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(AcKPiiALOCYSTE , t. 1 , p. 1 7) , et comme les naturalistes considèrent ces produits comme des êtres jouissant d'une vie propre, on ne peut plus maintenir la proposition émise par Rudolphi.
On trouve dans le canal alimentaire de l'homme quatre espèces d'entozoaires : 1° l'ascaride lombricoide; 2° le laenia; 3° l'oxyure vermiculaire; 4^ le tricocéphaie; chacun d'eux ensuite affecte un siège plus spécial dans la longueur du tube digestif. L'ascaride cependant a été rencontré dans toutes les parties de l'intestin , dans la gorge , l'œsophage, l'estomac, le petit et le gros intestin, le rectum, et dans d'autres cavités où il pénètre alors à l'aide de perforations ( vof. Ascaride , t. i ) ; ordinairement il occupe l'intestin grêle.
L'ascaride vermiculaire ( oxyure vermiculaire ) occupe le gros intestin, et surtout le rectum; le taenia, toute la longueur du canal alimentaire; le tricocéphaie, le gros intestin, et particulièrement le cœcum , dans le voisinage de la valvule iléo-cœcale. Parmi les quatie espèces d'helminthes dont nous venons de parler, plusieurs peuvent être nommées helminthes errants (<?nfo5oa erratica, Rud. ): tels sont , Tascaridc lombricoïde, qui peut s'introduire dans les fosses nasales, le larynx, la trachée, les voies biliaires; et l'oxyure vermiculaire , qui gagne quelquefois les parties génitales de la femme. 11 est une cinquième espèce de ver que l'on n'aurait pas encore décrite, et qui habiterait également l'intestin de l'homme , suivant M. O'B'. Bellingham (voy. Classification).
Un nombre fort considérable d'entozoaires fixent leur demeure hors des intestins, dans divers organes. La filaire de Médine ( filaria medincnsis ) peut cheminer dans différentes parties du corps, dont elle envahit toujours le tissu cellulaire; les pieds, les jambes, les cuisses, le scrotum, les bras, les mains, la poitrine, les côtes , l'œil , peuvent en être affectés. Le strongle géant ( sirongulus gigas) est une espèce encore douteuse pour quelques médecins : on l'a trouvé dans le rein. Le distome ou la douve se rencontre exclusivement dans le foie; le polystome, dans le tissu graisseux et le sang humain (^Recherches sur l'existence du polystome dans le sang humain , par Belle Ghiaje, Gaz. mcd.^ p. 742, 1837) ; le cysticerque , dans le tissu cellulaire des muscles, dans le cerveau. L'acéphalocyste a été observée dans presque tous les viscères, dans le foie, le poumon, le cerveau, l'utérus et ses annexes, le rein, la rate et les membranes synoviales des tendons. Bremser met au nombre des entozoaires qui habitent le corps de l'homme, le hamulaire (Jiamularia) , que Treutler a trouvé dans les glandes bronchiales d'un sujet âgé de vingt-huit ans. Ces helminthes sont encore douteux pour quelques naturalistes, ainsi que l'échinocoque ,
qui appartiendrait aussi à l'espèce Immaiue ( voyez Échinocoque).
Classification. — Nous devons moins nous attacher à faire connaître les classifications diverses proposées par les naturalistes, qu'à présenter celles qui ont un certain intérêt pour le médecin , à cause des déductions pratiques qu'il peut en tirer. Sous ce rapport, par exemple, la classification de Linné, à laquelle M. Gruveilhier accorde la préférence sur les autres ( art. cit., p. 321 ) , mérite toute l'attention du médecin ; elle est fondée sur la considération du siège qu'occupent les animaux. Linné les divise en vers intestinaux ( vernies intestinales ), et en vers viscéraux ( yermey viscérales): les premiers se développent dans l'intestin et dans les cavités qui communiquent avec l'air extérieur; les seconds, dans l'épaisseur même des organes.
Guvier range les vers intestinaux dans la deuxième classe de ses zoophytes, aprèsleséchinodermes, entre les échinodermes sans pieds ou siponcles , et les actinies , qui commencent sa classe des acalèphes. Dans le premier ordre sont les intestinaux cavitaires, quiontun canal intestinal flottant dans la cavité abdominale, une bouche et un anus : ce sont les nematoïdes de Rudolphi. Dans le deuxième ordre , sont compris les intestinaux parenchj-maieux, dont le corps renferme dans son parenchyme des viscères mal déterminés , de simples ramifications vasculaires, et un tissu amorphe.
M. Blain ville regarde avec raison les vers intestinaux comme ayant des degrés d'organisation trèsdifférents; aussi les rapporte-t-il à des types différents de la série animale : les uns sont classés parmi les entozoaires; les autres parmi les sub-annélidaires, qui sont intermédiaires aux animaux articulés et aux rayonnes. Les acéphalocystes constituent la classe des monadaires.
Nous devons nous arrêter à la classification de Rudolphi , parce qu'elle a été suivie et adoptée par un grand nombre d'helminthologistes distingués, et qu'elle nous permettra, d'ailleurs, de donner quelques idées générales sur la forme et la structure des entozoaires. Nous prévenons toutefois qu'il ne sera question que de ceux qui se rencontrent chez l'homme (Rudolphi, Entozoorum sive vermium intestinalium historia naturalisa, 2 vol.; Amsterd. 1808- 1810; Entozoorum sinopsis, 1 vol ; Berl. 1819).
Ordre P'' — Nématoides (de vYijy-a, fil et eKÎot, forme; semblable à un fil).
Corps allongé, cylindrique , plus ou moins atténué aux deux extrémités; tête non distincte, obtuse ou tronquée, quelquefois accompagnée de membranes latérales; la bouche, de forme très-variée, offre des caractères génériques précieux ; la queue est continue
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avec le corps, obtuse ou aig'uë, droite ou oblique, recourbée ou non; le tube intestinal est très-distinct. Les individus mâles ont le corps plus court , plus grêle que les femelles ; on voit souvent sur l'extrémité de leur queue infléchie des filaments ou aiguillons qui dépendent de l'appareil génital. Dans les deux sexes, les ovaires et les testicules ont la forme de longs filaments très-fins, qui s'entortillent autour du tube digestif, et communiquent au dehors par un orifice médian situé vers le tiers antérieur du corps.
Cet ordre se partage en onze genres, qui sont :
l**" genre. Filavia : corps allongé , cylindrique , d'une égale grosseur dans toute son étendue; bouche orbiculaire; organe mâle constitué par un aiguillon simple ou double (Bremser, Traité zoologique et physiologique sur la vers intestinaux de l'homme, p. 121 etsuiv., in-8°; 1824).
Espèce : Pilaire de Médine (F. medinensis).
2*^ genre. Trichosome (Trichosoma) : corps arrondi, aminci en avant, s'accroissaut eu arrière; bouche ponctiforme , l'extrémité amincie ; organe mâle constitué par un simple fil contenu dans une gaîne. 11 n'appartient pas à l'espèce humaine.
3^ genre. Tricocéphale (Tricocephalus) : corps arrondi, élastique, capillaire en avant, renflé brusquement eu arrière ; l'organe excitateur mâle, simple et contenu dans une gaîne.
Espèce : Tricocephalus dispar. Il se trouve dans l'intestin cœcum de l'homme.
4^ genre. Oxyure (Oxyuris) : corps arrondi, élastique , subulé à sa partie postérieure ; bouche orbiculaire; organe excitateur dans une gaîne.
Espèce : Oxyure vermiculaire (0. vermicularis).
5^ genre. Cucullan (GucuUanus) : corps cylindrique, élastique, aminci en arrière; têle pourvue d'une bouche orbiculaire et d'une espèce de capuchon strié; organe excitateur mâle formé par un aiguillon simple, Il ne fournit aucune espèce à l'homme.
6® genre. Spiroptère (Spiroptera) : corps arrondi, élastique, aminci aux deux extrémités; bouche orbiculaire ; organe excitateur sortant entre les ailes latérales d'une queue roulée en spirale. Bremser dit qu'on a trouvé le spiroptère obtus (Spir. obtusa) dans la vessie urinaire de l'espèce humaine.
7® genre. Physaloplère ( Physaloptera) : corps arrondi , court , élastique , aminci à chaque extrémité ; bouche orbiculaire; queue du mâle infléchie, ailée sur les deux bords, portant , à la partie inférieure, une vessie; le pénis sortant d'un tubercule.
8* genre. .SYron^/e (Slrongylus) : corps arrondi, élastique , court , mince aux deux extrémités ; bouche orbiculaire ou anguleuse; pointe de la queue du mâle terminée par une bourse qui laisse sortir le pénis.
Espèce : Strongle géajit[St. gigas; ; se trouve dans les reins de l'homme.
9*" genre. Jscaride (ascaris) : corps élastique, court, atténué à chaque extrémité; tète à trois valves ; pénis formé par un double aiguillon {voy. Ascaride , t. i).
I'" Espèce. — Tête nue; corps également atténué aux deux extrémités. Ascaride lombricoïde (Ascar. lombricoides). Dans l'intestin de l'homme.
IP Espèce. — Extrémité antérieure plus grosse ; tête ailée. Ascaride vermiculaire (Ascar. vermicularis). Dans l'intestin de l'homme.
Ascaride ailé. 0'. B. Bellingham a rencontré, "chez un enfant de cinq ans environ , une espèce de vers qu'il dit ne pas avoir encore été signalée par les naturalistes. Nous empruntons à ce médecin la description qu'il a publiée dans un journal anglais {Dublin médical press, 20 février, et Gazette des hôpit.^ n" 25 , février 1 739). Les personnes plus versées que nous dans l'étude des entozoaires décideront si cette espèce est véritablement nouvelle.
