‹ Compendium de médecine pratique, ou, Exposé analytique et raisonné des travaux contenus dans les principaux traités de pathologie interne (volume 4)Chapitre 10 sur 32 · SO — 1)1A · texte numérisé non relu

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tal , Paris , 1 804. On chercherait vainement des données plus positives dans les nombreuses thèses publiées en Allemagne sur la diaphragmite , et parmi lesquelles il faut cependant citer les suivantes : Roth , Diss. de inflam. diaphr., Lips., 1548 ; Schneider, Diss. de injlam. diaphr., Vitteberg, 1665; Stûren, Diss. dephren. et paraphr., Jena, 1 734 ; Zwinger, Diss. de paraphr., Bas., 1731 ; Segner, Diss. de paraphr., 3en3i, 1747;Ebehng, Dissert, de injlam. diaphr., Goetting., 1771. M. Boiseau, dans saNosographie organique, Paris, 1828, consacre à la pathologie du diaphragme un chapitre qui a été presque textuellement reproduit par Copland [Dictionary of practical médecine), tandis que MM.J. Gloquet et Bérard , dans le Dictionnaire de médecine, et M. Bouillaud , dans le Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, se sont bornés à démontrer que toutes les observations qui ont été publiées sur la matière étaient sans valeur, et que, par conséquent, les déductions qu'on en avait tirées étaient erronées ou hypothétiques.

DIARRHÉE, s. f. de Sia, à travers , et de peu, je coule.

Dénominations françaises et étrangères. — Bénéfice de ventre, flux de ventre, cours de ventre, défoiement, diarrhée. Fr. — Aiâppsia. Gr. — Cacatoria, rheuma gastros, rheumatismus, ca^ catropha, defiuxio, ûlvifluxus., ahi profluvium, ventris profiuvium, ventris fluxus aquosus, diarrœa. Lat. — Diarrea. Ital. — A purging, looseness,fluxofthe belly. Angl. — Durchfall, Durchlauf, Durchbruch, Bauchjluss, Abiveichen. AU. — De loop. Holl.

Synonymie chronologique. — Rheuma gastros^ Galien; rheumatismus, k\ex. de Tralles; defiuxio , Coel. Aurelianus; diarrhœa. Sauvages.

Définition. — «Diarrhaea est recrementorum et «excrementorum ut plurimum fluxiliorum frequens «per anum dejectio morbosa, id est, constans et no- « tabilis » , a dit Sauvages ( Nosol. mèthod., t. ii , p. 355), et M. Dalmas(Z?/6^ de méd., t. x, p. 269), en écrivant: «Il y a diarrhée lorsque les excrétions alvines sont plus fréquentes que de coutume, la matière de ces excrétions plus liquide et plus abondante, qu'il s'y joigne ou non de la fièvre ou des coliques», a reproduit cette définition qui ne nous paraît pas suffisamment caractéristique, car si la fréquence et la liquidité des déjections alvines constituent, en effet, une des conditions de la diarrhée, elles peuvent également exister dans des affections qui diffèrent essentiellement de celle-ci, et qu'il importe de ne pas confondre avec elle. Sauvages paraît d'ailleurs avoir senti lui-même la nécessité d'être plus explicite, puisqu'il ajoute immédiatement :

«Differt (diarrhsea) a cœliaca et lienteria exeo

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«quod non excernantur cibaria, aut cruda, aut in «chylum mutata, ut in quibusdam lienteriae et cœ- «liacae speciebus, sed excrenientitige aut recrementitiae «materies. A tenesmo quod nisus ad eg-erendum non «sint inanes; ab hepalirrhsea et dysenterie, quod «éjecta non sint cruentata. A melsena , quod non sint «nigra. »

Considérations qui appartiennent au diagnostic différentiel, et qu'on peut y renvoyer en définissant la diarrhée : Un besoin plus ou moins répété d'aller à la selle, déicnninant l'évacuation, quelquefois douloureuse, presque toujours peu abondante, de matières fécales liquides ou de matières sécrétées par les follicules intestinaux, sans exhalation sanguine simultanée dans la cavité de l'intestin. Et nous verrons plus tard que les modifications qui pourront survenir dans ces caractères doivent être rapportées à des complications , ou imposer à la maladie une nouvelle dénomination.

Division. — «La diarrhée n'est qu'un symptôme et jamais une maladie , dit M. Roche (Dict. de méd. et de chir. prat., t. vi , p. 288 ) , et nous devrions , à la rigueur, en renvoyer l'histoire à chacune des affections dont elle dépend. » Cette manière de voir, que justifie en grande partie la saine observation, et que nous préférons certes à la division si peu rationnelle des auteurs, est peut-être cependant trop exclusive, en rejetant complètement les diarrhées idiopathiques, dont nous discuterons l'existence après avoir fait connaître des opinions dont le nombre et la diversité suffisent d'ailleurs pour en démontrer le peu de fondement.

