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par des adhérences intimes , en une masse qui fait saillie vers le nombril. Les parois abdominales peuvent être soulevées par des tumeurs de diverse nature , tantôt par des organes sortis de leur position naturelle (hernie inguinale , ventrale , etc.) ; tantôt par des collections purulentes formées aux dépens des organes circonvoisins , tantôt par des tumeurs situées dans le foie (abcès , vésicule biliaire , tumeur hépatique), dans la rate, le rein , l'estomac, etc.
La diminution générale de volume se manifeste dans le marasme des affections chroniques et la convalescence des maladies aiguës , à la suite de la disparition des épanchements séreux , dans le cours ou à la fin des dysenteries , de l'entéro-colite aiguë et chronique. On voit , chez quelques sujets atteints de cette phlegmasie, les parois abdominales subir un retrait et une sorte d'émaciation telle, que les parois sont appliquées sur la colonne vertébrale. Ce même effet peut être produit par la forte rétraction des muscles de l'abdomen , comme cela arrive dans la colique saturnine , et dans d'autres affections douloureuses des viscères du ventre, telles que les coliques hépatique, néphrétique, nerveuse, bilieuse, etc. Dans toutes ces circonstances, le ventre devient plus dur; en même temps il se rétracte.
Pour apprécier avec quelque rigueur le degré d'amplialion du ventre , il faut nécessairement recourir à la mensuration. Ce procédé est surtout utile lorsqu'il s'agit de constater la diminution d'un épanchement ascitique , ou des tumeurs développées dans le ventre.
Le degré de résistance que présentent les parois abdominales varie dans les différentes maladies des viscères. La palpation offre des signes'diagnostiques d'une assez grande valeur. Dans les épanchements séreux considérables, la résistance est très-forte, mais diffère de celle que l'on trouve dans la tympanite. Quelquefois le ventre est d'une mollesse qui détermine une sensation toute spéciale , que l'on ne peut mieux comparer qu'à celle produite par une pâle récemment pétrie. Ce phénomène s'observe dans la péritonite chronique ; toutefois , dans cette maladie , le ventre est plus ordinairement tendu et rénitent.
La percussion et le ballottement, pratiqués sur différents points du ventre , fournissent des signes diagnostiques d'une grande valeur. Nous en parlerons lorsqu'il s'agira d'étudier chacun de ces procédés opératoires ( voy. Percussion et Toucher).
Les anciens avaient établi , d'après l'état du ventre, un grand nombre de signes diagnostiques et pronostiques qui n'ont pas toute l'exactitude que l'on est en droit d'exiger aujourd'hui. Citons quelques exemples propres à démontrer que , dans un ouvrage de séméiologie moderne, on peut fort bien se dispenser de reproduire les aphorismes que les anciens s'étaient \
cru en droit de poser comme autant de règles certaines pour le pronostic, et ne sont pas toujours aussi justes que pour le diagnostic. Hippocrate dit que s'il se manifeste des battements dans les hypochondres, on doit redouter quelque grave désordre ou le délire. Il ajoute , il est vrai : « Il faut consulter en même temps l'état des yeux chez ces malades ; car si les prunelles se meuvent fréquemment, c'est le délire qui est à attendre.» Plus loin , il ajoute : «Les battements qui se montrent dans le ventre, et qui s'accompagnentd'une tumeuroblongue vers l'hypochondre, indiquent une hémorrhagie prochaine» (Pronostics). Les autres citations, qui ont le même caractère de généralité, et que l'on trouve dans plusieurs ouvrages moins anciens , ne sont pas plus exactes que les précédentes. Nous n'avons pas besoin de montrer que les procédés d'exploration que l'on possède aujourd'hui conduisent à des signes diagnostiques que toute la sagacité des médecins grecs et latins n'a pu leur faire découvrir.
Lorsque le ventre a été examiné sous le point de vue de sa forme générale, de son ampliation , de ses divers degrés de résistance , des éruptions qui siègent à sa surface , il faut encore étudier chacune des régions qui le constituent : Pépigastre , les hypochondres , l'ombilic , les deux flancs , l'hypogastre et les fosses iliaques seront explorés par les procédés déjà indiqués (mensuration , percussion , toucher, auscultation ).
