‹ Compendium de médecine pratique, ou, Exposé analytique et raisonné des travaux contenus dans les principaux traités de pathologie interne (volume 3)Chapitre 26 sur 32 · CR · texte numérisé non relu

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manière: telles sont la variole, la rougeole, la scarlatine, la coqueluche. On voit déjeunes sujets , qui étaiefit bien portants avant que la rougeole se fût déclarée, offrir une convalescence incomplète, traversée bientôt par toutes sortes d'accidents scrofuleux : tantôt c'est une ophthalmie, une otorrhée, des engorgements glandulaires du cou , qui se montrent ; tantôt c'est le gonflement du périoste ou une carie. Les malades, ainsi que leurs parents, accusent la rougeole d'avoir produit tous ces désordres; mais le médecin éclairé sait que la fièvre exanthématique n'est que la cause occasionnelle de l'invasion des maladies scrofuleuses. M. Lugol considère comme de simples prodromes de la maladie plusieurs états morbides auxquels ÔD a attribué la scrofule, comme la fièvre de croissance, la dentition laborieuse, et les affections vermineuses (art. 2, p. 239). Nous nous sommes expliqués sur l'influence exercée par la dentition, dont Baumes a très-bien indiqué la manière d'agir.

Résumé sur les causes de la scrofule. — Nous venons de passer en revue les causes nombreuses auxquelles on a voulu rapporter l'origine de la scrofule : les uns ont cherché la cause de la maladie dans les agents de l'hygiène, dans l'air humide ou non renouvelé, dans la privation de lumière solaire, dans certaines diètes ; les autres , en plus grand nombre , soutiennent que les écrouelles sont constamment héréditaires, et résultent d'une diathèse particulière qui se transmet des pères aux enfants, et qui n'attend souvent, pour se manifester, que les conditions hygiéniques et morbides dont nous avons parlé ; cellesci ne sont donc que des causes occasionnelles ou déterminantes, et rien de plus. Si cette opinion a le défaut d'être peut-être un peu trop exclusive, elle s'adapte cependant avec une grande exactitude à la généralité des faits qui ont été observés.

Traitement prophylactique. — Nous n'accorderons que peu de développement à cette partie de la thérapeutique, parce qu'elle a été présentée avec les plus grands détails et un soin extrême lorsque nous avons décrit le traitement prophylactique de la phthisie pulmonaire; ce que nous avons dit du mariage , de la gestation, et de toutes les mesures à prendre pour empêcher le développement des tubercules aux différents âges, est applicable en tous points à la prophylaxie des scrofules, et nous ne pouvons que renvoyer le lecteur à cet article (art. Putuisie , t. vi, p. 557 etsuiv.).

Toute la prophylaxie de la scrofule consiste à empêcher la propagation de la maladie, à prévenir son développement chez les enfants issus de scrofuleux, et à combattre les accidents scrofuleux, une fois qu'ils se sont manifestés, par les mêmes agents hygiéniques auquels on adjoint ceux qui sont fournis par la matière médicale.

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Pour prévenir la prédisposition congénitale, il faudrait que l'on pût empêcher les scrofuleux de se marier. Le médecin qui a la confiance des familles ne doit jamais manquer de faire voir tous les inconvénients attachés à de pareils mariages. 11 faut surtout qu'il prévienne les mères qu'elles risquent de rester stériles , qu'elles seront exposées aux avortements si elles parviennent à devenir grosses, que leur grossesse sera probablement entravée par des accidents , que leur progéniture, faible et cacochyme, n'arrivera jusqu'à la puberté qu'après bien des orages et en conservant des marques indélébiles des scrofules, et souvent des difformités que celles-ci traînent avec elles; enfin, qu'elles sont exposées à voir périr successivement tous leurs enfants. Le médecin doit aussi rappeler, au besoin, à la famille, que de funestes dissentiments éclatent souvent entre les époux, et finissent par amener des ruptures et des haines lorsque le développement d'une affection scrofuleuse chez les enfants peut être imputé par une femme à son mari ou réciproquement, et surtout lorsque l'un d'eux a ignoré l'exii^tence de l'affection scrofuleuse dans l'autre famille. S'il est nécessaire pour un homme qui se marie de s'enquérir avec le plus grand soin de la santé de la femme à laquelle il veut s'unir, parce qu'il craint que la phthisie pulmonaire n'existe en germe chez elle, à plus forte raison est-il indispensable qu'il fasse cette investigation avec rigueur s'il soupçonne que quelque membre de sa nouvelle famille est entaché de scrofule. Nous ne saurions trop insister sur ce point, car si la maladie fait tant de ravages au sein des cités les plus populeuses et les plus riches de la France et de l'Europe, cela tient uniquement à ce que les hommes, préoccupés d'un tout autre intérêt que de leur propre santé et de celle de leurs enfants, n'ont pas honte de contracter des alliances d'où sortent des générations misérables, vouées, d'une manière certaine, à la maladie, et qui portent jusqu'à la mort les traces indélébiles de leur fatale origine.

Le médecin qui, malgré Taulorité que lui donnent ses longues et consciencieuses études sur l'homme physique et moral, ne parvient que bien rarement à faire entendre le langage de la raison, est appelé plus tard à réparer le mal que produisent les causes déplorables dont nous venons de parler. Il faut alors qu'il s'occupe du choix de la nourrice, et il doit, avant toute chose, empêcher les mères scrofuleuses de nourrir leurs enfants; ce précepte est absolu, et ne permet aucune transaction avec les petits intérêts et les petites passions de la mère. Si sa santé est excellente, si : Ton n'a pas lieu de craindre qu'il se trouve dans la ligne ascendante maternelle quelques scrofuleux, on doit conseiller rallaitenieiit maternel. Dans le cas contraire, on choisira une nourrice qui remplira les

conditions que nous avons indiquées ailleurs (voy. Phthisie, t. vi, p. 558).

Les sujets prédisposés doivent changer fréquemment de lieux lorsque leur fortune le leur permet, habiter de préférence des maisons placées sur des montagnes, balayées par des vents, user d'une alimentation mêlée ou très-riche en azote, s'ils ont été condamnés à vivre pendant longtemps de substances végétales et féculentes; il est nécessaire, en un mot, de chercher à bien connaître les conditions hygiéniques au milieu desquelles ont vécu les sujets , afin de savoir comment doit être dirigé le traitement hygiénique. Korlum , Hufeland. Baumes , Baudelocque et tous les auteurs qui ont écrit sur les scrofules, déclarent que sans ce traitement, tous les autres remèdes échoueraient complètement.

Traitement pkarmaceutique. — I! doit comprendre : 1° l'élude des divers agents à l'aide desquels on .se propose de combattre la diathèse scrofuleuse; 2^ les médications qui sont utiles pour guérir les maladies scrofuleuses; nous n'accorderons que peu de développement à cette dernière partie de la thérapeutique , qui varie autant que les accidents scrofuleux.

Médication antiscrofuleuse. — On peut répéter aujourd'hui ce que Gullen écrivait à la fin du dernier siècle : «Nous ne connaissons encore, pour la guérison des écrouelles , aucune méthode certaine, ou au moins qui réussisse généralement» (p. 336). Malgré les éloges qu'on a décernés à l'iode et à ses composés, il faut dire qu'ils ne sont suivis bien souvent d'aucun effet salutaire et qu'on ne peut pas les considérer comme des antiscrofuleux par excellence; nous allons chercher d'ailleurs à nous faire une juste idée de l'action exercée par ces médicaments.

A. lodure de potassium. On a donné pendant longtemps la teinture alcoolique ou éthérée d'iode et le sirop d'iode ; la première a été préconisée par Goindet, de Genève. M. Lugol remplaça d'abord ces préparations par l'eau minérale iodée dont il avaitfait trois degrés, et qu'il formait en faisant dissoudre l'iode dans Teau distillée [Mémoire sur l'emploi de r iode dans les maladies scrofuleuses ^ p. 48, in-8": Paris, 1829). 11 s'aperçut bientôt que l'iode étant peu .soluble, il était préférable de préparer une solution aqueuse d'iodure de potassium {Mémoire sur l'emploi des hains iodurés , etc., p. 173, in-8"; Paris, 1830). Il commence le traitement par 2 à 3 centigrammes d'iodure; quinze jours après,

4 centigrammes; dans le cours de la quatrième ou au commencement de la cinquième quinzaine,

5 centigrammes; il dépasse rarement 6 à 7 centigrammes par jour (ouvr. cité, p. 174).