Prenant en considération tantôt les caractères physiques des déjections, tantôt une étiologie plus ou moins bien établie, tantôt enfin un symptôme concomitant plus ou moins important , les anciens auteurs distinguèrent un grand nombre de variétés diarrhéiques que Sauvages a réunies dans sa Nosologie méthodique, et quelque longue et fastidieuse que puisse en paraître l'énumération , nous avons pensé qu'elle devait trouver place ici , parce qu'elle résume pour ainsi dire à elle seule les opinions professées sur la nature de la maladie. Sans les rattacher préalablement à telle ou telle forme géuérale, Sauvages admit donc les vingt et une espèces de diarrhées suivantes:

«1° Diarrhaeastercorosa( Rivière), a ventriculo et «cibis corruptis (Sennert), stomachalis (Gasp. Hoff- «mann ), fluxus cibalis, bénéfice de vautre; 2" diar- «rhaea vulgaris, atoto corpore sine febre (Sennert); « 3° diarrhœa febrilis ( Boerhaave ) , a toto cum febre «(Sennert); 4° diarrhaea pituitosa, album alvi pro- «fluvium (Piso); 5° diarrhaea carnosa (Wedel). Jd adjrsenteriam accedit hic morbus ; 6" diarrhaea

«variolosa, rubeolas subsequens (Sydenham); 7°diar- «rhaea acrasia , incontinence du ventre; 8° diarrhaea «biliosa (Alex, de Tralles), cœliaca ( Cœlius Aure- «lianus); 9*^ diarrhaea arthritica (Sydenham et «Baglivi); 10*^ diarrhaea serosa (Piso), cerebralis «(Gordon ), aquosa ( Fr. Hoffmann ), lymphatica «(Lambsma); 11° diarrhaea purulenta (Fr. Hoff- «mann ); 12° diarrhaea chiliensis (Feuillée); «13** diarrhaea coUiquativa (Rivière), atrophicorum «(Junker), fluxus colliquativus (Sennert); 14°diar- «rhsea verminosa , a vermibus (Sennert) ; 15" diar- «rhaea adentitione (Sennert); 16*^ diarrhaea ab hy- «percatharsi (Sennert), ea est quam venenum « catharticumve inopportune assumptum excitât; «17° diarrhaea choleroides ( Junker ) ; 18° diarrhaea «adiposa, grasfondure, moltengrease des Anglais; « 1 9° diarrhaea lactentium , dévoiement des enfants «de lait; 20° diarrhaea febricosa (Morton); 21" diar- «rhaea pleuriticorum» ( Sydenham et Baglivi).

îfreYS&ig (Handworterb. der medic. Klin., t. ii, p. 464 ) , après avoir établi comme formes générales des diarrhées: A sporadique, B endémique, 6^épidémique , D périodique , E aiguë , F chronique , G simple et bénigne , H critique , décrit les espèces suivantes : «1" diarrhaea stercoracea; 2° diarrhaea «aquosa; 3° diarrhaea coUiquativa; 4° morbus vica- «rius; 5° diarrhaea cinerea belgarum» (Lambsma).

Hecker (Zex/c. med. theor, pract., t. u, p. 919) établit trois grandes classes : J diarrhée idiopathique, 5 diarrhée sy m ptomatique, C diarrhée critique. Dans la première il place treize variétés: «1" diar- «rhaea stercoracea, saburralis, cibalis, crapulosa; «2" diarrhaea catarrhalis , rhumatica, serosa, aquosa ; «3° diarrhaea mucosa; 4° diarrhaea biliosa; 5" diar- «rhsea acida; 6" diarrhaea torminosa; 7° diarrhaea «habitualis; 8" diarrhaea coUiquativa; 9° diarrhaea « putrida ; 1 0° diarrhaea purulenta ; 1 1 " diarrhaea san- «guinea; 12° diarrhaea verminosa; 13° diarrhaea «lienterica. » Il distingue ensuite des diarrhées: a aiguë, b chronique, c éphémère, d intermittente, e périodique.

Broussais (ffist. des phlegm. chron., t. ii), sans traiter spécialement de la diarrhée, distingua les espèces suivantes : 1° diarrhée inflammatoire; 2° diarrhée bilieuse ; 3° diarrhée par action de la membrane musculaire des intestins ( celle que déterminent la frayeur, le froid des pieds , les odeurs fortes, les affections morales, la commotion du cerveau) ; 4° diarrhée chronique apyrétique; 5° diarrhée sèche {toc. cit., p. 556).

M. Rostan [Cours de méd. clin., t. n, p. 104) pense que la diarrhée, comme toute augmentation de l'exhalation muqueuse, dépend : 1" d'un travail inflammatoire; 2° d'une maladie chronique éloignée; 3'-' d'une disposition organique particulière, seule-

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ment probable de la muqueuse; 4° de rinlïuence du système nerveux.

M. Roche {loc. cit., p. 287) décrit : 1° diarrhée déterminée par la colyte, 2° d. déterminée par l'entérite; 3° d. stercorale; 4° d. nerveuse; 5^ d. bilieuse; 6" d. muqueuse; 7*^ d. séreuse; 8" d. des convalescents.

M. Dalmas {loc. cit. .^ p. 273) indique les cinq genres et les espèces correspondantes qui suiveut : A. d. idiopathique; l"d. bilieuse; 2° d. muqueuse; 3" d. stercorale; 4° d. des convalescents; 5° d. des enfants. B. d. sympathique, celle qui accompagne le travail de la dentition. C. d. raétastatique ; D. d. critique, E. d. symptomatique.

Enfin , J. Copland (Z?/67. of.pract. med., part, ii, p. 522 ) distingue : ^. d. idiopathique : 1" d. stercorea (Sauvages), fusa (Good), 2° d. a cibis corruptis (Sennert); B. d. symptomatique : 1° d.' biliosa, 2° d. serosa; 3° d. catarrhalis (Boerhaave), mucosa (Cullen, Good) ; 5" d. par ulcération des follicules muqueux ; 5" d. lienterica; C. d. puerpérale; B. à. des enfants; E. d. des races noires, et il ajoute que ces différentes formes diarrhéiques peuvent être aiguës, chroniques, périodiques, endémiques, ou épidémiques. De toutes ces divisions, aucune, il faut le dire, ne nous a paru acceptable , et nous avons dû tenter d'en établir une plus rationnelle. Est-il possible, en effet, de considérer avec Copland , comme constituant des genres distincts , la diarrhée puerpérale , celle des enfants et celle des races noires? Quelles sont les observations que pourrait citer BI. Dalmas pour justifier sa classe de diarrhées métastatiques , et la nature de celles-ci peut-elle, d'ailleurs, être mieux démontrée que celle de la diarrhée sympathique sur laquelle nous avons déjà eu occasion de nous expliquer? {Fo/ez Dentition. )

