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loppent assez souvent chez les femmes, sur la face externe ou interne des grandes lèvres, sur les parties supérieures et internes des cuisses, ves la commissure des grandes lèvres , le périnée , la face interne des fesses. Cette variété n'offre rien de particulier, sinon que, sous l'influence de circonstances que nous indiquerons plus loin ( voy. Étiologic), l'éruption est d'une assez longue durée, et se renouvelle fréquemment.
G. Variétés déforme. — 1° Herpès cire innatus {anneau herpétique, olophlyetide miliaire d'Alibert, Ringworm). —On voit apparaître sur l'une ou l'autre des parties du corps , mais le plus ordinairement sur les bras, les épaules, la poitrine, et surtout le cou et la face , un nombre plus ou moins considérable de taches rouges, rondes, ou quelquefois ovales, ayant d'un demi -pouce à deux pouces de diamètre. Dans les taches de petite dimension, la rougeur est beaucoup moins vive au centre qu'à la circonférence; dans les taches plus considérables, la peau reste parfaitement saine au centre, et la tache est alors formée par une bande rouge dont les deux bouts se réunissent, et qui souvent est fort large comparativement à la portion de peau saine qu'elle embrasse. Bientôt, sur ces taches, qui sont le siège d'une démangeaison assez vive, se développent des vésicules globuleuses, ordinairement très -petites et très -rapprochées les unes des autres , n'occupant jamais qu'une portion plus ou moins large de la circonférence du cercle : aucune ne se développe au centre. La rougeur, peu intense d'ailleurs, dépasse d'une ligue ou deux la bande vésiculeuse , en dehors et en dedans. « De toutes les variétés d'herpès, dit M. Gibert, c'est celle ci qui s'accompagne du degré d'inflammation le plus léger, et dont les vésicules sont les plus petites. »
Les vésicules suivent ensuite leur marche accoutumée: mais celle-ci est rapide, car ordinairement la desquamation est terminée au bout de huit ou dix jours. Souvent, principalement dans les plaques de petite dimension, le liquide des vésicules csj résorbé: celles-ci se flétrissent, et l'éruption se termine par une exfoliation presque insensible de l'épidémie.
2° Herpès zosler {feu de Saint- Antoine, feu sacré, igniê sacer, érrsipéle pustuleux, zona, zona repens, zona serpiginosa, herpès ph/jclénolde en zone d'Alibert). — L'herpès zoster est constitué par des groupes vésîculeus d'étendue variable, tantôt Irèft-rapprochés , tantôt assez éloignés les uns des autres, séparés par des intervalles où la peau est parfaitement saine, disposés de manière à former une espèce de bande demi - circulaire , de demi- ceinture (Çorni, ceinture), ayant trois à quatre travers de doigt de largeur. Cette ceinture n'occupe qu'une moitié du corps, et se termine en avant et en arrière à la ligne médiane : « Jamais le zona n'existe des deux
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côtés à la fois , disent MM. Cazenave et Schedel, ou alors il n'y a aucune différence entre lui et l'herpès phlyeténoïde , auquel on doit rapporter les observations de zona formant une ceinture complète» (ouvr. cité, p. 125-126). De Haen avait déjà établi cette loi: «Hac tamen perpétua lege , ut ab anteriore parte «nunquamlineam albam, nunquam a postica spinBm « (phlyctsenae) Iranscederïnt» (Thèses de febr.,div. iv, S 7, p. 112).
La forme que nous venons d'indiquer est trèstranchée lorsque l'éruption s'est développée sur le tronc ; elle ne l'est quelquefois plus autant lorsque la maladie occupe un autre siège. Voici, à cet égard, les principales dispositions qui ont été observées.
