‹ Compendium de médecine pratique, ou, Exposé analytique et raisonné des travaux contenus dans les principaux traités de pathologie interne (volume 4)Chapitre 12 sur 32 · BIP · texte numérisé non relu

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des fausses membranes , on peut toujours les détacher de la surface muqueuse , tandis que , dans la gangrène , la perte de substance s'étend en profondeur. Du reste, la méprise est impossible , si on a été témoin du début de la maladie ; dans la diphthérite, on observe d'abord des plaques d'un blapc grisâtre , formées d'une substance concrète , qui , venant à se détacher, laisse à nu la muqueuse légèrement rougie et pointillée de points rouges plus foncés, ma sans autre altération. Dans la gangrène, au contraire, quelques concrétions peuvent bien exister en même temps; mais lorsqu'elles se détachent, on aperçoit l'eschare formée par les tissus sous-jacents.

Peut-on distinguer le stomacace diphthéritique de la maladie décrite par Billard, M. Lélut, sous le nom de muguet, fégarite des enfants {^voyez Aphthes l'SEUDO - MEMBRANEUX du Compcndium, , vol. i)? M. Bretonneau dit «qu'il existe entre cette maladie et le stomacace diphthéritique tant de traits de ressemblance , qu'il est porté à croire que les légères différences qui s'y font remarquer peuvent tenir à des circonstances accidentelles» (ouvr. cit., p. 1 34 ). Nous nous rangeons volontiers à son avis. En effet , soit que le muguet se présente sous forme de points blancs , petits et disséminés , ou sous forme de lambeaux plus ou moins larges , soit, enfin, qu'il présente l'aspect d'une membrane recouvrant la muqueuse en presque totalité , on ne doit y voir que des formes diverses de la même maladie.

L'exsudation de matière plastique qui se montre chez les sujets en proie à une stomatite mercurielle diffère de la diphthérite par la nature de la cause qui l'a produite , par le gonflement de la langue, des gencives, et de différents points de la muqueuse, par les érosions plus ou moins multipliées, qui se couvrent d'un enduit concret , enfin , par le développement simultané de concrétions qui acquièrent rarement la consistance et l'épaisseur des fausses membranes de la diphthérite.

Il ne faut pas croire que l'altération spéciale que subit la sécrétion des muqueuses affectées de phlegmasie diphthéritique ne puisse se développer que sous l'influence des causes que nous venons de passer en revue; souvent aussi on la voit paraître dans le cours d'autres affections en général assez graves. C'est ainsi qu'on l'observe chez les phthisiques , chez les sujets atteints de fièvre typhoïde , de péritonite aiguë ou chronique , de phlegmasie du tube digestif, chez les vieillards dans différentes maladies , etc. II semble qu'une altération générale de fluide préside à cette exsudation , ou que du moins elle concoure à sa production.

Étiologie. — La contagion de la diphthérite a été presque généralement admise par les auteurs des siècles derniers. Carnevale, Marc-Aurèle Severin, se

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déclarent pour cette opinion. Nola croit plutôt à l'infection; cependant il pense que le mal peut se communiquer par des rapports immédiats, et par simple transmission. M. Bretonneau, qui, plus que tout autre, est à même d'avoir une opinion bien arrêtée sur ce sujet, penche vers l'idée de contagion, mais reconnaît qu'il est souvent impossible de remonter à son origine, et que , dans certains cas, cette cause a été évidemment étrangère à la production de la diphthérite. «S'il était encore plus positivement démontré que la diphthérite est contagieuse, il n'en serait pas moins certain que c'est à un degré fort inférieur à d'autres maladies ; mais sur ce point même, et sur le mode et les conditions de la contagion , il reste beaucoup à apprendre. » M. Bretonneau a fait des tentatives inutiles pour communiquer la diphthérite à des animaux(ouvr. cit., p. 85). M. Trousseau, qui soutient que la contagion joue le principal rôle dans la propagation de la diphthérite, n'a cependant pas été plus heureux que M. Bretonneau dans l'expérience qu'il a tentée sur lui-même , en cherchant à s'inoculer la maladie (art. Diphthérite du Dictionn. de méd.^ 2® édit., p. 393; voyez aussi le Mémoire déjà cité des Archives ). La diphthérite se montre , d'ailleurs , sous deux formes très-distinctes : 1° à l'état sporadique, 2° à l'état épidémique; il se complique quelquefois dans ce dernier cas de diverses exanthèmes, et de la scarlatine en particulier.

On a aussi voulu trouver dans les influences endémiques la cause de la maladie. Gomme elle se montre souvent d'une manière épidémique dans la ville de Tours , on a cru d'abord que la situation au milieu d'une vallée parcourue par deux rivières expliquait des ravages que fait ce mal dans le pays; mais bientôt on put se convaincre qu'il n'épargne pas davantage les habitants des villes ou des villages bâtis sur des hauteurs , où toutes les conditions hygiéniques îes plus favorables à la santé sont cependant réunies. «Dans des bourgs et des hameaux du département du Loiret , remarquables par leur salubrité et leur bonne position géographique , je voyais la diphthérite, dit M. Trousseau, sévir avec une horrible violence, et des villages de Sologne, situés au milieu des marais, rester exempts du fléau; et par contre, des hameaux ou des bourgs , situés sur les bords des étangs, dépeuplés par l'épidémie, tandis que d'autres jouissaient d'une complète immunité que l'on croyait devoir attribuer à la salubrité ordinaire du lieu. »

Il faut cependant reconnaître que toutes les influences qui débilitent l'économie, comme l'humidité de l'air et des habitations, une nourriture insuffisante ou malsaine, la pauvreté, favorisent le développement de la diphthérite ; elles n'agissent sans doute qu'à titre de causes prédisposantes, mais elles n'en doivent pas moins être éloignées avec le plus grand soin. Ne

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voit-on pas , en effet , le mal attaquer de préférence les habitants les plus pauvres, et sévir avec une certaine violence dans les localités où la misère est grande. Si les riches ne sont pas à l'abri des ravages de l'épidémie , ils en sont moins maltraités que d'autres : aussi , croyons-nous que l'influence funeste exercée par les modificateurs que nous avons signalés prend une grande part dans la production de la maladie; mais nous sommes loin d'admettre qu'elle suffise; il faut encore l'action d'une cause plus générale et épidémique.

Traitement, — Des faits nombreux ont prouvé à M. Bretonneau que les déplétions sanguines n'empêchent pas la phlegraasie diphthéritique de faire des progrès; et lorsqu'elles ne sont pas nuisibles, elles sont tout au moins insuffisantes. Les suites de la maladie ne sont jamais plus à redouter que dans le cas où le sang des sujets qui en sont atteints a été appauvri par des maladies antécédentes. C'est là ce qui fait penser au médecin de Tours que les émissions sanguines accélèrent la propagation de la diphthérite, en privant le sang d'une grande partie de son cruor, en le liquéfiant ou en favorisant la transsudation de sa partie séreuse. La spécificité de l'irritation, et nOn son intensité , étant la véritable cause des accidents , et surtout de leur propagation , il faut recourir à des agents thérapeutiques qui modifient l'inflammation spéciale, et lui substituent un autre mode d'irritation ; tel est précisément l'effet produit par l'emploi des caustiques. Toutefois, il ne faut pas entièrement rejeter les émissions sanguines , dont l'utilité est incontestable lorsqu'il existe une complication inflammatoire ou des accidents de même nature développés par suite de la présence des fausses membranes. Lés sujets pléthoriques doivent également être soumis; à une saignée qui facilite alors l'actioB dés autres remèdes.

Quelques-uns des agents, thérapeutiques devant varier suivant le siège de la diphthérite, nous ne traiterons ici que des méthodes générales et des applications de caustiques. Les vésicatoires , les révulsifs, les vomitifs, sont souvent employés avec avantage, et dans le but d'attirer dans un autre lieu, ou de déplacéP la maladie lorsqu'elle occupe un organe importaiit.

