‹ Compendium de médecine pratique, ou, Exposé analytique et raisonné des travaux contenus dans les principaux traités de pathologie interne (volume 2)Chapitre 39 sur 57 · II KM · texte numérisé non relu

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ticm du sang, détruire la p'éthore, et empêcher la congestion lxale.Lasaign e est encore le meilleur moyen de remplir cette dernière indication : elle agit par dérivation, et, déplus, elle est spoliativc } comme on le dit en thérapeutique; elle combat la congestion actuelle, et met l'organe à l'abri du retour d'une semblable congestion, à moins qu'il n'y ait une lésion commençante qui appelle le sang vers ce point : ce qui arrive dans un grand nombre de Cas. Chaque individu, même le plus fortement organisé, présente toujours quelque point vulnérable, el c'est vers ce point que le sang se dirige de préférence; chez d'autres, il existe déjà un travail morbide, dont aucun symptôme appréciable ne fait soupçonner l'existence. C'est ainsi que surviennent des hémoirbagies pulmonaires chez des hommes pléthoriques, qui succombent plus tard à une phthisie tuberculeuse dont le début remontée une époque fort éloignée, ci dont aucun signe ne pouvait faire admettre l'existence , lorsque la pneumo-hémorrhagie >'et montrée pour la première fois. Une métrorrhagie se montre chez une femme pléthorique : la pléthore peut être la cause de i'hémorrlia» ie ; mais pourquoi s'est-elle effectuée dans l'utérus? Plus tard, cette femme succombe à une induration cancéreuse, et l'on est contraint alors d'admettre que l'héinorrhagie par pléthore av.-it déjà sa cause dans une affection de l'utérus qui s'est révélée , plus tard, par des symptômes mieux caractérisés.

Un autre moyen non moins efficace que la saignée, et qui a pour effet de diminuer les globules surabondants, c'est de soumettre les malades à une diète rigoureuse. Sous l'influence de la diète ] combinée ou non aux émissions sanguines, on voit lesglobules revenir à leur chiffre normal, ou s'abaisser considérablement , et l'état pléthorique cesser. Si l'on prolonge trop longtemps la diète, les globules descendent le.bas, comme lorsque l'on répèle les émissions sanguines , el l'on voit uaitre alors L'anémie. 11 y a donc

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de produire un flux abondant à la surface de la muqueuse intestinale, ou d'exciter la sécrétion urinaire et cutauée (ces agents déterminent, comme la diète et la saignée, l'abaissement des globules), irritants placés sur la peau (ces agents ne doivent être employés qu'avec ménagement , et lorsque l'on est sûr d'avoir suffisamment désempli le système vasculaire, et que l'on a satisfait à la première indication); 3° remédier à l'anémie par une médication tout à fait opposée à celle que Ton a mise en usage pour détruire la pléthore (toniques, ferrugineux, et surtout alimentation fortement réparatrice). Les indications et le traitement que nous venons de poser ne s'appliquent qu'aux hémnrrhagies qui sont exemptes de toute complication, et qui ne tiennent pas à une maladie locale commençante.

Doit- on craindre de supprimer les hémorrhagies dont nous venons de parler? La réponse n'est point douteuse, si l'on ne consulte que les anciens auteurs. Ils déclarent, en effet, qu'il faut les respecter (Stahl , Programma de consulta ulililaie hœmorrhagiarum , in-î° ; Fiai, 1 704), et qu'elles sont un moyen que la nature emjloie pour prévenir des maladies plus graves, ou pour débarrasser l'économie des matières nuisibles que renferme le sang. Ils se sont fonr les faits assez nombreux d'hémorrhoïdes, de métrorrbagies, qui, ayant été supprimées d'une manière accidentelle , ou par l'effet de quelque traitement, ont été suivies de maladies graves. Mais il ne faut pas prendre toutes ces propositions pour l'expression exacte de la vérité. 11 n'est pas douteux que la suppression d'une hémorrhagie par pléthore , quel qu'eu soit le siège, ne puisse être suivie d'une autre hémorrhagie plus grave , ou de la maladie d'un viscère; mais il n'est pas démontré que ce soit la suppression même de l'hémorrhagie qui en est la cause : des faits nombreux prouvent, au contraire , que ces suppressions sont presque toujours l'effet de maladies latentes, qui ont échappé au diagnostic. L'on ne ail cependant se refuser a admettre que la supi n d'une hémorrhagie ne puisse être la seule tin nombre de maladies : dans ce cas, voici comment les choses se passent. La perte habid'uiie certaine quantité de sang remédie à la pi Ithore , el agit comme la saignée : or , si par une accidentelle, ou parun traitement inopportun, cette | ci le cesse d'avoir lieu, la pléthore se développe, une hémorrhagie s'effectue dans un organe plus im- :i qui élail primitivemenl affecté, ou dans un or« ine déjà malade, dont il accélère la désorganisation, ou dans lequel il provoque le développement d'u . '1er. Telle esl la manière toute physiologique d'interpréter les faits rapportés par I<

les divers remèdes q< c

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l'on a recommandés pour combattre les hémorrhagies actives, parce que la plupart d'entre eux, pour ne pas dire tous, s'appliquanl à différentes espèces d h6morrhagies, ne peuvent convenir exclusivement à celles que nous avons étudiées spécialement dans ce chapitre. Les toniques, les astringents, les acides, l'acide nitrique alcoolisé, l'eau froide, la glace, les sels ferrugineux et alumineux, etc., et des agents thérapeutiques tout à fait opposés dans leur mode d'action aux précédents, comme les mucilagineux, les émollienls, les narcotiques, etc., figurent parmi les remèdes anti-hémorrhagiques; nous demandons quel effet salutaire ils peuvent exercer sur les hémorrhagies par pléthore.

Les seuls agents thérapeutiques qu'il nous semble utile d'indiquer sont ceux dont on doit se servir lorsqu'on veut arrêter un écoulement sanguin trop abondant. Le principal agent est la saignée spoliative, ou celle que l'on a appelée dériva Live, et qui consistée tirer le sang par un endroit plus ou moins éloigné du siège de l'hémoirhagie. Lorsqu'on a employé la saignée générale , et que la congestion sanguine locale persiste, il faut la combattre, autrement elle devient une cause permanente d'hémorrhagie. La saignée faite directement sur le viscère, ou dans son voisinage , quand on ne peut agir différemment, réussit à détruire la congestion, et dès lors fait cesser rhémonhagie. C'est aussi dans le même but que l'on emploie les applications de compresses trempées dans l'eau froide, l'eau glacée , les irrigations continues , les révulsifs extérieurs placés sur les extrémités ou dans le voisinage, comme les pédiluves irritants , les sinapismes , le vésicatoire, le moxa, ou le cautère , quand on veut que cette réaction soit énergique et longtemps soutenue. Les ventouses ordinaires placées en grand nombre, ou une ventouse colossale qui environne une portion ou la totalité d'un membre, ont été employées souvent, avec succès, en pareille circonstance. Le siège de ces applications varie suivant l'organe qui fournit le sang; il est impossible d'établir aucune règle à cet égard (voyez chaque hémorrhagie en particulier).