Le siège le plus fréquent du zona est le thorax , suivant J. Frank ; la base du thorax, suivant MM. Cazenave et Schedel ; les parois de l'abdomen , suivant M. Rayer. Les observations personnelles à l'un de nous confirment cette dernière assertion. La zone vésiculeuse est ordinairement oblique, et s'étend, lorsqu'elle occupe l'abdomen, de la ligne blanche à l'épine, sur la poitrine, le cou et le cuir chevelu, elle ne dépasse point la ligne médiane, s' étendant, par exemple, du milieu du sternum aux vertèbres du dos , du milieu du larynx au milieu de la nuque , etc. M. Rayer a vu le zona occuper un côté de la peau du pénis et des bourses. Quelquefois le zona occupe le tronc et l'un des membres : «Ainsi , souvent , parti de la région lombaire inférieure et postérieure , il entoure obliquement la région iliaque externe et antérieure , pour arriver à l'aine et se terminer à la partie interne de la cuisse; ou bien , commençant à la partie moyenne et supérieure du dos , il gagne la partie postérieure de l'épaule, puis la partie antérieure, et vient se terminer au bord interne du bras , qu'il accompagne quelquefois jusqu'au bord cubital de la main. On voit aussi, dans quelques cas , partir d'une même demi-zone deux lignes, dont l'une s'étend le long du membre inférieur, et l'autre remonte le long du bras »( Cazenave et Schedel, loc. cit., p. 124). Tous les auteurs parlent, en effet, d'un zona perpendiculaire, vertical, parallèle à l'axe d'un membre ; mais, à cet égard , il nous semble nécessaire de bien s'entendre : on peut sans doute admettre cette disposition lorsque le zona, formant une demi-ceinture sur le tronc, envoie un prolongement sur l'un des membres, sous forme d'une bande vésiculeuse plus ou moins parallèle à l'axe de ce membre; mais, lorsque cette bande existe seule, l'éruption ne saurait plus être considérée comme un zona, puisque celui-ci n'existe qu'à la condition de présenter la forme à laquelle il doit son nom. Il en est de même pour ces éruptions occupant toute une moitié du corps (Mardis, Entwurf einer spcciellcn Thérapie, t. u, p. 2 1 3) ou même le corps tout entier (Turner, On diseascs oflhe skin, chap. v,
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p. 80), auxquelles on a donné impropremement le nom de zona.
J. Frank a vu un zona qui s'étendait depuis le pavillon de l'oreille jusqu'au milieu du nez; l'éruption occupe quelquefois une moitié de la face , et se propage jusque dans la bouche, dont elle n'envahit que la moitié correspondante.
«Dix-neuf fois sur vingt, disent MM. Cazenave et Schedel ( loc. cit., p. 1 25 ) , le zona occupe le côté droit du corps, sans qu'on puisse se rendre compte de cette singulière prédilection. » Mais , d'un autre côté, J. Frank, Reil (Erkenntiss und Curder Ficher, t. v, p. 393 ), assurent que le zona affecte plus fréquemment le côté gauche. Sur vingt-cinq observations réunies par Mehlis ( Commentatio de morbis hominis dextri et sinistri; Gœttingue, 181 8), l'éruption occupait seize fois le côté gauche , et neuf fois seulement le côté droit. M. Rayer, dans la première édition de son ouvrage , avait assuré que sur dix cas de zona on en observait huit sur le côté droit du corps ; dans la seconde édition , il déclare que , sur cinquante-trois cas de zona observés par lui , trentesept seulement s'étaient développés à droite : nous conclurons avec ce médecin, «que le calcul de ces proportions n'offrira de résultats certains que lorsqu'il aura été fait sur des bases beaucoup plus larges» (Rayer, loc. cit., p. 332).
Les auteurs ont rapporté des exemples de zona double. «Un cordonnier, âgé de vingt-sept ans, fut admis , le 24 septembre 1818, à la clinique de Wilna , pour un zona dont un segment partant des premières apophyses épineuses du dos s'étendait pardessus l'épaule gauche , et sous l'aisselle du même côté, jusqu'à la partie moyenne du sternum. Un autre segment situé plus bas, laissant un espace intermédiaire de trois pouces tout à fait libre , parcourait exactement le même chemin sur la mamelle gauche» ( Jos. Frank , Pathologie interne, édit. de X Encyclopédie des se. méd.; Paris, 1837, t.n, p. 223).
Étudions maintenant les symptômes de l'herpès zoster.