Les membres supérieurs et inférieurs sont le siège de phénomènes pathologiques que l'on ne saurait étudier avec assez de soin , en raison de leur importance. Le mouvement est rarement aboli dans les deux membres à la fois , lorsqu'il existe une hémorrhagie ou quelque ramollissement cérébral ; il faut , pour que cette double paralysie ait lieu , que les deux hémisphères soient altérés : dans ce cas , presque toujours les membres inférieurs sont affectés de la paralysie. Les affections de la protubérance cérébrale et de la substance médullaire déterminent la paralysie des membres (voy. Paralysie). Les convulsions affectent tantôt un seul membre, tantôt les deux à la fois ; elles sont tantôt cloniques, tantôt toniques: de là les phénomènes de contracture et les mouvements désor— donnés que l'on observe dans le cours des affections du cerveau et de la moelle, et dans les névroses du mouvement.
Le volume des membres augmente dans l'anasarque : cet accroissement de volume est limité aux membres inférieurs dans toutes les circonstances pathologiques où la veine cave inférieure et les veines iliaques sont comprimées par quelque tumeur. L'épanchement de sérosité s'effectue encore dans les membres inférieurs et supérieurs, lorsque l'organe central de la circulation est malade, ou bien lorsque
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le rein est altéré de manière à laisser passer l'albumine du sang dans les urines.
Le gonflement peut occuper les jointures seulement , comme dans le rhumatisme articulaire aigu et chronique , dans la goutte, ou la continuité des membres , comme dans le phlegmon , l'érysipèle ; suivre le trajet des vaisseaux (phlébite, angéioleucite ) ; être situé profondément (inflammation du périoste, carie, nécrose, cancer des os ). Les changements de volume peuvent porter sur les os , qui se tuméfient et se déforment, comme dans le rachitisme et les affections vénériennes.
La coloration de la peau qui couvre les membres est souvent modifiée dans les maladies : tantôt elle est jaunâtre, comme dans l'ictère, bleue et livide dans la cyanose consécutive à une maladie du cœur et des gros vaisseaux , dans le choléra asiatique , dans l'asphyxie, etc.
Les organes de la génération présentent des symptômes qui caractérisent les maladies nombreuses dont ces organes sont le siège. Ce n'est pas ici le lieu de décrire ces symptômes, dont l'étude rentre dans l'histoire des affections de l'utérus et de ses annexes, et des parties génitales chez l'homme; parlons seulement des quelques accidents dont ces organes sont le siège dans le cours des maladies qui leur sont étrangères. La rétraction des testicules et de la verge est un signe fréquent de la colique néphrétique, provoquée par la pénétration de calculs dans les voies que doit parcourir l'urine. On l'observe aussi chez les malades atteints de colique de plomb :l'un de nous a eu occasion de constater une rétraction très-forte et très-douloureuse du testicule gauche chez un individu qui était entré dans son service pour une colique saturnine de faible intensité ; ce phénomène persista encore quelque temps après la guérison de la colique. Les douleurs violentes qui ont leur origine dans les organes abdominaux ( calculs hépatiques , rénaux , etc.) occasionnent cette rétraction lesticulaire.
La tuméfaction du scrotum s'observe dans l'anasarque et l'œdème des membres inférieurs, et dépend des maladies qui occasionnent les infiltrations séreuses ( affection du cœur, des reins, du foie, etc.). Dans l'hydrocèle, la sérosité occupe la cavité séreuse elle-même, et constitue tout à la fois l'un des symptômes et un des éléments de la maladie.
La verge augmente de volume à la suite des excès vrnéiH us et de |.i masturbation. La rigidité de cet organe s'observe dans les inflammations du canal de l'urèlhre , dans le priapisme, dans la convalescence des maladies aiguêl, et annonce, dans ce cas, k rétablissement des forces < I le retour à la santé. On l'observe aussi dans lei affections du cervelet, dans
les blessures qui affectent la partie supérieure du
cordon médullaire, dans l'apoplexie, dans les affections calculeuses de la vessie.
Chez les femmes , les grandes lèvres s'infiltrent de sérosité dans les cas où l'on observe chez l'homme l'œdème des bourses. La grossesse avancée , le cancer de l'utérus, déterminent le même effet.
