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ria , idiopathica , légitima , essentialis , cerebralis , encephalica des auteurs) : a epilepsie nerveuse ou asthènique; b epilepsie sanguine ( epilepsia sangainea , acuta , plcthorica des auteurs).
B. Epilepsie sympathique : a. epilepsie déterminée par une affection de la moelle [epilepsia spinalis de J. Frank) ; b. epilepsie déterminée par une affection des organes de la circulation et de la respiration ; c. epilepsie déterminée par une affection des organes digestifs : 1** par l'estomac ( epilepsia slomachica de Cheyae., epilepsia gastrica de J. Frank) ; 2"* par l'appareil biliaire ( epilepsia hepatica de Burserius, de Prichard); 3° par les \n[esi\ns( epilepsia enterica de Prichard , epilepsia verminosa de quelques auteurs); 4° parla rate, le pancréas , les glandes mésentériques, etc.;d. epilepsie déterminée par une affection des organes génitaux ou urinaires.
G. Epilepsie compliquée : a. avec l'aliénation mentale , b. avec l'apoplexie , c avec la paralysie, d. avec l'hystérie , la chorée , la catalepsie , le somnambulisme, l'hypochondrie , le delirium tremens, etc.
La longue énumèralion que nous venons de faire paraîtra, sans doute, fort peu intéressante à quelques lecteurs ; mais nous avons cru devoir rappeler comment les principaux nosographes ont envisagé l'épilepsie , et, sans discuter ici la légitimité de chacune des espèces qu'ils ont établies, et que nous venons d'indiquer, nous devons examiner avec quelques détails une question importante, sur laquelle reposent toutes les divisions apportées par les auteurs dans l'étude de l'épilepsie , et que , dans l'état actuel de nos connaissances, nous ne pouvons malheureusement juger en dernier ressort. Peut-on admettre des épilepsies sympathiques.^ Maisonneuve ne pense pas que cette question puisse soulever un doute : des faits multipliés et concluants lui paraissent établir l'existence de cette espèce d'épilepsie. «Willis, Pison,Moore, prétendent, dit M. Esquirol [Dic^ tionnaire des sciences médicales , t. xn , p. 525 ), que l'épilepsie a toujours son siège primitif dans le cerveau. Le contraire n'est-il pas démontré par les guérisons qui arrivent après l'évacuation du raéconium, des matières muqueuses, acides, jaunes, noires, des vers , des concrétions biliaires, dans les épilepsies gastriques? La gucrison par la première éruption menstruelle, par le rétablissement des règles, par le mariage , par la grossesse dans les épilepsies utéiines; la guérison par les saignées, les évacuations sanguines dans les épilepsies pléthoriques ; la guérison par l'extraction des corps étrangers, parla cautérisation, par l'amputation, par le rétablissement d'un ulcère, la suppression des accès par la ligature du membre d'où s'élève l'aura epileplica , par l'extension des membres dans les épilepsies sympathiques, ne fournissent-elles pas des preuves très nombreuses et in-
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contestables que l'épilepsie n'a pas toujours son siège dans le cerveau ? »
Malgré la confiance que nous devons accorder à l'opinion de M. Esquirol et à celle de quelques auteurs anciens , il ne nous semble pas, ainsi que nous l'avons dit , que , dans l'état actuel de nos connaissances , ce point de la science puisse être définitivement résolu.
Quelles sont les preuves sur lesquelles on s'est appuyé pour établir l'existence d'une épilepsie sympathique? On reconnaîtra sans doule avec nous, qu'on ne saurait accorder aucune valeur aux faits recueillis à une époque, où l'on ignorait encore les conditions que doit remplir une observation médicale ; où l'incertitude du diagnostic a dû faire confondre l'épilepsie avec une foule d'affections couvulsives qui lui étaient essentiellement étrangères, où la plupart des maladies étaient attribuées , à la pituite à la saburre , aux humeurs , à la bile. Or, si nous consultons les ouvrages publiés depuis un siècle, où trouverons-nous une opinion pathogénique solidement établie ? L'aura epileptica , les convulsions , a-t-on dit , se manifestent d'abo d dans un membre, et l'accès survient ensuite : donc c'est une épilepsie sympathique externe ( Maisonneuve, loc. cit., p. 189). N'est-ce pas comme si l'on disait qu'une encéphalite est sfinpai/i/gaeea;/e/7ie, parce que les lésions delà motilité dont elle s'accompagne ont commencé à se montrer dans un membre? Une épileptique , chez laquelle la maladie s'est déclarée sans cause appréciable , éprouve , deux ou trois minutes avant l'accès , une douleur intense dans la région épigasti iqiie , le sentiment d'une vapeur qui monte, un ressciiement du gosier; son appétit présente habituellement des anomalies : tantôt il est vorace , tantôt il y a anorexie : voilà une épilepsie évidemment gastrique ( Maisonneuve, loc. cit., p. 223). Celte manière de raisonner ne saurait être admise par des hommes qui n'acceptent pas les faits à la légère. Pour pouvoir considérer une épilepsie comme sympathique, ne faut -il pas, à l'aide d'un examen anatomique attentif, avoir constaté, d'une part, l'absence de toute altération du système nerveux, de l'autre, avoir étudié celle de l'organe auquel on veut rattacher la maladie? Or, nous n'avons pu trouver dans la science une seule observation où cet examen ait été fait , ou du moins convenablement exposé. Le système nerveux ne peut-il, d'ailleurs , être le siège d'une altération qui reste inappréciable pour nos moyens d'investigation ? Ne voyons-nous pas une foule de malades qui présentent toutes les affections que l'on peut rencontrer dans les appareilsdigeslif, circulatoire, respiratoire, génitourinaire, sans qu'aucun d'eux soit atteint d'épilepsic? Lepois fait remarquer avec raison que le plus ordinairement il n'existe aucune altération dans les parties où eemble commencer quelquefois l'état convulsif.
On a vu souvent le développemeat d'une affection organique faire reparaître les accès épileptiques , et ceux-ci se reproduire après la destruction de la partie d'où venait l'aura. L'absence de toute lésion appréciable dans le système nerveux, suffit-elle pour prouver que l'épilepsie est sympathique ? La maladie ne peut-elle pas être déterminée , dans ce cas , par une névrose ? Mais , a-t-on dit, ( Esquirol , loc. cit., p. 524) en se fondant sur la réciproque delà proposition , Sublata causa toUitur effectus , une dame est guérie par l'amputation de la première phalange du gros orteil ; un enfant, par l'extraction de petits corps durs, retirés par une incision d'une tumeur indolente placée sur le pouce droit ; un autre épileptique, par la cautérisation du nerf saphène de chaque jambe ; celui-ci par un traitement antisyphilitique, etc. Celte argumentation, nous le savons, est spécieuse, et il est assez difficile d'y répondre ; cependant , aux faits de ce genre , ne peut-on pas opposer celui-ci ; un homme est atteint d'aliénation mentale; une violence extérieure lui fracture comminutivement la jambe; on pratique l'amputation , et celle-ci est suivie de la disparition del'affection cérébrale. En concluera-t-on que celle-ci était spnpathique?