D'autre part, ne suffit-il pas, pour démontrer qu'on ne saurait regarder comme idiopathiques les variétés diarrhéiques énumérées comme telles par Hecker, Copland et M. Dalmas, de rapporter la définition donnée par ce dernier auteur lui-même : «La diarrhée idiopathique , dit-il, existe seule , et dépend de causes qui agissent directement et uniquement sur le canal intestinal ; les causes qui la produisent sont presque toutes de nature excitante , et celle affection ne diffère de rentérile que parle degré » {loc cit., p. 273).

Nous pensons respecter davantage, et le sens qu'il faut conserver aux dénominations médicales , et les principes auxquels conduit un examen attentif des faits , en divisant la diarrhée en :

A. Idiopathique , comprenant, 1° la diarrhée nerveuse, 2*^ la d. asthénique, 3° la d. des enfants ( celle que Billard attribue au surcroît d'énergie vitale qui , à une certaine époque du développement

organique de l'appareil digestif, se manifeste dans les follicules mucipares des intestins ).

B. S/mptomatique : 1° d'une phlegmasie intestinale plus ou moins intense ( d. stercorale , muqueuse, bilieuse ., des convalescents, de la dentition, puerpérale , des camps); 2° de la fièvre typhoïde; 3° du choléra; 4° de la phthisie pulmonaire; 5" des affections cancéreuses de l'appareil digestif, ou de ses annexes {lienlerie, flux cœliaque); 6° de quelques maladies du cœur ; 7° de la plupart des maladies chroniques arrivées à leur terme (d. colliquative); 8° de certaines fièvres intermittentes; 9° de certaines résorptions (à. putrida).

C. Critique , survenant dans les exanthèmes , la variole, la pleurésie, l'ascite, etc. (d. serosa, aquosa, pleurilicorum).

Cette division une fois établie, nous pourrions traiter en particulier de chacune des variétés de diarrhées idiopathiques et critiques que nous avons admises, et renvoyer, pour les symptomatiques , à l'histoire des différentes affections auxquelles elles se rattachent; mais ce serait nous exposer à ces répétitions fatigantes et inutiles que l'on trouve dans les articles de tous les auteurs qui ont suivi cette marche , et nous trouvons préférable de considérer la diarrhée d'une manière générale , en faisant entrer dans sa description les considérations spéciales qui appartiennent à l'une ou l'autre variété, et méritent d'être mentionnées.

Altérations pathologiques. — Quelques mots vont suffire ici. Dans la diarrhée nerveuse , aucune altération ne peut être constatée par l'examen anatomique des tuniques intestinales, l'hypercrinie n'étant qu'une lésion de fonctions ; dans la diarrhée asthénique l'on voit quelquefois la muqueuse pâle, le tissu cellulaire sous-jacent légèrement infiltré, les fibres musculaires blanches , molles , peu développées; dans la diarrhée des enfants, on trouve les follicules isolés , et les plexus folliculeux du tube intestinal considérablement nombreux et développés , mais ne présentant aucune trace d'inflammation (Billard, Traité des maladies des enfants, p. 401).

Les lésions aussi nombreuses que variées qui s'observent dans les différentes diarrhées symptomatiques ne peuvent être décrites ici ; mais nous croyons cependant devoir rappeler, pour mettre les praticiens en garde contre des erreurs de diagnostic ou de pathogcnie trop souvent commises, que les altérations déterminées par une légère hypérémie sont aussi fréquentes et peu caractérisées que celles que laisse après elle une inflammation intense sont rares, mais bien tranchées, considération importante que nous aurons à développer en traitant de l'entérite {vojrez Intestin). Disons aussi que l'on trouve quelquefois jusque dans l'intestin grêle , ainsi que l'a vu un de

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nous , des matières fécales moule'es , ou plutôt des pierres stercorales, des scyballes, et cela après une diarrhée peu abondante et d'assez longue durée. «Dans ce cas, dit M. Rostan, les matières fécales s'accumulent dans les intestins , finissent par irriter les parties comme s'il y avait un corps étranger; cette irritation produit l'afflux des liquides : ceux-ci font dissoudre la partie superficielle des matières fécales , et celte partie ainsi dissoute s'échappe entre les matières fécales ag-gloraérées et les parois de l'intestin. J'ai vu deux fois, dans des cas semblables, les matières fécales s'accumuler tellement que les intestins se sont rompus en travers , les matières pénétrer dans l'intérieur du ventre, et les malades périr» (Gaz.deshôp., t. xii, n° 147; 15 décembre 1 838).

Dans la diarrhée critique , enfin , que l'on pourrait considérer comme une variété de diarrhée idiopathique , l'augmentation de la sécrétion est encore due aune action vitale, qui, le plus ordinairement, n'est ni la cause ni l'effet d'aucune altération anatomique appréciable, et ce signe négatif, qui, d'ailleurs , se retrouve fréquemment dans l'examen anatomique des diarrhéiques, doit peut-être même être regardé comme l'un des caractères de la nature critique d'un phénomène , qui , beaucoup plus souvent qu'on ne le pense , n'est que symptomatique d'une affection concomitante méconnue.