On a cherché aussi , à l'aide de certains topiques placés sur le tissu qui livre passage au sang, à arrêter î'hémorrhagie. Nous avons indiqué ceux qui paraissent agir en chassant le sang hors de l'organe affecté ; il en est d'autres qui exercent une action locale , irritante, ou constringente : le nitrate acide do mercure, le nitrate d'argent, l'eau acidulée avec les sels ferrugineux, le sulfate de zinc , les préparations saturnines, l'alun, le tannin et les poudres végétales qui contiennent ce principe (quinquina, fraisier, ratanhia, noix de galle, marronnier), les résines balsamiques, la colophane, l'oliban, formeut la hase des eaux et des poudres antihémorrhagiques que l'on a

préconisées. On a dit qu'elles arrêtaient I'hémorrhagie en resserrant les petits vaisseaux, et en les forçant ainsi à refuser passage au sang; mais cette opinion mérite d'être examinée de nouveau. Quelquefois on cherche à modifier à l'aide de la cautérisation l'irritation sécrétoire de l'organe qui fournit le sang en déterminant un autre mode d'irritation : on s'est servi, dans ce but, de la cautérisation avec un acide, avec le nitrate d'argent, le chlorure d'antimoine, ou le fer rouge; d'autres foison agit mécaniquement par la compression qui modère ou empêche tout à la fois l'afflux des liquides et s'oppose à la sortie du sang. Rappelons en terminant que la congestion locale est la cause la plus ordinaire du retour des hémorrhagies par pléthore, et que le meilleur moyen de faire cesser celle-ci est de détruire la première.

Un grand nombre de théories diverses ont servi à expliquer les hémorrhagies que nous venons de passer en revue ; mais comme elles ne s'appliquent pas exclusivement à elies, nous les exposerons en un autre endroit (voyez Historique et bibliographie).

2 e Ordre. — Hémorrhagies produites par la diminution de la. fibrine. — Dans cet ordre sont comprises la plupart des hémorrhagies qui ont reçu les noms suivants : hemorrhagia aioniea , passive., asthenica, chronica (Berends), negativa (Vogel), sepiica s'we colliqualiva; des fièvres. Le seul caractère commun à toutes les hémorrhagies de cet ordre est l'altération du sang , qui consiste en une diminution absolue ou relative de la fibrine. Avant de nous expliquer sur ce point essentiel, il est nécessaire de prendre une idée très-exacte de la quantité et du rapport des divers éléments qui entrent dans la composition normale du sang. Ce liquide est un composé de proportions définies.

On peut représenter la composition du sang de la manière suivante :

Sur 1,000 parties de sang , ou trouve :

Fibrine 3 parties

Globules 127

Matériaux solides du sérum 80

Eau 790

Il y a altération du sang toutes les fois qu'un des éléments vient à augmenter ou à diminuer de quantité, ou bien quand il s'altère dans ses propriétés physiques , chimiques , et microscopiques. Ces dernières altérations sont encore peu connues ; on possède à peine quelques vagues notions sur les changements morbides qu'éprouvent, soit les globules, soit la fibrine. On est plus avancé touchant les altérations de quantité.

Dans toutes les maladies qui Sonnent lieu aux

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hémorrhagies que nous allons étudier, le sang est altéré, et l'altération porte sur la fibrine, dont la quantité est diminuée. Mais cette diminution est absolue ou seulement relative, et voici comment elle doit être comprise : tantôt la fibrine diminue réellement , et les globu'es restent à leur chiffre physiologique (127) ; tantôt les quantités de fibrine restent normales, seulement les globules s'élèvent au-dessus de leur chiffre normal ; dans ce cas , la diminution de la fibrine n'a lieu que parce qu'un des éléments du sang augmente; alors on dit que la diminution de la fibrine est relative. Le troisième cas est celui où la fibrine diminue, et les globules s'élèvent en même temps. Dans tous ces cas, il est manifeste que l'équilibre entre les deux éléments constitutifs du sang est rompu, et partant que la composition du sang est changée.

Si nous cherchons dans quelles maladies le sang est altéré ainsi que nous venons de le dire , nous voyons que c'est précisément dans toutes celles où les hémorrhagies sont si fréquentes, qu'elles sont généralement regardées comme les symptômes ordinaires de la maladie. Voici en abrégé la liste de ces maladies avec l'indication des altérations du sang telles qu'elles ont été constatées par MM. Audral et Gavarret. Elleestnécessaire pour démontrer que les hémorrhagies procèdent bien de l'altération du sang , et non d'une autre cause.

Hémorrhagie cérébrale. — Ce qui a été observé de moins variable dans sept cas, c'est la diminution de la fibrine , et l'augmentation des globules. Dans un cas , la fibrine descendit à 1 ,9 , tandis que les globules montèrent au chiffre énorme de 175,5 (au lieu de 127). La rupture d'équilibre entre les globules et la fibrine fut bien la cause de l'hémorrhagie , car, plus tard , elle cessa lorsque les symptômes se furent amendés.

Hémorrhagies. — La diminution de la fibrine (absolue ou relative) est l'altéra! ion qui détermine le plus grand nombre d'hémorrhagies ; l'autre condition est l'augmentation absolue des globules. L'analyse chimique a conduit à ces résultats, sur lesquels nous leviendrons plus loin.

Fièvres : 1" Fièvre typhoïde. — Sur 52 saignées qui fuient pratiquées, constamment la fibrine diminua ou resta normale. Les globules augmentent, toit d'une manière absolue, comme dans le cas où la fibrine est normale, soit d'une manière relative , parce que la filu ine diminue. Il y a donc , comme on le voit,

une altération inverse dans la fibrine el les globules; \-ti tendent à augmenter, celle-là à diminuer

dans les fi» vu-. Faisons remarquer que lu seule condition essentielle de li fièvre typhoïde est la diminution .! ol nue.

Tjphus, fièvre jaune, peste, fièvre charbon-

neuse, morve. — On ne possède aucune analyse du sang dans ces maladies; mais l'ensemble des symptômes et l'analogie nous portent à supposer que le sang est altéré de la même manière , et que telle est la cause des hémorrhagies que l'on observe si fréquemment daus ces maladies.