Historique. — Nous venons d'indiquer, d'une manière générale, les signes diagnostiques que l'on peut tirer de l'habitude extérieure, et le lecteur a pu se convaincre que celte étude a pris une grande extension depuis la découverte des procédés divers que l'on emploie aujourd'hui pour arriver au diagnostic local. Telle est même l'étendue des détails qui se rattachent à l'étude de la percussion , de la mensuration, du toucher, etc., que nous avons dû la renvoyer ailleurs, pour lui consacrer tous les développements qu'elle exige aujourd'hui. C'est à l'aide des nombreux signes fournis par ces méthodes exploratrices que l'on peut arriver au diagnostic local des maladies. Sous ce point de vue , la médecine actuelle dépasse de beaucoup la médecine ancienne. Et comment n'en seraitil pas ainsi, lorsqu'on voit les sciences physiques et chimiques prêter leur concours éclairé à la pathologie, et inspirer aux médecins des découvertes qui achèvent de donner à notre science ce caractère positif que certains esprits arriérés lui refusent encore. Cependant nous devons déclarer que si le diagnostic local a gagné dans ces derniers temps, si le praticien instruit arrive plus aisément à reconnaître le véritable siège etl'altération analomique de la maladie qu'il doit traiter, il néglige trop cette partie du diagnostic que l'on peut appelergc/^ra/^à l'aide duquel l'économie entière et les fonctions sont envisagées dans leur ensemble et dans leurs rapports sympathiques , à l'aide duquel, enfin , la marche, l'enchaînement des symptômes, et l'issue probable de la maladie, sont calculés à l'avance, et réglés sur les changements que les forces de la nature et l'action des remèdes ont amenés. Les anciens excellaient dans ce diagnostic, et la lecture des ouvrages qui sont sortis de l'école grecque prouve avec quel succès ils ont étudié l'habitude extérieure, et combien ils en ont tiré de signes précieux pour la connaissance des maladies. Ils l'ont fait surtout servir à la prognose, c'est-à-dire à l'art de prévoir et de pronostiquer les événements futurs. La sage direction imprimée par Hippocrate à l'élude du pronostic résulte des diverses observations qu'il avait faites sur l'habitude extérieure de ses malades. C'est ce que M. Lit lié a clairement prouvé dans le passage suivant de la traduction d'Hippocrate.
»La prognose, malgré la signification étymologique du mol, comprend le présentée passé et l'avenir de la maladie... Le résultat de cet enseignement est de mettre le médecin en état de juger le cours de la maladie, la valeur réciproque des symplômes, d'em-
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ployer avec plus de sûreté les moyens thérapeutiques, et de gagner, par cette habileté à deviner ce qu'il n'apprend pas de la bouche du malade, la confiance de ceux qui lui remettent le soin de leur santé... Pour se faire une idée de la manière dont Hippocrate conçoit l'étude de communautés des maladies aiguës, il suffit de passer en revue les objets dont il s'occupe dans ce traité (du Pronostic). 11 examine successivement l'altération du visage , la position dans le lit, le mouvement des mains, la respiration, les sueurs, l'état des hypochondres , les hydropisies qui naissent des maladies aiguës, le sommeil, les selles, les urines , les vomissements, l'expectoration. C'était là, suivant Hippocrate, ce que le médecin, arrivé auprès d'un malade , avait spécialement à examiner. On n'y trouve point là le diagnostic d'une maladie particulière, mais on y trouve le diagnostic de l'état général, et c'est ce diagnostic qui était le fondement de la médecine dans l'école hippocratique» (Argument du pronostic; in Œuvres complètes d' Hippocrate, p. 94, t. u,in-8°; Paris, 1840). Nous n'avons rien à ajouter à ces remarques, qui nous semblent donner une idée fort exacte de la doctrine hippocratique. Elles prouvent que les anciens se sont surtout attachés au diagnostic général , dans lequel ils ont brillé, et que l'on a presque abandonné de nos jours. Il faut maintenant examiner par quels moyens ils y sont parvenus, et pour quels motifs ils s'y sont adonnés avec tant d'ardeur.
