‹ Compendium de médecine pratique, ou, Exposé analytique et raisonné des travaux contenus dans les principaux traités de pathologie interne (volume 2)Chapitre 37 sur 57 · J1ÉM · texte numérisé non relu

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Schenck(Obscrvalionum medicarum rariorum,ttc. lib. iv ; Ephem. nal. cur., décad. n, ann. Ge); observations recueillies par Musgrave (Transact. philos. , p. 272 ; 1701), Mercalus (de Mulier. affecta lib. i , cap. 7 : c'est un exemple d'hémorrhagie supplémentaire par le petit doigt de la main , chez une femme non réglée), ZaeutusLusitanus(0/;er., p. 494, t. n : même circonstance; hémorrhagie par les doigts du pied), Van Swleien (Comment. inAphor., 1286, p. 377, t. iv,in-4; Paris, 17 73; Dict.des sc.méd., t. iv, p. 89 et 188), Latour (Histoire philosophique et médicale des causes des hémorrhagie s, 1. 1, obs. 274, 361), Caizergues ( Annales cliniques de Montpellier, 9 novemb. 1814); voyez aussi l'ouvrage de Latour, qui rapporte un certain nombre de faits empruntés aux ouvrages anciens (ouvr. cit., p. 226).

HÉMATURIE, s. f . , de a-.ua, sang, et cu^w , j'urine.

Dénominations Jrançaises et étrangères. — Pissement de sans?, hématurie. Fr. — Ouocv a-.u.a- T»Stç. Gr. — Sanguis in urina. Lat. — Orina di sangue, ematuria. liai. — Hcmaturia. Esp. — Bloody urine. Angl. — Blutharnen. Ail. — Boedpissen. Holl.

Sjnon) mie suiiant les auteurs. — Oupcv a-.warttJeç, Hippocrale,Galicn; sanguis in urina , Gelse; hœmaturia , Sauvages, Linné, Vogel , Sagar , Good , Frank ; mie lus cruentus , Sydenham, Juncker, Hoffmann ; hœmorrhœa viarum urinarium , Swediaur.

Définition. — Nous n'attiibuerons pas au mot hématurie une autre signification que celle que lui donne son étymolcgie : l'hématurie, pour nous, ne sera qu'un pissement de sang, c'est-à-dire que l'émission, par l'urèlhrc , d'une quantité plus ou moins < onsidérable de sang, soit pur , soit mêlé à d'autres liquides. De plus, la miction, c'est-à-dire l'action d'uriner, ne s'entendant que de l'évacuation d'un liquide contenu dans la vessie, nous n'appellerons pa /jl/nalur/e l'écoulement par la verge d'une quantité pins ou moins considérable <<e sang provenant de l'urèlhre [hémorrhagie uréthrale). La définition complète de l'hématurie scia donc celle ci : émission, par l'uré titre, d'âne quantité plut ou moins considérable de sang , Suit pur, soit mêlé à d'autres liquide s , et provenant , soit primitivement , soit enlisement , de la 1 1

l> i tîon. Presque ions les auteurs onl entendu le mot hématurie dam I»' pens ^hémorrhagie de l'appareil urinairc,t[ des lors ils ont établi des hématuries i > mptomatiques ci idiopathiques, Ac> hématuries actives, passives, critiques, supplémentaires , etc. On comprend, d'après notre «I. finition, que nous ne suivrons paj une semblable

marche. Nous ferons ici ce que déjà nous avons fait pour le mot hématémèse , et il est étonnant que nous soyons les premiers à établir une distinction que réclament impérieusement les règles étymologiques, la précision du langage médical , et surtout la séméiologie. N'est-il pas absurde de réunir sous une même dénomination, dans un même article, bien que dans des paragraphes différents , l'hémorrhagie rénale endémique à l'île de France, et l'hématurie résultaut d'une plaie pénétrante de l'abdomen ?

L'hématurie n'est jamais qu'un symptôme : établir une hématurie symptoma tique, c' 'est , pour ainsi dire , commettre un pléonasme , et admettre une hématurie idiopathique , c'est confondre l'effet (X hématurie) avec la cause (\ hémorrhagie qui détermine le pissement de sang).

Symptômes. — Le sang est évacué sous sa forme liquide, ou sous forme de caillots. Dans le premier cas, tantôt il coule presque continuellement, goutte à goutte, et comme par regorgement : « il semble que la vessie cherche à se débarrasser d'un fluide auquel elle n'est point accoutumée, aussitôt qu'elle en éprouve le contact »; tantôt il coule d'une manière intermittente , son expulsion est précédée d'envies d'uriner, lesquelles se reproduisent plus ou moins fréquemment, alors même que la vessie ne contient qu'une très-petite quantité de liquide.

La quantité de sang évacué varie beaucoup : lorsqu'elle est très-peu considérable, la couleur naturelle de l'urine est à peine altérée ; à mesure qu'elle augmente, l'urine prend une couleur rouge de plus en plus foncée, absolument comme l'eau dans laquelle plonge le pied après l'ouverture de la saphène. Enfin le sang peut être évacué pur : cela a lieu quelquefois de prime abord; mais le plus ordinairement ce n'est qu'après l'émission préalable d'une quantité plus ou moins considérable d'urine sanglante, et vers la fin de la miction , que l'on observe ce phénomène.

Le pissement de sang se fait souvent sans douleur; dans d'autres cas, il est accompagné d'un sentiment d'ardeur, de douleurs plus ou moins vives, dont le siège varie.

11 peut arriver que, dès le début, ou après une ou plusieurs émissions sanglantes, le sang s'accumule dans la vessie, et y soit retenu avec l'urine : le cathétérisme en amène alors l'expulsion.

Lorsque le sang est évacué sous forme de caillots, ceux-ci varient dans leur volume, dans leur forme, dans leur couleur, Suivant les parties dans lesquelles ils se sont formés, et le temps pendant lequel ils ont

séjourné dans les voies urinaires. Les caillots formés dans la vessie sont ordinairement assez vojumineux et

il réguliers; ceux qui se sont formés dans les uretères sont minces, cylindriques, allongés , quelquefois canalieulés dauô leur centre, tubuleux , ou offrant

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des sillons sur leur surface pour le passage de l'urine : ils ressemblent à des ascarides lombricoïdes , et ont souvent été pris pour des vers de cette espèce. Tronchin a cité un homme qui rendit par l'urèthre des corps noirâtres , de la grosseur d'une plume d'oie, de la figure d'un ver, et de différentes longueurs : le plus court avait vingt pouces, le plus long, douze aunes ; c'était visiblement , dit-il , du sang auquel l'urèthre avait servi de filière : il était très-brun , et devenait plus vif en couleur dès qu'il était exposé à l'air ; sa surface reprenait alors, par nuances successives, sa couleur naturelle, et la conservait ensuite dans de l'esprit-de-vin. Les caillots formés dans le bassinet ou les calices peuvent avoir plus ou moins exactement la même forme que ces cavités : plus les caillots ont séjourné dans les voies urinaires , plus ils sont pales, fibrineux, par suite de la diminution de la matière colorante du sang, qui est résorbée ou entraînée par l'urine.