Quoiqu'il eu soit, sans prétendre, d'une part, avec Sauvages {loc. cit., p. 784), «que les symptômes qui ne se rapportent pas à la tête ont leur origine dans le cerveau même, comme les douleurs imaginaires de ceux qui , ayant eu la jambe amputée depuis longtemps, souffrent cruellement du pied»; ou , avec Tissot ( Traité des nerfs et de leurs maladies, t. nr, p. 103 ) , que si , dans quelques cas , les accès commencent par une partie, ce n'est pas parce qu'elle est le siège de l'irritation , mais parce que , comme le dft Pison,les nerfs qui s'y distribuent sont irrités avant les aulres; ou, avec Bosquillon {loc. cit., p. 351), que des sensations qui se forment dans le cerveau peuvent se manifester dans des parties plus ou moins éloignées de cet organe. Sans affirmer, d'autre part, d'une manière absolue, que dans aucun cas l'épilepsie ne peut être produite par une cause sympathique, nous pensons qu'il est impossible de fonder une division sur les données que possède aujourd'hui la science sur ce point, et nous dirons avec Georget: «Nous ne nions pas la possibilité des épilepsies par cause sympathique; nous disons seulement que nous n'en avons pas vu de ce genre , et nous en appelons à de nouvelles observations.»
Pour terminer la discussion dans laquelle nous venons d'entrer, ajoutons encore que si , en cherchant à se rendre compte des opinions des anciens auteurs, on s'en tient plutôt à l'esprit qu'à la lettre , on ne tarde pas à s'apercevoir que la plupart d'entre eux ont employé le mot sympathique là, où l'on placerait aujourd'hui le mot symptomatique ; et si l'on sub-
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stilue celui-ci au premier, on voit se rapprocher de la vérité les assertions qui semblaient en élre le plus éloig^nées. M. Calmeil a du reste senti qu'il devait en élre ainsi; mais il a prêté aux expressions un sens, qui était le seul raisonnable qu'on pût leur don uer, mais qu'elles n'avaient réellement pas : « Dans un cas, dit il ^De l'épilepsie étudiée sous le rapport de son siège, etc., thèse de Paris, 1824 , n" 110, p. 15 ), où l'apparition du mal avait coïncidé avec celle d'un ganglion qui avait son siège à la jambe, l'extirpation du ganglion ayant procuré la gucrison de l'épilepsie , des auteurs ont dit que le siège du mal épileptique était à la jambe-, mais il est bien clair qu'on a voulu dire par là que l'épilepsie était ■'>'jin/'toniaticjuc.)^ ^on , ce n'est pas cela qu'on a voulu dire, mais c'est ainsi que nous devons considérer les choses, et alors la question se présente sous une autre face. En effet, personne ne contestera qu'une affection du cœur, de l'estoaiac, de l'utérus, qu'une plaie , une tumeur des membres ne puisse , dans quelques cas, déterminer, dans le cerveau, l'altération à laquelle correspond l'épilepsie; et il n'est pour ainsi dire aucune affection qui ne puisse être sjmpiomatique de cette manière ; mais alors il est évident que cette circonstance appartient à l'étude étiologique de la maladie, ne change rien à la nature de celle-ci, et ne peut servir de base à une division.
En résumé, nous ne pouvons admettre une épilepsie sympathique, dans le sens qu'on a douné à ce dernier mot ; nous pensons que tous les cas cités comme tels, par les auteurs , doivent être rapportés à Yéjiilcpsie syinptoind tique j ou à Yépilepsie idiopathique , dont la cause anatomique nous échappe. Nous renvoyons l'étude des causes qui peuvent produire Yépilepsie syinptomatique , étude qui seule offre qae'ques particularités, au paragraphe dans lequel nous nous occuperons de l'étiologie de l'épilepsie en général ; nous n'établirons dans la division de cette maladie qu'un seul genre, qui sera constitué par l'épilepsie que, pour éviter toute discussion de mois , nous appellerons nerveuse (épilepsie idiopathique, essentielle , cérébrale des auteurs), et nous admettrons ensuite, à titre de variétés: l^fépilepsie des nouveau-nés ; 2" l'épilepsie des femmes en couches ; 3° l'épilepsie saturnine.
Altérations anatomiques. — Rien de plus variable que le siège et la nature des altérations que l'on rencontre chez les épileptiques. VorUl {Observations sur la nature et le traitement île l'épilepsie ; Paris, 1827) a divisé la partie anatomo-pathologique de son ouvrage en quatre sections : dans la première, il décrit les altérations reconnues dans le cerveau, sans aucunes lésions découvertes dans d'autres organes ; dans la seconde, les altérations reconnues en même temps dans le ccneau, et en
d'autres parties du corps; dans la troisième, les altérations reconnues en diverses parties du corps, sans qu'il en ait existé dans l'encéphale; enfin, dans la quatrième, il rapporte des observations dans lesquelles aucune altération morbide n'a pu être reconnue ni dans l'encéphale, ni dans aucune autre partie du corps. Nous ne pouvons suivre un ordre aussi peu méthodique, et qui entraîne des répétitions sans nombre : nous nous bornerons pour le moment à énumérer les différentes altérations que l'on a observées chez les épileptiques , sans rechercher si ce n'est pas à tort que beaucoup d'entie elles ont été rattachées à l'épilepsie, sans discuter leur nature, et en prévenant le lecteur qu'elles se trouvent combinées de mille manières différentes sur le même individu, et que quelquefois elles font complètement défaut : c'est dans un autre paragraphe (voy. Nature et Siège) que nous examinerons si l'on peut caractériser anatomiquement l'épilepsie, et la distinguer, sous ce point de vue, de l'aliénation mentale, de l'encéphalite chronique, etc.
