G1 — POU
qualités de l'air expiré; la fétidité do l'air peut-être produiîe par une gangrène, un cancer du poumon , quelquefois par une excavation turberculeuse , par une dilatation bronchique, par un abcès pulmonaire. Vanalyse chimique des gaz expirés n'a encore fourni aucun résultat applicable à la pratique.
Symptômes généraux. — Les maladies de l'organe pulmonaire ne peuvent se développer sans qu'aussitôt des sympathies plus ou moins nombreuses ne soient mises en jeu. Le premier effet sympathique est l'accélération de la circulation. La fièvre est le symptôme le plus constant des maladies que nous étudions ; elle se présente sous deux formes principales : ou bien elle est continue , très-intense, et alors on doit soupçonner l'existence d'une maladie aiguë ; ou bien elle est continue, mais redouble le soir , plus rarement le matin; il y a lieu de croire au développement d'une affection chronique. Les tubercules et tous les produits organiques déterminent cette fièvre lente qui a été nommée fièvre hectique ; elle tient à la résorption des matières morbides ( fièvre hectique de résorption, Broussais) ou à la violence de la douleur (hectique de douleur) , comme dans la pleurésie , etc. Organe éminemment vasculaire et en relation intime avec la circulation, le poumon ne peut être lésé sans que la température cutanée elle-même ne subisse quelques modifications importantes. Le thermomètre est le seul instrument à l'aide duquel on puisse mesurer exactement les modifications qui surviennent dans la température. Il ne faut jamais négliger d'y avoir recours en même temps que l'on compte avec la montre à secondes le nombre des mouvements respiratoires.
Les troubles dont les autres organes sont le siège sont des effets sympathiques de la lésion pulmonaire, et méritent le nom de symptômes généraux: tels sont, par exemple, les troubles de l'innervation et de la nutrition générale. Il est peu de maladies de poitrine qui n'agissent sympathiquement sur ces deux grandes fonctions; cependant il y a une distinction importante à établir entre les maladies aiguës et les maladies chroniques. Celles qui revêtent la première forme brisent les forces, déterminent de la lassitude, de la courbature, et produisent dans toute l'économie un ébranlement profond. Les chroniques ne sont pas suivies d'effets aussi prononcés : pendant longtemps les forces se maintiennent, et l'amaigrissement ne fait que des progrès peu rapides; cependant, arrivées à un certain degré, il survient une altérai ion lente, mais considérable de la nutrition; l'émaciation ainsi que la fièvre hectique ne sont nulle part aussi caractérisées que dans les maladies chroniques du poumon. H n'y a guère que les affections gastro-intestinales produites par les dégénérescences
POU
POÎJ
orgaoiques qui puissent amener un marasme aussi grand et aussi général.
Les troubles sympathiques de l'organe central de la circulation sont fréquents dans le cours des maladies de poitrine; il faut pour qu'ils aient lieu que celles-ci durent un temps assez considérable. La phthisie pulmonaire, l'emphysème, le catarrhe chronique, en apportant une modification profonde dans la circulation pulmonaire, ne tardent pas à troubler la circulation cardiaque (voy. Coeur (Maladies du) et Emphysème, etc.). On connaît les sympathies réciproques qui unissent l'un à l'autre le poumon et le cœur : elles sont démontrées aussi bien en pathologie qu'en physiologie.
il y a peu d'organes qui ne ressentent les effets sympathiques des maladies du poumon , cependant l'estomac et le tube digestif conservent souvent toute leur intégrité ; il n'est pas très-rare de voir leurs fondions se maintenir à l'état normal jusqu'il la période ultime des maladies thoraciques. L'appétit est conservé, les garde-robes sont naturelles; et si dans les affections chroniques, telles que les tubercules et le cancer du poumon, on voit des vomissements, des coliques, de la diarrhée, des péritonites survenir, ces accidents dépendent souvent de la généralisation du produit morbide qui envahit les organes; c'est alors une complication, et nous ne nous en occupons pas en ce moment.
Les sympathies qui unissent le foie au poumon ne sont pas très-multipliées; cependant l'ictère a été observé dans un assez grand nombre de cas de maladies aiguës du poumon : nous l'avons indiqué comme un .symptôme qui n'était point rare dans la pneumonie (voy. ce mot), surtout dans celle qui affecte le sommet du poumon. Les fonctions des reins sont rarement troublées, n ce n'est en vertu du mouvement fébrile qui concentre l'urine, dont la partie aqueuse diminue tandis que les sels deviennent plus abondants.
L'intelligence est rarement troublée dans les maladies aiguës de poitrine, à moins de complication (voy. Pneumonie); dans les affections chroniques, elle reste parfaitement intacte jusqu'a'JX derniers instants de l'existence, et Ton peut dire, en général, que c'est la dernière fonction qui se trouble et s'éleint. La débilité extrême et l'état ataxique sont des complications.
Marche, durée, terminaison. — On peut établir deux grandes divisions dans la marche des maladies pulmonaires; il faut les avoir constamment présentes à l'esprit quand on porte le diagnostic et le pronostic: dans l'une se placent les maladies aiguës, dans l'autre les maladies chroniques. Les maladies aiguës ont en général une durée assez courte l'pneumonie, hémorrhagie, congcsli(m), parce qu'elles sont incompaliblts avec rexisicnce, et se teiminent rapidement
par la mort ou par la guérison. Les affections chroniques ont une durée variable; quand c'est un produit de nouvelle formation qui se développe dans le parenchyme pulmonaire , il permet au sujet de vivre longtemps : les tubercules, la mélanose, les concrétions crétacées, en sont des preuves; il y a aussi quelques lésions du parenchyme pulmonaire qui, quoique chroniques, peuvent durer untemps fort long: la pneumonie chronique, diverses indurations , l'emphysème , sont des altérations de ce genre. Si le maldonne lieu à un appareil fébrile intense et à l'ensemble des symptômes généraux communsà toutes les maladies aiguës, on est sûr que la durée de l'affection sera courte.