Elle doit être placée dans la troisième espèce de Rudolphi , celle des ascarides , dont l'extrémité postérieure est la plus grosse. «Les deux individus, tous les deux femelles , ont environ trois pouces et demi de longueur ; le plus grand diamètre postérieur a trois quarts de ligne; le plus court diamètre antérieur , une demi-ligne; le corps est cylindrique, d'une couleur jaune sale , marqué avec les quatre lignes longitudinales et avec des stries transversales très-étroites que l'on retrouve chez les autres espèces. L'extrémité antérieure est pourvue , de chaque côté , d'une membrane semi-transparente très-distincte, d'une ligne et demie de longueur, plus étroite antérieurement que postérieurement , qui commence, de chaque côté, aux tubercules de la bouche, et donne à cette partie du corps une forme triangulaire. Les trois tubercules ou valves qui environnent l'orifice de la bouche sont proéminents, petits, quoique distincts; le diamètre du corps s'accroît très-graduellement de l'extrémité antérieure à l'extrémité postérieure; sa terminaison est conique, et à l'extrémité est une tache petite et noirâtre. L'anus est un peu en avant de l'extrémité postérieure , sur la surface abdominale; il est fendu transversalement, légèrement recourbé, à convexité antérieure; il est pourvu de deux lèvres, comme dans les autres espèces du genre. »Nous avons transcrit celte description en totalité, parce qu'elle n'est encore mentionnée dans aucun ouvrage.
1 0*^ genre. Ophiostome (Ophiostoma) : corps rond, élastique, atténué aux deux extrémités; bouche à deux lèvres , Tune supérieure , l'autre inférieure.
Il*' genre. Liorhynque (liorhyncus) : corps élastique, rond; bouche placée à l'extrémité d'une espèce de trompe érecliie et lisse.
Ordre IF. — Acanthocéphales (de axavOa. épine, et y-ecpa).-,-;, tête 5 têle munie de crochets).
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Caractères de l'ordre: corps élastique, utriculaire, subarrondi ; extrémité antérieure prolongée en une espèce de trompe rétraotile, et garnie de crochets disposés par séries. Les deux sexes sur des individus différents.
1 2^ genre. Echinorhynque ( Echynorhyncus ). Les caractères sont ceux de l'ordre. Ce genre ne renferme aucun entozoaire propre à l'espèce humaine.
Ordre IIl®. Trématodes (de xprifAx, ouverture, TpYi|i.arto(5'Yiç, percé d'ouvertures , de pores).
1 3® genre. Monostome (Monostoma) : corps mou, subarrondi ou déprimé; un pore seul antérieur.
14^ genre. Amphistome (Amphistoma) : corps mou, subarrondi; deux pores, l'un antérieur, l'autre postérieur.
15* genre. Z?/^fome (Distoma) : corps mou, déprimé ou subarrondi ; deux pores , dont l'un antérieur et l'autre ventral.
Les espèces de ce genre sont très-nombreuses, et ne montent pas à moins de cent quarante. Une seule se retrouve chez l'homme : c'est le distome du foie, ou la douve (^Distoma hepaticum ; voy. Compendiuirij, t. m, p. 75 ).
16^ genre. Tristome (Tristoma ): corps déprimé; deux pores simples , placés antérieurement , le troisième postérieur, rayonné ( Rudol. ).
1 7^ genre. Pentastome (Pentastosma) : corps arrondi ou déprimé ; la bouche entre deux pores situés de .chaque côté, disposés en croissant, et laissant sortir un aiguillon.
18*^ genre. Polj-stome (polystoma) : corps subarrondi ou déprimé; six pores antérieurs, un ventral et postérieur.
Espèce. Polfstome pinguicole ( P. pinguicola). On l'a trouvé dans le tissu graisseux chez l'homme.
Un médecin italien , M. Délia Ghiaje , a constaté dans le sang humain l'existence d'un entozoaire auquel il a donné le nom àe poIj-stome du sang ( Pol. sanguinis). Il aurait été trouvé dans le sang veineux de l'homme par Bi era et Treutler.
M. Délia Ghiaje l'a observé dans le sang rendu par deux phlhisiques , au milieu d'une hémoptysie. Ge sont les polystomes que l'on avait déjà décrits sous le nom de cyjticercus aorlœ.
«Corpus teretiusculum vel depressum, pori sex anci tici, ventralis, et posticus sohtarii; habitat in ve- « noso sysleraate hominis, et presertim in ejusdem «pulmouali parenchymate» ( Annali un'wersali di medicina).
Ordre IV. — Cesioïdes ( cestoïdea, dérivé de ;4Ê(iTo;, bandelette, et ei<5'o;, forme, semblable à une bandelette).
Caractères de l'ordre. — Corps mou, allongé, déprimé , continu ou articulé ; la tête rarement munie de lèvres simples , et plus ordinairement de deux ou
de quatre fossettes ou suçoirs: tous les individus atidrogynes. Rien n'est si variable que la forme de la tête : tantôt pyramidale , tétragone , comprimée, avec la bouche pourvue de lèvres ou suçoirs , tantôt globuleuse, hémisphérique , ou tronquée, lisse, ou pourvue d'une couronne simple ou double de crochets ; quelquefois on y découvre quatre trompes armées de crochets rétractiles; le cou nul; le corps déprimé , continu , percé de pores latéraux ou marginaux , et de papilles ou de filaments érectiles ; queue obtuse , articulée; tube digestif non distinct, remplacé par des vaisseaux qui partent des suçoirs ; organes de la génération non visibles ; quelquefois cependant ovaires simples , en forme de taches, sur toute la ligne médiane ; des orifices des articulations sortent des filaments que l'on regarde comme les organes mâles de la génération. Ces helminthes habitent l'intestiu.
19'^ genre. Gérqflé (Caryophyllseus).
20 genre. Massète (Scolex).
21® genre. Gymnorhynque ( Gymnorhyncus ).
22® genre. Tétrarhynque ( Tetrarhyncus).
23® genre. Ligule (Ligula).
24® genre. Tricuspidaire [iTxœno^YiOvn^).
25" genre. Bothriocéphale ( Bothriocephalus ) : corps allongé , déprimé , articulé, tête subtétragone ; deux ou trois fossettes opposées ( Rudolphi , ouvr. cit., 1. 1, p. 136 ).
Espèce. Bothriocéphale large ( Bot. latus de Bremser, ouvr. cit, p. 138; tœnia large ie Linné et des auteurs) : tête visible; cou nul; pores marginaux oblongs; articulations antérieures semblables à des rides; celles qui viennent après sont subquadrangulaires , et les postérieures longues et très-distinctes. Il se trouve dans l'espèce humaine en France , en Suisse et en Russie ( voy. Tœnia ).
26" genre. Tœnia: corps allongé, déprimé, articulé; quatre suçoirs à la tête.
Espèce armée. Tœnia cucurbitain (T. solium de Linné, tœnia à longs anneaux., ver solitaire): tête subhémisphérique, très-petite; cou dépourvu d'articulations, déprimé; les premières articulations trèscourtes, les suivantes, de forme carrée, devenant plus loin des carrés oblongs ; les pores marginaux alternant les uns avec les autres , mais d'une manière peu distincte ( voy. Tœnia ). Il se rencontre dans le canal intestinal de l'espèce humaine, en Allemagne, en Hollande , en Angleterre et dans l'Orient.
Ordre V. — Cfstoïdes (cystica, de -Micniz, vessie, en forme de poche ) : corps déprimé ou arrondi , se terminant, à son extrémité postérieure, par une vessie propre à chaque individu, ou commune à plusieurs ; tête pourvue de quatre fossettes ou de quatre suçoirs, avec une couronne de crochets , ou enfin , de quatre trompes recourbées; organes de la génération invisibles jusqu'à présent (Rudolphi, .Sy/ioyy^iV, p. 177).
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27^g'enre. Anihocéphale (antlioceplialiis ) : corps allougé , déprimé , se terinioant en arrière par une vessie caudale, et en avant par une (ête pourvue de deux ou quatre fossettes et de quatre trompes munies d'aiguillons; il existe deux sacs ou vessies ,ruu externe, dur, élastique, contenant Tautre, qui est plus mince. Ce genre n'a pas été observé chez l'homme.
28*^ genre. Cysticerque ( Gysticercus ) : corps arrondi ou déprimé, finissant en une vessie caudale ; tête pourvue de quatre suçoirs et d'un rostre muni de crochets recourbés.
Espèce. Cysticerque du tissa cellulaire (G. cellulosus). Nous avons décrit avec soin ces animaux que l'on observe assez fréquemment dans le corps de l'homme. Ceux dont nous avons tracé les caractères sont : 1° le cysticerque fibreux; 2° le cysticerque ladrique; 3" le cysticerque de Fischer; 4° le cysticerque dicyste ; 5° le cysticerque pointillé de blanc ( Coinpendiumj t. n , p. 6 1 3 ).
29^ genre. Cœnure (Gœnurus): corps allongé, déprimé , rugueux ; tête pourvue d'un rostre garni de quatre crochets et de quatre suçoirs ; ces animaux adhèrent en plus ou moins grand nombre à la face interne d'une vessie simple remplie de hquide. Il ne se trouve pas chez l'homme ( Rudolphi ).
30*^ genre. Échinocoque ( Echinococus") : corps obovale ; tête avec une couronne de crochets et quatre suçoirs. Ces animaux , semblables à des grains de sable , adhèrent à la face interne de la vessie, qui est simple ou double. 11 se trouve dans les viscères de l'homme , et particulièrement dans le foie.
Acéphalocyste. — Rudolphi et Bremser n'ont point parlé des acéphalocystes, dont Laennec a donné une description si exacte. Dans quel genre convientil de les ranger ? Bremser, qui ne partage pas l'opinion de Rudolphi, regarde comme une hydatide animale toute vessie remplie d'eau qui est libre et renfermée dans une autre vésicule adhérente. Il semble donc que les acéphalocystes devraient être rangées dans les coenuresou leséchinocoques ; cependant M. de Blainville, àànsYy^ppcndice à l'ouvrage de Bremser, ne pense pas qu'on doive les classer, ni parmi les tœnias hydatigères , ni parmi les cœnures, ni même avec les échinocoques : ils doivent être rapprochés , suivant lui, des monadaires , dans le type des amorphozoaires ( ouvr. cit. , p. 529 ).
