‹ Compendium de médecine pratique, ou, Exposé analytique et raisonné des travaux contenus dans les principaux traités de pathologie interne (volume 2)Chapitre 48 sur 57 · M4 — I1ÉP · texte numérisé non relu

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«serratili» (loc. cit.). Le sang se couvre d'une couenne verdàtre et épaisse, et, s'il existe de l'ictère, la couenne est colorée en jaune, et le caillot nage dans une sérosité plus ou moins jaunâtre.

L'innervation est également modifiée. Au début, on observe de la céphalalgie dans la région fiontale , de la courbature ; le sommeil est agité, interrompu. A une période plus avancée, il survient du délire, de la prostration , et des symptômes typhoïdes trèscaractérisés. L'expression faciale n'offre rien de particulier, si ce n'est qu'elle s'altère dans les derniers temps. Les yeux présentent souvent une coloration ictérique très-prononcée. Birnstiel et quelques auteurs disent que l'œil droit est quelquefois rouge ou frappé d'amaurose (in Naumanu, p. 9), et qu'il s'écoule quelques gouttes de sang par la narine droite.

Nous venons d'exposer la jymptomatologie générale de l'hépatite; nous allons voir maintenant quels changements y apportent diverses circonstances pathologiques, telles que le siège, la nature de l'inflammation , l'âge des sujets , et la marche de la maladie.

Espèces et variétés. — L'hépatite peut être primitive, c'est-à-dire, se développer dans l'organe qu'elle affecte sans avoir succédé à aucuneautre maladie viscérale. D'autres fois elle n'est que le résultat d'une affection qui s'est transmise d'un viscère voisin jusqu'au foie : la gastrite, la duodénite, la gastro-entérite, la dysenterie dans les pays chauds, la péritonite , sont quelquefois le point de départ de l'hépatite à laquelle on donne alors le nom d'hépatite secondaire ou consécutive. On a appelé spontanée l'hépatite qui se développe sans l'intervention d'aucune cause extérieure, et traumatique, celle qui est l'effet d'un coup ou d'une violence. Bianchi et un grand nombre d'auteurs admettent une hépatite phlegmoneuse (légitima hepatis phlegmonc), qui est la phlegmasie des portions profondes de l'organe, et une hépatite érysipùlateusci plus spécialement limitée aux parties extérieures. 11 dislingue encore une hépatite chaude ou produite par la bile enjlamméc ; mais il nous serait difficile de dire en quoi elle consiste, bien que l'auteur se soit efforcé d'en tracer les signes différentiels. Galien décrit séparément la phlegmasie de la face convexe et celle de la face concave. Ces distinctions ont été admises, et portées beaucoup plus loin par les auteurs modernes.

Annesley établit que l'inflammation peut avoir son siège : 1° sur la face convexe, 2° sur la face concave, 3° dans le lobe droit, 4° dans le lobe gauche, 5° dans les deux lobes simultanément. La phlegmasie du lobe droit est la plus commune. Elle peut encore, suivaut le même auteur, rester limitée à la face supérieure du foie, cl se circonscrire de l'un ou de l'autre côté du ligament suspenseur. Cependant il ajoute, par une sorte de restriction qui diminue beaucoup la va-

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leur de ces divisions , que quand l'hépatite a son siège à la surface, elle s'étend toujours, à une certaine profondeur, dans l'intérieur du parenchyme. Quant à l'inflammation des parties profondes, elle se propage plus rarement à l'extérieur , du moins dans l'Inde où l'hépatite intérieure est beaucoup plus commune que l'hépatite superficielle. Lorsqu'elle se propage de l'estomac ou du duodénum au foie , elle envahit d'abord la surface , et pénètre ensuite dans le parenchyme (ouvr. cité, p. 406).

Naumann, dans son remarquable ouvrage, auquel nous avons déjà fait de nombreux emprunts, accepte ces divisions, et s'y conforme pour décrire les différentes espèces d'hépatite (ouvr. cité, p. 10 et suiv.). Nous ne dissimulerons pas que nous avons quelque peine à admettre que l'hépatite se retranche ainsi dans les diverses portions du foie. Peut-être en est-il ainsi dans les pays chauds, et le témoignage d'Annesley semble le prouver. Du reste, il faut reconnaître que des analogies très-puissantes peuvent être invoquées en faveur de ces localisations de la phlegmasie. On les retrouve dans le poumon , dont toutes les parties communiquent si facilement ensemble : il y a des pneumonies d'un lobe, d'un lobule, de quelques granulations ; il y a des pneumonies dans lesquelles la pleurésie et la phlegmasie des couches pulmonaires voisines sont prédominantes. Pourquoi n'en serait-il pas de même dans le foie? Cet organe n'estil pas l'agglomération d'une foule de lobes sécréteurs séparés par la capsule de Glisson ?

