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en étudiant la colique, la paralysie, l'encéphalopathie, etc., comme autant de maladies distinctes, s'est imposé des longueurs, des répétitions inutiles et quelquefois fatigantes; son livre gagnerait beaucoup à être plus court, et à présenter une disposition plus serrée et plus philosophique des matières , ainsi qu'un style plus châtié.
Malgré les taches que nous venons de signaler, l'ouvrage de M. Tanquerel a rendu un service signalé à la science et à l'humanité ; il a enrichi la première d'un traité complet sur l'une des affections les plus intéressantes de la pathologie interne; il a bien mérité de la seconde en appelant avec une louable insistance l'attention de l'autorité sur les établissements destinés à la fabrication des composés plorabiques, et en exposant avec les plus grands détails les moyens prophylactiques capables de préserver une classe nombreuse d'ouvriers des funestes effets du plomb.
L'intoxication saturnine n'a point été convenablement étudiée dans les différents traités de pathologie et dans les dictionnaires.
Dans le Dictionnaire des sciences médicales et dans le Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, on ne trouve que des articles fort incomplets; dans le Dictionnaire de médecine, la colique de plomb a été décrite en 1834 , et cependant l'arthralgie, le délire , le coma , ne s'y trouvent point mentionnés; quelques lignes seulement, empruntées à la thèse de M. Tanquerel , sont consacrées à la paralysie. A la vérité les auteurs renvoient pour plus de détails à l'article Plomb , mais celui-ci a sans doute été oublié; l'intoxication saturnine n'a point trouvé place dans le Dictionnaire de médecine,
PNEUMATOSE , s. f. , dérive de ^v£up.a, air, c'està-dire génération de gaz.
Dénominations françaises et étrangères. — Ep.(pu(jr,u,aTa, Grec. — Infiationes. Lat. — Maladies . venteuses, Jlatuo sites , tumeurs Jlatulentes, pneumatoses. Fr.
Définition. — On doit réserver, en pathologie générale, le nom de pneumatose à une classe très-naturelle de maladies produites par le développement insolite de gaz au sein de tissus ou d'organes qui n'en contiennent pas à l'état normal, ou par l'accumulation de ces gaz dans des cavités où il n'en existe qu'une quantité déterminée. La définition donnée par P. Frank rend très-exactement l'idée que l'on doit prendre de la pneumatose iwEst vero his pneuma- «tosis, velaeris atmospherici in totam corporis ceî- «lulosam, vel in cavum organicum introduclio, sus- «ceptio, expansio, vel fluidi qualiscumquc clastici in «istis evolutio, secretio et plerumque cum partis «halituosa inflatione retentio» {de Curandis hominum morbis, t. vin, p. 42).
Division. — Pour décrire avec quelque méthode
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l'histoire des pneumatoses, nous dirons d'abord, d'une manière générale, leurs symptômes, leurs causes et leur traitement , et nous étudierons ensuite chaque pneuraatose en particulier : 1" la pneumatose intestinale et celle de quelques autres membranes muqueuses (tympanite utérine, vaginale); 2® la pneumatose des membranes séreuses; 3^ du tissu cellulaire.
S I. — De la pneumatose en général.
Avant que la physiologie eût éclairé le mécanisme des sécrétions , on n'avait professé que des opinions erronées sur les causes de ces sécrétions. Les documents que renferment les ouvrages anciens sont tellement obscurcis par des hypothèses, qu'il est difficile d'y trouver les matériaux nécessaires pour écrire une pneumopathologie dont quelques ouvrages récents n'ont fait que poser les premiers fondements. Encore voit-on figurer dans ces derniers des théories qui sont loin d'être en rapport avec les progrès de la physiologie et de la pathologie modernes.
On sait aujourd'hui, et Bichat est un des auteurs qui ont le mieux développé cette grande et féconde idée , que les membranes , et particulièrement celles qui sont habituellement en contact avec le milieu ambiant, comme la membrane muqueuse gastropulmonaire, peuvent sécréter des gaz absolument de la même manière qu'elles sécrètent des liquides morbides de différentes natures. De même qu'il y a des gaz et des liquides normaux fournis par ces membranes, de même il se développe, dans certaines conditions pathologiques que nous ferons connaître, des gaz et des liquides dont la composition s'écarte de celle qu'ils ont dans l'état physiologique. Les pneumorrhées ou sécrétions gazeuses sont comme les autres sécrétions morbides sous la dépendance des mêmes causes pathologiques. Nous verrons toutefois que les pneumorrhées sont plus souvent que les autres sécrétions pathologiques compatibles avec l'intégrité des tissus et sous l'unique dépendance des troubles de l'innervation.
DUisions des pneumatoses. — Il importe de maintenir dans l'histoire des pneumatoses la distinction que nous avons déjà établie dans nos articles de pathologie générale : 1° la sécrétion gazeuse est le résultat d'une altération de texture des tissus où l'on trouve le gaz ; dans ce cas , la pneumatose doit] être appelée s/mptomatique ; 2° la sécrétion gazeuse est l'effet d'un simple trouble fonctionnel de la membrane ou des tissus; la pneumatose est alors idiopalhique ou essentielle, en d'autres termes, c'est une pneumorrhée essentielle. Quelques exemples vont nous servir à développer notre pensée. Rien n'est si commun que de voir le cancer gastrique s'annoncer par des flaluosités iptes-
tinales ; il en est de même du cancer de l'intestin , des ulcérations simples, tuberculeuses, et de celles qui sont si constantes dans la fièvre typhoïde. Dans tous CCS cas , la pneumatose intestinale est symptomalique. Doit-on maintenant conddérer comme telle la sécrétion gazeuse qui accompagne si fréquemment l'hypochondrie, l'hystérie, les gastro-entéralgies simples et chlorotiques ? Si d'une part elle ne se rattache à aucune altération organique appréciable, et si, sous ce point de vue, elle doit être rangée parmi les pneumatoses essentielles, d'une autre part, elle est bien le symptôme des maladies que nous venons de nommer, et appartient à ce titre à la divison des pneumatoses symptomatiques. Nous pensons toutefois qu'il y a avantage, sous le rapport du traitement et du diagnostic, à en faire une pneumatose idiopalhique, parce qu'elle est, comme les autres phénomènes de la maladie, sous la dépendance d'une simple névrose, et ne peut dès lors être assimilée aux sécrétions gazeuses du premier ordre. Le mode de production de ces pneumatoses idiopathiques, la thérapeutique à l'aide de laquelle on les combat, prouvent combien elles en sont différentes. Si l'histoire des productions gazeuses est si obscure et si mal présentée , cela tient à ce que les distinctions que nous venons d'établir n'ont pas été suffisamment indiquées et maintenues dans les descriptions fournies par les auteurs. Nous devons en excepter toutefois M. Gérardin, qui a divisé les pneumatoses en idiopathiques, symptomatiques et accidentelles. Nous aurons occasion de revenir sur le travail important que l'on doit à ce médecin [Recherches physiologiques sur les gaz intestinaux , dissert, inaugur., n** 15, in-4"; Paris, 1814).
Éliologie des pneumatoses symptomatiques, — 11 faut placer, eu première ligne, parmi les causes dont l'action est facile à saisir, toutes les altérations de texture qui permettent à l'air atmosphérique de pénétrer dans des lieux d'où il est exclu à l'état normal. De ces altérations les unes sont accidentelles et dépendent d'une violence extérieure , d'une plaie ou d'une rupture qui intéressent les parois d'un réservoir ou la continuité d'un tissu; les autres sont des altérations qui surviennent à la suite de maladies dont l'effet est de désorganiser les tissus (ulcère, ramollissement, perforation spontanée).
On a donné quelquefois le nom de pneumatoses traumatiques aux collections gazeuses qui se forment suivant le premier mode. Une plaie pénétrante de poitrine détermine un pneumothorax ; une blessure faite aux parois abdominales peut être suivie d'une tympanite péritonéale. L'emphysème partiel ou général se produit dans des circonstances analogues; les ouvrages de chirurgie fourmillent de faits de ce genre. On voit encore des pneumatoses se
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développer par suite de la rupture d'un réservoir au sein duquel circule un gaz. Nous citerons comme exemple remarquable de ce mode de production la déchirure d'une portion du tube digestif par une violence extérieure , celle de la plèvre. Enfin , nous n'hésitons pas à ranger au nombre des pneumatoses traumatiques Temphysème pulmonaire qui n'est, dans la plupart des cas, sinon toujours, qu'une rupture des vésicules pulmonaires par obstacle mécanique. Ce n'est pas ici le lieu de fournir les preuves convaincantes sur lesquelles MM. Prus , Gavarret et les médecins vétérinaires ont appuyé leur opinion à laquelle ont adhéré depuis quelque temps un grand nombre d'auteurs. Ceux qui seraient désireux de consulter les documents rassemblés sur ce sujet les trouveront dans la dissertation inaugurale de M. Gavarret (Sur l'emphf sème pulmonaire, dissert, inaug., in-4^; Paris, 1843).
Il peut aussi exister en un point du réservoir qui contient le fluide aériforme un obstacle capable d'empêcher la libre circulation de ce fluide; il arrive alors dans une partie du conduit placé audessus de l'obstacle une accumulation de gaz et une pneumatose par obstacle mécanique. Nous trouvons un remarquable exemple de cette pneumatose dans l'emphysème pulmonaire qui survient chez les chevaux contraints de se livrer à de violents efforts, quelquefois chez la femme lorsque le travail de la parturition est accompagné d'efforts expulsifs considérables , et même dans les catarrhes pulmonaires intenses et de longue durée. Dans tous ces cas, l'air, fortement emprisonné par l'obstacle qu'opposent à sa sortie les puissances musculaires, finit par se répandre dans le tissu qui relie entre elles les vésicules pulmonaires. Lorsque les fèces s'accumulent dans l'intestin par une cause quelconque, lorsqu'il existe quelque obstacle de nature cancéreuse ou un étranglement herniaire, une pneumatose se développe. Disons cependant que dans ces diverses conditions morbides comme dans beaucoup d'autres, on doit faire jouer le principal rôle à l'altération de sécrétion; l'obstacle n'agit qu'en empêchant la sortie des gaz. Dans la hernie étranglée, par exemple, la lésion des membranes de Tinteslin a la plus grande part à la production de la pneumatose intestinale.