Entozoaires microscopiques du tissu musculaire chez l'homme. — Ces animaux, découverts et décrits par Owen sous le nom de trichina spiralis , sont cylindriques, filiformes; leurs extrémités obtuses et d'inégale grandeur; la grande extrémité, que l'on doit considérer comme la tête , offre une grande bouche transverse et linéaire; la peau extérieure est Hsse, transparente, renfermant un parenchyme ou une substance granulée ou Ëoconneuse ; ils se présentent
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sous la forme de petits kystes , elliptiques , avec des extrémités effilées et plus opaques que le corps , ou partie moyenne du kyste , laquelle est d'ordinaire assez transparente pour laisser apercevoir dans son intérieur un ver plus petit roulé en spirale. Cette espèce d'entozoaire se rencontre dans les muscles volontaires et dans les demi-volontaires , comme le diaphragme , les muscles du tympan; on en a vu jusqu'à vingt-cinq dans le tenseur du tympan ( Rapport fait à l'Académie des sciences du 2 février 1 836). Nous venons d'indiquer les principaux caractères des ordres et des genres fondés par Rudolphi , dont la classification est en partie imitée de celle de Zeder et de Goëze , ainsi qu'il le déclare lui-même ( Entozoorum„ etc., vol. i, p. 197 ). Nous avons dti nous borner à une exposition succincte, parce que l'histoire de chaque entozoaire se retrouvera dans les diverses parties de notre ouvrage ( acéphalocyste , ascaride , taenia, strongle, tricocéphale). Du reste, ce que nous avons dit est suffisant pour donner une idée générale de la classification de ces animaux. Plus de détails appartiennent aux traités de zoologie , et ceux que nous aurions pu donner auraient encore paru incomplets au naturaliste , et ils eussent été trop longs pour le médecin. Il nous reste à dire quelques mots des pseudo-helminthes.
Pseudo-helminthes. — Les ouvrages anciens et même les recueils périodiques qui paraissent chaque jour , renferment des observations de prétendus vers trouvés dans l'intestin, ou même dans d'autres parties du corps. Tantôt ce sont des larves d'insectes ou des animaux introduits accidentellement avec des substances alimentaires, ou ingérées à dessein ; tantôt des graines, des débris de végétaux, ou des fragments de matières aliuientaires. Une des erreurs les plus singulières en ce genre fut celle commise par l'Académie de Sienne , qui prit pour un nouvel animal bipède l'appareil hyo-laryngien d'un oiseau. M. Lamark eu fit un genre sous le nom de sagittule (M. Cruveilhier, art. cit., p. 352).
On ne doit pas confondre avec les véritables helminthes ces parasites qui se développent à la surface de la peau, et parviennent quelquefois à se loger dans les plis qu'elle forme ou entre les poils qui la recouvrent. Les poux , la chique des contrées équatoriales , l'insecte de la gale, sont des animaux de ce genre. Humboldt rapporte que , dans les contrées les plus chaudes de l'Amérique , un insecte, que Rudolphi appelle œstrus humanus (ouvr. cit. , vol. i, p. 516) dépose par force ses œufs sur la peau de l'homme; il reste ainsi caché pendant six mois environ, après quoi , sa métamorphose étant accomplie , il s'envole sous la forme d'un œstre un peu plus gros que la mouche domestique. Le plus ordinairement, c'est lorsque la peau est le siège d'ulcérations et de plaies
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hideuses et malpropres , que les animaux y placent leurs œufs. Cependant ils peuvent aussi les introduire dans les narines, les oreilles, le gosier d'individus endormis, ivres, affaiblis par la maladie, ou dans l'anus et les organes génitaux. M. Raspail a observé sur un jeune enfant un pemphygus qui fut déterminé par un acaridien, par l'acarus marginatus de Fabricius [argas marginatus de Latreille et Lamark). Cet insecte, qui avait été engendré par des pigeons auxquels l'enfant donnait des soins , était fixé sur la peau du visage, et y avait provoqué une affection herpétique ( Recherches d'histoire naturelle sur les insectes morbipares ; Gazette des hôpitaux, n'^Z, t. I, 1839).
Bremser place, parmi les pseudo-helminthes, 1" le ditrachycère rude : nous avons dit qu'il le considérait comme n'étant autre chose que la graine d'une plante (^voy. Dytrachycère, Compendium, t. m); 2" \ ascaris stephanostoma et X ascaris conosoina. Rudolphi, Brera, Bremser, s'accordent à ne les regarder que comme des larves de mouche ; Jœrdens, cependant, si versé en entomologie, en avait fait une espèce particulière de vers ; 3° cercosoma, espèce nouvelle décrite par Ganali, de Pérouse,, et rendue par une femme pendant qu'elle urinait : ce n'est autre chose , suivant Ziegler et Bremser , qu'une larve d'insecte, très-probablement l'éristale; 4° hexa. thyridium venaruni : cet animal, qui appartient à la classe des vers, fut aperçu par Treutler dans une veine saphène affectée de varice; Rudolphi et Zeder sont portés à croire que cet animal était un planaire {planaria) qui se trouvait dans la rivière où se baignait l'individu au moment où la veine se rompit ; 5" dicanllios pol) cephalus : Stiebel a regardé comme un ver intestinal un corps qui, suivant Rudolphi, était un simple fragment de végétal. Bremser range au nombre des erreurs populaires l'opinion de ceux qui attribuent la carie dentaire à un insecte particulier. M. Raspail, dans un article inséré dans la Gazelle médicale {\i^' 10, janvier 1839), a exposé avec quelques développements les raisons qui le portent à croire que la carie dentaire est l'œuvre d'un parasite qui se uourrit du tissu de la dent. 11 ne sait s'il appartient à la classe des insectes parfaits, ou à celle des helminthes ( Recherches d'histoire naturelle sur les insectes morbipares, déjà cité.)
Les personnes amies du merveilleux ont souvent publié des observations d'animaux rendus par le vomissement ou les selles. Les mystification.^ nombreuses qui arrivent tous les jours doivent mettre en garde contre de tels faits. On se rappelle l'histoire assez récente du fœlus rendu par le vomissement, et beaucoup d'autres que nous pourrions rappeler ici. Qu'il nous suffise, pour moiilier quelle réserve commandent de tels faits, de rappeler le suivant, qui est
raconté par M. Bremser. Une femme, après avoir éprouvé des symptômes de nature variée , vomit un petit crapaud et ses membranes. Elle affirma n'avoir fait aucune supercherie; son mari, dont le témoignage devait être accepté avec confiance, déclara l'avoir vu vomir dans une cuvette vide : cependant M. Bremser conserva des doutes. Longtemps après, cette femme fut prise d'accès de folie, et même on fut contraint plus tard de la mettre dans une maison d'aliénés.
Voici , du reste, comment on peut arriver à reconnaître les pseudo-helminîhes. On commence, d'abord, par déposer dans l'eau le corps que l'on se propose d'examiner. Le défaut de symétrie fera découvrir si la substance n'est qu'une concrétion formée dans le corps, ou si elle jouit d'une organisation propre. Mais c'est surtout à l'étude de la zoologie qu'il faut demander les véritables éclaircissements : on ne peut, en effet, savoir dans quelle classe et dans quelle série des êtres il faut ranger certains corps organisés, tels que des œufs, des larves d'animaux, si on ne connaît pas cette science. La botanique peut seule aussi lever toute incertitude, en apprenant si le corps que l'on examine n'appartient pas au règne végétal. 11 n'est pas toujours facile de déterminer la structure de quelques graines, surtout quand le travail de la digestion et le séjour dans les intestins en ont modifié la forme , et quelquefois même altéré la structure. Nous croyons que, dans les cas douteux, le médecin doit réclamer les lumières du naturaliste , ou bien alors il s'expose à des erreurs souvent désagréables pour son amour-propre.
De la reproduction chez les entozoaires. — On trouve chez ces animaux une répétition de tous les modes de génération qui existent dans la série animale. L'échinocoque etl'acéphalocystese trouvent au degré le plus bas de l'échelle sous ce rapport. Chez ces animaux la reproduction se fait par gemme et par emboîtement ; les petits se trouvent enfermés dans la poche-mère qui se transforme en membrane et se rompt pour leur donner issue (voy. AcéphaL). Chez les cysticerques la génération s'opère par marcottes , comme chez le polype ou le corail. Les cestoïdes sont hermaphrodites; les articulations du même ver peuvent s'accoupler mutuellement. Chez les trémalodes, l'appareil génital des deux sexes est réuni sur le même individu , mais il ne peut pas se féconder lui-même : il faut pour cela un autre individu de son espèce , qui est fécondé à son tour parle premier. Us sont en général ovipares; quelques-uns, cependant, mais qui n'appartiennent pas à l'homme, sont vivipares. Les acanthocéphales ont des parties sexuelles séparées, mais il rï"y a pas d'accouplement, et Rudolphi suppose quel es œufs sont arrosés par le sperme du niàle au dehors del a mère. Les nématoïdes ont des organes sexuels sépi:)rés: les femelles sont pour-
\ues d'un vagin, et les mâles d'un pénis simple ou bifurqué. On observe chez ces animaux une espèce de matrice et des oviductes , et des vaisseaux spermatiques chez le mâle.
Sj'inptôines déterminés par la présence des entozoaircs. — Les uns sont locaux, et consistent en des troubles fonctionnels qui varient suivant l'organe habité par ces parasites; les autres sont généraux et dépendent de l'influence sympathique que l'organe malade exerce sur l'économie . On doit donc s'attendre à voir varier la nature et le siège des symptômes locaux et généraux. L'acéphalocyste du cerveau s'annonce par des troubles fonctionnels différents de ceux qu'elle provoque quand elle a son siège dans le foie ou dans le poumon. Un tœnia donne lieu à des accidents autres que ceux qui tiennent à la présence des oxyures dans la partie inférieure de l'intestin. Il y a donc des symptômes qui sont en rapport avec la nature des fonctions dévolues à Torgane occupé par les entozoaires, et d'autres qui sont propres à chaque espèce de vers. Ceux-ci dépendent non-seulement du lieu, c'est-à-dire de l'organe où les animaux ont fixé leur résidence , mais aussi de la structure et des mœurs de ces hôtes dangereux. C'est ainsi que la présence des ascarides dans l'estomac est presque toujours suivie de vomissements; l'oxyure détermine des démangeaisons très-vives à l'anus: c'est assez ordinairement le soir et pendant la nuit qu'elles sont plus marquées. Le tœnia s'annonce aussi par quelques symptômes qui lui sont propres. On peut dire d'une manière générale que si les entozoaires occupent le tissu propre d'un viscère n'ayant pas de cavité, ils y excitent un travail morbide dont les symptômes sont à peu près ceux que l'on a coutume de rapporter à l'inflammation chronique : de là ces douleurs sourdes, quelquefois vives, qui surgissent dans l'organe altéré ; de là ces hypérémies qui surviennent d'une manière continue , souvent intermittente, et qui amènent tant d'irrégularité dans la manifestation et dans la marche des symptômes. Quelquefois des troubles fonctionnels assez légers font à peine soupçonner la maladie , et cependant l'ouverture des cadavres montre des altérations profondes. Mais dans d'autres cas les accidents se développent avec une grande rapidité , et sont d'une nature fort grave; la suppuration, l'ulcération des tissus, la perforation et la gangrène des parenchymes sont des effets qu'il n'est pas rare d'observer. Les symptômes locaux et généraux ne sont pas les mêmes lorsqu'ils sont provoqués par des vers intestinaux, et doivent être décrits à part.