A. Hépatite traumalique. — Nous désignons ainsi l'inflammation du foie, qui est évidemment déterminée par une violence extérieure qui a porté directement sur l'organe , et agi de manière à l'enflammer. On ne doit plus aujourd'hui comprendre, sous cette dénomination, les abcès qui se forment dans le foie, à la suite d'une plaie de tête, ou de toute autre lésion traumatique, dont les parties molles ou les viscères peuvent être le siège. Anciennement l'on faisait rentrer dans l'histoire de l'hépatite la suppuration du foie qui suivait ces lésions, parce que l'on ignorait entièrement le mode suivant lequel elle prend naissance. On sait maintenant que l'inflammation des veines, ou l'absorption du pus et son passage dans le sang, sont la cause de ces abcès que l'on trouve dans le foie , dans le poumon , et dans d'autres parties du corps; nous en retracerons l'histoire en traitant de la Phlébite (voy. ce mol). L'hépatite traumatique , telle que nous venons de la définir, est rare, ainsi que la pneumonie traumatique. Qumd la violence a été assez forte pour amener une phlegmasie aiguë, celle-ci marche plus rapidement que lorsqu'elle est spontanée, et se termine par suppuration-, mais quelquefois aussi elle suit une marche chronique, et l'on entend dire à plusieurs sujets que le point de

départ de leur mal est une chute ou un coup porté sur l'hypochondre. Il reste à vérifier jusqu'à quel point ces assertions sont justes.

B. Hépatite de la Jace convexe du foie, ou avec prédominance de symptômes pectoraux {hepatitis perilonealis , sUc pleuretica ; inflammatio partis convexœ seu gibbœ^. — Nous réunissons à cette phlegmasie celle de l'enveloppe péritonéale, qui s'acc(Tmpagne presque constamment d'hépatite superficielle. Naumann l'a surnommée orrhymenitis hepatica, hepatitis erysipelatosa, sive rheumatica. «L'inflammation de la partie convexe du foie , dit Stoll , en impose souvent aux médecins , et simule les symptômes de la pleuro-pneumonie, à raison de la gêne de la respiration et de la douleur du côté droit, qui s'étendjusqu'à la gorge, douleur aiguë , poignante , qui augmente dans la toux et dans l'inspiration {loc. cit., p. 80) Les symptômes de l'hépatite de la face convexe diffèrent, en effet, de ceux que détermine l'inflammation des autres parties. La douleur est plus aiguë, lancinante, pongitive ; elle augmente par la pression, et ressemble beaucoup au point de côté pleurétique; elle s'accroît aussi par la toux , par le décubitus sur le côté droit, et s'accompagne d'une tuméfaction sensible de l'hypochondre (Annesley). Elle a son siège dans le côté droit , et se propage à l'épaule du même côté, au thorax, et jusqu'au cou et à la clavicule. On a voulu expliquer cette douleur par la traction que le foie, accru de volume, exerce sur son ligament suspenseur. En même temps on voit paraître de la* dyspnée, une toux sèche, et quelquefois les malades expectorent des crachats muqueux. La peau est sèche et brûlante, la soif vive, la langue rouge , la fièvre ardente ; les évacuations alvines sont irrégulières ; il y a rarement de jaunisse (Naumann , p. 11). On pourrait, d'après cet ensemble de symptômes, croire à l'existence d'une pleurésie, ou d'une pneumonie, d'autant mieux que l'on a rencontré dans quelques cas ces deux phlegmasies. La péritonite et l'inflammation du diaphragme ont aussi été observées par quelques auteurs. Quoi qu'il en soit, nous sommes disposés à admettre que le diagnostic a été bien porté, et que la réaction sympathique peut être la' seule cause des symptômes que nous venons de tracer. C'est ainsi que, dans la pneumonie, on voit paraître des phénomènes bilieux (ictère, vomissements bilieux urines jaunes, etc.), sans que l'on puisse toujours les expliquer par la transmission directe de la phlegmasie du poumon au foie, comme dans les cas où c'est le lobe supérieur droit ou le poumon gauche qui sont affectés. Pourquoi n'en serait-il pas de même de l'influence sympathique du foie sur le poumon? Disons, toutefois, que, dans beaucoup de cas, l'inflammation du feuillet périlonéal et de la plèvre est la vraie cause des phénomènes bilieux. On trouve sur le foie

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des dépôts de lymphe plastique , et des fausses membranes qui font adhérer plus ou moins intimement cet organe au diaphragme; et, dans la plèvre, les mêmes altérations.

C. Hépatite de la face concave, ou avec prédominance de symptômes gastriques et bilieux (Jœpalitis biliosa sive icterica , sive nephretica , sive gastrica ; inflamnwtio partis concavœ scu cymœ, hepatilis crjrstpèlacta). — Nous réunissons dans la même description l'hépatite du lobe droit et du lobe gauche. Cette forme est plus souvent que les autres le résultat de la transmission au foie de maladies de l'estomac ou de l'intestin. «Elle s'observe, dit Annexer, chez les militaires qui s'adonnent à l'usage des boissons spiritueuses; et, à mesure que les symptômes gastriques diminuent ou cessent, on voit paraître ceux de l'hépatite.

