydenham, on saura tout ce qui est pratique daus l'histoire de la goutte; avec Yan Swieten, on saura tout ce que Ton peut savoir. Aucun ouvrage moderne n'a dépassé le sien.

Viennent maintenant des monographies également recommandables, quoique inférieures aux précédentes : celle l°de Musgrave (de Arthritide symptomatica dissertatio, in-8°, Excest., 1703; — de Arthritide anomala seu interna dissertai io} in-8°, Excest., 1707), où l'auteur a tracé l'histoire des complications et des transformations que la goutte subit en se transportant sur les différents viscères : à travers plus d'une hypothèse éclate une observation exacte des phénomènes variés qu'enfante la goutte. 2° de Stahl ( de Podagrœ nova pathalogia disputatio; Halae, 9 juin 1704, in Disputât, ad morborum de Haller, p. 479 , t. vi; Lausanne, 1758). Le célèbre vitaliste, après une étude fort détaillée de la maladie, après avoir établi un parallèle entre la goutte et le rhumatisme, et avoir discuté une à une les différentes doctrines émises sur sa nature, soutient qu'elle n'est pas autre chose qu'un mouvement spasmodique douloureux, qui tire son origine des hémorrhoïdes internes, et de la compression variqueuse du sang. Celte idée de Stahl n'a pas fait faire, comme on le pense bien, de grands progrès à la science ; 3° de Desault ( Dissertation sur la goutte , et la méthode de la guérir radicalement , avec un recueil d'observations sur les maladies dépendantes d'un défaut de la respiration t in -12; Paris, 1780); l'étiologie y est mieux étudiée que dans d'autres livres, et l'auteur s'est attaché à prouver que l'influence de la transpiration sur la production de la goutte est trèsgrande.

On doit à Fréd. Hoffmann quatre mémoires sur la goutte. Le premier traite de la maladie en général, et en renferme une histoire succincte , mais trèsbien faite (de Dolorc podagrico et arlhritico vero et itwetcrato 3 thèses pathologicœ ; in Opéra omnia t tome i, page 339, in-folio ; Genève, 1 701 ) ; le second <\>t consacré à l'étude de la goutte interne (de Podagra relroccdcnlc in corpus ; Opéra omnia , suppl. m , p. 187, ann. 1 700 ) ; le troisième et lequatrièmerenfermeut une histoire hygiénique ci thérapeutique complèlede la maladie (de Cura do/oiis podngiici prœscrvaloria ; .suppl. m, p. 180, 1 731; — fit d en ni no cl siniphassimo dolotis podngiKt remédia , suppl. IU , p. 173 ; 1097 ). Nous nous sommes surtout servi de ns dernières dissertations pour tracer le régime diététique auquel doit > .i lr tindre le goutteux.

On pourra lire sur ce Mljd le Gmde pratiqué des gondeux cl des rhumnii MJlft , pu !\1. Réveillé Pari.se -, l'auteur a su répandre un vif intérêt ci tous les

charmes de son esprit sur une matière qui a été bien souvent explorée.

On trouvera des documents précieux sur les symptômes et sur le traitement de la podagre dans le livre de Goste ( Traité pratique sur la goutte et sur les moyens de guérir cette maladie > in-8°; Amsterdam, 1757) ; de Grant (Some observations on the origine , progress, and method of treaiing the alrabilious tempérament and the goût , in-8° ; Lond.,1781); dans la Médecine pratique de Gullen ( t. m, p. 457 , in-8°; Paris, 1819 ). Le chapitre consacré par Cullen à l'histoire de la goutte est un exposé aussi précis , aussi clair, qu'on peut le désirer ; tout ce qu'il faut savoir est renfermé dans ce remarquable travail du médecin écossais.

Nous avons terminé la liste des ouvrages qui ont réellement fait avancer l'étude de la maladie dont nous nous occupons; toutefois il faut y ajouter les travaux des chimistes, tels que Wollaston (On gouty and urinary concrétions , in-8°; Lond., 1796), Berthollet (Journal de physique, avril 1786 ) , de Trampel ( Beobachtungen , t. i, p. 72 ), de Hérissant ( Mémoires de l'Académie des sciences 1758), et ceux plus modernes de Vauquelin , de MM. Thénard , Berzelius , Scudamore et Rayer (voy. les chapitres consacrés à l'étude des concrétions et des urines ).

