‹ Compendium de médecine pratique, ou, Exposé analytique et raisonné des travaux contenus dans les principaux traités de pathologie interne (volume 2)Chapitre 53 sur 57 · FIER · texte numérisé non relu

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enfiu, elles ne sont jamais accompagnées de vésicules.

2° Herpès labialis. — 11 est impossible de confondre l'herpès labialis avec Y eczéma des lèvres, qui , d'ailleurs , est fort rare , et dans lequel les vésicules , beaucoup plus petites et plus nombreuses, occupent une surface plus étendue.

3° Herpès prœpullalis. — MM. Cazenave et Schedel s'étonnent que l'herpès prœputialis ait pu être pris pour une affection vénérienne. «Est-il encore vésiculeux? disent ces auteurs , tous les caractères du genre herpès lui sont applicables, et ils ne sauraient permettre un instant de doute. Est-il recouvert de squames? personne ne prendra ces squames, minces et aplaties, pour les croûtes saillantes et épaisses des syphilides. Enfin, a-t-il laissé des excoriations? cellesci, toutes superficielles, de niveau au centre comme à la circonférence, n'en imposeront jamais pour les ulcérations syphilitiques, remarquables par leur profondeur, par leurs bords durs et élevés, par la couenne blanchâtre qui les recouvre, etc.. Pour ne point tomber dans l'erreur, il suffit de savoir que l'ulcère vénérien, le chancre de Hunter, ne débute pas par une vésicule, mais bien par une rougeur, une véritable inflammation ulcérative» {toc. cit., p. 122-123). L'erreur est sans doute impossible dans les circonstances que supposent MM. Cazenave et Schedel; mais lorsque l'herpès n'est plus vésiculeux, que le malade ne peut dire si des vésicules ont existé au début de son affection, il est d'autant plus facile de se tromper que les ulcérations herpétiques , lorsque le prépuce est accidentellement enflammé, sont quelquefois creusées au centre, recouvertes d'une pellicule grisâtre, et que, d'autre part, les chancres récents n'ont point tous les caractères indiqués ci-dessus. La disposition des ulcérations en groupes , comme les vésicules qui leur ont donné naissance ', est sans doute un caractère important; mais il ne peilt toujours être constaté, car l'on voit quelquefois, sous l'influence d'une légère inflammation produite par le frottement ou par l'application de topiques irritants, les ulcérations herpétiques se réunir. Dans les cas de ce genre, la maiche ultérieure de la maladie peut seule éclairer le diagnostic, et l'expérience a démontré à l'un de nous que la conduite la plus sage que puisse tenir le praticien, est de ne pas se prononcer immédiatement; si. au bout de quelques jours, sous l'influence de topiques émollieriUou d'une légère cautérisation (voy. Traitement ), les ulcérai ions se cicatriseii!, I.' nain; e vénérienne de la maladie ne peul être

admi>e;M. au contraire , lei ulcérations persistent ,

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spécificité est démontrée. Nous avons insisté sur ces détails, parée une nous avons \u i\e> praticiens dis* lingues commettre , par précipitation, des méprises

fâcheuses pour l'amour-propre du médecin , et nuisibles au malade , puisqu'elles ont pour résultat de faire retarder mal à propos, ou prescrire inutilement le traitement anlivénérien.

4° Herpès vulvaris. — L'herpès vulvaris ne pourrait être confondu qu'avec un eczéma. Nous avons indiqué les caractères différentiels qui distinguent ces deux affections.

5° Herpès circinnatus. — MM. Cazenave et Schedel énumèrent les caractères différentiels qui séparent l'herpès circinnatus de la lèpre vulgaire et du porrigo scutulata ; mais il nous semble tellement difficile, pour ne pas dire impossible, de confondre ces maladies , que nous n'établirons point ici leur diagnostic.

6° Herpès zoster. — «On ne saurait confondre cette affection avec aucune autre; sa nature vésiculeuse et sa forme eu demi-ceinture sont deux symptômes qui ne permettront jamais la moindre erreur» (Cazenave et Schedel). En effet, il est presque im- • possible de méconnaître le zona; il est futile de rappeler, avec quelques auteurs, que , dans l'érysipèle , la tuméfaction, la rougeur et la chaleur sont plus considérables, que les bulles sont plus grandes, que Ton n'observe point la forme en demi-ceinture ; que dans le pemphygus les bulles sont larges, solitaires, disséminées sur différentes parties du corps , non disposées en zone , etc.

7° Herpès iris. — Est-il besoin de dire qu'on ne pouvait confondre l'herpès iris avec la roséole à anneaux multiples , puisque dans cette dernière maladie il n'existe jamais de vésicules.

Pronostic. — Le pronostic, quelle que soit la variété herpétique à laquelle il s'applique, n'est jamais grave, sauf les cas où le zona est suivi d'ulcérations profondes ou de gangrène. Dans ces dernières circonstances, ou peut craindre une terminaison funeste, bien que celle-ci soit très-rare, puisque, sur plusieurs centaines de cas de zona traités par M. Rayer, cinq ou six seulement se sont terminés parla mort, et constamment chez des vieillards.

Étiologie. — Causes prédisposantes. — L'herpès se développe en général sur des sujets adultes : le zona est la seule variété que l'on rencontre assez fréquemment aux d< ux époques extrêmes de la vie, c'est-àdire chez les vieillards et chez les enfants. On a dit que l'herpès circinnatus était plus fréquent chez les femmes que chez les hommes, tandis que la proportion inverse devait être établie pour le zona : cette assertion aurait besoin d'être justifiée par des relevés statistiques de quelque valeur. On a dit, comme pour la plupart des maladies eutanées, que l'herpès se montrait surtout chez les sujets blonds, à peau fine et blanche. Le zona paraît être plus commun en été et en automne que dans les autres saisons : on a pré-

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tendu que cette variété d'herpès se transmettait par voie d'hérédité : toutes ces propositions sont au moins hasardées.