Parmi les médications générales dirigées contre cette maladie , le traitement mercuriel est celui qui jouit de la plus grande vogue. Le calomélas a été prescrit à haute dose dans le but d'amener promptement, soit une modification dans la sécrétion, soit même une salivation abondante capable de détacher les fausses membranes adhérentes {voy. Grodp, t. ii du Compendium). Les opinions restent encore partagées sur l'action de ce remède , que les uns considèrent comme dangereux , les autres comme pouvant amener la guérison.

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La médication topique est véritablement la seule sur laquelle on puisse compter pour arrêter les progrès du mal ; mais il ne faut pas agir avec timidité lorsqu'on a recours à ce moyen , et il faut , en outre , qu'il soit mis en usage de bonne heure , et à l'instant même où l'on voit paraître des taches blanchâtres lichénoïdes, ou même la simple rougeur striée dont nous avons tracé les caractères. Au nombre des topiques que l'on doit préférer, nous placerons en première ligne l'acide hydrochlorique pur, porté à l'aide d'une éponge fine et solidement fixée à l'extrémité d'une tige de baleine, ou un mélange de miel et d'acide hydrochlorique , le nitrate acide de mercure , le nitrate d'argent, l'alun , le sulfate de cuivre. On ne doit pas craindre de toucher profondément les parties malades avec ces caustiques , afin de produire un certain degré de désorganisation dans la membrane qui est le siège des plaques couenueuses. Un premier attouchement blanchit l'épithélium, qui se détache sans qu il reste d'érosion (Bretonneau). Si l'action du caustique est renouvelée, ou a pénétré plus avant, il en résulte une ulcération dont la surface est recouverte d'une concrétion blanchâtre. Il importe d'être averti des changements qui surviennent à la suite des applications caustiques, pour savoir si on doit y revenir une seconde ou une troisième fois. D'abord les concrétions paraissent plus épaisses ; au bout de vingt-quatre heures les effets du caustique sont ordinairement limités, les concrétions se détachent, et alors il convient de ne plus faire qu'une ou deux cautérisations superficielles. L'avulsion des fausses membranes, proscrite avec raison par les auteurs des siècles derniers, est nuisible, parce qu'elle aggrave l'inflammation pelliculaire. On doit perdre l'espoir d'arrêter le mal lorsque les deux ou trois premières applications de caustiques portés profondément n'ont pas réussi à circonscrire l'exsudation plastique.

L'alun a été recommandé par Arétée et par presque tous les médecins des siècles suivants. Il l'employait comme topique, mêlé au miel et à d'autres substances. M. Bretonneau , qui , dans son Traité de la diphthérite, parle peu de l'action de ce caustique, l'a employé depuis, et s'en est bien trouvé ( Addit. supplém., déjà cité, p. 11 ). On peut encore porter sur les fausses membranes du pharynx ou des fosses nasales le calomélas, soit à l'aide de l'insufflation, soit en le faisant inspirer au malade. M. Trousseau pense que les préparations mercurielles ainsi employées modifient avantageusement l'inflammation diphthéritique. Celles qui lui ont plus particulièrement réussi sont le calomel, le précipité rouge, et un mélange de ce dernier corps et de sucre candi dans lequel l'oxyde de mercure n'entre que pour un douzième seulement. Le nitrate acide de mercure, plus rarement mis en usage que les topiques précédents , peut rendre aussi de véritables

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services. Du reste, le choix des caustiques est indiqué par le siège même de la diphthérite. Celle qui occupe le pharynx et le voile du palais cède assez bien aux applications d'acide hydrochlorique et d'alun : on n'a pas à craindre que l'action du caustique ne s'étende trop loin lorsque les concrétions n'ont pas dépassé les amygdales ; aussi peut-on agir avec plus d'assurance et avec un remède énergique, comme l'est l'acide hydrochlorique {voy. Angime, Croup).

Nature de la diphthérite. — Nous avons tracé, d'après M. Bretonneau, les caractères de cette inflammation spécifique, qui se réduisent à trois principaux : le premier est l'excrétion d'une matière mucososéreuse qui se montre dans le premier degré de l'inflammation diphthérique , et semble jouir de la fatale propriété de la transmettre à de grandes distances; le second est la forme même de cette phlegmasie , qui tend à se propager de proche en proche ; enfin le troisième est l'insuccès qui suit l'emploi des antiphlogistiques et des émissions sanguines, si efficaces, d'ordinaire, dans les inflammations franches. Nous ajouterons que cette phlegmasie nous paraît encore offrir ceci de spécial , qu'elle reste superficielle , et se transmet difficilement , à moins de compHcations , au tissu cellulaire sous-jacent,ou aux autres ti ssus voisins.

M. Bretonneau , cherchant si l'action de certaines substances ne pourrait pas déterminer une inflammation analogue à celle de la diphthérite ( ouvr. cit., p. 355 ) , a trouvé que l'appHcation de l'huile cantharidée sur la langue ou les lèvres provoque une rougeur pointillée et l'exsudation de pellicules blanchâtres, caduques, en un mot, le même genre d'altération morbide que celui propre à la diphthérite. Cependant quelques différences essentielles séparent ces deux inflammations : «L'inflammation cantharidique, bornée aux surfaces qui ont éprouvé l'action phlogistique du principe vésicant, ne tarde pas à se circonscrire et à s'éteindre , tandis qu'il est dans la nature de l'inflammation diphthéritique de prendre de l'extension et de persévérer» (ouvr. cit., p. 367). C'est donc surtout par le mode de terminaison que ces deux phlegmasies diffèrent l'une de l'autre , et que la diphthérite se distingue de toutes les autres inflammations qui donnent heu à une exsudation de fausses membranes. Voici maintenant les caractères qui séparent l'inflammation diphthéritique de la scarlatineuse.

La scarlatine maligne angineuse se développe presque simultanément sur toute la muqueuse qu'elle doit occuper (lèvres , langue , voile du palais , pharynx), et ne tend en aucune manière à envahir le conduit aérien. Quand elle acquiert une grande intensité , des vésicules saillantes , pointues , remplies d'un fiquide purulent, se montrent sur les parties latérales du cou,

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Jes poignets, les cou-de-pieds, et disparaissent du troisième au quatrième jour de la desquamation. L'inflammation scarlatineuse a une marche aiguë , parcourt des périodes distinctes, s'accompagne d'accidents graves, d'un trouble extrême de la circulation , d'accéle'ration des mouvements respiratoires , de vomissements répétés, d'une diarrhée continuelle, de délire et de convulsions, etc. ; la mort, qui survient rapidement, et dans le cours du premier septénaire, ne laisse apercevoir aucune lésion bien caractérisée alors. La desquamation s'établit dans les premiers jours du second septénaire , ainsi que la convalescence ; tout danger n'est pas encore passé : l'anasarque, la pneumonie , les ulcérations gangreneuses de la peau , menacent encore la yie du sujet. Les caustiques, qui arrêtent si eFficacemeat les plaques couenneuses de la diphthérite, produisent le même effet sur l'inflammation couenneuse de la scarlatine maligne, 'mais ne diminuent en rien la gravité du mal.

Dans la diphthérite , laphlegmasie spécifique part d'un seul point pour se propager aux autres parties de la muqueuse et aux conduits aérifères , particulièrement, où elle détermine l'occlusion des voies respiratoires et une asphyxie assez rapide. Elle n'a aucune période limitée, et se termine rapidement par la mort, ou par l'expulsion de fausses membranes; quelquefois celles-ci envahissent la surface cutanée oùelies se présentent avec les mêmes caractères que sur les muqueuses. Les symptômes ne sont nullement en rapport avec la gravité du mal : fièvre éphémère , ou absence complète de mouvement fébrile au début de l'affection, inspirant une sécurité souvent funeste. Enfin, le traitement topique modifie l'inflammation diphthéritique , et suffit à lui seul pour amener la guérison {Addit. supplém. au Trait, delà dipthérite, p. 25 et suiv.).