Les anciens , privés des lumières que l'anatomie a jetées depuis sur la pathologie, n'ont pu faire reposer le diagnostic et le pronostic sur la connaissance exacte du siège ni sur l'étendue et la nature de la lésion : ils ne pouvaient que consulter l'ensemble des troubles fonctionnels, et étudier avec soin les rapports sympathiques qui rattachent les uns aux autres les organes malades. De cette étude est résultée la séméiologie générale , dont on trouve une si large exposition dans les écrits des anciens. Us ont cherché dans l'habitude extérieure les phénomènes qui pouvaient leur déceler l'état des organes intérieurs, et il faut reconnaître qu'ils sont parvenus, dans un grand nombre de cas , à déterminer ainsi la nature et le siège des maladies. Leur but, d'ailleurs, n'était pas d'arriver à un diagnostic aussi restreint et aussi localisé que nous le concevons à notre époque : l'insuffisance de leur méthode d'exploration, et surtout leur manière de philosopher , les portaient à rechercher le diagnostic général des maladies. En effet, Hippocrate, qui a toujours étudié l'homme dans ses rapports avec les objets extérieurs et les modifications qu'il en reçoit, est resté fidèle à cette doctrine dans ses ouvrages, et principalement dans les livres de l'Ancienne médecine et du Pronostic. C'est là qu'il a jeté les véritables fondements de la médecine syn-
thétique, qui a régné sans partage dans les temps anciens, «où la médecine, suivant M. Littré, conservait encore l'empreinte des doctrines encyclopédiques qui avaient constitué le fond de tout l'enseignement oriental» (loc. cit., p. 37). Les médecins grecs et les philosophes étaient convaincus qu'on ne peut guérir la partie sans le tout (Platon). Il faut reconnaître que l'on néglige trop aujourd'hui cette sage maxime, et que l'on croit, au contraire, pouvoir toujours guérir en ne s'attaquant qu'à la lésion locale. Celle opinion abuse un 'grand nombre de thérapeutistes : nous ne pouvons que signaler l'erreur, car il nous faudrait consacrer de grands développements à cette grave question, qui n'embrasse rien moins que toute la thérapeutique, et l'histoire de toutes les doctrines médicales. Nous ne voulons nullement faire le procès au diagnostic moderne, et verser le blâme sur la direction que lui ont imprimé les pathologistes modernes: nous voulons seulement bien établir qu'il existe des différences essentielles entre eux et les écoles anciennes. Le livre du Pronostic se fait remarquer par la profondeur des vues médicales qui y sont consignées, et par la précision avec laquelle Hippocrate les a formulées. On sait que la plupart des descriptions qu'il a données ont été reproduites dans tous les ouvrages, et sont restées classiques : nous devons citer, entre autres, celle qui est destinée à peindre la physionomie des malades en proie depuis longtemps à la souffrance (face hippocratique. Voy. Face, Pathologie générale). Du reste, pour donner une idée des nombreux sujets qu'il a traités dans son livre , il suffit dédire qu'il embrasse tout ce que l'on désigne sous le nom ^habitude extérieure. Toutes les formes du décubitus ont été décrites par lui, et les signes diagnostiques et pronostiques que l'on en peut déduire y sont indiqués avec une exactitude qui ne laisse rien à désirer encore aujourd'hui. Nous en dirons autant des signes fournis par la poitrine, l'expectoration , les hypochondres , les selles, la température , le sommeil, le vomissement, les urines, les collections purulentes, etc. 11 nous serait impossible d'étaler ici toutes les richesses que l'on trouve répandues dans le traité du pronostic ; pour cela, il nous faudrait presque le transcrire en entier. Du reste, nous devons dire que la lecture des livres hippocratiques ne peut être faite par tout le monde ; nous sommes convaincus qu'elle n'est profitable qu'à ceux qui connaissent entièrement la pathologie, et qui , de plus, ont longtemps observé la nature : ceux-là seuls qui possèdent ces connaissances peuvent juger l'œuvre du médecin grec, et interpréter les idées très-générales qui y sont accumulées en grand nombre. Nous sommes surpris que l'on mette entre les mains des élèves, à titre de livre classique, le vaste résumé d'Hippocrate , parce qu'il est impossible qu'ils puis-
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sent tirer un grand profit d'un travail aussi synthétique que celui-là. Telles sont les impressions qu'a fait naître en nous la lecture du Pronostic ; nous n'en avons compris toute la portée que fort tard , et notre franchise habituelle nous fait un devoir de le déclarer.