Causes déterminantes. — Tous les auteurs s'accordent à dire que la plus grande obscurité règne sur les causes qui produisent les différentes variétés de l'herpès. Les uns déclarent qu'elles sont inconnues; les aulres les rattachent à un trouble intérieur, aux causes générales des maladies dartreuses , au vice dartreux3 ce qui n'est qu'une autre manière d'avouer leur ignorance. Nous nous sommes déjà expliqués relativement à l'opinion qui tend à considérer les affections gastro-intestinales comme des causes d'herpès.

Nous ne prétendons certainement pas qu'il soit toujours possible de déterminer l'influence qui produit le développement de l'herpès : il en est ainsi pour ces herpès labialis qui se manifestent après des accès de fièvre intermittente , après une fièvre éphémère , dans le courant d'une phlegmasie thoracique; pour les herpès, et spécialement pour les zona, qui se développent sans qu'il soit possible de leur assigner aucune espèce de cause; mais nous pensons qu'ici ; comme pour la plus grande partie des affections cutanées (voy. Peau (maladies de la) , les causer externes, les irritants locaux jouent un rôle important. L'herpès prœputialis est presque constamment produit par un frottement exercé sur la verge par les vêtements , parla malpropreté, par l'accumulation de la matière sébacée qui se forme entre le prépuce et le gland, par les excès de coït, par un coït dans lequel il y a disproportion entre le volume de la verge et les dimensions du vagin, ce dernier étant relativement trop étroit. Des causes très -fréquentes de cette variété herpétique sont encore la présence, dansle vagin, de quelques poils qui, ayant été introduits avec la verge , exercent un frottement sur celle-ci pendant le coït , les rapports sexuels avec une femme ayant ses règles ou des flueurs blanches abondantes, irritantes., acres, la masturbation. V herpès vulvaris est ordinairement déterminé par l'équitation , par les écoulements menstruel et leucorrhéique chez les femmes qui ne font point des ablutions fréquentes , par les causes que nous venons d'énumérer ci-dessus. Les variétés herpétiques qui occupent la face [herpès phlyctenodes, circinnalus) reconnaissent souvent pour causes déterminantes manifestes l'impression du froid, les brusques alternatives de température, les onctions ou les lotions faites avec des pommades, des liquides, des cosmétiques irritants, h' herpès labialis est souvent dû à ces mêmes causes, à l'usage de boissons, d'aliments irrilants ou trop chauds, au contact de vases malpropres.

Traitement. — «L'herpès, dit M. Gibert, parcourt, en général, avec régularité et p omptitude

ses diverses périodes, et n'est que légèrement influencé par les secours de l'art... : aussi les ressources de Ja médecine expectante sont-elles à peu près les seules auxquelles on puisse avoir recours dans celte maladie» {loc.cit., p. 160). Cette proposition est parfaitement exacte : les lotions , les topiques émollients, les bains tièdes , sont généralement plus nuisibles qu'utiles; leur emploi ne fait que retarder la dessiccation; les seules applications locales auxquelles on puisse avoir recours avec avantage, sont celles d'eau froide ou d'eau rendue astringente par l'addition de sulfate de zinc ou de cuivre, d'alun, de borate de soude , d'acétate de plomb.

Lorsque l'inflammation locale est intense, que la rougeur est très-prononcée, qu'elle dépasse de beaucoup les plaques vésiculeuses, que les douleurs sont violentes, les émissions sanguines sont utiles : il faut alors appliquer des sangsues en nombre plus ou moins considérable, selon l'étendue de la maladie, autour des plaques et des points les plus douloureux ; lorsque le sujet est jeune, pléthorique, la saignée générale peut être pratiquée avec avantage. Les symptômes qui indiquent l'emploi des émissions sanguines appartiennent, d'ailleurs, presque exclusivement au zona.

Les purgatifs, les vomitifs, ont été essayés dans le traitement de l'herpès zoster, et préconisés par quelques auteurs. M. Rayer, qui insiste sur les relations qui existent entre le zona et les affections gastro-intestinales, avoue n'en avoir jamais retiré de bons effets : «J'ai vu administrer, dit ce médecin , et j'ai essayé depuis quelques années l'émétique au début du zona , lorsqu'il était accompagné de symptômes gastriques; je puis assurer que ces symptômes ont persisté sans être modifiés avantageusement... La méthode purement expectante donne un meilleur résultat» iloc. cit., p. 344).

Lorsque, après la rupture des vésicules, la maladie se prolonge, une cautérisation légère avec le nitrate d'argent hâte la cicatrisation, et constitue le remède le plus efficace auquel on puisse avoir recours : son emploi est surtout utile dans l'herpès prseputialis, et dans le zona avec tendance à l'ulcération ou à la gangrène.

MM. Serres et Velpeau (Nouv. bibl. méd. , t. iv , p. 435) ont préconisé la cautérisation dans le but de faire avorter le zona : à cet effet, ils incisent les vésicules dès leur apparition , et en cautérisent le fond. Cette méthode, dite ectrolique, a été diversement jugée. M. Rayer, qui l'a expérimentée avec soin, est arrivé , à cet égard , aux conclusions suivantes : 1° Si, après avoir ouvert ou excisé les vésicules, on touche légèrement leur intérieur avec le nitrate d'argent, de manière à produire seulement une petite croûte i très-superficielle , comme cela se pratique sauvent

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