Les caillots de quelque volume ne sont pas évacués sans difficultés : leur expulsion est précédée , accompagnée , ou suivie, tantôt d'urines naturelles, tantôt d'urines sanglantes. Un caillot peut oblitérer un point des voies urinaires, et déterminer une rétention d'urine, ou d'urine et de sang, ou de sang seulement, dans la vessie, l'uretère ou le rein ( voy. Miction ).

La quantité de sang évacuée par l'urèthre varie: elle peut êlre assez abondante pour produire tous les accidents anémiques qui résultent d'hémorrhagies trop considérables.

Le sang expulsé avec l'urine peut être fourni primitivement par la vessie, l'uretère ou le rein : il peut aussi provenir d'un organe abdominal étranger à l'appareil urinaire , et êlre versé dans la vessie à travers une solution de continuité de ce viscère (plaie pénétrante de l'abdomen et de la vessie } fistule vésico-vaginale ).

Nous n'indiquerons pas les différents troubles fonctionnels qui peuvent accompagner l'hématurie , parce qu'ils appartiennent tous aux affections qui produisent le pissement de sang.

La marche, la durée 3 les terminaisons de l'hématurie, sont celles des maladies dont le pissement de sang est le symptôme.

Diagnostic. — Le diagnostic de l'hématurie est complexe. Il s'agit d'abord de constater la présence du sang, puis de reconnaître le lieu d'où ce sang provient, puis enfin l'altération dont l'hématurie est un des symptômes.

1° Constater la présence du sang. — La coloration de l'urine en rouge plus ou moins foncé, ou eu noir, ne suffit pas pour annoncer la présence de sang , car ces colorations peuvent être produites dans des circonstances Ircs-différeiilcs (voy. Ui\m ( altérations de 1'); d'autre part, la quantité de .sang

peut êlre si minime , que l'urine conserve presque sa couleur naturelle.

L'urine qui contient du sang est alcaline , ou devient plus promptement alcaline que l'urine ordinaire; elle se trouble lorsqu'on la soumet à l'action de la chaleur, et précipite par l'acide nitrique. Quand le sang est assez abondant pour altérer notablement la couleur de l'urine, le linge qu'on plonge dans ce liquide se colore en rouge.

Lorsqu'on laisse reposer l'urine qui contient du sang, il se forme un dépôt rouge qui bientôt se transforme en véritable caillot; l'ébullition fait coaguler le sang que l'urine lient en suspension.

Les caractères que nous venons d'indiquer permettent presque toujours de reconnaître les plus petites quantités de sang que contient l'urine : lorsqu'on les juge insuffisants , il faut recourir aux opérations chimiques et microscopiques propres à dissiper tous les doutes ( voy. Sang).

2° Déterminer si le sang vient delà vessie. — L'urine peut contenir du sang provenant du flux menstruel ou des lochies : il suffit de faire laver les parties génitales de la femme, et de la faire ensuite uriner pour se mettre à l'abri de toute erreur. L'introduction d'une sonde dans la vessie est encore un moyen plus sûr d'assurer le diagnostic.

«Il ne faut pas confondre, dit Boyer ( Traité des maladies chirurgicales, t. îx , p. 91), le pissement de sang avec rhémorrhagie de l'urèthre. Dans celleci , le sang sort par le canal sans aucun mélange d'urine; il coule pendant un certain temps sans interruption, et sans être précédé d'envies et d'efforts pour uriner. Dans l'hématurie, au contraire, le sang sort avec l'urine ou sans urine, mais par l'action de la vessie avec envies et efforts pour uriner.» Les signes différentiels établis par Boyer ne sont pas suffisants dans tous les cas : lorsque du sang arrive en grande abondance dans la vessie , il s'écoule quelquefois sans envies et efforts pour uriner. L'introduction d'une sonde dans la vessie est encore ici le seul moyen capable de lever toute incertitude.

«Il peut arriver, continue Boyer, que le sang partant de l'urèthre, près du col de la vessie, reflue vers ce viscère, d'où il ne sort qu'avec l'urine. Un caillot formé dans le canal , ou un obslae'e de toute autre nature, peut occasionuer ce reflux. Mais alors on jugera que le sang rendu avec l'urine provient de la lésion de l'urèthre, parles signes commémoratifs, et par ceux qui constatent les affections de ce canal.»

Dans les cas de ce genre, le diagnostic est quelquefois difficile : les signes commémoratifs et ceux qui constatent les a/Jeclions du canal de l'urèthre sont sans doute importants à considérer; mais, quoi qu'en disent Boyer et ceux qui se sont contentés de le copier ( Dictionnaire de médecine ,

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art. Hématurie, t. xv , p. 1 1 1 ), ils ne lèvent point toujours les cloutes.

Lorsque le sang ne reflue dans la vessie qu'en raison de la présence, dans l'urèthre, d'un obstacle passager, facile à détruire (caillot, etc. ), il suffit ordinairement de passer une bougie dans le canal , et de donner à la verge une position déclive , pour que le sang s'écoule au dehors. Eu introduisant alors une sonde dans la vessie, on constate que ce viscère ne contient point de sang. Mais lorsque le sang reflue dans la vessie par suite d'un obstacle qu'on ne peut enlever immédiatement (rétrécissement, etc.), on n'a plus alors pour se guider que les signes dont parle Boyer, et souvent on reste dans le doute. Il en e$t de même lorsque le sang reflue dans la vessie, l'urèthre étant parfaitement libre, et seulement parce que l'hémorrhagie urélhrale a lieu très-près du col de la vessie.

Quelquefois , lorsque Thémorrhagie uréthrale est très-peu abondante , le sang séjourne dans l'urèthre, et n'est expulsé qu'avec l'urine , qui l'entraîue avec elle. Dans les cas de ce genre, le diagnostic ne présente aucunes difficultés, puisque l'urine, légèrement colorée au début de la miction, reprend bientôt sa couleur naturelle, tandis que c'est le contraire qui a lieu lorsque le sang vient de la vessie. Ici . d'ailleurs, l'introduction d'une sonde ferait immédiatement découvrir que le sang n'est point contenu dans la vessie.

3° Déterminer le lieu qui fournit primitivement le sang. — Après avoir constaté que le sang Ment de la vessie, il reste à déterminer s'il est fourni par ce viscère , ou s'il n'est que versé dans le réservoir urinaire : dans ce dernier cas, il faut eucore rechercher la source.

Le sang peut être versé dans les voies urinaires par une plaie du ventre, des lombes, de l'hypogastre du périnée, du vagin : l'hématurie, dans ce cas, a li< ii immédiatement, et c'est par la situation , la direction, le trajet de la blessure, que l'on pcularrim i I déterminer le point de l'appareil urinaire qui a été lété ; souvent cette détermination ne peut être Faite d'une manière rigoureuse. Lorsque l'hématurie n'a lieu que plus ou moins longtemps après la cirquia produit la solution de continuité, le suie, peut provenir <\<> organes urinaires restés intacts, par suite de l'inflammation de l'un ou l'autre met.

Nous oe i ition d'ané-

dm abdominal onvei I d i ! roiei urinaires ; rien ne démontre toutefoi l'impossibilité de cel ac- < i li ni.

Le sang i par la vi • par l'u-

ou par l< i al chi r hé dan

i ■ jres de l'hénului ie ell< I igné

propres à faire reconnaître celle de ces trois parties qui fournit le sang.