Complication. — La plèvre devient presque constamment malade chaque fois que le parenchyme pulmonaire est lui-même affecté , ou chaque fois qu'il est le support d'un produit morbide et que celui-ci est rapproché de lasurfacede l'organe. Souvent les adhérences pleurales sont un moyen que la nature emploie pour prévenir l'épanchement dans la plèvre de matières irritantes, quelquefois aussi pour les éliminer au dehors (abcès aigus, tubercules, corps étrangers). Après la maladie des plèvres, les complications les plus communes sont celles qui siègent dans les bronches ; viennent ensuite les affections de la substance charnue du cœur et de sa membrane interne et externe.
Diagnostic. — Il doit reposer plus particulièrement sur les signes fournis par l'auscultation et la percussion-; cependant il ne faut jamais négliger les autres symptômes. L'étiologie, la marche et la durée de la maladie doivent être prises également en considération; elles sont souvent la source de signes diagnostiques précieux ; il en est de même des maladies antécédentes. Il importe aussi, pour faciliter le diagnostic, de distinguer les maladies de poitrine en air guës et en chroniques; lorsqu'on s'est assuré que l'affection appartient à l'une ou l'autre de ces catégories, le diagnostic dirférenliel a fait un grand pas. On peut dire d'une manière générale que les maladies du poumon se confondent rarement avec celles des autres organes, quand on sait pratiquer l'auscultation et la percussion. Si pendant longtemps la pneumonie adynamique, ataxique, la phthisie pulmonaire surtout dans sa période de crudité ont été piises, la première pour une fièvre adynamique ataxique, maligne, etc. , la seconde pour une chlorose, ou une maladie des viscères contenus dans la tête ou le ventre, il faut en accuser rin.suffisance des moyens de diagnostic que l'on possédait alors ; aujourd'hui de pareilles erreurs ne sont plus permises (voy. Pmîumonies et Putuisies latentes). Il n'est pas aussi facile de distinguer Ici unes des autres les mala^lies du poumon ; il nous suffira de rappeler que
POU
POlî
la phlhisie pulmonaire peut être pri?e pendant Ion g-- (emps pour une bronchite, une excavation pulmonaire pour un abcès ou une dilatation bronchique, toutes les affections organiques de longue durée pour des tubercules, une pneumonie pour unepleurésie,etc. On reconnaît plus aisément une affection du cœur et des autres viscères.
Pronostic. — Les affections pulmonaires aiguës font courir de grands dangers aux malades; cependant ce sont celles qui laissent le plus de chances de guérison. Les maladies chroniques entraînent presque constamment la mort après un temps plus ou moins long; elles sont restées jusqu'à ce jour au-dessus des ressources de l'art. La plupart d'entre elles étant causées par le développement, d'un produit de nouvelle formation qu'il est impossible de détruire, ont I une terminaison funeste. On a reproché aux médecins j de notre époque de ne faire le diagnostic anatomique 1 que pour attendre le résultat fatal qu ils ont pronos- I tiqué , et vérifier sur le cadavre l'exactitude du dia- I gnostic. Sans doute le médecin ne doit jamais désespé- ; rer, il doit combattre jusqu'au dernier instant avecles ■ remèdes que lui offre la thérapeutique; mais avant il tout, il est nécessaire qu'il connaisse la nature, le siège :; et l'étendue de la lésion, afin de pouvoir dire quel est \ son degré de gravité.
; Etiologie. — Tous les âges sont également expo- \ .<iés aux maladies de poitrine, quelques-unes cepenij dant sévissent plus particulièrement à certaines époj ques de la vie; la pneumonie aux deux extrêmes delà \ vie, chez les nouveau-nés et les vieillards, laphthi- I sie, de vingt à trente -cinq ans, etc. 11 n'est pas •]. possible d'établir quelque chose de général sur la fréj quence des maladies pulmonaires aux difleientsâges. |, Les hommes sont plus exposés aux maladies aiguës de jj poitrine que les femmes.
ÎBroussais, dans son Histoire des phlegmasies chroniques , a montré, avec un rare talent d'obsertf vation , les rapports qui existent entre les circumfusa I et les affections pulmonaires. Tous les auteurs s'accordent à reconnaître que les différentes qualités de l'air, les vicissitudes de la température, les ciimais, et même certaines localités, exercent une grande influence sur le développemen t des maladies de poitrine. 11 en est de même de tous les autres agents de Thygiène ; seulement ils agissent à des degrés différents. L'alimentation est une des causes prédisposantes les plus marquées; une nourriture malsaine ou insuffisante a certainement lajius grande part dans la production des maladies que nous étudions: c'est ainsi tjue la misère et certaines professions amènent un grand nombre de ces maladies, dont elles accélèrent toujours le développement, lorsqu'elles ne le déterminent pas. Après ces causes viennent se placer les troubles profonds de l'innervation provoqués par
les émotions morales , les excès vénériens , le travail intellectuel et les fatigues excessives auxquelles astreint l'exercice d'un grand nombre de professions; en uu mot, toutes les causes qui altèrent profondément la nutrition , et qui provoquent la déperdition des forces , doivent être considérées comme des causes très-actives des maladies du poumon ; les hémorrhagies, les altérations organiques des viscères autres que le poumon , les grossesses répétées, en favorisent le développement de cette maniè'e.
Le tempérament et la constitution n'ont pas une grande influence sur les maladies chroniques du poumon. Les sujets les plus robustes sont affectés tous les jours de ces cruelles maladies? L'hérédité exerce une action toute-puissante sur la production des maladies chroniques, et spécialement de celles qui dépendent de la présence, au sein du tissu pulmonaire, d'un produit sans analogue dans l'état sain. Aussi le médecin ne doit-il jamais négliger de rechercher avec le plus grand soin cet ordre de causes , afin de mieux asseoir son diagnostic, son pronostic, et surtout son traitement.
