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combattre la constipation , lorsqu'elle existe, eî à entretenir la liberté du ventre, au moyen de légers minoratifs. Les sudorifiques sont plus généralement avantageux ; ils font quelquefois disparaître les douleurs des membres, et calment la toux : «C'est surtout au début, dit M. Landouzy, que les sudorifiques ont une grande utilité, et par début nous n'entendons pas les premiers jours , mais les premières heures de la maladie; c'est dès le premier sentiment de malaise qu'il est convenable de provoquer les sueurs. Alors elles sont véritablement préservatrices, et si la guérison complète n'a pas lieu, au moins le mal semble avorter, et ne se produit que par ses symptômes les plus généraux.» Nous sommes complètement de l'avis de M. Landouzy; mais nous devons avertir le lecteur que l'abus des sudorifiques jette souvent les malades dans la prostration , ou amène d'autres fois des inflammations encéphaliques ou pulmonaires.
Certains symptômes de la grippe réclament souvent par eux-mêmes une médication spéciale.
Les douleurs générales sont, comme nous l'avons dit , enlevées quelquefois par les sueurs; les bains les calment souvent promptemenl. Les douleurs locales qui occupent l'épaule , le genou , le cou ou toute autre partie , doivent être combattues par les topiques émoiliants , calmants {cataplasmes laudanisés), les frictions sèches, aromatiques, excitantes {eau-de-vie camphrée i Uniment ammoniacal) , narcotiques {baume trancfidlle et laudanum) , les sangsues, les ventouses sèches ou scarifiées, appliquées loco dolenti. Lorsque tous ces moyens ont échoué, on emploie presque toujours avec succès les sinapismes , et mieux encore, les vésicatoires appliqués sur le siège de la douleur.
La toux, si fatigante pour les malades, est calmée, lorsqu'elle est sèche, nerveuse, par les prépara nous opiacées. L'un de nous a souvent employé avec succès, à la Maison royale de santé, contre elle et contre la dyspnée, la formule suivante : R. extrait de belladone, 2 decigram.; extrait gom. d'opium, 5 centigram.; .sirop de valériane, q. s. pour 12 pilules : en prendre une toutes les deux heures.
Lorsque la loua esl accompagnée d'expectoration, et que celle-ci est difficile, on aura recours aux pastilles d'ipécacuauha, au kermès. La toux, qui persiste quelquefois si longtemps après tous les autres symptômes, esl souvent enlevée au moyen d'un vésicatoire appliqué au devant du sternum ou dansl'esnler-scapulaire.
Li diarrhée a quelquefois besoin d'èlrc arrêtée. Il faudra alors administrer L'ipéeacuanha à doses fraclionnées 5 centigr. toutes les six heures), le kermès minéral, la décoction blanche de Sydenham, les lavements amnlonno cl laudaotsés, le diasrordium. La prostration constitue quelquefois le symptôme
le plus alarmant de la maladie. Brown employait alors le vin dès le début. Le quinquina est fort utile dans les cas de ce genre , comme dans ceux où la maladie prend une forme rémittente ou intermittente.
Nous n'avons pas ici à nous occuper du traitement des complications. La pneumonie grippique réclame une médication pour ainsi dire spéciale que nous indiquerons ailleurs (voy. Pneumonie , Variétés).
Nature et siège. — La grippe est, selon beaucoup d'auteurs, une bronchite; pour les uns, celle bronchite est inflammatoire; pour les autres, elle est spasmodique (Lepellelier). Sans énumérer toutes les différences nombreuses qui séparent la grippe de l'inflammation aiguë des bronches , uous nous bornerons à répondre aux derniers qu'on ne saurait établir la nature d'une maladie sur l'existence d'un seul de ses symptômes, et d'un symptôme inconstant, puisque la grippe ne présente point toujours le caractère spasmodique,, et que souvent elle offre tous les caractères opposés à ceux de l'inflammation; nous répondrons aux autres que la grippe existe fréquemment sans toux, et, par conséquent, sans bronchite.
L'opinion qui consiste à regarder la grippe comme une inflammation simple ou spécifique des bronches est généralement abandonnée aujourd'hui.
M. Récamier considère la grippe comme un exanthème de la muqueuse aérienne. Mais ici se représentent les objections qui ne permettent point de considérer la grippe comme une bronchite : comment expliquer par une altération locale les phénomènes généraux si remarquables qui accompagnent la maladie, ou plutôt qui la constituent essentiellement ? que devient alors la grippe sans aucuns symptômes du côté des voies aériennes?