Fièvres érupiives : rougeole, scarlatine, variole. — Jamais la fibrine ne s'élève au-dessus de son chiffre normal (elle varie de 3,5 à 2). Les globules offrent cette circonstance remarquable, que, dans plusieurs cas, ils éprouvent, comme dans d'autres pyrexies, ! une grande augmentation. Celle-ci n'a été vue que i dans la scarlatine, la majorité des cas de rougeole, | et jamais , au contraire , dans les cas de variole. Ce résultat est des plus impartants pour l'élude des causes des hémorrhagies. En effet, elles se montrent comme un signe très-commun, sous forme d'épistaxis, dans la scarlatine , plus rarement dans la rougeole, et jamais parmi les symptômes ordinaires de la variole : elles n'existent que dans le cas de complications.

Scorbut, purpura. — Les analyses chimiques toutes récentes, faites par MM. Andral et Gavarret , ont montré qu'il y a diminution de la quantité normale de fibrine.

Nous nous sommes bornés à décrire d'uue manière générale et toute sommaire les altérations que présente le sang dans les maladies précédentes , de plus longs détails ne devant point trouver place ici ; ils suffisent , toutefois , pour prouver que le sang est altéré. Maintenant il s'agirait de démontrer que celle altération du sang est bien la cause de l'hémorrhagie; que, par exemple, les épistaxis, les hémorrhagies intestinales et sous-épidermiques (ecchymoses , purpura), qui surviennent si fréquemment dans le cours de la fièvre typhoïde et des grands typhus, sont réellement provoqués par l'altération du sang. Ce point, en effet , réclame des développements que Ton ne peut s'empecher de fournir; mais ils seront mieux placés quand il sera question de la fièvre typhoïde et des altérations du sang (voyez ces mots). Ce que nous avons dit à l'article Fièyrb, dans le but de légitimer l'opinion qui nous a conduits à conserver le groupe des fièvres essentielles, servira à faire comprendre les idées que nous ne pouvions émettre que d'une manière générale.

S'il est vrai que les hémorrhagies sont fréquentes daus les maladies que nous venons d'étudier ; s'il est vrai que le sang est altéré, ainsi que nous l'avons dit, on ne peut se refuser à admettre que la seule appréciable de ces hémorrhagies ne soit la diminution absolue ou relative de la fibrine1, ou , pour mieux dire, l'altération de rapport entre la fibrine et les globules , ceux-ci tendant à augmenter, celle-là à diminuer. Du reste, cette altération du sang ne peut être douteuse, aux ycu\ de quelques personnes,

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que pour les hémorrhagies de la fièvre typhoïde et des fièvres éruptives : les autres sont incontestablement liées à cette altération (scorbut, fièvre jaune , peste).

Hémorrhagies qui doivent être rangées dans cet ordre. — Les hémorrhagies de la fièvre typhoïde (fièvres malignes et putrides des anciens) , du typhus des hôpitaux, des prisons , des maladies accompagnées de purpura, et dites pétéchyzanics par les auteurs; les hémorrhagies qui surviennent dans le cours des fièvres graves, et qui ont été considérées comme critiques par les auteurs; les hémorrhagies qui se montrent dans la fièvre jaune, la peste , les maladies charbonneuses, dans la morve , dans le scorbut, dans les fièvres par infection purulente (phlébite, fièvre puerpérale) , et par empoisonnement miasmatique , par diathèse, ou hémorrhagies constitutionnelles, soit héréditaires, soit acquises. 11 nous serait impossible de donner une description générale de ces hémorrhagies; nous préférons en former des groupes , et indiquer les particularités les plus imposantes de leur histoire.

A. Hémorrhagies des fièvres. — Un des caractères principaux de ces hémorrhagies est la manifestation d'un écoulement sanguin par différentes voies. Les médecins de tous les temps et de tous les pays ont été frappés de ce fait, et l'ont expliqué , suivant leur doctrine, par une maladie de la fibre vivante, ou par une altération des humeurs. Us ont noté les hémorrhagies dans toutes les grandes fièvres qui s'accompagnent de prostration , de délire, ou de ces symptômes que l'on a réunis sous le titre à'adynamie et ftataxie, de malignité ou de putriditê. Ils parlent constamment d'épistaxis , d'hématémèse, de selles sanglantes, d'hématurie, chez les sujets en proie à des fièvres épidémiques : ils disent que le sang a perdu sa consistance, qu'il est devenu plus fluide, qu'il transsude par toutes les membranes et dans tous les parenchymes. Voici maintenant ce que l'on trouve dans les ouvrages modernes.

1° Les hémorrhagies que l'on observe le plus ordinairement dans la fièvre typhoïde sporadique sont l'épistaxis, l'exhalation sanglante des gencives, de la langue , des lèvres, les pétéchies et les ecchymoses favorisées par la pression et le décubitus , les hémorrhjgies intestinales , les congestions dites passives dans le poumon, la rate et les reins; or , nous démontrerons plus loin que ces congestions ou hémostases tiennent à la même cause que les hémorrhagies. 2° Quand les symptômes de la fièvre typhoïde sont graves , les phénomènes précédents ont plus de tendance à se produire, et constituent le principal danger de ces graves maladies. 3° Ils apparaissent dans une foule de points à la fois, ce qui tient à la cause générale qui les produit (aller, du sang). 4° Ils se mon-

trent dès le début (épistaxis) , d'où l'on est porté à conclure que l'alléralion du sang est primitive : ce que montre l'analyse chimique qui fait voir un abaissement notable de fibrine dans les fièvres typhoïdes qui acquièrent rapidement un haut degré d'intensité. 5° Les propriétés physiques du sang que l'on obtient par la saignée sont en rapport avec celles que l'analyse fait connaître. Le caillot est mou, quelquefois diffluent, jamais couvert de couenne, excepté lorsqu'une phlegmasie complique la fièvre. Quelquefois le caillot est consistant et volumineux, parce que la quantité des globules est souvent augmentée , et que le sérum n'est point chassé du caillot, à cause de la petite quantité de fibrine, et, par conséquent, de la faible rétraction de ce même caillot.