Sfmptomatologie. — Les symptômes, d'ailleurs peu nombreux , qui se rattachent à la diarrhée considérée en elle-même, sont, relativement aux fonctions intestinales , un besoin plus ou moins souvent répété d'aller à la selle , accompagné d'une chaleur cuisante à l'anus, quelquefois de ténesme , lorsque les évacuations sont très-fréquentes ou que les matières expulsées sont rendues irritantes par le mélange d'une certaine quantité de bile, de fluides acides, etc. Ce besoin se fait souvent sentir d'une manière si brusque et si pressante, que les malades ont à peine le temps de saisir le bassin ou de se mettre sur la garde-robe , et se renouvelle jusqu'à vingt , trente et même cent fois , dit-on , dans les vingtquatre heures. Dans les cas extrêmes, dit M. Dalmas, l'écoulement a lieu presque d'une manière continue (loc.clt. ^p. 271 ).

La matière des déjections doit être examinée dans sa quantité et dans ses caractères physiques et chimiques ; la première varie beaucoup. Très-abondante dans la diarrhée des grands mangeurs, dans les diarrhées critiques, elle l'est encore, mais seulement pendant les premières évacuations, dans les diarrhées idiopathique et stercorale ( symptomatique d'un embarras gastrique ) ; elle diminue ensuite à mesure que le nombre des excrétions augmente, et se trouve bientôt réduite à quelques mucosités ou à quelques gouttes d'un liquide séreux. D'autres fois, dans la diar-

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rhée déterminée par une accumulation de matières fécales dans le canal intestinal, par exemple, elle est, au contraire, fort peu considérable au début, et devient tout à coup très-abondante au bout d'un temps plus ou moins long. Toutefois , en raison de la fréquence des évacuations, la quantité absolue^des excrétions est toujours assez considérable , et on l'a vue s'élever jusqu'à quarante livres par jour ( Dalmas).

Les caractères physiques sont très-variables et beaucoup moins importants que ne le pensaient les anciens; cependant il est incontestable que, dans quelques cas, ils fournissent au diagnostic des données qui ne doivent pas être négligées [choléra, Jtè" i>re typhoïde; d. stercorea , mucosa , biliosa, serosa j verminosa)^ et qui ont déjà été appréciées dans cet ouvrage ( voy. Alvines, évacuations ).

Il est à croire que les progrès ultérieurs de la chimie organique donneront aux caractères chimiques beaucoup plus d'importance qu'on ne peut leur en accorder aujourd'hui , et déjà les travaux des micographes modernes ont signalé quelques résultats à l'attention des pathologistes , mais tous se rattachant à des diarrhées symptomatiques, nous renvoyons , pour leur exposition, à l'histoire de chacune des affections dont celles-là dépendent [voy. Gakcer , Mixtion , Typhoïde, fièvre, etc. ).

Si la fréquence des évacuations et la fluidité des matières excrétées sont des signes communs à toutes les variétés diarrhéiques , les phénomènes qui les accompagnent varient presque dans chacune d'elles. Ainsi , dans les diarrhées nerveuses et critiques , le ventre est indolent, le malade n'éprouve que des borborygmes ou quelques petites coliques sourdes; la langue, le pouls, sont naturels. Dans les diarrhées asthéniques , la langue est pâle , le pouls faible, petit, lent, le ventre mou et indolent; le besoin d'évacuer est si brusque et si peu sensible, que les malades lâchent souvent sous eux sans s'en apercevoir. Dans celles qui se lient à un embarras gastrique , la langue est large , humide , couverte d'un enduit blanc ou jaunâtre plusou moins épais ; le pouls est lourd, lent ; le malade a des éructations aigres , fétides , des coHques vives, des douleurs abdominales, que n'exagère pas la pression. Dans celles que détermine une phlegmasie intestinale, la fièvre typhoïde , le choléra , on rencontre les symptômes propres à ces affections.

Jusqu'à présent , comme on le voit, tous les phénomènes indiqués doivent plutôt être attribués à la cause qui produit la diarrhée qu'à celle-ci elle-même ; mais au bout d'un certain temps en apparaissent de nouveaux qui évidemment, eux, sont déterminés par la lésion des fonctions intestinales considérée en ellemême. Ainsi les malades éprouvent des faiblesses dans les membres inférieurs ou un abattement général qui , souvent , les fait tomber en syncope; ils ont des

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frissons, des spasmes, des crampes; la peau devient sèche et rugueuse; la face est décomposée, jaune; les ailes du nez sont pincées ; les yeux excavés ; les di gestions s'altèrent; l'assimilation devient incomplète et insuffisante; un amaigrissement rapide est bientôt porté jusqu'au dernier degré du marasme ; la fièvre hectique s'allume, et la mort ne se fait pas attendre longtemps, car des complications, et surtout des affections gastriques, viennent encore souvent la hâter. Ces accidents consécutifs, imputables à la diarrhée, surviennent principalement lorsque celle-ci accompagne une maladie chronique (phthisie pulmonaire, scrofule, cancer, etc. ), et alors on comprend qu'il est important de ne pas attribuer à l'une ce qui appartient à l'autre. Dans ces cas, la diarrhée ne fait ordinairement que hâter une terminaison funeste déjà prévue et inévitable; cependant on l'a vue survivre à la maladie chronique primitive , et la morL ne pouvoir être rattachée qu'aux troubles de la nutrition.

Enfin , dans quelques cas beaucoup plus rares , la diarrhée se prolonge pendant fort longtemps sans altérer les digestions, sans diminuer ni l'appétit ni les forces du malade, sans même quelquefois déterminer un amaigrissement notable , et devient un état habituel presque sans inconvénients pour la santé.