Les symptômes que l'on remarque d'abord procèdent du trouble des fonctions digestives. Baglivi a écrit : «Si inflammatio si t in parte gibba, urgent «symptomata pleurctica; si in ejus cava, stomachica. » Ces symptômes sont ceux d'un simple embarras gastrique : la bouche est pâteuse ou amère, la langue blanche ou limoneuse, la soif nulle ou un peu augmentée, l'appétit perdu, les garde-robes rares et difficiles. A un plus haut degré, les malades se plaignent d'une amertume considérable, d'une anxiété épigastriquequi s'étend jusqu'au nombril; ils sont pris de nausées, de vomissements continuels d'une matière jaune, vcrdàtre,ou porracée :«acerrimœ au- «riginoso calore saturalœ, aut etiam lividie bilis vo- «miliones crebra?» Bianchi); ils ont en horreur toute espèce d'aiiments, et quelquefois les boissons (hydrophobie); dans les cas les plus ordinaires, ils les demandent avec instance. La douleur est moins vive que dans l'hépatite précédente; elle n'augmente que rarement par la pression et le décubilus; quelques sujets, cependant, la ressentent assez vivement dans l'hypochondre droit, l'épigastre, et l'hypochondre gauche, où elle s'exaspère j>ar la pression. Naumann dit que certains nul,» les l'éprouvenl dans l'épaule et dans la t surtout «lins cette Forme de l'hépatite q le l'on constate des troul les marqués dans la sécrétion biliaire. Outre les vomissements de bile et de tout' des plus douces,

on remarque que l'ictère esl presque constaul , et que les i racuati ras atvines, plus Fréquentés, renferment une grande quantité de bile et de matières verdit res cm un es, en çi m le partie, par ce liquide. Les urines sont d'un rouge plus Foncé 1 1 de couleur acajou. La perçus ion et !<• loucher peuvent seuls Faire m titre qu ! e t !<• lobe plus spécialement aFFe té. (in i di! il <• t vrai j que d ins l'infla nmation du lobe

{;.iii lu: les Symptômi plus uni-

ques en' oie , et que Te lomac, distendu par des gaz,

était alors repoussé vers l'épigastre : mais il faut dans ce cas admettreuneaugmentationdevolume qui serait encore bien mieux reconnue par la percussion et le toucher, que par l'étude des autres symptômes.

Les phénomèues morbides ne sont pas toujours aussi tranchés que nous venons de le dire , et il est souvent très-difficile de distinguer cette hépatite de la phlegmoneuse : « Hepatici erysipelatis accidentise, dit «Galien , phlegmonis accidentibus fere similia esse» (de Loc. affect., lib. v, cap. 7).

L'hépatite avec prédominance de symptômes gastriques et bilieux est commune dans les pays chauds, et dans l'Inde particulièrement. Les fièvres intermittentes, la dysenterie, la gastrite, la duodénite, et les causes capables de déranger les fonctions digestives, en sont souvent le point de départ.

D. Hépatite parenchymateusc ou inflammation du tissu intérieur du foie ( hepalitis parenchymalosa ; inflammatio hepatis internœ; phlegmone hepatis; hepatilis occulta sive typhosa) — Eile est beaucoup plus difficile à reconnaître que les deux espèces précédentes, parce que, d'une part , les troubles sympathiques déterminés dans les autres viscères sont moins nombreux et moins marqués, et que, d'une autre part aussi, les symptômes locaux sont très- obscurs. 11 est arrivé à plus d'un médecin d'ouvrir des cadavres sur lesquels il a été fort étonné de découvrir un ou plusieurs abcès hépatiques. Il est bien entendu que nous ne parlons pas de ces abcès métastaliques, à la production desquels l'inflammation du foie reste étrangère, et qui tiennent à des phlébites et à des résorptions purulentes. Du reste , si l'on exclut du nombre des hépatites parenchymatcuses ces sortes d'abcès , on se convaincra que l'absence des symptômes est plus rare qu'on ne l'a dit.

La douleur est obtuse , sourde et gravative; le malade ressent dans le côté droit un malaise, de la pesanteur, une sorte d'anxiété. Vogel indique une chaleur brûlante, pulsalive, dans l'hypochondre droit, de l'anxiété , des syncopes, une forte fièvre dans laquelle le pouls est petit. La douleur pulsalive dont parle Vogel annonce ordinairement qu'il se forme de la suppuration dans le foie. Si le volume de l'organe n'augmentait pas sensiblement, ce qui arrive dans plus d'un cas, et spécialement dans l'hépatite de l'Inde, qui marche souvent avec une grande rapidité, la percussion ne pourrait rien apprendre. Il faut cependant recourir à ce mode d'exploration avec le plus grand soin , car il peut seul mettre sur la voie du diagnostic, dans les cas difficiles. Quant aux autres symp!ô\ne< généraux, ils ne diffèrent pas sen-i-

blement de ceux que l'on retrouve dans les autres

l pèces d'hépatites; seulement ils sont moins pro-

noncés. La bouche est amère , la langue jaunâtre ; il

y a des vomissements bilieux , des évacuations alvi-

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nés de même nature, de l'ictère, mais à un faible degré.