Traitement. — Il est de la plus haute importance pour le médecin de s'attacher à prévenir le développement des maladies de poitrine ; il sait qu'une fois qu'elles ont pris naissance, elles sont presque toujours au-dessus des ressources de l'art. Une connaissance exacte de la matière de l'hygiène le conduira facilement à établir un traitement prophylactique efficace. Une fois que le mal est développé , c'est dans une étude approfondie des causes qui Tout occasionné qu'il pourra trouver la base d'une thérapeutique efficace et rationnelle. Il doit encore, à l'aide de prescriptions hygiéniques auxquelles le malade doit s'astreindre rigoureusement, s'efforcer de combatlre la maladie pulmonaire. Personne n'ignore que la nalure, aidée par les circonstances hygiéniques favorables au milieu desquelles on place le malade, fait la plus grande partie des frais de la guérison; et lors même qu'il est nécessaire de recourir à un traitement actif, il ne faut négliger aucune des ressources que nous offre l'hygiène. Nous ne pouvons rien dire de général sur le traitement pharmaceutique; la seule indication qui se présente à remplir dans tous les cas, c'est de combattre de très-bonne heure, et à leur premier début, les affections pulmonaires ; souvent les progrès eu sont rapides , et s'il y a quelque chance de maîtriser le mal, c'est lorsqu'il n'a pas encore amené de désorganisation; si cette funeste terminaison a eu lieu, presque toute la thérapeutique consiste A poursuivre les accidents à mesure qu'ils se développent, et
faire, en un mot, la médecine des symptômcj
5 n. DES MALADIES DU POLMOIV EN PARTICLLIE».
1" Abcfs. — Le pus se présente dans le poumon,
POU
POU
comme dans les autres organes, sous deux formes différenles : 1" infiltré et combiné molécule à molécule avec le tissu pulmonaire; 2° réuni en foyer de dimensions variables. La première forme appartient à la pneumonie parvenue au troisième degré; l'hépatisation .grise que nous avons décrite en faisant l'histoire de la pneumonie n'est autre chose qu'une lésion produite par l'infiltration du pus. Il nous reste à dire quelques mots des abcès du poumon: ceux qui sont le résultat d'une inflammation aiguë ont été étudiés ailleui'S (voy. Pneumome (Terminaison de la).
A une époque encore peu reculée, on réunissait dans une description commune toutes les collections purulentes que présente le tissu pulmonaire. Aujourd'hui que l'on connaît mieux les maladies qui leur donnent naissance, on doit distinguer soigneusement les abcès du poumon suivant qu'ils sont l'effet : 1° d'un travail phlegmasique local; 2" d'une altération du sang par la matière purulente formée en un autre point de l'économie et déposée dans le poumon (pyohémie par phlébite, abcès métastatiques); 3° d'une maladie générale dans laquelle il y a génération de pus (voy. Pyohéuie) et altération du sang pai' ce produit liquide (voy. Morve aiguè ^ chronique), lly a d'autres abcès, appelés consécurifs.ç^ui se forment dans des viscères plus ou moins rapprochés du poumon et finissent par se faire jour dans le tissu de cet organe. Les maladies du foie, de la rate, des glandes bronchiques, des vertèbres, peuvent déterminer la formation de semblables abcès : ils peuvent aussi dépendre d'une cause traumatique; nous n'avons pas à nous en occuper dans cetaiticle. Les lésions anatomiqucs qui accompagnent chacune de ces trois espèces de collections purulentes ne peuvent être décrites d'une manière générale ; leur siège, leur étendue, l'état du parenchyme pulmonaire ambiant, offrent de trop grandes différences. Voici seulement les caractères qui appartiennent à chacune de ces collections purulenîes : celles qui dépendent de la pneumonie sont toujours entourées de tissu pulmonaire hépatisé en rouge ou en gris, ou de ces indurations que nous avons étudiées en parlant de la pneumonie chronique (voy. ce mot) ; les fausses membranes sont plus constantes, mieux et plus promptement organisées dans les abcès aigus du poumon ; dans ceux qui tiennent au dépôt par voie de sicrétion de la matière purulente, le tissu de l'organe est souvent ^ peine altéré, et il est facile de voir qu'il n'existe aucun travail morbide local analogue à celui que l'on trouve dans les abcès aigus (voy. PvouKMn:).
Nous nous bornerons à rappeler que les symptômes des collections purulentes soni très-obscurs et qu'il est presque impossible d'en élablir le diagnostic quand elles sont situées profondément. Tant que le ramollissement du poumon et surtout l'expectoration de
\ pus n'ont pas produit d'excavations, on a les signes d'une induration pulmonaire circonscrite; plus tard le gargouillement, la pectoriloquie , le souffle cavei'neux, et l'cxpecloralion de crachats purulents se manifestent (voy. PiNeumonuO-
il n'y a rien de commun dans la marche, le pro- , nostic, la terminaison et le traitement de ces abcès.
2" Acépiialocyste. — Depuis l'époque où nous avons publié notre article sur les vers vésiculaires qui ont reçu le nom à'acéphalocfstc (t. i, 1830), il a paru quelques travaux importants que nous allons mettre à profit, tant pour compléter nos descriptions^ que pour rectifier quelques inexactitudes qui devaient nécessairement s'y glisser, à cause de l'obscurité qui environnait alors ce point d'histoire naturelle et d'anatomie pathologique.
Les acéphalocystes ne sont que de simples vésicules ou hydatides, renfermant toujours dans leur intérieur un nombre plus ou moins considérable de petits vers auxquels on donne le nom à'échinocoque. La vésicule elle-même est contenue dans un kyste qui l'isole des parties environnantes et avec lequel elle ne contracte jamais aucune adhérence. Les détails dans lesquels nous allons entrer sont extraits d'une thèse où M. Livois a publié le résultat de ses nombreuses investigations [Recherches sur les écJiinocoques chez l'homme et chez les animaux, in-4^ ; Paris, 1843).