Les différences que nous venons de signaler, d'après M. Bretonneau , nous paraissent bien réelles. Mais nous demanderons si les deux phlegmasies ne peuvent, en aucune manière, régner simultanément. Ge médecin déclare «que pendant le cours de plusieurs épidémies qu'il a eu occasion d'observer depuis plus de vingt ans, et dont quelques-unes ont été assez graves pour faire périr un grand nombre de sujets, il ne lui est pas arrivé une seule fois de voir la mort causée par la propagation de la phlegmasie dans le larynx, et par l'occlusion de la glotte » (ouvr. cit., p. 249). Le caractère différentiel le plus important de la phlegmasie scarlatineuse du pharynx est de n'avoir aucune tendance à se propager dans les canaux aérifères. Nous n'avons pas eu, comme M. Bretonneau, l'occasion de voir des épidémies de scarlatine , et cependant l'un de nous a observé l'angine scarlatineuse couenneuse sur deux enfants , et , dans les deux cas , la

diphthérite s'est étendue aux voies aériennes, contrairement à la doctrine professée par le médecin de Tours. Dans les deux cas , la trachéotomie fut pratiquée : dans l'un , une fausse membrane, représentant la trachée et la première division des bronches , fut extraite après l'incision du larynx ; dans l'autre, des lambeaux membraneux , mais bien caractérisés , furent rejetés au-dehors : nous conservons les pièces anatomiques pour convaincre les incrédules. Nous en appelons, du reste, à ceux qui ont été témoins de faits semblables, et qui ne sont pas aussi rares que l'a cru M. Bretonneau. Si l'on veut soutenir que dans le cas précédent il y avait coexistence d'une diphthérite véritable et d'une scarlatine , nous sommes prêts à le reconnaître; mais alors que deviennent les distinctions que l'on a cherché à établir (voyez., pour l'historique, les art. Angine et Croup du Compendium)?

DITRAGHYGÈRE RUDE, bicorne rude, bicorne hérissé.^ de de Lamark; cysticercus bicornis, Zeder; diceras rude, Rudolphi; ditracliiserosoma, Brerai; das rauhe doppelhorti, AUem.

Sulzer a donné ce nom à de petits animaux qui furent rendus au milieu des matières fécales par une fille âgée de vingt-six ans , affectée d'une esquinancie. Bremser ne veut pas les reconnaître pour de véritables vers intestinaux, et Rudolphi reste dans le doute sur leur véritable nature ; il pense , d'ailleurs , que ce ne sont pas des hydatides, comme l'avait supposé Sulzer, mais des acantocéphales, parmi lesquels ils pourraient constituer un genre à part sous le nom de dirhyncus.

DOTHIÉNENTERIE, et non pas DOTHINENTÉRIB. Ge mot , formé de «î&etYiv, îivoç, clou , pustule , et de svTepov, intestin, pustule de l'intestin, a été créé par M. Bretonneau, pour désigner cette maladie que l'on connaît plus généralement sous le nom ^'i, fièvre, ou ajfection typhoïde. Nous avons cru devoir en renvoyer la description à ce dernier mot (Typhoïde, Fièvre), parce que c'eût été préjuger la nature de la maladie, et que d'ailleurs cette dénomination est loin d'être adoptée par le plus grand nombre des médecins.

DOULEUR , s. f. , du mot latin dolor. Boerhaave définit la douleur une distension des fibres nerveuses qui tirent leur origine du cerveau (Aphor. De cognosc. et curand. morb.) ; Gaubius une perception que l'âme aimerait mieux ne pas éprouver qu'éprouver [Institut. pathoL); et quoique Bilon (JDiss. sur la doul.) ait peut-être raison de vouloir que l'on se borne à prononcer simplement le mot qui , exprimant ce que tout le monde connaît pour l'avoir éprouvé, renferme en lui-même une définition claire, exacte et laconique, nous dirons que la douleur (nous ne parlons que de la douleur dite physique) est une sensation désagréable, pénible, perçue par le cerveau , et transmise à cet organe par les cordons nerveux, à l'extrémité ou sur les troncs desquels s'est

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exercé un modificateur direct ou indirect, actuel ou commémoratif , de nature d'ailleurs variable.

Cette définition, qui, sans être à l'abri de tout reproche , est peut-être la meilleure que l'on puisse donner d'un phénomène insaisissable et sans cesse modifié sous Tinfluence d'une multitude de causes, préjuge ou entraîne quelques propositions que nous ne pouvons passer sous silence , bien qu'elles appartiennent plus spécialement à la physiologie. On a établi :

1° Que la perception douloureuse avait pour organe unique et nécessaire l'encéphale.

Aldini, Sœmmering , Sue , et d'autres depuis eux , ont prétendu que la douleur pouvait encore être perçue quelques instants après la détroncation ; mais on ne saurait admettre une opinion en faveur de laquelle He milite même aucune hypothèse théorique, et qu'une expérimentation attentive, autant toutefois que son témoignage puisse être invoqué ici , a toujours démentie (Bischoff, Einige phjsiologischanatomiche BeobacJitungen an einen Enihauptelen. In Muller's Arch.fur Anatomie, Physiologie, etc., 1838, n" 5, p. 486).

2" Que la perception douloureuse n'était régulière que lorsque le cerveau jouissait de l'intégrité de son organisation et de sa liberté d'action.

On ne saurait nier que le délire , l'apoplexie , le coma, le sommeil, le somnambulisme, l'extase, les passions violentes , ne fassent taire la douleur à laquelle deviennent également insensibles la plupart des idiots , des maniaques , des épileptiques , tandis que d'autres fois, au contraire, le sentiment d'une douleur qui n'existe pas est éprouvé en rêve ou même dans l'état de veille par des hypochondriaques, certains aliénés, etc.

3° Que les nerfs du système cérébro-rachidien étaient les conducteurs chargés de transmettre au cerveau la sensation qui y détermine la perception douloureuse.

Les physiologistes admettent généralement, et M. Brachet semble avoir prouvé, A que dans leur état normal, les nerfs ganglionnaires sont privés de la sensation cérébrale , mais que l'inflammation l'y fait développer , puisqu'ils en transmettent la douleur , et que cette transmission cesse au moment oii l'on interrompt leur communication avec les ganglions auxquels ils se rendent; B que le ganglion paraît tantôt posséder la sensation cérébrale, tantôt en être privé, ce qui ne peut s'expliquer qu'en se rappelant la branche de communication du système nerveux cérébral que reçoit chaque ganglion , et qui se distribue dans son intérieur. Gela est si vrai , que la sensation cesse d'être transmise dès le moment qu'on a détruit cette communication avec la moelle spinale; . C que la sensation cérébrale , qui se développe dans les nerfs comme dans les ganglions , n'est point dans

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leurs attributions, mais qu'elle dépend du système nerveux cérébral qui vient puiser , dans chaque ganglion , la sensation qu'il éprouve lui-même et qui lui est apportée par ses cordons nerveux lorsqu'ils sont malades (Brachet etFouilhoux, Physiologie; in Eacyclop. des se. med. , p. 24).

C'est donc , comme on le voit , par les anastomoses qui unissent les deux systèmes qu'il faut expliquer en même temps et l'existence et la moins grande intensité relative de ces douleurs qu'éveillait Haller, en irritant le plexus hépatique {Oper. med.,t.i, p. 357): de celles que font éprouver la colite, les maladies du rectum, l'entérite intense; de ces douleurs dites sympathiques qui se font sentir à l'épaule droite, dans les maladies du foie ; au cordon spermatique et au testicule, dans la néphrite ; au gland et au méat urinaire, dans les cas de calculs vésicaux ; à la tête, dans un grand nombre d'affections.

