SE
auteur?. Elle est simple ou compliquée de fièvre angéioténique (Causas ; Nippocrale, Arétée , Aelius, Alexandre de Tralles), muqueuse typhoïde, rémittente, d'état adynamique,ataxique, d'exanthèmes, etc.
La fièvre adéno-méningée, ou muqueuse (de a&nv: glande, et de piivr^ , membrane), est une pyrexie dont tous les symptômes indiquent une irritation des membranes muqueuses du conduit intestinal ( ouvr. cité, t. i, p. 9). Elle a été décrite sous les noms suivants: morbus mucosus, Rœderer; febris mesenterica, Baglivi; febris pituitosa, Stoll; glutinosa gastrica de Sarcone.
Les principaux symptômes qui se manifestent du côté de l'intestin sont les suivants : langue blanche, humide, aphthes, salive visqueuse, goût fade, soif modérée, anorexie, nausées, parfois vomissement de matières muqueuses, fades ou acides; tension de l'abdomen , coliques , flatuosités et borborygmes. La fièvre muqueuse est simple ou compliquée de fièvre gastrique, ataxique, adynamique.
Pinel a créé la dénomination àt fièvre adynamique pour désigner les fièvres putrides qui,se manifestent, surtout à l'extérieur, par des signes d'une débilité extrême et d'une atonie géuérale des muscles (ouvr. cit., p. 10).
Les fièvres ataxiques (de <x privatif, toÇiç, ordre, sans ordre, désordonnées) sont, pour ce nosographe, des fièvres marquées par des alternatives d'excitation et d'affaissement, avec des anomalies nerveuses les plus singulières.
Enfin , la dernière fièvre qui figure dans la classification de Pinel est la fièvre adéno-nerveuse (dérivée de à^v, glande, et de veupov, nerf, c'est-àdire maladie des glandes et du système nerveux) ; c'est une sorte de fièvre ataxique, avec affection simultanée des glandes.
La classification de Pinel repose 1° sur la considération du siège et de la nature de la maladie (fièv. angéioténique, adéno-nerveuse, méningo- gastrique adéno-méningée) ; 2" sur la considération de ses principaux symptômes (ataxique, adynamique) .On a beaucoup écrit sur cette classification ; la critique n'a pas été épargnée à son auteur. Celle qu'en a faite Broussais, dans Y Examen des doctrines médicales , et dans plusieurs de ses écrits, est la mieux fondée. Nous croyons inutile de la reproduire ici , parce qu'elle est connue de tous les médecins de notre époque, qui ont eux-mêmes pris une part active , ou assisté aux vives discussions qu'a produites l'établissement de la doctrine physiologique. Le grand tort de Pinel est d'avoir décrit comme autant de fièvres essentielles des états fébriles auxquels il cherche au même instant à enlever le caractère d'essentialité, puisqu'il localise l'une dans le système vasculaire , l'autre, dans la muqueuse intestinale, et ainsi des au-
tres : il y a là à coup sûr une contradiction flagrante, sinon dans les mots, du moins dans les idées. L'autre faute qu'il a commise, est d'avoir, à l'exemple de ses prédécesseurs, qu'il avait cependant justement critiquas, pris pour base de quelques-unes de ses fièvres (ataxique , adynamique) , la considération des symptômes. Ces fièvres sont les seules qui méritaient de conserverie nom d'essentielles, du moins d'après les idées mêmes émises par Pinel , car ce sont les seules qu'il ne pouvait localiser. Mais il faut se rappeler qu'il a écrit sous l'influence des doctrines anciennes , dont il n'a pu secouer assez le joug pour se débarrasser des fausses croyances qui avaient régné avant lui. 11 cherchait, d'une part, à déterminer les causes sensibles et le siège des fièvres, à réduire leur nombre , à effacer toutes celles qui avaient été établies d'une manière toute hypothétique , ou sur des données vagues et sans importance; cest alors qu'il avait établi ses principaux groupes de fièvres. Il voulait aussi , d'une autre part, conserver les vieilles formes de l'état pyrétique , qui avaient été consacrées par les anciens sous les noms de fièvre putride , maligne } nerveuse, et il leur imposa les nouvelles dénominations à'ataxique et à' adynamique. Il perdit alors de vue la localisai ion, ou du moins il la créa à sa manièie.
