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venue prêter un nouvel appui à ces idées théoriques qui sont tombées aujourd'hui devant les faits mieux observés. La clinique a démontré que les maladies avec stupeur devaient être combattues par des médications toutes différentes et souvent opposées.
SUDAMINA, s. m. pi., dénomination latine conservée en français pour désigner de petites vésicules transparentes , du volume de la tête d'une très-petite épingle. Hydroasudanien (de t^pw;, sueur); phl^zakion, Swediaur; miliaire blanche.
Les sudamina consistent en de petites vésicules niiliaires formées par une sérosité transparente , alcaline, qui s'épanche sous Tépiderme qu'elle soulève dans un espace très-circonscrit. Ces vésicules ne donnent lieu à aucune coloration anormale de la peau, et il faut souvent les chercher avec soin pour en découvrir l'existence dans les lieux mêmes où elles se sont développées; leur volume est variable; les unes ne sont pas plus grosses que des têtes de camion , les autres sont comme des grains de millet ou de chènevis. Les vésicules qui les forment sont presque toujours régulièrement arrondies, et ressemblent à des gouttes d'eau ou de rosée qui se seraient déposées k la surface de la peau ; elles imitent aussi les gouttelettes de sueur dont se couvre le corps après une abondante transpiration. La sérosité qui s'épanche ainsi pour constituer les sudamina est emprisonnée sous i'épiderme , d'où elle s'échappe aisément quand on vient à frotter rudement les vésicules ou à les piquer avec la pointe d'un scalpel. Cette sérosité , dont l'un de nous a bien souvent constaté la réaction alcaline , se rapproche de la sérosité qui s'épanche sous I'épiderme, dans la vésication de la peau, opérée soit à l'aide de cantharides , soit par l'eau bouillante.
Les sudamina peuvent se développer sur toutes les parties du corps; cependant il est rare d'en observer un grand nombre sur les membres : ils occupent le pli des jointures, les aisselles, les aines, et surtout le bas du cou et tout le tronc; les régions qu'ils affectent encore de préférence sont les parties antérieures de la poitrine, vers les clavicules et les aisselles , et la partie antérieure de l'abdomen. 11 est très-commun , dans la fièvre typhoïde , de voir toutes ces régions couvertes de sudamina qui sont tellement confluents qu'ils constituent une véritable éruption. Dans d'autres cas, on peut les compter, tant ils sont peu nombreux ; il faut alors les chercher dans leurs sièges de prédilection. Souvent, en passant légèrement les doigts à la surface de la peau , on sent qu'elle est rugueuse et comme chagrinée ; il est facile de se convaincre par la vue que la cause de ce phénomène est le développement des sudamina. Quand ils sont en petit nombre , leur volume est ordinairement peu con.sidérable , tandis que lorsque l'éruption est coqfluenie, ou trouve, au milieu de vésicules de petite
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d'autres sudamina qui sont plus volu-
dimension mineux.
Lorsqu'on étudie les phénomènes qui accompagnent l'éruption des sudamina, on voit d'abord qu'elle s'effectue sans prodromes; une fois que les vésicules se sont formées , elles dureut un temps variable , et que l'on a estimé à trois ou quatre jours. Au début, les vésicules sont pleines de sérosité et hémisphériques; elles perdent ensuite une partie de leur liquide et se flétrissent, soit que ce liquide s'écoule des vésicules rompues accidentellement , soit qu'il dispaiaisse par évaporation ou par résorption. Ce qui distingue surtout le sudamina de la vésicule miliaire , c'est que dans le premier le liquide ne perd pas sa transparence jusqu'au moment où il disparaît, tandis que dans la miliaire ce liquide devient lactescent et purulent ; d'ailleurs , la base de cette dernière est rougeâtre. La desquamation des sudamina , lorsque ceux-ci ont été abondants , donne lieu à la formation de petits lambeaux épidermiques, d'une minceur extrême, qui se roulent sur euxmêmes et sont entraînés aisément par le contact des vêtements qui couvrent le malade. Quelquefois ils restent adhérents à la peau, sur laquelle on les retrouve libres et flottants par une de leurs extrémités. Nous n'avons jamais observé dans le lieu qu'ils occupent la moindre altération du derme ; I'épiderme est probablement réformé de très-bonne heure , et peu de temps après la sécrétion du liquide renfermé dans la vésicule.
L'hydroa est le symptôme d'un très-grand nombre de maladies ; celles qui s'accompagnent de sueurs profuses en favorisent le développement. C'est ainsi qu'on les voit paraître, surtout chez les femmes nouvellement accouchées qui allaitent et celles que l'on ensevelit sous d'épaisses couvertures, chez les .sujets atteints de rhumatisme articulaire ou d'affections fébriles avec sueurs, surtout pendant les chaleurs de l'été. Cependant il ne faut pas s'exagérer l'influence que peut avoir la transpiration cutanée sur la production des sudamina; si elle était aussi grande que l'ont pensé quelques auteurs, l'éruption d'hydroa devrait être beaucoup plus commune qu'elle ne l'est dans la phthisie pulmonaire, dans le rhumatisme, et chez les individus chez lesquels on provoque artificiellement des sueurs abondantes. La fréquence des sudamina dans la fièvre typhoïde est si grande que celte éruption est considérée comme un des symptômes de la maladie; cependant les sueurs n'y sont pas plus communes que dans beaucoup d'autres maladies où les sudamina sont rares. 11 faut donc qu'il y ait quelque cause morbifique que nous ne connaissons pas qui agisse dans la production de ce phénomène. Nous rappellerons à ce sujet que les grandes pyrexies , telles que la peste, la fièvre jaune,
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