L'iodurc ioduré de p(ttassium est la préparation à laquelle tous les médecins accordent la préférence.

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MM. Lugol (Joe, cit.), Guersant (art. Scrofule , Dictionnaire de médecine, 2^ édition , p. 239, et art. Iode, p. 92), Baudelocque (ouvr. cité, p. 256), l'emploient exclusivement à l'intérieur dans le traitement de la scrofule. On peut donner l'eau iodurée dont M. Lu^ol indique ainsi la composition: iode, 20 centigrammes; iodure de potassium, 40 centigr.; eau, 500 gram. La meilleure manière d'administrer l'io dure de potassium est d'en faire préparer une solution aqueuse dont les proportions soient connues ; de mettre, par exemple, 1 gram. d'iodure par 30 gram. d'eau distillée. On en fait prendre une , deux ou trc is cuillerées à bouche , suivant qu'on veut donner 50 cenligr., 1 gram., 1 gram. 50, et ainsi de suite ; on peut n'administrer qu'une cuillerée à café, et l'on saitainsi à peu près quelle est la quantité d'iodure que le malade prend chaque jour. M. Payan a proposé, pour combattre la syphilis , une potion iodurée qui peut très-bien servir aussi dans le traitement des scrofules : ^ iodure de potassium, 30 ou 75 ccntigr.: sirop simple, 25 ou 30 gram.; eau de laitue, 200 gram. à prendre eu quatre fois dans le jour (De l'Emploi de Ciodure de potassium dans les maladies syphilitiques; Revue médic, p. 377, novembre 1845). On conçoit, du reste, que ces préparations peuvent être variées à l'infini. On commence par 30 à 40 centigr. d'iodure chez les enfants, par 50 à 60 centigr. chez les adultes, et l'on peut en porter les doses jusqu'à 2 et 3 gram. par jour .si le médicament est bien supporté. M. Baudelocque a remarqué qu'il est convenable d'étendre la solution dans la tisane et de l'administrer en trois ou quatre fois dans le courant de la journée (p. 253). Tel est le mode d'administration qui doit être préféré à tous les autres, et qui est généralement adopté aujourd'hui. Les infusions de houblon, de gentiane, de feuilles de noyer ou toute autre tisane, servent à étendre la .solution iodurée.

On continue l'usage intérieur de l'iodure, soit à doses croissantes, soit à doses stationnaires, pendant quatre à six semaines, puis on le suspend et on purge les malades une ou plusieurs fois avec un sel alcalin , et on recommence la médication indique si CD la juge nécessaire , après huit ou quinze jours d'interruption. On est bien rarement contraint de renoncer à ce médicament. M. Guersant dit que sur plusieurs centaines de scrofuleux auxquels il l'a administré, il pourrait à peine citer un ou deux individu.s par cent qui n'ont pu le supporter (p. 239). Lorsqu'il produit de mauvais effets, on observe des douleurs gaslralgiques violentes, la perte de l'appétit et la diarrhée; M. Baudelocque a vu survenir des ulcérations sur les joues, les gencives et la langue après un us^gc prolongé de l'iode (p. 258). Coindel, Gairdner, Hufeland parlent d'amaigrissement, (de

fièvre, de palpitations, de toux sèche, d'insomnie, de tremblement et d'enflure; l'iodure de potassium ne détermine presque jamais ces funestes résultats.

Pendant que l'on administre ainsi les préparations d'iode à l'intérieur, on fait prendre des bains indurés , trois fois par semaine , et pendant une demiheure ou une heure suivant qu'il existe ou non des surfaces ulcérées. M. Lugol a donné quatre formules différentes de bains indurés pour les enfants et un nombre égal pour les adultes {Mém. sur l'emploi des bains, p. 209; 1830) ; on est sur de ne produire que de bons effets en commençant par : ^ iode, 2 gram. 50; iodure de potassium, 5 gram., en solution dans: eau 1 kilog., pour mêler à l'eau du bain. On peut aller sans crainte jusqu'à : iode, 5 gram., iodure de potassium, 9 à 10 gram.; pour une baignoire d'enfant (300 litres). On peut prescrire des doses intermédiaires selon les âges , les susceptibilités individuelles et les époques du traitement. M. Baudelocque donne la formule suivante pour un bain d'enfant de 300 litres : ^ iode, 8 gram. ; iodure de potassium, 20 gram. ; eau de pluie, 1 kilogr. (p. 268). Pour un adulte: "^ iode, de 7 à 15 gram.; iodure de potassium, 16 à 30 gram.; eau distillée, 1 kilogr. On peut encore élever les doses que nous venons d'indiquer. Les bains iodurés doivent être préparés dans des baignoires en bois. Sous leur influence immédiate la peau rougit , se couvre de miliaires et se colore en jaune; cette teinte que prend la peau ne se dissipe pas toujours d'un bain à l'autre. On peut faire servir le même bain plusieurs fois pour le même malade, ou pour plusieurs malades successivement. Le prix des bains iodurés est même si élevé depuis quelque temps qu'on est obligé de recourir à ce moyen pour en faire profiter les gens qui appartiennent à la classe pauvre de la société. Les effets salutaires que produisent les bains iodurés ne sont pas purement locaux: s'ils exercent une influence heureuse sur les ulcères, dont ils modifient la vitalité et tarissent la suppuration, sur les trajets fistuleux et les engorgements glandulaires, ils ne sont pas moins utiles pour empêcher les progrès des autres accidents de la cachexie scrofuleuse. On se sert aussi de solutions indurées plus ou moins fortes pour exciter les ulcères ou injecter dans les fistules scrofuleuses : if iode , 6 décigrani. ; iodure de potassium, 1 gram. 20 centigr.; eau, 500 gram. ; ou bien ^ iode, 1 6 gram. ; iodure de potassium, 31 gram. ; eau distillée, 190 gram. Cette dernière solution caustique est utile pour toucher les ulcères.

L'emploi extérieur de l'iode uni à un corps gras concourt à rendre plus marqués les effets du médicament administré à l'intérieur. On emploie tantôt l'iodure de potassium où l'iodure de plomb, tantôt l'iodure de mercure. M. Lugol se sert de quatre for-

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mules différentes pour la préparation de ces pom- .mades: :^iode, 6 ou 9 décigram. 1,20 cent. 1,5 cent.; iodure de potassium , 1,20, 7,65, 9,9; — axonge, 62 grammes (2^ mémoire, p. 181; 1830). M. Baudelocque fait frictionner toutes les parties engorgées avec une pommade composée d'iodure de potassium, 4 gram. ; iode pur, 6décig.; axonge, 31 gram. L'iodure de- plomb est pour la même quantité dans la pommade qu'elle constitue, et l'iodure de mercure seulement pour 2 gram. Il ne croit pas utile de varier à chaque instant la quantité d'iodure , comme l'a proposé M. Lugol. Il lui semble préférable de remplacer une pommade par une autre (p. 263). Les frictions doivent être faites sur les engorgements glanduleux deux fois par jour, pendant quatre à cinq minutes. On n'a pas observé qu'une des pommades fût préférable aux autres.