Bianchi prétend qu'on peut distinguer l'hépatite parenchymateuse d'avec les deux premières espèces par les caractères que présente la fièvre. Suivant cet auteur, l'hépatite érysipélateuse serait beaucoup plus violente , et il s'appuie sur l'autorité de Galien qui prétend que la plupart des fièvres ardentes sont l'effet d'une phlegmasie de ce genre. «Magna ex «parte advenire videmus jecoris, aut ventriculi «flammeis disposilionibus. » Il croit, en outre, que la douleur est plus aiguë, la chaleur plus intense (ouvr. cit., p. 338). Cette dernière opinion n'est pas dénuée de fondement.

Naumann dit que les symptômes de cette hépatite se prolongent parfois pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois. On donne alors à celte forme le nom d'/>cpatitis occulta sive t/phosa. Quand les symptômes typhoïdes se manifestent dans le cours d'une affection du foie que l'on est porté à considérer comme étant de nature inflammatoire, on doit craindre qu'il ne se soit formé de la suppuration , d'où résulte une intoxication générale dont les symptômes typhoïdes ne sont souvent que la manifestation extérieure. Annesley assigne à l'inflammation parenchymateuse du foie une marche aussi aiguë et aussi rapide qu'à celle des surfaces.

Hépatite chez le nouveau-né. — L'on éprouve bien plus de difficultés encore que chez l'adulte, pour déterminer la vraie nature des altérations du foie, et surtout les caractères auatomiques de la phlegmasie de ce viscère. Billard , qui a étudié ce point de pathologie avec son exactitude habituelle, établit que les aspects du foie sont très-variables, et qu'il ne connaît aucune altération bien spéciale (\\x\[ soit en droit de rattacher à une hépatite. On a parié d'abcès du foie trouvés chez des nouveau-nés atteints d'ictère (Baumes, ictère des enfants de naissance; Paris, 1806); mais il reste trop de doute sur la valeur de ces faits pour que l'on puisse les accepter. Il faut prendre garde de s'en laisser imposer par les congestions , la décoloration et les ramollissements non phlegmasiques dont le foie est souvent le siège chez le nouveau-né.

Les symptômes ne sont pas moins incertains que les lésions. Voici le tableau qu'en a tracé Heinke : 11 y a anorexie ou sécheresse de la langue, constipation ou diarrhée ; les matières fécales n'ont pas leur couleur habituelle : elles sont d'un blanc gris ou verdâtre ; la fièvre se déclare et augmente le soir. Il existe une douleur au côté droit el dans l'épaule : on rend cette dernière plus manifeste quand on saisit l'enfant par l'épaule. La région du foie est tuméfiée et chaude quand l'inflammation est violente. L'enfant refuse de prendre le sein gauche, parce qu'il est contraint de s'appuyer sur le côté droit. On remarque,

en outre, des nausées, des vomissements, des coliques (Heinlce, Handbuch zur Erkenntniss und Heilung der Kinderkrankheiten, t. n, p. 58-62).

L'hépatite chronique, que Burns a décrite plus complètement que tout autre, succède, suivant lui, à la pneumonie et à la rougeole. Elle s'annonce par des nausées , des vomissements bilieux, de l'inappétence, la constipation , la toux sèche , la diminution des forces. Le pouls est fréquent, le ventre augmente pendant la nuit; il n'y a pas de douleur vers le côté droit; elle n'existe que vers l'estomac, et le soir on trouve le volume du foie augmenté? (Burns, Hand buchdcr Gerburtshûlje 3 tu, p. 795-798). Cette description sera loin sans doute de satisfaire le lecteur habitué à plus de précision ; mais les documents que nous avons pu recueillir sur ce sujet ne nous permettent pas de remplir une de ces mille lacunes qui existent encore dans notre science.

Marche et durée de l'hépatite aiguë. ■ — Celte phlegmasie présente d'assez grandes variations dans sa marche et dans ses manifestations morbides. Tantôt le début est marqué par des symptômes d'embarras saburral, ou par des troubles gastriques qui se continuent pendant quelque temps, et donnent le change sur la véritable nature de l'affection que l'on a à traiter ; l'on voit enfin paraître les symptômes qui en révèlent l'existence. Tantôt l'hépatite se montre avec un appareil de symptômes fort tranchés : le frisson, la douleur vive de I'hypochondre droit, l'altération des traits , les vomissements , une fièvre vive, se manifestent dans les deux ou trois premiers jours. L'ictère et les signes de la terminaison par suppuration ne tardent pas aussi à paraître. Nous avons dit que le siège de l'hépatite influait sur l'enchaînement et la rapidité des accidents; que l'hépatite de la face concave avait , toutes choses égales d'ailleurs, une marche plus aiguë que l'hépatite phlegmoneuse. Nous ajouterons que les complications viscérales, telles que la pleurésie, la pneumonie, la gastro-entérite, la dysenterie, concourent à accélérer la marche de l'affection hépatique, et qu'il faut en tenir soigneusement compte pour apprécier la durée du mal. Le climat chaud paraît aussi imprimer à l'hépatite une marche plus prompte : on l'a vue donner la mort en quatre jours. Lorsqu'il n'exisle encore qu'une simple hypérémie, et que l'on parvient, par un traitement convenable , à la dissiper, la durée de l'hépatite peut être de quelques jours seulement ; mais ces cas sont raies, et d'ailleurs on doit conserver toujours quelque doute sur là vraie nature d'une hépatite qui consiste en une simple hypérémie.