Les échinocoques sont déposés à Tintérieur de la vésicule sous forme de granulations opaques , blanchâtres, sphériques, de la grosseur de grains de sable ou de semoule très-fine; ils n'occupent qu'une certaine portion de la face interne de l'hydatide et sont rapprochés les uns des autres d'une manière assez régulière. «On ne peut donner une idée plus juste de l'aspect qu'ils offrent alors qu'en les comparant aux petits globules d'air déposés sur les parois d'un vene dans lequel on a versé de l'eau chaude» (Livois, loc. cit., p. 48). Les échinocoques ne sont qu'appliqués sur la face interne de la vésicule; d'autres nagent dans le liquide que contient l'hydatide. On les aperçoit à travers la paroi de la vésicule, pourvu que le liquide soit transparent. Quand on les examine au microscope avec un grossissement de 350 fois, on voit que les granulations ne sont pas autant d'échinocoques, mais des groupes formés par quinze ou vingt individus très-rapprochés, pressés les uns contre les autres et présentant des facettes par lesquelles ils se correspondent exactement ; dans d'autres endroits, ils se touchent par un seul point ou sont tout à fait séparés.
Une étude plus complète de chaque échiuocoque révèle toutes les particularités de son organisation. Il se présente sous deux formes différenles, suivant que son extrémité céphalique est rétractée ou proé-
POU
POU
mine au dehors. VéchiiLOcoque à tète rétractée a une forme obloDgue ou ovalaiic ; la grosse extrémité de l'ovale correspond à la partie postérieure de l'animal ; sur celte extrémité existe une petite dépression peu profonde; à l'autre extrémité se trouve une échancrure , limitée par deux mamelons ; de ces derniers partent deux lignes noires qui s'écartent, se rapprochent et s'écartent encore à la manière des deux branches d'un )( ; les ligues noires etle petit espace opaque qui existe entre elles indiquent la place que la tète rétractée occupe dans l'inlérieur du vers et la bande qui unit les deux extrémités inférieures de r)( , les crochets et suçoirs.
Vccliinocoquc à icle développée est ovalaire; la grosse extrémité est en avant; il [J't'senlc vers le milieu de sa longueur un étranglement qui le sépare en deux portions , l'une postérieure que l'on peut regarder comme une vessie caudale, l'autre antérieure, plus renilée,sur laquelle se trouvent les crochets et les suçoirs; celte portion est la léîe du ver qui s'est développée; l'exlrémilé céphalique est terminée par une pointe hémisphérique, transparente et non perforée qui correspond à cette partie que l'on nomme, dans d'autres espèces, i rompe ^ promontoire ou rostre; sur le contour de celte trompe règne une double rangée de crochets, qui forment autour de la tête une véritable couronne; entre ces crochets et les suçoirs , il existe quelquefois un rétrécissement en forme de col, et au-dessous des crochets existent quatre tubérosités arrondies très-peu saillantes, comparables à de petites ventouses et disposées circulairemcnt autour de la portion la plus large de la tète, de telle sorte qu'on ne peut en apercevoir que deux à la fois. (Livois, mém.cité, p. 58). Ces suçoirs, sans ouverture à leur centre et tout à fait semblables à ceux des taenias armés et des cyslicerques, ne dépassent jamais le nombre de quatre, suivant M. Livois.
Chez l'homme , les vésicules affectent la forme de petites sphères; il est extrêmement rare de les rencontrer solitaires dans leur kyste, elles y sont en nombre plus ou moins considérable. Toutes les vésicules, sans exception, logent des échinocoques dans leur intérieur, et augmentent de volume à mesure que les entozoaires qu'elles contiennent se reproduisent. Les parois des hydatides sont incolores, transparentes, minces, égales, d'un tissu homogène, friable, et analogues à du blanc d'œuf durci pour la consistance; elles sont lisses et unies à leur face externe, inégales et comme chagiinées intérieurement.
La description que nous venons d'offrir suffît pour compléter les détails (pie nous avons présentés ailleurs (voy. Achi-halocyste, t. i). Les échinocoques du poumon sont rares chez l'homuie. M. Livois en rapporte une obicrvalion déjà publiée par
M. Neucourtdans les Bulletins de la Société ana' tomique de Paris {{7^ année, pag. 235; 1842). 11 était difficile de dire si le kyste hydatifère était véritablement creusé dans le poumon ou lui était simplement accolé. M. Andral en cite avec détails sept observations [Cliniq. médic, t. u, p. 391); M. Gruveilhier {Jnat. patli., 36<^ liv., pi. n), M. Max. Simon, en ont également rapporté des exemples (Max. Simon , des Acéphalocfstes du poumon et des accidents quelles déterminent,, Journal des connaissances médico-chirurg., p. 194 ; 1841.)
L'un de nous en a vu un cas sur une femme âgée de soixante et dix ans, et qui était couchée dans une de ses salles. Le poumon gauche renfermait à son sommet et vers la partie centrale de son lobe inférieur deux cavités qui auraient pu contenir chacune un œuf de poule ; elles étaient vides , tapissées par la membrane demi-cartilagineuse propre au kyste hydatifère; nous découvrîmes plusieurs vésicules rompues. M. Ch. Baron cite avec détail deux observations d'échinocoques trouvés dans le poumon et recueillis par lui ; il en rapporte une autre publiée par M. Seguin (séance de la Société anatom., mars 1837); Baron, Méni. sur la nature et le développement des produits accidentels , p. 41 , in-4^; Paris, 1845).
3" AjyÉMiE. — L'état morbide qui constitue l'anémie est encore peu connu ; il est d'ailleurs fort rare et n'intéresse que l'anatomo-pathologiste. On le rencontre dans deux cas différents : 1 " sans aucune lésion du parenchyme pulmonaire; 2" accompagné d'une altération de texture de ce même tissu.