A. système nerveux. — 1** Enveloppe osseuse. «L'inspection du crâne des épileptiques vivants, dit le docteur Margue (Z>e l'épilepsie et de ses différences avec l'hj'stcrie.1 thèse de Paris, 1824, n"" 115, p. 23') n'a fourni , jusqu'à présent, que peu de données positives. Le crànomètre n'a offert pour résultat que des proportions à peu près analogues à celles des crânes d'autres personnes. Les épileptiques et les idiots-épileptiques de naissance , offrent , en général , un crâne mal conformé , soit aux parties antérieures, soit aux parties postérieures. Antérieurement le front est rétréci et fuyant en arrière , circonstance qui tend à rendre plus aigu l'angle facial.» Dumas a établi que les enfants étaient d'autant plus exposés à devenir épileptiques, qu'ils avaient l'angle facial plus rapproché de soixante-dix degrés. Postérieurement le crâne est large, élevé, arrondi. Cette disposition organique se lie souvent à une épaisseur assez considérable des os. Leduc et Lorry avaient en effet remarqué, que la tête des épileptiques était plus grosse, que les sutures étaient souvent effacées , et les os du crâne plus épais. Bonté a trouvé un occipital qui avait neuf ligues d'épaisseur ; Portai a cité des cas semblables {loc. cit., p. 57). Dans d'autres circonstances, les os du crâne étaient au conti aire amincis. Portai ( loc. cit., p. 64 ) a vu les pariétaux dans leur partie latérale convexe, et les quatre bosses occipitales, n'être presque que membraneuses et pellucides. Morgagni a vu la voûte du crâne, à l'exception de quelques endroits dans lesquels elle avait son épaisseur naturelle, et où elle formait une saillie en dedans, être partout d'une ténuité incroyable ( Rech. sur le siège et les causes des maladies, lettre ix, u° 20) : ainsi que
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Bonté, il a vu souvent des déformations plus ou moins considérables du crâne. Lieulaud rapporte ( Hist. anat. méd., lib. iv, obs. 4) qu'on a reconnu, par l'examen du crâne de plusieurs épileptiques, que sa cavité était plus grande que dans l'état naturel, quoique ses os fussent très-épais et tellement réunis, que le crâne ne paraissait formé que d'un seul ou de deux, trois ou quatre os. «On voit fréquemment , dit Portai (loc. cit. , p. 29), des crânes très-amples avec des ossifications incomplètes, sans sutures, ou dont les os sont restés cartilagineux en divers endroits. » Le même auteur rapporte que le crâne présente quelquefois des dilatations partielles : dans un cas observé par Mertrod, le côté gauche était beaucoup plus ample que le côté droit ( loc. cit., p. 75 ). Dans une observation rapportée par M. Bell {Bull, de la Soc. anat., mai, 1831), les os du crâne présentaient des altérations remarquables. La portion frontale droite avait une épaisseur presque double de celle du côté opposé; la fosse sus-orbitaire droite était plus élevée, et la fosse temporale moyenne , par cela même plus profonde , offrait beaucoup d'inégalités et de scissures ; h fente sphénoïdale était déformée; l'apophyse clinoïde antérieure droite, placée plus en avant ; l'apophyse crista-galli , déjetée à droite ainsi que la bosse occipitale interne et le trou occipital, ce qui faisait paraître la cavité crânienne contournée. Le diamètre latéral de la partie droite était d'un tiers moins grand que celui de la partie gauche. Wenzel a signalé des vices de conformation, la carie de la portion osseuse qui forme la selle turcique , et des apophyses qui la couronnent. La carie des os du crâne ou des vertèbres a été fréquemment constatée: Lieutaud(/oc. cit., lib. IV, obs. 28), Portai (loc. cit., p. 91 ), en citent plusieurs exemples : dans un cas, elle avait produit la flexion antérieure du canal vertébral, le rétrécissement de la cavité médullaire, et la compres.sion , à leur sortie du canal spinal , des nerfs qui vont former la queue de cheval (Portai, loc. cit., p. 64). On a indiqué les exostoses développées sur les os du crâne , les fractures non consolidées de ceux - ci , les tumeurs de diverse nature formées sur leur table interne ( Lieutaud , /oc. cit., lib. iv, obs. 17, 19),récartement de leurs deux tables. M. Ribes a trouvé une balle incarcérée dans la portion orbitaire du coronal (Portai, loc. cit., p. 96). Diverses altérations ont été notées par M. Larrey {Notice sur l'épilcpsie suivie de plusieurs observations sur les lésions des os du crâne qui peuvent déterminer cette maladie^ in Revue médicale^ t. vni, p. 257).
2" Enveloppes membraneuses. — Des emmanchements de diverse nature ont été trouvés, tantôt entre la dure-mère et la calotte osseuse , tantôt entre les méninges, tantôt enfin entre celles-ci et le cerveau. Lieutaud ( loc, cit., lib. ui , obs. 543) a vu du pus
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épanché entre le crâne et la dure-mère ; Fanton , un gaz qui séparait les membranes les mes des autres {Remarques sur Paccioni , p. 22); Morgagni {loc. cit., n** 3) signale l'hydrocéphalite; M. Galmeil a vuune quantité considérable de sérosité épanchée entre l'arachnoïde cérébrale et la pie-mère {De l'épilepsie étudiée sous le rapport de son siège , etc. , thèse de Paris , 1 824 , n*' 1 1 0, p. 1 7 ). Sur quarante-deux épileptiques fur'eux ou imbéciles, Greding a observé vingt et une fois l'hydropisie de l'arachnoïde (/llfcrA'zinische ^phorismen ûber Melancholie und verschiedene mil ihr mehr oder weniger verwandlen Krankheiten^ 1 790); Bonet a trouvé le canal rachidien plein de sérosité. Sur quatre épileptiques aliénés, M. Paichappe a vu deux fois une infiltration séreuse de la pie-mère ( Recherches sur l'encéphale , sa structure , ses fonctions et ses maladies, 2^ mémoire, Paris, 1838, p. 199);MM. Boucher et Cazauvieilh l'ont observée une fois. M. Parchappe a trouvé, sur ses quatre malades, une fois une hémorrhagie de la pie-mère, et une foisune hémorrhagie de lacavitéarachnoïdienne.M.Calmeil a vu loullepourtourdu cerveau parsemé d'hydatides qui se prolongeaient dans le canal vertébral; M. Esquirol a trouvé un grandnombre d'acéphalocystes contenus dans l'arachnoïde rachidienne.
«L'inspection , dit M. Foville ( Dict. de méd. et de chirurg. pral., art. Épilepsie), des organes encéphaliques, des épileptiques, sans complicaliou de désordre permanent dans les fonctions intellectuelles et locomotrices, vous offrira une altération constante toutes les fois que ces malades seront morts pendant une attaque : cette altération sera une injection générale très-forte; la dure-mère, l'arachnoïde , le cerveau , le cervelet , seront gorgés d'un sang livide.» Dans quatorze cas d'épilepsie consécutivement compliquée de démence , MM. Boucher et Cazauvieilh ont rencontré toutes les fois une hypérémie des membranes ou de la substance grise ( De l'épilepsie , considérée dans ses rapports avec l'alicnaiion mentale., in Arch. génér. de méd., t. ix, f^ série, p. 510); cependant cette congestion peut ne pas exister , lorsque les malades n'ont point succombé pendant un accès, et même lorsque la mort est survenue pendant une attaque (Georget, Dict. de méd., art. Épilepsie ). M. Parchappe ne l'a rencontrée que deux fois sur ses quatre malades, et elle ne s'est présentée que quatre fois dans les quarante-deux épileptiques observés par GreJing. M. Piorry pense que , lorsqu'elle existe, elle doit être rattachée à l'état d'asphyxie dans lequel succombent les malades; les vaisseaux des méninges sont souvent dilatés , engorgés, variqueux ; contiennent des concrétions fibrineuses , même osseuses. Mutel a trouvé les vaisseaux rachidiens variqueux et gorgés de sang.
La dure-mère a présenté divers étals pathologiques.
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Lieutaud ( loc. cit., lib. m , obs, 48, 50, 51 ) , et plusieurs autres auteurs , ont trouvé des pointes , des plaques osseuses dans la grande faux du cerveau. M. Bell a vu la dure-mère , parfaitement saine à gauche , présenter à droite, dans la région pariétale , une large ossification , laquelle, s'étendant, au moyen d'ossifications plus petites , jusqu'à la région frontale, enfermait l'hémisphère cérébral correspondant dans une seconde calotte, osseiae presque ccmplète (Bull, de la Société anat. , mai 1831). Lieutaud a trouvé cette membrane épaissie et hérissée de tubercules ( /oc. cit., obs. 18); M. Esquirol ( /?e* maladies mentales , 1 836 , 1. 1, p. 309 ) a trouvé adhérant à sa face interne une tumeur osseuse , ovoïde, de huit lignes de diamètre, qui déprimait les circonvolutions supérieures du cerveau; des tumeurs de volume variable ont été vues sur ses différents replis , sur la tente du cervelet ( Heckers Lexicon, t. m, partie 2 , p. 96). Le docteur [\Iénard a vu la dure-mère rachidienne offrir des plaques rouges disséminées çà et là : les traces d'inflammation devenaient de plus en plus évidentes à mesure qu'on se rapprochait du cerveau ( Ohsen-ation pour servir à l'Iiistoire du siège et des causes de l'épilepsie, in Revue médicale , 1 825 , t. i , p. 390 ).