Le zona se développe quelquefois brusquement ; assez souvent cependant il est précédé, pendant deux ou trois jours , de prodromes variables dans leur intensité , tels que : amertume de la bouche , nausées , vomituritions , soif vive , anorexie , céphalalgie , dyspnée, anxiété, malaise général, prostration , lipothymies, fréquence du pouls, chaleur fébrile. Bientôt, dans la région cutanée que doit occuper l'éruption , se manifeslent de la cuisson , des douleurs lancinantes, une sensation de picotement , de fourmillement, de brûlure, de prurit, suivies de l'apparition de taches irrégulières, d'un rouge vif, plus ou moins éloignées les unes des autres , plus ou moins nombreuses, formant, par leur réunion, une surface dont
la forme varie dans les limites que nous avons indiquées. «Quelquefois les taches commencent aux deux extrémités de la zone, et se rejoignent par des éruptions successives. En général , celles qui commencent et qui terminent celle espèce de chaîne sont plus larges , et présentent une forme irrégulièrement arrondie, tandis que les plaques qui sont comprises entre elles sont moins larges» ( Cazenave et Schedel).
Au bout de quelques heures , d'un jour au plus, les plaques sont surmontées de petites vésicules blanches, comme argentées, transparentes, ayant le volume, la forme et. l'aspect de petites perles : pendant trois ou quatre jours ces vésicules augmentent sans cesse ; à cette époque, elles ont acquis leur maximum de développement, qui égale le volume d'une lentille ou d'un gros pois. Quelquefois plusieurs vésicules se réunissent, et forment alors de véritables bulles, qui, selon Jos. Frank , peuvent acquérir les dimensions d'une noix , ou même d'un œuf de pigeon. Les plaques sont d'un rouge vif, et la rougeur dépasse de quelques lignes les bords du groupe vésiculeux.
Dans quelques cas rares , le fluide renfermé dans les vésicules est résorbé vers le cinquième ou le sixième jour, et une exfoliation épidermique légère termine la maladie, dès le septième ou le huitième jour. Ordinairement les choses se passent différemment : du quatrième au sixième jour, la rougeur diminue, les vésicules s'affaissent, se vident; le liquide qu'elles contiennent devient trouble, noirâtre, séro-purulent, ou même purulent; les vésicules se rompent, et. sont remplacées par des petites croûtes jaunes ou noirâlres , qui tombent au bout de quelques jours; la desquamation est ordinairement terminée du dixième au quinzième jour, et l'on n'aperçoit plus à cette époque'que des taches d'un rouge foncé, qui persistent pendant quelque temps , et souvent pendant un ou deux septénaires.
Telle est la marche que suit dans son développement chaque groupe vésiculeux. Or, comme les plaques du zona apparaissent ordinairement d'une manière successive , il en résulte que des vésicules nouvelles se montrent souvent dans un point de la zone, tandis que , dans un autre, la desquamation est déjà presque terminée.
Le zona est souvent accompagné , pendant toute sa durée , de douleurs locales fort vives continues , ou se reproduisant par accès. «Ceux qui sont atteints de ce mal douloureux se croient serrés par une ceinture de feu : c'est ce qu'ils expriment Irès-énergiquemenf, en disant qu'ils ont le côté comme saisi par une griffe, ou comme déchiré par un instrument acéré : «Herpès prœcordia cxeilcns , dit Tulpius: C'est le vautour, dit Darwin, attaché aux entrailles de Prométhée» ( Alibert ,'loc. cit. , p. CO ). M. Rayer a vu ces douleurs constituer le principal caractère d'un
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zona avorté ou incomplet. Un malade , qui portait un seul groupe de vésicules au-dessous de l'omoplate, accusait eD même temps une douleur très-aiguë, bornée exclusivement au côté gauche de la poitrine, et qui s'étendait sous forme de bande, de la colonne vertébrale au sternum Çloc. cit., p. 335 ). Il est assez commun de voir, alors même que tout vestige de l'éruption a disparu , ces douleurs persister avec la même intensité pendant un temps variable, et quelquefois fort long , dans les parties qui ont été le siège de la maladie. Alibert a vu un homme qui éprouvait depuis deux ans un prurit insupportable dans les parties où avaient existé les vésicules , et une jeune dame qui, six mois après sa guérison, éprouvait encore une douleur lancinante plus incommode que celle qui s'était fait sentir dans les premiers temps de l'éruption. Des douleurs lancinantes profondes, parfois intolérables, dit M. Gibert, peuvent persister pendant plusieurs mois , et même plusieurs années , dans la région du corps qui a été le siège de la zone. Les différentes assertions que nous venons de reproduire nous paraissent entachées d'exagération , et d'une trop grande généralisation : le zona laisse, en effet, quelquefois après lui des douleurs incommodes ; mais il est rare qu'elles soient extrêmement vives, et qu'elles se prolongent au delà de deux ou trois septénaires. De plus, nous croyons pouvoir affirmer que, dans la grande majorité des cas, le zona n'est accompagné, que d'une douleur légère, qui disparaît peu de jours après la desquamation.