«Dans l'hématurie vésicale, disent MM. Bégin et Lallemand ( Dictionn. de méd. et de chir. prat. , t. ix , p. 388 ) , le sang n'est ordinairement pas intimement mélangé avec l'urine ; il forme souvent , au contraire , des caillots distincts, irréguliers, nageant dans un liquide d'ailleurs clair, ou faiblement coloré, et qui se précipitent isolément au fond du vase... Lorsque l'hématurie provient des reins... , le sang sort intimement mélangé avec l'urine ; distillé goutte à goutte, et cheminant avec elle le long de l'uretère, il s'y incorpore, pour ainsi dire, et parvient ainsi dans la vessie. Alors même qu'il se coagule dans ce réservoir, une grande quantité de la matière colorante reste en suspension , et communique une teinte trèsfoncée à la masse entière.»

Ces prétendus signes différentiels ne se retrouvent pas au lit du malade, et sont purement théoriques : ce n'est qu'en déterminant la maladie qui produit l'hématurie que l'on parvient à constater le lieu qui fournit le sang, et celte question rentre, par conséquent, dans le diagnostic de chacune des affections des voies urinaires qui peuvent amener une hémorrhagie. M. Double a exprimé la même opinion. «J'ai examiné avec beaucoup de soin, dit ce médecin, les signes à l'aide desquels on a cherché à caractériser les diverses sources de l'hématurie , pour les distinguer l'une de l'autre; j'ai voulu eu faire l'application au petit nombre d'observations'quc ma pratique m'a fournies; j'ai aussi cherché à les éclairer par l'ensemble des faits d'hémorrhagies semblables recueillies par les bons observataurs , et toujours ces signes se sont trouvés en défaut» (Sém. gén. , etc., t. m, p. 4G9).

Lorsque, ainsi que cela se voit quelquefois, l'hématurie est le seul symptôme observé, il y a lieu de présumer que le sang est fourni par les reins, mais on ne peut l'affirmer: quelques malades, dans les cas de ce genre, disent éprouver dans les régions rénales une chaleur qui se propage ensuite vers la vessie , en suivant le trajet des uretères, dans lesquels ils prétendent sentir le sang couler; d'autres fois les malades assurent , au contraire, que la chaleur est bornée à la vessie, et qu'ils sentent l'écoulement sanguin se faire dans ce viscère. On ne saurait accorder quelque valeur diagnostique à de semblables assertions.

4° Déterminer l'altération que produit l'hématurie. — On ne peut trouver à cet égard aucune indication dans les caractères de l'hématurie ellemême, el les symptômes locaux qui accompagnent le pisscmenl defang peuvent seuls conduire à cette détermination (voyez Ni I maladie des voi i i (maladies de la'. Lorsque ces symptômes sont peu tranché: OU nuls, il faut le-

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monter aux causes générales des hémorrhagies (voy. Hémorrhagie) ; mais souvent alors le diagnostic reste obscur et incertain.

Pronostic. — Le pronostic varie suivant la nature de l'affection qui produit l'hématurie; cependant, abstraction faite de celte affection, et dans les cas où, par exemple, elle reste inconnue, on peut dire, d'une manière générale, que l'hématurie considérée en elle-même est toujours un accident fâcheux. Le pronostic devient surtout grave lorsque le pissement de sang se reproduit fréquemment, et que la quantité de sang évacuée est considérable. Il est plus fâcheux chez les vieillards que chez les adultes. Les signes qui indiquent un danger pressant sont les anxiétés, les nausées, la petitesse du pouls, la faiblesse,les défaillances, le refroidissement de la peau, etc. (voyez Hémorrhagie).

Étiologie. — Le pissement de sang reconnaît pour cause une hémorrhagie de la vessie, de l'uretère, ou du rein, et les auteurs qui ont voulu assigner à l'hématurie une étiologie plus étendue ont énuméré les causes de ces différentes hémorrhagies , et non celles du pissement du sang. Nous ne les imiterons pas.

Traitement. — Ici encore nous pourrions nous borner à dire que le traitement de l'hématurie est celui de l'affection qui donne lieu au pissement de sang; cependant, comme cette affection peut rester inconnue , ainsi que la source du sang , et que l'écoulement d'une grande quantité de ce liquide, par les voies urinaires, constitue quelquefois alors à lui seul un accident grave, nous devons indiquer les moyens palliatifs auxquels on est obligé d'avoir recours dans les cas de ce genre. On prescrit le repos le plus absolu et la diète la plus sévère; on expose le corps à l'air froid; on donne pour boisson de l'eau froide acidulée avec l'acide sulfurique, ou du petit-lait alumine; on fait des applications d'eau très-froide ou de glace pilée sur le ventre , sur les cuisses , sur le périnée , et sur la partie supérieure interne des cuisses ; on donne des lavements froids d'eau vinaigrée ; on pratique des injections froides et même astringentes dans la vessie. On administre à l'intérieur l'eau de Rabel , la gomme kino , le sulfate de fer , l'extrait de ratanhia; d'autres fois il faut, au contraire, prescrire les toniques, le quinquina, le vin de Bordeaux , un régime succulent, etc. (voy. Hémorrhagies.) «II est bon d'observer , dit Boyer , que les cas dans lesquels on est obligé d'employer tous ces moyens sont fort rares, et que la plupart des hématuries s'arrêtent d'ellesmêmes après une grande effusion de sang» (toc. cit., p. 106).

Lorsque du sang, quelle que soit la source dont il provienne, s'accumule dans la vessie et y est retenu, on voit souvent se développer une cystite grave : il faut alors se hâter de débarrasser le viscère en y in-

troduisant une sonde de gros calibre, ou même en pompant le liquide au moyen d'une seringue adaptée à une algalie. Souvent il se forme des caillots trop volumineux pour pouvoir être expulsés, soit par Turèthre, soit par la sonde : il faut alors les ramollir et les dissoudre au moyen d'injections d'eau tiède , pratiquées dans la vessie , et de boissons abondantes.

HÉMATURIE ENDÉMIQUE DE L'ILE DE FRANCE, voy. Néphrorriiagie.

HÉMIGRAN1E , voy. Migraine.

HÉMIPLÉGIE , voy. Paralysie.

HÉMOPTYSIE , s. f.

Dénominations françaises et étrangères. — Crachement de sang, expectoration de sang , flux sanguin des poumons , hémoptysie. Franc.

— AifAOTTToatç. Gr. ■ — ■ Sputum sanguinis , hœmoiismus , sanguinis fluor, rejeciio sanguinis é pulmonibus , cruenta expuitio. Lat. — Sputo di sangue , emoptisi. Ital. — Hémotisis , salivacion di sangre , sangre por la boca. Esp. — Spitting of blood , bursting of a bloodvessel. Angl. — Blutspeien, Bluthusten, Lun1 genblutfluss . Allem.

— Blœdspuwen , blœdspouwing. Holl. — - Blodspytning. Dan. — Blodspottning. Suéd.

