‹ Compendium de médecine pratique, ou, Exposé analytique et raisonné des travaux contenus dans les principaux traités de pathologie interne (volume 3)Chapitre 15 sur 32 · I -ion d'un grand nombre de femmes en couches en un · texte numérisé non relu

I -ion d'un grand nombre de femmes en couches en un

i nême lieu , et souvent en un lieu trop étroit ; dans les

I émanations provenant de linges imprégnés du liquide

les lochies; dans la mauvaise disposition des hôpi-

aux, qui expose les femmes en couches au froid,

\ l'humidité, aux brusques changements de tempé-

ature , ou qui ne permet pas une ventilation suffi-

ante; dans le voisinage de fosses d'aisance, d'é-

youts, de pavillons de dissection; dans l'insuffisance

les soins de propreté; dans des émotions morales vives

;t dépressives ; MM. Voillemier, Lasserre, Bidault et

Lrnoult n'hésitent point à accorder une influence ca-

►ilale aux conditions antihygiéniques que nous ve-

lons d'énumérer, et ils leur attribuent, en grande

•artie, les épidémies si fréquentes et si meurtrières

[ui déciment, à Paris, la Maternité et l'hôpital des

ili niques. M. Lasserre a montré , par un relevé des

ccouchements et des décès qui ont eu lieu à la Ma-

ernité de 1830 à 1841, que quand le nombre des

ccouchements est plus considérable, la mortalité

ii^Mueute dans un rapport tel que la proportion des

s aux accouchements devient deux fois plus

orie ; que les chances de fièvre puerpérale sont d'au-

aut plus grandes que l'atmosphère occupée par une

'emmeen couches est moins considérable, et que le

enouvellemeut de celte atmosphère est moins com-

Ict ;thèse citée, p. 21-24).

M. Dubois n'adopte cette opinion qu'avec de grandes restrictions; il fait remarquer que l'hôpital d'accouchements de Dublin, que celui delà cité de Londres réunissent toutes les conditions désirables de salubrité, et que cependant ils ne sont pas plus à l'abri de la fièvre puerpérale que les hôpitaux de Paris. «Pourquoi, dit M. Dubois, sans que les conditions hygiéniques d'un hôpital et des lieux circonvoisins soient changées , sans diminution notable dans la population et le nombre des accouchements, voit-on, non pas certainement sans exception, mais fort souvent, l'état sanitaire rester satisfaisant, ou du moins les cas de maladie être rares et isolés? L'hôpital général d'accouchements de Westminster, à Londres, qui ne contient que quarante à cinquante lits, trèsbien construit et distribué , parfaitement tenu sous tous les rapports , est entouré d'égouts ouverts qui reçoivent toutes les immondices du quartier de Lambeth. Cette circonstance est considérée comme ayant eu une grande influence sur le développement des épidémies horriblement meurtrières qui y sévirent en 1828, 1829,1835, 1836 et 1838. Mais pourquoi, toutes ces circonstances restant les mêmes, la maladie ne se rencontre-t-elle pas dans les années intermédiaires épidémiquement , mais seulement sous la forme sporadique? Ne semb!e-t-il pas aussi que l'influence des miasmes qui s'élèvent de ces égouts doit être particulièrement délétère pendant les chaleurs? Eh bien , c'est pendant les premiers et les derniers mois de l'année que la maladie exerce le plus de ravages; et, chose remarquable, dans l'espace de douze ans, de 1827 à 1838, pas une femme ne succomba en juillet!

Ne voit-on pas, continue M. Dubois, la fièvre puerpérale exercer ses ravages parmi les femmes isolées qui, en Angleterre, reçoivent au dehors des hôpitaux les soins de sages-femmes accréditées? Dans la pratique civile, au milieu des circonstances hygiéniques les plus favorables, la maladie ne se reocontre-t-elle pas quelquefois avec ses caractères les plus graves? N'a-t-on pas vu, en temps d'épidémie, la mortalité fournie par la pratique civile l'emporter sur celle des hôpitaux ? Quelques épidémies ne débutent-elles pas dans la ville avant de ravager les hôpitaux? Beaucoup de cas d'une excessive gravité avaient été signalés dans différents quartiers bien avant que l'épidémie d'avril 1841 éclatât à la Maternité, et ceux qui se sont ensuite manifestés dans Paris, loin d'être dus au rayonnement de ce grand foyer, n'étaient, que le produit d'une influence générale qui étendait SCS ravages partout où elle trouvait des conditions favorables à son action (Dubois y /oc. cit.j p. 340- 342).

A l'époque où deux, trois et quelquefois quatre femmes uouvellemeut accouchées étaient pressées

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