Si nous cherchons maintenant à apprécier les effets de la médication iodique, nous trouvons parmi les auteurs deux opinions tout à fait opposées : les uns, à la tête desquels se place M. Lugol, soutiennent qu'elle fait des miracles et jouit de propriétés antiscrofuleuses à un degré très-marqué; les autres vont jusqu'à dire que le médicament n'a jamais guéri un seul scrofuleux. Voici quelle est sur ce point l'opinion des médecins qui ont eu occasion d'étudier les effets du traitement par l'iode sur un nombre considérable de scrofuleux. M. Guersant dit qu'il est entièrement revenu du peu de confiance que l'iode lui avait inspiré d'abord : o II m'a toujours paru plus ou moins utile sur les deux tiers au moins de ceux auxquels je l'ai donné; c'est surtout dans les adénites, les abcès et les ostéites simples non tuberculeuses, que les préparations d'iode m'ont paru surtout recommandables » (art. Scrofule, loc. cit., p. 239). Sur 67 enfants que M. Baudelocque a traités par l'iode , 1 5 ont été guéris des symptômes apparents de la maladie; 14 ont éprouvé une amélioration très-grande; chez 13 elle n'était pas aussi évidente, mais laissait cependant entrevoir une guérison éloignée; 5 oot à peine éprouvé des changements dans leur état, et 20 n'ont retiré aucun bien du traitement (p. 282). « Le médecin que nous venons de citer, après avoir examiné l'influence que l'iode a exercée sur chaque groupe de maladie scrofuleuse, arrive à conclure qu'il n'est aucun remède, quelle que î^oit d'ailleurs la vogue dont il jouisse , qui ait opéré une masse de guérisons aussi grande dans un laps de temps aussi court » (p. 453 et 46 1 ). M. Jolly lui accorde aussi une grande supériorité sur les autres médicaments (irt. cité, p. 590). Les médecins qui ont le plus de confiance dans ses effets sont loin de croire qu'il guérit les scrofules, comme le quinquina les fièvres intermittentes; ce sont là de ces exagérations dont le bon sens médical a

fait promptement justice. « L'iode, dit M. Guersant, n'a rien de plus spécifique que les autres médicaments » (p. 239).

B. Préparations mercuricdes. Presque tous les composés hydrargyriques ont été employés pour combattre la scrofule; un grand nombre de médecins ont été conduits à les prescrire, parce qu'ils ont supposé que le virus scrofuleux provenait du syphilitique, ou parce que les propriétés dites altérantes du mercure devaient modifier heureusement toute la constitution. Les frictions mercurielles, la liqueur de Van Swielen , le calomélas, le mercure gommeux de Plenck , le remède altérant de Plummcr , le sirop de Bellet, l'eau mercurielle de Theden , ont été souvent administrés. par un grand nombre de médecins, à la fin du siècle dernier (voy. Baumes, p. 230). Fothergill etAckenside combinent le calomélas oulesublimé au quinquina, au soufre doré d'antimoine, à l'extrait de ciguë, etc. Portai et Salmade associent au mercure lesanliscorbutiques (Portai, Observât, sur la nature et le trailem. du rachitisme, p. 5). Hufeland, qui a préconisé plus que tout autre l'usage du mercure, le croit dangereux dans la dernière période des scrofules (ouvr. cité, p. 172). Gullen n'en a jamais observé de bons effets ( p. 337 ). Hufeland a vu les affections de la peau, les ophthalmies, les engorgements glanduleux et la dureté du ventre disparaître deux ou trois semaines après l'administration du sulfure noir de mercure, uni à la magnésie et à la rhubarbe. M. Baudelocque, qui a donné à sept enfants ce remède, à la dose de 10 cenligr. à 1 gramme par jour, ne lui a pas reconnu les grands avantages dont parle Hufeland (p. 477). L'idée de faire des frictions mercurielles sur les glandes scrofuleuses s'est offerte à un grand nombre de médecins , qui ne leur ont reconnu aucune propriété résolutive bien manifeste. Les tumeurs restent stationnaires ou suppurent (Guersant, p. 239). H est prcNsque inutile de dire que si les scrofules étaient compliquées de syphilis, l'^s préparations mercurielles seraient formellement indiqut'es. On peut encore tenter cette médication chez les sujets en proie à des périoslites, à des caries, à des ulcérations aloniques , lorsque les autres médicaments ont échoué. En pareille circonstance le proto ou deutoiodure de mercure est le remède qui doit être préféré à tout autre ; on peut, en lui associant les toniques, la quinquina, la ^igue, quelquefois l'opium , opérer parfois un chang(;ment heureux dans tout l'organisme. Les amers, les excitants, les purgatifs et les mercuriaux combinés ensemble et formant une médication empiiique fort singulière, n'en ont pas moins produit d'heureux effets, dans plus d'un cas désespéré. H faut toujours chercher à prévenir le ptyalismc et le trouble des fonctions digcslives quand ou administre les mercuriaux.

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G. Antimoniaux. On a fait usage de l'antimoine métallique, mais surtout du sous-hydrosulfate d'antimoine sulfuré (kermès minéral), du vin émétique et du tartre stibié. Malouin et Lewis vantent les bons effets du sulfure dans les affections scrofu- Jeuses (Baumes, ouvr. cité, p. 238). Hufeland lui attribue la propriété de résoudre les eng^orgements, de corriger le vice des sécrétions, de favoriser la résorption des fluides épanchés (p. 167); maigre les éloges qu'il donne à ce médicament et surtout au tartre stibié, il reconnaît qu'il affaiblit la constitution, entretient la diarrhée, et nuit aux personnes faibles. L'antimoine administré sous une forme quelconque n'a jamais paru utile à GuUen (p. 338). Thompson professe la même opinion , et croit qu'il ne peut être employé que lorsqu'il y a complication de syphilis, ou lorsqu'on a abusé des préparations mercurielles (Sam. Gooper, art. cité, p. 402). L'émétique a ses applications spéciales dans la scrofule , comme dans toutes les maladies , mais il est impossible de lui accorder aucune action sur la diathèse strumeuse. Les préparations arsenicales et spécialement l'acide arséuieux et l'arséniale de soude ont été préconisés dans le traitement des scrofules. Nous ne pouvons rien dire de cette médication qui n'a pas été suffisamment étudiée.

D. Préparations aurifères. Lalouette a conçeillé un remède antiscrofuleux , qui se compose d'or, de sayon et de fer (savon antimonial solaire); il dit l'avoir vu réussir chez plusieurs malades (Baumes, p. 228). Depuis cette époque, l'or a été administré par un grand nombre de médecins et surtout par M.Ghreslien, de Montpellier , sous forme de perchlorure d'or et de çoudeà la dose de 3millig.(yigdegrain) {Delà Méthode iairalepti(]ue,elc.; in-8^, 1815. — Lettre à M. Magendie sur la préparation d'or^ etc., in-8°; Paris,1828).M.Nielditavoirobservé,commeM.Ghrestien, les bons effets des préparations d'or dans le traitement des scrofules. M. Legrand a soumis un g^'and nombre de malades à la médication aurique seule, et il s'applaudit beaucoup des succès qu'il a obtenus. Les préparations qu'il emploie sont 1*' l'or à l'état de poudre et incorporé avec uu corps gras, dans la proportion de y^Q environ ( 20 à 25 centigr- par t6 gram. d'axonge): cette pommade est destinée à faire des frictions sur les engorgements et pour panser les ulcères ; 2" l'oxyde d'or par la potasse ; 3° l'oxyde d'or par l'étain; 4" le chlorure d'or et de soude , qui est le composé aurique que l'on préfère. On unit 5 centig. de chlorure avec 10 ou 15 centig. d'amidon ou de poudre d'iris, et l'on divise en 1 0 paquets. L'un d'eux sert pour une friction que l'on fait chaque jour sur la face interne des joues , la langue ou les gencives. On a soin de ne pas toucher les dents, qui conserveraient une couleur noire pendant fort long-

temps (Legrand, De l'Or dans le traitement des scrofules, in-8°; Paris, 1837). Depuis la publication du travail de M. Legrand, d'autres recherches ont été faites dans le même sens par M. Duhamel, qui attribue à l'or une action salutaire sur les maladies scrofuleuses ( Considér. pratiq. sur les malad. scrof. et leur traitement par les préparât, d'or, in-8°; Paris, 1839). Nous persistons toutefois à dire qu'il est nécessaire de récueillir un grand nombre de faits, avant de se prononcer sur la valeur thérapeutique de l'or dans le traitement des scrofules.

E. Ferrugineux. Les différents composés ferrugineux ont été employés par Gharmettou {Essai thérapeutique et pratique sur les écrouelles^ p. 217, in-12; Lyon, 1752), par Bertrand et Kœmpf , etc. ; ils sont complètement abandonnés aujourd'hui à moins d'indications toutes particulières qui ont été fort bien saisies par Kortum (ouvr. cité, p. 126) et par Hufeland (p. 216). L'iodure de fer est un médicament précieux qui agit tout à la fois par son iode et par ses propriétés toniques. C'est à ce dernier titre que le médecin doit prescrire dans le traitement des scrofules , l'iodure de fer, les pilules de Vallet , le lactate de fer et les autres préparations martiales. Elles rendent de grands services toutes les fois que la constitution est appauvrie, soit par de longues suppurations, soit par l'effet d'une alimentation mauvaise et des autres agents de l'hygiène. C'est donc en définitive l'état anémique et la débilitation qui commandent d'une manière plus spéciale les ferrugineux. Cependant nous pensons qu'ils sont encore utiles parce qu'ils agissent sur la constitution du sang et qu'ils peuvent modifier heureusement ce fluide dont l'altération joue un si grand rôle dans la production de la maladie : aussi doit-on les admi-' nistrer de très-bonne heure en les associant aux quinquina, aux autres toniques et aux préparations iodées.