Les physiologistes se sont encore demandé si la propriété de transmettre la sensation douloureuse au cerveau appartenait à tous les nerfs du système cérébro-spinal, ou seulement à certains d'entre eux, et cette question paraissait avoir été résolue par Ch. Bell, lorsque M. Jobert (de Lamballe) vint établir, par des vivisections nombreuses , A que le cerveau et le cervelet étaient insensibles ; B que la sensibihté et le mouvement , qui ne constituent qu'une seule et même propriété , avaient leur siège dans la face postérieure de la moelle épinière et la protubérence annulaire , et spécialement dans la substance blanche ; C que toutes les fois qu'un nerf naissait d'un point sensible, il était lui-même sensitif et moteur , comme les racines postérieures des nerfs rachidiens, les nerfs moteurs occulaires commun et externe , les nerfs pathétique, trifacial , spinal, optique , glosso-pharyngien , pneumogastrique ; Z? que les nerfs qui naissent d'un point insensible étaient également insensibles : ainsi les racines antérieures des nerfs rachidiens , les nerfs olfactifs qui naissent d'une colonne des cordons antérieurs de la moelle ; E que tous les nerfs étaient sensibles à dater du point de réunion des deux racines antérieure et postérieure, après la formation du ganglion vertébral; F que tous les ganghons rachidiens étaient sensibles ; G que les organes qui reçoivent directement des nerfs de la moelle épinière ou de la protubérance annulaire étaient seuls sensibles ; que la douleur n'affectait , dans cet état morbide , que ceux qui en sont pourvus , et que c'est à tort , par conséquent , que des pathologistes avaient cru que des organes qui, dans l'état de santé, ne donnent aucune preuve de sensibilité , pouvaient en être le siège dans l'état morbide (Éludes sur le système nerueux; Paris, 1838, p. 68, 155,734, 737).

Les opinions contradictoires auxquelles ont donné naissance ces importantes questions de physiologie,

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ne sont point encore définitivement jugées , et comme il n'entre point dans notre but de consacrer à leur appréciation les longs développements dans lesquels elles nous entraîneraient, nous renvoyons le lecteur aux ouvrages de Scarpa, de Bichat , de MM. Magendie, Flourens , Serres , Legallois , Gh. Bell , Jobert , etc.

4" Qu'une partie ne pouvait plus devenir le siège d'aucune douleur lorsque les nerfs qui s'y distribuent avaient été divisés, détruits par la gangrène, ou qu'ils étaient suffisamment comprimés.

Un grand nombre de faits pathologiques et des expériences concluantes démontrent rigoureusement la vérité de cette proposition qui , d'ailleurs , n'est qu'un corollaire de la précédente.

50 Que la perception douloureuse ne pouvait être déterminée par l'action d'un modificateur sur une partie privée de nerfs par sa structure anatomique.

Rien de plus simple en apparence que cette assertion qui semble se déduire nécessairement de ce qui précède : or , le scalpel n'a jamais pu suivre aucun filet nerveux dans certains tissus , le fibreux et le cartilagineux par exemple , et cependant leur inflammation détermine souvent de fort vives douleurs : on en a conclu que ces tissus recevaient des nerfs que la dissection ne pouvait constater , ou bien que l'état morbide y développait la sensibilité et les mettait dans le cas de sympathiser avec le centre sensitif , ou bien enfin, comme le veut M. Jobert , que ces tissus étaient en réalité insensibles , et que la douleur , qui se faisait sentir pendant leur état morbide devait être rattachée aux nerfs environnants.

6° Que les caractères de la douleur variaient avec l'état morbide qui la déterminait, et l'organe qui en était le siège.

De cette proposition incontestable découlent des considérations séméiologiques que nous exposerons bientôt avec quelques détails.

7** Qu'il n'était peut-être , selon les expressions de M. JoUy {Dict. de méd. et de chir. prat. , t. vi, p. 373), aucune des influences physiques, chimiques, mécaniques , pathologiques ou même physiologiques qui ne pussent donner lieu à la douleur ; de telle sorte que si, comme symptôme, celle-ci se liait pour ainsi dire à toutes les individualités morbides , elle pouvait aussi se manifester, sous certaines conditions de durée et d'intensité toutefois , dans l'état de santé, sans être accompagnée d'aucun trouble dans les fonctions.

Étudions, maintenant que nous connaissons le mécanisme de la douleur , ses différents caractères , les modifications qu'ils peuvent subir , et cherchons à apprécier les indications qui en résultent pour le diagnostic.

Nature. — 11 est assez difficile d'établir , d'une manière absolue , les caractères qui doivent faire ac-

corder le nom de douleur à telle sensation , le faire refuser à telle autre. 11 ne nous paraît pas qu'on doive, avec Georget {Dict. de méd., t. x , p. 505) , ranger parmi les douleurs les sensations d' étouffement , de suffocation, de strangulation, d'anxiété^ de malaise; dans la pleurésie, le point de côté constitue la douleur ; la gêne de la respiration constitue la dyspnée et n'est point une douleur ; dans l'asthme nerveux, il y a dyspnée, il n'y a point douleur ; dans la péricardite , l'inflammation du feuillet séreux détermine une douleur; l'anxiété qui résulte du désordre des battements du cœur n'est point une douleur ; le malaise qui précède la plupart des affections du canal intestinal ne l'est point davantage; mais il survient des coliques , voilà la douleur. Les auteurs ne se sont nullement occupés de cette distinction importante qui , à la vérité, se comprend mieux qu'elle ne se formule , et il nous semble qu'ils auraient peut-être pu l'asseoir sur une base assez solide en accordant le nom de douleur aux sensations pénibles localisées , sur une étendue plus ou moins considérable, et en le refusantaux sensations générales, vagues, qui résultent de troubles fonctionnels plus ou moins caractérisés. Ceci posé , il est facile de reconnaître que la perception douloureuse ne donne pas toujours lieu à la même sensation. «Les anciens, dit Sauvages , qui a consacré aux douleurs sa septième classe , ont divisé les douleurs en graves , fixes , mordicantes , poignantes , aiguës , pulsatives , tensiTCs , froides , et un grand nombre d'autres qu'Archigène a imaginées ; mais il vaut mieux distinguer les maladies par leur siège que par l'idée de la douleur , vu qu'elle est très-confuse , et qu'on ne saurait la définir, quoiqu'elle se fasse très-bien sentir »(iVo5o/. méthod., in-12, t. vi, p. 46). Les pathologistes modernes ont reproduit en grande partie les dénominations d'Archigène ; M. Renauldin {Dict. des se. méd., t X, p. 182) a distingué douze espèces différentes de douleurs {tensive, grayative, pulsative, pongitife ou lancinante, déchirante, dilacérantc, pertérébrante , prurigineuse, brûlante .^ froide^ contusii'e ou conquassante, corrosive); Georget en a distingué trente-huit {lac cit., p. 504); «Hahnemann, a dit l'un de nous (L. Fleury, V Homœopathie mise à la portée de tout le monde ; Paris , 1 833 , in-80) , en vertu d'une délicatesse de perception toute spéciale, a su en distinguer jusqu'à soixante et treize espèces , et l'on conçoit les indications qui résultent de la distinction des douleurs, grande, violente, affreuse, furieuse, énorme, intolérable. Comment méconnaître maintenant une maladie? Estil possible de confondre la douleur indéfinissable avec \ indescriptible ? Comment ne pas être frappé des caractères de la douleur paralytique ! ! »

Sans parler ici de l'absurdité des divisions homœo-

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pathiques , nous pensons avec Sauvages , qu'à moins de vouloir se payer de mots , il n'est pas possible de définir exactement des douleurs qui , bien qu elles se fassent très-bien sentir, n'en sont pas moins trèsconfuses, et nous nous contenterons d'établir quelques formes générales, bien caractérisées, auxquelles on puisse attacher une valeur séméiologique plus ou moins constante ; nous admettrons donc :

1" Une douleur cuisante. — Celle que l'on éprouve, lorsque par suite d'une brûlure, de l'application d'un rubéfiant , d'un épispastique , l'épiderme est plus ou moins enlevé , et le derme dénudé exposé au contact de l'air atmosphérique , ou mis en contact avec un corps étranger.