Synonymie suivant les auteurs. — Ai^orcTuaiç , Galien; sputum sanguinis, Celse; emoptoe,{jov don ; emoptoys , emoptoïca passio, Gilbert ; hœmoptysis, Sauvages , Linné , Vogel , Sagar, Gullen ; hœmoploe, Boerhaave , Vogel, Darwin; sanguinis fluxus ex pulmonibus , Hoffmann; pneumonorrhagia, Frank ; passio hœmoptoica, Plater ; hœmorrhagia pulmonum, hœmorrhea pulmonalis , Swediaur; sputum cruentum, cruenta expuitio, auteurs divers.

Étymologie et définition. — Hémoptysie vient de <xi[/.a , sang , et wtuw , je crache. «Ce mot, qui , dans son acception étymologique, disent MM. Chomel et Reynaud ( Dict. de méd., t. xv , p. 125 ) , signifie crachement de sang , est généralement employé aujourd'hui pour désigner Yhémorrhagie de la membrane muqueuse qui tapisse les voies aériennes, depuis le larynx jusqu'aux dernières ramifications bronchiques. Quelques auteurs ont proposé de sub-stituer à ce mot celui de pneumonorrhagic , qui , bien que plus exact , aurait l'inconvénient de n'être pas applicable aux hémorrhagies de la trachée -artère et du larynx.»

Nous ne saurions comprendre le raisonnement des auteurs que nous venons de citer. Il est manifeste que le mot pneumonorrhagic n'est point applicable à la iracliéorrhagie et à la laryngorrhagie ; mais c'est justement parce qu'il a un sens précis, bien déterminé, qu'il doit être employé de préférence dans le langage médical , et pc sonne n'a songé à le substituer au mot hémoptysie pris dans l'acception que

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lui donnent MM. Ghomel et Reynaud, et c'est cette acception vicieuse , contraire aux lois étymologiques, qui a l'inconvénient de considérer comme uue seule lésion trois lésions différentes, et de ne pas comprendre tous les cas morbides dans lesquels du sang- peut être craché par le malade.

M. Roche ( Diet. de méd. et de chir. prat., t. ix, p. 398) n'appelle hémoptysie que l'irritation hémorrhagique de la membrane muqueuse des voies aériennes, et il ne comprend point sous cette dénomination les cas dans lesquels du sang est craché à la suite d'une plaie du poumon , d'un obstacle à la circulation, de la rupture d'un vaisseau dans une caverne tuberculeuse du poumon , etc. Nous montrerons que cette signification est essentiellement vicieuse , alors même qu'on la transporte, comme Ta fait M. Gendrin ( Traité philos, de méd. prat.; Paris, 1838, t. i, p. 136), au mot Pkeumo-iibmorrhagie ( voy. ce mot ) ; mais si , au mépris de Tétymologie , on restreint dans des limites aussi étroites le sens du mot hémoptysie, il faut donc créer des dénominations spéciales pour tous les cas différents dans lesquels du sang peut cire craché ; et , d'un autre côté, il faut créer, alors qu'il en existe une, mais détournée de sa véritable application , une dénomination nouvelle pour désigner et pour pouvoir décrire le crachement de sang considéré en général, c'est-à-dire sous le poiut de vue de la séméiologie.

« On aurait grand tort, dit M. Double (Séméiologie générale , etc. ; Paris , 1822 , t. in, p. 450), de donner le nom d'hémoptysie à toutes les éjections du sang parla bouche; ce mot doit être exclusivement réservé au sang qui sort du poumon.)) Cependant, deux pages auparavant, le même auteur donne à la Irachéorrhagie le nom d' hémoptysie. Au lieu de dire qui sort du poumon, M. Double aurait dû dire qui sort de l'appareil respiratoire.

M. Piorry (Traité de diagnostic, etc.; Paris, 1 837, t. i. p. î 13-501-559) a décrit séparément la laryngorrbagie, qu'il appelle hémoptysie laryngienne , la bronch urhagie, et la pneuuiorrhagie qui c*l pour lui I apoplexie pulmonaire ; mais il ne s'ejyi point occupé du crachement de sang considéré en général.

M. Pubois [d'Amieus consacre un paragraphe à Y hématémé se considérée sous le rapport syntp- Xomatique , et il établit que le lang peut êîre un '"il de l'exhalation des bronches, ou d'une rrhngir ayant lieu <!<ii>\ nue excavation tuberculeuse Traité de pathologie générale; I' 15, !. i. p. 112 . Pui que M. Dubois ré-

trograde jusqu' m temps d \\ i e . < t réunit Ykéet l'hémoptysie , il aurai! dû au moins enrer I ■• dénomination beau, oup plu: générale, el dès Ion, plu juste, employée par le médecin grec: r éjection de sang ; car 1< s&oft <jui est un produit

de l'exhalation des bronches, n'est point vomi, le mot vomissement ne devant être appliqué qu'à l'expulsion des matières contenues dans l'estomac.

De même que nous l'avons fait pour les mots hématémèse et hématurie, nous ferons encore ici cesser la confusion introduite dans la science, en donnant au mot hémoptysie sa véritable signification , son sens le plus large , et en appelant de ce nom toute éjection de sang provenant de l'appareil respiratoire, quelles que soient la source et la quantité du sang rejeté.

Quant aux hémorrhagies qui peuvent avoir lieu dans cet appareil, nous ne leur donnerons pas un nom collectif, et nous décrirons à part la laryngvrrhagie, la trachéorrhagic et la pneumorrhagic1 ou hémorrhagie ayant lieu dans les éléments du poumon , et par conséquent, soit dans les bronches (bronchorrhagic), soit daus les cellules pulmonaires elles-mêmes (pneumorrhagie proprement dite, apoplexie pulmonaire (voy. ces mots).

Symptômes. — La plupart des troubles fonctionnels que les auteurs ont rattachés à l'hémoptysie appartiennent , non à ce phénomène considéré en lui-même , c'est-à-dire à la présence de sang dans les voies aériennes, mais à la lésion qui produit le crachement de sang.

L'hémoptysie est souvent précédée de symptômes marqués , mais peu caractéristiques : tels sont des douleurs derrière le sternum , entre les deux épaules, une toux sèche, de la dyspnée, une sensation pénible de chaleur , de tension , de constriction dans la poitrine, un léger refroidissement de la peau , des lassitudes, des alternatives de pâleur et de rougeur de la face. Ordinairement la plus petite quantité de sang épanchée dans les voies aériennes provoque une toux qui est d'autant plus opiniâtre et plus intense, que la source du sang est plus profonde; l'expectoration est accompagnée d'une saveur salée ou, au contraire , douceâtre. Lorsque le sang s'épanche brusquement et avec abondance , la toux est remplacée par des efforts analogues à ceux du vomissement.

a La toux, disent Pinel et Biiebeteau (I)ict. des se. méd. , l. \x, p. 330), est comme étouffée par les Ilots du liquide qui sort par une simple expectoration que les malades, même les médecins, prennent, dans certains cas, pour un vomissement : c'était un des caractères de l'hémoptysie de Grétry.» 11 faut se rappeler toutefois que le chatouillement exercé par la présence du sang sur la membrane du pharynx détermine quelquefois un véritable vomissement qui vient se joindre à l'hémoptysie. Les malades éprouvent un bôuiilonncmcntiians la poitrine, une sensation de chaleur; ils sont en proie a nue dyspnée plus ou moios intense qui peu! aller jusqu'à la suffocation : on observe alors des douleurs thoraciques , des |al-

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pilations, une vive anxiété, de la carphologie , et tous les symptômes qui accompagnent l'asphyxie. Lorsque l'hémoptysie a cessé , et surtout lorsqu'elle se reproduit fréquemment et avec abondance , les malades éprouvent tous les accidents qui se lient aux hémorrhagies considérables (voy. Hémorrhagie). Il faut encore énumérer, parmi les symptômes propres à l'hémoptysie, les troubles que provoque , chez certains malades , et surtout pendant les premiers crachements de sang, la crainte ressentie à l'aspect du sang. De ce nombre sont : la pâleur subite, les tremblements , la précipitation du pouls , les syncopes que l'on observe quelquefois chez des sujets qui n'ont rejeté que quelques crachats sanglants.