On obhcrve la première espèce d'anémie chez les sujets qui ont perdu une grande quantité de sang, ou dont l'hématose est profondément lésée et affaiblie, chez les ehlorotiques, dans le cours des affections organiques. L'un de nous a constaté sur une femme qui avait succombé, dans son service, à un cancer de l'estomac déjà ancien, une anémie pulmonaire Irès-caractérisce. Le tissu du poumon était telment privé de sang qu'il était blanchâtre et presque incolore; on y voyait seulement la matière colorante noire; dans cet état il ressemblait très-bien pour la couleur à un poumon sec et insufflé; il n'y avait du reste aucune trace d'emphysème. Le poumon anémié conserve son volume normal. Une autre forme d'anéinie fort curieuse est celle qui a été observée dans le choléra asiatique. Le poumon était trèsflasque, mou , affaissé et ne contenait qu'une petite quantité d'un sang noir et poisseux ; cette sorte d'anémie était remplacée plus ordinairement par une forte congestion (voy. Giioi.ki'.a).
La .seconde espèce d^anémie complique d'autres lésions du lissu pulmonaire; tantôt remphysème, tanlèl une rarélarlion acquirc du poumon, comme
POU
— im
POl
chez le vieillard. Nous parlerons plus loiu de cette anémie, qui n'est alors que l'effet d'altérations assez différentes (voy. Atrophie).
A^ Apoplexie puLMOi>(AiuE^ voy. Hémorrhagie.
5° Atrophie. — 11 faut distinguer deux espèces d'atrophie : l'une est la conséquence naturelle des progrès de l'âge; l'autre de plusieurs altérations dont le poumon et les plèvres sont le siège.
On trouve chez le vieillard le poumon diminué noiablement de volume; la densité et l'élasticité de l'organe subissent une pareille diminution; son tissu se raréfie ; les parois des vésicules semblent s'amincir, se rompent, et il se forme un véritable emphysème, qui s'accompagne d'une diminution correspondante dans la vascularité du poumon. «Chez le vieillard, dit M. Andral, l'atrophie du tissu pulmonaire, loin d'être un accident, est un résultat de cette loi qui établit un rapport constant entre la quantité de sang à vivifier dans un temps donné et l'étendue des surfaces .sur lesquelles Tair peut rencontrer ce sang» {Anal. pathoL, t. ii, p. 525).
Il est nécessaire d'entrer dans quelques détails sur la structure que présente le poumon du vieillard; cette élude est importante sous le point de vue de la séméiologie et de Tanatomie pathologique. M. Magendie regarde comme constant l'agrandissement des cellules , d'où résulte une légèreté plus grande du poumon {Journal de physiologie, t. i, p. 78). MM. Hourmann et Dechambre, qui ont porté beaucoup plus loin qu'on ne l'avait fait avant eux leurs laborieuses investigations sur ce sujet, ont constaté trois formes particulières d'altération. Dans le premier type, la raréfaction du tissu ne consiste encore qu'en un simple agrandissement des surfaces; la forme des cellules n'est point changée, elle est seulement exagérée ; dans le second type, les cellules n'ont plus leur forme arrondie; elles s'allongent en ellipse et offrent une série de fentes d'une ligne quelquefois d'étendue dans leur plus grand diamètre, et que terminent deux commissures plus ou moins anguleuses; dans le troisième type, les cellules pulmonaires sont déformées, et le tissu aréolaire est converti en une sorte de spongiosité dont les aréoles ne présentent aucun arrangement déterminé, a La trame du poumon ne peut plus être comparée qu'à un réseau déchiré dont les débris interceptent des espaces aussi variables dans leur étendue que dans leur figure. La loupe n'aperçoit qu'à peine quelques branches vasculaires, ténues et rares, et toute division lobulairc s'efface» {Recherches cUni(pies pour servir à i histoire des maladies des vieillards , in Archiu. génér. de méd., t. vni, p. 420, 2^ série; 1835). On voit d'après ce qui précèdes que la lésion pulmonaire que nous déciivons n'est pas seulement une atrophie, mais qu'elle est plus fréquemment une
rupture et une déformation des cellules (emphysème sénile).
Connaît-on une atrophie pulmonaire qui soit parfaitement indépendante de toute altération pulmonaire? M. Quissac s'est efforcé de prouver que, dans la maladie qu'il appelle contracture du poumon, il existe une atrophie idiopalhique de l'organe {Mémoire sur la contracture du poumon et de la pkthisie par contracture^ in Gazette médicale, p. 160 et 177; 1836). Le poumon est plus dense, diminué de volume ; il ne crépite plus et ne diminue pas de volume sous l'influence de la pression. Des incisions faites sur divers points mettent à nu un tissu dense, non spongieux, libre de tout engorgement sanguin ou séreux et de toute production accidentelle. L'auteur attribue cette atrophie à une inflammation de la muqueuse des bronches , qui s'accompagne de la contraction spasmodique de la tunique musculeusc de ces conduits ; «contraction qui , dans le principe, tantôt continuelle, tantôt momentanée, fait chaque jour de nouveaux progrès et persiste enfin indéfiniment; suivant ce médecin, la contracture dont la marche est chronique, et qui fait éprouver au poumon un racornissement graduel, insensible, donne lieu à une douleur de poitrine plus ou moins vive, à une gène de la respiration et à un sentiment particulier de constriction qui fait croire aux malades que leurs poumons sont comprimés par une force étrangère; la mort arrive au bout d'un temps plus ou moins long, soit par l'épuisement qu'amènent l'expectoration et la fièvre hectique, soit plutôt par le nouvel état du poumon, qui devient chaque jour plus impropre à i'artérialisation du sang; à l'autopsie, on trouve un poumon racorni, contracture, n'offrant d'autre lésion apparente qu'une condensation, un rapprochement de molécules » (Quissac, loc. cit., p. 180). En admettant, avec l'auteur dont nou§ venons de citer les paroles , que l'altération trouvée dans le poumon ne dépende que d'une inflammation de la membrane des bronches , il resterait à prouver que celle-ci peut déterminer une contracture assez complète et assez durable pour provoquer des changements aussi marqués dans la texture pulmonaire. M. Corrigau a décrit sous le nom assez singulier de cirrhose du poumon une altération qui se rapproche beaucoup de l'atrophie par contracture. «Les caractères principaux de cette affection , dit M. Corrigan , sont une tendance du tissu pulmonaire au resserrement et une dilatation concomitante des tuyaux bronchiques» (Extrait du Duhlin journal of médical sciences, mai 1842 , et Arch. génér. de méd., 3« et nouv. sér., t. xiv, p. 194 ; 1842).