Marche , durée , terminaison. — La marche et la durée de la diarrhée varient beaucoup. Les diarrhées nerveuse, stercorale, critique, ne se prolongent guère au delà de quelques jours , et diminuent peu à peu ou cessent même brusquement pour être remplacées assez souvent par une légère constipation. Les diarrhées asthénique, des enfants, des grands mangeurs, ont, au contraire , presque toujours une assez longue durée, et, comme toutes les autres diarrhées symptomatiques, présentent une marche subordonnée à celle des affections auxquelles elles se rattachent, et, par conséquent, quelquefois des intermittences plus ou moins longues, mais toujours irrégulières. Quant aux diarrhées périodiques citées par Limbrecht {Acianatur. curiosor., t. y, p. 314), Medicus (Geschichte période haltender Krankh, Garlsruhe, 1792, bd. I, p. 143), M. Piazza(Z?if//. âfcM(«ra/7.5 t. IV, p. 350), nous pensons qu'on n'a point suffisamment apprécié toutes les circonstances qui s'y rattachaient, et que probablement, dans la totalité des cas, ces diarrhées étaient liées , comme dans les observations citées par Broussais ( Hist. des phlegm. chron. , t. ni ), à des fièvres intermittentes ; enfin, J. Copland a vu des diarrhées légères se prolonger pendant toute la vie des individus sans en avancer sensiblement le terme. La durée de la diarrhée l'a fait distinguer en aiguë et en chronique, division scholastique qui n'a rien de commun avec les causes et la nature de la maladie , et qui ne fournit d'indications thérapeutiques qu'autant que celles-là sont connues

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et bien appréciées. La terminaison de la diarrhée, considérée isolément, n'est funeste que dans les cas assez jpares où les troubles des fonctions digestives , après avoir résisté au temps et à toutes les médications, rendent l'assimilation insuffisante à l'entretien de la vie , ou lorsque l'extrême abondance de la sécrétion intestinale entraîne en peu de temps un épuisement général duquel l'économie ne peut se relever ; dans tous les autres, elle est heureuse ou subordonnée à celle de l'affection primitive dont elle n'est qu'un symptôme. Quant aux terminaisons par dysenterie , entérite, péritonite et hydropisie établies pa^J. Copland {A dict. of pract. med.., part, ii , p. 526), nous ne pouvons admettre que la première, et encore est-ce moins une terminaison que le développement d'une maladie dontla diarrhée n'était qu'un prodrome ( vof. Dysenterie ).

Complications. — A l'exception de certaines affections gastriques, nous ne connaissons pas de complications que l'an puisse regarder comme propres à la diarrhée : la goutte , indiquée par Sydenham , Bagîivi , Sauvages , Lorenz , Musgrave ( De arthrit. anotn., cap. iv ), la bronchite , regardée par J. Copland comme très-fréquente chez les enfants, ne nous paraissent nullement pouvoir être considérées comme telles.

Diagnostic. — Le diagnostic est complexe. Un homme a dans les vingt-quatre heures trois ou quatre évacuations de matières fécales plus ou moins moulées ; un autre n'en a qu'une seule , mais de matières liquides: ont-ils tous deux la diarrhée? Il est difficile de répondre à cette question d'une manière absolue ; il est rare que les matières excrétées étant liquides, il n'y ait qu'une ou deux évacuations dans les vingtquatre heures , plus rare encore que les évacuations dépassant ce nombre , les matières restent moulées. Cependant on a vu des individus qui , sans avoir la diarrhée, allaient régulièrement deux fois par jour à la garde - robe. Indépendamment donc de la fréquence des excrétions et de la liquidité de leurs matières, il faudra encore tenir compte de l'état habituel du malade. D'autre part il faut, pour qu'il y ait diarrhée, que les matières excrétées soient excrémentitielles ou sécrétées par les follicules intestinaux , sans exhalation sanguine simultanée, laquelle est le caractère de la dysenterie , et nous disons exhalation, car une fissure à l'anus, des hémorrhoïdes internes, une hématémèse, peuvent faire que du sang soit mélangé aux matières évacuées par suite de la diarrhée. Il est évident aussi , d'après notre définition ellemême, que si d'un point plus ou moins éloigné, du sang ( hématémèse , anévrysme , etc.) , du pus ( abcès de la fosse iliaque, du foie, etc.) , de l'urine (diarrhée urineuse des auteurs), étaient versés dans la cavité intestinale , et rejetés en excitant par leur présence

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des contractions péristaltiques , ces évacuations ne constiliieraieul pas une diarrhée. Toutefois il faut se rappeler que dans certaines circonstances liées , soit à la nalure de ces liquides, soit à la uianière dont ils sontversés dans Tintestin, ceux-ci peuvent déterminer une entérileplus ou moiusintense,et que leur évacuation est alors compliquée d'un flux diarrhéique. L'appréciation de ces cas exceptionnels demande un examen attentif, qui n'est pas toujours sans difficultés. La diarrhée une fois reconnue , il s'agit de déterminer sa nature, et ici nous n'avons pas à nous occuper du diagnostic des diarrhées symptomatiques, mais nous rappellerons cependant , en raison de l'intérêt pratique qui se rattache à ce point , combien il est important de ne pas s'en laisser impoi^er par celle que détermine une accumulation de matières fécales , et qui peut faire méconnaître la constipation comme l'écoulement par regorgement fait méconnaître la rétention d'urine. Lorsqu'en procédant par voie d'exclusion on est arrivé à déterminer que la diarrhée est idiopalhique ou critique, on devra croire qu'elle est nerveuse , si elle a débuté brusquement , et sous l'influence de causes spéciales que nous indiquerons bientôt ; elle sera asthénique si elle se montre chez un individu faible , lymphatique, ou ayant été soumis à des causes débihîantes : la diarrhée idiopathique des enfants sera la plus difficile à constater ( t'oyez Destition). Les diarrhées critiques sont ordinairement séreuses, très-abondantes, et débutent brusquement : la présence antérieure d'une pleurésie , d'une ascite , la disparition d'un exanthème, etc., la terminaison rapide , heureuse ou funeste de la maladie primitive, serviront à faire reconnaître leur nature critique , qui trop souvent est gratuitement supposée (Werkshagen,/>/*^.^e valorecritico diarrh.j Halle, 1795).

