‹ Compendium de médecine pratique, ou, Exposé analytique et raisonné des travaux contenus dans les principaux traités de pathologie interne (volume 3)Chapitre 18 sur 32 · PUT · texte numérisé non relu

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nies ; il faut enfin détruire la peau et la chair des animaux malades, les enterrer à de grandes profondeurs, et défendre de livrer aux travaux industriels les diverses matières qui en proviennent. Les personnes qui sont appelées à donner des soins aux animaux doivent redoubler de précautions de toute espèce , afin de ne pas absorber, par quelque point du corps, les liquides spécifiques, qui ne manqueraient pas de produire la pustule maligne. Ces précautions sont surtout nécessaires pour les bergers , les vétérinaires et ks fermiers. Dès qu'ils aperçoivent sur une partie de leur corps un bouton semblable à uue piqûre de puce, ils ne doivent pas perdre un seul iustant, et recourir immédiatement à la cautérisation , avant toute autre espèce de traitement. Ils doivent s'abstenir de tous les remèdes empiriques qui ont été préconisés et qui sont en vogue dans les campagnes. Ils doivent appeler sur-le-champ un homme de l'art, afin qu'il décide si le bouton qui a paru à la surface du corps est une pustule maligne , et de quelle manière il doit être traité. La cautérisation doit être pratiquée avec le fer rouge ou les différents caustiques. On ne doit pas accorder une préférence exclusive à l'un ou l'autre de ces agents de la cautérisation. Le premier convient surtout lorsqu'on n'a pas à sa portée un caustique puissant, lorsqu'il importe d'agir avec promptitude , et que les parties du corps qui sont le siège du mal ne renferment aucun organe important. Les escharotiques que l'on emploie le plus ordinairement sont la potasse caustique , le chlorure d'antimoine, et les acides suifurique, hydrochlorique et nitrique concentrés. Les traités de chirurgie renferment tous les préceptes que l'on doit suivre pour rendre les cautérisations plus profondes, et pour atteindre toute la partie mortifiée; nous ne pouvons entrer dans des développemeuts qui sont du domaine de la pathologie externe. Lorsque l'eschare est déjà formée et s'étend à une certaine profondeur, on pratique une incision cruciale qui comprend toute la partie morte , et permet alors de porter plus sûrement le caustique jusqu'aux limites du mal. On a conseillé l'usage extérieur d'une forte décoction d'écorce de chêne, de quinquina, ou l'application de ces mêmes substances* réduites en poudre. Ces agents thérapeutiques ne doivent être considérés que comme purement accessoires.

On peut, dès le début de la pustule maligne, prescrire un certain nombre de médicaments dans l'intention d'arrêter ou de neutraliser les effets délétères du virus absorbé. Ce traitement est indispensable lorsque les symptômes adynamiques se sont développés. On a vanté les bons effets de la saignée générale ; mais cette médication ne compte qu'un trèspetit nombre de partisans et doit être entièrement abandonnée. Elle ne pourrait guère être employée que

dans les cas où des phénomènes d'excitation générale viendraient à se manifester. Si les symptômes adynamiques prédominent , on emploie les préparations de quinquina: le vin et la décoction spécialement; le camphre, l'acétate d'ammoniaque, les acides minéraux , et on soutient le malade avec des bouillons, du vin de Bordeaux trempé , et des boissons féculentes et un peu analeptiques.

PUTRIDE ( Fièvre ). — Fiêure adynamique de Pinel.

«Doit-on s'étonner, dit Pinel, si la dénomination de fièvre putride a joui d'une si grande vogue en médecine, et si elle a passé de là avec tant de facilité dans le langage ordinaire? Les apparences les plus frappantes ne semblent-elles point déposer en sa faveur ? L'odeur fétide des déjections , des sueurs, et de l'urine que rendent les malades, la prompte décomposition du corps , la couleur verdâtre du sang tiré des veines, etc. : de là, la doctrine de la putridité du sang et des humeurs» ( Nosographie philosophique j, t. I, p. 134- 6® édit.). C'est en effet, sui-~cre simples apparences et sur des considérations d'un ordre tout à fait secondaire, pour ne pas dire sur des vues fausses et erronées , qu'a été construit et que s'est soutenu pendant si longtemps le fragile édifice de la fièvre putride et des autres fièvres. Pinel luimême, ce sage et méthodique réformateur de la médecine, n'a pas su mettre à la place de la fièvre putride une maladie dont l'existence fût plus certaine. 11 n'a pas été beaucoup plus heureux que les anciens en créant la fièvre adj-namique ; car elle n'est comme la fièvre putride qu'une forme commune à un grand nombre de maladies.

Une description de la fièvre putride n'offrirait plus aujourd'hui le moindre intérêt au médecin; disons seulement en quelques mots le sens que l'on attachait anciennement à cette dénomination, et celui qu'on lui donne dans l'état actuel delà science. Quand on voyait chez un malade les symptômes adynamiques (voy. Adynamie et Adynaaiique (Fièvre) et ceux de l'état fébrile se manifester, la fièvre était réputée putride ; et comme l'adynamie peut, en définitive, se joindre à une fièvre continue, intermittente <yi rémittente, il y avait des fièvres putrides continues , intermittentes et rémittentes; il y en avait aussi de compliquées avec la fièvre inflammatoire, avec la bilieuse et la muqueuse. 11 est facile de comprendre aujourd'hui , grâce au progrès de l'art du diagnostic et de l'anatomie pathologique, que la fièvre putride, ou, en d'autres termes, la putridité et l'adynamie, ne sont que des formes que revêtent, l^des maladies locales inflammatoires ou non; 2° des maladies générales qui sont constamment pyrétiques. Ainsi , pour n'en citer que quelques exemples: la pneumonie a été prise souvent pour une fièvre putride, parce que le médecin, ne

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