‹ Compendium de médecine pratique, ou, Exposé analytique et raisonné des travaux contenus dans les principaux traités de pathologie interne (volume 2)Chapitre 36 sur 57 · C - : ii --':•: ; - Lit frmtmk <jl £Orate «rares à · texte numérisé non relu

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lésion de la membrane interne, de l'intestin , après un flux diabolique , à la suite de veilles prolongées, d'une forte contention d'esprit, d'une passion violente, de la masturbation, d'excès vénériens, etc. Dans ces derniers cas, les fondions seules sont troublées, mais ce trouble suffit pour expliquer la fièvre hectique.

Nous supprimons à dessein la stérile énuméralion de toutes les maladies qui s'accompagnentde consomption fébrile. Quelle utilité le lecteur y trouverait-il ? Il ne pourrait, à l'aide des seuls symptômes de la fièvre hectique , remonter jusqu'à sa cause et à l'organe altéré qu'il lui importe de connaître. 11 doit seulement se rappeler que la fièvre lente est toujours symptomatique d'une altération matérielle ou du trouble d'une fonction qu'il doit absolument trouver. Il ne peut, dans aucun cas, déclarer qu'elle est essentielle ; s'il n'est point parvenu à en déterminer la cause, c'est que l'exploration n'a été ni assez habile, ni assez attentive , ou bien c'est que les symptômes locaux sont encore trop faibles pour être accessibles aux sens, ce qui est très-rare. Cependant nous dirons qu'il est des fièvres lentes dont on n'avait pu découvrir l'origine, et dont le diagnostic a été porté aisément, lorsque, par suite de la marche de la maladie, les symptômes sont devenus p!us apparents. Les tubercules pulmonaires, à leur début, donnent souvent lieu à des méprises de ce genre.

Nous croyons à peine nécessaire de dire qu'il n'y a pas de traitement propre à la fièvre hectique, et que le pire de tous serait celui qui consisterait à administrer des remèJes, dans le but de combattre une collection de symptômes aussi variés que ceux de la fièvre de consomption.

Historique et bibliographie. — Hippocrale et les médecins grecs et latins, y compris Gelse, ne parlant pas de la fièvre hectique. Mais Hippocrate l'indique clairement, lorsqu'il fait mention des fièvres lentes, et de la consomption. Celse a aussi cherché à établir le traitement i - /'. H »s /entes. Tins tard, OBl i<(ii le. nom de fiii rc hei fique , et ont été

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celte maladie y sont classées d'une manière physiologique, et l'on peut assurer que celle disserlation a rendu plus d'un genre de service à tous les médecins qui l'ont lue avec attention : l'exposé des causes et des symptômes est présenté avec un ordre et une clarté extrême (Recherches sur la fièvre hectique considérée comme dépendante d'une lésion d'action des différents systèmes, sans vice organique. Disserl. in-8 ; Pa: is, an XI (1 803). 11 est fort inutile de mentionner maintenant les livres où la fièvre hectique a été plus spécialement étudiée ; cependant nous transcrirons ici le titre de deux ouvrages qui peuvent en remplacer beaucoup d'autres : le premier est une dissertation de Fréd. Hoffmann {de Febribus lenlis et Jicclicis, p. 175, in Opéra omnia, t. h, in-fol. Genève, 1761) : elle est consacrée à une étude tout à fait pratique de cette fièvre, et appuyée sur des observations particulières fort détaillées, et qui ne manquent pas d'intérêt. Le second est le livre de Trnka (J/cnccslai Tmka de Krzo<x>itz , Hisioria febris hecticœ, in-8°; Vindobcme , 1783). Rempli d'une érudition fort grande, il peut dispenser de la lecture des autres livres publiés sur le même sujet.

HÉMATEMÈSE, s. f., dérivé de aux*, sang, et Éatto, je vomis.

Dénominations françaises et étrangères. — Vomissement; de sang, hématemèse. Fr. — E^.s;i<x at4u.arw^r,? Gr. — Sanguinis vomilus , vomitio sanguinis. Lat. — Vomilo di sangue, cmatemesi. liai. — Vomilo di sangre , ematemesis. Esp. — Pomiling of blood, hœmatemesis. Augl. — Blutbrechen. Ail. — Bloedbraaking. Holl.

Sjnonj mie suhant les auteurs. — Hœmatemesis t Sauvages , Linné, Vogel, Sagar , Crichton , Good ; v omitus cruentus , Stahl; hœmorrhca ventriculi , Swediaur ; gaslrorrhagia , œsophagorrhagia , aul. div.