Les causes que nous venons de signaler agissent d'une manière toute mécanique, soit en déterminant le passage des gaz dans des lieux où il n'en existe pas ordinairement, soiten les forçant à s'accumuler en quantité insolite. Il nous reste à examiner un second ordre de causes qui résident dans les tissus et dépendent du travail pathologique dont ils sont le siège. L'inflaDOimation aiguè et chronique des membranes peut-elle déterminer la pneumatose ? Cette question avait été résolue d'une manière affirmative par les méde-
cins de l'école physiologique, qui ne supposaient pas que l'on pût attribuer à une autre cause les productions gazeuses. Cependant des observations plus précises ont démontré qu'elles dépendent plus rarement qu'on ne l'a dit d'un semblable travail pathologique. Nous avons vu , en parlant des péritonites et des pleurésies à l'état aigu et chronique, que la présence de gaz au sein des cavités séreuses est excessivement rare; elle l'est moins dans les gastrites, les gastro-entérites. M. Baumes s'est efforcé de rassembler dans sa quatrième lettre des observations propres à démontrer l'influence pathogénique de Tinflammaliou sur le dégagement de gaz ( Traité des maladies venteuses, p. 44, 2^ édit. , in -8°; Lyon, 1837); aucun des faits qu'il a empruntés à Portai, Lieutaud, Morgagni, ne prouve ce qu'il veut démontrer. Nous sommes loin de prétendre que la phlegmasie aiguë ne puisse produire des sécrétions gazeuses ; elle détermine des modifications profondes dans la nature des liquides exhalés, elle peut donc aussi faire sécréter des gaz. Dans la gastrite et la gastro-entérite, il y a des éructations, des borborygmes, mais ces symptômes sont peu marqués en comparaison des autres, de ceux par exemple qui résultent de l'altération de sécrétion des matières liquides. Dans les gastro-entérites et les colites chroniques , la pneumatose est plus fréquente; il y a sous ce rapport une grande différence entre les phlegmasies chroniques et celles qui revêtent la forme aiguë : dans les premières , les sécrétions sont modifiées, et leurs produits singulièrement altérés. Souvent on a donné le nom de phlegmasies chroniques à des sécrétions anormales ; avant d'accepter une pareille définition , il faudrait s'entendre sur le sens que l'on doit donner au moi phlegmasie chronique, et c'est ce qu'on n'a pas fait jusqu'à ce jour (voy. Inflammation).
Les sécrétions gazeuses se manifestent encore dans les maladies qui ont pour effet d'altérer la texture des tissus et des membranes en particulier. Le ramollissement et l'ulcération simple, tuberculeuse ou cancéreuse, sont des causes fréquentes de dégagement gazeux dans les différents appareils. Le travail pathologique qui les précède ou les accompagne, en modifiant toutes les sécrétions, détermine ainsi la formation des pneumatoses. Souvent elles tiennent à une communication insolite qui s'est établie entre un organe qui contient des gaz et un autre qui n'eu contient pas; c'est ainsi que la perforation du parenchyme pulmonaire par des tubercules ou par un cancer produit un pneumothorax, et que l'ulcération de l'estomac ou de l'intestin provoque une pneumatose péritonéale.
Les auteurs gardent le silence sur certaines sécrétions gazeuses qui méritent cependaBt de fixer, au plus haut degré, l'attention des pathologistes;
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nous voulons parler de ces emphysèmes généraux qui surviennent rapidement chez Thomme et chez les animaux qui ont été mordus par le serpent à sonnette et certains animaux venimeux. Une altération septique de tout le sang peut seule expliquer la formation de cette pneumatose symptomatique.
Étiologie des pneumatoses idiopathiques. — La pneumatose est souvent l'effet d'une simple sécrétion gazeuse qui s'est opérée dans des tissus dont la texture ne s'écarte pas sensiblement de l'état naturel ; le seul fait de la sécrétion gazeuse constitue toute la maladie. Cette sécrétion insolite paraît tenir à deux conditions différentes du solide vivant : 1° à une diminution de la vitalité du tissu, 2°k une perturbation de l'innervation soit locale, soit générale. Nous verrons que telles sont les deux causes les plus fréquentes des pneumatoses intestinales.
La décomposition d'une substance solide ou liquide qui appartient à l'économie peut engendrer des gaz; la gangrène d'une partie limitée du corps et l'altération du sang, du pus ou de quelques liquides, mis en contact avec l'air, est souvent suivie de dégagement de gaz. On a vu la décomposition d'un foetus mort dans le sein de sa mère causer une pneumatose. On conçoit très-bien qu'une substance quelconque séparée de l'organisme et placée dans des conditions qui favorisent sa décomposition, produise une fermentation putride semblable à celle que nous voyons se manifester dans tous les corps privés de vie. C'est ainsi qu'on peut expliquer un certain nombre de pneumatoses qui diffèrent essentiellement des deux autres espèces que nous avons établies. On pourrait les appeler pneumatoses par fermentation putride.
Quelques aliments mucilagineux et féculents produisent une assez grande quantité de gaz ; cette pneumatose est sous la dépendance des lois chimiques, et mérite d'être rapprochée de la précédente.
On voit, par l'énumération que nous venons de faire de toutes les causes de sécrétions gazeuses : 1° que les unes sont produites par une lésion traumatique, une violence qui fait pénétrer un gaz dans des tissus d'où il est exclu; 2° que les autres sont Teffet d'une altération de texture des tissus; 3^ les troisièmes d'un simple trouble dynamique dans lequel la sécrétion seule est viciée ; 4° qu'un quatrième ordre de pneumatoses a son origine dans une fermentation toute chimique qui s'établit au sein de la matière organisée soustraite en partie ou complètement aux lois vitales. Nous entrerons dans plus de développements quand il sera question de chaque pneumatose en particulier (lympaniic, emphysème).
Nous n'avons plus qu'à énumérer ces causes indiquées par tous les auteurs, et dont l'influence est fort douteuse. Ils regardent comme causes prédisposantes :
le tempérament nerveux, la disparition des exanthèmes, d'une dartre, la métastase goutteuse et rhumatismale, la suppression du flux hémorroïdal, de la leucorrhée, des menstrues, l'influence exercée par les maladies nerveuses auxquelles les parents ont été en proie, telles que l'hystérie, l'hypochondrie, la manie. On a parlé d'une diathèsc flatulente qui serait transmise par voie d'hérédité, et prédisposerait celui qui l'aurait reçue à des pneumatoses; le tempérament nerveux est la seule prédisposition démontrée.
Syn\ptomatoJogie. — Les pneumatoses se révèlent par des symptômes locaux et généraux : les premiers sont les seuls qui soient communs à toutes les pneumatoses ; les plus importants sont la tuméfaction, la douleur et les troubles fonctionnels variables suivant le siège de la pneumatose. Les gaz, en se formant ou en s'accumulant dans les organes, produisent destumeurs qui sont parfois très-appréciables à l'extérieur; ces tumeurs ont pour caractère d'être élastiques, résistantes, et de rendre un son clair semblable à celui que donne un tambour : d'où est venue l'expression de tympanite (TU[y.77avûv tambour) appliquée aux tumeurs flatulentes de l'abdomen. La percussion est un procédé opératoire extrêmement précieux en ce qu'il nous fait découvrir les plus petites quantités de gaz, leur véritable siège et retendue de la tumeur gazeuse. C'est encore à l'aide de la percussion, opérée sur les organes qui contiennent des gaz, que l'on obtient les différents bruits connus sous les noms de bruit de pot fêlé et de bruit hydropneumatique. La présence d'un liquide est nécessaire pour la production de ce dernier bruit, qui est désigné encore sous le nom de bruit humorique. Nous avons indiqué avec soin dans un autre article (voy. PERCussmN, t. vi, p. 348) les conditions physiques au milieu desquelles il se développe. Parmi les symptômes fournis par la percussion, il faut encore ranger les divers sons que rendent la poitrine et l'abdomen percutés dans leurs différentes régions (son pulmonal, intestinal, stomacal); ils indiquent la présence des gaz et servent à établir le diagnostic de plusieurs maladies.
La palpation n'augmente pas sensiblement la douleur, à moins que la distension des tissus ne soit considérable ; elle sert à faire reconnaître si le gaz est mobile ou emprisonné dans le lieu qu'il occupe. Si le réservoir qui contient le gaz est fermé entièrement par deux sphincters ou parun obstacle insurmontable, le gaz ne peut pas se déplacer. Ordinairement la constriction spasmodique des sphincters cesse par intervalle, et alors le gaz s'échappe avec bruit tantôt par voie supérieure, tantôt par la partie inférieure du conduit membraneux. On peut, à l'aide de la pression, opérer le déplacement des gaz, qui font entendre alors des sons plus ou moins bruyants et dont le
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timbre varie suivant que le gaz est mêlé ou non à des matières liquides (borborygme, gargouilleaient); quelquefois le réservoir est doublé d'un appareil locomoteur, et les mêmes bruits anormaux se produisent par l'effet de la locomotion propre au réservoir, lorsque les gaz s'accumulent en grande proportion, les foDclious de Torgane où ils sont renfermés et celles des organes voisins éprouvent des troubles souvent considérables : un des premiers effets de cette accumulation est la distension de l'organe au delà de certaines limites, quelquefois même sa rupture, comme il en existe des exemples pour l'intestin aminci ou ulcéré. La distension , sans être portée à un pareil degré, gêne toujours beaucoup les fonctions de l'organe dont la contractilité est surtout altérée. Quant aux organes voisins du réservoir affecté de pneumatoses, ils souffrent de différentes manières; ce qui nuit surtout au libre accomplissement de leurs fonctions c'est la compression opérée par la pneumatose et la gêne mécanique qui en résulte pour la circulation des différentes matières qui traversent les conduits membraneux.