Pronostic. — Les considérations de pronostic se réduisent à fort peu de chose : celui des diarrhées idiopatliiques sera toujours favorable, à moins que le flux ne se prolonge fort longtemps et ne résiste aux médications rationnelles qu'on lui oppose. Celui des diarrhées symptomatiques variera avec la gravité de l'affection primitive, mais on peut dire, d'une manière générale , qu'il est presque toujours fâcheux, lorsque la diarrhée survient et persiste dans une maladie chronique. Les diarrhées critiques, enfin, jugent le plus ordinairement d'une manière heureuse les maladies auxquelles elles se lient-, mais quelquefois cependant le pronostic ne peut être porté avec quelque certitude que lorsque les signes du retour à la santé ou d'une terminaison funeste se sont déjà clairement manifestés.

Étiologie. — Causes prédisposantes individuelles. — Hérédité. — Dreyssig ( loc. cit., p. 476) pense qu'une prédisposition toute particulière à la

diarrhée peut se transmettre héréditairement, et il cite plusieurs faits à l'appui de son opinion , qui ne nous paraît admissible qu'autant qu'on l'applique à la constitution des individus. Ainsi il est évident que des parents qui , faibles et lymphatiques, seront sujets à la diarrhée, pourront transmettre £ette disposition à leurs enfants.

Jge et sexe. — Les enfants et les vieillards sont naturellement, par suite des conditions physiologiques dans lesquelles ils sont placés , plus souvent affectés de diarrhée que les adultes; les femmes, aux mêmes titres, plus souvent que les hommes.

Constitution , tempérament. — Les individus très-impressionnables , d'un tempérament nerveux , seront prédisposés à la diarrhée nerveuse ; les personnes faibles, d'un tempérament lymphatique, à la diarrhée asthénique; les individus forts, pléthoriques, d'un tempérament sanguin, à la diarrhée symptomatique d'une phlegmasie intestinale.

Causes prédisposantes hygiéniques. — Climats. — Des diarrhées endémiques régnent , selon quelques auteurs , à Paris ( Gamerarius, Diss. de diarr. parisiensi, Tubing , 1777), à Pétersbourg, à Ghrakow, dans l'Ukraine, à Londres, à Amsterdam, dans les Indes occidentales ( Clarks , Beobacht. ûber die Kranhh. auf langen Reisen nack heissen Gegend. und besonders uber die Krankh, die in Osiindienherrschen, Copenhague et Leipzig, 1 798); mais pi esque toutes ont été attribuées à l'influence des eaux de ces pays. Cependant on comprend que des climats très-froids, très-chauds ou humides puissent prédisposer à certaines diarrhées symptomatiques. Alimentation. — Une nourriture insuffisante , de mauvaise qualité , trop peu substantielle , l'habitude de ne point assez mâcher les aliments, amènent des diarrhées asthénique ou symptomatique d'une phlegmasie intestinale.

Enfin la scrofule , la syphilis ( Dreyssig , loc. cîL, p. 477), la goutte (Lieutaud, Synopsis univers prax. med.; Amsterdam , 1 765, part, i , p. 21 7), la dentition, ont encore été indiquées.

Causes occasionnelles. — Ici les causes varient surtout suivant la variété diarrhéique.

Localités. — • Un air vicié , chargé d'émanations putrides, donne lieu à ces diarrhées asthéniques ou symptomatiques décrites sous le nom de diarrhées épidémiques.^ des camps, par Baldinger (Krankfi. einer Armée, Langensalza, 1774,p. 231), Europacus (Diss. de diarrh. miUtibus russicis familiari, Jena, 1794), Vanotti ( Handb. jàr den angchendcn Feldartz, etc., Riga , 1807, p. 68), Leicbner {De diarrh. quadam epidemica, Erfurt , 1676), et qui, le plus ordinairement, se transforment en dysenterie.

Influences atmosphériques. — Uq froid humide

DIA

ou, au contraire, très-vif, surtout lorsqu'il se fait sentir aux pieds, produit la diarrhée. Dreyssig {loc. cit., p. 476) a vu une femme chez laquelle la composition électrique de l'atmosphère déterminait une diarrhée nerveuse, le matin de tous les jours oti un orage devait avoir lieu.

Passions, sensations. — La colère, la crainte, une joie immodérée, un chagrin profond , l'inquiétude , amènent également des diarrhées nerveuses.

JUmentation. — La trop grande quantité des aliments est la cause occasionnelle de la diarrhée stercorale,qui est une des variétés les plus fréquentes. La qualité des aliments détermine souvent des diarrhées symptomatiques: ainsi les substances irritantes, les épices, le gibier trop faisandé, le poisson pourri (Copland), les graines sèches qui font développer des gaz dans les intestins (Hecker, loc. cit., p. 821 ), le lait vicié, les fruits non mûrs, les boissons alcooliques, acides, fermenlées , froides , le miel. Il est une autre diarrhée qui dépend de Tingeslion dans le tube digestif de substances alimentaires difficilement attaquables par les sucs de l'estomac: telles sont le pain fait avec des farines qui contiennent une grande quantité de son, les végétaux riches en ligneux, et îes substances non alimentaires dont on est forcé de se nourrir pendant les sièges ou les temps de disette. D'autres fois, en raison d'une susceptibilité intestinale individuelle, certains aliments provoquent la diarrhée sans que l'on puisse s'expliquer leur mode d'action, ainsi: la viande de veau , de porc fiais , les œufs de brochet, certains légumes, quelques fruits, même lorsqu'ils sont parvenus à parfaite maturité.