Définition. — Presque tous les auteurs, même e<'iix qui se sont occupés de sémeiologic (Double, Sëtnéiologie générale), confondent l'hématémèse avec Phémorrhagie de l'estomac. Nous avons montré, dans notre article Gastrorrhagib , que cette manière de comprendre el de définir l'hémalémèse était vicieuse, et devait être entièremenl rejetée; nous avons établi que l'hématémèse, ou vomissement de sang, n'csi qu'un symptôme, et non une maladie; qu'il peut y avoir hémorrhagie gastrique sans vomissement de sang, et hématemèse sans gastrorrhagie ; ainsi que cela a lieu dans tous les cas où du sang^st simplement xcv^ dans l'eslomac. Ce que nous avons dit suffit pour montrer qu'il ne faut pas, à moins «I ôler tonte précision au langage médical, confondre lliémonhagie qui s'opèie dans un organe creux avec l'expulsion du sang a l'extérieur, et, d'ailleurs, ce! considérations M h pi émuleront avec plus de déve-

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loppement dans un prochain article (voy. Hé.moptvsig). Pour nous , l'hématémèse sera donc V expulsion, par l'acte du vomi s sèment, de sang contenu dans l'estomac ; quelles que soient la quantité et la source primitive du sang rejeté.

Division. — On a établi des hématémèses idio~ pathiques . critiques, symptomatiques , succédanées 3 etc. Toutes ces divisions se rapportent à la gastrorrhagie. Sauvages admet : 1° une hématémèse pléthorique qui survient après la suppression des règles ou des hémonhoïdes ; 2° un vomissement de sang survenant chez les sujets atteints de la maladie noire et de scorbut; 3° un vomissement de sang causé par la rupture d'un anèvrysmc dans l'œsophage et l'estomac ; 4° une hémalémèse causée par les plaies de l'estomac , par des sangsues ; 5° une hémalémèse simulée. On voit , par cette division , que Sauvages avait senti que l'hématémèse ne devait pas être confondue avec la gastrorrhagie, puisque celle-là pouvait exister sans celle-ci (n03 3 et 5) ; mais , n'ayant pas séparé ces deux mots, il est tombé dans une confusion que les auteurs modernes n'ont pas cherché à dissiper.

Si on voulait établir des divisions dans l'étude de rhématémèse, on ne devrait les fonder que sur la considération de la source primitive du sang (voy. Diagnostic).

Symptômes. — Les phénomènes symptomatiques que les auteurs ont rattachés à l'hématémèse se rapportent presque tous à la gastrorrhagie, ou à l'affection primitive qui détermine la présence du sang dans l'estomac : voici les seuls troubles fonctionnels qui appartiennent réellement à l'hématémèse. Avant de rejeter du sang par le vomissement, les malades éprouvent une sensation de pesanteur, de chaleur à l'épigastre, une tension dans les hypochondres , un malaise extrême, de l'anorexie, du dégoût; ils ont des frissons, un goût de sang dans la bouche: bientôt ils éprouvent des nausées, suivies de vomissements qui amènent enfin le rejet du sang contenu dans le ventricule. Quelquefois l'hématémèse débute brusquement, sans avoir été précédée d'aucun prodrome : il en est ordinairement ainsi lorsqu'une grande quantité de sang arrive tout à coup dans l'estomac.

Le sang rejeté varie dans sa quantité et dans ses caractères physiques. Ordinairement le sang est vomi avec abondance : plusieurs livres de ce liquide peuvent être rejetées dans une seule hématémèse; rien de précis ne saurait, toutefois, être établi à cet égard, si ce n'est que, lorsque la quantité de sang rejetée par le malade est très-petite , il devient probable à priori qu'elle n'a point été rejetée par hématémèse.

Le sang est liquide ou coagulé. Il se présente souvent sous ce dernier état , et forme alors des caillots plus ou moins considérables: cette circonstance tient

à ce que du sang peut séjourner pendant quelque temps dans l'estomac sans provoquer le vomissement, et elle n'est point sans importance, comme nous le verrons, pour le diagnostic.

Le sang est ordinairement noirâtre ou noir. Ce caractère , auquel on a attaché une grande valeur pour distinguer l'hématémèse de l'hémoptysie, n'est pas aussi significatif qu'on l'a dit, puisque, d'une part, le sang rendu par le vomissement est quelquefois rouge, vermeil, et que, d'autre part, ce liquide peut être noir dans l'hémoptysie (voyez ce mot).