La composition chimique du gaz est variable : il est entièrement formé tantôt par l'air atmosphérique, c'est même le cas le plus ordinaire, tantôt par l'acide carbonique, l'hydrogène, l'oxygène, l'azote mêlés en proportions variables; quelquefois même ce sont des gaz fétides et délétères qui se développent, et alors la mort a lieu par un empoisonnement septique ordinairement rapide.
«Les pneumatoses, dit l'auteur d'un article publié sur le sujet qui nous occupe (Pneumatoses, par M. Chomel ; Dictionnaire de médecine, 2® édit., p. 132), ne présentent rien de constant dans leur marche ; tantôt les gaz exhalés peu à peu s'amassent avec lenteur, et les symptômes s'accroissent insensiblement; tantôt ils se développent avec rapidité, et les troubles fonctionnels deviennent graves en peu de temps; tantôt enfin ils font brusquement irruption d'une cavité dans une autre, et les phénomènes qui en résultent acquièrent en peu de moments leur maximum d'intensité.» Il est impossible de rien établir de général sur la marche et la durée des pneumatoses. On comprend en effet qu'il serait peu convenable de rapprocher les pneumatoses idiopathiques de celles qui sont symptomaliques d'une lésion traumatique, d'une maladie inflammatoire ou d'autre nature. Les pneumatoses idiopathiques sont les seules qui pourraient faire le sujet de quelques considérations générales, et encore serait-il difficile de trouver des points de contact nombreux entre la pneumorrhée essentielle et celle qui est liée à une chlorose, à une hystérie; aussi préférons-nous ne rien dire de plus général , et en renvoyer à l'élude des pneumatoses symplomatiques.
Diagnostic. — il n'est pas toujours facile de déterminer bien nettement la véritable nature des pneumatoses ; lorsqu'elles commencent à se manifester, on est exposé à les prendre pour des accidents produits par des maladies organiques : en effet celles-ci s'accompagnent si fréquemment , à leur début, de troubles fonctionnels et particulièrement de ceux qui portent sur les sécrétions, que le praticien est disposé à craindre le développemeut d'une affection viscérale; et lorsqu'il est parvenu à reconnaître, par un examen attentif du malade, que celui-ci n'est atteint que d'une pneumatose, des difficultés nouvelles se présentent encore. 11 s'agit de savoir si la pneumatose est essentielle, c'est-à-dire constitue toute la maladie, ou bien si elle n'est que le symptôme d'une affection plus grave. Le praticien se trouve souvent embarrassé pour résoudre une telle question , et il ne peut y parvenir qu'après avoir observé pendant quelque temps la marche et la nature des symptômes, ou bien lorsqu'il se montre un de ces signes qui servent à caractériser la maladie. On peut dire, d'une manière générale, que les pneumatoses essentielles n'étant que des simples troubles portant sur les sécrétions, elles peuvent exister pendant longtemps sans provoquer d'accidents graves, et même sans altérer notablement la santé. C'est donc surtout en procédant par voie d'élimination dans le diagnostic, et en tenant compte de la longue durée du mal et de .son peu de gravité , que le praticien parvient à déterminer la vraie nature de la pneumatose. Quant à la présence même des gaz en un point quelconque de l'économie, rien de plus facile que de la constater ; la distension subite et passagère du réservoir, la sonorité excessive de la région qui lui correspond, le déplacement facile des gaz , leur brusque disparition qui est accompagnée d'un soulagement instantané : tels sont les signes qui ne permettent pas de confondre les tumeurs gazeuses avec d'autres altérations.
Le pronostic des pneumatoses doit être fondé sur la distinction importante que nous avons établie. On comprend quelle différence il doit exister, sous le point de vue du pronostic, entre les pneumatoses essentielles et les symplomatiques : les premières sont en général peu graves; toutefois, si elles ne mettent pas en danger la vie du malade, elles l'exposent à des accidents pénibles, et durent un temps fort long. Le pronostic des pneumatoses symptomaliques est beaucoup plus sérieux ; il est entièrement subordonné à celui de la maladie dont la pneumatose n'est qu'un accident.
Traitement. — Nous n'imiterons pas l'exemple donné par les auteurs qui ont écrit sur les maladies flalulentes; ils ont indiqué, n'une manière générale, le traitement hygiénique et pharmaceutique des pneu-
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ma(o?es, sans s'apercevoir qu'il leur arrivait souvent de proposer une même ihérapeulique pour des maladies de nature difFér enic, ou de conseiller des remèdes qui n'étaient pas applicables h loulcs les pneumatoses. Celte singulière erreur, dans laquelle sont tombés presque tous les auteurs, tient à ce qu'ils n'ont pas séparé dans leur description les pneumatoses idiopathiques des symptomatiques. Du reste, il est facile de comprendre que l'on ne peut rien établir de général sur le traitement des pneumatoses symptomatiques; il ne doit d'ailleurs différer en rien de celui à l'aide duquel on combat la maladie principale. Les seules indications thérapeutiques qui soient communes à ces pneumatoses sont les suivantes : 1" déterminer la résorption des gaz à l'aide des substances qui passent pour jouir de propriétés absorbantes (alcalis, toniques, excitants diffusibles); 2^ leur sortie au dehors, soit en dilatant les orifices naturels resserrés spasmodiquement, soit en détruisant, d'une toute autre manière, l'obstacle mécanique qui s'oppose à la libre sortie des gaz, soit enfin en leur livrant passage par une ouverture artificielle (ponction); 3° prévenir la reproduction de ces gaz par un traitement subordonné à la nature et à la cause de la maladie.
Nature et classification des pneumatoses. — Nous avons démontré que les pneumatoses ne sont souvent que le résultat d'une sécrétion gazeuse accidentelle : telles sont, par exemple, les pneumatoses de l'hypochondrie, de l'hystérie, de la chlorose. Nous ne connaissons pas les altérations de texture qui accompagnent ces sécrétions gazeuses ; nous ne pouvons aller au delà du fait même, qui , du reste , n'est point fait pour nous surprendre, puisque nous voyons des membranes et des tissus sécréter des gaz dans l'état physiologique (membranes des voies respiratoires et digestives, peau). 1" Une première classe de pneumatoses est formée des sécrétions gazeuses de l'état normal , dont les produits sont altérés a. dans leur quantité, b. dans leurs qualités. 2*^ Une seconde classe de pneumatoses est constituée par les sécrétions gazeuses qui ont lieu dans des tissus d'où les gaz sont ordinairement exclus ; de ce nombre sont les pneumatoses des membranes séreuses, de la cavité utérine, du tissu cellulaire, de l'appareil circulatoire, du poumon (emphysème extra-vésiculaire). Ces deux divisions , fondées sur le siège même de la pneumatose, n'ont pas l'importance des deux autres divisions qu'il nous reste à rappeler et qui ont une base toute pathologique, tandis que les premières reposent exclusivement sur l'anatomie; nous voulons parler de la division des pneumatoses en idiopathique et en symptomalique. A. Pneumatose idiopathique : 1° simple, 2" liée à une névrose générale, et ne pouvant dès lors être rangée parmi les pneumatoses symptomatiques d'une lésion de texture (pneumatoses
de l'hypochondrie, de l'hystérie, de la chlorose, de h gastralgie, de la goutte). B. Pneumatoses symptO' matiques: 1" d'une lésion traumatique (pneumatose traumatique : emphysème cellulaire, pulmonaire, pneumothorax, aéro-péritonie); 2° par obstacle à la circulation des gaz (pneumatose mécanique); 3« par travail morbide spontané (inflammation , ulcération , ramollissement).
Classification des pneumatoses.
V^ classe. Pneumatose idiopathique, sans lésion appréciable de texture des tissus qui fournissent le gaz.
A. Pneumatose simple.
B. Pneumatose liée à une névrose, 1° locale (pneumatose gastralgique, utérine) , 2" générale (pneumatose hypochondriaque, maniaque, chlorotique, hystérique, goutteuse).
2^ classe. Pneumatose symptomatique.
1° Pneumatose traumatique (du tissu cellulaire, du poumon, des membranes séreuses et muqueuses, de l'utérus, de l'appareil circulatoire).
2® Pneumatose par obstacle à la circulation du gaz. — Emphysème pulmonaire, tympanite intestinale, etc.
3** Pneumatose par travail morbide de la membrane muqueuse (inflammation, ulcération, ramollissement). — Pneumatose de la gastro-entérite, de la fièvre typhoïde, de la dysenterie, de la colite, chronique.
4° Pneumatose par altération du sang. — Emphysème produit par la morsure de certains animaux.
5*' Pneumatoses par décomposition de la ma^ tière organisée et privée de vie. — Telles sont, par exemple, les pneumatoses qui surviennent par l'effet delà décomposition d'un fœtus, d'une gangrène partielle.
6" Pneumatoses par fermentation. — Une véritable fermentation , qui tient à la réaction de certaines substances alimentaires introduites dans la cavité digestive, peut donner naissance à des pneumatoses qui méritent une mention toute spéciale.
Tel est le tableau nosographique qui nous a paru résumer les principales espèces de pneumatoses et offrir une idée générale de leur véritable nature et de la place que chacune d'elles doit occuper dans une nosographic.
11 nous reste, pour compléter cet article de pathologie générale, à indiquer quelques-unes des classifications adoptées par les nosographes du siècle dernier. Sauvages n'a aucune idée exacte des différentes espèces de pneumatoses ; l'emphysème est placé par lui dans les tumeurs humorales solitaires (ordre 111, ph/mata)^ à c6té de l'œdème, du squirrhe, du phlegmon et du bubon. L'émission des gaz par les
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voies supérieures et inférieures, parTurèthre, le vagin, l'utérus , est rangée dans les flux ou sécrétion de gaz (ordre IV, aerijluxus ^ classe \X,Jluxus); cette dernière classification ferait croire d'abord que Sauvages a compris la véritable nature des-pneumatoses ; il n'en est rien , car il met plus loin le météorisme et la tympanile parmi les h/dropisies partielles (ordre III , classe IX , cachexiœ), in gênera morborum dejînita ex nosologia methodica).