Broussais, en ruinant la doctrine des fièvres, telle que l'avaient conçue les anciens et les médecins les plus avancés de notre époque, Pinel, Prost, Caffin, et d'autres , a porté le dernier coup aux classifications des fièvres ; il les a effacées entièrement de la pathologie, en les ramenant toutes au mouvement fébrile symptomatique de l'irritation inflammatoire, qu'il a localisée dans certains viscères , et spécialement dans la muqueuse gastro-intestinale.
Parmi les auteurs qui ont écrit sur les maladies fébriles, les uns ont soutenu les doctrines anciennes, en leur laissant ce qu'ils appellent leur pureté primitive ; les autres, et c'est le plus grand nombre, ont continué le travail de localisation effectué par Broussais. Parmi ces derniers , il en est qui, tout en repoussant la localisation de Broussais, tout en refusant d'admettre que les fièvres graves, putrides, etc., sont des gastro-entérites, n'en ont pas moins été aussi exclusifs et aussi systématiques que lui en ramenant toutes les fièvres , on pourrait même dire toutes les maladies non déterminées par leur siège et leur nature , à un type qu'ils ont nommé fièvre typhoïde". Nous verrons , en faisant l'histoire des fièvres , si cette manière de voir est heureuse, et si elle est capable de rendre maintenant quelques services à la science.
Remarques générales sur les classifications. — Il résulte de l'examen rapide que nous venons de faire des principales classifications inscrites dans les nosographies les plus célèbres , 1° qu'il existe un
FIE
FIE
certain nombre d'états morbides qui ont été conuus et distingués de tous les autres par les médecins anciens et modernes, et décrits à part sous le nom àz fièvres. 2° parmi ces fièvres, celles qui ont été généralement acceptées sont l'inflammatoire, la bilieuse, la muqueuse, la putride, la nerveuse, la verinineuse,les exanthématiques. Quels que soient les noms imposés par les auteurs à ces fièvres, quelque nombreuses que soient les espèces qu'ils ont établies , ils n'ont pas varié sur les principaux genres. Est-ce à dire pour cela que ces fièvres existent réellement, en tant que fièvres, et dépendent de la cause qu'on leur a assignée : c'est ce que nous rechercherons. La division des fièvres en continues, intermittentes, rémittentes, acceptée par tous les auteurs, mérite de subsister encore aujourd'hui , parce qu'elle est fondée sur une étude rigoureuse de la nature.
3° 11 ne faut voir, dans la plupart des fièvres, qu'un mouvement fébrile lié à un de ces états morbides que nous avons fait connaître en étudiant la cause de cet état. Ainsi donc , la première recherche à faire, quand on trouve l'ensemble des symptômes qui constituent la fièvre , c'est d'examiner chaque organe et chaque fonction, afin d'y découvrir, soit une lésion , soit un simple trouble. Il est rare qu'à la suite d'uire investigation dirigée avec toute l'habileté que commande le diagnostic moderne , on n'arrive pas à constater une de ces lésions que les progrès incessants de l'anatomie pathologique ont pu seuls nous révéler. C'est ainsi que l'on a vu successivement disparaître de la classe des fièvres presque toutes celles que l'on a tait regardées comme essentielles, l'inflammatoire , la bilieuse, la muqueu.se , la putride , etc. Les espèces de Pinel , qui semblaient être le dernier terme de la localisation , ont été réunies en une seule maladie , qui D'est plus une pyrexie, et que les uns appellent une gastro-entérite , ou une entérite; les autres, une fiêvrt typhoïde.
pendant, malgré cette localisation hardie, il est resté des fièvres ; et quand il n'y aurait que la fièvre intermittente, il faudrait lui donner une place dans le cadre nosographique, et dès lors conserver le groupe de fièvres. Voyons d'ailleurs quelles sont les maladies qui doivent encore retenir ce nom.