Ordinairement le sang est mêlé avec une quantité plus ou moins considérable de matières alimentaires, de mucosités , de bile, ou d'autres substances contenues dans l'estomac ; d'autres fois il est parfaitement pur (voyez Gastrorrhagie, p. 326). Il est mélangé avec du pus, des hydatides, etc., lorsqu'il provient d'une tumeur hépatique ouverte dans l'estomac , etc.

Le nombre, la violence des efforts de vomissement, varient singulièrement. Chez certains individus , le ventricule se débarrasse très-facilement et tout d'un coup; chez d'autres, au contraire, les vomissements sont prolongés et pénibles.

A moins de complication du côté des organes respiratoires, il n'existe ordinairement pas de toux dans l'hématémèse ; cependant, lorsque le vomissement de sang est très-violent, la quantité du liquide trèsabondante, la toux se manifeste quelquefois, soit par suite d'une sorte de titillation exercée sur les organes du -pharynx , soit par suite de l'introduction d'une petite quantité de sang dans les voies respiratoires. Cette circonstance ne doit pas être oubliée (voyez Diagnostic).

Lorsqu'à la suite d'une ou de plusieurs hématémèses, une très-grande quantité de sang a été vomie, il se manifeste des symptômes d'anémie qui ne diffèrent point de ceux qui accompagnent toute hémorrhagie considérable (voyez Hémorrhagie).

Marche, durée, terminaison. — La marche et la durée de l'hématémèse dépendent entièrement de l'affection qui produit le vomissement de sang. En général, et abstraction faite de toute considération de causes, on peut dire, cependant , que f hémalémèse est moins sujette à se renouveler que l'hémoptysie.

«11 est rare que dans l'hématémèse , dit M. Double (ouvr. cité, t. m, p. 4G7), la mort soit causée par la perte même du sang; il en existe, cependant, quelques faits.» Les exemples de ce genre sont , en effet, rares, surtout quant à la gastrorrhagie : il n'en est plus de même lorsque le sang vomi provient de la rupture d'un anévrysme dans l'estomac ou l'œsophage. Dans tous les cas, la cessation de l'hématémèse ne prouve point celle de l'affection qui lui a donné lieu, et les terminaisons du vomissement de

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Sang ?ont liées à la maladie qui détermine la présence de ce liquide dans l'estomac.

Diagnostic. — Le praticien doil rechercher dans le diagnostic de l'hémalémèse : 1° si le liquide rejeté est du sang-; 2° si le sang rejeté est réellement vomi, c'est-à-dire s'il provient de l'estomac; 3° si le sang est fouiiii par cet organe, ou s'il n'est que versé dans sa cavité; 4° quelle est la source du sang vomi ; 5° enfin , il doit déterminer la valeur de l'hémalémèse considérée comme signe.

1° Le liquide rejeté est-il du sang? Nous avons indiqué ailleurs les moyeus à l'aide desquels on parvient à la solution de ce premier point essentiel (voy. Gastrorrhagie, p. 326-327).

2° Le sang provient-il de ['estomac ? Lorsque le sang est rendu, par un vomissement non accompagné de toux, en caillots considérables , il c*l probable qu'il y a hématémèse ; mais ce sont là les seuls signes rationnels auxquels ou puisse accorder quelque valeur. La couleur du liquide, son état écumeux, son mélange avec des matières provenant de l'estomac, n'éclairent en rien le diagnostic; car, d'une part, le rejet de sang provenant de la bouche, et à plus forte raison des voies respiratoires, peut être accompagné de vomissement , et , par conséquent , le liquide peut être mélangé avec des matières stomacales; d'autre part , le sang rendu par hématémèse peut être rouge, comme celui rendu par hémoptysie peut être noir. «Lorsque, dans l'hémalémèse, le vomissement provoque la toux , dit M. Double, alors, pour éclairer le diagnostic, il faut rechercher avec soin quel est de ces deux symptômes celui qui s'est manifesté le premier, celui qui a été immédiatement suivi de l'expulsion du fluide sanguin » (lac. cit.} p. 4G3). Celte recherche n'est point toujours possible , et , pour éclairer le diagnostic, il faut posséder des données plus certaines. Indépendamment des signes commémoratifs et concomitants qui indiquent la maladie à laquelle est du l'écoulement du sang, l'exploration attentive de la bouche, des fosses nasales, du pharynx, l'auscultation de la poitrine, h palpation et la percuMon pratiquées sur Ja région épigastrique, sont b i moyeni qui permettent d'arriver à une appréciation exacte \<»y. Gastrorrhagie, p. 330). Quelques auteurs allemands proposent, dans le cas où il sérail important et impossible en même temps, à l'aide de ■ samen , de reconnaître si le sang rejeté vient de l'estomac, de recourir i l'application de la pompe stomacale : lei accidents qui pourraienl résulter de l'introduction de cel instrument recommandent à cet égard une grande i i