Gullen fait un ordre à part des tumeurs flatuientes (ordre II , inlumescentiœ ; classe III , cachexiœ). Il indique assez bien les principales espèces depneumatoses [Gênera morborum , in-4°; Edinb., 1771, et Èlém. de méd. pratique). Les études physiologiques et anatomo-pathologiques de la fin du dernier siècle et de celui-ci ont fait connaître enfin la véritable nature des pneumatoses, et bien que leur histoire n'ait encore été qu'incomplètement ébauchée, nous avons cru que, dans l'état actuel de la science, il n'était pas permis de négliger ce point important de pathologie générale.
§11. Des pneumatoses en particulier.
Pneumatose des membranes muqueuses. — J" Pneumatose gastro-intestinale. — On désigne sous le nom de tympanile la tuméfaction de l'abdomen causée par une accumulation insolite de gaz dans le tube intestinal; on a cru pendant longtemps que ces gaz avaient leur siège dans la cavité du péritoine. Le nom de t/mpanite a été donné à la pneumatose gastro-intestinale à cause de la tension et de la sonorité extrêmes du ventre, qui, percuté, rend le même son qu'un tambour (xu^Travov, tambour).
Dcnommalions françaises et étrangères, — Méi*éorisme, ballonnement du ventre, tympanile. Fr. — Tup-TTavi-rr.;, Tup-Traviaç. Gr. — Timpanilide, idropisia sicca. Ital. — Timpanitis. Esp. — Tjrmpany, dry dropsy, wind dropsy. Angl. — fVindsucht , Lungensucht , Trommelsucht. AU. — Trommesyge, vindsot, bomsot. Dan. — Vàdersot, Suèd.
Synonymie suivant les auteurs. — Tuaravirr,?, Hippocrate, Celse; TUf^.iravta;, Galien ; tympanitida. Sauvages, Vogel,Sagar, Gullen; affectio lympanilica, Hoffmann; empliysema tympaniticum, YouDg; emphysema ahdominis , Good ; aero-entéreciasie, Piorry ; liydrops siccus d'un grand nombre d'auteurs.
Analomie pathologique. — L'étude chimique des gaz contenus dans l'intestin, quoique d'une haute importance, n'a encore été faite que pour un petit nombre de cas pathologiques. Nous rappellerons d'aboid que, dans l'état sain, le tube digestif contient une certaine proportion de gaz qui sont exhalés par la membrane muqueuse, el dont la composition chimj-
que varie suivant la portion de l'intestin où on les examine. Ghevreul a trouvé dans l'estomac un gaz ainsi composé : oxygène, 1 1 ; acide carbonique, 14 ; hydrogène, 3,55; azote, 71,45. Total, 100.
Le gaz contenu dans l'intestin grêle était composé de la manière suivante chez trois sujets :
Oxygène, O, 0
Acide carbonique, 24,39
Hydrogène, 55,53
Azote, 20,08
Le gaz renfermé dans le gros intestin était composé chez le premier sujet de : oxygène , 0,0 ; acide carbonique, 43,5 ; hydrogène carboné avec trace d'hydrogène sulfuré, 5,47; azote, 51,03. Total, 100,0. — Ghezle second de : oxygène, 0,0 ; acide carbonique, 70 ; hydrogène et hydrogène carboné, 1 1 ,6 ; azote, 18,4. Total, 100,0. — Dans le gros intestin du troisième sujet, le gaz avait la composition suivante: oxygène, 0,0; acide carbonique, 12,5; hydrogène, 7,5; hydrogène carboné, 12,5; azote, 67,5. Total 100,0. Le gaz trouvé dans le rectum de ce même sujet aval l la composition suivante : oxygène,0,0 ; acide carbon ique, 42,86; hydrogène, 0,0; hydrogène carboné, 11,18; azote, 45,96. Total, 100,00. On voit, d'après ce qui précède, que l'estomac seul contient de l'oxygène, qu'il y a plus de gaz acide carbonique dans l'intestin grêle que dans le gros intestin , et que celui-ci renferme seul de l'hydrogène carboné et sulfuré. Gependant il ne faut pas croire que les gaz dont nous venons d'indiquer la composition restent ainsi emprisonnés dans certaines parties de l'intestin; il est très-commun d'observer de grandes variations à cet égard.
Dans l'état pathologique, ce sont ces mêmes gaz qui se développent , mais en plus grande proportion , et souvent aussi s'accumulent , dans certaines parties, sous l'influence des causes que nous ferons connaître. Le plus ordinairement ce sont les gaz acide carbonique et l'hydrogène qui se développent ainsi en grande quantité; cependant il n'est point rare de les rencontrer indistinctement dans tous les points des voies gastriques, et mêlés à d'autres gaz. Les vents que l'on rend lorsqu'on s'est livré pendant quelque temps à des recherches anatomiques ont une odeur cadavérique très-marquée. Selon Bichat , ceux que l'on rejette lorsqu'on a respiré l'odeur de larges ulcères ou des vapeurs sulfureuses ont une odeur fétide toute particulière. Les gaz qui ont longtemps séjourné dans le gros intestin se chargent quelquefois d'une grande quantité d'hydro(;ène sulfuré.
«Les gaz excrôtés^ dit W. Gérardin danssadis-
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sertation pleine de détails iatéressaots, ne doivent pas seulement leur odeur à la présence du gaz hydrogène sulfuré, ils entraînent avec eux d'autres principes odorants dont l'existence et la nature échappent aux moyens eudiométriques, mais qui sont d'autant plus remarquables qu'ils semblent varier suivant l'âge, le sexe, les aliments, les passions, les maladies» (dissert, cit., p. 48). On sait qu'une alimentation formée presque exclusivement de matières animales favorise la formation de gaz très-fétides. Dans les maladies, ces gaz ont souvent une odeur repoussante. Les notions que l'on possède sur les propriétés physiques et chimiques des gaz contenus dans le canal intestinal se réduisent à très-peu de chose. «Dans les fièvres bilieuses, dit M. Gérardin, les rapports et les flatuosités ont une odeur d'œuf pourri ; dans les fièvres adyns^miques, les vents et les autres excrétions ont une odeur putride et cadavérique; dans les dysenteries épidémiques, l'odeur gangreneuse des vents et des excrétions alvines annonce la mortification de l'intestin, et bientôt une mort prochaine» (th. cit. , p. 49).
La seule lésion cadavérique que l'on puisse attribuer à la tympanite est la distension et l'amincissement des parois intestinales , dans quelques cas rares , leur rupture. Ce dernier accident n'a lieu que quand l'intestin est ramolli ou ulcéré; toutes les autres lésions dont parlent les auteurs appartiennent aux diverses maladies dont la tympanite est l'effet. Un autre résultat de la distension gazeuse est le déplacement des viscères situés dans le ventre et dans la poitrine : nous nous en occuperons plus loin. Le volume qu'acquiert parfois le colon est très-considérable; Fernel l'a -vu égaler la longueur du bras, et Liitre a trouvé à cet intestin le volume de la cuisse.
Symptômes communs aux prieumaloses intestinales.— Quelle que soit la cause de la tympanite, elle s'annonce par les mêmes signes locaux, que nous allons d'abord étudier. La présence des gaz dans le tube intestinal est marquée, quand ils sont en quantité un peu considérable, par la tuméfaction du ventre, dont la paroi antérieure est fortement distendue. La forme que prend alois le ventre mérite d'être notée ; il est assez uniformément arrondi et saillant vers le nombril, ainsi que l'avait déjà remarqué Combalusier [Pneamopathologie, t. i, p. 231, trad. franc. , in-S*' ; Paris, 1754). «L'estomac et les intestins, siège ordinaire de ce mal, doivent être principalement poussés dans la partie supérieure et antérieure du bas-ventre, comme étant la plus large et celle qui résiste le moins. Le gonflement, dit le même auteur, demeure constamment le même dans quelque attitude que soit le malade; jamais on ne le voit s'affaisser, descendre ou tomber sur les côtés » {loc. cit.). Tels sont en effet les principaux carac-
tères de la tumeur formée par les intestins dislendus. Nous ajouterons que si la dilatation est surtout considérable vers le nombril, l'épigastre et les hypochondres , cela tient à ce que les gaz .s'accumulent en plus grande quantité dans le-gros intestin, ainsi que vSœmmering en avait fait la remarque.
La tuméfaction du ventre est proportionnée à la quantité de gaz que renferment les intestins et à la rapidité avec laquelle s'effectue l'exhalation. Quelquefois ils sont en quantité si minime qu'il faut , pour en reconnaître la présence , recourir à la percussion de l'abdomen ; c'est ordinairement sur le trajet du gros intestin qu'on trouve le son clair à l'aide duquel on peut diagnostiquer, de très-bonne heure, une pneumatose intestinale. Lorsqu'elle est peu intense, et là tumeur du ventre peu considérable, on lui donne le nom deméféorisme j de hallonnement du ventre. Ces expressions ne servent qu'à désigner des formes de la même maladie dont la tympanite n'est que le degré le plus extrême. Le nom de tympanite lui vient de ses deux symptômes principaux , la tension des parois abdominales , et le son de tambour que cellesci rendent lorsqu'on les percute.
La percussion est le procédé opératoire le plus sûr pour arriver à découvrir les plus petites quantités de gaz exhalés par l'intestin , et le lieu qu'ils occupent. S'il existe, par exemple, quelque rétrécissement de nature organique en un point de l'intestin, on trouvera une sonorité exagérée au-dessus de la lésion, et de la matité dans la région qui correspond au point rétréci. C'est encore à l'aide de la percussion qu'on pourra découvrir dans l'intestin la présence des liquides et des gaz. Nous avons montré dans un autre article que la percussion d'une tumeur gazeuse nageant dans un liquide, ou en renfermant elle-même produisait un son humorique tout particulier (voy. Percussion).