Le sang, comme nous l'avons déjà indiqué, est rejeté de différentes manières : ordinairement peu abondant , il est expulsé par expuition , comme les crachats muqueux, après des efforts de toux plus ou moins violents; d'autres fois , lorsqu'il s'épanche rapidement, et en grande quantité, il est rejeté avec force par la bouche, comme s'il était vomi, et s'échappe même par les narines : ce mode d'expulsion est dû à une violente compression exercée sur les poumons par les muscles expirateurs , qui se contractent convulsivement. Enfin , dans quelques cas , la quantité du sang étant peu considérable, ce liquide est rejeté sans toux , sans efforts , par une simple expuition : il peut même s'écouler sans expuition , lorsque les malades ouvrent la bouche , et penchent foitement la tête en avant ( Piorry,/<?c. cit., p. 443). Il est assez difficile d'expliquer cette ascension du sang, surtout dans la position verticale. « Quelques médecins , disent MM. Ghomel et Reynaud , ont supposé qu'alors l'hémorrhagie avait son siège dans le larynx. Mais cette supposition , que rien ne confirme, n'expliquerait pas encore l'ascension du sang. Il me semble , au contraire , qu'on peut la concevoir, en tenant compte à la fois : 1° de la forme des conduits aériens, qui, de très-étroits qu'ils sont à leur origine, deviennent successivement plus larges jusqu'à leur réunion dans la trachée ; 2° de la compression à laquelle ils sont soumis dans la poitrine à chaque effort exphateur ; 3° de la légèreté spécifique qu'acquiert le sang mêlé avec l'air; 4° enfin, et surtout, de la différence de durée entre l'inspiration et l'expiration : celle-ci étant plus courte , l'air sort des voies aériennes avec plus de vitesse qu'il n'y entre , et doit communiquer aux matières contenues dans les bronches et la trachée un mouvement d'ascension plus fort que le mouvement opposé que leur imprime l'air inspiré» ( loc. cit. , p. 1 29 ).

Ces modes différents d'expulsion du sang se présentent quelquefois successivement tous les trois dans une même hémoptysie.

La quantité de sang rejeté varie singulièrement,

et, à cet égard, nous qui donnons au mot hémoptysie son sens le plus large , nous n'obéirons pas au précepte de M. Double, qui recommande de ne point ranger sous ce nom les crachats sanguinolents de la pneumonie (loc. cit. , p. 450 ). Quelquefois on n'observe que quelques petites stries sanglantes mêlées aux différentes matières que peut fournir l'expectoration (voy. Expectoration et mat. expectorées, t. m, p. 569) ; d'autres fois le sang forme à lui seul la matière de l'expectoration qui ne dépasse point ses limites ordinaires; enfin, le sang peut être rejeté en quantité considérable, depuis quelques onces jusqu'à une ou plusieurs livres.

Le sang peut être rejeté pur : il en est ordinairement ainsi lorsque l'hémoptysie est abondante ; dans le cas contraire, le sang est plus ou moins intimement mêlé à la matière des crachats (mucosités , pus, etc. ). Il est peut-être mélangé à des matières de nature diverse (pus, hydatides, etc. ) lorsqu'il n'est point fourni par les organes de la respiration , mais seulement versé dans les voies respiratoires , à la suite d'une perforation établissant une communication entre elles et un organe voisin (abcès thoracique , anévrysme thoracique t épanchement dans la cavité des plèvres , abcès du foie 3 du. rein y etc.). Enfin il se mélange dans la bouche avec des substances alimentaires, de la bile, avec toutes les matières que peut contenir l'estomac lorsque le vomissement se joint à l'hémoptysie.

Les voies respiratoires éprouvant le besoin de se débarrasser immédiatement du sang qu'elles reçoivent, ce liquide, dans l'hémoptysie, est presque toujours rejeté dans son état de fluidité ; ce n'est que très-rarement que les malades rendent des petits caillots formés dans le poumon ou dans les ventricules du larynx.

Le sang, dans l'hémoptysie, est ordinairement rouge , vermeil, rutilant, écumeux, par suite de son mélange avec l'air atmosphérique , et l'on a attaché à ces caractères physiques une importance qu'ils ne méritent point à un aussi haut degré. Lorsque l'hémoptysie est très-abondante, le sang n'a point le temps de se mélanger avec l'air, et offre alors une couleur beaucoup moins vermeille : il est noirâtre, ouk même noir, lorsque, en raison de sa petite quantité, il a pu séjourner pendant quelque temps dans les bronches ou le larynx , lorsqu'il est fourni par des vaisseaux variqueux : «Le sang est noir et poreux comme des morceaux d'épongés noires, dit M. Double, dans les cas de sphacèle du poumon.» Les matières auxquelles le sang est souvent mêlé altèrent également sa couleur.

Marche , durée , terminaison. — La marche et la durée de l'hémoptysie varient suivant, l'affection qui détermine le crachement de sang, et tout ce que

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les auteurs ont e'crit à cet égard se rapporte à la pneumo-hémorrhagie.

Lorsque l'hémoptysie est produite par une affection aiguë {pneumonie , laryngite 3 etc.), elle est unique, sa marche est régulière, sa durée assez courte; lorsqu'elle est le résultat d'une affection organique (phtkisie pulmonaire, phthisic laryngée, etc.), elle se reproduit ordinairement plusieurs fois, à des intervalles variables; quand le crachement de sang est déterminé par une pneumo-hémorrhagie idiopathique, c'est-à-dire sans lésion appréciable du poumon, il se reproduit plusieurs fois avec plus ou moins de régularité ; dans quelques cas, il est périodique (pneunohcmorrhagie succédanée) : souvent alors il se renouvelle pendant un grand nombre d'années. La science possède plusieurs exemples de sujets qui ont craché du sang pendant vingt ou trente ans.

L'hémoptysie peut devenir par elle-même une cause de mort lorsque la qiiintité de sang rejeté est trèsconsidérable : cette terminaison est toutefois fort rare; et l'hémoptysie cesse ordinairement au bout d'un temps plus ou moins long, brusquement ou peu à peu, sauf à se reproduire ensuite : toutes ces circonstances sont intimement liées à l'affection dont le crachement de sang est le symptôme.