Terminaison. — L'hépatite se termine, 1° en passant à l'état chronique ; 2° par la résolution ; 3° par la formation d'abcès; 4° parg ingrène. Nous reviendrons sur le premier mode de terminaison. On ne peut ctsu

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blir de terme précis à celte inflammation. Au delà de quarante-un jours, l'hépatite doit être considérée comme chronique; un abcès peut être le résultat d'une phlegmasie suraiguë , et mettre cependant un temps fort long ayant de s'ouvrir au dehors.

L'hépatite se termine par la guérison ; mais celleci peut avoir lieu de plusieurs manières : par la résolution complète du mal, ou par des adhérences avec les organes voisins. Dans le premier cas , il ne reste plus aucune trace de l'inflammation hépatique : c'est le mode le plus heureux de terminaison. On a mis au nombre des causes qui amènent la guérison du mal différents phénomènes critiques. Ceux que Boerhaave considère comme tels sont les suivants : des déjections alvines bilieuses , mêlées d'un peu de sang, et rendues avant le quatrième jour ; des urines copieuses , dures , épaisses , rouges, avec un sédiment blanc, rendues avant le quatrième jour; l'apparition d'une douleur légère de la rate avant les signes de suppuration ; une hémorrhagie considérable par la narine droite ; des sueurs bonnes quant à la matière , à la région du corps, à l'époque , à la durée et à leurs effets v'aphor. 923). Nous ne reprendrons pis la discussion que nous avons soulevée sur le véritable sens que Ton doit donner au mot crise (voy. ce mot, t. n); seulement nous dirons qu'avant d'admettre que ces phénomènes morbides ont la puissance de faire cesser une inflammation comme celle du foie, il faut de nouveaux faits observés avec toute la science du jdiagnostic moderne. Quoi qu'il en soit, les hémon hagies , les évacuations alvines, le flux urinaire,sont les phénomènes qui ont paru coïncider avec d'heureux changements dans la maladie. On a aussi placé au rang des crises la sueur, surtout lorsqu'elle semble entraîner la matière colorante de la bile, et lorsqu'elle teint le linge en jaune. L'apparition d'un érysipèle ,d'un pempnygus (P. Franck), d'une douleur dans la n'gion de la rate, bientôt suivie d'une fièvre intermittente quotidienne, du flux hémorrhoïdal et menstruel, juge l'hépatite (Naumann, art. cit.).

1. 1 terminaison par abcès est la plus commune de lOUteê. NOUS a?0ns exposé ailleurs (Foir (abcès du) , t. m , p. 77 les s\ mptômes qui en révèlent la formati n. Le redoublement de la fièvre, les frissons erratiques, l'anxiété, la soif, quelquefois des vomissements, signalent le début de la suppuration; quelquefois cependant aucun symptôme bien tranché ne l'annon e : un peu plus de chaleur, de malaise, d'ai que d'habitude, voilà tout <•<• que l'on obierv< ss. Wui I ird, quand le pus est

i emblé en foyer, les Fonctions digestives s'allèrent, le malade <■ I pris d'une petite fièvre continue avec iblement l<- soir ; i! maigrit ci s'épui <• dans le

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de l'étal typhoïde.

Les différents pointsdu corps par lesquels le pus peut s'échapper au dehors sont les suivants : 1° la paroi abdominale après que des adhérences Font unie au foie ; 2° l'ombilic , le pli de Faine, l'os coxal , le voisinage des vertèbres ; 3° les bronches après que des adhérences ont amené successivement une connexion étroite entre le diaphragme et la face du foie d'une part, et de l'autre , entre ce muscle , la plèvre et le poumon ; 4° l'abcès peut s'ouvrir dans le canal hépatique , dans la vésicule du fiel , dans les conduits cystique et cholédoque ; 5° dans le rein ; 6° dans l'estomac, ou dans les intestins grêles ou gros; 7° l'abcès enfin peut se rompre et verser le liquide qu'il renferme dans le péritoine , dans la plèvre , dans le péricarde, dans la veine cave. Nous ne faisons qu'indiquer ces diverses circonstances , afin de ne pas revenir sur les détails que nous avons déjà donnés lorsque nous avons fait l'histoire des abcès du foie (t. m, p. 78).

