TIER
HER
rons par Yherpes iris, qui présente des circonstances toutes particulières quant à la coloration du limbe qui entoure les plaques. Il faut d'ailleurs que le lecteur sache d'avance que l'importance des divisions précédentes ne se fait guère sentir que dans l'étude des symptômes et du diagnostic de la maladie.
altérations anatomiques. — M. Rayer est le seul qui se soit occupé de la partie anatomo-pathologique de la question : voici les altérations qu'il a notées. La quantité de sérosité épanchée est quelquefois très-peu considérable; lorsqu'elle s'est écoulée on voit , dans la plupart des vésicules , une petite fausse membrane très-adhérente à la surface du réseau vasculaire de la peau. Ce réseau , d'un rouge vif, surmonté de petites granulations formées par les papilles, offre parfois des petits points d'un rouge violacé , surtout dans les vésicules qui contiennent de la sérosité sanguinolente. Quelquefois les papilles sont allongées. Dans un cas, les vaisseaux qui pénètrent à travers les aréoles du derme étaient trèsinjectés dans les points correspondant à ceux 'où les vésicules s'étaient développées. La pseudomembrane n'existe pas, ouest moins apparente dans les vésicules devenues purulentes (Rayer, Traité théorique et pratique des maladies de la peau, 2e édit.; Paris , 1 835 , t. i , p. 339-340 ). Ces altérations ont été constatées sur des malades affectés de zona , et elles appartiennent peut-être exclusivement à celte variété. «L'olophlyctide miliaire ( herpès pldyctenodes), dit Alibert , a un siège plus superficiel: elle paraît ne résider que dans les capillaires veineux cutanés; tandis que le zoster intéresse essentiellement les papilles nerveuses du corps muqueux ligamentaire» {Monographie des dermatoses, etc.; Paris, 1832,in-4°, p. 90).
Symptomatologie. — Caractères généraux. — A. Herpès phlyctencdes (herpès phlyetenoïde , herpès miliaire, olophlyctide miliaire d'Alibert, herpès exedens de Russel). — L'éruption est quelquefois précédée , pendant deux ou trois jours , de quelques symptômes généraux et gastriques, tels que fièvre, anorexie, soif, chaleur stomacale, météorisme du ventre, constipation, etc. (voy. Etiologie). M. Rayer cite un malade qui accusa pendant deux jouis des douleurs vives, semblables à relies du rhumatisme ou de la s i itique , et chei lequel l'éruption occupa bientôt les deux jaml es. Les cas de ce genre sont exceptionnel* : le plus ordinairement l'herpès n'est précédé que de quel [ues symptômes locaux et d'un peu de malaise et de fièvre , qui disparaissent au isitôl que les vé si< ules sont Formé»
Les prodromes locaux sont presque constants. Le malade éprouve sur les surfaces cutanées que recouvriront les vésicules une sensation vive de prurit, de chaleur, de cuisson , de brûlure; bientôt apparaissent
de petits points rouges presque imperceptibles , réunis en groupe , et en nombre souvent fort considérable, sur une surface irrégulière, dont l'étendue varie entre celle d'un écu de trois francs et celle de la paume de la main (Rayer). Quelques heures après, ou le lendemain au plus tard, on aperçoit des vésicules transparentes , résistantes au toucher, globuleuses, remplies par un liquide incolore ou citrin.La plupart de ces vésicules sont très-petites , du volume d'un grain de millet; mais quelques-unes ont les dimensions d'une lentille , d'un gros pois , d'une amande, et paraissent résulter de la réunion de plusieurs vésicules confluentes. Le nombre des plaques vésiculeuses varie : ordinairement on n'en compte que deux ou trois; d'autres fois il en existe plusieurs développées simultanément ; ou les unes après les autres, sur différentes parties du corps; les joues, le cou, la poitrine , les bras, les avant-bras, les mains, en sont les sièges les plus fréquents; puis viennent les aisselles, les membres inférieurs, le scrotum, les oreilles (herpès auricularis de Rayer), les paupières (herpès palpcbralis du même auteur) : «Rarement, dit M. Gibert (Traité pratique des maladies spéciales de la peau, 2e édit.; Paris , 1 839 , p. 153), l'éruption attaque une grande étendue de la surface du corps, et plusieurs parties en même temps.» M. Rayer a vu , néanmoins , un herpès phlyetenoïde occuper en même temps le nez, les lèvres, les oreilles, la partie antérieure de la poitrine, et les fesses (loc. cit., p. 359).
Chaque tache présente un nombre variable de vésicules. MM. Cazenave et ScheJel disent que chaque groupe est composé de six ou huit vésicules (Abrégé pratique des maladies de la peau; Paris, 1838, 3e édit., p. 1 15). M. Rayer assure qu'on en compte ordinairement de douze à cinquante (loc. cit., p. 355).
La portion de peau que recouvrent les vésicules est rouge, enflammée, tendue; la rougeur dépasse ordinairement les vésicules de plusieurs lignes. Dans les intervalles qui séparent les plaques vésiculeuses, la peau est saine; quelquefois, cependant, elle présente quelques petites vésicules ou pustules isolées.
Dans quelques cas rares, le liquide que renferment les vésicules est résorbé, et la maladie se termine pour ainsi dire par résolution; mais le plus ordinairement voici les phénomènes que l'on observe. Quelques heures, un jour, trente-six heures, deux ou trois jours après l'apparition des vésicules, le liquide que renferment celles-ci devient trouble, lactescent dans les plus petites vésicules, brunâtre, sanguinolent, dans les plus considérables; du troisième au sixième jour, les vésicules s'affaissent, se flétrissent ; du sixième au dixième jour, elles se rompent, et laissent écouler un liquide jaunâtre qui se concrète en squames minces, ou en croûtes jaunes ou
ÎIER
HER
noirâtres, lesquelles se détachent du dixième au douzième jour. Au-dessous d'elles se montrent quelquefois des ulcérations superficielles.