Ce n'est pal sans douie le lieu de rechercher si les fievre.s bilini M , muqueuse , putride , inflammatoire, etc., te son! que dei Formel de la fièvre typhoïde. : cette étude doit trouver place ailleurs (typkotde fièvre ; nous devons seulement discuter ici quelque! Faits dont la connaissance mous est indispensable pour l'établissement des fièvres. Disons d'abord que les auteurs qui onl parlé peudanl tant de siècles, et qui parlent encore aujourd'hui de fièvres dépen lanl de la pénétration dans l<- sauf , de la bile , du lait , ou qui oui supposé l'existence de putridité,
de matière saburrale, etc., n'ont jamais raisonné que d'après des théories fondées sans doute sur l'observation des symptômes, sur les considérations des causes et des autres circonstances de la maladie , mais jamais sur des expériences directes, capables de démontrer précisément le point en litige. Ainsi combien de raisonnements n'a-t-on pas fait&sur la part que prend la polycholie, la pléthore bilieuse dans la production des fièvres de ce nom ? Le lait résorbé et parvenu dans le sang n'a-t-il pas été considéré, pendant longtemps , comme la cause des fièvres ? Certes , ou n'a pas manqué de fournir certaines preuves à l'appui de ces idées : tantôt on les a tirées de la physiologie; on a dit, par exemple, que les liquides , et le sang , en particulier , devaient être altérés lorsque l'estomac ne recevait qu'une nourriture insuffisante ou malsaine, et qu'alors un chyle imparfait venant à se mêler au sang, il en résultait une altération véritable de ce dernier liquide. Tantôt on a emprunté à la pathologie les preuves dont elle fourmille, et qui ne sont pas sans valeur pour démontrer quelques-unes de ces altérations ; mais on n'a pas fait une seule expérience décisive capable de mettre hors de doute l'hypothèse que l'on avait commencé par imaginer. Les anciens humoristes n'ont pas eu recours , une seule fois , à l'analyse chimique t pour constater dans les humeurs ou dans les organes l'existence des matières nuisibles qu'ils regardaient comme la cause de la fièvre et des autres accidents observés. 11 est vrai que plusieurs médecins du dernier siècle firent dans leur laboratoire quelques expériences destinées à confirmer certaines vues théoriques qu'ilsavaient émises; mais ces expériences étaient trop imparfaites pour pouvoir imiter la plus simple des opérations qui se passent dans le corps , et d'ailleurs aucun d'eux ne s'efforça de trouver dans le sang ou dans les autres humeurs du corps la bile, le lait ou l'altération putride qu'ils supposaient y exister. Nous ne parlons pas des doctrines deGalien et des auteurs qui, à son exemple, ont imaginé leurs théories sur la bile, l'atrabile , la pituite , etc. , d'après les données vagues fournies par les symptômes des maladies : ces doctrines ne sont plus en rapport avec les connaissances médicales actuelles. Personne aujourd'hui n'est tenté d'ajouter quelque croyance à ce qu'ils ont écrit sur les altérations humorales. On procède d'une toute autre manière à cette étude : c'est avec les réactifs et les autres moyens dont dispose l'analyse chimique que l'on est parvenu à des résultats qui, sans être encore bien tranchés , ont du moins l'avantage de démontrer la fausseté des doctrines imaginées pour expliquer la production de ces fièvres , qui passaient pour avoir leur cause dans une altération humorale.
En se plaçant au point de vue des altérations du sang , tel que l'analyse chimique actuelle nous les fait connaître, on peut apprécier à leur juste valeur un
FIE
FIK
grand nombre de faits qui ont eu longtemps cours dans la science ; examinons plus particulièrement ceux qui ont trait à la pyrétologie.
Si un auteur décrivait aujourd'hui une nouvelle maladie, et qu'il l'appelât fièvre bilieuse, s'il soutenait qu'elle est produite par l'introduction de la bile ou des élément de la bile dans le sang ou les autres humeurs , on exigerait qu'il en indiquât rigoureusement les symptômes, qu'il prouvât que leur point de départ est réellement dans une altération humorale, et surtout qu'il démontrât par l'analyse directe, et de la manière la plus convaincante , que la bile ou ses matériaux sont passés dans le sang, et ont été ainsi infecter l'économie entière. Or, veut-on savoir sur quels documents on s'est appuyé pour admettre l'existence des fièvres bilieuses? Uniquement sur les seuls symptômes que présentaient les malades. Par cela seul 'que la langue était jaunâtre, la bouche amère, les envies de vomir fréquentes, les matières vomies de nature bilieuse, parce que les évacuations alvines étaient décolorées ou bilieuses, parceque, enfin, une teinte jaune se montrait au pourtour des lèvres , du nez, et sur la sclérotique , etc., on déclarait le malade atteint d'une fièvre bilieuse. Cette manière de raisonner est peu rigoureuse ; et cependant il faut bien reconnaître que les hommes les plus éminents, les écoles les plus célèbres s'en sont contentés. Aussi Pinel et Broussais eurent-ils facilement raison de pareils adversaires. Broussais, cédant à l'entraînement général qui poussait les meilleurs esprits vers les études anatomo-pathologiques , remplaça ces théories humorales par une localisation presque exclusive. Malgré les services rendus par une doctrine qui était en rapport avec les progrès de la science , on s'aperçut bientôt qu'elle était erronnée, et qu'elle plaçait à tort le point de départ des fièvres dans les altérations du solide vivant, à l'exclusion de toute altération humorale. Cette étude, aujourd'hui encore peu avancée, nous apprend toutefois que la fièvre bilieuse, c'est-à-dire le mouvement fébrile et les autres symptômes , ne sont pas provoqués par de la bile qui aurait pénétré dans le sang. Il ne s'agit pas ici de rechercher si c'est une gastro-entérite ou une hépatite compliquant la première de ces inflammations, qui sont la cause de cette fièvre , non plus que de savoir si la fièvre typhoïde est une création meilleure que la gastro-entérite pour expliquer les accidents de la fièvre bilieuse ( voy. Typhoïde , fièvre ) ; nous devons seulement placer la question sur son véritable terrain.