Substances médicamenteuses . — L'abus des purgatifs, depuis les minoratifs jusqu'aux drastiques, détermine des diarrhées symptomatiques.

Enfin, la dentiiion, une surabondance dans la sécrétion de la bile ou du fluide pancréatique (Dalmas , loc. cit.) .1 la présence de vers dans les intestins (Krebs, Medic. Beobacht), la suppression d'une sueur habituelle, des menstrues (Copland, loc. cit.) , du lait, des lochies (Vesti, Diss. de diarr. lochiis superuenienle ; Erford, 1713), d'un exutoire ancien, la rétrocession d'une maladie cutanée (Loder, Journ. fur die Chir.., bd. ui, p. 37), certaines fièvres continues ou intermittentes (Ludvig., Diss. de diarrh. in febribus acutis; Leipzig, 1754. Bioussais, loc. cit.)., quelques maladies du cœur ou du foie ( Dalmas, loc. 6'/?.), la plupart des affections chroniques (Stoll. Prœlectioncs in divers, morb. chron.; Vienne, 1789, t. n, p. 409), les grandes opérations chirurgicales, la gangrène Iraumatique, la résorplion purulente, ont été signalées comme causes occasionnelles de diarrhées de diverse nature.

Traitement. — Éloignerles causes, quelles qu'elles Soient , qui ont provoqué la diarrhée, supprimer l'ali-

mentation, ou du moins la modifier, selon l'exigence des circonstances, sont les deux premières indications qui se présentent dans le traitement de la diarrhée, et qui , dans un grand nombre de cas , suffisent à la guérison ; néanmoins on comprend qu'une thérapeutique rationnelle doit approprier ses agents à la nature de l'affection à laquelle elle les oppose , et que , par conséquent, ceux-ci doivent presque varier dans chaque espèce diarrhéique ; ainsi, les toniques, le fer, le quinquina, à l'intérieur ou en lavements, réussiront dans la diarrhée asthénique , combattue au moyen du lichen d'Islande par Vogler ( Diss. de muscis et a/gis^ etc.; Giess, 1 775), et de la noix vomique par Loder (Rosenstein, Anwcis. zur Kennin. und Curdcr Kinderkr.; Goetting, 1798, p. 122); les purgatifs , les vomitifs, dans la diarrhée stercorale;les antiphlogistiques, les émissions sanguines, locales ou générales , dans les diarrhées inflammatoires (symptomatiques d'une phlegmasie intestinale) , que MM. Trousseau et Bonnet {Bull, de thérap., t. II, p. 337) assurent avoir souvent guéries par l'administration du sulfate de soude , assertion que démentirait peut-être une distinction rigoureuse entre l'inflammation et l'embarras des premières voies , tandis que Frank (Epit. de curand. hom. morb. LV, part. II, p. 686) dérivait l'inflammation au moyen de l'émétique ; les antispasmodiques dans la diarrhée nerveuse qui, d'ailleurs , s'arrête ordinairement spontanément. M. Alph. Devergie {Bull, thérap.^ t. xi , p. 146) a préconisé l'acétate de plomb contre la diarrhée des phlhisiques {soir et matin un quart de laidement fait at^ec : B. acétate neutre de plomb., gr. ij; carbonate de soude , gr. j; laudanum de Sydenham , gouttes iv). Dupuytren {Bull, de thérap.., t. v, p. 315) combattait la diarrhée de résorption par le sulfate de z\nc {sulfate de zinc, gr. j. Extrait aq. d'opium, gr. C, deux pilules par jour); Claussnitzer a arrêté la diarrhée séreuse des enfants avec la teinture de cochenille ( Altg. med. Ann., janv. 1803, p. 9); le lait guérit, .suivant M. Dalmas {loc. cit.) , la diarrhée qui règne souvent aux Antilles. D'autres substances ont encore été proposées contre les diarrhées désignées par la dénomination vague de diarrhées chroniques ou colliquatives : ainsi , le sous-nitrate de bismuth seul , ou uni aux opiacés et au columbo, par MM. Trousseau {Bull, de thérap. t. iv, p. 261) et Archambault ( id., t. v, p. 34); le lait coupé avec l'eau de chaux par Geach ( Some obs. on tlie près. epid. dysent. Londres, 1781), et M. Renaud (/)«//. de thérap.^ t. v, p. 1 92) ; le carbonate de chaux par Heiwigius ( Diss. de creta; Gryp., 1 705) ; le kino par White et M. Sandras {Bull, de thérap.., t. vu, p. 1 89) ; l'ipécacuanha par Linné {Diss. de viola ipecac; Upsal, 1 774 ), et Bang {Auswahl., a. d. Tagcb. des kocnigl. Kran-

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henh. zu Copenli) ; la racine Lopez par Van den Bosch [Journ. der auslacnd. Liferat., bd. m, p, 80); l'alun par J. Adair ( Med. comment. Édimb. , vol. IX et X, p. 2 1 et 39), Leud [Diss. de alum. virt. med. Goetting^, 1784), et M. Duméril (alun, 5J; eau ji ).