L'arachnoïde est fréquemment le siège de différentes altérations. Sur les quarante-deux malades observés par Greding, elle a été trouvée seize fois épaissie et opaque ; sur les quatre malades de M. Parchappe, elle a offert cet état quatre fois ( mém. cit., p. 199); sur les quarante-deux malades de Greding , elle a présenté vingt-trois fois des petits corps spongieux, mous, hémisphériques, du volume d'un grain de moutarde à celui d'une lentille', etneuf fois des ossifications. M. Galmeil ( loc. cit. ^ p. 1 7 ) a vu l'arachnoïde vertébrale parsemée de petits points cartilagineux et osseux. Sur douze cadavres de femmes épileptiques , MM. Esquirol et Amussat ont trouvé les méninges rachidiennes injectées une fois, et deux fois d'un aspect grisâtre; neuf fois des concrétions de forme lenticulaire, d'une ligne d'épaisseur, de une à trois lignes de diamètre, cartilagineuses ou osseuses , plus ou moins multipliées, étaient disséminées dans toute l'étendue de la face externe de l'arachnoïde rachidienne (Esquirol, Traité des maladies mentales, 1. 1 , p. 311). Lieutaud indique des excroissances sarcomateuses dans les membranes {ioc. cit. ,X\\). m, obs. 217, 224).
Des épanchemenls de sérosité se rencontrent souvent dans les ventricules. Sur ses quarante-deux malades , Greding a trouvé treize fois une hydropisie considérable des ventricules latéraux , quatre fois une hydropisie considérable du troisième ventricule , et six fois une hydropisie du quatrième ventricule. Sur ses quatre malades, M. Parchappe a trouvé trois fois
une dilatation des ventricules avec hydropisie ( loc cit.). Quelquefois l'épanchement ventriculaire estcon stitué par du sang (Lieulaud, loc. cit., lib. ni, obs. 282). Des tumeurs squirrheuses, osseuses (Esquirol) , adipeuses (Lieutaud, loc. cit. , lib. i, obs. 491), ont été rencontrées dans les ventricules ; les plexus choroïdes ont présenté des kystes séreux , des concrétions granuleuses ( Lieutaud , loc. cit. , lib. m , obs. 173) , des hydatides {ihid., obs. 157); M. Nivel rapporte une observation dans laquelle la présence de cysticerques aurait donné lieu à des attaques d'épilepsie (Obs. de cysticerques, Jrch. génér. de méd., décembre 1839); enfin, les méninges sont fréquemment adhérentes entre elles ou au cerveau.
3° Tissu nerveux. — C'est lé tissu nerveux encéphalique lui-même qui , chez les épileptiques , présente les altérations les plus fréquentes, et ce sont celles-ci qui ont surtout fixé l'attention despathologistes. Étudions-les avec soin , après avoir indiqué que plusieurs auteurs ont rattaché à l'épilepsie des abcès ( Lieutaud , loc. cit., lib. M, obs. 118), des foyers hémorrhagiques ( Parchappe ) , des cancers du cerveau, des tubercules (Portai, /oc. c?7.^ p. 36) , des tumeurs fongueuses (Lieutaud, loc. cit., lib. ni , obs. 209), des mélicéris {ibid., obs. 20 1 ), développés dans cet organe, des corps étrangers qui y étaient demeurés pendant plus ou moins longtemps, tels que balle de fusil ( Didier), portion d'épée (Bartholin ) , etc.
Greding a trouvé, vingt-quatre fois sur quarantedeux, le cerveau tout entier, mou, humide et visqueux; Portai a vu un ramollissement général de cet organe ( loc. cit. , p. 53 ). Sur quatorze cas, MM. Boucher et Cazauvieilh ont trouvé sept fois des ramollissements généraux ou partiels de l'encéphale, et trois fois des ramollissements partiels de la moelle épinière ; sept fois sur quatorze, les mêmes auteurs ont vu les circonvolutions petites et atrophiées. D'un autre côté, l'induration et l'hypertrophie ont été fréquemment observées (Portai, loc. cit., p. 8); Morgagni , Meckel ,Boerhaave, ont trouvé le cerveau dur et même calleux ; sept fois sur quatorze, MM. Boucher et Cazauvieilh ont noté l'induration des deux substances, de lasubstance blanche, ou de la corne d'Amrnon: L'hypertrophie du cerveau ne s'est présentée à eux qu'une seule fois, tandis que M. Ferrus assure l'avoir presque constamment rencontrée, accompagnée d'une augmentation de densité , d'une coloration éclatante de la substance blanche et d'une hypertrophie du crâne : «L'hypertrophie de la boîte osseuse, et celle delà substance cérébrale qu'on rencontre à l'autopsie de presque tous les épileptiques, dit M. Ferrus, s'expliquent assez naturellement par les congestions sanguines dont la tête est si fréquemment le siège» ( Leçons cliniques sur les maladies mentales; G<ïz. méd. de Paris , t. iv, p. 698, 1836, n*^ 44 ), Le poids
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considérable de l'encéphale ( moyenne 1 kil. 498 ) dans mes quatre observations , dit M. Parchappe [loc. cit., p. 201 ), pourrait être invoqué à l'appui du résultat des recherches de M. Ferrus. «Le cerveau, avait dit Portai ( loc. cit. ^ p. 41 ) , a quelquefois plus de volume chez les épileptiques, qu'il ne doit en avoir pour être contenu convenablement dans le crâne, quoique sa substance ne soit pas altérée , et que la cavité crânienne ne soit point rétrécie, ni viciée dans sa configuration , tantôt par excès de sang , tantôt par une surabondance d'eau.»
Dans un cas, les couches des nerfs optiques du côté droit ressemblaient à de la bouillie brunâtre (Esquirol, art. cit. ). Baillie, Sœmmering, ont trouvé la glande pinéale plus ferme; Wenzel {Beobachlungen ûber den Hirtianhang falls uchtigerPersonen; Mayence, 1810 ) assure qu'on y rencontre constamment quelque altération. Greding l'a trouvée molle sur vingtcinq épileptiques; dix fois sur vingt elle était entourée de sérosité ; quinze fois sur quarante-deux, elle était sableuse ou pierreuse; «mais, dit M. Esquirol , la glande pinéale contient si souvent des concrétions osseuses , qu'ici cette altération ne prouve rien.»
Sur vingt épileptiques, Wenzel a trouvé sept fois la glande pituitaire volumineuse; dix fois il a vu dans son intérieur une matière jaune, solide, pulvérulente; cinq fois, au lieu de celte matière, se trouvait un fluide trouble et visqueux; souvent la face supérieure de cet organe lui a offert des traces d'inflammation lorsqu'il n'y avait aucune altération dans le cerveau ou les méninges.
M. Guislain {Traité sur les phrénopathies , ou doctrine nouvelle des maladies mentales; 1835) a rencontré l'induration des olives sur plus des deux tiers des aliénés et épileptiques dont il a fait l'autopsie; le docteur Burggraave a également observé plusieurs fois cette altération, qui n'est point, dit-il, le résultat d'une inflammation chronique, et qui se présente sous la forme d'une ténacité plus grande de la fibre médullaire, d'un excès de cohésion entre les molécules de cette fibre , sans aucun changement dans ses caractères d'organisation propre ( Gazette médicale de Paris, 1836, n° 46, t. iv, p. 733).
MM. Boucher et Gazauvieilh ont particulièrement insisté sur les altérations de consistance que présente l'encéphale -.'sur 18 autopsies, ils ont rencontré 11 indurations cérébrales , et quatre fois cet organe était ramolli. Ces altérations avaient presque toujours leur siège dans la substance blanche, et nous verrons plus tard quelle opinion palhogéniqueles auteurs, que nous venons de citer, ont rattachée à cette circonstance. La substance grise offre souvent des marbrures rouges , violacées , des adhérences avec les membranes.