2° Une douleur prurigineuse. — Celle qui porte le malade à se gratter , et que l'on retrouve dans la presque totalité des affections cutanées ;

3° Une douleur pulsatii^e. — Celle dans laquelle le malade ressent des pulsations plus ou moins fortes, et qui, se rattachant spécialement à la formation du pus , se rencontre néanmoins encore dans des affections très-différentes que le médecin seul pourra ordinairement distinguer , et non encore sans peine quelquefois. Ainsi , jamais un malade ne pourra se rendre compte si les pulsations qu'il ressent dans une tumeur ont lieu dans l'intérieur de celle-ci, comme dans un anévrysme par exemple , ou si elles sont le résultat de mouvements de totalité imprimés à sa masse par une artère sous-jacente. On a dit que lorsqu'une douleur pulsative profonde succédait à une douleur continue, en s'accompagnant de frissons irréguliers et d'une rémission apparente dans les symptômes , elle était le signe d'une suppuration interne. Cette proposition ne saurait être généralisée ni séparée de toutes les autres circonstances de la maladie.

4° Une douleur distensive. — Celle qui résulte de la distension de plans musculaires ou aponévrotiques plus ou moins résistants , par l'effet de l'inflammation , d'une collection de liquide , etc. {phlegmon, panaris, abcès sous-aponéurotique, ascite., etc.); celle que fait éprouver une luxation et les efforts destinés à en obtenir la réduction , etc.

5^ Une douleur lancinante. — Celle qui, brusque et passagère , parcourt rapidement une certaine étendue : elle s'observe dans les dégénérescences cancéreuses.

6° Enfin, des douleurs spéciales. — Celles que l'on éprouve dans la migraine, dans une crampe, pendant l'accouchement, une amputation; l'engourdissement déterminé par une compression modérée d'un rameau nerveux, du nerf cubital, par exemple. . Siège. — A l'exception des ongles , de l'épiderme, des cheveux et des poils , nous avons vu que tous les points de l'économie , que tous les tissus , pouvaient ,

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soit à l'état physiologique , soit à l'état morbide seulement, devenir, sous l'influence de certains modificateurs , le siège de douleurs plus ou moins vives et de nature différente , suivant le tissu dans lequel elles se développent. L'étude des modifications que la structure anatomique des parties apporte dans les caractères de la douleur, appartenant plus spécialement à la physiologie ou à l'histoire de l'inflammation , nous ne nous occuperons ici du siège de la douleur que sous le point de vue séméiologique , renvoyant, pour les autres considérations , à l'article de M. Renauldin ( loc. cit., p, 189), à la thèse de M. Bilon [Dissert, sur la douleur, Paris, an xi, in-8°) , et à l'ouvrage de M. Gendrin {Ilist. anat. des inflam. , Paris , 1826).

En général , les malades indiquent comme siège de la douleur qu'ils éprouvent le point où s'exerce la cause qui détermine la perception douloureuse ; cependant on les voit souvent se tromper lorsque la douleur est profondément située dans une des cavités splanchniques, par exemple , ou même, comme certains amputés, accuser une douleur dans un membre dont ils sont privés.

D'autre part, la douleur se fait en réalité souvent sentir dans un point plus ou moins éloigné de celui où existe la lésion , soit par sympathie, comme nous l'avons vu , soit par suite de la relation physiologique ou anatomique qui unit deux organes: ainsi, dans l'oreille, après un violent coryza; au périnée, dans les maladies de la prostate ; aux aines , dans celles de l'utérus; dans le crâne, par suite de l'inflammation du globe oculaire , de l'otite interne.

Quelques pathologistes ont voulu trouver dans le siège de la douleur un signe important pour le diagnostic ou le pronostic de certaines maladies, de celles des méninges , par exemple. M. Andral a démontré combien peu il avait dfi valeur, en établissant que , sur vingt-huit cas d'affections des méninges cérébrales, la céphalalgie n'avait pas existé douze fois , et que , sur les seize autres , six fois seulement elle correspondait au siège de la lésion. Les douleurs d'oreille , selon M. Renauldin , augmentent ordinairement le danger des maladies aiguës : une violente douleur à la nuque signale quelquefois le début d'une fièvre ataxique ( Landré-Beauvais , Traité des sign. des mal., p. 3 1 0) ; les douleurs de la région du dos et des omoplates sont fréquentes chez les phthisiques et les péripneumoniques ; la tension douloureuse des hypochondres , dans une fièvre aiguë , est un signe funeste (Hippocrate, Coac, sect. u), surtout lorsqu'elle se déclare à droite. On comprend combien peu de valeur aurait, dans ces différents cas, un jugement qui ne serait basé que sur de semblables aphorismes.

On a donné à la douleur, suivant sou siège , quel"

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ques noms particuliers qui se définissent eux-mêmes : ainsi , céphalalgie , sternalgie, cardialgie, gastralgie, entéralgie, hépatalgie, hystéralgie; elle est encore fixe ou erratique.

Trajet. — Le trajet que suit la douleur fournit quelquefois au diagnostic des données précieuses, en indiquant positivement les organes qui sont le siège de la lésion. Dans l'angioleucite, la phlébite, les névralgies, les malades montrent exactement du doigt la direction des vaisseaux , la distribution des filets nerveux : nous en avons vu un qui, atteint d'un rhumatisme borné au trapèze , indiquait avec une exactitude anatomique les insertions de ce muscle.

Intensité. — L'intensité de la douleur est relative ou absolue. La première varie avec l'idiosyncrasie des individus, leurs habitudes, leur éducation, leur énergie morale , les dispositions accidentelles , physiques ou psychologiques , dans lesquelles ils se trouvent. Telle douleur, qui paraît intolérable à une petitemaîtresse, serait à peine ressentie par un portefaix. La colère, l'orgasme vénérien, rendent à peine sensibles des douleurs qui , dans l'état ordinaire , sembleraient fort vives. En général, l'intensité relative de la douleur est plus considérable , toutes choses égales d'ailleurs, chez les enfants, les femmes, les hypochondriaques , les hystériques, les personnes faibles et irritables. Remarquons bien, toutefois, qu'il ne faut pas confondre l'intensité relative de la douleur avec les manifestations que provoque la sensation douloureuse. Si les femmes supportent souvent avec plus de tranquillité que les hommes les opérations chirurgicales, il ne faut pas en conclure que les souffrances qu'elles éprouvent sont moins vives que celles que ressentent ceux-ci , mais seulement qu'elles ont plus de courage passif. On a vu des femmes intéressées à cacher un accouchement endurer les souffrances d'un long et pénible enfantement sans proférer une seule plainte ; courage d'autant plus grand qu'il prend sa source , non dans l'excitation passagère que fait naître la passion , mais dans l'énergie que donne une résolution bien arrêtée.