Le zona peut donner lieu à des accidents plus graves que ceux que nous avons énumérés. Chez les sujets d'un âge avancé , d'une mauvaise constitution , affaiblis par la misère ou par des maladies antérieures, on voit quelquefois les vésicules acquérir un volume considérable , se rompre de bonne heure , et laisser après elles des ulcérations plus ou moins profondes , douloureuses, souvent très-longues à se fermer, et remplacées enfin par des cicatrices apparentes et indélébiles. 11 ne faut pas confondre avec ces ulcérations, qui se développent évidemment sous l'iniluence d'une cause générale, les excoriations qui quelquefois chez des sujets jeunes , et placés dans de bonnes conditions , se montrent sur les plaques qui occupent les régions postérieures du corps : ces dernières ulcérations, beaucoup plussuperficielles,d'un bon aspect , sont produites par le flottement des parties malades contre le lit, et elles n'ont d'autre inconvénient que de prolonger la maladie de quelques jours, ou de deux ou trois septénaires.
Enfin , ou a vu quelquefois la gangrène envahir les plaques recouvertes par les vésicules; les eschares intéressent uue partie ou la totalité de l'épaisseur de la pe.iu, et se détachent plus ou moins rapidement; leur guérison, qui ordinairement se lait atten-
dre assez longtemps , donne lieu à des cicatrices analogues à celles des brûlures profondes. On apprécierait mal les phénomènes morbides auxquels se lient ces accidents, si l'on se contentait de dire, avec M. Rayer : «Quelquefois la peau, surmontée de vésicules , est frappée , à la partie postérieure du tronc , de gangrène ou de ramollissement , soit par Feffet de l'inflammation, soit par suite de la compression que cette partie de la peau éprouve dans le coucher en supination» {loc. cit. , p. 334) ; car la gangrène envahit également les plaques vésiculeuses placées à la partie antérieure du tronc , et elle se développe au milieu de circonstances qui démontrent que ses causes sont le plus ordinairement générales ( voy. le Cornpendium , art. Gancrène.
c. Herpès iris. < — ■ Cette variété est très-rare ; Bateman est le premier qui l'ait décrite. On voit apparaître, en nombre ordinairement assez considérable , des petites taches rouges , circulaires , ayant la dimension d'une pièce de un franc. Bientôt se dessinent sur chaque tache quatre anneaux, quatre disques concentriques , acquérant successivement de deux à huit ligues de diamètre , et présentant des couleurs différentes : le premier, en allant du centre à la circonférence, est d'un rouge brun obscur, le second est d'un blanc jaunâtre, le troisième, qui est ordinairement le plus étroit, est d'un rouge foncé; enfin le quatrième offre une teinte rosée , qui se fond avec la coloration naturelle de la peau environnante. Ces nuances ne sont pas toujours aussi tranchées.
Sur la portion de peau entourée par le premier disque , se développe , du deuxième au troisième jour, une vésicule centrale , aplatie , autour de laquelle ne tardent pas à se montrer d'autres vésicules plus petites , disposées en anneau ; ces dernières peuvent recouvrir tous les disques , mais ordinairement elles ne s'étendent pas au delà du premier.
Au bout de quelques jours, on voit, assez souvent, le liquide contenu dans les vésicules être résorbé, et la maladie se terminer par une légère desquamation; dans d'autres cas, les vésicules se troublent, les disques se prononcent, le liquide s'écoule, et forme des croûtes superficielles qui tombent du dixième au douzième jour.
L'herpès iris se montre sur toutes les parties du corps; cependant, il occupe de préférence la face, le cou, l'olécràne, la face dorsale, et quelquefois la paume des mains, les doigts, les cous-de-pieds, les malléoles.
Marche et durée de l'herpès. — En considérant l'herpès d'une manière générale, on peut dire qu'il constitue une maladie aiguë, à marche régulière, dont la durée ne dépasse presque jamais un ou deux septénaires. La guérison ne se fait attendre plus longtemps que dans les cas où il se forme des ulcérations
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