Le cervelet présente quelquefois l'une ou l'autre des aUérations que nous venons d'énumérer:le docteur
Hofer y a trouvé, dans un cas, une véritable ulcère d'un pouce et demi d'étendue ( Medic. corresp. B'.att., bd. vin, n« 51 ; décemb. 1838). la moelle épinière a été vue ramollie ou indurée; MM. Boucher et Gazauvieilh l'ont trouvée dure quatre fois sur quatorze ; MM. Esquirol et Amussat ont vu, quatre fois sur douze, la substance du prolongementrachidien altérée, ramollie, particulièrement dans la portion lombaire (Esquirol, ouvr- cité, p. 31 1). Enfin on a signalé des altérations de plusieurs troncs nerveux, des nerfs inter-costaux, des nerfs diaphragmatiques (Hecker, loc. cit. , p. 97). Dans un cas , une tumeur du volume d'une noisette comprimait le nerf laryngé (Capel, Diss. deepilepsia, tumore neri^o vago inhœrentc; Helmst., 1787).
B. Appareils circulatoire et respiratoire. — Les vaisseaux encéphaliques et rachidiens sont, comme nous l'avons dit , souvent gorgés d'une grande quantité de sang noir. Portai a constaté une dilatation considérable des artères basilaire et vertébrale {loc. cit. , p. 59) ; Lieutaud , une dilatation de l'aorte : il a trouvé les vaisseaux encéphaliques variqueux {loc. cit., lib. in,observ. 481); ceux qui se distribuent aux méninges contiennent quelquefois des ossifications, ou sont oblitérés. Les sinus du cerveau et ceux de la moelle épinière, dit Portai {loc. cit., p. 44), sont tantôt plus amples et plus pleins de sang, tantôt rompus , tantôt si rétrécis , que leur cavité est annihilée au point qu'ils sont devenus comme ligamenteux, cartilagineux ou o.sseux. Non-seulement les sinus du cerveau, mais la plupart des vaisseaux San- >; guins intérieurs de la tête seuls , ou conjointement à d'autres vaisseaux de diverses parties du corps, ont été trouvés ossifiés chez des épileptiques : ainsi on a noté des ossifications de l'aorte. Dans un cas. Portai {loc. cit., p. 70) a vu une hypertrophie du cœur avec dilatation des cavités; dans un autre, le docteur Ghapeau a trouvé, chez un enfant de douze ans, un cœur dont le volume, dû presque exclusivement à l'oreillette droite , ne dépassait pas celui d'un œuf de poule (Séance de l'Acad. de méd., 5 juill. 1825). Van-Swieten prétend avoir vu une attaque d'épilepsie mortelle produite par la résorption du pus d'une vomique.
G. Appareil digestif. — On a rapporté à l'épilepsie différentes altérations trouvées, chez des épileptiques, dans le tube digestif ou ses annexes : ainsi on a noté un squirrhe du pharynx (Lieutaud, loc. cit., lib. iv, observ. 1189), un squirrhe du foie, des calculs biliaires (Portai, loc. cit., p. 102); un calcul engagé dans le canal cystique ( Lieutaud , loc. cit. , lib. i , observ. 899), le squirrhe de la vaXt\Sepulchr. anat., lib. I , sect. 1 2 , observ. 42). Il est inutile de faire remarquer qu'il est impossible de rattacher à ces lésions aucune idée pathogénique.
D. Jpparcil génilo-urinaire. — L'hypertrophie
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de la matrice a été rencontrée un assez grand nombre de fois: Portai a trouvé des hydatides dans l'ovaire {loc. cit., p. 86); Morgagni , un squirrhe du rein {loc. cit., art. 1 2) ; Lieutaud , des calculs et des hyditides de cet organe ( loc. cit. , lib. i, observ. 1173 et 1627), des calculs yésicaux.
Pour résumer Thistoire anatomo-pathologique de l'épilepsie , on peut dire, avec M. Foville : Si vous examinez le système nerveux d'un épileptique chez lequel il n'a pas existé un trouble durable dans l'exercice des fonctions intellecluelles et locomotrices, vous ne trouverez aucune altération constante. Si le malade a succombé à une affection étrangère à l'épilepsie, on ne trouve rien , absolument rien, dans le plus giand nombre des cas ; quelquefois on rencontre un tubercule, un cancer, uue production ostéo-calcaire , qui peut bien être regardée comme cause occasionnelle du désordre qui a excité les attaques; mais ce désordre lui - même a disparu comme les symptômes , et le tubercule reste pourtant, sans qu'aucun phénomène trahisse «a présence. Si le malade est mort dans une attaque, on trouve presque constamment une congestion encéphalique; mais cette altération est due à l'asphyxie à laquelle a succombé le malade. Chez les épileptiques qui offrent un désordre intellectuel permanent et un affaiblissement dans les mouvements, ou trouve dans le tissu nerveux céphalo-rachidien , ou dans ses enveloppes membraneuses ou osseuses, l'une ou l'autre des altérations que nous avons énumérées , et celles que nous décrirons à propos de l'aliénation mentale, sans qu'il soit possible de déterminer celle qui caractérise l'épilepsie; quelquefois, cependant, l'examen le plus attentif ne peut faire découvrir aucune lésion: «Gertum enim est, dit Van-Swieten, « causam epileptiae adeo latere posse , ut nullis sensibus «oblegi possit, .sed tantum se manifestet suis effeetis» {Comment in Boerh., de cognosc. et cur. morh., aph. 1076). Lieutaud, Baillou, Morgagni, plusieurs auteurs modrnes, et particulièrement M. Gibert, ont maintes fois constaté ce fait.
Les altérations des appareils circulatoire , digestif et génito-urinaire, se rencontrent avec celles du système nerveux , ou existent seules , lorsque celles-ci manquent , et ce sont les cas de ce genre qui ont conduit les auteurs à admettre une épilepsie sympathique. Enfin, dit Tissot, l'on a souvent ouvert des cadavres de gens épileptiques dont tous les viscères étaient absolument sains [Traité des nerfs, t. ui, part, i, p. 147); Portai a rapporté plusieurs observations, desquelles il a conclu que «plusieurs personnes sont mortes d'épilepsie sans aucune lésion apparente, nonseulement dans leur cerveau , mais encore en aucune autre partie de leur corps» (/oc. cit., p. 108). En admettant la possibilité de cette absence de toute altération appréciable chez des épileptiques malades de-
! puis longtemps, nous devons dire , cependant , que les progrès qu'ont faits dans ces deinières années le diagnostic et Tanatomie pathologique, ont rendu les cas de ce genre de plus en plus rares.
Sjmplomatologie. — Pour tracer convenablement le tableau de l'épilepsie, il est nécessaire de considérer isolément chacune des attaques intermittentes qui , dans cette affection , se reproduisent à des intervalles plus ou moins éloignés, et l'ensemble de ces mêmes attaques , lequel constitue la maladie : nous avons, par conséquent, à étudier, en suivant l'ordre naturel de succession des phénomènes morbides et des circonstances qui s'y rattachent : A. le début de l'épilepsie ; B. le début des attaques ; G. leurs symptômes ; D. leur marche ; E. leur durée ; F. leur terminaison et leurs phénomènes consécutifs immédiats ; G. leurs intervalles et leur reproduction ; H. la marche et la durée de l'épilepsie; L ses terminaisons.