HALLUCINATION. Voy. Fouu.
HECTIQUE (fièvre) , dérive de e/.:a^, habituel ; TTJtiTo; sxtixo;, fièvre habituelle, c'est-à-dire revenant avec une sorte de régularité. On fait aussi dériver ce mot de bÇ»ç, su?, habitude du corps, manière d'être ( arc. vni s;su; ) , paice que le principal caractère de cette fièvre est d'altérer profondément l'habitude extérieure du corps, en amaigrissant les chairs , et en ruinant toute la constilution.
Dénominations françaises et étrangères. — Fièvre étique, étisie; fièvre lente, fièvre consomptive, et souvent phthi sic. Fr. — njssrc; î-a-v/.^. Gr. — Febris lenta, febricula latent. Lat.
Définition. — On doit aujourd'hui désigner sous le nom àt fièvre hectique un mouvement fébrile symptomatique , continu, avec exacerbation survenant d'ordinaire le soir ou dans le milieu du jour, avec ou sans sueurs , et produisant la consomption des forces et l'émaciation ( corpus pedetentim exlenuans, Trnka). Cullen l'a définie une fièvre revenant tous les jours, avec accès se manifestant à midi et le soir, avec , rémission le matin , mais rarement apyrexie. 11 survient communément des sueurs la nuit, et l'urine dépose un sédiment furfuracé, briqueté (voy. Nosol. , et Élém. de méd. prat., t. n,p. 159, in-8°; Paris, 1819).
Divisions. — Ce serait faire un travail tout à la fois stérile et rétrograde, que de consacrer de longues pages à l'histoire de la fièvre hectique : aussi nous bornerons-nous, dans cet article, à tracer les caractères symplomatologiques de cette fièvre, à en indiquer les causes et les principales espèces admises parles auteurs des anciennes nosographies.
Sauvages décrit : 1* la fièvre hectique chlorotique qui accompagne la chlorose , et qui est produite par la suppression des règles ou par l'amour (fièvre
Manche de Horstius] ; 2° 1.» syphilitique, ou fièvre lente qui accompagne divers accident* de la maladie ténérienne; » la scrof uleuse phihisie scrofuleusc de Horion); 4° l'hectique produite par un calcul de la ressie; ■>" l'hectique rermineuse, commune aux
enfants nouvellrment sevrés qui mnl attaques de '." 1 hectique produite par la gale; 7" celle qui accompagne le vomissement ou les Sueurs blanches; 8° la fièvre lente des enfants, due probablement à la Fuie . au rachitisme . ou a des \< rs;
0° li Ht-vic lente lymphatique <ie Baglivi, qui est l'effet de faims <!<•> rafraîchissants; 10° la fièvre lente nerveu ii\« i |a un In
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Trnka établit deux ordres de fièvre hectique : l'un est constitué par la fièvre hectique protopathique ou primaire et essentielle : celle-ci ne reconnaît aucune maladie appréciable ; l'autre genre est formé par les fièvres hectiques deuthéropathiquesou secondaires : celles-ci peuvent remplacer une autre fièvre qui a existé précédemment (febris genctica), ou n'être que le symptôme d'une autre maladie, telle que la phthisie ou l'obstruction des viscères (Hisioria febris hecticœ, Venceslai Trnka, pag. 4, in-8° ; Vindob., 1783).
Broussais, dans une dissertation qui est devenue célèbre, à cause de la réputation dont a joui plus tard son auteur, dit qu'on peut considérer la fièvre hectique comme une fièvre essentielle. «Une multitude de causes, indépendantes des lésions organiques, peuvent engendrer une fièvre parfaitement semblable à rheclique des phthisiques, à l'hectique de ceux qui portent des squirrhes , des cancers, de vastes ulcères, etc.» Je cherche à démontrer «que toute lésion d'action d'un organe ou d'une série d'organes, assez forte pour intervertir l'harmonie des principales fonctions, finit, toujours, quand elle se prolonge beaucoup, par un mouvement fébrile, dont les symptômes ne diffèrent que du plus ou moins. La fièvre hectique, considérée sous ce point de vue, est, à proprement parler, une fièvre essentielle» (Recherches sur la fièvre hectique considérée comme dépendante d'une lésion d'action des différents systèmes , sans vice organique. Dissert, inaug., p. 2 et 3 , in-8° ; Paris, an XI (1803). Broussais établit dans les fièvres hectiques plusieurs divisions : « La première renferme les hectiques qu'on est autorisé à attribuer à la lésion d'action d'un seul système; la seconde comprend celles dont la cause dépend de la lésion de plusieurs systèmes.