C'est à l'aide de la percussion que l'on peut trouver la limite exacte de la tumeur gazeuse; elle permet au praticien de reconnaître l'étendue de la pneumatose intestinale et la véritable nature des accidents éprouvés par les malades. Une dyspnée extrême, portée jusqu'à la suffocation, existe chez un sujet atteint de tympanite considérable; faut-il rapporter à celle-ci les accidents graves que présente le malade, ou à quelque affection de poitrine? La percussion a bien vite levé cette difficulté. En effet, elle apprend que les intestins énormément distendus ont refoulé le diaphragme et le poumon; que du côté gauche, par exemple, la matité précordiale est remplacée par un son très-clair, et que le poumon ne dépasse pas la quatrième ou même la troisième côte. L'auscultation vient confirmer la valeur séméiologique des symptômes fournis par la percussion. Enfin, c'est encore par ce précieux moyen d'investiga-
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lion que Ton peut s'assurer que le foie et la ra(e sont repousses en haut et en arrière par le colon et l'estomac; que la matrice est précipitée vers le fond du bassin, et forcée dans quelques cas de se diriger vers les parties externes de la génération {Actes lie l'Acad. des cur. de la nature, in dissert, citée de M. Gérardin , p. 40).
La palpation de l'abdomen donne lieu à un sentiment de résistance et d'élasticité qui appartient aux tumeurs gazeuses. Lorsque les gaz sont en grande quantité, la résistance des parois du ventre est considérable; la main appliquée sur elles perçoit le déplacement des gaz , et souvent les tumeurs flatulenles disparaissent sous la pression des doigts en déterminant un gargouillement distinct lorsque les gaz sont mêlés à des liquides.
L'auscultation ne fournit que des données séméiologiquespeu importantes; seulement elle fait souvent mieux entendre le bruit spécial provoqué par le déplacement des gaz, bruit que Ton désigne par le nom imitatif mais bizarre de borborygme. 11 s'entend le plus ordinairement à l'oreille nue , quelquefois à de grandes distances , comme chez les femmes dont le corps est serré par un corset ou qui sont hystériques, en proie à des accidents nerveux, ou sur le point d'avoir leurs règles. Les sujets atteints de gastralgie ou d'hypochondrie se plaignent fréquemment de borborygmesdont les sons bruyants s'entendent de trèsloin et imitent les bruits les plus singuliers, tantôt le glouglou d'une bouteille qui se vide ou le mugissement plaintif du vent, tantôt le roulement d'un tambour, le sifflement prolongé de certains instruments , le grognement des animaux, etc. Ces bruits divers sont très-communs dans Thyslérie et la chlorose.
Le malade a lui-même la sensation du déplacement des gaz intestinaux; leur seule présence donne lieu à un sentiment de tension et de plénitude fort pénible, quelquefois à une dyspnée extrême et à une anxiété dont on a quelque peine à se former une juste idée quand on n'en a pas été témoin. Ces deux symptômes sont surtout prononcés lorsque l'exhalation gazeuse est rapide et abondante, comme chez les femmes hystériques, après leur attaque. La sensation incommode excitée par les gaz intestinaux porte le malade à s'en débarrasser; l'excrétion gazeuse se fait par la bouche sous forme de rots , ou par Touverture anale; la sortie des gaz a lieu avec plus ou moins de promptitude et de bruit, et apporte immédiatement un soulagement marqué. Les auteurs de pneumopathologie se sont beaucoup occupés des diverses circonstances qui accompagnent la sortie des flatuosités intestinales, du danger qui .suit leur rétention; il serait inutile d'insister aujourd'hui sur un pareil sujet. Les flatuosités intestinales déterminant des douleurs souvent trèsvives et des symptômes pénibles, doivent toujours
être expulsées par les malades. L'absorption des gaz, quoique souvent rapide, ne peut remplacer l'excrétion pour peu que les gaz soient en quantité un peu considérable. On a dit que l'absorption gazeuse était suivie parfois d'accidents graves et même mortels; les faits que l'on a rapportés à l'appui de cette opinion ne méritent aucune confiance.
Nous ne pourrions rien ajouter aux signes que nous venons d'énumérer sans tomber dans l'erreur commise par la plupart des auteurs anciens qui attribuent à la tympanite des symptômes qui doivent être rapportés aux maladies des viscères abdominaux ou même d'autres organes plus éloignés.
La marche, la durée, la terminaison delà tympanite, ne comportent pas de description générale, et nous nous exposerions à rapprocher des choses hétérogènes si nous suivions l'exemple qui nous est donné par plus d'un auteur.
Diagnostic. — La tympanite peut être simulée par la déglutition volontaire de l'air atmosphérique, comme dans un cas fort intéressant rapporté par M. Gérardin; il suffit pour reconnaître la supercherie de surveiller le malade et de le surprendre au moment où il avale de l'air (voy. thèse citée, p. 54).
La tympanite peut simuler les maladies dans lesquelles la paroi abdominale fait tumeur, comme l'ascite, la grossesse, le cancer du foie ou des intestins. On ne pourrait plus confondre aujourd'hui l'ascite et la tympanite, grâce aux résultats fournis par la percussion; la forme globuleuse du ventre, le siège de la sonorité qui occupe surtout les parties antérieures, caractérisent suffisamment le météorisme. Dans la grossesse, la tumeur se montre d'abord à l'hypogastre et successivement de bas en hai^t, tandis que rien de semblable n'a lieu dans la pneumatose gastro-intestinale; d'ailleurs , la sonorité excessive de la tumeur ne laisserait pas le moindre doute, en supposant que l'on fût privé des signes fournis par le développement du fœtus.
La formation et la disparition rapides des tumeurs flatulenles qui ont leur siège dans une portion de l'intestin empêchent de les confondre avec les altérationsorganiquesdesviscèresabdominaux. Portai cite l'observation d'une dame qui offrait une tumeur située au-dessous du foie; celle-ci prise pour une obstruction de ce viscère, n'était qu'une tumeur gazeuse qui disparut tout d'un coup (Baumes, Traité des malad. vent., p. 89, 2® édil.).
C'est toujours au moyen de la percussion que l'on peut asseoir un diagnostic rigoureux et facile. Chez quelques sujets, les tumeurs venteuses situées sur le trajet des grosses artères sont soulevées à chaque battement ; ce qui peut faire croire à une lésion organique du viscère où siège la pneumalose. Le son excessivement clair servirait à lever tous les doutes; la con-
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naissance de la maladie, la disparition momentanée de la tumeur, fourniraient d'ailleurs des éléments utiles au diagnostic différentiel.
On a fait beaucoup d'efforts pour distinguer la lympanite intestinale d'avec la pneuraatose périlonéale. Dans celle-ci, la résonnance tympanique est égale partout et excessive, le ventre uniformément tendu. Le docteur Schuh,qui a porté son attention sur ce point de diagnostic , considère comme signe pathoguomonique la résonnance, qui est, suivant lui, uniforme , grave et peu tympanitique; le foie est refoulé en arrière, et les gaz sont interposés entre cet organe.et les muscles de l'hypochondre droit (extr. du Mcdicinische Jahrbucher, etc.; Gazette médic, p. 61 ; 1 843). On doit en outre rechercher avec soin s'il n'existe pas quelques-unes deces maladies qui entraînent si fréquemment la perforation de l'intestin et l'épanchement de gaz.
Une pneumatose gastro-intestinale peut en imposer pour une pneumatose du tissu cellulaire des parois abdominales; la crépitation superficielle ne laisserait pas longtemps le diagnostic en suspens. 11 n'en serait pas de même si le diaphragme était refoulé à gauche, à une hauteur considérable par la distension gazeuse des intestins ; dans ce cas, on pourrait croire à un pneumothorax, d'autant mieux que l'absence du bruit respiratoire, le son clair rendu par le thorax, la dyspnée extrême, existent dans Tune et l'autre maladie. Le pneumothorax se rattache à une affection de poitrine aiguë ou chronique dont il serait facile de constater les principaux symptômes; le tintement métallique pourrait aussi éclairer le diagnostic. La pneumatose gastro-intestinale ne pourrait guère simuler un emphysème; la déformation du thorax, la présence des râles, l'affaiblissement du bruit respiratoire, la durée du mal, la dyspnée, ne laisseraient aucun doute sur l'existence d'un emphysème.
La pneumatose intestinale , sans donner lieu à des erreurs de diagnostic, peut masquer les symptômes de certaines maladies; elle peut, par exemple, empêcher de découvrir une hypertrophie du cœur, une hydropéricarde ou des altérations aiguës et chroniques situées à la base des poumons, en avant surtout; il est utile d'être prévenu de ces difficultés séméiologiques, pour les surmonter facilement.
Traitement de la pneumatose gastro-intestinale. — Nous avons dit que la première indication à remplir dans le traitement de la pneumatose est d'employer les subtances réputées absorbantes. Celte médication n'empêche pas le mal de se reproduire , et n'est utile que pour combattre les accidents de la lympanite; mais comme ils peuvent rendre quelques services et apporter un notable soulagement, il convient de les mettre en usage. Nous prévenons toute fois le praticien que la plupart des médicaments
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conseillés en pareille circonstance ne sont que des palliatifs, et ne peuvent en aucune manière détruire la cause du mal : tels sont la magnésie , la chaux , le bicarbonate de soude en solution dans l'eau, la poudre tempérante de Stahl , le nitrate de potasse uni au camphre.