Diagnostic. — Le diagnostic de l'hémoptysie est complexe, et le praticien doit rechercher : 1° si le sang rejeté provient des voies respiratoires; 2° si le sang est fourni par l'appareil respiratoire, ou s'il n'est que versé dans les voies aériennes ; 3° quelle est la source du sang dans l'un ou l'autre de ces deux cas ; 4° enfin , il doit déterminer la valeur de l'hémoptysie considérée comme signe. Nous allons examiner séparément chacun de ces points.

1° Le sang provient- il des voies respiratoires ? — Lorsque le sang n'est rendu qu'en petite quantité, intimement mêlé à des mucosités aérées, lorsqu'il est rouge, vermeil , écumeux ; lorsqu'il est expulsé après des efforts de toux plus ou moins violents, le diagnostic ne présente aucune difficulté (voy. le Compcnd., art. Expectoration, t. mj p. -569); il n'en est plus de même quand le sang expectoré m mblc ne pas avoir subi le contact de l'air , qu'il est noirâtre ou noir, coagulé, pur.

lu us ce dcniirr cas, si le sang est rejeté par une simple expectoration , sans toux ni vomissement, il ne peut provenir que des voie* respiratoires, ou des faut, h i dei "h buccale : or, l'inspection attentive de l'organe olfactif, des joues', des gencives, de la langue, des tonsillea, de la luette, du voile du palais, du pharynx, permettra toujours de fixer le diagnostic. Il Faut savoir aussi que lorsque le sang s'écoule exclusivement dans le pharynx el l'arrièrc-boucbe , il provoque de la toux et se mêle à des bulles d'air, de manière a offrii I ira lères pb} uyu du

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sang rendu par hémoptysie. Il ne faut donc pas s'en laisser imposer par ces caractères , et procéder à l'inspection de la bouche, des fosses nasales, faire pencher la tête du malade en avant, pour favoriser l'écoulement du sang par les ouvertures nasales antérieures, etc. Si, au contraire, le sang est rejeté à la suite d'efforts analogues à ceux du vomissement , il est souvent difficile de distinguer l'hémoptysie de l'hématémèse, et les signes différentiels indiqués par les auteurs , et tirés des caractères physiques du sang , sont entièrement insuffisants. Le mélange de matières alimentaires avec le sang n'est point un signe pathognomonique ; car il peut y avoir vomissement et hémoptysie , soit par suite d'une complication du côté des voies digestives, soit parce que du sang aura été avalé et aura provoqué par sa présence daus l'estomac des nausées et des vomissements. Il faut avoir recours aux commémoratifs , aux symptômes antécédents qui établissent l'existence d'une affection des organes respiratoires ou des organes digestifs. L'auscultation fournit des données d'une grande valeur , la présence du sang dans les voies respiratoires dounant toujours lieu à des râles humides plus ou moins caractéristiques (voy. Pneiimokkii.vgik). L'application de la pompe stomacale pourrait être tentée dans quelques cas, pour assurer le diagnostic (voy. Hématbmèse). 11 peut se faire , chez les enfants, que le sang provenant des voies respiratoires soit avalé à mesure qu'il parvient des bronches dans le pharynx , et rendu ensuite par le vomissement. Le diagnostic est ici fort difficile à établir : on ne peut guère espérer reconnaître dans les matières vomies le sang spumeux des bronches (Dict. de méd.), et l'auscultation fournit les meilleurs signes (voy. Gasthorriiagie).

2° Le sang provenant des voies respiratoires a-t-il sa source en dehors de l'appareil de la respiration?— Des communications anormales peuvent s'établir entre les voies respiratoires et la cavité pleurale, un anévrysme thoracique, la cavité du péricarde, uu abcès de la poitrine, une tumeur du foie, des reins, etc., et ces communications peuvent donner passage à une quantité plus ou moins considérable de sang. Dans les cas de ce genre , ce liquide est souvent mélangé avec du pus, des hydatides , etc. Les commémoratifs et les symptômes concomitants qui établissent l'existence de l'affection primitive et l'absence d'une affection des organes respiratoires, peuvent seuls ici éclairer le diagnostic.

3° Déterminer la source du sang. — Ce que nous venons de dire s'applique également à la détermination du lieu d'où provient le sang, lorsque celui-ci n'est que versé flans les voies respiratoires; et nous ne nous occuperons ici que du e;>s dans lequel ce liquide est fourni par les organes respiratoires eux-mêmes.

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Le sang peut être fourni par le larynx , par la trachée et par le poumon : dans ce dernier organe , l'écoulement sanguin peut se faire par suite de la lésion d'un gros vaisseau, à la surface des bronches, dans les cellules pulmonaires, et enfin dans une cavité anormale formée dans le poumon. Nous ne nous occuperons pas de l'écoulement sanguin produit par la solution de continuité d'un gros vaisseau , parce que celle-ci est toujours le résultat d'une lésion traumatique : nous n'indiquerons, pour les autres cas, que les données fournies au diagnostic par l'hémoptysie considérée en elle-même, les autres , qui sont toutefois les plus importantes , appartenant à l'histoire des lésions qui déterminent le crachement de sang.

Lorsque le sang provient du larynx, il est rutilant et spumeux , ou noirâtre et coagulé , s'il a séjourné dans les ventricules de l'organe : sa quantité n'est jamais très-considérable; il est souvent rejeté par une simple expectoration , et jamais , à moins qu'il n'ait coulé en partie dans les bronches , son expulpulsion n'est accompagnée d'une toux violente. M. Piorry, qui distingue l'excrétion laryngienne de l'expectoration , dit que , dans ce cas , le sang est rejeté par ex-laiyngition. Lorsque l'on fait fortement pencher la tête du malade en avant, le sang s'écoule quelquefois par la bouche , sans aucun effort , comme s'il provenait de la cavité buccale ( Piorry , loc. cit., p. 443 ). Ces signes ne sont pas sans valeur, mais ils ne suffisent point pour faire distinguer si le sang vient du larynx ou de la trachée : il faut tenir compte de toutes les autres circonstances qui accompagnent le crachement de sang ( voy. Laryngorriucie ).

Lorsque le sang vient de la trachée , dit M. Double, il est ordinairement en petite quantité , mêlé avec de la salive , le plus souvent même sous forme de stries légères ; quelquefois , cependant , il est abondant , noir, écumeux et chaud ; le malade tousse , mais peu; le sang est rejeté sans efforts, et seulement par une sorte de spuition {loc. cit., p. 449). Ces signes n'ont , en réalité , que peu de valeur : ils ne permettent presque jamais , à eux seuls, de distinguer si le sang vient de l'extrémité supérieure de la trachée ou du larynx ; quand , au contraire , le sang est fourni par l'extrémité inférieure de la trachée-artère, il coule en partie dans les bronches, et alors ces signes n'existent plus. Le diagnostic reste souvent obscur, surtout lorsque l'hémoptysie est abondante , même en tenant compte de tous les phénomènes observés (voy. Tra-

CUÉ0RRHAG1E ).