« Si nous considérons l'ensemble des symptômes de la grippe, dit M. Raige-Delorme, son développement sous la forme exclusive d'épidémie, la marche des épidémies qui se propagent à une grande étendue de pays , quelquefois même à des parties considérables du globe, nous ne pouvons nous empêcher d'y voir une maladie sui gencris, produite, comme la peste noire du \ive siècle, comme le choléra de notre siècle, par une cause inconnue mais générale; une maladie affectant, quoique à un faible degré, les fonctions vitales , pour ainsi dire , de même que le font ces deux dernières épidémies et toutes celles qui, produites par infection, telles que le typhus, la fièvre jaune, la peste, les dysenteries épidémiques, sont assimilées à un empoisonnement miasmatique; une maladie générale, enfin , qui se traduit par quelques symptômes locaux importants , sans doute , comme caractères spécifiques, mais signes d'une condition organique purement accessoire et secondaire, qui ne peut à elle seule constituer la maladie. En un mot, nous pensons que Tirritatiou ou l'inflammation de la membrane
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muqueuse nasale, pharyngienne et bronchique, n'est que l'effet d'une cause ou d'une altération plus profonde, dont on ne peut pas plus contester l'existence dans la grippe que dans les empoisonnements par des gaz délétères. » Nous avons rapporté ces paroles de M. Raige-Delorme, parce qu'elles expriment parfaitement notre manière de voir, et parce qu'il est rare de trouver dans les dictionnaires une opinion pathogénique aussi bien établie.
Où faut-il maintenant placer l'altération générale qui constitue la grippe? «Le système qui me paraît primitivement,, et plus particulièrement attaqué par la grippe, dit M. Landau (toc. cit., p. 447), c'est le système nerveux : de là la faiblesse musculaire , la céphalalgie, survenant subitement chez des sujets bien portants ; de là cette petitesse et cette lenteur du, pouls ; de là cette toux si opiniâtre et si intense... Qu'est-ce autre chose qu'un phénomène nerveux que cette dyspnée intense dont aucune lésion ne rend compte? Comment expliquer autrement que par une lésion du système nerveux cette prostration, cette indifférence, celte insensibilité si grandes?... N'est-ce pas à la même cause qu'il faut rapporter les symptômes d'asphyxie observés chez d'autres malades?»
Certes, nous ne prétendons pas nier que le système nerveux ne soit attaqué dans la grippe; mais VestAl primitivement? Voilà ce qui ne nous paraît pas aussi bien démontré qu'à M. Landau. Le pouls n'est point toujours lent et petit; et d'ailleurs tous les symptômes énumérés par M. Landau peuvent être produits directement par une altération du sang, ou par une altération, consécutive à celle-ci 3 du système nerveux.
L'analogie qui existe entre les symptômes essentiels de la grippe et ceux qui sont produits par certains empoisonnements nous porte à placer dans !e sang l'altération encore inconnue qui constitue celle maladie.
Historique et bibliographie. — Les détails historiques et bibliographiques dans lesquels nous sommes entrés en énumérant les différentes épidémies de grippe rendront ici notre tâche très courte : nous ne voulons pas nous livrer à des répétitions fastidieuses et inutiles.
On ne trouve rien dans les anciens auteurs qui puisse être rapporté à !a grippe, soit que cette affection épidémiquc ne se soit manifestée pour la première fois que vers le xive siècle , soit qu'avant cette époque elle n'ait point été reconnue et étudiée.
«Les affections catarrhales, dit Ozanam, n'étaient point inconnues aux anciens, et Hippocrate, dans la troisième section de ses Aphorismes , dans ses prédictions ou pronostics, et dans ses descriptions, signale cette maladie. Mais comme ce père de la médecine et tous les anciens maîtres qui ont écrit après lui, habitaient des climats très-chauds et voisins des tropiques, ils n'avaient point observé le génie particulier épidémiquc de cette affection , d'abord parce qu'elle était rare sous ces latitudes, et ensuite parce que cette épidémie, étant éphémère et peu stable, n'entrait plus dans ce que les anciens entendaient par constitution épidémique. »
Quoi qu'il en soit , ce n'est , comme on l'a vu, qu'à partir du xive siècle que l'on trouve des descriptions qu'on puisse introduire dans l'étude de la grippe. Ozanam [Histoire médicale générale et particulière des maladies épidémiques ; Lyon, 1835, 2eédit.) et Saillant {Tableau historique et raisonné des épidémies catarrhales , vulgairement grippe j depuis 1510 jusques et y compris celle de 1780; Paris , 1780) ont résumé tous les matériaux qui ont trait aux épidémies grippiques survenues depuis 1239 jusqu'en 1812.
Depuis 1580, époque où parut l'épidémie qui fut déjà bien décrite par Salius Diversus, jusqu'en 1837, furent publiées une foule de monographies que nous avons indiquées; mais elles ne donnèrent que des histoires d'épidémies considérées isolément, et aujourd'hui encore il n'existe pas un Traité de la grippe , dont la nécessité ne se fait, à la vérité, point sentir.
Le mémoire de M. Landouzy est ce que nous possédons de plus complet et de plus en rapport avec l'état actuel de la science : c'est une description générale faite avec méthode et dans un excellent esprit. Nous citerons encore les mémoires de MM. Richelot, Nonat, Vigla et Landau.
L'article de M. Raige-Delorme, dans le Dictionnaire de médecine , est un bon travail : il serait à désirer que les dictionnaires renfermasse ot plus souvent des descriptions aussi consciencieuses.
Les articles de J. Copland et de la grande Encyr clopédie anglaise sont insuffisants , el peu dignes des ouvrages auxquels ils appartiennent. Quant à Naumann , quelques lignes seulement sont consacrées à la grippe , et encore sont-elles perdues au milieu d'un chaos où se trouvent mélangées, confondues comme au hasard, les affections les plus différentes des organes thoraciques.