«La première division donne des hectiques gastriques, des hectiques pectorales, des hectiques génitales, des sanguines, des hectiques par vice du système glanduleux secrétaire, des hectiques par vice du système cutané, et des hectiques par vice du système nerveux cérébral.»
«La seconde division présente des hectiques par Fatigue générale , des hectiques par suite d'une autre maladie , des hectiques par une impression extraordinaire , portée sur toutes les fonctions parles deux extrêmes de la température , des ludiques dont la cause ne saurait être appréciée» (dissert, cit., p. 79),
Broussais étudie ensuite chaque fièvre hectique qu'il croit indépendante d'une désorganisation locale, d'après les divisions établies par Biehat dans son 4 natomie générale. 11 passe ainsi successivement en revue les ludiques des différents systèmes de la vu: organique et animale. Kn lisant les descriptions données par l'illustre réformateur, on voit
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aisément qu'il n'était pas encore sous l'empire de cette grande idée de la localisation qui Fa si puissamment aidé à jeter les bases de sa doctrine. Les hectiques qu'il a admises ne sont que symptomatiques d'une maladie caractérisée, ou d'un trouble fonctionnel appréciable ; mais le mérite de la division proposée par Broussais est d'avoir fait saisir plus nettement le mode suivant lequel les différents appareils de l'économie sont influencés par la maladie , et la cause véritable des phénomènes hectiques.
La fièvre hectique ne peut être considérée aujourd'hui que comme un mouvement fébrile symplomatique d'une lésion ou d'un trouble fonctionnel. Du reste, ce n'est pas aux médecins du xixe siècle qu'il faut attribuer l'honneur d'avoir effacé du nombre des fièvres essentielles la fièvre hectique. Gullen s'explique positivement à cet égard : «Dans la plupart des systèmes de médecine , dit-il , on a indiqué comme maladie primitive une espèce de fièvre nommée hectique; mais je ne l'ai jamais vue, telle qu'elle est décrite, comme maladie primitive. J'ai constamment observé qu'elle était un symptôme de quelque affection locale, le plus communément de quelque suppuration, et je la considérerai ailleurs comme telle» (Eléments de médecine pratique, p. 124, t. i,in-8°; Paris, 1819). Gette opinion, si nettement formulée par Gullen , a passé inaperçue. -Les travaux de Broussuis et de ses partisans ont remis en lumière la doctrine émise par Gullen.
Symptômes. — On a distingué, dans l'enchaînement des symptômes hectiques, trois périodes distinctes : la première se compose de phénomènes morbides encore légers, qui, dans la seconde, prennent une grande intensité, et sont assez saillants pour caractériser l'état morbide connu sous le nom de fièvre hectique; la troisième période, ou de marame, est celle où paraissent l'amaigrissement squelettique , les sueurs, le dévoiement, et les autres signes de colliquation. Il nous suffit de signaler ces divers symptômes , car il serait contraire au véritable esprit de la pathologie moderne de les décrire comme les symptômes d'une maladie distincte.
Le nombre des battements du pouls, et la température de la peau, sont modifiés d'une manière constante dans toute fièvre hectique , mais à des degrés différents. Dans la forme la plus légère , le rhythme du pouls et la chaleur ne sont pas continuellement troublés : ce n'est que le soir , dans le milieu du jour, ou après le repas, qu'il se déclare un peu de malaise , et que le pouls et la température s'élèvent; en même temps la peau devient sèche , et au bout de quelque temps, elle s'humecte. Dans ces cas légers, on ne peut pas dire encore que la fièvre soit continue. Après un temps variable, suivant les individus, le pouls reste fréquent à toutes les heures
du jour; seulement il s'accélère vers le milieu de la journée , ou le soir, et quelquefois à ces deux instants : la fièvre, dans le premier cas, est rémittente quotidienne; elle est double quotidienne quand il y a deux exacerbations chaque jour ; quelquefois il n'y a d'accès que tous les deux jours. On voit donc que la fièvre consomplive se présente sous deux formes distinctes : à ses premiers commencements , elle est intermittente, ce qui est rare; elle devient très-vite rémittente. Les exacerbations ont lieu le plus souvent tous les jours. La fièvre hectique est une fièvre continue avec exacerbation ; elle participe donc à la fois de la fièvre intermittente et de la continue.