F. Sulfureux. Bordeu dit que l'administration des eaux sulfureuses , à l'intérieur et à l'extérieur, a produit bien plus souvent la guérison des scrofules que toute autre médication. Il vante surtout les bons effets des eaux thermales de Baréges et des Eaux- Bonnes. Cependant l'amour excessif qu'il avait pour son pays ne l'empêche pas de dire qu'il a vu périr plusieurs malades par l'action des eaux sulfureuses (ouvr. cité, p. 1 36). Gullen parle des eaux minérales sulfureuses et ferrugineuses, en homme qui ne croit pas du tout à leur efficacité (p. 336). Cependant il faut reconnaître, avec la plupart des médecins, que les eaux sulfureuses prises à la source produisent les résultats les plus avantageux. Nous serions fort embarrassés de dire quelles sont les eaux qui méritent la préférence; celles des Pyrénées, de Savoie, d'Arles, d'Aix-la-Chapelle, de Baden, etc., sont les sources qui

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jouissent d'une réputation justement méritée. L'amélioration et les guérisons complètes que l'on obse'ive chez les scrofuleux qui reviennent des lieux que nous venons de nommer, tiennent-elles à l'action propre exercée par les eaux , ou aux changements heureux que le voyage ne manque pas d'apporter dans les conditions hygiéniques au milieu desquelles vivent les malades? Tout en accordant la plus grande part dans la guérison à cetie influence toute puissante, il faut aussi tenir compte de l'action excitante et tonique des sulfureux. On peut d'ailleurs les remplacer par des bains sulfureux artificiels. A l'hôpital Saint- Louis de Paris , on soumet fréquemment les malades aux fumigations sulfureuses. Elles sont d'un usage continuel dans la pratique de toutes les grandes villes. Les eaux sulfureuses non thermales, celles d'Enghien, par exemple, peuvent également rendre de grands services.

G. Alcalis et sels alcalins. On a placé parmi les antiscrofuleux les plus efficaces , les alcalis , tels que le sous-carbonate de potasse et de soude, l'eau de chaux, de magnésie, le sous-carbonate d'ammoniaque. Nous pourrions à peine énumérer toutes les drogues qui constituent la médication antiscrofuleuse, et dont les alcalis forment la base; les sels de potasse et de soude, de magnésie, le nilre, les savons, les cendres des plantes marines, le chlorure de sodium , sont des substances qui méritent d'être distinguées. La grande renommée dont jouissaient les alcalis dans le dernier siècle tient à certaines théories humorales qui avaient cours à cette époque, et entre autres à celle qui veut que les acides surabondent dans les premières voies et dans les humeurs des écrouelleux; «la terre des os en est décomposée, dit Baumes , la lymphe est épaissie... Les alcalis sont donc indiqués sous toutes .sortes de rapports (p. 204). Kortum reproduit la même opinion (ouvr. cité , part. II, p. 1 1).

Le sous-carbonate de potasse ^ qui est, avec l'alcool , un des agents thérapeutiques de la fameuse préparation réputée antiscrofuleuse et connue sous le nom d'élixir de Peyrilhe, a été employé avec succès par Levret et Albildgaar; M. Baudelocque l'a donné à la dose de 2 s»'»"!- 25 sans aucun effet marqué (p. 481); il croit cependant que la solution aqueuse de ce sel peut être utile en lotion, en injection et en bains locaux et généraux. Boyer y avait confiance. Aujourd'hui un grand nombre de médecins prescrivent souvent aux sujets scrofuleux des bains alcalins, ou savonneux. Le remède du maréchal de hou^ères était composé de limaille de fer, d'hydrochlorate d'ammoniaque et de sous-carbonate de potasse. Les bains d'eau de mer, et ceux que Ton préparc avec le chlorure de sodium, sont liès-uliles; si on les fait prendre chauds, ils agissent par les \

principes salins qui sont en solution dans l'eau; nous verrons plus loin qu'ils ont une autre action tonique plus énergique et plus salutaire (vny. Bains d'eau froide). Le bain salé et chaud convient lorsqu'il y a des engorgements glandulaires et des suppurations scrofuleuses. On peut se servir de l'eau du bain pour injecter les trajets sinueux. On a aussi conseillé de faire prendre en boisson une certaine quantité d'eau de mer; il ne faut pas rejeter ce mode d'administration, surtout lorsqu'on songe que l'eau de la mer renferme de l'iodure, et qu'on a préconisé le chlorure de sodium dans les affections tuberculeuses du poumon et de quelques autres organes. On doit placer à côté des préparations médicamenteuses précédentes, les cendres d'épongés, de fucus, d'algues, de madrépore, etc. Les plantes marines ont souvent servi à faire des décoctions salutaires, en raison des principes salins et iodurés dont elles sont chargées.

Le chlorure de chaux , conseillé par Fourcroy, jouit de propriétés analogues au chlorure de baryte. Les lotions faites avec la solution de chlorure sont utiles dans les ulcérations scrofuleuses. Vering dit que cette solution a pour effet de modérer la suppuration (ouvr. cit., p. 34).

Vhfdrocklorate de baryte a été préconisé par Adair Grawford ( On the médicinal proprieties of the muriated baryte , 1 789 ),qui le regarde comme un excitateur du système lymphatique. Hufeland dit qu'il rend surtout des services dans le traitement des symptômes tels que les engorgements des glandes , les hydropisies, les affections de la peau, les ulcères, les ophthalmies ; il ne le cède, dans ce cas, ni au mercure ni à l'antimoine » (ouvr. cit., p. 195). Il se sert de la formule suivante : '^^ hydrochlorate de baryte et de fer, âà 2 gram. ; faites dissoudre dans eau distillée, sirop d'écorce d'oranges, aâ 31 gram. La dose est de 20 A 30 gouttes et plus toutes les trois heures. Les essais nombreux que l'on a faits avec ce médicament ont fourni des résultats contradictoires. Hébréard l'a vu opérer quelques guérisons; Burns dit que l'on ne peut compter sur son action , et Thomson ne lui accorde aucune espèce de confiance (in Dictionn, de chir. prat. de S. Gooper, loc. cit., p. 401). M. Baudelocque l'a fait prendre ^ 22 malades, et en a suivi les effets avec un soin extrême. Il faisait mettre 5 centigr. de sel de baryte par 31 gram. de véhicule; une cuillerée à bouche représente 2 à 3 centigr. du médicament : il en a rarement porté les doses au delà de 15 centigr. par jour, en deux fois, matin et soir. On frictionnait en même temps les engorgements glanduleux avec une pommade composée de : hydrochlorate de baryte, 4 gram.; axonge, 31 gram. Sur 22 malades , 3 .sont sortis guéris; 3 avec une amélioration très-grande ; chez six autres, lechangement n'a

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pas été aussi marqué; et il a été presque nul chez 10 (p. 495). Quatre ophlhalmies scrofuleuses anciennes, deux ulcérations de la peau , deux abcès sous-cutanés avec engorgement du tissu cellulaire voisin, enfin, un engorgement glanduleux, lui ont paru céder à l'usage de ce remède. Quand on le donne avec précaution et à doses graduées , on n'observe pas ces effets dangereux dont M. Lepelletier a tracé un tableau fort inexact; quelques enfants ont de la diarrhée, des coliques, de l'anorexie ; mais ces symptômes cèdent promptement pour peu que l'on suspende l'administration du sel de baryte. Cependant il faut le donner avec circonspection et lorsqu'il n'existe ni fièvre, ni aucun signe d'irritation intestinale. Les résultats obtenus par M. Baudeiocque sont trop peu décisifs pour que l'on ne soit pas obligé de déclarer que les bons effets du muriate de baryte sout tout au moins fort conlestables.

L'hfdrochlorate d'ammoniaque a été donnée a l'intérieur sans aucun succès bien marqué. On l'a proposé comme topiquedans les engorgementsscrofuleux.