L'intensité absolue de la douleur offre une infinité de nuances, dont les causes sont très-variables, et souvent difficiles à apprécier. 11 est incontestable que plusieurs des circonstances que nous avons indiquées comme modifiant l'intensité relative, peuvent également exercer ici une influence plus ou moins marquée. Le même modificateur n'agira point d'une manière identique sur une peau rude, calleuse, et sur une peau fine et blanche; par conséquent, la douleur ressentie par le portefaix sera , pour suivre notre comparaison , absolument raoms vive que celle qu'éprouverait la petite-maîtresse. L'action prolongée du froid rend nos organes moins sensibles , et les habitants du Nord éprouvent, toutes choses encore égales, une dou-

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leur plus faible que celle qui se ferait sentir à ceux du Midi. Cependant M. Renauldin, après avoir rappelé que certains sauvages des côtes occidentales du nord de l'Amérique s'enfoncent dans la plante des pieds de longs morceaux de bouteilles cassées , sans avoir l'air d'y faire la moindre attention (Robertson, ffist. de rjmérique), fait remarquer, d'après Percy, que les Russes et les Polonais ne diffèrent point des autres peuples pour les impressions douloureuses, tandis que c'est peut-être chez les On ntaux , et spécialement les Égyptiens et les Arabes , qu'on trouve la plus grande impassibilité (loc. cit., p. 214).

11 est évident , d'après ce que nous avons dit du mécanisme de la douleur, que plus une partie sera pourvue de nerfs du système cérébro-rachidien , ou plus les nerfs ganglionnaires qu'elle reçoit auront, d'après la théorie de M. Brachet , d'anastomoses avec ceux-là, plus elle doit être sensible. Mais que de causes insaisissables viennent faire varier l'intensité absolue de la douleur chez le même individu , dans le même point, sous l'influence du même modificateur! Tel état pathologique exaspère la sensibilité , tel autre la rend plus obtuse ; une névralgie éphémère détermine souvent d'atroces douleurs , tandis qu'un cancer de l'utérus en reste complètement exempt. Pourquoi les phlegmasics des membranes muqueuses déterminentelles moins de douleurs que les inflammations séreuses? pourquoi , parmi celles-ci , la péritonite est-elle la plus douloureuse ? Dans un mémoire publié par l'un de nous dans les Archives générales de médecine (L. Fleury, Mémoire sur les affections cutanées décrites sous le nom de psoriasis el de lepra vulgaris; décembre 1836), on voit que sur quarante malades atteints de psoriasis, dix-neuf n'éprouvaient aucun prurit, tandis que celui-ci existait chez les vingt et un restants, sans qu'il ait été possible d'en trouver la cause ni dans la forme , ni dans l'ancienneté, ni dans le siège , ni dans la gravité de l'affection, ni enfin dans les conditions physiologiques, hygiéniques ou pathologiques dans lesquelles se trouvait le malade.

La proposition la plus générale que l'on puisse formuler, relativement à l'intensité absolue de la douleur, consiste à dire que cette intensité se développe surtout dans l'inflammation, et qu'elle atteint son maximum lorsque la disposition anatomique des parties oppose un obstacle à la tuméfaction produite par l'afflux des liquides.

Les modifications qui, dans certaines circonstances données, se manifestent dans l'intensité absolue de la douleur, ont une valeur séméiologique plus significative. La pression exaspère ordinairement la douleur qui accompagne l'inflammation , surtout dans le phlegmon, le rhumatisme aigu, la péritonite: elle diminue celle qui se manifeste dans la colique satur-

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nine et quelques névralgies. Les mouvements augmentent toujours la douleur qui a son siège dans le tissu musculaire , tandis qu'ils peuvent n'apporter aucun changement dans l'intensilé de celle qui lui est étrangère : l'appréciation de cette différence d'action pourra empêcher de confondre une pleurodynie avec une pleurésie, un rhumatisme de la paroi abdominale avec une péritonite , un rhumatisme musculaire avec une névralgie; mais il faut se rappeler qu'un mouvement peut également exaspérer une douleur étrangère au tissu musculaire , lorsque son exécution soumet la partie douloureuse, ou un nerf voisin, à une compression, à une distension, à un tiraillement quelconque. C'est ainsi qu'il faut expliquer Texaspéralion qui se manifeste dans la douleur, lorsque l'on fait mouvoir un membre luxé ou atteint d'un rhumatisme articulaire , lorsque, dans une blennorrhagie, la verge entre en érection , etc. On sait que les douleurs dont l'intensité s'accroît pendant la nuit ont été regardées comme propres aux affections vénériennes.

De tout ce qu'on vient de lire on peut conclure, avec Georget {Dict. de méd., t. x, p. 509), «que le médecin qui jugerait de la valeur séméiologique de la douleur sans en comparer l'intensité au mode habituel de la sensibilité de l'individu, sans tenir compte des autres phénomènes morbides , et surtout de l'état des organes qui doivent la sentir et la percevoir , ne manquerait pas de commettre souvent de grandes erreurs ; que la douleur considérée comme signe diagnostique ne doit jamais être étudiée isolément des circonstances qui influent sur sa production, et des autres accidents de la maladie dont elle est un des symptômes. »

Il nous reste à examiner si la douleur doit , considérée en elle-même, occuper une place dans les cadres nosologiques. La douleur est toujours un symptôme , car on ne saurait admettre des douleurs idiopathiques , et ne peut par conséquent être rangée parmi les individualités morbides; cependant, comme la diarrhée symptomatique et plusieurs autres symptômes, elle peut devenir à son tour la cause déterminante de phénomènes plus ou moins graves , et qu'il importe de connaître.

Une douleur extrême a, dit-on, occasionné la mort très-rapidement ou même instantanément. L'on a rapporté plusieurs exemples de malades qui moururent subitement pendant une opération chirurgicale , ou pendant le pansement, après avoir supporté celle-ci sans se plaindre. A l'autopsie, il fut impossible de rattacher à aucune lésion cette terminaison funeste , qu'on fut ainsi amené à attribuer à une interruption brusque de l'influx nerveux , déterminée par la surexcitation cérébrale produite par la douleur, ou par les efforts faits par le malade pour la vaincre. Sans rejeter complètement cette explication, d'ailleurs

physiologique, on comprend néanmoins qu'il ne faille l'appliquer qu'avec réserve , et seulement après un examen cadavérique attentif et une appréciation rigoureuse de toutes les circonstances de l'opération. L'opinion de Georget (loc. cit., p. 501 ) , qui pensait « qu'on pouvait se rendre compte de l'action délétère si subite de l'acide hydrocyanique, qui tue dans l'instant même l'animal soumis à l'expérience, en admettant la production d'une douleur extraordinairement vive, qui détruit sur-le-champ toute vie dans le cerveau et les autres organes , est entièrement hypothétique. » Quoi qu'il en soit , la douleur, qu'elle soit très-vive ou peu intense, lorsqu'elle est de très-courte durée, ne détermine qu'une sensation pénible accompagnée de frayeur . d'oppression , de palpitations , d'accélération dans le pouls , de contractions musculaires, phénomènes peu importants, qui disparaissent ordinairement avec la cause qui les a faits naître. Cependant , dans certaines circonstances , et principalement lorsque la douleur est ressentie d'une manière brusque et inattendue, pendant l'accomplissement de certaines fonctions physiologiques , de la menstruation, par exemple, elle peut donner lieu à des accidents qui lui survivent pendant un espace de temps plus ou moins long , et sur la production desquels la frayeur qui accompagne la sensation douloureuse exerce d'ailleurs aussi une influence marquée.

Lorsque la douleur a , pour ainsi dire , son maximum d'intensité, et qu'elle persiste assez longtemps, alors se manifestent presque toujours des désordres qui peuvent acquérir une gravité extrême. Le malade a de la fièvre , de la céphalalgie , de l'insomnie , de l'agitation , des nausées , des vomissements : s'il est fort, pléthorique, irritable, il survient du délire, des convulsions , des troubles fonctionnels dans les appareils respiratoire, circulatoire, génito-urinaire : le tétanos, la méningite, l'aliénation mentale, s'observent quelquefois.