L'hépatite peut se terminer par gangrène. Elle a été niée par un grand nombre d'auteurs ; Baillie , Annesley, ne l'ont jamais rencontrée. Foreslus en rapporte un cas (lib. xix, obs. n) ; Portai dit en avoir recueilli plusieurs exemples ( Observations sur la nature et le traitement des maladies du foie , p. 233, in-8°; Paris, 1813). Lieutaud a réuni les faits observés par Valsalva, Deidier, Solenander, Dodoneus , Sebitzius, Bartholin (Historia anatomicomedica 3 1. 1, p. 186). Il n'y en a pas un seul qui mérite confiance. Chisholm en cite plusieurs exemples, et l'a vue se manifester du troisième au cinquième jour. Le fait rapporté par Morgagni, et reproduit par Behrends , et par d'autres , est loin d'être convaincant : il y avait aussi dans l'intestin des ramollissements que Fauteur appelle gangrènes ( de Scdib. et caus. morb., epist. xxxiv , S 25). Mauthner a observé en 1831 et 1832, dans l'armée autrichienne qui parcourait la Galicie, et spécialement dans les régiments italiens, plusieurs exemples de gangrène (Hufeland's Journal , 1834, st. iv). Mais comme le typhus grave existait alors, et qu'on sait que les viscères, dans cette affection, sont souvent ramollis , ce fait n'a aucune valeur. Faut-il conclure de l'examen critique auquel nous venons de nous livrer queFhépalite ne peut jamais donner lieu à la gangrène? Non, certainement; mais il faut prendre garde de s'en laisser imposer par des ramollissements formés après la mort ou pendant la vie, ou par ceux qui ne sont pas inflammatoires. Quoi qu'il en soit, les signes à l'aide desquels on peut soupçonner CClte terminaison sont, la faiblesse et l'irrégularité du pouls, les syncopes Fréquentes, le frisson , la cessation de toute douleur , les sueurs froides, l'anxiété, le sentiment d'une (in prochaine. Reil prétend que le Foie peut se rompre daus le

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cours d'une hépatite, et amener promptementla mort. Suivant lui , il se ferait une exsudation abondante de lymphe plastique dans le parenchyme du foie et au-dessous de ses enveloppes : de là une augmentation considérable de volume, la tuméfaction de l'hypochondre droit, une douleur en ce point et dans le dos, delà dyspnée, des vomissements, l'ictère, l'œdème des extrémités inférieures, la prostration , la faiblesse du pouls, une soif inextinguible , la syncope et la mort (Ficberlehre, t. n, p. 657; voy. aussi Bose, de Bepâte ruplo; Leipzig, 1776, et Naumann, art. cit.). Nous ne savons à quelle lésion rapporter la description précédente : elle nous semble ne mériter aucune espèce de confiance.

La mort est annoncée par la résolution subite et complète des forces , par le vomissement ou les évacuations de sang et de bile, de fèces vertes, noires, fétides et exhalant une odeur cadavéreuse ; par le hoquet, la fièvre intense , la soif inextinguible, et par une pâleur subite (Boerhaave, aphor. 949, loc. cit.).

Complications. — Lorsqu'on donne au mot hépatite son véritable sens, on ne doit placer au nombre des complications que des maladies qui ont avec cette phlegmasie une corrélation plus ou moins éloignée. Quelques-unes de ces complications sont la cause de l'hépatite : telles sont les irritations phlegmasiques de l'estomac , du duodénum et de l'intestin ; la dysenterie, si fréquente dans l'Inde; l'inflammation du péritoine, de la plèvre et du poumon, peuvent aussi se transmettre au foie et compliquer sa phlegmasie : on ne possède que des données fort vagues sur ces diverses complications. On a aussi considéré comme telles les affections du cœur, la phthisie pulmonaire ; souvent, dans ce cas, on a pris pour des hépatites des lésions organiques du foie, qui ne sont pas des effets de l'inflammation (cirrhose, hypertrophie, état gras, etc.). On ne doit pas non plus mettre au rang des complications les plaies de tête, la phlébite et les solutions de continuité qui s'accompagnent de résorption purulente. Nous avons dit que les abcès du foie n'étaient pas , dans ce cas, l'effet de l'hépatite.

Les complications qui doivent nous occuper d'une manière plus spéciale sont , la gastro-duodénite , la dysenterie, les fièvres intermittentes et les accidents typhoïdes. Nous dirons plus loin (voy. Causes) que l'on a singulièrement exagéré le nombre des cas dans lesquels la gastro-duodénite complique l'inflammation du foie. Les symptômes de celte dernière ressemblent trop à ceux d'une irritation de l'estomac et du duodénum , pour que l'on ne puisse pas se méprendre sur la véritable cause des accidents observés. La douleur, les nausées, les vomissements bilieux, l'anxiété épigaslrique , l'anorexie, la constipation, se montrent dans l'une et l'autre maladie; cependant

l'on a prétendu qu'ils se manifestaient plus tôt et persistaient plus longtemps lorsqu'il existe une gastro-duodénite.

L'inflammation du foie qui se complique de dysenterie est assez rapidement mortelle. Elle s'accompagne de symptômes adynamiques au milieu desquels succombent les sujets. Elle s'associe très-souvent, dans les Indes orientales, à des fièvres intermittentes irrégulières. Van Swieten parle de fièvres automnales qui se joignent à cette maladie; mais il est difficile d'admettre que le foie était réellement enflammé. Quand une pyrexie intermittente complique l'inflammation de ce viscère, les symptômes de l'une et l'autre maladie sont modifiés au point que le diagnostic peut rester incertain. On devra soupçonner l'adjonction de la périodicité fébrile quand on verra la fièvre et les autres symptômes de l'hépatite devenir plus intenses à certains jours et à certaines heures.