On a souvent retiré quelque avantage de l'emploi des substances excitantes , comme l'anis étoile , l'anis commun, la coriandre, le cumin, le poivre, le gingembre , la canelle ; ces médicaments peuvent être donnés en poudre,ou sous forme d'infusion très-chaude et un peu concentrée. On peut aussi administrer de la même manière les infusions de plantes qui possèdent des principes amers et aromatiques, de la famille des labiées et des synanthérées, par exemple; le principe acre des crucifères trouve aussi sa place dans le traitement des pneumatoses. Les graines de moutarde ont acquis, entre les mains des charlatans, une réputation qui n'est pas toujours usurpée. 11 est facile d'expliquer les succès obtenus par ces agents pharmaceutiques dans les cas où la lympanite tient à une diminution de l'activité fonctionnelle de la membrane muqueuse, chez des hypochondriaques, les convalescents, dont l'estooiac est affaibli par la diète ou par une médication antiphlogistique faite mal à propos. Rappellerons-nous que les antispasmodiques tels que l'éther, la poudre de valériane, l'assa fœtida, et des substances dont la composition chimique est toute différente, parviennent à empêcher la formation d'une nouvelle quantité de gaz, mais nullement à en opérer l'absorption? Nous avons hâte de terminer cette énumération stérile de médicaments qui ne peuvent être donnés avec succès que lorsqu'on connaît bien la cause de la pneumatose.
11 est bien rare que les accidents provoqués par la lympanite soient assez graves pour mettre la vie du malade en danger et pour forcer le médecin à recourir à une opération qui a été conseillée dans quelques cas ; elle consiste à donner issue aux gaz contenus dans la cavité intestinale soit avec un trois-quarts, soit à l'aide d'une sonde de gomme élastique que l'on fait pénétrer dansTeslomac ou dans le gros intestin , suivant que l'on se propose d'extraire les gaz contenus dans l'un ou l'autre de ces réservoirs. On peut adapter à la sonde une pompe qui aspire plus sîirement les gaz. Lorsqu'ils ont leur siège dans l'intestin grêle, celte opération est insuffisante; on a proposé en pareil cas, lorsqu'il est urgent de faire cesser les accidents graves que produit la lympanite, de pratiquer l'acupuncture des parois de l'abdomen et de l'intestin avec une aiguille montée sur un manche. M. Mérat croit que le méléorisme abdominal peut êlre traité sans danger par ce moyen. «On pourrait peut-être, dit-il, se servir d'un Irois-quartsdont la canule retiendrait l'intestin et permettrait à Tair de continuer
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de sortir, en aidant cette sortie de la pression abdominale» (art. Météorisme, Dictionnaire des sciences médicales^ p. 122). MM. Pinei et Bricheteau rapportent , d'après les auteurs , quelques cas de paracentèse pratiquée sur des sujets dont le ventre était météorisé ; l'opération fut suivie de mort dans le cas dont Van Helmont a été témoin (voy-Tympanite, Dictionnaire des sciences médicales, p. 168).
A. Pneumatosc gastro-intestinale idiopathique. — Les membranes du tube digestif jouissent de toute leur intégrité dans les pneumatoses de cet ordre qui ne sont, comme nous l'avons dit, que le résultat d'une altération de sécrétion placée le plus ordinairement sous l'empire d'une névrose locale ou générale. Cette pneumatose se montre dans un grand nombre de conditions pathologiques où l'innervation gastrointestinale seule est lésée; c'est ce qui a lieu, par exemple, chez des hommes bien portants du reste, mais qui ne peuvent digérer sans que des gaz se forment aussitôt en grande quantité. Tel était le cas d'une malade dont M. Gérardin rapporte l'observation. On ne peut expliquer ces tympanites que parune disposition toute particulière , par une idiosyncrasîe. Ou est encore forcé de l'admettre pour se rendre compte du développement de ces tympanites qui suit l'ingestion d'aliments ou de boissons qui n'ont pas pour effet de les produire chez la plupart des hommes , du lait, de la bière , du café par exemple.
11 faut encore rapporter aux pneumatoses par trouble de l'innervation celles qui se développent chez des sujets qui ont été affaiblis par une diète longue ou rigoureuse, par des déplétions sanguines faites en vue de combattre une gastrite, chez les convalescents , chez les hypochondriaques qui craignent d'enflammer leur estomac en lui donnant une nourriture trop substantielle. L'usage exclusif d'aliments féculents, gommeux et sucrés, de viandes blanches, de boissons aqueuses, détermine souvent des pneumatoses qui ne peuvent guérir, ainsi que les précédentes, que si l'on astreint les malades à un autre genre d'alimentation et à une nourriture plus tonique et plus azotée.
Nous plaçons parmi les pneumatoses idiopathiques le météorisme qui suit ordinairement l'ingestion de certaines substances alimentaires dites pour cela venteuses ou flalulentes, comme les haricots, les pois, les navets, les oignons, les choux, et les végétaux chargés de principes mucilagineux et sucrés fermentescibles; la bière, le cidre, les eaux minérales gazeuses, etc., sont dans la même catégorie. Les substances dont nous venons de parler fournissent par elles-mêmes, dit-on, une grande quantité de gaz emprisonné dans le tissu des végétaux ; mais les principes chimiques qui entrent dans leur composition ctdont les réactions sont mises en jeu par le travail digestif, prennent
une part bien plus grande à la formation de ces pneumatoses.
Le contact de certains médicaments avec la membrane muqueuse gastro-intestinale provoque une abondante sécrétion de gaz : tels sont en particulier les purgatifs salins, le sulfate de soude, de magnésie, et les drastiques ; leur emploi est rapidement suivi de borborygme et de gargouillement. La sécrétion des gaz est excitée en même temps que celle des liquides intestinaux. L'intégrité des organes de la digestion force à ranger le météorisme produit par cette cause au nombre des pneumatoses essentielles. Quand un poison est introduit dans l'estomac, il y a aussi formation de gaz ; mais l'irritation inflammatoire qui existe alors ne permet pas de placer cette pneumatose parmi les essentielles (voy. Pneum. sympt. de l'inflammation de l'estomac).
Jusqu'ici la sécrétion gazeuse ne s'est effectuée que sous l'influence d'une cause pathologique siégeant dans l'estomac; l'innervation gastrique pervertie, diminuée, excitée ou modifiée par l'idiosyncrasie, voilà le point de départ de ces pneumatoses idiopathiques. 11 est un ordre de pneumatoses tout aussi intéressantes pour les pathologistes , et qui ont leur point de départ dans un trouble de l'innervation cérébrale; la sécrétion gazeuse ne s'établit que consécutivement à ce premier trouble. C'est ce qu'on observe, par exemple, chez des sujets en proie à une émotion morale vive de peine et de plaisir, à la suite d'une tension continue de l'esprit , chez les hommes qui se livrent au travail du cabinet. L'ingestion des aliments détermine ou augmente la sécrétion des gaz intestinaux chez les hommes ainsi prédisposés par leurs occupations habituelles ou par leur idiosyncrasie.
A côté de ces pneumatoses viennent se ranger naturellement celles qui sont liées à l'existence des névroses et spécialementde Thypochondrie, de l'hystérie et des affections dans lesquelles prédominent des accidents nerveux , comme la chlorose. Les personnes tombées dans l'anémie ou atteintes de névralgies y sont plus exposées que d'autres. Nous n'avons rien à ajouter aux détails que nous avons donnés en décrivant l'hypochondrie, l'hystérie et la gastro-entéralgie. Le diagnostic, le pronostic et le traitement de cette pneumatose étant entièrement subordonnés à la maladie dont ils ne sont qu'un des mille accidents, nous ne devons pas nous y arrêter. Disons seulement que c'est surtout dans les pneumatoses de ce genre que l'on voit réussir les médicaments doués de propriétés toniques et stimulantes, et que l'on est quelquefois contraint de traiter la pneumatose comme maladie séparée, tant à cause de son intensité et de sa fréquence que des souffrances vives qu'elle détermine. Ce serait encore parmi les pneumatoses idiopathiques que l'on pourrait mettre celles qui sont attribuée
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par les auteurs à la suppression des flueurs blanches, à la brusque disparition d'un exanthème, de la goutte, du rhumatisme; mais l'existence de ces causes fort hypothétiques ne saurait être admise aujourd'hui que lorsqu'elle sera appuyée sur des faits incontestables et bien démontrés. Dans la goutte appelée atonique par les auteurs , le canal intestinal se remplit facilement d'une grande quantité de gaz, mais on ne peut accuser en aucune manière la rétrocession du principe goutteux.
B. Pneumatose gastro-intestinale syniptomatique. —^ Elle est beaucoup plus fréquente que la pneumatose idiopathique, et se rattache à une altération évidente de texture des membranes intestinales; tantôt une blessure qui a pénétré jusque dans le tube digestif y conduit l'air extérieur, tantôt c'est un obstacle apporté à la libre sortie des gaz formés naturellement dans l'intestin par un rétrécissement cancéreux des membranes ou par quelques tumeurs de même nature qui, situées dans le voisinage de Tintestin , le compriment ou font corps avec lui. La tumeur flatulente qui en résulte est ordinairement située au-dessus du point rétréci. Les pneumatoses ainsi produites par un obstacle mécanique sont plus rares qu'on ne l'a dit; nous en avons observé quelques exemples ; nous croyons qu'on doit faire jouer dans leur production le principal rôle à l'altération de sécrétion qui accompagne si constamment les maladies organiques.
