I-1ER
{herpès prœputialis et zoster) ou des eschares gangreneuses (herpès zosler).
Les auteurs ont cité des cas d'herpès chronique {herpès prœputialis , vulvaris , zoster), mais ils n'ont point, ce nous semble, envisagé sous leur véritable point de vue les faits sur lesquels ils s'appuient. Sans doute il est assez fréquent de voir l'herpès prœputialis, l'herpès vulvaris, se montrer plusieurs fois , ou même un grand nombre de fois , sur le même individu, à des intervalles plus ou moins rapprochés ; mais l'éruption suit sa marche ordinaire : elle se termine par la guéri son au bout du temps voulu, et ces réapparitions ne constituent point un fait de chronicité, mais une suite de récidives, dont on trouve presque constamment la raison dans la persistance des causes qui ont amené la première éruption.
Terminaison. — La guérison est la terminaison constante de l'herpès. Une seule exception doit être faite à cette loi pour l'herpès zoster: on a vu, en effet, des malades succomber, par suite des eschares gangreneuses qui se montrent quelquefois dans cette variété. M. Rayer a vu un exemple de cette terminaison funeste; M Emery en a recueilli un autre dans son service , à l'hôpital Saint-Louis.
Complications. — - Le zona est la seule forme d'herpès à laquelle les auteurs aient rattaché des complications. On a vu le zona du thorax être accompagné de l'engorgement des ganglions axillaires, de bronchite, de pleurésie. Le zona des membres inférieurs produit l'engorgement des ganglions inguinaux. Les douleurs, qui persistent souvent après la guérison de l'éruption, ont été attribuées à des névralgies (névralgie des nerfs intercostaux dans le zona du thorax, des nerfs lombaires dans le zoua de l'abdomen, du nerf crural ou du nerf sciatique dans le zona des membres abdominaux , etc. ) précédant toujours le développement de l'affection vésiculeuse (voy. Étiologie). «Le zona, dit M. Rayer, se montre rarement comme une affeclion tout à fait simple... Parmi les dérangements intérieurs qui peuvent être liés ou coïncider avec cette inflammation de la peau , il n'en est peut-être pas de plus fréquents que ceux de l'estomac et de l'intestin. Outre que les phénomènes précurseurs du zona décèlent ordinairement un dérangement antérieur des organes digestifs , ce dernier persiste quelquefois plusieurs jours après le développement complet de l'éruption » {loc. cit. j p. 338). Ces propositions ont été contestées. «Nous avons eu occasion, disent MM. Cazenave et Schedel, d'observer à l'hôpital Saint-Louis un grand nombre de zona; et nous ne l'avons jamais vu accompagné de cet appareil de symptômes gastriques dont on a supposé gratuitement qu'il était constamment escorté.,. M. Biett n'a jamais vu les graves accidents
dont parlent ces auteurs, sur plus de cinq cents exemples de zona qui lui ont passé sous les yeux» (loc. cit., p. 128). Nous partageons complètement l'opinion de MM. Gazenave et Schedel. Presque tous les dermatologistes, sur la foi les uns des autres, ont insisté sur les coïncidences qui existent entre les affections gastriques et les maladies de la peau ; mais l'observation ne vient nullement justifier leurs assertions : les résultats fournis à l'un de nous, par l'étude d'un nombre considérable de faits, ne lui laissent aucun doute sur ce point, d'une grande importance thérapeutique (voy. Peau {maladies de la), et il peut affirmer ici que la proposition n'est pas plus exacte quant au zona en particulier que quant aux affections cutanées considérées en général.
Diagnostic — ht diagnostic de l'herpès varie dans les différentes variétés de la maladie. Nous allons, par conséquent, l'établir pour chacune d'elles, après avoir fait remarquer qu'elles ne sauraient être confondues les unes avec les autres , puisque l'herpès iris a des caractères tranchés qui lui appartiennent exclusivement, et que les autres variétés sont rigoureusement déterminées par le siège et la forme de l'éruption.
1° Herpès phlyetenodes. — V eczéma se présente quelquefois sous forme de vésicules disposées en groupes; mais celles-ci sont moins élevées, plus rouges, moins transparentes, plus confluentes; elles se rompent plus tôt ; les surfaces vésiculeuses sont plus étendues. Lorsque la maladie se prolonge au delà de deux ou trois septénaires, la marche n'est point la même pour les deux affections. Dans l'eczéma, la prolongation est due à la reproduction de squames, et l'on ne voit que rarement se former quelques petites vésicules miliaires nouvelles ; dans l'herpès, au contraire, la prolongation est due à des récidives, c'est-à-dire à des éruptions successives de vésicules.
Gale. — «J'ai vu plusieurs fois, dit M. Gibert {loc. cit., p. 160), des praticiens distingués confondre l'herpès phlyeténode avec la gale.» On a peine à comprendre qu'une pareille erreur ait pu être commise. Les vésicules de la gale sont plus petites, isolées j elles occupent principalement l'intervalle des doigts, le poignet, le pli du coude, l'aisselle; l'absence, dans l'herpès , d'acarus scabiei , de sillons , ne peut d'ailleurs laisser aucun doute.
Pemphygus. • — L'herpès phlyetenodes pourrait être confondu avec le pemphygus, parce que , d'une part, les vésicules de celui-là sont quelquefois considérables, et que, d'autre part, les bulles de celui-ci sont quelquefois relativement petites ; mais les bulles du pemphygus sont ordinairement isolées, elles se .développent avec rapidité et successivement, ou en même temps , sur plusieurs parties du corps; elles s'affaissent, et se dessèchent en un ou deux jours ;