SftnpLômes qui recèlent la présence des vers intestinaux. — Les auteurs qui ont écrit sur cette matière ont tellement exagéré l'influence désastreuse des vers intestinaux , qu'ils ont attribué à ceux-ci les
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accidents les plus formidables, et presque toutes les maladies renfermées dans les cadres nosologiques. D'autres, non moins exagérés dans leur opinion, ont été jusqu'à prétendre que ces parasites ne causaient aucune espèce de mal, et qu'ils débarrassaient l'intestin des matières non assimilables. «Cette dernière opinion, dit M. Cruveilhier, sent tout à fait le naturaliste ; et, en effet, elle est de Goëze, qui , dans son admiration pour ce vaste univers , et surtout pour l'homme, le chef-d'œuvre de la création , cherche à prouver que tous les êtres créés l'ont été pour l'homme, parce que tous ont une utilité directe ou indirecte relative à l'homme , voire même les helminthes. »
Les symptômes locaux sont en petit nombre , et, en général, légers, lors même que la quantité des insectes morbipares est considérable, lis consistent eu sensations diverses que les malades éprouvent dans le ventre : tantôt ce sont de simples chatouillements ou des picotements, une simple pesanteur; tantôt des coliques , des tiraillements et des douleurs vives , que les malades comparent à des morsures d'animaux. Il faut, en général, se défier des rapports que font les malades, dont l'esprit est souvent en proie à l'inquiétude. Les fonctions digestives sont dérangées, la langue est blanche, saburrale, la bouche pâteuse, amère, fade ou acide, l'appétit nul, exagéré (boulimie), ou perverti ( pica , malacia); soif variable , hoquets, nausées, vomissements de matières muqueuses; épigastralgie augmentant quand l'estomac est vide, cessant par l'ingestion des substances alimentaires; borborygmes , tuméfaction du ventre, coliques plus ou moins violentes ; siégeant d'ordinaire au nombril ou à son poui tour ; évacuations alvines muqueuses , souvent sanguinolentes [ Bremser, ouvr. cit., p. 354), et assez copieuses. Ces symptômes se combinent de différentes manières, et peuvent manquer entièrement ; ils sont très-incertains, et ne peuvent à eux seuls annoncer la présence des entozoaires: le seul caractéristique est leur sortie par fragments, ou en totalité , par l'orifice supérieur ou inférieur de l'intestin. 11 n'existe, du reste, aucun symptôme qui puisse aider le médecin à reconnaître si c'est plutôt un ascaride lombricoide qu'un tsenia qui détermine les accidents observés.
Nous voyons figurer, parmi les symptômes généraux que les auteurs attribuent à la présence des entozoaires, tous les troubles fonctionnels sans exception, depuis les plus légers jusqu'aux plus graves : visage pâle , teint plombé, cercle bleuâtre autour des yeux, ceux-ci ternes et languissants , pupilles dilatées, quelquefois strabisme; gonflement du nez, démangeaison presque continuelle à cette partie , parfois épistaxis, alternative de pâleur et de rougeur à la face, bouffées de chaleur, salivation abondante ( Brera) ; grincement des dents, bouche écuraeuse, haleine
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félidc, toux sèche et coq vulsive , souvent continue et fort incommode ; respiration difficile , gênée ; palpitation, pouls dur, fréquent, rapide, intermittent (Brera, Traité des maladies vermineuses ^ p. 1 63); urines transparentes , ou troubles et lactescentes (Brcraser, p. 255); céphalalgie, vertiges, bluettes, cécité et surdité temporaires, tintement d'oreilles, défaillance , insomnie , convulsions partielles et générales , quelquefois délire. Les signes que nous venons d'énumérer, bien qu'ils ne puissent être considérés comme attestant la présence de vers dans l'intestin , méritent cependant l'attention du médecin , et peuvent quelquefois faire soupçonner la maladie. Il en est d'autres qui n'ont pas, à beaucoup près, la même valeur: tels sont l'éclampsie , Tépilepsie , la paralysie, la catalepsie , la lipothymie , Tamaurose , la surdité, l'aphonie. Les auteurs ont encore considéré comme des accidents capables d'être produits par les helminthes, l'apoplexie, les sueurs coUiquatives ( Marteau Grandvilliers) , la danse de saint Guy, la mort subite (Gourbon , Krause , apud Bremser, p. 365 ) , la rage (M. Serres) , la manie, l'hypochondrie, l'hystérie, la pneumonie. Nous devons mentionner à part le satyriasis et la nymphomanie , parce que ces deux affections ont , dans quelques cas , été déterminées par la présence d'une certaine quantité d'ascarides lombricoïdes de trichure, et surtout d'oxyures, occupant la partie inférieure du rectum, quelquefois par la pénétration des derniers dans les . voies génitales de la femme.
Bremser rapporte plusieurs observations qui prouvent que l'imagination des individus fait souvent tous les frais de la maladie, et quelquefois la maladie même. Les médecins eux-mêmes ne savent pas toujours se mettre à l'abri de l'erreur; ils attribuent aux vers de l'intestin les accidents qui leur sont étrangers. La perforation , l'étranglement , la hernie des intestins que les auteurs ont rapportés à une telle cause, nous semblent avoir une toute autre origine. Du reste, nous avons discuté ce point de pathologie lorsque nous avons fait l'histoire des ascarides , que l'on a surtout accusés de produire ces désordres ( 1. 1, p. 338 ).
Diagnostic différentieL — Existe-t-il quelques symptômes qui puissent faire découvrir quelle est l'espèce dfi vers contenue dans les intestins? Cette question de diagnostic difiérentiel sera traitée avec quelques détails dans des articles séparés (voy.^^carides , oxyures , tœnia); nous dirons seulement qu'il est difficile d'arriver à quelque certitude à ce sujet. L'oxyure verraiculaire est celui que l'on reconnaît le plus facilement , parce qu'il réside ordinairement à la partie inférieure du rectum. L'ascaride donne lieu aux mêmes symptômes que les autres vers; et si l'on parvient à supposer qu'il existe à l'aide de quelques symptômes assez vagues, du reste , c'est
parce que ce ver se rencontre plus fréquemment que tout autre , surtout chez les jeunes sujets , et, dans certaines conditions hygiéniques, que nous avons indiquées avec soin (t. i , p. 338). Ceux qui annoncent la présence du tœnia sont également fort incertains : l'expulsion d'une partie ou de la totalité de l'entozoaire est la seule circonstance qui permette au médecin d'établir à quelle espèce de vers sont dus les accidents. Disons même que souvent il ne peut déclarer que les symptômes dont il est témoin sont réellement produits par ces animaux, que parce qu'il en a constaté la présence dans les matières du vomissement ou dans les garde-robes , et encore ne doit-il se prononcer qu'avec réserve. Combien de maladies ne sont-elles pas attribuées à cette cause , par cette seule raison que l'on a trouvé des vers dans l'intestin , ou que les sujets en ont rejeté pendant la vie ! Origine des entozoaires. — Pour prévenir avec succès la formation des helminthes ou leur reproduction , il faut savoir comment ils se développent dans le corps humain , et quelles sont les conditions organiques ou hygiéniques qui en favorisent la génération. La connaissance de cette partie de l'histoire des entozoaires intéresse le médecin sous le rapport de la thérapeutique, et sous le point de vue de la pathogénie. On sait quel rôle ont joué dans l'ancienne médecine la diathèse et les maladies vermineuses, dont nous aurons à nous occuper.
Deux hypothèses principales peuvent servir à expliquer l'origine des entozaires : on peut supposer que ces animaux naissent dans le corps de l'homme , ou qu'ils proviennent du dehors. Les discussions auxquelles ont donné lieu ces deux théories fourniraient la matière de tout un volume. Mais, comme nous envisageons notre sujet dans ses applications à la thérapeutique et à la pathogénie , c'est pour nous un devoir de nous restreindre: «Campus panditur, in que «late vagarilicet» (Rudolphi, ouvr. cit., 1. 1, p. 371). 1** Les entozoaires viennent du dehors. — A- Ceux qui soutiennent cette hypothèse ont prétendu que les vers que l'on rencontre chez les animaux existent aussi dans d'autres lieux. Cette opinion, fondée sur une connaissance imparfaite de la structure des entozoaires, tombe devant les recherches plus précises des naturalistes modernes, qui ont prouvé qu'aucune espèce n'est capable de vivre ailleurs que dans le corps d'un autre animal, et que la grande majorité des entozoaires offre une organisation trèsdifférente de celle des autres animaux que l'on rencontre en dedans ou en dehors du corps. Il est vrai qu'il en est quelques-uns qui existent également chez l'homme et chez les animaux , et qu'ils pourraient s'être introduits du dehors chez le premier; mais ce cas, s'il était réel , serait excessivement rare. Les entozoaires succombent presque immédiatement après leur
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sortie du corps de l'animal vivant; quelques-uns de ceux qui habitent chez les animaux à sang froid peuvent cependant vivre encore quelque temps.