Les matières stercorales arrêtées dans leur cours par un obstacle quelconque peuvent, en s'opposantà la sortie des gaz , produire une pneumatose. A une époque où l'on parlait beaucoup de l'inflammation gastro-intestinale, on avait admis que les sécrétions gazeuses en étaient un des effets. Une interprétation plus rigoureuse des phénomènes pathologiques a prouvé que le météorisme était plus souvent lié à l'atonie, et à des névroses générales ou gastrointestinales qu'à l'inflammation. M. Baumes a cherché à faire prévaloirla doctrine de l'irritation ; il admet que, dans un grand nombre de cas, le développement des gaz «est le résultat d'un mouvement fluxionnaire dirigé vers la muqueuse gastro- intestinale, et constitue fréquemment un degré de la marche ascendante ou descendante de l'inflammation de cet organe» (ouvrage cité, p. 14 et 29). L'excitation de la muqueuse de l'intestin est une cause beaucoup plus rare de pneumatose que ne le pense l'auteur que nous venons de citer. Cependant on voit le météorisme se produire dans quelques circonstances pathologiques dans lesquelles on est fondé à admettre une irritation inflammatoire de la membrane interne de l'intestin ; c'est ce qui a lieu à la suite de l'ingestion dans les voies gastriques de substances irritantes, acres et vénéneuses, et dans plusieurs maladies de
l'intestin, comme dans l'entérite simple, la gastro-, colite, dans des affections plus générales où l'altération du tube digestif est très-marquée', dans la dysenterie, la fièvre typhoïde, le choléra-morbus. On sait avec quelle fréquence se manifestent, dans le cours de l'affection typhoïde, les borborygmes, le gargouillement dans les fosses ilaques droite et gauche , le météorisme surtout, qui est porté à un degré extrême dans certains cas, et constitue un des meilleurs signes de la maladie. La dysenterie , les fièvres bilieuse et muqueuse , les indigestions, s'accompagnent de borborygme, de gargouillement et de météorisme. La formation de gaz intestinaux est un phénomène qui se manifeste communément dans les affections vermineuses, et dans les cas où une portion du tube alimentaire est frappée de gangrène.
Pneumatose utérine; tympanile utérine. — Quelques auteurs , MM. Stolz et Nacgelé , par exemple, contestent l'existence de la tympanile utérine hors de l'état de gestation. M. Tessier, de Lyon, s'est efforcé de prouver par des observations précises que cet état morbide ne peut être contesté {De i'Hydropisie et de la tfmpanite utérine hors de l'état de gestation , in Gazette médicale , p. 1 ; 1844). Il cite d'autres faits empruntés à la Revue médicale (1830), au Traité des maladies des femmes , de M. Golombat (t. ii, p. 781), et à la Clinique chirurgicale de M. Lisfranc (t. ni, p. 321). Les signes qui annoncent cette pneumatose utérine sont le développement à l'hypogastre d'une tumeur rendant un son très-clair à la percussion, et simulant, sous d'autres rapports, une grossesse plus ou moins avancée, le développement de l'utérus constaté par le toucher et la palpation abdominale, la sortie rapide et bruyante de gaz par le vagin, et l'affaissement subit du ventre après leur expulsion. Les gaz sont inodores et quelquefois très-fétides; on reconnaît la tumeur gazeuse à la sonorité extrême qu'elle rend lorsqu'on la percute, tandis que l'utérus distendu par le produit de la conception donne un son mat.
La tyrapanite utérine essentielle, c'est-à-dire qui n'est liée à aucun état morbide appréciable de l'utérus et de ses annexes, est rare; le plus souvent elle est causée par un polype , par un débris de fœtus, par un ramollissement gangreneux du tissu utérin ; dans ce cas, elle est symptomatique. On doit considérer comme toute différente l'accumulation de gaz qui s'effectue dans le vagin au milieu de l'excitation qui accompagne et suit l'acte vénérien. «C'est celte sonorité vaginale, dit M. Piorry, que Martial reprochait avec amertume à sa maîtresse. Dans ce cas , la cause est toute physique et n'a pas besoin de commentaire» (art. Pneumatose, par M. Piorry, Dictionnaire des se. médic.j p. 358).
On a parlé de malades qui rendaient avec bruit
des \enls par Turèthre sans qu'il y eût de commu- i nication entre la vessie et le canal digestif; laissons de côté ces faits douteux, qui n'offrent qu'un médiocre intérêt au pathologiste.
Pneumatose des séreuses. — La cavité des séreuses ne renferme pas d'air dans l'état naturel , mais ces membranes peuvent en contenir lorsqu'elles sont malades.
11 est loin d'être prouvé que la plèvre enflamniée d'une manière aiguë ou chronique sécrète des gaz; nous avons vu, en décrivant la péritonite, la pleurésie et la péricardite, qu'il était bien rare qu'une inflammation même très-vive produisît cet effet.
Quant aux pneumatoses symptomatiques, rien d'aussi commun. Dans la poitrine , l'épanchement d'air est connu sous le nom de pneumothorax ; il dépend des maladies qui ont leur siège dans le poumon ou les parois costales (voy. Pneumothorax). 11 en est de même pour la tympanite péritonéale, le gaz épanché provient du tube digestif ou du poumon : lise fraye un passage à travers le diaphragme ulcéré, ou la perforation de l'intestin. Dans les affections de ce dernier viscère , le ramollissement et l'ulcération venant à s'emparer des membranes, celles-ci ne tardent pas à livrer passage aux gaz intestinaux.
Les pneumatoses du péricarde et de l'arachnoïde sont encore environnées de trop d'incertitude pour que l'on puisse même affirmer qu'elles existent.
Pneumatose de l'appareil circulatoire. — On a admis, dès les temps les plus anciens, que la mort pouvait être déterminée subitement par l'interruption du cours du sang auquel vient se mêler un gaz. Morgagni cite un cas dans lequel la mort arriva tout à coup par l'effet du dégagement d'un fluide gazeux dans le sang; il rapporte aussi trois faits du même genre dus à Pechlin , Groetz et Ruysch. M. Ollivier (d'Angers), qui s'est occupé de ce point de pathologie, et l'a envisagé dans ses rapports avec la médecine légale , dit que les signes qui peuvent le mieux annoncer cette formation de gaz dans le sang sont la syncope , la décoloration de la face, un tremblement général convulsif de quelques secondes de durée précédant ou accompagnant la brusque cessation de la vie {Considér. méd.-chirurg. sur les morts subites, in Jrchiv gén. de médec.,i. i, p. 42; 1838). Nous reviendrons sur ce sujet lorsque nous traiterons des altérations du sang (voy. Sang).
Certains poisons végétaux et quelques virus septiques déterminent en peu d'instants une forte pneumatose et la mort, comme on le voit chez les animaux que l'on fait mordre parle serpent à sonnettes, ou sur lesquels on fait des expériences avec les poisons septiques (voy. Sang).
Pneumatose du tissu cellulaire. — Elle est connue sous le nom ^^ emphysème , et peut occuper toutes
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les parties du corps, puisque le tissu cellulaire entre dans la composition de tous nos organes. Toutefois on l'observe plus fréquemment dans le tissu cellulaire sous-cutané du cou, de la poitrine, dans les casoù une plaie permet à l'air extérieur de pénétrer sous la peau et où le voies respiratoires sont mises en communication avec le tissu cellulaire par une blessure de la trachée , une perforation tuberculeuse siégeant sur un point quelconque des voies de la respiration ; l'emphysème , d'abord limité au voisinage de la lésion peut s'étendre à toute la poitrine et gagner ensuite tout le tronc. Dans toutes ces circonstances pathologiques, l'air s'infiltre de proche en proche dans les aréoles du tissu cellulaire.
Une cause fréquente de la pneumatose du tissu cellulaire est la décomposition putride qui suit la cessation de la vie dans un point de l'organisme. Le tissu mortifié rentrant alors sous les lois de la chimie, il se produit des gaz qui ne tardent pas à s'infiltrer dans les tissus, lorsqu'ils ne peuvent trouver une libre communication avec les cavités de nos viscères ou avec le milieu ambiant. Les organes membraneux et parenchymateux sont souvent le siège de ces pneumatoses chimiques qu'il n'est pas toujours facile de distinguer des autres pneumatoses que l'on pourrait appeler cadavériques. La cause de celles-ci est également une fermentation putride qui est favorisée par le genre de mort, la quantité considérable de liquide qui baigne les tissus, par la température élevée de l'air atmosphérique , et par d'autres causes encore que le médecin doit bien connaître, afin de ne pas rapporter à un état pathologique les pneumatoses formées après la mort.
Historique et bibliographie. — On doit à Hippocrate quelques observations importantes sur la pneumatose intestinale qu'il désigne sous le nom à'h/dropisie sèche et dont il indique très-bien les principaux symptômes. Il avait remarqué que l'usage de certains aliments, du laserpitium, engendrait la tympanite. Dans le livre consacré à l'histoire des flatuosités (de Flatibus) et attribué à Hippocrate, on trouve un passage dans lequel l'auteur fait provenir les gaz de l'air contenu dans les aliments. Galien ne sait pas précisément si c'est de l'air ou une vapeur qui distend le ventre dans la tympanite [de Diagn. puis., lib. ni, cap. 4). Aretée croit que la vapeur qui produit la tympanite peut se condenser et donner lieu à l'ascite [de Caus. et sign. morb., lib. n, cap. 1 , p. 49). Passons sous silence les auteurs qui se sont livrés à des discussions stériles sur le rôle que jouent les esprits animaux, la fermentation, la putréfaction, etc., dans le développement des gaz ; accordons seulement une courte mention à la pneumopathologie de Combalusier (Pneumopathologia, in-8°; Paris, 1747; Irad. par Jault, 2 vol. in-12; Paris, 1754). Ce livre,
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qui n'est qu'un amas confus de documents erronés et d'hypothèses sans valeur, ne supporte pas la lecture , et ne peut fournir que des matériaux insignifiants pour la composition d'un article sur les pneumatoses ; aussi sommes-nous parvenus à grand' peine à le citer une ou deux fois dans le courant de notre travail. On trouverait difficilement dans le Trailé de la pneumat ose de Portai (in Mémoire sur la nature et le traitement de plusieurs maladies ^ t.v)et dansTiS"*sai théorique et pratique de pncumopathologie humaine de Fodéré , quelques faits capables d'éclairer J'éiiologie des pneumatoses ; les causes les plus insignifiantes sont placées sur la même ligne que les véritables sources des gaz. Cependant, à cette époque, les idées de Bichat sur les exhalations et les sécrétions, étaient accueillies avec faveur, et sa savante analyse des propriétés de tissus avait jeté une vive lumière sur les fonctions des membranes muqueuses et séreuses. Aucune de ces idées ne fut mise à profit par Portai , Fodéré , ni par d'autres auteurs qui ont écrit après eux. On admettait encore, à peu de chose près , la théorie de Littre , qui voulait que les gaz intestinaux ne fussent que de l'air introduit avec les aliments. Le célèbre Haller pensait aussi que la présence des gaz dans le tube alimentaire doit être attribuée à l'air mêlé aux aliments et aux fluides élastiques contenus dans les substances alimentaires.