Nous avons dit que les congestions si fréquentes dans la fièvre typhoïde tiennent à l'altération du sang, c'est-à-dire à la diminution de la fibrine. Nous n'hésitons pas à considérer comme de simples hypérémies tenant à cette cause : 1° les congestions de la hase du poumon, dites, à tort, pneumonies par quelques auteurs; 2° l'hypertrophie de la rate , que l'on doit plutôt appeler une simple hémostase ; 3° l'hypérémie rénale , que l'un de nous a trouvée si fréquemment dans les fièvres typhoïdes un peu graves, et qui amène passagèrement la sécrétion de l'albumine mêlée aux urines. Dans les congestions cérébrales , on a trouvé une augmentation pure et simple des globules. Pourquoi ne rapprocherions -nous pas de ces sortes de congestions celles de la fièvre typhoïde? Elles diffèrent essentiellement de celles qui sont le premier degré de la phlegmasie par l'absence de toute altération de la fibrine. Tandis que celle-ci augmente d'une manière considérable dans l'inflammation , elle reste normale dans les congestions dites passives, et dans celles des fièvres spécialement. C'en est assez pour que l'on doive admettre que les hypérémies simples sont séparées des hypérémies inflammatoires par un intervalle immense , que l'analyse chimique seule a pu établir. Toutes les fois qu'elle fera découvrir une augmentation de la quantité de fibrine dans une congestion dont la nature reste douteuse , on pourra prononcer sans hésitation qu'elle est de nature inflammatoire, et qu'elle pourra se terminer par suppuration ou par la formation de lymphe plastique.

L'épistaxis, précurseur de la scarlatine , est le résultat de l'altération du sang que nous avons fait connaître précédemment. Les auteurs décrivent des épidémies de scarlatine maligne, où les hémorrhagies par différentes voies étaient fréquentes; mais alors il existait des symptômes généraux fort graves, qui se rapportent manifestement à une altération du sang, de la même nature que celle constatée dans la fièvre typhoïde(Morton,P. Franck, DrSandwilh,etc).

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Nous en dirons autant des hémorrhagies diverses qui ont été vues par les auteurs daus des épidémies de rougeole et de sueltemiliaire. Des péléchies, des taches de purpura simples , des hémorrhagies intestinales , des apoplexies, des congestions pulmonaires , se montrent dans un assez grand nombre de cas pour que les auteurs, qui ont donné des descriptions des fièvres éruplives, aient admis des scarlatines , des rougeoles simples, malignes, putrides, typhoïdes, hémorrhagiques , avec purpura (voy. scarlatine^ rougeole . Ces complications ont été observées surtout dans les épidémies de variole qui ont ravagé l'Europe dans le siècle dernier : les taches pourprées, les postules sanglantes, et les autres hémorrhagies, constituent des signes fâcheux dans le cours des varioles : le témoignage des auteurs est unanime à cet égard. L'altération du sang est la cause des symptômes et des autres accidents qui entraînent la mort des sujets.

La maladie de Wherloff (movbus maculosus) , les fièvres avec péléchies, le typhus contagieux des camps, des hôpitaux, des prisons, ont trop de ressemblance avec notre fièvre typhoïde pour que nous ne soyons pas en droit de rapporter les hémorrhagies qu'on y observe à une altération du sang. Quant à la peste, à la fièvre jaune, aux dysenteries épidémiques, il faut attendre qu'elles aient été étudiées sous le point de vue des altérations du sang, et que des médecins faits à ce genre d'examen aient réuni les matériaux qui sont absolument nécessaires, pour que l'on puisse se prononcer. C'est donc en nous fondant uniquement sur l'analogie et sur le rapprochement des principales particularités de ces maladies avec celles propres à la fièvre typhoïde, que nous les rangeons dans les hémorrhagies par ait ration du sang.

Les hémorrhagies si graves et si générales que l'on obserte dans le scorbut sporadique et endémique résultent de la diminution de la fibrine. C'est par suite de l'apauvrissement du sang que les divers éléments de ce liquide perdent leur cohésion normale , ei s'infiltrent dans tous les ti ..us, lent a l.i mh!.i i branes moqueuses. Les al-

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B. Hémorrhagies j>"r intoxication au sang,

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' dans l'économie , ou qui s'y est développé spontanément; il y a, dans ce cas, une véritable intoxication. Quelques auteurs, Huxham entre autres, admettent l'existence d'un état morbide qu'ils appellent dissolution du sang.Gc dernier range parmi ses causes la pénétration dans l'économie de certains agents toxiques, et particulièrement les sels alcalins, Thydrochlorale d'ammoniaque, qui, selon lui, détruit ou dissout les globules en quelques minutes , Teau de laurier-cerise, la morsure du serpent hémorrhoïdal, le mercure, les substances alimentaires salées et à demi pourries. 11 e.^t porté à croire que ces dernières déterminent les fièvres péléchiaîes, les dysenteries, les hémorrhagies et le scorbut que Ton observe fréquemment à bord des navires, chez les matelots qui ont vécu longtemps de viandes salées, et quelquefois à demi corrompues. L'étude des altérations du sang permet de croire que, dans tous les cas précités, il y a diminution de la fibrine par rapport aux globules. La privation absolue et prolongée de substance alimentaire peut amener la même altération. C'est ainsi que l'on peut expliquer les hémorrhagies auxquelles sont sujets des malades qui ont longtemps vécu dans les privations de toute espèce qu'impo>ent la misère et la disette. Cependant il est plus vrai dédire que ce sont plutôt les globules qui sont influencés, et qui diminuent, comme dans l'anémie et la chlorose : mais l'action prolongée des causes débilitantes finit par amener la diminution de la fibrine, et alors apparaissent des hémorrhagies.

11 faut encore placer au nombre des causes qui agissent par intoxication, et produisent l'abaissement de la fibrine, les miasmes infectieux et contagieux. Huxham, qui les a signalés, ne leur reconnaît pas une influence nécessaire sur la dissolution du sang. 11 faut d'abord que le sang soit modifié d'une certaine manière avant de recevoir cette influence. Cependant il est des cas où il semble que la cause miasmatique et délétère qui détermine les fièvres agi! primitivement sur la composition du sang. On ne peut expliquer autrement ces hémorrhagies qui surviennent ■ des hommes bien portants cl placés au milieu d'un foyer d'infection. 11 n'en est plus de ne lorsqu'elles se manifestent en même temps que b symptômes de la maladie; elles ne peuvent alors être considérées que comme un effet procédant de la même cause.