Lorsque le sang est fourni par le poumon , il est rouge et écumeux; son évacuation est presque toujours accompagnée d'une toux plus ou moins violente. Les phénomènes opposés peuvent toutefois se présenter, si le sang est rejeté en grande abondance, s'il a séjourné dans le poumon , etc. Les caractères de l'hé-

moptysie n'indiquent que rarement la source du sang. Quand le liquide s'échappe à la surface de la membrane muqueuse des bronches, il peut être en petite quantité , mêlé à de la sérosité , à des matières muqueuses , puriformes ( coqueluche , asthme, bronchite aiguë et chronique ) , ou , au contraire , trèsabondant et pur ( bronchorrhagic proprement dite). I! en est absolument de même lorsque l'écoulement sanguin a lieu dans les cellules pulmonaires {pneumonie , apoplexie pulmonaire y hémoptysie des auteurs). Lorsque le sang vient d'une cavité anormale développée dans le poumon {caverne J abcès , etc.), il est plus ou moins mêlé avec du pus, ou les matières de nature différente que contient la cavité. Dans tous les cas , c'est par les phénomènes qui accompagnent l'hémoptysie, et non par les caractères de celle-ci , que l'on peut parvenir à déterminer la source du sang ( voy. Pneumorrhagie).

4° De l'hémoptysie considérée comme signe. — Il est facile de voir, par ce que nous venons de dire , que l'hémoptysie, considérée en elle-même , ne fournit jamais des données capables de conduire à la détermination de la lésion qui produit le crachement de sang.

Pronostic. — L'hémoptysie n'est jamais mortelle, ni même grave par elle-même. On a vu des malades rejeter une quantité considérable de sang , sans éprouver ensuite d'accidents fâcheux : Grétry , qui mourut dans un âge avancé , a craché du sang depuis sa jeunesse jusqu'à la fin de ses jours, plusieurs fois par an. On pourrait citer un grand nombre d'exemples semblables. « Ipsa quidem sanguinis «exscreatio per se , dummodo non immoderatam va- «cuationem inducit, vitam non adimere consuevit,» «dit Alexandre de Tralles (lib. vu, cap. 1 ), sed pessi- «morum morborum langorum magna ex parte causa « redditur. » L'hémoptysie précède ou accompagne, en effet , souvent des affections redoutables ; mais même, sous ce point de vue, il ne faut pas se hâter de porter un jugement défavorable ; souvent on voit des crachements de sang survenir en l'absence de toute altération organique ( voy. Pneumorrhagie et Phtih- ; sie), et n'apporter qu'un trouble passager dans la santé des individus.

Le pronostic de l'hémoptysie se confond avec celui de l'affection qui détermine le crachement de sang , et lorsque celle-ci reste inconnue , le praticien ne peut se prononcer avec connaissance de cause. Toutefois, le pronostic sera d'autant plus fâcheux que les crachements de sang seront plus abondants et plus fréquents , que le malade sera d'une plus mauvaise constitution , etc. Hippocrate a parfaitement résumé ces différentes considérations : «Qui sputis cruentis deli- «nentur, dit-il, ex his quidam brevi tempore pereunt, «quidam vero diutius trahit; prœstat enim corpus

GÎU - \

«corpori, a?tas œtati, et affeclio)affcclioni , et anui «tempestas lempestati , in qua œgrotant.»

Le mélange de pus avec le sang expectoré est , en général , un signe fâcheux : « A sanguinis spulo , pu- «ris sputum , melum» ( Hippocrate , Aph., sect. tu , aph. 15).

Causes. — Abstraction faite des cas dans lesquels le sang ne provient pas des organes respiratoires, nous répéterons ici ce que déjà nous avons dit à propos de l'hématurie : les causes que les auteurs ont assignées à l'hémoptysie sont celles qui produisent une laryngorrhagie , une trachéorrhagie , ou une pneumorrhagie ( nous compiencns sous ce dernier nom la bronchorrhagie , l'apoplexie pulmonaire, et la pneumorrhagie proprement dite ), et leur énuméralion appartient à l'histoire de ces affections, qui sont les seules causes directes du crachement de sang.

Traitement. — Le traitemenWle l'hémoptysie repose sur deux indications : combattre l'état morbide qui produit le crachement de sang , arrêter celui-ci, abstraction faite de toute considération de cause et de siège , lorsque la quantité de sang rejetée est considérable. Nous indiquerons les moyens propres à remplir la première indication lorsque nous nous occuperons des différentes hémorrhagies des organes respiratoires ( voyez Laryngorrhagie , Trachéorriiagie, Phelmorriiagie). Ceux à l'aide desquels on peut arrêter le crachement de sang sont ceux qui constituent le traitement des hémorrhagies considérées en général ( voy. Hémorriucies ). Un silence complet est , pour ainsi dire, le seul moyen que réclame spécialement l'hémoptysie.

HÊMORRHAGIE, s. f., dérive de aiaa, sang, et de pT,puu.t , et pi^to, je romps, je brise; sortie violente du sang hors de ses voies naturelles : telle est l'idée primitive attachée à ce mot par les anciens, qui ne concevaient pas que l'effusion du sang pût avoir lieu sans la rupture des vaisseaux. Aujourd'hui celte expression a un autre sens, et l'on s'en sert pour désigner la sortie du sang hors des vais-eaux qui doivent le contenir.

Dénominations françaises cl étrangères. —

Hémorrhagies perte de sang, flux de sang, écoulement de sang. Fr. — Aif*op()a«f«t , atpcppotç,

yji:;. Gr. — ThlXUS sanguinis;, Ik> nwrrliagia. Lai. — BlilOrrhagië , flnsso di

sangne. perdita di tangue, liai. — Hemort,agiaJ flnsso ,/r s ingre. Esp, Bleedingyhemorrhagéj rupture of a bloodrcsiel. Angl. — Bluten, Hlutfluss, Blutiturt. Ail. — Bloéding,bloedvlod. IIoll. —Bhdflod. Dan, Blodflotl.&M.

Les aiicieoi employaient le mol hémoirholde t

li de f.'.<).i., lang, il ,lr M*» J<: rou'c >

pour exprimer l'écoulement de MDg qui M (ail en

petite quantité et d'une manière lenlt; |» • i -<.:,ryy^,

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ils désignaient l'issue du sang goutte par goutte j et en particulier l'épistaxis ; puai? est destine à rendre la même idée.

Synonymie suivant les auteurs.— At|xopp«^ia, les auteurs grecs ; ai^ti* , Dioscorides ; atpoppèt;, Arislote; hœmorrhagia , Sauvages], Linné, Vogel , Sagar, Gullen, Crichton , Good, Swediaur; sanguifluxus, Sauvages, Sagar ; cauma hemorrhagicum, profusio hœmorrhagicajYoung; profusiOj Linné; hœmorrhca , Swediaur ; profluvium sanguinis , divers auteurs.