Chisholm, et les médecins qui ont longtemps pratiqué dans l'Inde, font mention d'une hépatite contagieuse compliquée d'atonie : «Indépendamment des accidents ordinaires, on observait dans l'origine un pouls naturel, avec absence de la soif, frissons irréguliers, sueurs froides et visqueuses ; mais les symptômes les plus alarmants ne tardaient pas à se développer : le pouls devenait petit , fréquent et vermiculaire , une céphalalgie des plus intenses se joignait à des vertiges ; l'arrière-gorge , spasmodiquement contractée , semblait comme serrée par une corde; l'œil était mat et vitreux, le délire se montrait subitement» (Jourdan, art. Hépatite, Dict. des scienc. mcd., p. 22). Le foie augmentait de volume, mais n'était pas autrement altéré ; des adhérences nombreuses l'unissaient aux parties voisines. On ne saurait cire quelle est la nature de cette complication; et d'ailleurs, l'existence de l'hépatite est loin d'être prouvée, dans ce cas, comme dans beaucoup d'autres complications que nous pourrions encore citer.

On a aussi parlé d'hépatite compliquée d'état adynamique ou ataxique ; elle est fréquente dans les pays chauds. Nous avons lu les descriptions qu'en ont données les auteurs , et nous avons trouvé que l£s symptômes étaient bien ceux de l'état typhoïde; mais il nous serait impossible de déterminer la nature et le siège de la complication : l'existence de l'hépatite est souvent même fort douteuse pour nous; car nous ne considérons pas tous les ramollissements et l'augmentation de volume, surtout dans les cas de fièvres graves et de pyrexie intermittente , comme des vestiges irrécusables d'inflammation. En général, tout ce que l'on trouve écrit dans les ouvrages sur la complication de l'hépatite est tellement vague, que l'on ne peut en tirer parti. De quelle utilité serait pour le lecteur le récit de l'hépatite épidémique observée à

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Pégau par Fischer et Kulbel pendant l'hiver de 1728 (Andraei Fischeri et Godefredi Kulbel , Hepatitis Pegaviœ in circule* Lipsiensiepidemice grassans, juin 1 71 8 ; in Disputât, ad morb. de Haller, t. vi, p. 143;?Uoe vague symptoinatologie et des discussions théoriques font tous les frais de cette dissertation. Dans l'épidémie observée par Sarcone, à Naples, en 1764, l'hépatite était compliquée de pneumonie et de symptômes typhoïdes. Nous n'avons pu trouver davantage dans cette relation rien qui prouvât l'existence de l'hépatite.

Diagnostic. — Par cela même que l'hépatite est une maladie fort difncile à caractériser, elle peut être confondue avec un grand nombre d'affections trèsdiverses par leur nature et même par leur siège. Nous ne nous arrêterons qu'à celles qui ont le plus de ressemblance avec elle.

L'embarras gastrique pourrait simuler une hépatite légère et à son début; mais l'absence de douleur et de fièvre, l'intégrité du volume du foie et le succès rapide obtenu par les vomitifs ou les éméto-cathartiques , ne laisseraient pas longtemps le diagnostic en suspens. On éprouverait plus de difficulté à distinguer une fièvre bilieuse; celle-ci est fréquente dans les mêmes localités et aux mêmes époques que celles où sévit l'hépatite : les vomissements bilieux , l'état de la langue, l'anorexie, la fièvre, la suffusion ictérique , les sensations pénibles que le malade éprouve vers Vépigastre et l'hypochondre, les selles mêmes, sont semblables dans l'un et l'autre cas. La percussion éclaire le diagnostic ; car jamais on ne trouve le foie développé dans la fièvre bilieuse simp'e ; d'ailleurs l'ictère , la douleur de côté , la continuité de la fièvre, ne sont jamais aussi marqués dans cette dernière.

La gastrite donne lieu à des troubles fonctionnels qui se rapprochent assez de ceux propres à l'hépatite; cependant la rougeur de la langue qui est plus rarement couverte d'enduit que dans l'hépatite , l'intensité de la soif, les vomissements de boissons et de liquide* muqueux bien plus que de bile, la douleur épiga«(rique, la constipation . sont des signes propres à asseoir le diagnostic différentiel. La gastro-duodénite est difficile à recoooattrc , pifCC qu'elle se transmet BOUVCOl jusqu'au foie. Quand elle Bliste seule. U douleur, l'ie|ei«-. les vomisseim uts , l'emi •!)! te !i région qu'occupe le duodénum, pouri en imposer pour une hépatite de la lace u •• coBoaissoDS d'autre m >yea de distinguer les deui affections, que de recourir à la percussion et i la palp; Lion; 1 1 ai le foie n'avait pas

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foie , la coloration jaune du tissu , le frisson , et les autres signes de la suppuration , si elle venait à se produire, seraient autant de circonstances qui devraient faire soupçonner une hépatite. Quant à la gastro-entérite aiguë (et par ce mot nous n'entendons pas parler de la fièvre typhoïde) , les causes qui la font naître, et les symptômes par lesquels elle s'annonce, conduiront facilement au diagnostic.