D'autre.: agents délétères développes spontanément ou introduits dans le torrent circulatoire allèrent li itiou du sang, et agissent surtout en les rapports des globules à la fitrine, soit celle-ci diminue, soit que les globules augmentent d'une manière absolue. Les hémorrhagies qui procèdent d'une telle cause sont celles que Ion observe daus toutes les maladie-- où du pus est sécrété

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par un organe quelconque et vient à se mêler au sang. De ce nombre sont les hémorrhagies interstitielles ou par exhalation , qui surviennent dans la phlébite puerpérale , dans les cancers ramollis et suppures de quelques viscères, de l'utérus, de l'estomac, par exemple, dans toutes les maladies, en un mot, qui peuvent amener la résorption du pus, qu'il y ait phlébite ou non (amputation, plaies de tête, et fièvre de résorption,). La pénétration d'une matière purulente est aussi la cause de ces congestions évidemment étrangères à l'inflammation que l'on rencontre disséminées sous forme de petites indurations dans le tissu du poumon, du foie, dans les parenchymes et dans le tresu cellulaire général. M. Magendie a provoqué chez des animaux des congestions et des hémorrhagies en privant le sang d'une partie de sa fibrine. Des maladies toutes spontanées peuvent déterminer des accidents tout à fait semblables à ceux que M. Magendie a déterminés sur les animaux. Ces maladies sont celles que nous avons énumérées plus haut , et dans lesquelles il y a génération d'une matière purulente. L'injection de liquides septiques empruntés à l'organisme malade est suivie d'hémorrhagie et de tous les accidents que l'on observe dans les fièvres graves. On doit ces curieuses expériences à M. Gaspard, qui les a instituées dans le but de faire connaître l'influence que le pus et les humeurs, fournis par des animaux atteints de maladie charbonneuse ou d'autre nature, exercent sur l'économie. Certains agents thérapeutiques, l'hydrochlorate d'ammoniaque, les sels alcalins, l'eau distillée de laurier-cerise , le mercure et ses composés , et d'autres poisons, l'arsenic, par exemple, peuvent-ils diminuer la fibrine , et altérer ainsi le sang de manière à exciter des hémorrhagies? Cette question ne peut être décidée que par de nouvelles recherches , et des analyses chimiques convaincantes faites sur le sang. On a dit qu'une température élevée pouvait provoquer des hémorrhagies en agissant sur le sang. Boerhaave parle daus sa Chimie d'une expérience qui fut faite sur un chien. On le renferma dans l'étuve d'une raffinerie de sucre : à mesure que les sueurs devinrent plus abondantes , on vit paraître des hémorrhagies par différentes voies : ce qui semble à l'auteur un signe de dissolution de sang. Il pense que la température élevée qui règne dans certains pays agit de la même manière, quoique avec beaucoup moins d'énergie, et est capable d'imprimer aux maladies un caractère particulier. Il faudrait des expériences plus précises pour mettre ce fait hors de doute : ce que l'on peut affirmer, avec tous les observateurs anciens et modernes , c'est que les fièvres avec symptômes annonçant la dissolution du sang sont très-communes dans les pays chauds ; que l'altération du sang mérite toute l'attention du praticien, et réclame une

médication toute spéciale , qui avait été admirablement tracée par les anciens (Monneret, Extr. du compte rendu des leçons de pathologie générale de M. Andral; in Gazclte médicale, t. ix, p. 580; 1841). Leroux a cité un exemple d'hémorrhagies cutanées qui survenaient, chez un ouvrier employé à la manufacture de Sèvres , chaque fois que celui-ci était contraint de s'exposer, pendant longtemps, à la température élevée du four où Ton cuit la porcelaiue [Mém. de la Soc. méd. d'émuL, t. vu, p. 42, 1841). On a encore rapporté quelques faits semblables; mais ils manquent des détails qui seraient propres à mettre hors de doute l'intervention de cette seule cause dans la production de l'hémorrhagie. La chaleur n'agit, le plus ordinairement, que comme cause occasionnelle ou déterminante , et non en modifiant la composition du sang. Nous l'étudierons plus loin, lorsqu'il sera question des causes qui exercent une modification plus ou moins directe sur la circulation.

Hémorrhagies constitutionnelles.— Il est, enfin, un dernier ordre d'hémorrhagies dont il nous reste à parler: ce sont celles que l'on a désignées sous le nom A' hémorrhagies constitutionnelles. Elles se développent spontanément, constituent toute la maladie, et le plus ordinairement ne s'accompagnent point de symptômes fébriles , à moins de complication. Nous les plaçons après les hémorrhagies des fièvres et les hémorrhagies par intoxication.

On a décrit sous le nom de diathèse hémorrhagique et & hémorrhaphylic la disposition particulière en veîlu de laquelle se produisent les hémorrhagies constitutionnelles dont le caractère est de se montrer en différents points de l'organisme, et de devenir souvent funeste, en raison de leur tendance à se reproduire malgré les traitements employés. Les individus qui en sout affectés ont reçu le nom de bleeders en Amérique , et de bluter en Allemagne. Les faits d'hémorrhaphylic qui ont été récemment observés sont assez nombreux et assez détaillés pour que l'on puisse en présenter aujourd'hui l'histoire.

Les sujets atteints de ces hémorrhagies apportent souvent en naissant la disposition organique en vertu de laquelle le sang a une grande tendance à s'écou-' 1er par différentes voies. Dans ce cas, hàiatkésé est héréditaire. M. Lebert rapporte dans son mémoire les faits d'hémorrhagies constitutionnelles héréditaires qu'il a extraits des différents ouvrages {Recherches sur les causes , les symptômes, et le traitement des hémorrhagies constitutionnelles ; in Arch. génér. de méd., septembre 1837). John Otto, médecin à Philadelphie, raconte qu'une femme établie en Amérique transmettait aux individus mâles de sa famille une disposition extrême aux hémorrhagies , et en même temps aux rhumatismes musculaires (extr. de l'ouvr. cit. de Latour, t. i, p. 105).

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Hugues dit aussi avoir observé un enfant de dix ans , qui appartenait à une famille dont tous les individus mâles étaient sujets à des héinorrhagies abondantes et opiniâtres survenant par différentes voies. Le plus ordinairement la dialhèse hémorrhagique est acquise , et peut se manifester de très-bonne heure. M. Dubois (de Neufchàtel) rapporte l'histoire intéressante d'une famille, originaire de Nassau, dont tous les membres étaient atteints d'hémorrhagies constitutionnelles. Le père et la mère étaient robustes, et entièrement exempts de cette maladie. Ils avaient eu six enfants : une fille qui mourut à trois ans; cinq garçons, dont l'un succomba en nourrice; les quatre autres furent affectés d'hémorrhagies à différentes reprises {Observât, remarq. d'hémorrhaphjlie; in Gazette médicale, n° 3, p. 43, 1838 ). L'auteur indique avec soin tous les ouvrages où se trouvent mentionnées des observations analogues à celles dont il a été témoin.