Médicaments tirés du régne végétal et réputés aniiscrofuleux. — Us se composent presque exclusivement de plantes qui contiennent des principes amers et astringents, ou des huiles essentielles ou fixes. On a beaucoup employé les décoctions, les sirops et les sucs préparés avec les plantes dites anù^ scorbutiques, telles que le cresson , le cochléaria, le raifort, le sinapis, le trèfle d'eau, la gentiane, Ja chicorée, le pissenlit, la scorsonère, la .saponaire; d'autres préfèrent les végétaux riches en principes aromatiques et excitants comme ceux qui se trouvent en grand nombre dans la famille des labiées (sauge, romarin, chamœdrfs, mélisse^ dlctame, etc.) , et d'autres encore {camomille, arnica, fenouil, anis j pyrola umbellifera ^ badiane , clou de gérojle, noix muscade, amome, safran, millepertuis, valériane, scrofulaire, racines d'ononis arvensis , myrrhe). On a remis en honneur, dans ces dernières années, l'usage des feuilles de noyers, déjà! conseillé par M. Borson, de Ghambéry (1832) (Négrier, Mémoire sur le traitement des affections scrofuleuses par la préparation de feuilles de noyer, in Archiu. génér. de médec, t. x; 1841). Les feuilles de cet arbre contiennent un principe amer et aromatique, qui les recommande au praticien des campagnes, où il est facile de se les procurer. Ce médicament ne jouit pas plus de propriétés spéciales que tant d'autres plantes; mais il paraîtexciterfavorablcmcnt tousles systèmes. M.Guersant , qui a employé souvent la décoction, l'extrait et le sirop de feuilles de noyer, les a vus produire une notable amélioration et hâter la cicatrisation des ulcères sans carie (p. 237). Ces lésultats sont faits pour encourager les médecins. On emploie aussi la

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décoction de ces feuilles en bains , en lavage et ea injections.

Quinquina. — On a beaucoup vanté les effets du quinquina; Fordyce en avait une haute opinion; Fothergill a écrit en sa faveur; M. Burns, sans partager l'enthousiasme de certains auteurs pour ce médicament, le croit salutaire à titre de stomachique et de corroborant de toute la constilulion ; il veut qu'on l'administre, à haute dose, pendant plusieurs semaines et qu'on prescrive en même temps un bon régime, un bon air et un exercice convenable (/>/**crfa</on^ on inflammation, t. n, p. 371). Thomson le considère comme uii tonique; et en effet, c'est à ce titre qu'il peut agir utilement dans le traitement des scrofules , de même que les ferrugineux et tous les toniques tirés de la matière médicale et de l'hygiène. Les différentes préparations faites avec le gland de chêne sont utiles dans les mêmes cas. On a souvent donné avec avantage le vin de quinquinaetdequassia amara; cette préparation est très-utile, à cause du vin qu'elle renferme.

La digitale, la douee-amèrc, hcarline, le cerfeuil, h pimprenelle , h liféche, le persil, Yasclepias vincetoxicum , le chardon , Y iris de Florence, les baies de genièvre , la garance, le poly podium , la rue des murailles , les fucus, le viola tricolor, la scolopendre , le sédum, et tant d'autres plantes, ont fourni à la médication antiscrofuleuse des tisanes, des extraits, et des préparations de toute espèce, qui ont souvent pour unique effet de fatiguer l'estomac et de troubler les fonctions digeslives affaiblies.

Les toniques cho'ms parmi les ferrugineux , le quinquina et toutes les préparations que nous venons de citer , peuvent rendre de véritables services lorsqu'on les donne pour relever les forces et4)our agir sur la nutrition générale. Le médecin habile peut seul décider à quels toniques il convient de recourir pour s'opposer au progrès de la scrofule ; tantôt ce sont les toniques empruntés à l'hygiène qui doivent obtenir la préférence ; l'insolation, les bains froids de mer, ou de rivière, l'usage de vins généreux, d'aliments azotés, etc., occupent le premier rang parmi ces agents thérapeutiques; tantôt il faut donner les ferrugineux, le quinquina, les amers, ou bien des substances douées de principes plus excitants et plus aromatiques, si l'état des voies digestives le permet. 11 n'y a rien d'absolu à cet égard; les toniques sont très -efficaces ou très-nuisibles suivant les cas, et il en est de même des autres médicaments.

Les sudorifiques, tels que le gayac, le sassafras, la saLsepareille, le mé/éreum, soit seuls, soit combinés auxanlimoniauxct aux mercuriaux, ne sont employés aujourd'hui que dans les cas de scrofules compliquées de syphilis.

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Narcotiques. — V opium, la belladone, hjusquiame et la ciguë ont été essayés sans grand succès. Fothergili a vanté les bons effets de la ciguë. Gullen dit qu'elle est quelquefois utile , mais que souvent aussi elle n'amène aucune amélioration (p. 337). Hufeland la considère comme pouvant servir très-efficacement à laguérison delà scrofule; il donne la poudre, l'infusion ou l'extrait de ciguë, qu'il associe à l'antimoine, au mercure, à la baryte et au quinquina (p. 236). Ce médicament et les narcotiques ne peuvent servir que pour remplir quelques indications particulières.

Les purgatifs doivent être administrés à des temps plus ou moins rapprochés suivant les cas; les médecins s'accordent aujourd'hui à en reconnaître l'utilité chez les scrofuleux. Les Anglais y ont fréquemment recours. Le traitement de White est basé sur l'emploi du calomélas à petite dose et uni à des purgatifs salins ; il a trouvé un grand nombre de partisans de sa médication parmi les médecins de son

Huile de foie de morue. Les docteurs Ruef, de Huhl, et Taufflied, de Barr, prescrivent cette huile dans le cas de scrofule, et disent en avoir observé de bons effets , lors même que les malades étaient affectés de carie. La dose est de 12 à 60 gram. et plus encore. On dit que ce médicatnent n'agit que par la petite quantité d'iode qu'il contient, et qu'il est préférabled'administrerl'iodure de potassium. De nouvelles observations sont nécessaires pour que l'on puisse connaître son degré d'efficacité ; les médecins français ont peu de coniiance dans son action. L'huile empyreumatique a été administrée quelquefois avec avantage.

Veau de goudron est utile aux scrofuleux, lorsquele tube digestif n'est point irrité et qu'il n'existe pas de devoiement. On doone cette eau à l'intérieur et on l'emploie aussi en bains, en lotions et en injections.

Les cautères et les vésicatoires que l'on prescrit trop souvent à la légère dans un grand nombre d'affections, conviennent chez les scrofuleux, soit pour prévenir le retour d'ophthalmies qui se sont déjà manifestées, soit pour exercer une révulsion salutaire dans le cas de carie et de nécrose. L'affaiblissement de la constitution , la diarrhée, et surtout Texistence d'ulcères fournissant une abondante suppuration, contre-indiquent l'emploi des exutoires. Ils son( utiles chez les sujets dont le tempérament lymphatique et tous les tissus mous et humides, en quelque sorte, réclament une dérivation continue.

Bains. — Gullen est convaincu que le bain froid est le meilleur de tous les agents thérapeutiques à l'aide desquels on a prétendu guérir les scrofules. «Le bain froid, et surtout le bain de mer^ froid, dit M. Rus-

sel , est un remèJe que l'on emploie généralement contre les scrofules, et avec beaucoup d'avantages, je crois, dans un grand nombre de circonstances, car il ne paraît pas seulement améliorer l'état général de la santé et des forces du malade , mais encore il facilite la résolution des glandes engorgées et celle des tumeurs indolentes desarticulations,lors même qu'elles ont acquis un volume considérable et qu'elles existent depuis fort longtemps.» M. Russel accorde cependant la préférence au bain chaud et le croit très-efficace lorsqu'il y a des engorgements glandulaires ( Jam. Russel, On treatise ofscrophula, in-8°; Edimb., 1 808. Extr. de l'art, cité de S. Gooper , p. 398). Les bains froids de rivière et de mer pris pendant l'été sont utiles, surtout lorsque les malades peuvent se livrer à la natation. Pour que ces bains ne soient pas nuisibles, il faut les employer avec discernement , ainsi que le fait très-bien rémarquer M. Lloyd (S. Gooper, p. 399). Ils conviennent surtout lorsque les .sujets n'offrent encore que les symptômes de la diathèse scrofuleuse ou lorsqu'ils ont quelques engorgements glandulaires ; quelques médecins en redoutent les fâcheux effets dans ce dernier cas. En observant avec attention les phénomènes que produisent les bains de rivière et de mer, on reste convainèu que l'on ne peut en retirer que des avantages, surtout quand on les associeàune médication tonique et fortifiante; l'exercice, le changement de lieu, de nourriture , la distraction, la suspension de tout travail fatigant , ajoutent à l'action des bains de mer et des eaux thermales, et beaucoup de médecins croient qu'ils n'agissent que de cette manière. L'eau de la mer ne jouit, diton, d'aucune propriété spécifique à laquelle on puisse attribuer les effets salutaires qu'on observe. La température de l'eau , la percussion opérée par le flot, et l'exercice, nous paraissent en être les principales causes; mais il faut reconnaître que les matières salines en solution dans l'eau y sont aussi pour quelque chose.