A. Débat de l'épilepsie. — Ainsi que l'a constaté J. Frank, sur trois cents épileptiques dont il a pu recueillir l'histoire complète, la maladie, surtout lorsqu'elle se manifeste sous l'influence d'une cause occasionnelle déterminante, se déclare le plus ordinairement brusquement, chez des personnes ayant joui jusqu'alors d'une santé parfaite. Cependant quelques observations semblent établir que l'épilepsie est quelquefois annoncée par des prodromes plus ou moins caractérisés, principalement lorsqu'elle est spontanée, congénitale, liée au développement d'une altération organique. Horslius rapporte l'observation d'un enfant chez lequel elle fut précédée de paralysie {Obs. méd. , obs. 41); Stahl l'a vue succéder à un gonflement du cou ( Theoria medica pathol. , sect. ii , p. 1017); Tissot, à une aphonie et à un délire agité {loc. cit., p. 1 75) ; Wepfer, à la catalepsie [De morb. capit., obs. 125, 126). On lit, dans les Blémoires des curieux de la nature., l'observation d'une femme chez laquelle l'épilepsie fut annoncée par une cécité qui se dissipa avec la première (cent, ni, déc. v, obs. 28). J. Gopland assure qu'avant d'éprouver leur première attaque, les épileptiques ont souvent des terreurs subites, des crampes, des vertiges, des paralysies partielles, de la chorée , des palpitations , des épistaxis [loc. cit., p. 785). Il est assez difficile, lorsque ces phénomènes existent , de se prononcer sur leur caractère , et si on peut les considérer comme des prodromes, dans les cas où l'épilepsie se manifeste spontanément, par suite du développement graduel d'une altération organique, d'une cause quelconque, qui s'exerce d'une manière continue, ils nous paraissent devoir être regardés comme des complications dans les cas beaucoup plus nombreux, où l'épilepsie apparaît tout à coup sous l'influence d'une cause occasionnelle et déterminante. Nous aurons occasion de revenir sur cette considération. Quelques auteurs ont
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décrit, sous le nom de petit mat, et comme une forme particulière d'attaques épileptiques, des phénomènes qui, quelquefois, précèdent le développement de la maladie, et doivent être, dans ce cas, regardés comme des prodromes. Le malade éprouve une espèce àétourdis seine fit , de vertige , il perd connaissance , tombe, s'il était debout; s'il était assis, conserve la position qu'il avait, sans pouvoir en changer; ses yeux sont fixes et hagards , un peu d'écume apparaît à la bouche ; quelquefois des mouvements convulsifs légers agitent les yeux, les lèvres, un doigt, un membre; au bout de quelques secondes, d'une ou deux minutes au plus, cet état cesse brusquement, le malade recouvre immédiatement ses facultés, et ne conserve que rarement , pendant quelques minutes , un peu d'hébétude et de céphalalgie. Quelques sujets recouvrent leur intelligence immédiatement après l'attaque, et achèvent la phrase de la conversation qu'ils avaient commencée. Ces symptômes précèdent souvent de plusieurs années l'appaiition de la première attaque : «Un étourdissementj, dit M. Galmeil ( thèse citée, p. 13), paraît parfois être si peu de chose, que beaucoup de personnes le remarqueraient à peine; cependant il est des plus graves : il est le signe certain de l'épilepsie, il tourmente les malades, et les plonge dans l'abrutissement.» Le médecin que nous venons de citer a encore décrit, sous le nom ai! absences, des phénomènes qui pourraient bien n'être «qu'un vertige avorté, de même que les vertiges pourraient bien être des accès incomplets. Le malade tombe dans une espèce d' extase, les fonctions ne sont point troublées, mais les sens sont fermés aux impressions. Si, dès le début, on interpelle le malade, l'absence cesse aussitôt; dans le cas contraire, elle ne se di^sipe qu'au bout de quelques secondes. Nous reviendrons sur ces symptômes, qui souvent prennent la place des attaques proprement dites.»
B. Délml des attaques. — «Sur cent malades, dit Georget (article cité), on en trouve à peine quati-e ou cinq dont les attaques soient précédées et annoncées par des symptômes précurseurs. Chez les quatre-vingt-quinze ou quatre-vingt-seize autres, l'invasion de l'attaque est subite: le malade jette un cri, tombe tout à coup sans connaissance, comme s'il était frappé de la foudre , ou comme un animal qu'on assomme d'un violent coup sur la tête.» Fréquemment, en effet, aucune circonstance symptomatologiquene vient prévenir l'épileptique qu'il va éprouver une attaque : mais il n'en est pas toujours ainsi, et, dans d'autres cas, que M. Beau a trouvés être plus nombieux que ne l'indique M. Galmeil, d'après Georget, celle-ci est annoncée plusieurs heures , ou même plusieurs jours à l'avance, par des symptômes sur la nature desquels le malade ne se trompe pas , bien a'ils varient à riufini. J. Copland (/oc. cit., f. 786)
pense, avec M. Esquirol (ouvr. cité, p. 278), que ces prodromes manquent dans l'épilepsie idiopathique ou essentielle, tandis qu'ils existent presque toujours dans l'épilepsie symplomalique.
Les anciens auteurs, et Tissot lui-même, ont beaucoup insisté sur l'existence d'une aura epileptica, qu'ils ont considérée comme un signe précurseur fréquent des attaques. Dans un point plus ou moins éloigné du cerveau, il se manifeste , disent-ils, une sensation de froid , de chaleur, de frisson , de chatouillement , d'engourdissement ou de douleur ; le malade sent aussitôt une espèce de vapeur, qui de ce point se dirige vers la têle, et détermine l'accès aussitôt qu'elle est parvenue à l'encéphale. L'aura epileptica aurait été observée dans presque tous les points du corps, à la poitrine, à l'épigastre, à l'abdomen, à l'utérus; Dovinet l'a vue commencer par la lèvre supérieure ; Brunner, par la nuque (Wepfer, De cicat. aquat.j p. 97); Donat , par le sein [Hist. mirabil., lib. u, cap. 4); Mollier, par les extrémités supérieures {De morb. intern. , chap. xvi , p. 105); Tissot , par la partie moyenne antérieure de la cuisse {loc. cit., p. 93 ) ; Galien , par la jambe ( De loc, ajfect. , lib. ni, cap. 2); Alexandre de Tralles, par le dessus du pied; Raulin, par la plante du pied {Traité des ajfections vaporeuses , p. 43). En plaçant une ligature entre l'aura et le cerveau, eu établissant un exutoire sur la partie qui en est le siège, ou en la retranchant, eu pratiquant l'extension des membres, en obligeant le malade à marcher, en lui faisant respirer une substance fortement aromatique ou excitante, on prévenait, dit-on , l'attaque , on guérissait même quelquefois la maladie.