B. On a dit, pour soutenir cette hypothèse, que les entozoaires que l'on, observe chez les animaux peuvent bien, en ejjet, ne pas exister ailleurs ; mais que ceux qui habitent la terre ou les eaux peuvent très-bien , en passant dans le corps de l'homme, y revêtir une autre forme que celle qu'ils avaient primitivement. Ce serait donc à l'aide d'une métamorphose que les vers extérieurs deviendraient, par suite de leur changement de lieu, de véritables entozoaires. Le milieu ambiant a sans doute une grande influence sur le développement de la forme et de la structure; mais peut-elle aller jusqu'à modifier aussi profondément l'organisation des êtres. Voici quelques objections adressées à cette hypothèse : 1" Chaque espèce d'animaux présente des helminthes qui ne se rencontrent pas dans les autres animaux : non-seulement les entozoaires vivent , mais ils se multiplient , et continuent leurs espèces dans le corps de ces animaux , ce qui n'arriverait certainement pas si ces habitations ne leur étaient pas naturelles; ils pourraient y vivre, mais à coup sûr ils ne s'y reproduiraient pas. 2° La même espèce d'helminthe occupe constamment telle ou telle partie : l'ascaride lombricoïde , l'intestin grêle; l'oxyure elle tricocéphale , le gros intestin; le dragonneau, le tissu cellulaire, etc. 3° Comment expliquer par l'hypothèse de l'introduction la présence des entozoaires dans l'embryon et le foetus de plusieurs animaux ? 4^ Plusieurs espèces se développent dans des parties qui n'ont aucune communication avec l'extérieur , et sont parfaitement distinctes des espèces qui habitent le tube digestif du même animal : tels sont les cœnures , les cysticerques , les anthocéphales.
C. Une autre opinion , qui appartient toujours à l'hypothèse que nous discutons, consiste à dire « que ce sont les germes provenant des entozoaires qui sont tombés dans l'air ou dans l'eau, et qui ont ensuite pénétré dans le corps des animaux avec la nourriture et les boissons, ou par l'intermédiaire de l'air. Le célèbre naturaliste Pallas avait embrassé cette opinion, qui a été également soutenue par Reinlein et Brera. Voici les raisons sur lesquelles ils se sont fondés: 1° Les maladies vermineuses sont très-fréquentes chez les hommes et les animaux qui vivent dans les lieux très-habités, humides, maipropres , arrosés par des eaux qui reçoivent toutes les immondices; on en voit, au contraire fort peu chez les peuples qui changent souvent leurs demeures. 2" Si l'on rencontre certaines espèces chez tels ou tels animaux , c'est parce que les germes ne trouvent que dans certaines circonstances les conditions de chaleur, de nourriture, nécessaires à leur développement.
3*' Les personnes qui appartiennent à la même famille sont quelquefois affectées toutes de taenia, qui semble , en quelque sorte, être un mal endémique. 4° Les animaux carnivores, et qui vivent dans le voisinage de l'homme, sont sujets aux vers intestinaux; les ruminants, les herbivores , en sont plus rarement affectés.
On peut opposer aux arguments présentés par Pallas, des faits qui les détruisent en grande partie. 1° Schreiher a nourri pendant plusieurs mois un pu tois uniquement avec du lait , avec des vers intestinaux et leurs œufs ; on ne trouva sur son cadavre aucune trace de ver. Bremser a disséqué dix-sept chamois qui furent tués à la chasse sur les Alpes de la Styrie ; un seul n'avait pas de vers. Les autres faits qu'il rapporte prouvent que les animaux rongeurs et ruminants ne sont pas affectés de vers plus rarement que les autres : cette observation est d'une haute importance pour le traitement préservatif des maladies vermineuses , ainsi que nous le verrons plus loin. 2° Pour expliquer la naissance des entozoaires, il faut supposer, avec quelques auteurs, que les œufs ou germes se transmettent de la mère au fœtus, durant la vie intra-utérine, ou de la nourrice à l'enfant, par le lait. Il faut aussi trouver le moyen de faire arriver ces germes dans le parenchyme des organes , lorsque les entozoaires ont leur siège ailleurs que dans l'intestin. Ehrenberg prétend que les œufs de ces animaux peuvent être pris par les absorbants , et être portés par la circulation dans toutes les parties du corps. Us pourraient ainsi passer de la mère à l'enfant par la lactation , ou par la circulation, de la mère au fœtus, pendant la vie intra-utérine. Ce médecin pense que le développement des œufs ne se fait que quand ils trouvent les conditions qui favorisent leur naissance : c'est alors que, portés dans toute l'économie, ils peuvent l'infecter, et donner lieu à la diathèse vermineuse. 11 y a dans cette opinion, développée par Ehrenberg, quelque chose de spécieux; mais une observation faite par Rudolphi y porte une grave atteinte. Ce naturaliste a établi que les œufs les plus petits sont encore mille fois plus gros que les globules du sang, et que les vaisseaux capillaires, dont le diamètre est évalué à la quatorze millième partie d'un pouce. Cependant on peut objecter que dans le torrent circulatoire parviennent souvent des corps non solubles, qui ont un diamètre plus considérable que les globules. Il faudrait admettre, en outre, que les œufs ont résisté au travail d'élaboration qui se passe dans les organes, ce qui est peu probable. Comment exphquer la naissance des entozoa-vivipares que l'on rencontre chez les animaux? Enfin, pourquoi ne se forment-ils pas plus fréquemment dans l'enfance que dans les autres âges, et pourquoi les espèces les plus communes chez les en-
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fants sont-elles rares chez l'adulte, et réciproquement? D'ailleurs, en soutenant l'hypothèse de l'introiluction des germes, on tourne dans un cercle vicieux; car il faut toujours que l'on suppose en dernier lieu l'origine spontanée de l'helminthe qui a donné naissance à tous les autres.
2° Les entozoaires se forment primitivement dans le corps des animaux. — La majorité des médecins s'est déclarée en faveur de cette hypothèse, appuyée sur des preuves nombreuses et convaincantes. Elle compte parmi ses défenseurs , Swammerdam, Vallisnieri , Rudolphi et Bremser. Voici quelles sont les raisons que Ton a apportées en sa faveur.
1" Les entozoa ne sont pas des animaux venus du dehors, ainsi que nous l'avons démontré.
2° On les rencontre chez les fœlus qui n'ont pas encore vu le jour, et chez les nouveau- nés.
30 Ils ne peuvent vivre et se reproduire que dans le corps des animaux.
4° Ils existent | dans toutes les parties du corps aussi bien dans celles qui sont accessibles aux particules venues du dehors, comme dans l'intestin, que dans celles qui n'ont aucune communication avec l'extérieur.
5° Us ne donnent lieu à aucun accident, quelquefois même à aucun symptôme appréciable , ce qui n'arrive pas lorsque des animaux venus du dehors pénètrent dans les organes; ils ne tardent pas à y provoquer des désordres assez graves, jusqu'à ce qu'ils soient expulsés. Cet argument, présenté par Rudolphi (ouvr. cit., 1. 1, p. 389) nous semble de peu de valeur.
6" Un grand nombie d'animaux sont habités par des espèces particulières d'entozoa.
On se trouve nécessairement conduit, parles raisons précédentes , que nous avons développées quand nous avons combattu la première hypothèse, à considérer les entozoaires comme devant se former dans le corps de l'homme. Biais il règne encore à ce sujet plusieurs opinions parmi les auteurs : 1° les uns soutiennent que les entozoaires sont transmis par le père; 2° les autres, par lanière; 3" les troisièmes, enfin, croient à une génération spontanée.
1" Ils sont transmis par le père. — Les défenseurs de la première hypothèse, presque entièrement abandonuée-aujourd'hui, sont forcés d'admettre que les parents primitifs de l'homme et des animaux avaient en eux le germe de toutes les espèces de vers à chaque espèce d'animal. «Les parents primitifs auraient été, comme le dit Bremser, de véritables magasins de vers auxquels la génération de ces parasites a dû causer plus d'obstacles qac la conservation de leur propre race» (ouvr. cit., p. 52). Brera, celui qui a soutenu celle opinion avec le plus de force, fait remarquer que les germes preuvent traverser
une ou plusieurs générations , jusqu'à ce qu'ils trouvent des circonstances favorables à leur développement.
2" Ils sont transmis par la mère. — Voici les preuves que l'on a invoquées pour combattre la seconde hypothèse. Elles sont en partie les mêmes que les précédentes. A. Si les mères communiquent aux fœtus les germes d'entozoaires , il faut qu'elles soient un réceptacle de toutes les espèces connues. 11 faudrait supposer d'ailleurs que les œufs des vers qui habitent dans les organes de la femme sont absorbés par les lymphatiques, transmis ensuite dans la masse du sang, et déposés enfin dans la matrice, où le fœtus les absorbe et leur fait suivre un nouveau cercle égal au premier. B. On ne peut pas supposer non plus que les œufs vont directement de l'utérus ou de l'ovule dans le fœlus. G. Les vers ne peuvent arriver à l'enfant par le lait de la mère , ou de toute autre manière. D'ailleurs cette sorte de communication ne pourrait avoir lieu que chez les mammifères. D. L'existence de vers vivipares est une des preuves les plus fortes que l'on puisse faire valoir contre cette hypothèse.
Il existe encore une autre manière de concevoir la génération des vers. Quelques auteurs pensent que chaque animal apporte en naissant le germe de ses entozoa particuliers , qui ne se forment que dans le cas où ils trouvent des circonstances favorables à leur développement. M. Kirby a soutenu récemment une autre hypothèse qui nous semble assez singuhère, et fondée sur un ordre de preuves que l'on ne voit guère figurer dans les livres de médecine: «Devonsnous croire , dit-il , que l'homme , dans son primitif état de gloire et de dignité, ait été le réceptacle et la proie de ces dégoûtantes créatures? Gela paraît invraisemblable, et nous sommes plutôt portés à penser, avec Leclerc et Bonnet, qu'ils n'ont existé chez Adam avant sa chute que sous la forme d'œufs , et qu'ils
ne sont éclos qu'après le malheureux événement
Tout le monde sait que Dieu, par l'œuvre merveilleuse de la baguette de Moïse, convertit toute la poussière d'Egypte en animaux de punition , qui ont attaqué l'homme et les bêtes. Or, qu'a-t-il été fait depuis dans des circonstances où la même production aurait été nécessaire : ce sont probablement les entozoa qui remplacent les serpents de l'Écriture. » Nous n'avons rien à répondre à des preuves ainsi formulées; nous dirons seulement qu'il y a loin de cette opinion à celle des naturalistes, qui regardent avec admiration, et presque comme étant d'une utilité incontestable, les helminthes qui habitent le corps de l'homme.
3'^ Génération spontanée. — Rudolphi et Bremser ont établi , par plusieurs ordres de faits , que les entozoa sont produits spontanément dans chaque organe qui les contient. La génération spontanée
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est une de ces vastes questions qui rentrent dans la philosophie des sciences: nous ne pouvons l'aborder dans un article consacré à \cnto zoologie pratique; nous rappellerons seulement quelques-uns des faits qui servent de base à ce système.