Les eaux sulfureuses et ferrugineuses que nous avons déjà citées ne sont pas les seules que les scrofuleux prennent avec avantage. Ils se tiouvent bien de passer une ou plusieurs saisons , chaque année , aux .sources du Mont-Dore, de Plombières, de Luxeuil, de Garlsbad , d'Ems , de Baden , de Louesche , d'Uriage, etc.

Traitement des maladies scrofuleuses. — Nous ne pouvons décrire ici les diverses médications que l'on est contraint d'employer contre l'ophihalmie, la carie, la nécrose, les tumeurs blanches, le rachitisme et les autres accidents scrofuleux. Nous ne dirons que quelques mots des engorgements glandulaires et des ulcères scrofuleux.

Engorgements glandulaires. — Pendant que l'on administre à l'intérieur un ou plusieurs de»

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pu-ks rayMSSohircs^desclifTer awTCBtàbfi»- ■eiuâe ei à tous les e^erckes du corps, de presdit d» bains froidi, de mière et de laer, oa à » cobsdtiilMia est trop fjîbk, des bain^s d'eau ciiaude apris ks^adb il « fera hktatmaa A masser, VkfJrosmJopatkie, diri^ par ■■ kaiBe eoasôeKkax, trooTerait pks d'ue application ■die dans k IraiteaKnt de k scrofak.

Une fois ^ k ■êdedB a placé soa Balade dass ks ■cilkarescoaditioBs hygieiiî^acs posafchs , il sosge alors^ senkaeat alors^ fadiaiiiîstratiQB desresièdes. II est arrêté tout d'aiiord devaikt watt prcaièic £ffîcalté : à ^ a^enl de k natière aédicak T;»-t-«l s adresser pour codifier k constitBtiQB àcrofakase, poiir a)iiibattre kvke scrohfenx, filnporte kHHi? Hoiis avons eateodu ks aatnrs ks plus A^ms de foî dêckrer que Fiode, le soufre, les alcalins, les inercvîaox, ks aotiBooUux, et tant d*iuires uédka- ■eots, Dejoiiisseat pas des propriétés aQitscrafukKes qu'oB leur a si i^tiiUeBieBl accordées. S^s paitaçer eo anémie manière ks îlkisioas de cein qui craîest encore aui vertus des préparitious iodurées . doos pensons <}u'eik:s peuTeat rendre des servicr^ soit en agissant ciMuue on excitant ^néral , soit eu nodifiant scnkancnt k nntntiou. Peodant qu on administre ce rtmède on ken les sulfureux . les akalis on ks scîs alcalins, eic, on s'efforce de saisir ks indications et contre-indications fournies par iélat de Forganisme entier et de.cbacpae fbnctioa spéciakment; on consulte Tàfe de la maladie, et k nature des accidenu scrofuknx et des complifations snrtont fm

Si k dktlièse scraMeuâe n*a encore donné lien à aucnne localisation mnrbide, c'est k cas d msister sur le traitemeo! :e , de dnnner mie alimenta-

tion iiurte et i . :, les amers , ks fomifinenx,

spéckkment riodttre de ler« qnî nme pnnll k mèén cament k mieux iodi<|ué en paretUe circonstance. Le:? kains sultureui * alcalins . les purgatifs à des iuter- ^iilksplns on moins rapprodws, oMiplèlait k me-

Supposons quek mal ttc soit pas arnHé, ^pie ks gkndes cerricahs commencent à s*eoforfer, ks us à se carier, des li.<tuks à 5 établir, etc. , il faut encore donner tonie son aUention au ir >L

mais hii adjoindre un traitement i v >^

du médecin un Uct tout partKrulier; telle .<ub.<taoce édMwe oompléteoient, il faut aUMrs en essayer succe*sÎTement plusieurs , et se rjp|)eler que les dv^t^s et k mode d^admini^^tration font sonxcnt rênssîr nn rt^ mède ^ui n a> ait produit jusfnn là incan tffct sdn* liire.

Il ne faut pas onbHer non pins que ks accidents kcaut de la 5croFu!e empireni on restent station uaires, lor>qu'il sur\ieut quelqno compbcatîott : c'est

k ce qui esp&fne ks snccès oàte^BS par des tioos ai di^^rentes. La pnberté ^ cba nne jeon nent-eik à s'aecampaçner d'acddenls scnfiili se tronre bien d^nnir ks {«imcinen, ks ai

trcsmêdkamientSw Les¥omiùBk>fcspmftilîfi,l dans entons étals al k sccrétÎQn bî&aîre est atoêrw. Les rîanx^ksai miks dans ks scraMes

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dnit ks pbe keorenx efiîsts dans f antres

ces», p. 153 .

Au feoQi dm temps varialk, trè^^nort.krsqpm k conifimimn est affalfie,ki aeeîdenis keamt de k scninfe lêofîssent d^moe mnnière âcbcase SM- Fétit général ; c'est ce foî anivo, yarcaempk^loiaqpeksakèsdnconfamnfesentnnr Tnpporition ibnndinfe on intartssabk; k makèe maigrît , sa :anté s*allère profondément « et tans ks symptômes de k caeàexk Jtinfafcnic Tunt en ai|^ mentant, pnb ceBe-à devennepInsgraTe, rend akrs ks accidents kcanx pins intenses et en pfo4a^[epi«»qne indéfiniment k durée. >ous recooMHundMS aii^ praticien de réflècbîr à cette înAoence réctprafoe; s ■ Tent instilnernne méîkatmn eflkace. Nor n'en citer qn'nn exempk^ nonsckiÀstrons ce qui arrive cba nn enlut de k cksse pnnm qui est atteint d'une enmenr bkndie on dTnn abcès qoî Fempècke de sortir de son lit; son état général Ta ans cesse en empùranty parce qn'U reste plongé dans flinmiditê. ro^t^^nvîté, et anmifien des nùasmes noèibks qne fiiomksent ses plaies en snppnntion. GMumrnt espérer qne ces plaies Tont se fermer maintenant que k cacbesie scrofiikttse a Lit des progr^? Si* an contraire Ton parvient à faire lever k mitède, i k promener an sokil . à k distraire , etc. « ks pbénomènes locaux et géneram s'aakiiorent.

Enfin « il est bon de se rappeler qne ks scrofules ne snivent pas nne marcbe régulière et cootiune: cttcs sont infinencées par ks saisons^ k deuiition, k puberié , k ourtage, k grossetise. et en^u par tontes les maladies kcaks qni penrent venir les compliqner : an nombre de ces dernières fi^pirent asseï souvent k tubercnlisation pnhnoniire^ dn péritoine et des gkndes lympbatiqncs. On cnnçoît qpe k tnilenKÀI ue sanrait élr« k mèwt Ams Ions cts cis^

Teraùnons en répétant, avec Hnfeknd, ces paroks qui doivont tMijours j^uider le meviecin veri;ib:ettïent digno et et nom : «U ne ^nt pas croire qn'il «mit

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un spécifique du vice scrofuleux; une maladie qui reconnaît plusieurs causes ei qui est tellement identifiée avec la constitution qu'il faut la renouveler tout entière pour l'en délivrer, une telle affection ne peut être guérie par un seul moyen» (p. 1 52).