Quand l'épilepsie est sympathique, dit Tissot {loc. cit., p. 173), l'accès est toujours annoncé par l'aura, qui monte de la partie qui est le siège du mal au cerveau, et qui donne souvent le temps d arrêter l'accès par une ligature. »
Pour prouver la réalité de leurs assertions, les auteurs ont reproduit pendant longtemps, sur la foi les uns des autres, quelques faits que l'on voit avec étonnementêtre enregistrés et acceptés sans discussion par MM. Esquirol et J. Copland; car l'observation ire permet guère aujourd'hui de leur ajouter foi , ou du moins de les interpréter de la même manière. De nos jours , malgré le grand nombre d'épileptiques qui se trouvent réunis à Bicêtre, à la Salpêtrière , à Chareaton , on a vainement cherché à constater ïaura epileptica , et l'on n'est point parvenu à prévenir les attaques épileptiques par les moyens que nous venons d'énumérer. U est à croire que les anciens n'auraient pas été plus heureux que nous, si, plus sévères dans leur diagnostic, ils n'eussent point confondu avec l'épilepsie , l'hystérie et une foule de phénomènes nerveux qui souvent sont accompagnés, dans leur
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marche et dans leurs symptômes, de circonstances bizarres : ce sont ces dernières qui auront été décrites sous le nom i'aura. Cependant M. Foville, tout en reconnaissant qu'on ne saurait adopter à cet égard les opinions des anciens, pense qu'il ne faut point nierd'uue manière absolue l'existeuce des sensatious bizarres qu'on a désignées sous le nom à' aura epileptica. M. Piorry va beaucoup plus loin; il pense qu'il n'existe jamais d'épilepsie sans aura , et que lorsque celle-ci n'est point accusée par le malade , cela tient à ce qu'elle a son point de départ dans l'œil, et qu'en raison du peu de longueur du nerf optique, elle s'élance comme un trait vers l'encéphale, et détermine l'attaque avant que l'impression de l'aura ait pu être assez profondément gravée dans le cerveau encore sain, pour que , lors du retour de la connaissance , la mémoire s'en conservât ( Piorry, Mémuiie sur la nature et le traitement de plusieurs nécroses). Nous aurons occasion de revenir sur cette opinion qui appelle de nouvelles recherches ; mais demandons- nous, cependaut , si ces sensations , lorsqu'elles existent, ne sont pas dues à l'imagioation des malades , de même que les halluciaalions qu'ils éprouvent. Gomment expliquerait- on autrement le fait rapporté par M. Beau, d'une femme dont la maladie avait été causée par uu serpent nwrt qu'on lui avait lancé sur la nuque , et qui éprouvait en cet endroit une sensation de constriction immédiatement avant de tomber.
D'autres phénomènes, plus ou moins extraordinaires, ont encore été indiqués comme symptômes précurseurs des attaques. Tissot dit avoir vu une malade chez laquelle les accès étaient annoncés au moins dix heures à l'avance , par une rougeur assez marquée au haut des narines et entre les sourcils; chez d'autres, ils étaient précédés d'une rougeur des mains, de convulsions et de cris qu'on avait comparés à celui du perroquet (^Portai , /oc. cit., p. 128;, d'éruptions cutanées , eLc. J. Frank a vu un malade dont tout le corps se couvrait d'un vililigo alba. M. Esquirol a vu des malades tourner sur eux-mêmes pendant quelques minutes ; d'autres , courir à toutes jambes , jusqu'à ce qu'ils soient tombés , sans que rien put les arrêter (ouvr. cit., p. 280).
Des troubles plus ou moins graves ont été observés dans presque tous les appareils. Ceux des fonctions digestives sont fréquents : les malades éprouvent un sentiment de chaleur, de rétraction dans la région épigastrique, quelquefois des douleurs très-vives (Portai, loc. cit.j, p. 129), un sentiment de constricliou au pharynx ou dans l'œsophage; ils ont des éructalions, des nausées, des vomissements: ceux-ci, chez vingt-et-un épileptiques traités par J. Frank à l'hôpital de Wilna, annonçaient constamment, chez sept malades, l'invasion de l'attaque; d'autres ont des borborygmes, des déjecliojis iavoloutaires de matières
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d'une fétidité extrême et particulière (J. Copland, loc. cit.j p. 786) ; les uns ont de la répugnance pour les aliments ; les autres , un appétit vorace : « Certains, dit Portai {loc. cit.,^. 128), avant de tomber àterre, roulent leur langue dans la bouche , la mordent même ; leurs lèvres sont en convulsion. Us éprouvent souvent un flux de salive qui découle avec plus ou moins d'abond.uice de la bouche , et qui est plus ou moins blanche, écumeuse ou gluante, quelquefois sanguinolente; cette salivation, dans quelques épileptiques , annonce l'invasion de l'accès. » M. Beau a vu une épileptique dont la langue se gonflait pendant les trois nuits qui précédaient l'attaque. M. Esquirol pense que ces phénomènes présagent Yépilepsie gastrique.
Les fonctions de circulation et de respiration présentent également différentes altérations : la peau devient rouge en certains points ou sur toute la surface du corps. Tissot a vu un malade qui prévoyait ses accès vingt-quatre heures à l'avance, par un gonflement des veines du front (/oc. cit., p. 172). Tulpius a connu une femme chez laquelle ils étaient annoncés par un battement plus fréquent des artères temporales. En général , on observe les symptômes de la congestion cérébrale : la face est rouge, ou, au contraire, très-pâle; les lèvres sont violacées; les veines du cou sont gonflées; les artères de la tête battent avec force ; les malades ont des tintements d'oreilles, des éblouissements; les objets leur paraissent être colorés en rouge ou en noir; quelques-uns s'imaginent voir des lumières, des flammes, des étincelles, des corps en ignition : Arétée avait déjà noté celte circonstance (^ea'/c/n. septcnt., ch. VI, p. 109); d'dulreséprouvent des palpitations, une vive douleur précordiale; des épistaxis , des hématuries (J. Copland, loc. cit.^ p. 786), annoncent quelquefois l'invasion de l'attaque. Ces différents symptômes sont regardés par M. Esquirol comme les prodromes de l'épilepsie angiolénique ou pléthorique. La respiration est gênée, difficile, fréquente; les malades éprouvent un sentiment très-douloureux de constricliou dans la poitrine et au larynx ; ils ont des bâillements , des lypolhimies.
Les organes génilo-uriuaires sont quelquefois le siège des prodromes. Les femmes éprouvent des douleurs violentes vers la matrice , dans les régions lombaires , comme si elles étaient violemment étreintes par une ceinture (Portai, loc. cit., p. 126); la sécrétion urinaire est augmentée, diminuée ou supprimée; l'urine est claire et blanche ou trouble et rouge : Schenck fait mention d'une femme dont la crise s'annonçait toujours par une incontinence d'urine; Doussin-Duhreuil a observé un cas semblable.
Les fonctions de l'encéphale et des organes directement placés sous l'influence du système nerveux sont celles qui sont le plus oïdinairement troublées. Quelquefois plusieurs heures, ou même plusieurs jours
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â l'avance, les malades sont plus susceptibles, irritables , colères-, leurs facultés intellectuelles sont exaltées; ils parlent avec vivacité, s'agitent, marchent, gesticulent, rient immodérément, sont d'une gaieté inaccoutumée. Tissot en a vu que l'agitation, et surtout l'insomnie, avertissaient quatre à cinq jours à l'avance d'une prochaine attaque {loc. cit... p. 172); d:ins d'autres cas , ils sont , au contraire , tristes , moloses; ils pleurent sans motifs (Hecker, loc. cil.., p. 76), n'émettent que des sons obscurs, comme s'ils se parlaient à eux-mêmes , ou sont même plongés dans un morne silence; ils perdent la mémoire; leurs idées sont confuses; ils tombent dans l'assoupissement, et sont réveillés en sursaut aussitôt qu'ils cèdent au besoin irrésistible qu'ils éprouvent de dormir. M. Esquirol a vu un malade qui s'endormait immédiatement avec l'accès : si on s'opposait au sommeil , ou si on l'éveillait à temps, l'accès était prévenu. Quelques-uns croient voir devant eux des fantômes, des spectres; ils ont des hallucinations bizarres, en rapport souvent avec quelque objet qui leur a causé un effroi auquel est dû le développement de leur affection , et que l'illusion vient renouveler. Portai a vu des épilepliques qui se figuraient voir un cheval ou une voiture prêts à les écraser. Le jeune homme dont parle Peiroux (Olfs. médicin., p. 90)«croyait voir venir au galop, et avec grand bruit, un carrosse dans lequel il y avait un petit homme en bonnet rouge : craignant d'être écrasé par le carrosse, il tombait roide et sans connaissance.» Ces images se produisent souvent pendant la nuit. «Je connais un jeune homme , dit Tissot, qui a toujours pressenti les accès par des rêves effrayants, ou au moins par un sommeil fort agité» (/oc. cit., p. 172).