L'atrophie des vésicules , comme celle des autres organes, est l'effet d'un grand nombre de maladies qui ont leur siège dans le poumon ou hors de cet or-
POU
gaue. Au nombre des premières figurent d'abord les tubercules, que Laennecet Bayle considèrent comme une cause fréquente d'atrophie. Bayle !a croit trèscommune chez les phthisiques ; Laennec se demande si elle est produite par la suspension de la nutrition ou par l'absorption interstitielle. Les masses mélaniques cancéreuses et crétacées s'accompagnent parfois d'atrophie pulmonaire.
On voit encore cette maladie se développer lorsqu'un épanchement de liquide ou de gaz vient à comprimer le poumon. Son tissu acquiert alors plus de densité, il ne crépite plus sous le doigt, et son volume dimiuue. Cependant , si on insuffle le poumon ainsi atrophié, il se développe , et après un cer-
I tain nombre d'insufflations ménagées il reprend sa ! texture vésiculaire normale. Dans quelques circonstances, la compression exercée sur Tune des bronches principales par une tumeur mélanique, tuberculeuse ou cancéreuse, ou par une tumeur anévrysmale de l'aorte ou de l'artère pulmonaire, peut occasionner
! l'atrophie du poumon. Nous ne croyons pas qu'il faille comprendre aujourd'hui parmi les espèces i'atrophie, l'emphysème pulmonaire; il y a là une altération toute différente , et très-souvent une rupure des vésicules.
Les symptômes qui accompagnent cette maladie ont très-différents , suivant la cause de l'atrophie. 'î )épend-elle des progrès de l'âge , on observe tous les ij lignes de l'emphysème pulmonaire (voy. ce mot). ij -lorsqu'elle est liée à une maladie de la plèvre ou du ij )oumon, il est bien difficile de faire la part de l'une tl ;t de l'autre affection dans les symptômes qui se mani-
II "estent alors. Ceux qui prédominent sont ceux de la (| naladie principale. La marche, la durée, le pronos- ; ic, le traitement, sont subordonnés à la cause même
lie l'atrophie.
); 6** Cancer (phihisie cancéreuse de Bayle). La lescriplion donnée par Laennec est encore celle qui 'Cproduit avec le plus d'exactitude les caractères anatomiques du cancer du poumon. Celui que l'on rencontre presque exclusivement est ic cancer encéphaoide ou cérébriforme.
Analoinie pathologique. — Le cancer encéphaloide se présente sous trois formes différentes : 1** enkysté, 2" rassemblé en masses plus ou moins irrégulières et sans Icysle , 3° infilté dans le tissu de l'organe [Tiailé^ de l'auscultation médiate , t. ii, p. 348, in-80;' Paris, 1837). William Stokes dit ivoir rencontré les formes suivantes : l" des tubercules de matière encéphaloïde isolés et de forme arrondie, le tissu intermédiaire étant sain; 2*^ des oaasses isolées et irrégulières ; 3^ des tubercules de substance squirrhcuse et encéphaloïde mêlés à de la matière noire ; 4" la transformation de la totalité ou d'une partie du poumon en matière encéphaloïde
homogène ; 5^ des masses cancéreuses développées dans le poumon, d'une part, les médiaslins, antérieur ou postérieur, de l'autre, etc. etc. {Recherches sur la pathologie et le diagnostic du cancer des poumons et du médiastin, Jrch, génér. de méd.^t^iy, 3^ et nouv. série, p. 304; 1842). Les distinctions admises par le docteur Stokes ont de l'importance et confirment celles qui ont été établies par Laennec; le médecin anglais dit n'avoir jamais rencontré que le cancer encéphaloïde.
Dans le cancer cérébriforme enkysté, les tumeurs ont des dimensions variables : tantôt elles ne sont pas plus grosses que des tubercules ou des avelines , tantôt plus volumineuses qu'une pomme de moyenne grosseur. La matière cérébriforme contenue dans le kyste est d'un blanc {^ris ou jaunâtre , ferme, demi-transparente, et réunie sous forme de lobules dans des aréoles celluleuses ; quand elle a passé à la période de ramollissement, cette matière est molle, diffluente comme une bouillie, et présente alors quelque analogie avec la substance cérébrale. La membrane qui compose le kyslc est quelquefois assez épaisse , résistante, d'un blanc grisâtre et argenté, et ressemblant par sa texture au tissu des cartilages. On peut ordinairement séparer avec facilité la matière cérébriforme de la membrane qui la renferme. Le docteur Marshall Hughes prétend que cette forme de cancer est la plus commune de toutes ( Mémoire sur le cancer du poumon , extr. du Guy' s hospital reports ; octobre 1841, in Archiv. génér. de médecine, 3^ et nouvelle série, t. xii, p. 489 ; 1841 ). Le cancer encéphaloïde enkysté est disséminé dans un seul ou dans les deux poumons, et i! existe presque toujours des tumeurs semblables dans d'autres organes , dans les mamelles, le foie, les reins, etc. La matière cérébriforme, dans sa période de crudité, est ferme, transparente, blanchâtre ou rose; elle contient quelquefois de petites masses d'un blanc jaunâtre , friable et sans cohérence, qui ne sont autre chose que de la matière tuberculeuse (Andral, Clinique w.édicale , t. ii, p. 388, in-8°; Paris, 1834).
Les masses céréhrijormes non enkystées se rencontrent plus fréquemment que la première foiiue du cancer. Elles sont aplaties, ovoïdes ou sphérique.s ou bien allongées et très-irrégulières; leur volume varie depuis la grosseur d'un pois jusqu'à celle de la tête d'un fœtus à terme; elles sont lobulées , mais d'une minière moins tranchée que le cancci- enkysté. Lorsque le cancer est encore à l'état de crudité, il" est dur, bleuâtre, et son aspect gras le fait ressembler à du laid (Laennec, loc. cit., p. 35G) ; plus taid, il devient mou, opaque, et les intersections celluleuses disparaissent. On trouve souvcut dans la même tumeur des parties encore crues et d'aulies
POU
POU
déjà complètement ramollies ; un peu de tissu cellu- Jaire mince et peu apparent leur sert d'enveloppe.