Les infusions organiques soit végétales , soit animales, au bout d'un temps assez court, se remplissent d'êtres microscopiques doués d'une vie propre, ayant leur nourriture propre , leur mode de reproduction , leurs mœurs. Le sperme ne :ontient-il pas des animalcules qui ne se rencontrent dans la semence, ni avant la puberté , ni après que la faculté fécondante a disparu ? Les zoospermes ne se sont - ils pas développés dans le testicule , sous l'influence d'une certaine élaboration dont la nature intime et le mécanisme nous échappent , mais dont le produit est devenu appréciable à l'organe delà vue? Qui oserait dire où s'arrête la génération spontanée, maintenant que les études microscopiques nous révèlent chaque jour quelques-uns des mystères de l'organisation , dont nous ne connaissons encore que les premières ébauches? Qui pourrait soutenir que la moindre particule détachée d'un tissu ne peut donner naissance à un entozoaire , quand on voit une goutte de liqueur séminale renfermer le rudiment d'une organisation aussi compliquée que celle de l'homme? Cuvier a dit que , dès l'instant où les corps vivants existent, quelque petits qu'ils soient encore , ils ont toutes leurs parties.
Les faits que nous venons d'exposer conduisent à deux hypothèses sur la génération spontanée. Gn peut admettre que le germe qui se détache de l'organisme vivant a toutes ses parties , qui ne font que se développer, ou bien que l'animal se forme de toutes pièces dans certaines circonstances données, comme les infusoires, la moisissure, et les animaux de l'ordre le plus inférieur. On peut supposer que les entozoa sont sécrétés par les organes , et qu'aussitôt mis au jour, ils ont le pouvoir de se multiplier à l'infini. Cette opinion , qui nous paraît devoir être adoptée de préférence à toutes les autres, a été fort bien présentée par M. Bellingham fmém. cit.): «Dans le corps des animaux vivants, il y a un travail incessant d'assimilation et de désassimilation ; le sang fournit les matériaux de ce travail ; il contient aussi les éléments qui composent le corps des entozoa : il n'est donc pas contraire à k logique de dire que les différentes espèces d'entozoa appelées à exister dans le corps d'autres animaux dérivent de la même source, en d'autres termes , que ces êtres sont sécrétés dans les mêmes lieux qu'ils habitent. Nous savons que, dans le règne végétal , certaines sécrétions sont particulières à certains genres ou à certaines espèces de plantes, et bien que deux individus croisrent l'un à €ôté de l'autre , soient nourris par les niésnes Huides,
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et fleurissent sur le même sol , leurs sécrétions peuvent cependant être fort différentes. C'est ainsi que chez les animaux nous trouvons que certaines espèces d'entozoa sont propres à certaines espèces ou familles, ou à certaines régions du corps, et jamais à d'autres.» On peut encore invoquer en faveur de l'hypothèse de la sécrétion: 1° la génération spontanée et excessivement rapide des poux ; 2° la sécrétion des zoospermes chez la plus grande partie des animaux; 3" l'autorité de M. Owen , qui pense que les zoospermes de chaque genre d'animaux paraissent formés , dans la sécrétion séminale, d'après la même loi qui préside au développement des autres entozoa.
De tout ce qui précède, il est permis de conclure que les helminthes ne peuvent être introduits dans le corps, ni sons forme d'œufs, ni d'une autre manière; qu'ils ne peuvent être communiqués de la mère au fœtus , ni par la circulation durant la vie intra-utérine , ni par le lait après la naissance , ni enfin par les aliments, les boissons ou l'air ; que l'on est autorisé à croire que les enfozoaires se forment originairement, chez chaque animal, par un travail assez analogue à celui des sécrétions. M. Bellingham va plus loin , et pense «que des organes particuliers , dans le corps des animaux, sont destinés à leur donner naissance dans certaines espèces seulement, comme chaque glande est destinée à produire telle sécrétion et non une autre. Nous concevons, ajoute-t-il, que cette propriété de sécréter n'appartient qu'aux glandes, mais la cause dernière qui fait effectuer ce travail vital est inexplicable. » Nous croyons que c'est par un mécanisme analogue à celui de la sécrétion que ces produits organisés vivants sont déposés dans différents points de l'économie, mais nous ne saurions admettre que c'est par le moyen d'organes particuliers , dont on n'a pas encore démontré l'existence. Tout nous fait supposer que, par suite d'une altération générale ou partielle de l'organisme, un changement morbide , dont nous ignorons la nature , survient dans les fonctions de sécrétion, et qu'un produit sans analogue, dans l'état sain, est formé de toutes pièces, et se développe ensuite à la manière des corps qui jouissent d'une vie propre.
Causes de la formation des vers. — Ce que nous dirons del'étiologie, en général, serapporle plus spécialement aux vers intestinaux , car on ignore , en grande partie du moins, les causes qui favorisent la production des vers parenchymaleux. Les causes procèdent de deux sources différentes : 1° du sujet; 2" de la m.atière de l'hygiène.
Causes inhérentes à l'organisme. — Rudolphi , dont on nesaurait trop admirer les excellents travaux, considère la faiblesse des organes, et l'assimilation qui se passe dans leurs tissus, comme la cause productrice descnto.'.caircs. La plnparL dey auic::ri q;ii l'tut suivi
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ont soutenu cette opinion , qui est , en effet , le plus en rapport avec la nature et le mode d'action des influences pathogféniques. Bremser l'a développée en y changeant quelque chose: «Les premières voies, dit-il, se trouvent dans un étit d'activité vitale plus grand qu'il n'est réellement nécessaire à la conservation du corps ; l'activité des vaisseaux lymphatiques , qui absorbent seulement autant qu'il faut pour réparer la perte des humeurs , se trouve en disproportion avec cette activité vitale , et , par conséquent, l'appareil alimentaire animalise plus de substances que les vaisseaux lymphatiques ne peuvent en absorber» (ouvr. cit. , p. 339). Que ce médecin voie dans ce défaut de rapport entre l'assimilation et l'élaboration une cause qui favorise la vermination , rien de mieux ; mais qu'il ajoute : «La substance animalisée stagnante est déterminée à se transformer en un tout existant par lui-même, ou bien en un ver» , voilà qui devient pure spéculation. M. Gruveilhier regarde comme cause pru'disposante des vers le défaut d'équilibre entre les forces assimilatrices du canal digestif et les aliments ingérés : or , ce défaut d'équilibre , dit-il , peut résulter, tantôt du canal digestif lui-même, tantôt de la qualité et de la quantité des aliments, tantôt de ces deux causes à la fois ( ouvr. cit. , p. 331).
On donne le nom de diathèse vermineuse à cet état de l'organisme en vertu duquel un grand nombre de vers se développent simultanément en différents points de l'économie, et se reproduisent avec la - plus grande facilité. La diathèse peut être congénitale et héréditaire. Elle est héréditaire quand elle existait chez les parents , et qu'elle a été transmise par voie de génération. Nous ferons remarquer à ce sujet que souvent l'on a pris pour diathèse vermineuse héréditaire une prédisposition qui tient aux influences hygiéniques, dont l'action se fait sentir sur les enfants dès leur jeune âge , comme elle avait agi sur les parents. La diathèse congénitale est parfois caractérisée par la faiblesse et la délicatesse de la constitution, ou par les attributs du tempérament lymphatique. Quelquefois rien ne peut faire deviner cette prédisposition congénitale; les sujets jouissent en apparence de la santé la plus parfaite.
Rudolphi place au nombre des causes prédisposantes, l'anasarque, l'hydropisie, la prédominance des fluides blancs qui baignent le tissu cellulaire. Dans tous ces cas , dit-il , les tissus manquent de leur énergie accoutumée; ils ne peuvent retenir ni s'assimiler les matériaux soumis à leur élaboration : ceux-ci séjournent dans les organes, ou bien la sécrétion de sérosité, de lymphe , de mucus , devient excessive ; et alors toutes ces différentes humeurs, venant à s'amasser, il peut se former un corps organisé vivant ou le germe d'un animal qui n'attend plus que des conditions favorables pour éclore (ouvr. cit., 1. 1, p. 410).
Les sujets scrofuleux , cachectiques , affaiblis par des affections qui enlèvent aux organes , et particulièrement aux intestins, leur activité fonctionnelle, sont plus disposés que d'autres aux maladies vermineuses. Les hommes d'une constitution lymphatique sont ordinairement tourmentés par les vers; mais il faut, dans ce cas, faire la part des conditions hygiéniques au milieu desquelles vivent les sujets ; dans les pays froids, humides et brumeux, oti la nourriture est quelquefois malsaine, l'on rencontre beaucoup d'hommes lymphatiques et de scrofuleux ; là aussi existent réunies toutes les causes capables de produire des maladies vermineuses.
Le jeune âge est considéré par beaucoup d'auteurs comme une cause prédisposante. Les oxyures vermiculaires sont très-fréquents à l'âge de deux ans ; mais les lombrics se montrent à tout âge, ainsi que le taenia, le tricocéphale et le dragonneau. Rudolphi dit que les femmes sont plus sujettes que les hommes aux vers et aux taenias ; Pallas et Werner ont soutenu cette opinion.
B. Causes hygiéniques. — Les vers peuvent-ils pulluler tout à coup sous l'influence de certaines constitutions atmosphériques ? C'est ce que nous rechercherons plus loin , en traitant des maladies vermineuses. Un séjour prolongé dans une habitation humide ou dans un pays que couvrent sans cesse des brouillards épais ou une humidité chaude , disposent la constitution aux maladies vermineuses. Cette influence nuisible éclate surtout dans le jeune âge , et chez les sujets dont le tempérament lymphatique ou l'état scrofuleux ont déjà affaibli la vitalité. Cette cause agit énergiquement sur les bestiaux qui paissent dans des lieux bas, humides et marécageux; telle est même , à cet égard, la conviction des possesseurs de troupeaux, qu'ils rendent les bergers responsables des ravages que cause la douve du foie chez les moutons. Les peuples de l'Europe, que l'on a dit le plus sujets aux maladies produites par les vers , sont les Hollandais et les Suisses. On a attribué cette prédisposition, tantôt à Ihumidité du climat, tantôt à la nourriture, à la boisson et aux habitudes de ces peuples. Mais avant de chercher cette cause , on aurait dû constater le degré de fréquence des entozoaires dans chaque contrée : or, on ne possède encore aucun document positif sur cette matière. Si l'on consulte Van den Bosch, on trouve que ce sont les Hollandais qui en sont le plus souvent affectés. Andry affirme que presque toutes ces maladies procèdent de cette source en France ; d'autres médecins , qui ont observé dans d'autres pays , émettront un avis différent , d'où il faut conclure, avec Rudolphi, uhypothesi lias relationes potissimum pcndere. Cherchons cependant, avec cet auteur, quelles sont les espèces plus particulières à chaque climat.