Depuis que l'on s'occupe sérieusement d'analyse chimique, on n'a pas encore trouvé une seule fois dans le sang de la bile en nature , mais seulement un de ses principes , la matière colorante verte. L'acide nitrique est le réactif dont on se sert pour précipiter du sérum, cette matière verte qui colore l'albumine,
également précipitée. Cette coloration se présente ordinairement chez les malades atteints d'ictère. M. Martin-Solon l'a constatée dans un cas de gastro-hépatite, chez un sujet atteint d'affection cancéreuse du tissu fibreux du corps des vertèbres , et dans quatre cas de pleuro-pneumonie. L'urine, le sérum du sang , et quelquefois les 'crachats offrirent cette coloration verdâtre. Les phénomènes qui appartiennent à l'état bilieux se montrèrent également dans les quatre cas de pleuro-pneumonie. On pourrait sans doute arguer de ces faits que la pénétration de la bile dans le sang peut être la cause de l'état bilieux, d'autant plus que les évacuants sont très- efficaces, et mettent souvent fin à la maladie (M. Martin-Solon , De l'albuminurie ou hydropisie causée par les maladies des reins^. 436, in-8°; Paris 1838). Voilà des faits d'une haute importance et qui doivent nous arrêter, parce qu'il jettent quelque lumière sur l'histoire des fièvres bilieuses. Ils portent à penser qu'eu effet les phénomènes bilieux, que d'autres ont appelés l'état bilieux, dans les maladies, peuvent tenir à l'altération du sang , sinon par la bile , du moins par quelqu'un de ses matériaux. Dès lors, on peut soutenir que, dans certaines conditions pathologiques encore peu connues, il est possible que la fièvre s'allume sous l'influence de cette seule altération, sans aucune autre affection locale bien caractérisée. Il y a encore bien d'autres questions que l'on pourrait également soulever , et auxquelles il serait fort difficile de répondre. Cependant, si l'on ne veut point sortir du domaine des faits positifs, on doit établir que la fièvre bilieuse primitive, produite par la seule pénétration de Iabile ou de ses matériaux dans le sang, et indépendante d'une maladie locale , qu'une fièvre semblable ne s'est peut-être pas présentée une seule fois aux observateurs modernes, ou du moins qu'on n'a jamais démontré cette altération. On peut même objecter que si la présence des matériaux de la bile était la véritable et la seule cause de la fièvre bilieuse, elle devrait, à coup sûr, en déterminer tous les symptômes dans les cas d'ictère : dans cette maladie, en effet, on est bien sûr que quelques-uns des principes de la bile ont passé dans le sang , puisqu'on voit tous les tissus , tous les organes , tous les liquides du corps, entre autres le serua du sang, présenter une coloration jaune fortement prononcée. Personne cependant n'a vu l'ictère donner lieu à la fièvre bilieuse. Nous croyons que, dans les cas où ' les phénomènes bilieux se montrent, il y a une autre cause que la présence des éléments de la bile , et cette cause nous ne la connaissons pas.