M. Gruveilhier décrit , sous le nom de plaques cireuses du poumon, des couches très-minces de matière cancéreuse qui lui paraissent avoir leur siège dans la couche la plus superficielle du poumon, d'où elles s'étendent ensuite àla plèvre(^://iafom/e/?«?/ioloi;iquc , 36*^ livraison, pi. 2).
La troisième forme qu'affecte le cancer pulmonaire est celle que Laennec désig^ne par le nom dV/zfiltration cancéreuse. Il dit ne l'avoir jamais trouvée dans le poumon {loc. cit., p. 357). Cependant elle a été observée par un très-grand nombre de médecins, et Stokes prétend même qu'elle est la plus fréquente de toutes ( mém. cité, p. 307). Le docleur Graves a cité un cas de transformation de la totalité du poumon droit en tissu encépha'.oïde {Du- Miii med. jouni.^ n*' 12, extr. in Jrch. gériér. de méd., 2"" série, t. v, p. 133; 1835). Tout le poumon droit était converti en une masse solide, pesant plus de 3 kilogrammes, dense, homogène et semblable à de la matière cérébrale dui'cie dans l'alcool. On voyait en arrière une couche mince de substance pulmonaire à peine perméable à l'air. M. Bouillaud , bien avant cette épuque, avait publié l'observation d'un cancer du poumon gauche , qui était métamorphosé, dans une grande partie de son étendue, en une substance lardacée d'un blanc légèrement grisâtre « dont la coupe nette et polie se couvrait de points rouges 01! de gouttelettes de sang, sans qu'on put distinguer aucune trace des vaisseaux sanguins ni aucun vestige de l'organisation normale du tissu pulmonaire» (Bouillaud, Ol)serç>alioiis sur le cancer du poumon , in Journ. coinplém. du Diction, des scienc. médic. , t. xxv, p. 291; 1826). Le docteur Heyfeldera rapporté, avec les plus grands détails, un cas de transformation cancéreuse du poumon gauche. Cet organe était formé par une substance lardacée d'un blanc sale, où l'on n'apercevait aucune trace de nerfs, de vaisseaux ni de bronches. Au centre existait de la matière encéphaloide d'un blanc grisâtre , ramollie et communiquant avec un gros tuyau bronchique non oblitéré (Heyfelder, du Cancer des poumons, extr. in Arclm>.génér. de médec, 2^ série, t. xiv, p. 3Î5; 1837).
Les faits nombreux qui existent actuellement dans lesannales de la science pcrmcttentdoncd'admettre les trois formes de cancer dont Laennec nous a laissé une si belledescriptioD : massescancéreuses distinctes, plus ou moins nombreuse.s ; lobulées, avec ou .9ans membrane (cancer enkysté ou non enkysté), ou infiltration de la maiicre cancéreuse dans le [lounion, dont les éléments sont étouffés par le nouveau produit morbide: telles sont les formes qu'affecte le cancer du poumon.
Il se pasjfc au îcin du tissu pulmonaire quelques
changements qu'il importe de noter. Nous avons déjà dit que les vaisseaux pulmonaires, les tuyaux bronchiques et les nerfs disparaissaient pour l'œil de l'observ ateur et qu'on n'en trouvait plus trace ; cette altération a lieu surtout quand le poumon est transformé en matière cancéreuse. Heyfelder a vu , en pareil cas , les artères et les veines pulmonaires oblitérées ou converties en ligament à leur insertion au cœur. Lorsque les cancers sont disséminés et en nombre peu considérable , le tissu intermédiaire à chaque masse cancéreuse ne s'écarte pas sensiblement de l'état normal, il est seulement plusdense.il arrive, dans des circonstances très-rares, que le tis^îu pathologique se ramollit et que le poumon s'ulcère au pourtour; dans le cas de cancer ulcéré que rapporte M. Stt^es , «une grande partie du poumon était creusée par des excavations anfractueuses, communiquant d'une part avec les tuyaux bronchiques, et de l'autre se terminant en fistules qui parcouraient un trajet variable à la surface du poumon, où elles se terminaient pas des cavités superficielles qui contenaient de l'air et un liquide blanchâtre purulent; ces cavités étaient bornées, d'un côté, par la face postérieure de la plèvre pulmonaire, et de l'autre, par la substance pulmonaire dégénérée; cette dif^^scction de la plèvre, détachée ainsi du poumon, s'étendait presque aux deux tiers de l'organe» (mém. cité , p. 31 7). Si le fait rapporté par M. Stokes est parfaitement exact, il y avait épanchemcnt de liquide et de gaz entre le poumon et le feuillet viscéral delà plèvre; la cavité pleurale était complètement oblitérée.
Le docteur Kleffens, sur 1 9 cas de cancer rassemblés par lui, a trouvé que 6 appartenaient au poumon droit, 7 au gauche, et les 6 autres aux deux poumons {Dissert, mcdic. inaugur. de canccro pulmonum ; Gvomng.^ 1841).