Définition. — L'hémorrhagie est l'écoulement du sang hors des voies qu'il parcourt dans l'état normal, soit qu'il s'échappe au dehors, soit qu'il s'écoule à l'intérieur et dans la trame des organes. Cette extravasalion du sang est un phénomène morbide lié constamment à une lésion soit des liquides soit du solide vivant. De même que la lièvre ou mouvement fébrile a sa cause dans l'altération plus ou moins caractérisée et quelquefois non appréciable d'un organe ou des humeurs , de même la sortie du sang est provoquée par des causes du même ordre. Mais nous avons dit que toute fièvre ne pouvait être expliquée, quant à présent, par une cause appréciable; en d'autres termes, qu'elle ne pouvait pas être localisée : nous en dirons autant de l'hémorrhagie. Malgré les conquêtes successives des observateurs modernes, on ne peut pas encore placer l'origine de toutes les hémorrhagies dans une altération déterminée des solides et des liquides : il en est un certain nombre qui échappent à cette division. Ainsi donc l'hémorrhagie est le plus ordinairement un symptôme , un phénomène consécutif de quelque maladie des humeurs ou des organes; mais, dans des cas très-rares, e'ie constitue à elle seule toute la maladie, et il est impossible d'en déterminer le point de départ. Dans notre article Fièvre, nous avons distingué la fièvre des fièvres , et nous avons dit que ces dernières ne pouvaient pas encore être rayées de nos cadres nosographiques; nous sommes contraints de maintenir u;:c distinction semblable pour l'hémorrhagie; elle est presque constamment un sn mptôme , mais, dans quelques cas aussi, elle er l toute la maladie : elle esl essentielle, pour nous servir d'une expression vicieuse sans doute , mais que nous sommes obligés d'employer à défaut d'autres. Telle est la première idée que le lecteur doit prendre de l'hémorrhagie; il doit se familiariser avec elle , autrement il court risque de se perdre dans lel nombreuses dissions que nous allons reproduire et discuter.

Nous insistons sur ce point, parce que ces propositions n'ont pas été comprises par lout le monde, et en particulier par M. Piorry. Notre urbanité habituelle ne nous permet pas de renvoyer à ec médecin lï'pitlièle absurde dont il nous gratifie {Traité de

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pathologie ialrlque } etc. ; Paris ,1841, p. 421), et nous nous bornerons à le prier de relire notre article Fièvre avec attention : il verra que nous n'avons jamais songé à établir l'existence de fièvres indépendantes de l'organisme (sic) / fièvres qu'il faille considérer comme des causes ! Nous avons dit et répété, au contraire, que l'état fébrile est toujours un trouble fonctionnel produit par une altération survenue dans les solides, les liquides ou l'innervation ; mais nous avons ajouté que cette altération nous échappe encore dans quelques cas : en proposant de conserver le nom générique de fièvres , pour désigner les maladies générales résultant d'une altération du sang ou de l'innervation, nous avons maintenu un petit nombre de fièvres essentielles , mais nous avons prévenu le lecteur que celte expression devait être traduite ainsi : fièvre, effet d'une altération du sang ou de l'innervation encore indéterminée (voy. le Compcnd.j t. iv, p. 26). Nous ne changerons pas de manière de voir tant que M. Piorry ne nous aura pas précisé l'altération du sang qui constitue la peste, la fièvre jaune, la morve, etc. En nous critiquant, M. Piorry a d'ailleurs cédé à une impulsion personnelle. Au lieu de rapporter la fièvre intermittente à une klésion matérielle constante , la splénopathie^nous l'avons rangée parmi nos fièvres essentielles : Inde mali labes! M. Piorry n'aurait dû ne nous attaquer que sur ce point, et encore eût-il mieux fait d'attendre que nous nous soyions expliqués à cet égard d'une manière complèîe (voy. Intermittente (fièvre), sûr qu'il doit être de notre bonne foi, qui ne demande pas mieux que d'être éclairée. Encore un mot avant de revenir à notre sujet. M. Piorry se plaint de ce que, dans notre article Fièvre, nous n'avons point parlé de ses recherches sur les altérations du sang, antérieures de cinq ans à celles de MM. Andral et Gavarret. Pour satisfaire l'impatience de M. Piorry, nous ne devions pas encourir le reproche : Non erat hic locus. M. Piorry ne persuadera à personne «que notre luxueuse érudition antique nous fait perdre de vue les travaux de nos contemporains» {loc. cit., p. 439), et il verra en temps et lieu que notre mémoire et notre justice ne seront pas moins bonnes pour lui que pour tout autre (voy. Sang (altérations du). Nous devions celte réponse à nos lecteurs, auquels nous avons promis indépendance et impartialité.

Gullen critique ceux qui regardent comme le principal caractère de l'hémorrhagie la seule circonstance de l'épanchement sanguin; il veut qu'on ne donne ce nom quaux hémorrhagies actives, « c'est-à-dire qui sont accompagnées d'un certain degré de pyrexie, lequel paraît toujours dépendre de l'accélération du mouvement du sang dans les vaisseaux qui le laissent échapper» (Élém. de medec. pratiq., p . 97,

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t. it, in-8°; Paris, 1819). On a droit d'être surpris qu'un médecin d'un esprit aussi. élevé que Cullen ait donné au mot hémorrhagie un sens aussi arbitraire. Il en exclut les hémorrhagies occasionnées par les altérations du sang et des vaisseaux, et fait du mouvement fébrile une condition nécessaire de la maladie. Il imite en celaFrédér. Hoffmann, qui place les hémorrhagies immédiatement après les fièvres (in Oper. omn.,1. i,p. 192, in-fol. ; Genève). Le mouvement fébrile ne peut être considéré en aucune façon comme un des éléments de l'hémorrhagie; nous n'avons rien à ajouter à ce que nous avons dit précédemment.

Divisions. — Lorsqu'on lit attentivement les différents ouvrages anciens publiés sur ce sujet, et même ceux qui ont paru récemment dans les dictionnaires de médecine , on voit d'abord que tout est confondu dans la même description , et que les auteurs , ayant considéré les, hémorrhagies d'un point de vue général, et comme des maladies distinctes ayant leurs causes, leurs symptômes, leur traitement, il s'est glissé dans leurs écrits de nombreuses erreurs. Il faut reconnaître , il est vrai , que jusqu'au commencement de ce siècle les travaux anatomiques et les analyses chimiques n'avaient pas été poussés assez loin pour donner la solution d'une foule de questions délicates, qui ne sont pas sans doute encore tout à fait résolues , mais qui ont acquis le droit d'entrer dans la science. Il serait injuste de ne pas tenir compte à nos devanciers des éludes sérieuses qu'ils ont faites, bien qu'elles soient souvent entachées d'erreur ; mais il ne faut pas non plus suivre la même voie , si l'on ne veut reproduire les mêmes erreurs. Le jour est venu de présenter l'histoire des hémorrhagies sous un nouveau point de vue, et de la débarrasser enfin de toutes les distinctions scolastiques qui l'ont obscurcie jusqu'à pié ent. Mais pour accomplir une pareille tâche , il faut mettre à contribution les travaux anciens et modernes, exercer sur les doctrines antiques et nouvelles une critique sévère, interpréter d'une autre manière des faits regardés jusqu'à présent comme incontestables , en effacer plusieurs , enfin, rechercher les lumières que l'humorisme moderne , par suite de son associa- . lion avec le solidisme, a jetées sur toute la pathologie. Nous n'avons pour nous guider, dans la route difficile que nous nous proposons de tenir, aucun travail récent sur les hémorrhagies; les mémoires qui traitent de quelque point de leur histoire sont les seuls que nous puissions mettre à contribution. Dans les articles les plus récents, tel que celui du Die t. de médecine (2e édit.), on s'est contenté de reproduire ce qui a été dit dans tous les ouvrages, sans rien y ajouter, de telle sorte que ces descriptions sont insuffisantes , évidemment arriérées , et incapables de donner une juste idée du véritable sens que l'on doit attacher au-

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