Lorsque la desquamation est achevée, les parties de peau qui avaient été couvertes de vésicules conservent pendant quelque temps une teinte rouge, jaune, livide, qui indique le siège qu'occupait la maladie. Assez souvent une cuisson plus ou moins vive, après avoir accompagné la maladie pendant toute sa durée , se fait encore sentir pendant quelque temps dans ces points, après la guérison. Nous verrons, dans une des variétés de l'herpès, ce symptôme àe\emr\trbs-rem&r(\U3Lb\e(voy . Herpès zoster). B. Variétés de siège. — 1° Herpès labialis — (éruption des lèvres, exanthème labial, hydroa fébrile de Jos. Frank , olophlyctide prolabiale d'Alibert). — Quelquefois brusquement , ordinairement après un sentiment de chaleur, de cuisson, de tension , qui se fait sentir pendant plusieurs heures, on voit apparaître cinq ou six vésicules, dont la plus grande ne dépasse jamais le volume d'un petit pois; la partie qu'elles recouvrent est rouge, luisante , douloureuse, tuméfiée même au delà du groupe vésiculeux. L'éruption occupe souvent la lèvre inférieure , et se développe , soit au niveau du point de jonction de la muqueuse labiale avec la peau, soit sur la muqueuse seulement, soit enfin sur la peau; elle peut aussi avoir son siège à la lèvre supérieure ou à Tune des commissures. Quelquefois les groupes s'étendent jusque sur les joues, le menton, les ailes du nez : «J'ai vu , dit M. Rayer, X herpès labialis occuper la bouche et la voûte palatine.» Dans ces différents cas, on ne saurait, ce nous semble, conserver à la maladie le nom de labialis,
Après la formation des vésicules, on observe la succession de phénomènes que nous avons indiquée, mais ici elle a lieu plus rapidement : les vésicules se troublent dans les vingt-quatre heures, du quatrième au cinquième jour elles se rompent, et du septième au huitième jour les croûtes tombent. Lorsque le malade arrache celles-ci avant celle époque , elles sont remplacées par des croûtes plus tenaces. Du huitième au douzième jour, il ne reste plus de traces de la maladie, qui ne laisse après elle ni rougeur ni cuisson.
2° Herpès prœpulialis (aplilhœ, ulcu %cula prœputii, olophlyctide progéniale d'Alibert). — On voit apparaître une, rarement deux ou trois taches rouges, dont les dimensions varient entre celle d'une pièce de cinq sous et celle d'une pièce d'un franc, et qui sont le siège d'un prurit assez vif; bientôt se foi ment cinq ou six vésicules, qui offrent des phénomènes différents, suivant le siège de l'éruption.
Lorsque les vésicules se sont développées sur la face externe, cutanée du prépuce, elles reposent sur
une base peu enflammée ; elles sont transparentes et distinctes ; le liquide qu'elles renferment est ordinairement résorbé : dans le cas contraire, des petites croules se forment dès le quatrième ou le cinquième jour, la desquamation s'opère , et tout est terminé le septième ou le huitième jour.
Lorsque l'éruption occupe la face interne, muqueuse du prépuce, l'inflammation est beaucoup plus vive; les vésicules, plus considérables, se réunissent deux à deux, ou trois à trois; le liquide n'est jamais résorbé , et passe à l'état séro-purulent : les Vésicules se rompent le troisième ou le quatrièmejour, quelquefois plutôt; l'épithélium se détache, et laisse à nu le réseau vasculaire enflammé. Lorsque des squames se forment, elles tombent au bout de peu de temps, et sont remplacées par de petites ulcérations superficielles, couvertes quelquefois d'une exsudation blanchâtre, à bords légèrement élevés. Ces ulcérations, lorsqu'on les abandonne à elles-mêmes, persistent souvent pendant quelque temps (huit à quinze jours), et deviennent de plus en plus profondes : dans ce cas, contrairement à l'assertion de M. Rayer, on voit souvent survenir l'engorgement des ganglions lymphatiques des aines : l'un de nous a maintes fois observé cette complication, qu'a signalée également M. Evans, et qui, d'ailleurs, s'est toujours terminée par résolution.
Biett a décrit, dans ses leçons cliniques, un herpès prœpulialis chronique, que nous n'avons jamais observé, et dxmt les caractères ne se trouvent indiqués que dans l'ouvrage de MM. Gazenave et Schedel , auquel nous empruntons le passage suivant.
«Les éruptions deviennent de plus en plus fréquentes, l'inflammation gagne peu à peu les couches profondes ; le prépuce devient plus rude, plus difficile à se replier; les mouvements un peu étendus le gênent, le déchirent; l'ouverture se rétrécit au bout d'un temps plus ou moins long; il reste quelquefois tout juste la place pour le passage de l'urine, et encore*l'ouvert:ire du prépuce ne correspond pas exactement au méat urinaire; d'où écoulement incommode, qui irrite constamment les parties malades: l'extrémité du prépuce est alors froncée, comme ratatinée sur elle-même. Chez quelques malades, le rétrécissement est moins marqué, le méat urinaire est libre, mais l'extrémité du prépuce est comme amincie: devenue dure, comme cartilagineuse, elle forme un anneau fixe dont il est difficile de vaincre la résistance. Les efforts pour découvrir une partie du gland déterminent, dans toute la circonférence de cet anneau, des gerçures extrêmement douloureuses» (ou vr. cit., p. 121-122).
3° Herpès vuharis {herpès prœvaginalis, olophlyclide progéniale d'Alibert ). — Des vésicules, semblables à celles de l'herpès pra^putialis, sedéve-