Les malades en proie à ces hémorrhagies offrent quelque chose de remarquable et de tout spécial dans l'ensemble de leur constitution. Ils peuvent avoir l'apparence d'une bonne santé et une sorte d'embonpoint qui en impose au premier abord ; mais si on les examine de plus près, on découvre que les appareils ne fonctionnent pas avec l'énergie normale ; les liquides séreux sont prédominants, les mouvements sont lents et pénibles; il y a un peu d'apathie chez la plupart des sujets ; en un mot , la vitalité de tous les viscères est sensiblement abaissée au-dessous de son type normal. Ces malades, qui ont l'apparence de la force, ressemblent assez à ces femmes chlorotiques qui conservent encore leur couleur, et souvent même une animation plus grande dans le visage : leur embonpoint n'est nullement altéré , mais elles n'en sont pas moins notablement affaiblies. A cette forme de chlorose convient le nom de chlorosis fortiorum, qui a été justement créé par les auteurs allemands.

Le plus ordinairement, les malades atteints de diathèse hémorrhagique, loin de présenter les symptômes que nous venons de décrire, sont, au contraire, pâles et décolorés, avant même qu'ils aient perdu a i / de sang pour tomber dam l'anémie; le moindre exercice les Fatigue. Souvent il existe une excitation oer?( grande, qui augmente par les pertes

& ing. Il est, du reste, très-difficile de ne décrire que les symptômes propres à |a dialhèse hémorrhagique, pan e qui . de tri -lionne heure, les sujets qui en sonl .if I" tés offrent tous les attributs de la chlo- 00 de l'anémie, Au nombre d b phénomènes qui ompaguent, on doit noter des douleurs articulaires parfois très-vives, augmentant par h pression et le mouvement. Quelquefois il se manifeste de la tuméfaction et de larges ecchymoses, comme dans le

cas rapporté par M. Dubois (de Neufchàtel). M. Tardieu cite également un cas fort remarquable de diathèse hémorrhagique , dans lequel des douleurs se montrèrent dans plusieurs jointures. Ce symptôme n'est pas rare, puisque l'auteur que nous venons de nommer dit qu'elles ont été notées dans neuf observations fournies par les ouvrages {Observation de diathèse hémorrhagique avec douleurs articulaires,, in Archives générales de médecine, t. x , pag. 185; fév. 1841). Ces douleurs, que les uns qualifient de rhumatismales , d'autres ^arthrite, & engorgement, tihydarthrose, etc., ont été attribuées tantôt à une cause rhumatismale, tantôt à une phlegmasie de la séreuse, à une exhalation sanguine dans l'intérieur et autour de la capsule articulaire ( MM. Dubois (de Neufchàtel) et Tardieu, loc. cit.).

Les symptômes les plus caractéristiques sont: 1° l'écoulement du sang par un grand nombre de points, et spécialement par la muqueuse nasale, bronchique, gastro-intestinale, et génito-urinaire; 2° l'exhalation du sang dans le tissu cellulaire souscutané, et entre les divers éléments constitutifs de la peau. C'est ainsi que se produisent les ecchymoses, les pétechies, les taches de purpura, qui s'observent dans le cours des hémorrhagies constitutionnelles. 3° La moindre cause, une égratignure , le frottement d'un corps dur, suffisent pour exciter l'écoulement sanguin, qui est toujours difficile à arrêter; l'emploi des topiques les plus astringents, la cautérisation, la compression , la ligature même des vaisseaux , ne peuvent souvent empêcher le flux sanguin.

Les hémorrhagies incoercibles dont parlent les chirurgiens, lorsqu'elles ne dépendent pas d'une maladie des tuniques artérielles, nous paraissent tenir bien évidemment à l'altération du sang, et prennent place dans les hémorrhagies constitutionnelles dont nous parlons.

L'étude des symptômes qu'elle détermine, et l'examen attentif de la constitution des sujets , ne laissent aucun doute sur la nature et le siège de la lésion ; elle consiste en une altération du sang, et ne peut être attribuée à une maladie du solide vivant. M. Dubois cependant croit que telle est l'origine des hémorrhagies constitutionnelles; il parle aussi de l'altération du sang comme pouvant être admise. M. Lebert pense que les hémorrhagies dépendent d'une altération du sang, cl M. Tardieu se range à son opinion {loc. ci/., pag. 190). Seulement il se trompe , OU plutôt s'abandonne à des explications hypothétiques, et tout à fait dénuées de fondement, quand il suppose une altération des globules du sang, que l'inspection microscopique n'a encore permis à personne de découvrir, pas plus dansée cas que dans d'autres {loc. cil., pag. 197). M. Sylva a public l'histoire d hémorrhagies intarissables de toutes les

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muqueuses, et il admet l'existence de la défibrinalion du sang ( Gazelle médicale^ pag. 347 ; juin 1838. L'altération du sang, qui cause les hémorrhagies constitutionnelles, consiste en une diminution plus ou moins considérable de la fibrine. C'est par elle que l'on peut expliquer l'écoulement de sang qui transsude à travers les capillaires , et qui reproduit sans cesse les hémorrhagies tant que la composition de ce fluide n'est point modifiée. Les auteurs qui ont décrit les qualités physiques du sang fourni par les sujets en proie à la diathèse hémorrhagique, assurent qu'il estdiffluent, pâle, décoloré, et peu capable de se convertir en caillot ; telles sont aussi les propriétés physiques offertes par le sang lorsqu'il a perdu ses quantités normales de fibrine ; ajoutons que plusieurs analyses chimiques confirment les diverses assertions que nous venons d'émettre sur la composition du sang. C'est donc dans une altération de ce fluide qu'il faut chercher la véritable cause de l'hémorrhaphylie. Le docteur Roeschs a cité un fait qui tendrait à prouver que l'abus prolongé des liqueurs alcooliques peut donner naissance à la diathèse hémorrhagique (in Gaz. méd., p. 144, 1835); mais cette cause n'est pas plus capable que les autres de produire les hémorrhagies constitutionnelles; elle ne piut agir qu'à titre de cause occasionnelle et déterminante lorsqu'existe déjà la diathèse hémorrhagique, c'est-à-dire, l'altération indiquée du sang.

Le traitement des hémorrhagies constitutionnelles découle naturellement de ce que nous venons de dire de leur cause intime. En effet, s'il est démontré qu'elle consiste en une altération du sang, et que celle-ci soit produite par la diminution des quantités normales de fibrine, il est évident que la première et la principale de toutes les indications est de modifier, d'abord, la composition du sang, de manière à lui rendre les quantités de fibrine qui lui manquent. Gomme cette indication doit nous occuper plus loin , lorsque nous poserons les bases du traitement propre aux hémorrhagies, nous ne nous y arrêterons pas en ce moment.