Halle et Nysten , dans un savant article du Dictionnaire des sciences médicales (art. Air, 1. 1), établirent que la plus grande partie des gaz intestinaux «est le produit d'une excrétion animale ou de la réaction des principes des substances alimentaires, soit entre eux, soit avec ceux des liquides qu'elles rencontrent dans le canal alimentaire. » Cette opinion , conforme aux notions les plus rigoureuses de la physiologie, fut développée et soutenue avec beaucoup de talent par M. Gérardin , dans une thèse qui peut être consultée avec avantage encore aujourd'hui par ceux qui se proposent de traiter le même sujet (Recherches physiologiques sur les gaz intestinaux, thèse de Paris, n" 1 5 ; février 1814). C'est dans ce sens qu'ont été rédigés deux autres articles auxquels on a ajouté depuis peu de documents nouveaux (art. Pnelmatose par M. Piorry, et Tympanite par MM. Pinel et Bricheteau, Blet, des sciences médicales, 1820 et 1821).
M. Baumes, dans son Traité'des maladies venteuses (m-^'' , 1832 et 1833; ibid., Paris, 1837), s'est efforcé d'offrir une histoire complète des maladies produites par la sécrétion des gaz. Ce livre, écrit sans ordre et sans méthode, n'est point au niveau des connaissances médicales actuelles, et ne renferme même pas les notions précises et les utiles divisions que l'on trouve si nettement indiquées dans les écrits que nous avons cités précédemment, et surtout dans la thèse de M. Gérardin. L'auteur n'a pas com-
pris que la pneumalose étant un accident commun à un grand nombre d'affections diverses, il était impossible d'en étudier les causes, le pronostic, et surtout le traitement, d'une manière générale, sans tomber dans des erreurs graves ou dans des lieux communs qui n'ont aucun sens. H n'a pas vu qu'il s'agissait d'un article de pathologie générale où les objets les plus divers ne peuvent être rassemblés qu'à la condition expresse qu'on mettra d'abord en relief les différences pour montrer ensuite par quels points elles peuvent se rattacher les unes aux autres. En un mot, le Trailé des maladies venteuses ne peut servir ni à l'histoire didactique des pneumatoses ni au traitement de ces affections. Nous avons cherché à éviter les fautes que nous venons de signaler en écrivant l'article qu'on vient de lire; nous nous sommes attachés surtout à montrer soigneusement les différences qui existent entre les diverses espèces de pneumatoses. Notre travail ne peut être considéré que comme un essai qui repose bien plus sur nos propres observations et nos recherches que sur les rares travaux publiés sur ce sujet; les ouvrages récents consacrés à la pathologie générale n'en disent pas un seul mot; toutefois, nous devons mentionner l'article du Dictionnaire de médecine où quelques louables efforts ont été tentés dans le but de réunir synthétiquement les diverses parties de l'histoire des pneumatoses (Pneumatose, Dict. de méd., t. xxv, 2^ édit. ; 1842); nous ferons seulement remarquer que toutes les exhalations gazeuses se trouvent confondues et rapprochées, et qu'aucune division spéciale n'a été consacrée à la tyrapanite, qui se trouve ainsi complètement passée sous silence dans le Dictionnaire de médecine.
PNEUMONIE , s. f.
Dénominations françaises et étrangères. — Fluxion de poitrine, inflammation des poumons, péri pneumonie , pleuro- pneumonie. Fr. — llveup.ovta, Trept7rv£U{xovta, 77>.£U|i.ovia, irspiTTXeufxovta, TrXeup.oviç. Gr. — Peripneumonia , injlammatio pulmonum. Lat. — Pulmonia, inflammazion del petto. Ital. — Fulmonia, injlamacion del pulmon. Esp. — Inflammation of the lungs, peripneumony. Angl. — Lungenentzûndung , Entzûndung der Lungen. Ail. — Ontstecking der longe, longonstecking. Holl. — Lungebetœndclse, brystbetœndelse. Dan, — Lungbrand , brôstbrand. Suéd.
Synonymie suivant les auteurs. — IIveufAovix, Aretee; 7repi77veupi.ovta , 7rept7vveuy.ovt>cyi voaoç , DiosCOride; pneumonia, Cullen, Crichton, Parrish ; peripneumonia, Cœl. Aurelianus, Sauvages, Linné, Vogel, Sagar, Boerhaave, Juncker, Cullen, Darwin, Pinel; febris pneumonica, Hoffmann, Macbridge; pneumopleuritis , Dolœus ; cauma peripneumonia, Young ; emprcsma pneumonitis, Good; pneunvonitis, pcripneumonitis , Swediaur;
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pcrlpneumonia superficialis , Darwin; pneumo^ nie, Andral, Bouillaud, Chôme]; pneumonite , Piorry.
Définition. — La pneumonie, ou pour mieux dire la pneumouite, est l'inflammation du poumon. Nous ne voulons point préciser davantage le siège de la phjegmasie, parce que nous verrons plus loin que ce point d'analomie pathologique n'est pas encore complètement élucidé.
Division. — Les nombreuses recherches dont l'élude de la pneumonie a été l'objet, dans ces dernières années , en faisant connaître les différentes formes que les lésions, les symptômes, les complications, impriment à la maladie , ont contraint les auteurs à établir des divisions multipliées dans leur description générale de la pneumonie. Nous reconnaissons que plusieurs de ces divisions sont fondées, et que le trait caractéristique du progrès des sciences en général et de la médecine en particulier est d'apprendre à saisir Jes mille détails des faits principaux; mais il faut aussi ne pas pousser trop loin cette dissociation , qui expose à trouver des différences et des espèces morbides là où il n'existe qu'un ou deux éléments morbides associés, ou quelques circonstances particulières dont il ne faut pas grossir l'importance. Cetîe remarque générale est surtout applicable aux descriptions de la pneumonie ; aussi n'admeltrons-nous que les divisions suivantes qui suffisent pour embrasser tout ce qu'il y a de véritablement utile dans l'histoire de la pneumonie : 1" Description générale de la pneumonie aiguë chez l'adulte , 2° de la pneumonie chronique , 3° de la pneumonie des nouveau-nés, 4° de f enfa ni ^ 5^ des vieillards.
Dans la pneumonie aiguë de l'adulte, se trouveront étudiées : T* dans le chapitre consacré à la description àt^ espèces et variétés , la pneumonie du sommet, de la base et les pneumonies centrale, lobulaire, double ; 2" dans le chapitre qui renferme Tétude des complications, prendront place les pneumonies compliquées d'une altération humorale ou dynamique; aux premières appartiennent les pneumonies bilieuse, ataxo-adynamique , catarrhale, les pneumonies avec altération du sang ( pneumonie des sujets atteints de fièvre typhoïde qu'il ne faut pas confondre avec la maladie improprement nommée pneumonichy])ostnli(juc).\A{^x\Qx\mQi\\(^àii'i%ç:or\in\\(\\Jit% et des sujets atteints de fièvre puerpérale et de pyohéinic doit être placée dans cet ordre de complication, quand elle n'est pas confondue avec la congestion pulmonaire.
Dans le chapitre consacré aux complications, seront d('ciites encore les pneumonies inlermitiente et rémittente, exanthématique , rhumatismale, goutteuse, vermineuse, et toutes celles qui s'accompagnent d'une
maladie d'un des viscères contenus dans la poitrine, le ventre ou la tête. On a donné le nom de pneumonies primitii^es, aux pneumonies bilieuse, typhoïde, catarrhale, intermittente; M. Grisolle ajoute même à celles-ci les pneumonies latente et traumatique {Traité pratique de la pneumonie, p. 434 et 439, in-8o; Paris, 1841). Savons-nous quel est l'élément morbide primitif ou secondaire dans ces maladies? Veut-on dire que les états bilieux, catarrhal sont causés par la pneumonie ? Qui o.serait soutenir une pareille assertion, et offrir des preuves capables d'en montrer l'exactitude ? Et puis, qu'est-ce qu'une pneumonie traumatique qui est primitive? est-ce qu'il y en aurait de consécutive? N'attachons aucune importance à de pareilles distinctions. M. Sestier a parfaitement compris qu'il ne fallait pas considérer sous ce jour les formes de la pneumonie que nous venons de signaler, et il les range, avec juste raison, parmi les complications qu'il appelle dynamiques et humorales (Leçons de clinique médicale faites à V hôtel-Dieu de Paris par M. Chomel , recueillies et pu- Miées par M. Sestier, p. 330, in-8^; Paris, 1840).
Distribution de l'article.
1 « Pneumonie de l'adulte : A. aiguë, B. chronique ;
du nouveau-né;
de l'enfant ;
du vieillard.
1® Pneumonie de l'adulte.
l Simple , double , du 1" Suivant le siège de I sommef, de la base, la pneumonie. ] centrale, lobulaire, ( marginale.
2° Suivant qu'elle est | Pneumonie simple ou
simple.
Espèces variétés.
primitive.
Pneumonie consécutive, iiitercuicuLe, ou secondaire.
Pneumonie bilieuse;
— caianiiale; avec altération du
sang ;
— typhoïde ;
Pneumonieadynamique;
— alaxique.
C. — d'une affection viscérale de la poitrine, du ventre, de la lête, etc.
l3° — consécutive à une autre maladie.
4° — compliquée :
A. d'une alléralion huujorale;
— d'une altération dynamique ;