3° Le seung est-il fourni par l'estomac, ou n'est-il que versjé dans le ventricule P Le sang rendu par hématémèse peul être fourni par un anémone de l'aorte ou d'une autre artère du rentre -

ouvert dans l'œsophage ou l'estomac , par un abcès du foie ou du rein communiquant avec le ventricule. Les symptômes commémoralifs appartenant à ces différentes altérations peuvent seuls éclairer le diagnostic. Le sang peut provenir de la bouche ou des fosses nasales, et avoir été avalé par le malade: dans ce cas , l'examen attentif de ces cavités rend l'erreur difficile, mais non toutefois impossible à commettre, surtout chez les enfants (voy. Gasiror-

RIIAG1B, p. 329).

4° Déterminer la source du sang. Cette détermination résulte des recherches diagnostiques dont nous venous de parler, et de la connaissance de l'affection à laquelle est dû l'écoulement du sang que l'hématémèse amène ensuite au dehors.

5° De r/iématémcse considérée comme signe. Les détails dans lesquels nous sommes entrés prouvent suffisamment que le vomissement de sang considéré en lui-même ne peut fournir aucune indication relative à la maladie qui le produit.

Nous ne devons pas oublier de dire que l'hémalémèse peut être simulée, en ce sens, qu'on a vu assez souvent, surtout dans les hôpitaux, des individus avaler du sang provenant de différents animaux , ou même du sang humain qui avait été tiré par une saignée, le rendre ensuite par un vomissement provoqué ou naturellement déterminé par la présence du liquide avalé dans le ventricule, et se dire alors affectés de gastrorrhagie. La surveillance la plus sévère est quelquefois mise en défaut par les sujets qui ont intérêt à tromper le médecin, et l'absence de tous les symptômes qui indiquent une affection de l'estomac n'autorise point à prononcer qu'il y a fraude. Il faut alors lutter de ruse , et nous ne pouvons indiquer tous les moyens de diagnostic que le médecin doit chercher dans sa sagacité et dans les circonstances où il est placé. L'un de nous fut abusé deux fois de la sorte : dans le premier cas, par une jeune femme qui voulait prolonger son séjour à l'hôpital, et il ne fut conduit à soupçonner la fraude que parce qu'il remarqua que la prétendue hématémèse avait toujours lieu vers la même époque de la journée, deux heures environ après que les saignées prescrites dans le service avaient été pratiquées. 11 ne tarda pas alors à surprendre la malade avalant le sang qui avait été extrait de la veine de l'une de ses voisines de lit. Dans le second cas, il s'agissait d'un homme qui avait toutes les apparences de la santé, et chez lequel il était presque impossible de croire à une gastrorrhagie. Par des interrogations dirigées avec adresse, on lit croire à cet individu que, dans les maladies du {;eure de celle dont il se disait attaqué, le vomissement de sang devenait, au bout de quelque temps, périodique. Le soi-disant malade se hâta de mettre ce renseignement à profit , et de dis-

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siper ainsi lui-même le doute qui pouvait être resté dans l'esprit du médecin.

Pronostic. — L'hématémèse est , en général, un symptôme fâcheux , parce qu'il est ordinairement déterminé par une affection grave. Le pronostic sera d'autant moins favorable que le vomissement de sang se reproduira plus fréquemment , et que la quantité de sang rejetée sera plus considérable : on comprend, néanmoins,1 que, dans tous les cas, le pronostic est lié à l'affection qui produit l'écoulement du sang vomi.

Causes. — Nous avons déjà dit que l'ouverture , dans les voies digestives sus-diaphragmatiques, d'un anévrysme de l'aorte ou d'une autre artère abdominale, d'un abcès du foie, du rein, que la déglutition de sang provenant de la bouche, des fosses Dasales, des organes respiratoires, peuvent produire riiémalémèse : il faut ajouter aux causes de ce genre les plaies de l'œsophage , les plaies pénétrantes de l'abdomen. Lorsque le sang vomi est fourni par l'estomac, les causes de l'hématémèse sont celles de la gastrorrhagie (voyez ce mot).