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Le taenia solium se trouve en Egypte , ou bien en Italie, en Allemag^ne, en Hollande, en Angleterre , en Suède ; en Suisse , en Russie et en Pologne , au contraire , on ne rencontre que le botriocéphale ou Isenia large. Rudolphi n'a jamais vu , parmi les vers qui lui furent envoyés de Suède , autre chose que des taenias ( ouvr. cit., t. i, p. 345 ). Les taenias et les lombrics se montrent fréquemment en Egypte, dans l'Arabie, la Syrie, la Grèce. Hasselquist raconte que les trois quarts de la population du Caire sont tourraeutés par le taenia solium ; ce qu'il faut attribuer , suivant lui, à la noiu-ritiue malsaine et insuffisante des habitants les plus pauvres du Caire. On avait dit que la grande quantité de poisson que l'on mange en Hollande était la cause de la production des taenias si communs dans ce pays; mais Fr. Muller fait observer que ces entozoaires sont excessivement rares en Danemark où l'on fait cependant grand usage de poisson. La filaire de Médine offre ceci de remarquable , qu'elle n'existe guère que sous la zone torride, enAsieeten Afrique. Si quelques espèces d'entozoaires paraissent propres à certaines localités , il en est un plus grand nombre qui sont communs à presque tous les peuples, les ascarides, les trichures et les acéphalocystes, par exemple. La seule proposition générale que l'on puisse établir, c'est que les contrées froides et humides prédisposent à la diathèse vermineuse. Bremser en donne pour raison , que la suppression de la transpiration agit indirectement d'une manière nuisible sur les fonctions du système lymphatique propre au canal intestinal. .
On a placé au rang des causes prédisposantes les aliments de mauvaise qualité qui renferment peu de matière nutritive, ou qui fatiguent l'estomac en raison de la grande quantité de substance réfractaire à son action : tels sont, le lait, le beurre, le fromage, les légumes féculents, le pain préparé avec une farine grossière ou renfermant beaucoup de son. On a aussi accusé les fruits verts, les boissons acides, fermentées , amères , de favoriser la production des helminthes ; on a dit , pour expliquer le mode d'action de toutes ces causes, qu'elles agissent en diminuant les facultés élabora trices de l'estomac , d'où une assimilation moins parfaite et des résidus plus abondants, qui finissent par engendrer des vers. Ces causes n'ont pas une influence aussi évidente que l'ont pensé quelques auteurs. Combien de faits contradictoires ne pourrait-on pas leur opposer. Ne voit-on pas les vers se développer chez des hommes soumis à une alimentation très-différente , chez des sujets qui vivent exclusivement de viande, chez ceux qui mangent beaucoup de poisson , ou une grande quantité de préparations lactées , chez le pauvre comme chez le riche : « Hominibus pauperibus , a dit Rudolphi , ob «cfudiorem quem assumunt victum , majorem tœnia-
«rum copiam falso tribui, easdem regum aequeturres «ac pauperum tabernas subire , seque muhercularum «tam opulentiorum quam pauperiorum taeniis labo- «ranlium, exempla novisse celeberrimus Werner « mon et. »
Diathèse vermineuse. — La vie sédentaire et oisive , le séjour prolongé dans un lieu bas et humide, où l'air n'est pas suffisamment renouvelé , les travaux pénibles qu'exigent certaines professions, les chagrins et les affections morales tristes , la nourriture insuffisante et grossière , la privation de vêlements chauds capables de protéger le corps contre l'humidité, le tempérament lymphatique, la constitution scrofuleuse, le sexe féminin, le jeune âge, telles sont, en abrégé , les causes qui contribuent à développer chez l'homme la diathèse vermineuse, c'est-à-dire, un état particulier de l'organisme qu'il est impossible de reconnaître à des signes extérieurs , et qui ne se révèle que par la présence d'une grande quantité d'helminthes dont la reproduction est rapide, ou le développement en différents points du corps , presque simultané. Les médecins qui ont établi cette diathèse vermineuse d'après la seule considération que nous venons d'indiquer, savoir, l'existence d'une grande quantité de vers dans les selles, ou la matière des vomissements, n'en ont donné qu'une description fort vague. A part les symptômes qui décèlent la constitution lymphatique ou scrof uleuse , la faiblesse corporelle, à part les signes de quelques cachexies qui semblent favoriser le développement des helminthes, quels sont les phénomènes physiologiques ou pathologiques que l'on est en droit de rapporter à la diathèse vermineuse? Pour notre part, il nous serait impossible de le dire, même après la lecture des ouvrages qui en ont le plus parlé. Ce défaut de documents précis s'explique par l'irapos-sibilité où l'on est de saisir les conditions organiques qui donnent naissance à cette prédisposition diathésique. Quelquefois on a pu dire qu'il y avait diathèse vermineuse lorsque toutes les influences hygiéniques ou individuelles que nous avons passées en revue étaient présentes ; mais ici la relation de cause à effet rendait facile une telle conclusion. Il ne faut pas confondre la diathèse avec la cachexie vermineuse : celle-ci est un état constitutionnel pathologique qui dépend des ravages occasionnés par les helminthes.
Maladies vermineuses. — Que doit-on entendre par maladies vermineuses ? Existe-t-il des maladies de ce genre ? On doit entendre par ce mot un ensemble de symptômes locaux et généraux qui dépendent de la présence des vers dans l'intestin, ou même dans une autre partie du corps. Les symptômes que nous avons décrits précédemment sont les seuls que l'on doive rapporter à l'affection vermineuse : c'est seulement de cette manière qu'il faut comprendre
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aujourd'hu la dénomination de maladie vermineuse. Les anciens auteurs, et quelques modernes, n'accordent pas un tel sens à ce mot ; ils considèrent comme vermineuses toutes les maladies , quels que soient leur siège et leur nature , durant lesquelles les sujets expulsent une certaine quantité de vers auxquels ils ne manquent pas d'attribuer tous les accidents observés. La description de quelques maladies vermineuses fera mieux comprendre le sens que l'on attache à ce mot.
Van den Bosch, un des médecins qui ont fait jouer aux vers un rôle presque ridicule en pathologie, parle d'une constitution épidémique vermineuse qui sévit dans une partie de la Hollande , depuis 1 760 jusqu'en 1763 [Hisloriœ constitutionis epidemicœ qiiœ ann. 1760 ad 1763, per insulam Ouerjlacque et contiguam Goederede gras s a ta fuit, etc. Lugd.- Batav. , 1 769). Le mal débutait brusquement par des frissons suivis de chaleur sèche , de sueurs ; refroiïlissement des extrémités, céphalalgie, dilatation des pupilles, prurit du nez, tintement d'oreilles, anxiété précordiale, selles putrides, très-fétides, mêlées de vers et de débris membraniformes; nausées ou vomis- .«ements, pouls et respiration variables, troubles de l'intelligence , langue muqueuse , sèche , aride et noire, soif vive ou nulle, urines claires, sédimenleuses , engourdissement des extrémités , surdité , délire , coma ; la maladie dégénérait souvent en fièvre lente, nerveuse, consomptive.
Lepecq de la Clôture a décrit plusieurs épidémies d£ fièvres vermineuses compliquant des fièvres maligne, miliaire, dysentérique, lente, nerveuse, la grippe, etc. [Collection d'obseri'ations sur les maladies et constitutions épidémiques, 1 vol. in-4°; i778, passiin). On trouve, dans sa Relation de l'épidémie de fièvre maligne et vermineuse^ tous les symptômes propres à cette maladie, compliquée de la présence de vers intestinaux : prostration, stupeur, somnolence, vives douleurs dans les membres et à la gorge, constriction en ce point, élancements dans les oreilles, bouche et haleine puantes, langue sale , bilieuse, garnie de papilles rouges proéminentes. Les nausées existaient avant le début delà maladie, qui commençait par un vomissement; bientôt après, le délire et les convulsions paraissaient. Les .«îujets , parmi lesquels on compta un grand nombre d'enfants , rejetaient les vers par la bouche , et quand on ne parvenait pas à les expulser , ils produisaient les plus grands ravages. Lepecq regarde la maladie vermineuse comme une complication de la fièvre maligne (ouvr. cit. , p. 676 ).
Voici quels sont les symptômes que les auteurs ont assignés aux fièvres dites vermineuses : expulsion de vers par les selle? ou par le vomissement , céphalalgie frontale et sus-orbitaire, vertiges, pupilles dilatées, amauro?c subite, tinlemenl d'oreille-:, grince-
ment de dents, soubresauts des tendons, sommeil agité, délire, convulsions , coma , et symptômes d'ataxie et d'adynamie, ceicie noir autour des yeux, qui sont larmoyants et chassieux , rougeur et pâleur alternative de la face, réveil en sursaut, prurit du nez et épistaxis, haleine fade , langue blanche , muqueuse, aphthes, hoquet, éructation, inappétence ou boulimie , coliques, douleurs passagères à la région ombilicale, gonflement du ventre, selles variables, souvent muqueuses , contenant un grand nombre d'ascarides lombricoïdes, de trichure, d'oxyure même ou des taenias; toux sèche, respiration irrégulière, gênée, pouls petit, inégal, intermittent, urines crues ou jumenleuses, sueurs copieuses, partielles, ou pyrexie irrégulière. Van den Bo^ch ( ouvr. cit.); SeWe (Rudimenta pfreiologiœ, p. 271); De Haen [Ratio, med.; de febre verminosa) ; Lepecq de la Clôture [loc. cit.); Ozanam [Histoire des épidémies, i. I, p. 316), et d'autres encore, considèrent les symptômes que nous venons d'énumérer comme propres à la fièvre vermineuse.