Ne considérant que la diarrhée en elle-même, indépendamment de ses causes, et pensant qu'il était souvent important de combattre ce symptôme pour prévenir les désordres consécutifs qu'à son tour il finit par amener dans les fonctions de nutrition, les pathologisles ont souvent recours, pour arrêter les contractions périsîaltiques de l'intestin à l'opium (Zahl, Biss. de diarrh. Halle, 1798, p. 20), à l'extrait de jusquiame (Von Hoven, Handh. der prakt Heilk, bd. ii, p. 352), au camphre. Presque toutes les substances astringentes ont été expérimentées dans ce but, et quelques-unes d'entre elles préconisées presqu'à titre de spécifiques : ainsi l'arnica parGoIlin {He'dh-aefte der IVohherley, Breslau, 1777), Je ledum palustre par deux médecins suédois , Brandelius et Ohdelius {Abhandl. der kœnigl. Swed. Acad. der Wissensch, bd. xxsiv, n° 39), le gnaphalium montanum, par Zorn [Botanologia medica, p. 530), Mueller [Fade mer.um botanic, p. 413), Wiedeburg {Arch. der prakt. Heilk filr Schlesien, bd. i, st. m, p. 312), la lysimachia vulgaris, par de Haen(i?fl^/o medendi, part, ni, p. 195) et Scherbius (Diss. de l/sim. vulg.., lena, 1790), la quasse, par Thorstensen (Diss. de usu medico ligni quassiœ, Hafn. 1778), la cascarille, par Fr. Hoffmann (Diss. de cortice cascar., Halle, 1708), le columbo, par Garthenser (Diss. de rad. columbo, Francfort, 1773), et Percival (Es sa/ s med. and exper. on the fallav suhjects, t. i, n" 3), le simarouba, par de Jussieu (Diss. an in inveter. alvi Jluxibus simaruba; Paris,! 730), 0verkamp(i>/^5. de rerned. ^/jec//"; Wirceb. , 1 742), Zimmermann (Fon der Ruhr unter dem Volke, p. 495), Monro (Treat on med. and pharmac. chymistrjr, Londres, 1788, t. m, p. 268), le ratanbia, par Ruiz [Mém. de l'Acad. roy\ de Madrid, 1796, p. 364), la muscade, par Thunberg (Diss. de myrisiica, Upsal, 1 788), l'écorce de saule, par White [Obs. and exper. on the broad leaved, Londres, 1 798), d'orme par Gollingwood et Temple ( Pract. of physik, Londres, 1 792), de chêne, par Cullen (Mater, med.)^ Fundel (Baldingers Mag.., bd. ix,p. 115), Henning (Beobacht uber derê^PFerth einig. Arzn..^ p. 54), Redicker (Diss. de querc. robor.^ Duisb., 1791), le bois de campêche, par Percival (Zo/if/. mer/. journ. ^ t. V, p. 56), Thomann (Ann. fFirceb., 1. 1, p. 82), la racine d'œillets, par Buclihaiye(Obs.circa gei urbani, Havn. 1781), et Bang (Act. soc. med. ffavu., t. V, p. 261), la terre du Japon, par Hageu-

dorn (Tract, de terra Catechu , lena, 1679), et KdLmp^Enchirid. med.), les fleurs de zinc, par Zadig (Arck. der prakt. Heilk.., bd. i, n° 8), le cuprum ammoniacum, par Blanchi (Bref. Comment, med., dec. I, t. n , n° 2); enfin le diascordium (à la dose </c 5 tb à 5 ij par Jour), et la décoctionJîlanche de Sydenham , sont encore journellement employés avec avantage par les praticiens.

Des lavements contenant cinq ou six jaunes d'œuf (Hildenbrand, Hufeland's journ., bd. xiii, st. i, p. 1 48), ou de Facide carbonique (Percival, Essays, t. n; — Priestley, Exper. and. obs., p. 792), ou de l'acétate de plomb (G. Adair, loc. cit.), des frictions sur l'abdomen , avec l'ammoniaque et la teinture de cantharides (Huggan, Kuhns physisch med. journ., 1801, p. 260), ouTéther (Hufeland, Bemcrk. uber die natùrl. und inocul. Blattern., p. 350), l'application de vésicatoires sur la même région (Dreyssig, loc. cit., p. 510), terminent cette longue liste pharmaceutique que nous n'avons enregistrée que parce qu'elle abrégera une bibliographie qui ne peut être étendue qu'à la condition de n'être qu'une stérile énuméralion de thèses. Rappelons encore, en finissant, que les diarrhées idiopathiques des enfants, et critiques, ne doivent être arrêtées que lorsqu'elles se prolongent assez pour produire l'amaigrissement , et troubler les fonctions de nutrition.

Nature et siège. — La diarrhée est, en dernière analyse, le résultat d'une accélération dans les mouvements péristaltiques des intestins; mais comme cette accélération elle-même peut être due, ainsi qu'on l'a vu, à des causes bien différentes, il n'est guère possible d'assigner telle- ou telle nature à la diarrhée considérée d'une manière générale; on peut même d'ailleurs se demander, ce nous semble, si, dans la diarrhée asthénique, la contractilité de la membrane musculaire n'est point diminuée au lieu d'être augmentée, et si les déjections, au lieu d'être dues à des mouvements péristaltiques, ne se font pas, au contraire, d'une manière passive, par suite de l'inertie des membranes et des sphincters, absolument comme, à un degré plus prononcé , l'incontinence des matières fécales est due à la paralysie de ces parties. Quant au siège de la diarrhée, il est clair qu'il est exclusivement placé dans le canal intestinal, et dans l'intestin grêle comme dans les gros intestins.

Classification dans les cadres nosologiques. — Gullen, ne tenant compte que du mouvement péristaltique, plaça la diarrhée dans la classe (2*^) des affections nerveuses, et dans l'ordre (3'^) desaffclions spasmodiques; Pinely voyant, dans tous les cas, un état inflammatoire , la rangea parmi les phlegmasies (2^ classe), dans celles des membranes muqueuses (2® ordre). Ce que nous venons de dire tout à l'heure prouve assez les vices de ces classifications, qui ne

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