Si la douleur est moins vive, et que le malade soit peu irritable, lymphatique, faible, ses effets se développent beaucoup plus lentement , et ont un caractère différent : le malade est alors pâle, affaissé, morose, triste, sans forces morales ni physiques; il a des défaillances , des accès de désespoir suivis d'un collapsus profond ; les facuhés intellectuelles se perdent , il survient une petite fièvre lente , continue ou rémittente {fièvre hectique de douleur , Broussais); les sphincters se relâchent , les déjections deviennent involontaires , et les malades succombent dans le marasme, lorsque , comme on le voit quelquefois , ils ne mettent pas, par le suicide, un terme à leurs souffrances.

Enfin, lorsque la douleur est très-légère , quoique continue, elle ne donne lieu qu'à cette sensation pénible qui la constitue, et sur laquelle l'habitude vient

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encore exercer son influence , de manière à la faire souvent oublier au malade: «On souffre plus d'une écorchure légère, a dit M. A. Petit [Dissert, sur la doul.)^ que du plus vaste ulcère habituel. r>

La marche des symptômes que nous venons d'énumérer est celle de la douleur elle-même, qui peut être aiguë ou chronique, continue, intermittente, ou même périodique , ainsi qu'on l'observe dans les fièvres intermittentes et quelques névralgies; mais comme, en dernière analyse , le type de la douleur est toujours celui de l'affection à laquelle elle se rattache , nous devons nous borner à cette simple indication.

Rappelons enfin , pour terminer ce qui a trait aux phénomènes déterminés par la douleur, qu'en raison d'anomalies, de perversions sensitives, d'ailleurs trèsrares , et dont J.-J. Rousseau est un célèbre exemple, un modificateur, dont l'application considérée en elle-même doit nécessairement déterminer- une douleur plus ou moins vive , devient , pour certains individus , une source de sensations agréables ou même voluptueuses. Sans parler de ces prurits , de ces chatouillements agréables déterminés , au moyen d'un octillionième de grain d'acétate de manganèse ou d'angusture , par le fondateur de l'homœopathie , on a vu à l'Hôtel-Dieu de Paris une femme qui retenait son urine afin de rendre nécessaire l'usage de la sonde , dont l'introduction satisfaisait ses désirs amoureux. M. Jacquemin a vu une fille publique qui, ayant trouvé une jouissance assez vive pour ne pouvoir s'empêcher de la manifester dans l'excision de végétations syphilitiques , venait demander avec instances qu'on lui donnât des coups de ciseaux sur la muqueuse de la vulve ou sur la peau qui l'avoisine. On peut ajouter à ces exemples l'histoire si connue du jeune pâtre dont parle M. Richerand.

Pour combattre les divers accidents que nous venons d'énumérer, on comprend qu'il faille diriger la médication contre la douleur qui en est la source , et deux indications générales se présentent ici. La preinière , la plus importante , celle qui le plus promptement et le plus sûrement fera atteindre le but qu'on se propose , est de détruire , toutes les fois que cela pourra être fait sans inconvénients, la cause qui détermine et entretient la douleur : ainsi l'extraction d'un corps étranger, d'esquilles, d'une dent cariée; l'ablation d'un corps comprimant, de quelque nature qu'il soit ; le dégorgement opéré dans une partie tuméfiée et distendue par l'inflammation, au moyen d'incisions, d'une application de sangsues, de ventouses scarifiées , de réfrigérants, d'astringents , ou , au contraire, d'émollients ; la section d'un filet nerveux , dilacéré , contus , altéré dans sa texture , ont , lorsqu'on les fait à propos , une efficacité constante. La seconde indication qu'il faudra s'efforcer de remplir lorsque la douleur survit à la cause qui l'a déter-

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minée , ou , en général , lorsque celle-ci ne peut être enlevée, est d'agir sur l'organe de la perception douloureuse, c'est-à-dire, sur l'encéphale , de manière à modifier, à diminuer sa faculté sensitive. On arrivera à ce résultat , 1° par des soins hygiéniques : ainsi le repos ou le mouvement, selon la nature et le caractère de la douleur, une alimentation légère et non excitante , l'éloignement de toute impression morale vive et pénible , des bains tièdes prolongés , une forte contention d'esprit , suffiront souvent pour calmer des souffrances fort vives: «L'infortuné Dolomieu, dit M. Renauldin , livré à toutes les horreurs de la faim , dans un cachot infect du royaume de Naples , parvenait à alléger en partie ses souffrances, en occupant fortement sa pensée par la composition de son Traité de philosophie minéralogique ; 2° par l'emploi de moyens pharmaceutiques , tirés presque exclusivement des substances narcotiques , et principalement, par conséquent , de l'opium et de ses divers succédanés. Les préparations narcotiques, dit M. JoUy, ne produisent de calme réel qu'autant qu'elles agissent directement ou indirectement sur le cerveau , en sorte qu'il me paraît à peu près indifférent de les employer sur le centre même de la sensibilité ou sur une partie douloureuse quelconque , car je ne doute nullement que c'est à leur action indirecte sur l'encéphale qu'il faille attribuer l'efficacité des applications topiques.

Cette manière de voir nous paraît, en effet, la plus rationnelle , et la rapidité avec laquelle la méthode endermique fait disparaître certaines douleurs névralgiques n'exige pas une autre explication, lorsque l'on se rappelle celle de l'absorption qui s'opère sur une surface dénudée.

Dans tous les cas , dit Georget ( loc. cit. ) , que l'on prescrive l'opium en lavement , en potion ou en topique, on ne doit jamais perdre de vue que c'est un agent nuisible employé pour combattre un acci^. dent plus nuisible, et n'en user, en conséquence, qu'avec beaucoup de modération et de prévoyance.

« Les alcooliques , les éthers , dit encore M. JoUy, offrent, sous ce rapport, quelque analogie avec les préparations narcotiques , en ce qu'ils agissent égale-ment sur le cerveau , y causent un état d'ivresse qui engourdit, pour ainsi dire, les sensations et la douleur en jetant les malades dans un sommeil plus ou moins profond. Plusieurs fois aussi j'ai fait cesser, par des af fusions froides sur la tête , des douleurs plus ou moins vives , et je persiste à croire que l'on enlèverait ainsi ces douleurs opiniâtres qu'accusent les amputés dans un membre dont ils sont privés. » Dans tous les cas où la douleur se manifeste périodiquement, alors même qu'on ne peut constater la nature de l'affection à laquelle elle se rattache , il faut avoir recours au quinquina , dont la spécificité fait rarement défaut.

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ûuant aux autres médications (les saigne'es , les vomitifs, conseillés par M. Renauldin), elles peuvent être efficaces, mais c'est évidemment en agissant, non sur la douleur elle-même, mais sur la lésion qui la détermine.

Faut-il dire, enfin , sans ajouter foi à cette puissance bienfaisante et surnaturelle qui permettrait de pratiquer impunément , pour la faculté sensitive de l'encéphale , l'ablation d'un sein ou Textraction d'une dent, que les manipulations magnétiques , en provoquantle sommeil, ou simplement en agissant surl'imagination des malades , semblent quelquefois apaiser la douleur.

La douleur n'ayant pu trouver place dans les traités de pathologie , les indications bibliographiques que nous aurions à donner se réduiraient à l'énumération qu'a faite M. Dezeimeris, dans le Dictionnaire de médecine, d'une trentaine de dissertations, parmi lesquelles les plus remarquables sont celles d'Alberti {Diss. de doloribus. Halle, 1720), deFr. Hoffmann {Dissert, de doloribus , Halle , 1730) , de Stahl ( Dis sert, de dolorum generis , Erfurt, 1731 ), de Kicohï( Dissert, de dolore , Halle, 1745), et de Bedor ( De la douleur, Paris, 1806 ).