Un autre exemple nous servira encore à montrer avec quelle légèreté on a admis les fièvres produites par des altérations humorales. On a beaucoup parlé des fièvres laiteuses, c'est-à-dire produites par !c
FIÉ - 42
pis a>c dî hit ou de quelqu'un de ses éléments dans le >ang. On sait aujour l'iiui que l'aspect laiteux de certaiu sang d;peud, suivant les expériences de Christison, de la suspension au milieu du sérum d'une matière grasse qui y forme une sorte d'émulsion , ou, suivant ft. Caventou, de ce que de l'albumine modifiée est mêlée au sérum. Dans le cas où l'on a trouvé ce prétendu sang laiteux, il ne s'était manifesté aucun des symptômes de la fièvre de lait. Jamais on n'a trouvé dans le sang du lait pur, ni son élément principal, le caséum. Ainsi donc les fièvres qu'on appelle laiteuses ne sont pas produites par la modification que l'on supposait exister dans la composition normale du sang, et doivent être rejetées comme n'ayant aucun fondement.
On peut en dire autant de la fièvre urineuse. Une observation superficielle et fausse en a fait d'abord admettre l'existence, d'après quelques symptômes assez vagues, et l'humorisme s'est bientôt emparé de ces faits pour les accommoder à ses théories de prédilection. C'est encore la chimie moderne qui a achevé de déchirer le voile qui couvrait l'étiologie de ces fièvres urineuses. Elle nous apprend d'abord que l'urine, pas plus que la bile , ne passe en nature dans le sang; qu'un de ses principaux éléments, l'urée, s'y rencontre dans plusieurs maladies, et que, loin de voir paraître, dans ces cas, les symptômes de la fièvre dite urineuse, ou les autres accidents qu'on rapportait à une telle cause, on n'observe rien de semblable : les symptômes sont tout à fait différents.
Ainsi donc, deux humeurs, la bile et l'urine, que l'on upposait capables d'altérer profondément toute l'économie, et de produire la fièvre, et bien d'autres accidents, loin de passer en nature, comme ou Ta cru jusque dans ces derniers temps, n'y laissent pénétrer que quelques-uns de leurs éléments, et, dans ces cas-la, on ne retrouve aucun des symptômes que l'on avait coutume de considérer comme les signes positifs de ces fièvres. Voilà ce qu'il nous importait d'établir, afin de montrer- à quel point de vue il convient de se placer aujourd'hui , si l'on veut débrouiller quelque chose dans l'histoire passablement confuse des fièvres, et en effarer les descriptions qui ne sont établies que dur des spéculations hasardées, que rien ne lég lime, et dont on a peine à comprendre le
Il est mutilé de nous arrêter à l'examen des questions agitées \« rs la \\n du dernier siècle , el au commencement de celui-ci, sur la cause des fièvres putrides , malignes , CtC. ; <H''s ne peuvent plus être
résolues née les mêmes arguments que ceux employés à ees époques. (Test aui mots Sabc et Ti pboIdb fièvre) qu'elles seront in
On voit , uaprès ce qui pièce le , que les altérations du sang ne. peuvent rendre compte jusque pré enl
FIE
de la production des fièvres dites bilieuses. Celle que Ton désigne encore, dans les traités récents te pyrétologie , sous le titre de fièvre inflammatoire } est-elle indépendante de l'altération du sang? Nous avons déjà signalé celle que l'on a rencontrée, el qui consiste dans une augmentation considérable de globules, la fibrine restant normale. Cette analyse, qui ne nous éclaire pas sur la véritable nature de cette maladie, nous permet tout au moins d'affirmer qu'elle n'est point une maladie que l'on puisse jusqu'à présent localiser; elle doit donc prendre place au nombre des fièvres primitives.