Nature. — Dans l'étude que nous allons faire de la nature intime des scrofules, nous chercherons d'abord une solution à cette première question : quelle est la nature des altérations locales, ou des maladies que l'on a appelées scrofuleuses? Si ces maladies ont des caractères communs, une physionomie qui leur donne à toutes un air de famille , cela tient-il à une cause générale, à une constitution scrofuleuse, à un virus de ce nom ? telle est la seconde question qu'il importe d'examiner.

1" Quelle est la nature des maladies dites scrofuleuses? — Montrons d'abord, !•" qu'elles ne sont point identiques aux tubercules , 2° qu'elles ne sont pas causées non plus par le virus syphilitique.

A. Les scrofules ne sont pas identiques avec les maladies tuberculeuses. — II s'est élevé, dans ces derniers temps, une opinion qui tend à fairtî considérer les affections scrofuleuses et tuberculeuses comme tout à fait identiques. Mais cette opinion tombe devant les faits décisifs que présente en foule l'élude de Tanatomie pathologique. M. Baudelocque n'a rencontré sur plusieurs enfants morts scrofuleux aucune trace de tubercule. Gela n'est pas très-rare, dit-il, et j'ai pu le constater encore dernièrement sur deux enfants scrofuleux morts dans mes salles (p. 297); le cerveau, le poumon, les glandes bronchiques, celles du mésentère, les viscères de l'abdomen, ne contenaient pas le moindre atome de matière tuberculeuse. Les glandes lymphatiques longtemps malades chez des scrofuleux n'offrent pas non plus de tubercule, du moins dans un grand nombre de cas. 11 est souvent impossible d'en trouver le moindre vestige dans les os des scrofuleux qui succombent avec des caries, des nécroses, du gonflement et du ramollissement du tissu osseux. Les ophthalmies, les otorrhées, les coryza chroniques, les flux et d'autres symptômes dont les membranes muqueuses sont le siège, et qui sont si communs chez les scrofuleux, ne peuvent pas être rapportés davantage à la présence du tubercule. Ces preuves directes et péremptoires ne peuvent donc laisser de doute sur la séparation qui existe entre les maladies scrofuleuses et tuberculeuses. M. Guersant di( qu'il serait peu rationnel de considérer la scrofule comme une simple affection tuberculeuse, «ainsi que le proposent déjeunes écrivains qui n'ont entrevu la maladie que sous une de ses faces » (art. cité, p. 226). M. Baudelocque montre que ces deux affections sont tout à lait indépendantes. « On voit souvent, dit-il, succomber aux désordres occasionnés par la

présence des tubercules des malades qui n'ont jamais présenté de symptôme de scrofule; la phthisie pulmonaire en fournit des exemples fréquents. 11 n'est pas moins certain que l'on peut périr de la maladie scrofuleuse sans qu'il y ait un seul tubercule » (p. 296). Ce point étant une fois établi, il faut reconnaître que l'analomie pathologique nous a appris à- ne plus laisser parmi les scrofules des affections qui en sont tout à fait distinctes, telles que la (uberculisation du poumon (phthisie pulm.), des glandes cervicales (adénite tuberculeuse), des bronches (phthisie bronchique), des glandes mésentériques (forme du carreau), des os (carie vertébrale ou autres par tubercule), des membranes séreuses (hydrothorax, ascite, hydrocéphale aiguë et chronique), les ulcérations tuberculeuses des membranes muqueuses. On ne saurait trop redire que l'étude des altérations cadavériques a jeté une vive lumière sur ce point de pathologie , et que c'est grâce à elle que la scrofule, ce Protée jadis insaisissable, et que l'on voyait .se transformer de mille manières différentes, est devenue une affection bien distincte de toutes les autres.

Ici s'élève une autre question que nous devons agiter: si la scrofule et le tubercule ne sont pas identiques, ne faut-il pas cependant reconnaître qu'il existe entre ces deux maladies plus d'un point de ressemblance? Elles tiennent toutes les deux à une altération générale [totius substantiœ); elles sont transmises souvent par voie d'hérédité, sont produites par des causes hygiéniques à peu près semblables, plus communes chez la femme que chez l'homme. « Sous le rapport anatomo-pathologique, dit M. Barrier qui a étudié avec soin ce point d'étiologie, on trouve une autre ressemblance entre lc§ scrofules et les tubercules, c'est lorsque ces maladies sont arrivées à la période de suppuration. Les tissus qui en sont le siège offrent dans les deux cas une modification particulière dans leur vitalité ; ils deviennent fongueux, spongieux, mollasses, peu sensibles; l'action organique y est languissante; ils vivent peu, comme l'on dit , et ce n'est que par des moyens échauffants qu'on ranime cette vitalité obscure » (Traité pratique des maladies de l'en-* fance, t. i, p. 509, in-8^; Paris, 1842). Ajoutons encore que quand la dialhèse tuberculeuse est trèsmarquée, le produit morbide du même nom se dépose dans un grand nombre d'organes, et imite eu quelque sorte la diathèse scrofuleuse qui se manifeste par des symptômes très-mullipliés, ou par des lésions locales toutes spéciales; la seule différence alors qui sépare les deux affections réside dans la nature du produit morbide déposé ; c'est un tubercule dans un cas, et une inflammation, une ulcération ou un ramollissement dans l'autre. Enfin les

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mêmes agents hygiéniques et thérapeutiques ont été conseillés dans les deux maladies, et on leur a attribué la même efficacité dans les deux cas. Malgré les analogies que Ton peut trouver entre ces affections, elles doivent figurer à part dans nos cadres nosographiques. L'aigument le plus fort que l'on ait apporté en faveur de l'identité est la transmission de la scrofule par un père atteint de tubercule pulmonaire et réciproquemenl. 11 s'agit de savoir si en pareil cas le germe des deux maladies n'existe pas chez le père ou dans la ligne ascendante.

2^ Les scrofules proi'iennenl-elles (Je la syphilis? — Astruc regarde la maladie scrofuleuse comme l'effet de la dégénérescence du virus syphilitique produite par plusieurs transmissions héréditaires ou par un traitement incomplet et mal AW\^é,{Malad. vénériennes, t. ii, p. 7 et 73); celte opinion a été défendue par Majault, Rosenslein, Bierchen, Hausmann, Sanchez , Camper, et par Selle, Stoll, Portai, Hufelaud, Alibert et Richerand. Voici ies arguments apportés par les défenseurs de celte opinion : 1^ Les parents qui ont eu la vérole engendrent souvent des enfants écrouelleux. 2° Les deux maladies affectent toutes deux, de préférence, le système lymphatique et osseux, le périoste, la peau et les membranes muqueuses. 3" Les phénomènes morbides qui ont leur siège dans ces différents tissus ont la plus grande ressemblance dans les deux maladies : ce sont des engorgements glandulaires, des caries , des exostoses, des tumeurs blanches, des ulcérations interminables, des maladies de la peau, des ophlhalmies, des ulcérations de la cornée, des ozènes; cette ressemblance est telle qu'on ne peut pas toujours se prononcer, et que le traitement seul indique la nature de la maladie. 4° Les nourrices peuvent donner à feufant qu'elles allaitent la syphilis aussi bien que la scrolule. 5" Les mercuriaux réussissent très-bien dans l'une et l'autre maladie.