Toutes les fois que les médecins des derniers siècles apercevaient dans une maladie quelques-uns des symptômes précédents , ils n'hésitaient pas à l'appeler vermineuse., c'est-à-dire, produite ou compliquée par les vers : c'est ainsi que nous voyons figurer dans la pyrétologie de Selle des fièvres cuni coUmie vermiiiosa in primis viis. Voici quels sont les genres :
F'' Genre. La fièvre vermineuse inflammatoire ; .ses signes sont ceux des vers et de la diathèse inflammatoire.
f® Espèce. Fièvre vermineuse simple , et fièvre vermineuse hectique de Van den Bosch.
2^ Espèce. Fièvre vermineuse inflammatoire, compliquée d'une inflammation locale: A. des yeux; B. de la plèvre [pleurésie vermineuse de Sauvages , Harder, de Haen, Van den Bosch, Lentin); C. des poumons ; D. de rhumatisme ( rhum, verminosus , Sauvages); D. de catarrhe ; E. d'exanthème.
W Genre. Fièvre verminesue putride.
1*''' Espèce. ?\èvre vermineuse putride simple.
2^ £',v/;èce. Compliquée: A. d'une inflammation de la plèvre ou du poumon ; B. d'pxanthème [febris petechialis, purpura verminosa de Sauvages).
Cette énumération suffit pour montrer de quelle manière les médecins ont compris Tinfluence pathogénique des entozoaires. W s'agit maintenant d'examiner si les faits ont été bien interprétés; et d'abord sont-ils bien réels? Nul doute que, dans certaines conditions hygiéniques que nous avons appris à connaître , la génération des vers ne puisse s'effectuer d'une manière endémique , de telle sorte que les maladies qui viendront à sévir dans une localité où les habitants vivent au milieu de ces circonstances pour-
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ront revêtir une certaine forme, présenter des symptômes insolites, des épiphénomènes qui ne leur appartiennent pas ordinairement, et que Ton est en droit d'attribuer à la présence des helminthes de l'intestin. Il en résultera une ymptomatologie plus compliquée, des variations dans la marche , la durée , la terminaison du mal; maison pourra toujours découvrir à travers ce masque , emprunté à une autre affection , les symptômes habituels de la maladie primitive. Cette recherche sera d'autant plus facile, qu'on n'ira pas rapporter, ainsi que le faisaient les auteurs, la plupart des symptômes , et les plus graves , à l'affection vermineuse , mais à l'autre maladie qu'elle complique. Parcourez les relations de fièvres maligne , putride , dysentérique, bilieuse, compliquées de vers, vous vous convainquerez que la plupart des symptômes que nous avons mentionnés plus haut , et que l'on a regardés comme propres à l'affection vermineuse , appartiennent, au contraire, à l'autre maladie; et quand vous aurez fait ainsi la part de chacune , vous verrez que l'une est beaucoup plus petite que l'autre. Mais, dira-t-on, pourquoi des accidents graves ne seraient-ils pas produits par les vers? L'économie, déjà troublée par une autre maladie , n'est-elle pas alors plus disposée à ressentir les moindres effets causés par les entozoaires ? Nous souscrivons très-volontiers à cette opinion ; seulement nous répondrons qu'en dernière analyse , c'est la maladie primitive qui joue le principal rôle , et qu'il faut s'attacher à la combattre , tout en éloignant l'autre complication. Nous dirons enfin que , dans tous les cas , les vers ne sont nullement la cause des accidents, puisque , sans l'autre maladie, ils seraient impuissants à les déterminer. Nous ajouterons enfin que ce n'est point la maladie principale qui donne naissance aux vers intestinaux.
Ainsi donc , pour nous, comme pour la plupart des pathologistes modernes , les vers peuvent être une complication fâcheuse de plusieurs maladies dont elles exaspèrent les symptômes; mais elles n'en sont jamais la cause. Ils s'annoncent par des symptômes particuhers que nous avons fait connaître, mais ils ne peuvent jamais donner lieu aux accidents d'une fièvre putride , d'une méningite, d'une pneumonie , etc.
Ozanam dit qu'une gastro-entérite peut être causée par l'action mécanique des vers, c'est-à-dire, par l'irritation que leurs mouvements et leur succion produisent sur l'estomac ou le tube intestinal ; il pense aussi que l'inflammation et un état fébrile peuvent provenir d'une telle cause (ouvr. cit., t. i, p. 308). Personne , à coup sûr, n'admettra une telle supposition: les vers existent souvent en si grand nombre dans l'intestin, qu'on croirait, dit Rudolphi , qu'on les y a introduits de vive force; cependant ils ne s'annoncent par aucun symptôme spécial. Ou a parlé, il est vrai, d'obstruction, d'étranglement intestinal,
occasionnés par les vers , mais il est permis de coriserver des doutes sur les observations de ce genre, Rudolphi , dont le nom fait autorité en pareille matière, ne croit pas que l'iléus puisse être produit de cette manière ( loc. cit.,^. 459 ). On peut en dire autant d'une foule d'autres accidents rapportés à tort à la présence des helminthes , comme les perforations , la gangrène , la dysenterie ( vof. Ascaride ). La tympanite est quelquefois provoquée par les vers intestinaux; il en est de même des diarrhées muqueuses ou dautre nature. Quant à la fièvre dite muqueuse , dont Rœderer et 'Wagler nous ont laissé une description , et qui ne serait , suivant quelques auteurs , qu'une simple variété de la fièvre typhoïde, elle n'est nullement causée par les tricocéphales , ainsi que plusieurs se le sont imaginé ( voy. /nwqueuse^fièire ). Platner parle de la procidence de l'anus causée par les lombrics : les vers sont évidemment étrangers à cet accident (Rudolphi). Nous devons encore mentionner parmi les désordres liés à l'existence des vers intestinaux, les nausées et les vomissements qu'ils causent eu passant dans la cavité de l'estomac, et la strangulation ainsi que la sensation de réplétiou , quand ils se montrent dans l'œsophage. Toutes les convulsions et les maladies caractérisées par des troubles musculaires , comme la chorée, l'éclampsie, l'épilepsie , des affections cérébrales, telles que l'apoplexie , l'hydrocéphale aiguë ( méningite simple ou tuberculeuse ) , chronique , ont été mises sur le compte des vers intestinaux. Aujourd'hui encore, il est très-fréquent d'entendre dire à desmédecins que les maladies qu'ils ont à traiter sont occasionnées par les vers , lorsque les sujets sont jeunes et qu'ils ont rendu quelques-uns de ces animaux. Nous ne prétendons pas que jamais ils ne puissent déterminer des troubles graves; sans aucun doute , l'intestin est lié au cerveau et à tous les autres viscères par d'étroites sympathies , et quand il renferme dans sa cavité des hôtes aussi incommodes que ceux-là , il peut en ressentir quelquefois des effets iiinestes. On ne peut même se refuser à admettre que la céphalalgie, la dilatation des pupilles , des troubles purement nerveux , variables par leur siège et leur nature, ne puissent avoir une telle origine; nous considérons encore comme fondée l'existence d'épilepsie , de chorée, de convulsions vermineuses , en ce sens que les vers agissent comme cause déterminante d'une maladie qui devait éclater à la première occasion ; mais ce que nous ne saurions accepter, c'est qu'une affection autre qu'une névrose , celle , par exemple, qui est liée à une lésion matérielle évidente , puisse se développer sous l'influence des vers intestinaux. Partout où il existe une lésion matérielle capable d'expliquer les symptômes observés, il est difficile de ne pas leur i attribuer la plus grande part dans leur production :
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les vers ne constituent alors qu'une complication. Du reste , ce n'est qu'avec une grande réserve qu'il faut faire remonter l'épilepsie, la chorée , l'éclampsie et les convulsions jusqu'à cette cause: «Si tali malis fons «latet, dirons-nous avec Rudolphi,an et vermes ac- «cusandi veniant, inquirere, prudentis et circum- «specti semper erit medici.»
Infection vermineuse. — Les auteurs ont décrit sous le nom ^affection vermineuse universelle une cachexie produite par ces parasites, lorsqu'ils sont en grande quantité , ou qu'ils se développent dans des organes importants; mais plus souvent aussi ils ont appelé de ce nom un ensemble de symptômes généraux qui étaient manifestement produits par quelque lésion viscérale compliquée de vers. La description suivante en fait foi: amaigrissement général, des membres surtout; face pâle; cercle noir au pourtour des yeux; gonflement du ventre; variations dans l'ouverture de la pupille , qui est ordinairement dilatée; prurit du nez et épistaxis; bourdonnements et tintements d'oreilles; langue sale, blanche et jaune ; haleine fétide ; ptyalisme le matin à jeun ; appétit déréglé , nul ou insatiable, se montrant la nuit ; goût amer, poivré , alliacé des aliments ; douleurs épigastriques soulagées par l'ingestion du lait ; douleurs violentes et subites de l'abdomen , selles muqueuses , semblables à des raclures de boyaux, et ponctuées de rouge , urines jumenteuses , troubles , blanches ou semblables à du petit-lait; convulsions subites; frayeur, éelampsie, épilepsie, paralysie, lipothymie, catalepsie, amaurose , surdité , aphonie , grincement des dents , sommeil agité , délire. Si , dans quelques cas excessivement rares, les vers donnent lieu à ces accidents , ils sont produits par le trouble des organes dans lesquels sont logés les helminthes; l'on ne peut pas dire qu'ils soient l'effet d'une cachexie , ainsi que l'ont pensé quelques auteurs. Nous croyons inutile de discuter l'opinion de Goulet , et de ceux qui admettent que les vers répandent autour d'eux une odeur fétide et putride qui peut infecter toute l'économie. 11 faut aussi reléguer au rang des fables cette autre opinion, savoir, que les ovules ou les jeunes vers se mêlent au sang ; «Qui de sanguine verminoso loquilur, verba «sensu carentia proferendo , risum movet , neque «nostris quidem temporibus ad vermes invisibiies, 0 pathologis antiquis , ipsique Yallisniero, luem bo- «villam aliosque morbos inde dérivant! , acceptis- «simos , reciirrere licebit» ( Rudolphi ).
Les maladies vermineuses dont nous avons donné la description peuvent - elles régner épidémiquement? Les auteurs qui ont parlé de ces maladies n'ont fait que décrire des affections très-diverses , qui se montraient sous la forme épidémique , et qui étaient accompagnées fréquemment de l'expulsion des vers intestinaux. Mais peut-on admettre que la