Les rapports naturels du poumon avec les viscères voisins et avec la paroi thoracique subissent des changements fort remarquables. Si les masses cancéreuses ont un volume assez considérable, le poumon est refoulé dans un point de la cavité thoracique, tantôt vers le sommet ou contre la colonne vertébrale, tantôt vers le sternum; on voit, dans certains cas, la tumeur cancéreuse se développer vers le médiastin antérieur et environner le péricarde et les gros vaisseaux, comme dans deux cas cités par le docteur Syms (Transact. medic.-cJnrurg., t. xvui). La cavité pleuiale est ordinairement oblitérée et fait corps , avec la masse encéphaloide, qui elle-même adhèreaux côtes et détermine une voussure et une déformalion dan;; le point conespondant de la poitrine. Les col es réunies à la tumeur cancéreuse, souvent écartées, sont immobiles comme dans un cas observé par l'un de nous. Quelquefois , enfin , l'altération est portée beaucoup plus loin ; les côtes lai.^sent passscr la tu-
POU — 109
meur cancéreuse; elles soûl atrophiées ainsi que les !i muscles pectoraux et intercostaux. DansTobservation rapportée par le docteur Heyfelder, il n'y en avait plus trace {loc. cit., p. 350). Le côté opposé du thorax est parfois envahi par le produit morbide et n'est pas toujours exempt d'altérations; il s'y fait ur; épan- ■ hementde liquide séreux. Le cœur est déplacé, quelquefois comprimé. Le docteur Heyfeldei- l'a trouvé liasque, ramolli et presque gélatineux. Les changements de rapport du poumon avec les organes environnants varient suivant le siège du cancer. On l'a vu refouler le diaphragme et le foie , lorsqu'il occupait la base du poumon dioit, et s'avancer même jusque dans l'épigastie ; c'est ce qui a lieu plus particulièrement lorsque la tuuieur encéphaloïde est située dans le médiastin.
On trouve ordinairement dans d'autres tissus de la matière cancéreuse; souvent le cancer est situé extérieurement, et l'on possède alors ua moyen précieux de diagnostic qu'il ne faut jamais négliger de l'cchcrcher.
Il importe de ne pas confondre avec les masses cducércuses du poumon celles qui ont leur siège et leur point de départ dans l'un ou l'autre lyédia.stin. (Juelquefois le dépôt cancéreux ne se fait que consécutivement au développement d'un cancer extérieur, de celui de h mamelle par exemple. M. Gruveilhier a rapporté des exemples de ces sortes de tumeurs cancéreuses du médiastin antérieur.
Outre la matière encéphaloïde, on trouve souvent mêlées, eu différentes proportions, les matières tuberculeuïic et colloïde, des dépôts de mélanoses, quelquefois des portions de poumon engouées ou hépatisées eu rouge; on a constaté enfin, dans quelques cas, des gangrènes partielles.
Synipiomalologie. — Lorsque les tumeurs cancéreuses sont petites et disséminées dans le parenchyme pulmonaire, le diagnostic est très-difficile pour ne pas dire impossible; il n'en est plus de même si la tumeur cancéreuse est considérable, ou bien si le poumon a subi la dégénérescence cancéreuse dans une grande partie de son étendue. Au début, il existe parfois une toux légère et de la dyspnée qui prennent plus d'intensité à mesure que le mal fait des progrès. La percussion est un moyen sûr de reconnaître la présence des masses cancéreuses; pratiquée avec soiu , et comparativement sur les différentes régions du thorax, elle indique, en certains points, une diminu- ! tion de son ou une matité absolue qui peut .suffire I pour diagnostiquer la maladie, si l'on s'est assuré qu'il l n'existe pas d'épanchement, de pneumonie, ni de ! masses (uberculeuses. La matité est des plus évidentes I longtemps avant que le cancer déforme le thorax; I elle ne manque jamais quand h tumeur c.^l située «uperlicicllemcnl.
POU
Dans le point affecté , la respiration vésiculaire diminue d'abord , puis cesse et est remplacée par une respiration tubaire; on entend une bronchophonie très-manifeste. Le docteur Graves et d'autres auteurs ont entendu la respiration puérile dans le poumon resté sain, et même dans les portions qui n'avaient pas encore été envahies par le mal. Ces signes sléihoscopiques ne sont bien distincts que dans le cas où la tumeur est superficielle ou lorsque des adhérences se sont établies entre les deux feuillets de la plèvre. La matité, le souffle et la bronchophonie suivent le développement du cancer et se montrent successivement dans les mêmes points que lui. Les râles uiuqueux que l'on entend dépendent de la bronchite concomitante, et, dans quelques cas rares, à une époque avancée de la maladie, ils sellent au lamollissemcnt de la matière encéphaloïde^ Le docteur Slokes a observé dans deux cas une bronchite opiniâtre (mém. cité , p. 318).
Les (\ç,\.\\ côtés de la poitrine peuvent conserver leur confoimalion normale; mais le plus ordinaiiement le côté affecté se dilate et fait saillie en un point qui correspond à la tumeur cancéieuse; quelquefois cependant, au lieu d'une saillie, le thorax présente un rétrécissement ou une surface irrégulièrement aplatie et déformée. Le docteur Walshe dit que dans le cancer infiltré il n'y a jamais dilatation du thoiax ; que celui-ci est au contraire plus petit et rétracté; enfin, que les espaces intercostaux sont agrandis {The phy^sical diai^iLOsis of discascs oj tlic luiigs, 1843). On trouve, chez d'autres sujets, les côtes écartées faisant saillie, quelquefois même livrant pas.^age à une tumeur solide. Le docteur Marshall Hughes a constaté, dans un cas, l'œdème des parois thoraciques du côté correspondant au cancer pulmonaire (loc. cit., p. 491). M. Wil. Stokes a noté chez tous ses uîalades la dilatation des veines superficielles du côté affecté; cet état variqueux s'observe aussi sur les veines du cou et de l'abdomen; un seul membre peut aussi être affecté d'œdèmc.
Les docteurs Stokes et Hughes regardent comme des signes très-impojtanls la manifestation d'hémoplysies plus ou moins nombreuses et surtout l'expectoration de crachats semblables à de la gelée de groseille. Ce dernier signe a exi.sté trois fois dans quatre cas rapportés par M. Slokes. On a aussi noté la fétidité caractéristique de l'haleine.
La douleur thoracique est encore un symptôme important qui se manifeste de bonne heure et d'une manière presque constante. Souvent cette douleur est trèsvive; le malade ob.servé par Heyfelder ressentait dans le côté malade, depuis les fausses côtes jusqu'à r<'paule, et depuis le iternum jusqu'au rachis, des douleurs Irès-vivcsel commcélectriqnes(mém.cité, p. 347).Ces douleurs lancinantes t;unl luin d'être le;; plus conimu-
POU