‹ Compendium de médecine pratique, ou, Exposé analytique et raisonné des travaux contenus dans les principaux traités de pathologie interne (volume 2)Chapitre 54 sur 57 · I1ER · texte numérisé non relu

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pour les aphthes , la durée du zona est diminuée; elle est prolongée , au contraire , si la cautérisation est faite avec peu de soin, et trop profonde. 2° Les vésicules convenablement cautérisées sont plus rarement suivies d'excoriations ou d'eschares que celles que Ton abandonne à elles-mêmes, surtout chez les vieillards , et lorsqu'elles sont situées à la partie postérieure du tronc. 3° Cette méthode, qu'on peut négliger dans les zona légers et discrets, doit être employée toutes les fois que des excoriations ou des eschares sont à redouter sur un ou plusieurs groupes, au tronc, au visage, etc. 4° En touchant légèrement la surface des taches rouges qui précèdent les vésicules, et notamment celles qui apparaissent après les premiers groupes, on arrête presque toujours leur développement, mais sans modifier les douleurs vives qui les accompagnent (loc. cit., p. 345-346).

L'un de nous a essayé sur plusieurs malades une médication aborlive, qui consiste dans l'application de l'emplâtre de Vigo cura mercurio sur les vésicules naissantes du zona. Les auteurs qui y ont eu recours affirment avoir prévenu le développement de cette affection cutanée ; voici ce que notre expérience personnelle nous a appris sur ce point de thérapeutique. Trois malades qui entrèrent dans le service dont l'un de nous était chargé, à l'hôpital de la Charité, furent soumis à la médication abortive. Le premier était un sujet jeune et^robuste qui était venu à la consultation externe pour connaître le traitement qu'il devait diriger contre son affection, alors au début. Elle consistait en un groupe déjà considérable de vésicules et de phlyetènes occupant la peau qui couvre l'angle supérieur et interne de l'omoplate gauche ; un second groupe peu étendu s'était développé sur le bord postérieur de l'aisselle, et un troisième, également fort petit , sur la partie antérieure du thorax. L'emplâtre de Vigo fut appliqué sur ces points ainsi que sur la portion de peau saine placée entre eux. Le malade , qui ressentait une chaleur vive au niveau du zona , cessa de l'éprouver le jour même de l'application de l'emplâtre. Le troisième jour, ayant soulevé celui -ci pour constater l'état de l'éruption , nous pûmes nous convaincre que sa marche était entièrement arrêtée. Les vésicules primitives étaient remplies d'un liquide blanchâtre, et la routeur qui les environnait avait entièrement disparu; dans d'autres points, là où elles étaient encore très-fines et. peu développées, on n'en retrouvait plus de trace. Nous continuâmes l'application de l'emplâtre pendant cinq jours encore pour être certains de la guérison. Le malade se promenait toute la journée dans les salles de l'hôpital, mangeait la demi-portion et demandai! ions les jours sa sortie. Chez, un second sujet, exempt de tonte espèce de complication , le zona eut pour siège la base du sacrum et la fesse gauche ; l'emplâtre de Vigo fit

complètement avorter l'éruption. Il en fut de même dans un troisième cas. Deux de ces faits ont été rapportés par la Gazette des hôpitaux, et extraits des leçons cliniques faites à la Charité par l'un de nous (septembre et octobre 1841). Nous ne voudrions pas nous prononcer sur la valeur d'un traitement que nous n'avons essayé que trois fois; cependant les résultats que nous avons obtenus ont été si heureux qu'ils doivent engager le médecin à le tenter chaque fois que l'occasion s'en présentera. Nous n'avons été conduits à le mettre en usage que parce que l'on s'en est servi avec quelques succès comme moyeu abortif des pustules de la variole. Nous le conseillons avec d'autant plus de confiance contre le zona que l'on n'a point à en redouter le moindre accident.

Lorsque l'herpès tend à passer à l'état chronique, ou plutôt lorsque des éruptions successives ont lieu à des intervalles rapprochés , on retirera de bons effets des bains sulfureux ou alcalins, des purgatifs doux administrés à petites doses pendant plusieurs semaines, des eaux sulfureuses prises à l'intérieur. M. Gibert conseille d'oindre les points malades avec la pommade suivante : tù. axonge, 50 gramm.; sulfate de chaux , 4 gramm. ; camphre , 75 centigr.

Les douleurs vives et rebelles , qui quelquefois persistent après la complète disparition du zona, sont efficacement combattues par les douches de vapeur, par les vésicatoires appliqués loco dolcnti, par les substances narcotiques, telles que la jusquiame, la belladone, la poudre de graine de stramonium, administrées à l'intérieur, en un mot, par la médication antinévralgique. Dans quelques cas , cependant, tous ces moyens échouent : «Je ne puis mieux comparer les douleurs rebelles qui survivent au zona, dit M. Rayer, qu'à certains tics douloureux dont la résistance aux agents thérapeutiques est quelquefois vraiment déplorable. »

Classification dans les cadres nosologiqu.es. — L'herpès constitue le troisième genre du sixième ordre (vésicules) de Willan et de Bateman , et le quatrième genre du deuxième ordre(vésieules) de MM. Cazenave et Schedel; Alibert a fait de l'herpès zoster le quatrième genre de son premier groupe [dermatoses eczémateuses) , et il a placé les autres variétés herpétiques dans le huitième genre de ce même groupe.

Historique et bibliographie. — Hippocrate désigne sous le nom ft herpès } tantôt un exanthème critique léger (Epid., ep. ni, sect. m), tantôt un ulcère rongeant (Porrhéfiqtics, sect. m). Galien dit dans un endroit que les herpès (epinfiç, «p^nre;) sont des ulcérations cutanées superficielles (Comment, sur l'aphor. 55, sect. vi) ; dans un autre, il établit que l'herpès n'est point toujours un ulcère, et il distingue un herpès miliaris, un herpès phlyeténode, et un

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