DOUVE, s. f., douve du foie.

Dénominations étrangères. — Distome, distoma hepaticum ; bisciuola. Ital. — Serillas, pajarillos. Espag. — The iwerfluke. Angl. — Der Leberwurm, der Leberegel, Schafegel., die lien Ali. — Leferworm^ Botten. Ho'l. — Faareflpider, ikte , Souaegler , igler. Hier. Dan. -^ Levermask. Suéd.

S/nonymie suivant les auteurs. — Fasciola hepatica, Linné, Daubenton, Muller, Bloch,etc. ; Planaria latiuscula-distoma hepaticum, Zeder; Fasciola hepatica, lanceolata, Rudolphi.

On donne ce nom à des entozoaires que l'on rencontre dans la vésicule biliaire ; ils peuvent aussi se trouver dans les conduits hépatiques , d'où ils passent dans le canal cholédoque , et de là dans les intestins ou dans la vésicule du fiel. Rudolphi soutient que Topinion de ceux qui lui assignent aussi pour siège les rameaux de la veine porte est entièrement erronée ( Entozoorum sine vermium intestinalium hist. , Amstelod. , vol. n, part, i , p. 356 ). Ge vers se développe souvent chez les animaux , et particulièrement sur les moutons, la chèvre , le cochon , le cheval , le cerf, etc.

Les vers les plus jeunes ont de une à quatre lignes de long sur une euviron de largeur; les adultes ont un pouce de long à peu près, et quatre à six hgnes de large ; ils sont d'un blanc jaunâtre , jaunes , verts , et tirant sur le roux.

Le corps des adultes est aplati, obovale, un peu élargi vers l'extrémité antérieure, plus mince vers la postérieure; l'extrémité caudale obtuse, et les bords

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intacts. L'ouverture antérieure , constituée par ua seul pore arrondi , est située sur l'extrémité d'un cou conique et assez court. Le pore ventral ou postérieur occupe la partie la plus large du ventre , est un peu rapproché du cou , de forme arrondie , et plus grand que l'ouverture antérieure. On observe en outre deux suçoirs courts , flexueux , rétractiles , et pouvant s'élargir et s'arrondir à la pointe ( Rudolphi , ouvr. cit. , 354 ).

Les symptômes auxquels donne lieu la présence de ces vers dans le foie sont absolument semblables à ceux provoqués par le développement des acéphalocystes (yoj. ce mot). Le diagnostic en est toujours très-obscur. L'huile empyreumatique de Chabert, l'huile essentielle de térébenthine , le camphre et les autres remèdes dont nous avons parlé dans le traitement des acéphalocystes , peuvent être également dirigés contre la douve du foie.

DUODÉNUM (Maladies du) , vof. Intestin.

DYSENTERIE, s. f. de Su;, difficilement, et de svTepov, intestin.

Dénominations françaises et étrangères, — Dysenterie, dyssenierie^ colite., colite spécifique, entérite, colite aiguë, entéro-colite, colo-rectitc, flux de sang, tranchées de ventre. Fr. -^ Auaev- Tcf la, ^i)(73VT£piov , £X)4Wfft? svTEpûv, Gr. — Tormintt, tormenta intestinorum, alvi fluxus torminosus , difjicultas intestinorum, catarrhus intestinorum spasmodicus , scabies intestinorum, feber ad intesiina, rheu rnatismus intestinorum cum ulcère , rheumatismus intestinorum, ulcerosus, morbus dissolutuSj fluxus cruentus cum tenesmo, rheuma ventris, febris rheumatica djsenterica, fluxus dysentericus^flumen dfsentericum, dfsenteria. Lat. — Dissenteria, caquesangue. Ital. — Disenteria ; Cursos de sangre. Esp. — Dfsenterj., bloody flux. Angl. — Huhr.^ Euhrzwang., Blutzwang, Blutruhr. Ail. — Boodeloop, bloedgang. HoU. — Blodgang , blodsot. Dan. — Rôdsot. Suéd.

Synonymie suivant les auteurs. — AudEvrepia , Hippocrate ; £X/CM(7t? evTspwv, Galien; Tormina, Gelse ; Bheumatismus intestinorum cum ulcère, rheuma ventris, Cœlius Aurelianus; y4lvi fluxus torminosus, Pline [Hist. na^ , 1. xxvui); Tormenta intestinorum, Golumelle {De re ruslica, 1. vi , ch. 7) ; Morbus dissolutus, Paracelse; Scabies intestinorum, Linné; Cruentus alvi fluor, faJûrice de Hilden ; Feber adiniestina, Sydenham ; Z?/5enima, Fred. Hoffmann ; Profluvium alvi cruentum, Carthenser ; Morbus dysentericus, Walther; Defluxio dysenteria, Young ; Entérite , entéro-colite, Broussais ; Colite, Roche ; Colite spécifique, Rostan ; Dysenterie, Sauvages, Andral.

Définition, — On a donnné de la dysenterie un

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grand nombre de définitions. Confondant d'ailleurs manifestement sous une même dénomination presque tous les flux abdominaux, Hippocrate a dit : «Dysen- «teria est exulceratio intestinorum>)(Fa.y/j œconom. Hippocratls, in voce (5'u(j£VTepivi ) ; Van Swieten, «Quando diarrhseœ accedunt molesta tormina, et tête nesmus f requens deponendi alvum cum dolore satis «acri, tuncsolet dysenteria dici » (Comment., vol. m, §721). Sydenham, Willis, Pringle, restreig^nirent le nom de dysenterie à la maladie désignée par Gelse sous le nom de tonnina ( De re mecL, lib. iv, cap. XV ) ; les palhologistes , qui , dans ces dernières années , substituèrent au mot dysenterie celui de colite, définirent la maladie qui nous occupe une inflammation de l'intestin colon ; quelques-uns voulurent bien accorder qu'elle était une inflammation spécifique. La suite de cet article démontrera l'impossibilité de donner une définition exacte de la dysenterie, en s'appuyant sur les altérations anatomiques qui s'y rattachent, ou sur la nature de la maladie, et la nécessité de se borner à l'indication de quelques symptômes caractéristiques. Sauvages en avait sans doute jugé ainsi , puisqu'il s'est contenté de dire : «Dysenteria est f requens torminosa mucoso- «cruentaalvidejectio»(iVoi^o/.me?AoÊ^., t.n, p. 324, édit. in-4''), définition que MM. Chomel et Blache ont ainsi développée et modifiée : «On donne généralement le nom de dysenterie à une des formes de l'entérite, dont les symptômes particuliers sont le besoin répété ou même presque continuel d'aller à la selle , des douleurs cuisantes et*une chaleur vive audessus de l'anus, qui augmentent dans les efforts, l'excrétion fréquente, laborieu.se, de mucus sanguinolent, quelquefois vitré, de sérosité rougeâtre , rendus presque toujours en petite quantité à la fois» (/?/cf. de méd., t. x,p. 544).

Quant à nous , ne voulant point préjuger la nature de la maladie, mais seulement établir son individualité par un symptôme caractéristique, constant, qu'on puisse regarder comme la condition de son existence, nous définirons la dysenterie: un besoin plus ou moins répété, quelquefois même continuel, d'aller à la selle, déterminant V évacuation presque toujours douloureuse et peu abondante de matières sécrétées par les follicules intestinaux, constamment accompagnée d'une exhalation sanguine de la cavité de l'intestin.

Difision. — Les anciens auteurs ont multiplié pour ainsi dire à l'infini les formes dysentériques , en prenant pour bases de leurs divisions des circonstances qui, manifestement, n'appartiennent qu'à l'histoire des variétés ou des complications que peut présenter la maladie. C'est ainsi que Sauvages, prenant eu considération tantôt la nature supposée de l'affection, tantôt ses causes, ses symptômes prédominants

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