Les trois derniers ouvrages dont nous devions parler avec quelques détails sont ceux de Barthez , de Guilbert et de Scudamore. Si , pour composer les courtes notices bibliographiques que nous sommes dans l'habitude de placer à la fin de chaque article , nous nous étions contentés de répéter le nom des livres même les plus insignifiants sans les avoir ouverts, nous dirions que l'ouvrage de Barthez est des plus remarquables, uniquement parce que c'est l'opinion qu'on en a souvent porté; cependant nous sommes loin d'y souscrire, et nous pouvons assurer que le traité de Barthez n'a absolument rien ajouté aux documents qui sont déposés dans les ouvrages de Sydenham , Van Swieten , Fréd. Hoffmann , Cullen , Musgrave , etc. L'auteur du Traité des maladies goutteuses ( 2 vol. in-8°; Paris , 1802 ) a une connaissance parfaite des ouvrages anciens et contemporains. 11 décrit clairement les particularités les plus essentielles du mal; mais le nombre in fi n i de, di visions qu'il admet dans la goui te est fait pour rebuter le lecteur même le plus dévoué. Nous avons lu tout ce qu'il a écrit sur la goutte des articulations qui compliquent une autre maladie et. qui lui est consécutive, et sur la goutte interne consécutive de la goutte des articulations \ nous nous sommes convaincus que tout ce qui y est clair et d'une Utilité réellement pratique a déjà été formellement exposé par les auteurs: celui qui suspecterait le jugement que nous

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portons de Barthez n'a qu'à lire comparativement la dissertation de Sydenham, et le chapitre Podag ra de Yan Swielen , et nous sommes sûrs à l'avance qu'il se prononcera en faveur de ces derniers.

Guilbert, dans son article Goutte du Dictionnaire des sciences médicales (1817), dont il a rassemblé plus tard les matériaux dans une monographie ( De la Goutte el des maladies goutteuses, in-8° ; Paris, 1820), a répandu quelque lumière sur plusieurs parties de son sujet; cependant on doit lui reprocher d'avoir reproduit toutes les divisions anciennes el laissé subsister Une confusion nuisible sur les affeclions qui méritent réellement le titre & affections goutteuses. L'ouvrage de Scudamore ( Traité sur la nature et le traitement de la goutte et du rhumatisme , trad. par Deschamps , in-8°: Paris , 1820; première édition , in-8°, Lond., 1816 ) est rempli de faits curieux et de recherches originales d'une grande importance. Les expérimentations du médecin anglais sur les concrétions lophacées , sur l'urine, sur les différents remèdes anti-goutteux les plus usités, l'étude attentive d'un grand nombre de symptômes dont il a mieuxdélerminélavéritablenatureetlafréquence,etc, donnent à ce livre un très-grand prix ; il faut dire toutefois que la disposition des matières est très-confuse , qu'il n'y a aucun ordre, et qu'il est difficile d'y retrouver les documents dont on a besoin.

Nous terminerons cette appréciation critique des principaux traités de la goutte par une simple énumération des livres suivants, que nous avons consultés, et dont nous avons extrait quelques passages cités dans cet article : James , Dissert, sur la goutte et le rhumatisme , trad. de l'angl. , in-1 2 ; Paris, 1747 ( collection de faits recueillis par l'auteur ) ; Liger (Charles-Louis), Traité de la goutte, in-1 2 ; Paris , 1753 ; Loubet , Lettres sur les maladies de la goutte, in-1 2 ; Paris, 1 757 ; Ponsart , Traité de la goutte et du rhumatisme , ill-8° ; Paris, 1770 (rien de nouveau); Alphonse Leroy, Manuel des goutteux et des rhumatisants, in-8°; Paris, 1 805, augmenté de la traduct. de l'ouvr. de Tavarès ( bon à consulter pour le traitement); Giannini , De la Goutte et du rhumatisme , trad. par Jouenfce, avec des notes de Marie de Saint-Ursin , in-1 2 ; Paris , 1810. L'auteur y exalte le traitement par le quinquina et les affusions froides : rien autre chose ; Cadet de Vaux, De la Goutte et du rhumatisme , in-1 2 ; Paris, 1824 (à consulter pour le traitement vanté par l'auteur ) ; Halle , /{apport sur un remède proposé pour le traitement de la goutte , in-8°« Paris ,1810 (remède de Pradier ) ;k Gosse , des Maladies rhumatoïdes , in-8°; Genève, 1826 (ouvrage sans aucune espèce d'intérêt, pour ne pas dire plus); Turck, Traité de la goutte et des maladies goutteuses, in-8°; Paris, 1837. L'auteur y

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préconise un remède , et émet , sur la cause de la maladie, des hypothèses purement chimériques.

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