Les sens transmettent les sensations les plus extraordinaires : la vue est affaiblie, l'iris tremblotante, la pupille contractée ou dilatée: on a observé l'amblyopie, l'iiémiopie, et même des cécités complètes , mais passagères (J. Copland, loc. cit., p. 786). «Les malades entendent des sons divers , aigus ou graves, comme celui d'une scie qu'on roulerait sur un acier, ou le bruit d'une cascade, d'une fusée, d'un coup de canon, d'un vent qui soufflerait sur eux, d'un coup de fouet, de bâton, etc.» (Portai, loc. cit., p. 126). Plusieurs auteurs ont-indiqué des vices de l'odorat, que Tissot dit n'avoir rencontrés que chez les femmes hystériques ou chez les hommes hypochondriaques : tantôt, au rapport de Portai , les fonctions olfactives sont plus développties, plus exquises; tantôt elles sont perverties de manière que les malades sentent des odeurs désagréables, et que celles qui leur paraissaient trèsagréables leur deviennent d'une fétidité insupportable. Le timbre de la voix est modifié ; il devient aigu, grave ou rauque; quelquefois il y a aphonie complète. Il est probable , dit Portai , que toutes ces
variations dans la voix proviennent de raffeclîon convulsive ou paraljloïde qui règne dans les muscles , et dont ceux de la voix ne sont pas exempts (loc. cit., p. 127). Le goût subit des modifications analogues: il est aboli ou perverti; les malades sentent des saveurs particulières de différente nature. Enfin la sensibilité de la peau est diminuée ou exaltée; Portai indique un engourdissement dans les membres avec diminution de leur sensibilité. Les fonctions de locomotion éprouvent des troubles graves et fréquents : quelquefois le mouvement est aboli; il y a une sorte de commencement de paralysie du bout des doigts, des mains et des pieds, dans une plus ou moins grande étendue, et quelquefois dans les muscles de la tête, du tronc et des extrémités. On a cité des exemples de paralysie d'un côté du corps, quand les muscles de l'autre côté étaient en convulsion ( Portai, loc. cit., p. 126) ; mais le plus ordinairement on observe des convulsions plus ou moins prononcées , et plus ou moins étendues des paupières, des muscles de l'oeil , des lèvres , des membres , de tout le corps. Il est des malades qui n'éprouvent qu'un tremblement dans les muscles, ou même seulement dans les mains, où il constitue alors une espèce de carphologie ( Portai , loc. cit., p. 126). Certains malades éprouvent une envie irrésistible de marcher, de courir; d'autres tournent sur eux-mêmes, se livrent à des mouvements désordonnés et comme automatiques. «Les convulsions, dit M. Foville , peuvent offrir des combinaisons de mouvements très-singulières, et semblent bées à des actes appris dans l'état de santé : ainsi j'ai vu plusieurs fois une épileptique pous.ser un cri, pirouetter sur elle-même avec une grande vitesse, en faisant convulsivement d'innombrables signes de croix , puis tomber à terre , ou continuaient d'avoir lieu des convulsions qui n'offraient plus rien d'extraordinaire dans leur forme» (article cité).
M. Beau , dans un fort bon mémoire que nous aurons plusieurs fois occasion de citer, a étudié, sous le rapport de leur fréquence et de leur durée , les prodromes que nous venons d'énumérer : voici les résultats auxquels il est arrivé. Appelant prodromes prochains ceux qui surviennent immédiatement avant l'attaque, et qui consistent, en général, en sensations locales, et prodromes éloignés, ceux qui devancent l'attaque de quelques heures, d'un ou même de plusieurs jours, et qui consistent ordinairement en modifications de l'état général , M. Beau a vu que , sur deux cent dix-neuf épilepliques , cent douze avaient des attaques sans prodromes; cinquante- sept avec des prodromes prochains; seize tantôt avec, tantôt sans prodromes prochains; vingt-trois avec des prodromes éloignés ; un, tantôt avec, tantôt sans prodromes éloignés ; deux avec des prodromes prochains et éloignés en même temps; huit cas lui ont paru incertains.
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On peut conclure de ce tableau, dit M. Beau, que ilaiis la moitié des cas environ, les attaques épileptiques sont auuoncées par des prodromes prochains, et que jamais, en règle générale, la même attaque n'est précédée de prodromes prochains et éloijjnés.
M. Beau a cherché à connaître le rapport du cri que poussent ordinairement les malades au début de l'attaque, avec les prodromes: sur quarante -deux épileptiques qui le proféraient, trente-huit n'avaient pas de prodromes prochains , d'oîi M. Beau conclut, que le cri ne doit être considéré que coanne une expression rapide de surprise de la personne qui tombe. La durée des prodromes prochains est, en général, très-courte, de une à quelques secondes; celle des prodromes éloignés est bien plus considérable : elle varie de quelques heures à quelques jours ( Beau , Eecherches statistiques pour servir à l'/tistoire de l'épilepsie et de l'hystérie. In yirch. gêner, de inéd., t. XI, 2^ série, p. 328). Haller {lac. cit., p. 75) pense que la durée des prodromes augmente en raison directe de l'ancienneté de la maladie.
On peut dire, d'une manière générale, que les symptômes précurseurs se rencontrent chez un grand nombre d' épileptiques lorsque l'attaque n'est point déterminée par une cause occasionnelle , et que leur existence doit être regardée comme une circonstance favorable, 1° parce qu'elle favorise l'efficacité de certaines médications; 2" parce qu'elle permet aux malades de prévenir une chute qui n'est point sans dangers, de rentrer chez eux , de se coucher, d'appeler les personnes habituées à leur donner des soins ; 3'^ enfin , parce que , suivant quelques auteurs , il est des malades qui , lorsqu'ils sont ainsi avertis de l'invasion de l'attaque, peuvent éviter celle-ci au moyen d'un exercice violent, d'une forte contention d'esprit, d'une volonté ferme, etc. (Hecker, loc. cit., p. 78). Dans quelques cas, cependant, les prodromes ne font qu'ajouter aux souffrances du malade. «L'état d'un épileptique averti par des phénomènes internes d'un accès plus ou moins prochain , dit M. Esquirol ( ouvr. cité , p. 280), est si pénible, si douloureux pour plusieurs épileptiques, qu'ils désirent vivement que l'accès éclate, recherchant les circonstances que l'expérience leur a appris être favorables à l'invasion des accès. Il est des épileptiques qui, dans ce but, boivent du vin, des liqueurs ; il en est d'autres qui s'excitent à la colère en cherchant querelle au premier venu.»
Lorsque les attaques se déclarent brusquement, soit spontanément, soit sous l'influence d'une cause occasionnelle déterminante, aucun symptôme ne prévient le malade de leur invasion : elles éclatent tantôt pendant le jour, tantôt pendant la nuit , et au milieu du sommeil.