Les deux principaux caractères de l'hectique , suivant Galien, sont : 1° de ne présenter aucun stade bien tranché, de n'avoir, ni une période d'invasion , d'état , ni de déclin ; 2° de ne produire aucune sensation sur le malade, qui ne s'aperçoit pas qu'il est atteint de fièvre (de Prœsag. ex pulsibus, lib. m , cap. 3; et de Inœquali intempérie, cap. 5). Ce sont, en effet, les phénomènes les plus saillants de cette fièvre. Cependant nous devons dire que, dans les cas les plus ordinaires, le malade éprouve de la courbature, de la céphalalgie, un sentiment de malaise, au moment de l'accès du soir, et que, souvent même, il ressent un frisson , ou tout au moins un refroidissement du corps et des extrémités, qui le poussent à rechercher une chaleur artificielle.
La température, après s'être ainsi abaissée, et le plus ordinairement sans avoir présenté cette modification préalable , s'élève au moment du paroxysme ; la peau devient chaude, acre et sèche. «Cum primura «manus admovetur, dit Galien, calor debilis est; «paulo post vero acredinem atque erosionem quam- «dam ostendit, ac magis , cum plus tangendo , immo- «raberis» ( de Dijferentiis febrium , lib. i , c. 9 ). Cette augmentation de la température est générale, ou limitée à certaines parties du corps, à la paume des mains ou à la plante des pieds , par exemple ; elle est plus vive une heure ou deux après chaque repas. Aussi Sennert conseille-t-il de changer l'heure des repas , afin de s'assurer que la chaleur n'est pas l'effet du travail de la digestion.
L'habitude extérieure des malades présente des changements non moins tranchés que les autres fonctions , et sert à mesurer le degré de marasme , et le danger que courent les sujets. «Avant de reconnaître la fièvre hectique par les modifications apportées à la température du corps et à l'état du pouls , il vous sera facile, dit Galien , d'en soupçonner l'existence, en voyant les yeux excavés et comme ensevelis dans des fosses profondes, par suite de la résorption des humeurs , de telle sorte que les os auxquels adhèrent les paupières sont tout à fait saillants : celles-ci sont arides , couvertes d'un enduit pulvérulent , semblable
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à celui que l'on observe chez les voyageurs qui ont fait une longue roule au milieu de la poussiè: c , et exposés à l'ardeur du soleil. Le regard a perdu tout son feu ; tout le visage, et particulièrement la peau qui couvre le front , laissent voir une pâleur remarquable; la peau est en même temps sèche, dure, et comme tendue... Les muscles qui couvrent les tempes s'émacient , et l'on voit se former sur les deux côtés du visage deux fossettes profondes. Les sujets atteints de fièvre hectique , dit Galien dans son style pittoresque, sont-ils autre chose qu'un composé de tégumeDts et d'os? «Et quidaliud omuino sunt,quam «ossa atque cutis ?» (de Diffèrent. febr., lib. i, c. 9). Outre ces symptômes de fièvre hectique , que l'on retrouve également dans toutes les maladies qui causent le marasme, il en est d'autres qui doivent être notés et complètent le tableau de la lièvre lente. Souvent la maigreur est remplacée par une sorte de faux embonpoint qui est produit par l'infiltration séreuse; celle-ci s'étend aussi aux membres inférieurs. La figure est pale, et présente ces phénomènes dont on a désigné l'ensemble sous le nom de face hippocratiqne. La pâleur est remplacée, chez quelques sujets, par une coloration assez vive, circonscrite aux pommettes, par exemple, comme chez les phthisiques. Les doigts des mains et des pieds s'allongent, les ongles se recourbent ; les cheveux et les autres parties du système pileux tombent; le sommeil est nul, ou interrompu par des rêves pénibles, et si léger , que le moindre bruit le dissipe. Les sujets accusent sans cesse un malaise général, se plaignent surtout de ne pas retrouver leurs forces, et de ne pouvoir se livrer au moindre exercice sans être' aussitôt fatigués. Malgré cette profonde adynamie de la plupart des appareils, quelques-uns conservent toute leur intégrité. L'intelligence reste intacte, et les malades conservent toute la plénitude de leurs facultés morales et intellectuelles. La nature, qui opère lentement et à petit bruit la destruction de l'organisme, ne laisse apercevoir au malade aucun des signes funestes qui annoncent sa mort prochaine ; et lorsque ceux qui l'entourent ont déjà marqué le tenue fatal où il doit prochainement arriver, lui seul se repaît de douces chimères et vit dans l'attente du lendemain. Le système nerveux résiste le dernier, et les organes géni- Uttl jouissent souvent de toute leur activité jusqu'à l'instant delà mort.