Traitement. — ■ La première indication dans le traitement de l'hématémèse est de combattre, par des moyens appropriés, l'affection à laquelle se rattache le vomissement de sang. Celui-ci réclame, toutefois, par lui-même les soins du médecin, lorsqu'il est très-abondant , et que sa cause demeure inconnue. Dans ce cas, il faut recourir au traitement des hémorrhagies considérées en général (voyez Hémorrhagie). Les boissons froides, l'application de glace sur l'épigaslre, sont les seuls agents thérapeutiques dont l'emploi soit plus particulièrement indiqué pour l'hématémèse.

HÉMATIDROSE , s. f., dérivé de a^a , sang, et de ufyws , sueur, sueur de sang. Ce mot a été créé par Ploucquet, pour désigner les hémorrhagies cutanées.

On donne ce nom à l'exhalation sanglante qui s'établit à la surface de la peau. Le sang n'est ni infiltré dans l'épaisseur de la peau, ni déposé sous elle ou sousl'épiderme, comme dans les hémorrhagies des scorbutiques et des fièvres graves , il est simplement exhalé par les pores de la peau , comme la sueur.

Les faits que l'on a cités comme des exemples d'hématidrose ont presque tous quelque chose d'extraordinaire , et qui doit inspirer quelques doutes. Schenckius rapporte qu'une religieuse , ayant été fortement effrayée par la vue de deux hommes qui se battirent jusqu'à la mort de l'un d'eux, fut prise d'une sueur de sang. Leroux fait mention d'un ouvrier de la fabrique de Sèvres , qui avait une sueur de sang chaque fois qu'il s'exposait à la chaleur du four dans lequel on cuit la porcelaine. Lalour raconte l'observation d'une servante dont les jambes furent brûlées par de la chaux vive six jours avant l'époque de ses

règles. Après sa guérison, il survint, chaque mois, une transsudation d'un sang vermeil et abondant à travers les cicatrices de la brûlure [Histoire philosophique et médicale des causes des hémorrhagies, p. 228, obs. 274, t. i, in-8; Paris, 1815). La suppression des règles est la cause de la plupart des hémorrhagies cutanées dont on possède l'histoire. Musgrave vit, chez une jeune homme, le flux sanguin s'effectuer, chaque mois, au côté droit de l'ongle du pouce de la main droite. Gaizergues rapporte l'hisloired'une femme atteinte de colique néphrétique, avec issue de gravier, et qui fut prise, plusieurs fois, d'une hémorrhagie ayant son siège sur la face , le cou , les aisselles, et la partie antérieure du thorax et de l'abdomen {Annales cliniques de Montpellier, novemb. 1814). La diminution de la pression atmosphérique portée à un haut degré détermine i'hématidrose. Les voyageurs qui ont gravi sur des montagnes très-élevées disent l'avoir observée , soit sur l'homme , soit sur les animaux : l'hémorrhagie se fait plus particulièrement par les membranes muqueuses, palpébrale et nasale, ou par l'oreille. Dans les maladies avec altération du sang, les hémorrhagies interstitielles sont communes , mais il est rare d'observer une simple exhalation de ce liquide. Huxham dit cependant avoir vu une ou deux fois, dans les fièvres malignes, une espèce de sueur sanguinolente qui découlait des aisselles , et teignait le linge d'une couleur qui approchait beaucoup de celle du vin de Bourgogne (Essai sur les fièvres). Hodges, dans son Traité de la peste, dit avoir observé des sueurs couleur pourpre, et quelquefois semblables à du sang (ouvr. cit. d'Huxham).

L'histoire des hémorrhagies de la peau est encore trop peu avancée pour que nous voulions l'entreprendre en ce moment. Nous ne pourrions que rapporter un petit nombre de faits , parmi lesquels il en est beaucoup qui commandent le doute; ceux même qui ont été observés dans ces derniers temps ne doivent être acceptés qu'avec réserve : tel est celui récemment publié par M. Gendrin, qui dit avoir constaté une sueur de sang là où il n'existait que des taches ecchymotiques, suivant d'autres personne qui ont également vu le malade (Traité philos, de méd. prat., t. î, p. 283, in-8; Paris, 1838. Voyez la réfutation de ce fait dans un mémoire intitulé : Observation de diathêse hémorrhagique , avec douleurs articulaires, par M. Tardieu; in Archives générales de médecine, p. 197, t. x; 1841). Les ouvrages où l'on trouve rapportés des cas d'hémorrhagic cutanée, et auxquels nous renvoyons le lecteur, sont les suivants : Ohservatio de sudore sanguineo infanlis recens nati , Kphémérides des curieux de la nature, décad. n, an n. 10e , obs. 65); ce fait est rapporté par AUard Maurice iïggcrdcs ,

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