Nous venons de passer en revue toutes les hémorrhagies qui peuvent être comprises dans le troisième ordre , et le lecteur a pu se convaincre qu'il est impossible d'en indiquer, d'une manière générale , les symptômes, la marche, le pronostic et le traitement, et d'imiter les auteurs qui ont procédé ainsi dans leur description. Voici en quels termes nous croyons pouvoir résumer ce qu'elles offrent de plus général :

1° Toutes les hémorrhagies qui appartiennent au troisième ordre dépendent d'une altération du sang.

2° Celle-ci consiste dans une diminution plus ou inoins grande de la fibrine.

3° Elles ont par conséquent leur origine dans une cause très-générale , et se manifestent par des symptômes généraux. Toutes les fonctions sont presque

simultanément troublées, quoiqu'à des degrés différents. L'innervation est celle qui paraît surtout en recevoir une vive influence. Le trouble des fonctions consiste dans l'affaiblissement de la vitalité des organes, et dans une perturbation profonde apportée à tous les phénomènes qui se passent dans la trame des tissus; de là les congestions, les hémorrhagies interstitielles, l'exhalation du sang dans un grand nombre de points de l'économie.

4° La plupart des symptômes attribués aux hémorrhagies passives par les auteurs sont dus à l'altération du sang , ou à la cause inconnue qui détermine la maladie dont l'hémorrhagie est le symptôme. Dans la fièvre typhoïde, par exemple, on doit rapporter les hémorrhagies à l'altération du sang, ou à une autre cause dont l'altération du sang n'est elle-même qu'un des effets. Les analyses chimiques faites par MM. Andral et Gavarret prouvent que le sang est souvent altéré dès le début de la maladie, et par conséquent bien avant que les plaques de Peyer soient ulcérées. Du reste, quelle que soit l'opinion que l'on se forme à cet égard , on ne peut contester que l'altération du sang ne soit tout au moins la cause des hémorrhagies, si l'on ne veut pas accorder qu'elle joue leprincipal rôle dans la production des autres accidents de la maladie. Nous sommes disposés à croire qu'en dehors de l'altération du sang il y a autre chose que nous ne connaissons pas, puisque, avec une lésion identique du sang (diminut. absolue ou relative de la fibrine), on a des maladies aussi différentes que le sont lascarlatine , la rougeole, la variole , la fièvre typhoïde, le scorbut, etc. Nous voulons qu'on prenne acte de cette déclaration , afin que l'on ne soit pas tenté de croire qu'avec la seule altération du sang nous prétendons expliquer tant de maladies différentes.

Opinion de Huxham sur les hémorrhagies. — Les doctrines qui ont été émises , à différentes époques, sur la cause des hémorrhagies seront étudiées quand nous tracerons l'historique et la bibliographie , auxquels nous avons cru devoir les réunir. Cependant nous ne pouvons passer sous.silence la doctrine de Huxham, parce qu'elle offre les plus grands rapports avec le sujet que nous étudions en ce mo^ ment, et qu'elle confirme une grande partie des idées humorales que l'on professe aujourd'hui.

Il admet trois grandes altérations du sang : les deux premières sont ce qu'il appelle les états constitutionnels du sang; la troisième est Yétat de dissolution et de putréfaction du sang. l°La première modification anormale du sang est celle dans laquelle les globules sont plus nombreux , augmentés, serrés les uns contre les autres , et trop compactes ou trop denses: de là résulte , suivant notre auteur, une plus forte densité, plus de viscosité du sang, et une plus grande disposition de la part de ce liquide à se so-

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lidifier, une fois qu'il est sorti de la veine. Il dit qu'on observe plus particulièrement cet état chez les personnes d'une constitution robuste, qui ont des fibres fortes, qui font beaucoup d'exercice et se nourrissent bien. 11 suppose que les vaisseaux sont trèsforts et très-élastiques; qu'ils envoient le sang avec plus d'énergie; que le frottement du sang est plus considérable que dans l'état normal , et qu'enfin plus de chaleur est produite. Les parties les plus fluides du sang passent à l'état de vapeur , et ce liquide alors contracte une viscosité très-grande, qui finit par amener une imperméabilité des vaisseaux, et, par conséquent, des obstacles et des obstructions. Il attribue la croûte épaisse et gélatineuse , que Ton appelle la couenne plcurélique , à la chaleur de la fièvre , qui tend à coaguler toute la partie séreuse du sang, et à la convertir en une gelée. On ignore aujourd'hui , malgré les recherches microscopiques les plus actives et les plus multipliées, les altérations de qualités qui peuvent survenir dans les globules; quant à l'influence qu'exerceraient le Frottement de ces corpuscules et la rapidité de leur marche sur la production de la fièvre, c'est là une idée toute mécanique, enfantée par l'imagination seule, et nous ne devons pas nous y arrêter. Les hémorrhagies sont expliquées, dans la théorie de Huxham, par la rupture que les globules déterminent dans les petits vaisseaux.

2° La seconde constitution morbide du sang est caractérisée par la diminution des globules rouges , dont la texture est lâche, et par la prédominance de l'eau. Les phénomènes qui dépendent de cet élat des globules sont : la pâleur, la faiblesse, l'imperfection des sécrétions, et les hydropisics.il survient ensuite des obstructions, non plus de nature inflammatoire, comme dans la première altération du sang que nous avons étudiée, mais des obstructions froides qui tiennent à ce que les vaisseaux ne sont plus assez excités , et que le sang stagne dans leur intérieur. Les congestions passives se forment de celte manière. La diminution des globules, que Huxham avait admise par hypothèse, est aujourd'hui un fait démontré par les analyses dont nous avons déjà entretenu le lecteur. Kile l'obsertc dans t'anémie , la chlorose , et dani Ici

Câcheiiei COIlSCCUtWci ï de* maladies chroniques.

3* L'état de absolution du sang se montre dans

oorbiit, qui peu! être considéré comme un type de

cette altération : l'hémorrhagie et Padynamie eu sont

les phénomènes principaux. Le caillot e t coagulé en

une misse molle, dillliienle, et sans couenne; le sérum -incomplètement du caillot.