Gullen, Baumes, Kortum et d'autres encore se sont chargés de répondre d'une manière victorieuse aux arguments que nous venons de rapporter, et de prouver que les scrofules ne proviennent pas du virus syphilitique altéré ou non. 1° 11 est fort contestable que , dans le cas où un scrofuleux est né d'un père ou d'une mère qui ont eu la syphilis à une époque plus ou moins éloignée , ce soit cette dernière qui ait engendré les écrouelles; ces deux maladies, devenues malheureusement très-communes partout, coexistent souvent chez le même sujet. 2° On voit tous les jours des syphilis transmises par les pères aux enfants; mais ceux-ci ne présentent aucun signe d'écrouelle (Gullen, p. 335). Il resterait d'ailleurs à prouver que les symptômes considérés comme scrofuleux par les auteurs qui ont soutenu la

transformation du virus syphilitique avaient bien réellement ce caractère, et qu'il nyapas eu d'erreurs de diagnostic; elles ont été certainement commises dans quelques cas dont parle Kortum (ouvr. cité, part. 1, p. 1 94), et chez les nourrices de Montmorency examinées par Morand et Lassone. 3° Si la scrofule peut provenir de la syphilis, on ne voit pas pourquoi celle-ci à son tour ne pourrait pas causer l'autre maladie; or, c'est ce qu'on n'a jamais observé. 4^ La scrofule est très- commune dans certaines localités où la maladie vénérienne est très-rare (Kortum, loc. cit., p. 193, Bordeu et d'autres). 5° Les tissus affectés sont à peu près les mêmes, il est vrai, mais les symptômes sont tout à fait différents; ils prennent une marche aiguë dans la syphilis primitive, et s'ils sont chroniques, comme dans le cas d'accidents secondaires et tertiaires, ils ne ressemblent en aucune façon à ceux de la scrofule; peut -on comparer les tumeurs gommeuses, les exostoses du crâne, les syphilides, les ulcérations aux maladies scrof uleuses ? 6^ Les nourrices scrofuleuses ne transmettent pas la scrofule, tandis que celles qui sont infectées de syphilis donnent ce mal à leur nourrisson. 7° Les mercuriaux, les sudorifiques , les préparations antimoniales ne guérissent pas les scrofules , ou tout au moins n'agissent pas mieux que tant d'autres remèdes. 8" Le dernier argument que l'on a fait valoir est tiré de l'origine très-ancienne des écrouelles en France, où nos plus anciens rois possédèrent la faculté merveilleuse de guérir ce mal par le simple attouchement. Edouard le Confesseur avait, en Angleterre, le même privilège que le srois de France, qui l'avaient reçu de Clovis et en avaient souvent usé. Du reste, si Ton veut contester l'antiquité des scrofules, ou soutenir que la syphilis a existé longtemps avant la découverte de l'Amérique, nous abandonnons volontiers ce dernier argument; il y en a tant d'autres qui prouvent la non-identité de la scrofule et de la syphihs. 9° Nous rappellerons enfin que la maladie vénérienne est contagieuse au plus haut degré, tandis que la scrofule ne l'est point. Maintenant si l'on admet que la scrofule est le résultat, non pas de la syphilis proprement dite, mais d'un virus syphilitique dégénéré, nous demanderons ce que peut être un virus produit parla vérole, et qui n'est cependant pas le virus syphilitique. M. Lugol,qui repousse ridentité des deux maladies, croit cependant que « la cachexie syphilitique, qui le plus ordinairement n'est plus contagieuse par le coït, peut être transmise à l'état scrofuleux ou même sous forme d'autres espèces pathologiques par la voie de génération » (Recherches, etc., p. 123). Il résulterait de cette opinion, bien plus insoutenable que la précédente, que la scrofule serait l'effet et le produit transformé de

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la cachexie syphilitique. Ne nous arrêtons pas plus longtemps à celte idée singulière.

G. Les maladies scrofuleuses dépendent d'une cause générale qui réside dans toute la constitution. — Deux opinions se trouvent aujourd'hui en présence, au sujet de la nature des accidents scrofuleux : l'une consiste à soutenir que ce sont des états organo-pathologiques complexes , très-différents les uns des autres , qui n'ont aucune cause spéciale et tiennent à la faiblesse générale de la constitution (Piorry, Traité de pathologie iatrique, 1. 1, p. 487, in-8*^; Paris, 1841); dans l'autre opinion, que nous adoptons complètement, on admet des états morbides dont la nature et le siège peuvent varier, mais qui sont rcconnaissables à des caractères communs et doivent dépendre d'une cause générale. Commençons d'abord par montrer que les maladies scrofuleuses ont, à travers leur apparente dissemblance, des caractères qui les rapprochent et leur donnent à toutes en quelque sorte un air de famille. Si nous prenons pour exemple l'inflammation chez les scrofuleux , nous voyons que tout en conservant les symptômes qui lui sont propres, elle se modifie dans sa marche et son intensité ; la douleur, la chaleur, la rougeur, manquent souvent ou bien existent à un degré peu prononcé ; la suppuration est lente à se faire ; le liquide purulent lui-même n'a pas les qualités qu'on trouve au pusphlegmoneux; le ramollissement et l'ulcération des tissus sont la suite fréquente de la phlegmasie chez les scrofuleux; la cicatrisation et toute espèce de travail de réparation sont lentes à se faire et souvent interrompues dans leur marche. L'adénite, l'abcès, la tumeur blanche, ont, chez lesscrofuleux, une manière d'être toute diff(5ren te de celle qu'ils offrent chez les autres malades. En un mot, il est évident qu'il y a une cause générale, constitutionnelle, qui influence tous les phénomènes morbides. Ce que nous disons de la phlegmasie en général s'applique à toutes les inflammations que l'on observe dans les scrofules, et qui affectent les glandes, les os, le périoste, les articulations, ainsi qu'aux autres lésions, (elles que le ramollissement, l'ulcération, la suppuration, etc. Faut-il admettre une inflammation spécifique que l'on appellera scrofuleuse, pour expliquer l'allure loute particulière des phénomènes pathologiques? Nous ne pensons pas que cette opinion soit soutenable. L'inflammation est une partout et dans tous les cas, mais elle est soumise, comme tous les phénomènes de l'ordre pathologique et physiologique, à des causes générales qui la modifient et souvent la dominent tout entière; qu'on appelle cette cause vice, ou virus scrofuleux, ou conslilulion strumeuse, qu'importe? telle est la seule manière de comprendre aujourd'hui la maladie scrofuleuse. Thompson en a une irès-juslc idée, lorsqu'il dit : nOn rencontre peu d'af-

soient pas plus ou moins modifiées par le degré de diathèse scrofuleuse qui prédomine dans la constitution de ceux qui en sont affectés, diathèse qui, lorsqu'elle existe, donne ordinairement aux affections locales inflammatoires un caractère plus ou moins chronique. » Un dernier exemple achèvera de fairesaisir la part que prend la diathèse scrofuleuse dans la production des phénomènes morbides dits scrofuleux. Un sujet scrofuleux se frappe violemment le coude ; il lui vient une tumeur blanche qui finit par amener les désordres les plus graves dans la jointure affectée. Il s'expose à un courant d'air froid, les glaires lympathiqiies du cou s'engorgent et suppurent ou bien il se déclare une ophthalmie qui cause la perte de l'œil; s'il n'y avait pas derrière ces causes toutes occasionnelles une autre cause générale et inhérente à la constitution, les maladies affecteraient-elles cette marche toute particulière, qui fait prononcer que le sujet est scrofuleux?

La diathèse scrofuleuse n'a pas seulement pour résultat de modifier les maladies qui se développent accidentellement, elle a aussi le pouvoir de les faire naître dans certains tissus qu'elles affectent de préférence. N'est-ce pas en vertu de cette prédilection que les glandes lympathiques et le système osseux sont le siège des maladies scrofuleuses? Si les caries, les nécroses, les tumeurs blanches, le rachitisme, les ophthalmies , se montrent si constamment dans le cours de l'affection scrofuleuse, il faut l'attribuer à la nature propre de cet te affection, sans qu'il nous soit possiblede remonter au delà. La scrofule jette ses déterminations morbides plus spécialement sur les glandes , le tissu cellulaire et les os, de la même manière que le propre de la syphilis est d'affecter certains tissus, la rougeole, la scarlatine , la variole , de produire certains exanthèmes, la peste, de provoquer des bubons et des gangrènes, etc. etc.; en un mot, la scrofule possède la propriété de déterminer certains désordres, certaines lésions locales, comme tant d'autres maladies générales : nous n'en savons pas davantage.

Ainsi, en résumé, l'élément morbide, qu'on appellera virus ou vice scrofuleux, comme on voudra, a pour effet : 1** de donner aux maladies qui se développent un cachet particulier et reconnaissable ; 2" de déterminer des maladies qui affectent certains sièges de prédilection ; 3° de produire un état général qui est déjà la maladie, mais qui ne donne encore lieu à aucun symptôme local bien tranché; c'est plutôt par l'ensemble des phénomènes que l'on reconnaît cet étal, qui est désigné sous le nom de constitution , ait diathèse scrofuleuse.

Quelle est la nature de la maladie scrofuleuse? est- clic causée par un virus particulier ? — Hunter croit qu'il existe une disposition particulière

feclions locales inflammatoires, eu Angleterre, qui ne i du corps, une diathèse spéciale sans laquelle il est

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