L'appareil dige til n'esl pas moins influencé que les autres. Au début delà BèVre hectique, la soif n'est augmentée que quelques heures après le paroxysme; plus tard , elle devient continue, ardente, la bouche et le pharynx sont le siège d'une chaleur et d'une sécheresse qui incommode .souvent les malades; l'appétit éprouve des variations assez grandes ; parfois , il existe une anorexie complète , et l'on
conçoit à peine comment la mort ne survient pas plus rapidement chez certains sujets qui gardent une diète presque absolue pendant plusieurs mois. La plupart conservent un goût prononcé pour les aliments , et lorsque le tube digestif n'est pas le point de départ de la maladie ou affecté consécutivement, on voit les sujets continuer à manger, et la digestion s'accomplir régulièrement jusqu'à la mort. 11 est plus ordinaire de constater des troubles considérables vers l'intestin. Les selles sont rares et difficiles au début; plus tard elles deviennent liquides et très-fréquentes. 11 s'établit alors une de ces diarrhées abondantes, accompagnées ou non de colique, qui, pour peu qu'elles durent, jettent rapidement les malades dans une prostration extrême et dans un état de marasme qui se termine par la mort. On a désigné cette diarrhée sous le nom de colliquatwe, à cause de l'abondance extrême et de la liquidité des matières qui sont rendues.
La respiration reste parfaitement libre , facile et régulière quand le poumon est sain ; cependant , à un degré avancé de la fièvre, lorsque l'amaigrissement et la faiblesse ont fait de grands progrès , la respiration devient parfois gênée, suspiricuse , entrecoupée, s'accélère par instant, surtout quand le malade veut se livrer à quelque exercice : ce sont là des phénomènes nerveux puremeut sympathiques. On a vu chez des sujets nerveux de véritables attaques d'asthme se manifester sous l'influence de quelque émotion morale vive; une nouvelle imprévue, et qui cause du plaisir ou de la peine, peut occasionner cette dyspnée. On observe parfois aussi une petite toux , fréquente et sèche , qui existe lors même que les organes respiratoires sont parfaitement sains. Les syncopes, les lipothymies, les battements du cœur, ne reconnaissent pas non plus d'autre cause que l'excitation nerveuse qui semble augmenter à mesure que les autres fonctions s'affaiblissent. On a vu ces phénomènes se produire d'une manière intermittente soit au moment de l'exacerbation fébrile du soir, soit après le repas quotidien.
Un des symptômes les plus constants de la fièvre consomptive est l'accroissement de la transpiration cutanée. Nulles d'abord, ou à peine marquées, les sueurs deviennent ensuite très-abondantes, et fatiguent beaucoup les malades , qui sont obligés de changer plusieurs fois de linge. C'est ordinairement vers le milieu de la nuit et le matin que la transpiration est la plus active. La sueur est générale, ou se montre seulement à la tête, au cou, à la poitrine, à l'épigastre, dans le dos ou dans les mains. L'urine alors est plus rare, moins abondante, fortement colorée , et laisse déposer une forte proportion de sels. Tels sont les symptômes les plus ordinaires qui, par leur ensemble, constituent la lièvre hectique , ou