i.j; que l'on obtient eu laign tnl lei person-

(jiii sont aile, \r> de pi'livh'n I <l d'CCCh) DM)I et, ne

me-l-il qu'un magma uniforme,! demi figé, d'une < ouleur litide ou plie font i qu'à l'ordinaire ; il entre Irès-promptement en putn faction. Huiham croit que

les hémorrhagies naissent le plus souvent de l'âcreté des humeurs, qui détruit la contexture du sang, et ronge les extrémités des artères capillaires. Il n'hésite même pas à les attribuer à la contexture trop lâche des globules rouges, qui n'ont pas été assez condensés par l'action du cœur et des artères, et qui finissent par se briser. Huxham dit qu'en examinant le sang dans les vaisseaux, on voit les globules s'allonger pour pouvoir traverser les petits vaisseaux. Il admet, par hypothèse , que les globules se rompent parfois au moment de leur passage, et alors leurs débris entrent facilement dans les conduits excréteurs , et transsudent par diapédèse , comme cela s'observe dans les hémorrhagies intestinales et des voies urinaires. Les pétéchies, les ecchymoses, proviennent aussi de ce que les globules rouges sout dissous et brisés, et qu'ils entrent dans les artères séreuses et dans les vaisseaux exhalants, où ils s'arrêtent et produisent des taches. Les pétéchies des fièvres malignes , les sueurs fuligineuses , et les urines noires avec sédiment livide, la matière semblable à du café, que l'on rencontre dans certaines urines , sont formées par le sang, et tiennent à la dissolution de ce liquide. Cette altération peut encore se montrer chez les femmes dont les règles sont immodérées : elle est compatible avec la santé si la perte de sang n'est pas considérable ; mais si elle est portée trèsloin , il se déclare une maladie dont les symptômes sont l'hémorrhagie et la faiblesse. La dissolution du sang peut ne se manifester qu'à l'occasion d'une autre maladie. On voit, par exemple, chez des sujets atteints de pneumonie, le sang n'offrir aucune couenne. Huxham parle d'une épidémie dans laquelle la pneumonie s'accompagnait de pétéchies et d'hémorrhagies, outre les autres symptômes propres à celte affection. 11 la désigne sous le nom de fièvre péri pneumoni que èpldèmiquc ; elle sévit sur des prisonniers et des marins réunis en grand nombre : le sang que l'on lirait par la saignée élait mou et sans consistance, tandis que celui des sujets atteints de pneumonie franche était dense, consistant, et couvert d'une couenne épaisse.

Traitement des hémorrhagies du deuxième ordre. — Une première indication qu'il suffit de rappeler, et qui est commune à toutes les hémorrhagies, consiste à instituer d'abord un traitement local pour remédier aux accidents immédiats qu'entraîne la perle d'une trop grande quantité de sang. L'eau froide, ou rendue astringente avec les substances que nous avons déjà énumérées; la cautérisation, la compression, la ligature, au besoin, peuvent devenir utiles dans les cas où riiémorrhagie est considérable. Le praticien doit se rappeler qu'il ne pourra se rendre maître de l'écoulement sanguin que pour quelque temps, s'il ne combat pas, à l'aide

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d'un traitement appropiié, l'altération du sang, qui est la véritable cause de l'hémorrhagie. Que faut-il penser de ceux qui disent que la seule indication est de suspendre promptement rhémorrhagie ? Sans doute il est toujours urgent d'agir ainsi lorsqu'elle est considérable ; mais en même temps il faut s'occuper de remplir la seconde indication , car , en supposant que l'on soit parvenu à arrêter le flux sanguin en un point, il reparaîtra bientôt dans un autre, parce que la condition morbide de laquelle il dépend n'a point disparu.

Le traitement des hémorrhagies des fièvres rentre dans celui que l'on dirige contre ces dernières affections. Tous les auteurs qui ont fait jouer à l'altération du sang un grand rôle dans la production des fièvres, ont modifié leur traitement d'après cette doctrine. Huxham , par exemple , recommande l'usage des toniques et des excitants, tels que le quinquina en macération dans l'eau et dans le vin , la teinture de roses , l'eau de cannelle, les décoctions d'écorces d'oranges, de roses rouges et de cachou , le vin de France ou d'Oporto , les fomentions aromatiques et astringentes faites sur le ventre, les ferrugineux (Huxham , Essai sur les fièvres, chap. iv et v, pass.).

Nous ne pouvons indiquer aucun traitement général applicable à toutes les hémorrhagies dont nous avons traité. L'épistaxis du scorbut sera combattue par les médications usitées dans le traitement de cette maladie f une hémorrhagie intestinale qui survient dans le cours d'une fièvre typhoïde , dans une variole , une rougeole , sera traitée différemment , suivant chaque cas particulier.

Voici, du reste, les médicaments qui ont été le plus généralement conseillés en pareil cas : le quin» quina , l'écorce de chêne , le simarouba , le cachou , le ratanhia, les roses rouges, les préparations ferrugineuses , le cachou , le sangdragon , l'alun , les sels de zinc, d'étain, les acides minéraux ou végétaux, l'acide nitrique alcoolisé, les teintures composées avec les principes actifs extraits de plusieurs des substances précédentes ; les antispasmodiques , tels que le camphre , le musc , l'élher , le castoréum , les vins d'Espagne et du midi de la France , etc. Tous les médicaments que nous venons d'énumérer sont entassés dans la thérapeutique des hémorrhagies: celui-ci donne la préférence aux toniques fixes , celui-là aux excitants diffusibles; l'un a obtenu de grands succès avec les astringents , l'autre a vu l'hémorrhagie s'arrêter par l'emploi des acides. Tous ces succès s'expliquent par la diversité des affections dont l'hémorrhagie n'était qu'un symptôme.

La seule indication commune à toutes les hémorrhagies du troisième ordre est de modifier la composition du sang. Mais par quels moyens y parvenir? comment rendre à la fibrine ses quantités nor-

males, et rétablir le rapport physiologique qui doit exister entre elle et les globules? Jusqu'ici on n'a pas encore trouvé de médicaments capables de produire, à coup sûr, cet effet. Cependant , les toniques fixes , les vins chargés de principes amers et résineux, et surtout les préparations de fer, exercent une influence heureuse sur la composition du sang , et partant sur les hémorrhagies.

Quand l'écoulement sanguin n'est pas lie à un autre état morbide , comme il l'est dans les fièvres et les maladies où il y a des désordres graves de toutes les fonctions, la médication tonique et légèrement stimulante amène presque constamment d'heureux effets. C'est ce que l'on observe tous les jours dans les hémorrhagies constitutionnelles liées à une dialhèse. On les voit disparaître sous l'influence de ces remèdes, surtout quand on a soin d'en favoriser l'action par un traitement hygiénique convenable. Une alimentation réparatrice et azotée, l'habitation d'un lieu sec , aéré et pourvu d'une grande quantité de lumière, l'exercice, etc. , ont une action au moins aussi salutaire que les remèdes. Il faut donc y astreindre les malades dont la constitution est profondément altérée par la misère et les privations de toute espèce ; tant que les causes débilitantes auxquelles ils sont exposés persistent , on peut être sur à l'avance que les hémorrhagies se reproduiront. Dans ce cas , le traitement est le même que celui de la chlorose et de l'anémie (voyez ces mots).

IIe CLASSE.— HÉMORRHAGIES PAR ALTÉRATION

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