HABITUDE EXTÉRIEURE {Pathologie générale ). — On désigne sous ce nom les différents phénomènes morbides que présente l'extérieur du corps du malade.
Les différents objets que Ton doit considérer dans Thabitudc extérieure sont : la stature , le volume du corps , la coloration , et les divers accidents qui se remarquent à la surface de la peau et sur les différentes régions; on doit aussi explorer séparément la poitrine, le ventre, les lombes, les parties génitales, les membres supérieurs et inférieurs, les cheveux, etc. Nous ne traiterons que d'une manière générale des symptômes et des signes fournis par chacune de ces parties, parce qu'elles doivent être examinées dans des articles spéciaux. L'exploration de la langue, de la température, de la poitrine , des hypochondres (voy. Laxcle, Température, Poitrine, Hvpochoxdre) , sera l'objet d'une description séparée. Nous avons déjà décrit aux mots Face, Déclbitls, Amaigrissement, un grand nombre de symptômes qui appartiennent à l'habitude extérieure.
A. Attitude du malade. — Tous les palholoftistes recommandent , avec raison , d'observer d'abord la position que prend le malade, soit lorsqu'il est couché , soit lorsqu'il se lève encore. Rien n'est si variable que la situation d'un malade au lit : tantôt il ne peut garder un seul instant la même place (voy. Jactitation ), comme dans l'asphyxie symptomatique des affections du cœur, dans la péricardite, dans toutes les maladies douloureuses (colique hépatique, névralgie, etc.) ; dans d'autres cas, le sujet s'asseoit sur son lit , la poitrine fortement relevée ou même inclinée en avant (emphysème pulmonaire, cyanose simple ou symplomatique, hypertrophie du coeur, cpanchemcnl pleuiétiquc, tubercules, ascite considérable, etc.). Le pronostic tiré de cette dernière attitude est fâcheux, parce qu'il indique une des maladies précédentes qui sont toutes plus ou moins prochainement mortelles. Oiielqurlois le patient, renverse fortement ta tête en arrière (croup, asph\ \ie,emphy- .m me pulmonaire); ou bien il fléchit les cuisses sur le ventre douleun abdominales en général , colique hépatique, néphrétique, péritonite, métrite, cystite, etc. ). Les malades atteints d'anémie cl de chlorose portées à un haut degré ne peuvent garder la situation verticale , ni rester ;issis dans leur lit : les syncopes, les vertiges, qui surviennent dans ce cas, imitent sur la voie du diagnostic; ils annoncent aussi un degré avance de ces maladies.
Quelques sujets , plongés dans une profonde adynamie , sont entraînés vers les pieds du lit par le seul poids de leur corps. On les trouve pelotonnés sous leurs couvertures, dans les fièvres typhoïdes, dans les maladies cérébrales qui donnent lieu à la paralysie , et à la suite des lésions chroniques qui modifient profondément la nutrition et affaiblissent l'organisme. On voit les malades couchés en travers du lit, ou la tête dirigée vers les pieds, dans les affections délirantes.
L'immobilité presque absolue du corps fait reconnaître la catalepsie, le tétanos, l'extase, le vertige épileptique, le rhumatisme articulaire aigu. L'immobilité est souvent produite par le coma , lesépanchements séreux et sanguins considérables, par la soudure d'une ou de plusieurs jointures, par des douleurs rhumatismales récentes ou anciennes (voy. Décubitus, où tous ces symptômes ont été décrits avec les plus grands détails). L'irrégularité des mouvements des membres s'observe dans toutes les maladies convulsives (épilepsie, hystérie , danse de Saint-Guy).
B. La taille des sujets est importante à considérer, parce qu'elle est ordinairement en rapport avec Ja conformation des viscères. Elle donne une idée assez exacte delà force du sujet, et fournit souvent des documents précieux sur l'état antérieur de sa santé. Chez les individus qui ont été affectés de scrofule, de rachitisme, le corps est petit , déformé par les lésions que laissent après elles ces maladies. Le corps est voûté chez les hommes ruinés par des travaux pénibles, par des chagrins, par la misère ou par la maladie. Celle conformation , lorsqu'elle existe chez un adulte ou chez un jeune sujet , est de mauvais augure : elle doit faire craindre quelque maladie chronique. Un accroissement survenu trop rapidement à l'époque de la puberté est , en général , fâcheux : on l'observe dans les maladies aiguës et dans la convalescence. Les hommes de petite stature opposent une plus graude résistance aux maladies que les sujets grêles et allongés. On a dit aussi qu'ils étaient plus souvent affectés que d'autres de maladies de poitrine et du cœw ; celle proposition est quelquefois vraie , quand cette conformation particulière est transmise par voie d'hérédité.
C. Volume du corps. — L'accroissement du corps en volume peut tenir à la graisse ou à des épauchemenls de sérosité ou de gaz dans le tissu cellulaire. Les personnes grasses et replètes se laissent plus facilement abattre par la ma.la.die; elles sont aussi plu?