Les maladies du foie sont celles qui peuvent être le plus facilement confondues avec l'hépatite : l'hypertrophie, les congestions sanguines secondaires, le cancer et les hydatides surtout, nous paraissent exiger une attention toute particulière de la part du médecin ; mais ces lésions affectent toutes une marche chronique, et comme on ne pourrait les confondre qu'avec l'hépatite chronique , nous en parlerons plus loin.

Des péritonites partielles qui se formeraient sur l'une ou sur l'autre face du foie, en provoquant des douleurs vives, de la fièvre , des vomissements sympathiques, et parfois de l'ictère , pourraient en imposer pour une hépatite. On observe rarement ces péritonites partielles comme maladies primitives ; du reste, le volume de l'organe serait peu changé dans ce cas.

Un calcul engagé dans les voies d'excrétion de la bile donne lieu à un ensemble de symptômes qui pourraient faire croire à une hépatite phlegmoneuse commençante : mais la violence de la douleur, son apparition sous forme d'accès, sa disparition rapide , la non-augmentation de volume du foie, porteraient à penser que l'on a affaire à une colique hépatique. Les mêmes symptômes se montrent dans la névralgie du foie ; mais, outre que cette affection est assez rare, elle survient chez des personnes nerveuses, se manifeste par accès , et ne s'accompagne d'aucun mouvement fébrile.

Nous ne ferons qu'indiquer la pneumonie et la pleurésie, parce que ces deux affections, que les anciens avaient tant de peine à ne pas confondre avec la phlegmasie aiguë du foie, s'en distinguent aujourd'hui très-aisément grâce airx symptômes fournil par l'auscultation et la percussion. Le rhumatisme du diaphragme et son inflammation , dont on a admis l'existence plutôt par théorie que d'après des observations bien précises, sont des maladies trop raies pour que nous fassions autre chose que de les mentionner. Les maladies que Naumann a placées au nombre de celles que l'on doit chercher à différencier de l'hépatite, sont : l'asthme, la phlhisie pulmonaire commençante, les m aladies du emur et du diaphragme, les maladies des reins, l'affectlOU chronique de l'ovaire droit, le rhumatisme des paiois abdominales, les maladies de la vesieule et des voies biliaires. 11 nous semble qu'il suffit de citer cm affections pour mettre le praticien en garde contre l'erreur. Les

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calculs du rein droit donnent lieu à une douleur des lombes, qui peut remonter jusque dans l'hypochondre. On pourrait, à la rigueur, se méprendre sur son véritable siège; mais la forme paroxystique de la douleur, l'expulsion de graviers , le seul fait d'une attaque antérieure et l'absence de symptômes généraux , suffiraient pour asseoir le diagnostic.

Il y a certaines périodes de l'hépatite aiguë qui pourraient donner le change sur la vraie nature de l'affection : c'est ainsi que l'on pourrait prendre pour un accès de fièvre intermittente le frisson et le refroidissement que certains malades éprouvent quand il se forme de la suppuration dans le foie , ou attribuer à une fièvre typhoïde les symptômes de prostration et d'ataxie que l'on observe à la fin de 1 hépatite aiguë , quand elle se termine par la mort.

Pronostic. — L'hépatite des pays chauds est beaucoup plus grave que celle des pays froids, parce qu'elle marche avec une grande violence , et qu'elle se termine fréquemment et avec rapidité par la suppuration; elle offre aussi plus de danger quand elle frappe des étrangers qui ne sont pas encore acclimatés. Considérée en elle-même, l'hépatite est toujours grave, parce qu'elle est rarement attaquée dès son début, et qu'elle franchit assez vite le premier degré, celui où il n'existe encore qu'une simple hypérémie active. Le pronostic est subordonné à plusieurs circonstances dont il faut d'abord s'enquérir : c'est ainsi que l'hépatite provoquée par une violence extérieure aboutit ordinairement à la suppuration ; celle qui se développe spontanément est grave , si elle se complique d'une autre affection viscérale , d'une dysenterie, d'une diarrhée chronique, de fièvre intermittente. Dégagée de toute complication, et constituée encore par la simple congestion, elle peut guérir ; au contraire, elle est presque toujours mortelle quand on observe déjà les signes précurseurs ou déjà constitués des abcès du foie. •

Symptômes de l'hépatite chronique. — Les symptômes sont les mêmes que ceux de l'hépatite aiguë, seulement ils affectent une forme et une marche un peu différentes. Elle peut succéder à l'hépatite aiguë, ou exister primitivement. Nous avons dit, en traitant des lésions cadavériques, que la congestion du foie s'était montrée, dans quelques cas, sous une forme chronique. Elle se manifeste {lus souvent que l'aiguë à la suite des maladies viscérales, comme les irritations chroniques de l'estomac et de l'intestin.

La douleur que ressentent les malades est sourde, gravative , siégeant tantôt dans l'hypochondre, tantôt dans la région épigastrique, augmentant par la pression et le déeuhitus sur le côté gauche, disparaissant tout à fait chez quelques malades, et se montrant sous forme irrégulièrement intermittente. Elle s'accroît quelquefois par la plénitude de l'estomac,

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