Il nous reste à parler de ces états morbides que l'on a considérés comme autant d'éléments qui, sans constituer les fièvres, sans en être la cause principale, jouent cependant un certain rôle dans les accidents qui les accompagnent : ce sont les états que l'on a qualifiés des noms ÏÏ inflammatoire , de bilieux, de muqueux j de nerveux , ftadynamiquc , iïataxique. On a objecté à ceux qui admettent l'existence de ces conditions morbides que si ces états ne sont pas la maladie même , ils constituent alors une de ces manières d'être du corps, compatibles avec la santé, que l'on appelle tempérament ou idiosyncrasie ; que, s'ils sont déjà des maladies, ils ne sont plus distincts des maladies mêmes qui ont des noms bien déterminés dans la nosographie , et que l'on appelle fièvre typhoïde j gastrite } gastro -entérite , au choix; qu'ainsi donc, il est impossible de créer de pareilles entités, de faire des êtres aussi abstraits, pour les séparer de leurs propres corps , c'est-à-dire de la maladie même. Ce raisonnement est confirmé par l'observation : comment, en effet, comprendre que, dans une pneumonie bilieuse, il y a un état bilieux et une pneumonie, et que l'un n'est pas la cause de l'autre ? N'insistons pas davantage ; faisons remarquer seulement que si on a voulu dire que, dans les fièvres, comme dans les autres maladies, il y a un fond commun qui est la cause évidente, palpable, de la maladie, et qu'à son occasion certains appareils se prennent plus particulièrement chez certains sujets, dans certaines conditions hygiéniques données, que dans d'autres, et que l'on a ainsi des formes inflammatoires, bilieuses, ataxiques, ady mimiques, rien n'est, plus vrai et plus conforme à la nature ; mais ce ne sont pas là des états particuliers qui doivent être distingués de la maladie, à moins que Ton ne veuille ériger les prédominances d'organes et de fonctions, éveillées passagèrement par une maladie, en autant d'états auxquels on imposerait un nom particulier. Ce sont des manières d'être de la maladie ou des influences sympathiques envoyées par elle, et rien de plus. Quand on voit paraître, dans le cours et dès le début d'une lièvre typhoïde , fa Forme inflammatoire ou adynaniique.ou est conduit à penser, d'après les opinions
FIE
généralement reçues sur cette maladie, que, dans le premier cas, le système vasculaire est plus excité, ou que le sang est modifié d'une certaine manière dans ses quantités ou ses qualités; dans le second cas, on doit croire que le système nerveux est troublé dans ses fonctions , qui perdent en grande partie leur activité , et sont frappées de stupeur. Ces états, ou , pour nous servir d'une expression plu* juste , cette modalité de la maladie , ne sont pas les mêmes , quoique la cause visible de la maladie ne change pas: c'est toujours l'ulcération des plaques de Payer qui , pour la plupart des médecins , est la cause des accidents.
La fièvre elle-même n'est qu'un mode de manifestation d'un état morbide qui appartient à un grand nombre de maladies très - diverses par leur siège , leur nature , leurs causes , leurs symptômes; elle se montre presque constamment dans les maladies qui , en raison même de celte circonstance, ont reçu le nomàe fièvres ; nous devrions dire constamment, si l'on avait assigné au moi fièvre sa véritable signification. Nous avons fait remarquer ailleurs (De la fièvre) que, si Ton voulait donner le nom de fièvre à un état morbide toujours constitué par l'accélération du pouls et le trouble de la ealorification, qui d'ordinaire est augmentée, on n appellerait pas fièvres les maladies dans lesquelles on ne reucontre pas ce symptôme. Or , les auteurs anciens décrivent des fièvres dans lesquelles il n'y a pas d'accélération du pouls, mais, au contraire, un ralentissement très-marqué; et ils en infèrent qu'il y a des fièvres sans accélération du pouls. Cette manière de raisonner est on ne peut plus vicieuse. S'il n'y avait pas réellement les symptômes que nous avons considérés comme étant les seuls caractères essentiels de l'état fébrile, il ne fallait pas imposer le nom de fièvres à ces maladies, pour dire ensuite qu'il y a des fièvres sans les symptômes ordinaires de l'état fébrile.
La fièvre n'étant qu'une manière d'être de l'organisme malade, il doit en résulter qu'une foule d'autres manières d'être également morbides, que d'autres modalités pathologiques , qu'on nous passe cette expression, pourront se rencontrer en même temps qu'elle dans le cours d'une fièvre symptomaîique ou primitive et essentielle. Ainsi, une pneumonie frappe le sommet d'un poumon, et l'on voit surgir la fièvre symptomaîique, et l'état adynamique ou ataxique : voilà deux modalités pathologiques qui s'unissent. Il en est de même, et à plus forte raison, dans les fièvres. Ainsi, prenons pour exemple la variole , qui est pour nous une fièvre: nous y trouvons la fièvre et l'éruption, qui constituent les deux modalités pathologiques essentielles de cette maladie ; mais il peut s'en ajouter d'autres : les symptômes ataxiques , inflammatoires , adynamiques , etc. , se développent fréquemment. On conçoit