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(thèse cit., p. 88 ). Les crachats séreux verdâtres, ou d'un gris rouge, exhalant une odeur fétide rappelant celle de la gangrène, caractérisent la gangrène pulmonaire. L'un de nous a eu occasion d'observer un phlhisique qui fut atteint de gangrène pulmonaire , et qui rendit , avec des quantités énormes de pus d'une fétidité extrême , des lambeaux de poumon où l'on pouvait très-facilement reconnaître la structure propre à cet organe.
Il résulte de ces diverses considérations : l** qiie l'étude séméiologique des crachats est d'une grande importance en médecine pratique, mais qu'elle ne peut servir à elle seule , si ce n'est dans quelques cas ( pneumonie , hémoptysie, gangrène , mélanese, h,ydalide, etc. ) , à faiie reconnaître la véritable nature d'une maladie, soit du parenchyme pulmonaire, soit de la membrane muqueuse des bronches; 2° que la valeur pronostique ne peut découler que de l'établissement même du diagnostic ; 3" qu'il y a peu d'indications thérapeutiques à tirer de ce symptôme; 4° qu'il fiut enfin distinguer, dans l'étude des crachats, 1° l'acte à l'aide duquel ils sont rejetés au dehors , afin de savoir quel est l'organe qui les fournit; 2° les propriétés physiques ; 3" chimiques ; 4" microscopiques des crachats ; 5° leur nature ( muqueuse , purulente , puriforme , sanguine , sanguinolente ).
Il faut aller chercher, dans l'élude de chaque maladie , la description des symptômes qui nous occupent ; il nous sérail impossible même de mentionner les nombreux ouvrages où l'expectoration a été envisagée soùs le point de vue de la pathologie générale.Tous les auteurs qui ont publié des ouvrages sur les affections de poitrine l'ont étudiée avec le plus grand soin. Les articles consacrés à cette étude dans le Dictionnaire des sciences médicales , et dans les traités de pathologie générale, sont trop incomplets pour que nous les citions; nous devons mentionner plus particulièrement la thèse de M. Andraîsur l'expectoration, le Com/-^ de médecine clinique de M. Rostan (t. i, p. 382), et les travaux de M. Donné sur le mucus et le pus, et le mémoire plus récent de Gueterbock ( Essai physiologique sur le pus, in Journ. l'Expérience, par M. Dezeimeris , n° 25 , 1 838 ).
EXTASE , s. f., de s?, hors, et de araw, je me liens. État anormal dans lequel l'excitation cérébrale est portée à an très-haut point , parfois concentrée sur un seul objet , accompagnée de la suspension et de l'abolition temporaire des sensations et des mouvements volontaires. Pour compléter cette définition, il nous semble nécessaire d'ajouter que, dans l'extase, il y a souvent exercice de la volonté qui appelle toutes les facultés de l'intelligence vers un sujet, tandis que, dans d'autres états extatiques , il y a perversion de l'intelligence, création d'images chimériques, eu un mot, hallucination, et ce n'est que consccutiveracnt
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que l'intelligence , puissamment excitée par la vue d'un objet qui se présente sans cesse à elle, concentre toute son activité sur lui.
On s'est efforcé d'établir les différences qui séparent l'extase des états morbides plus ou moins semblables. Dans l'enthousiasme, il y a bien excitation externe des facultés cérébrales , mais il n'y a pas suspension absolue des sensations et des mouvements volontaires qui caractérise l'autre. Ce serait ôter à l'enthousiasme et aux nobles actions qu'il enfante , une partie de sa valeur, que de soutenir que Tentité , que les philosophes appellent le libre arbitre , est enchaînée ou tout au moins dominée par les circonstances extérieures qui apportent au cerveau cette stimulation puissante dont les sublimes effets se traduisent par des pensées , des paroles ou des actions remarquables.
Dans la catalepsie , il y a suspension des sens , des mouvements et des facultés intellectuelles; les membres conservent la situation qu'on leur donne , ou qu'ils avaient au moment de l'attaque de catalepsie.
Bérard distingue l'extase de l'élat de contemplation , et il se fonde sur ce que , dans celui-ci « l'individu jouit encore de lui-même, du moins au dedans; l'altération se porte successivement sur plusieurs idées différentes. Dans ces cas , l'âme est arrêtée dans une seule idée , et ne peut plus revenir sur elle-même : il n'y a pas réflexion , il n'y a qu'une sensation vive» (art. Extase , Dict. des scienc. méd., p. 297).
■ Nous ne croyons pas devoir entrer dans tous les développements que pourrait exiger l'étude de l'extase, parce que c'est là un sujet qui intéresse plus la philosophie que la médecine : on pourrait disserter longuement sur toutes les questions métaphysiques qui s'y rattachent; mais comme de semblables recherches sont peu profitables pour la médecine pratique , nous nous bornerons à considérer l'extase sous un point de vue purement pathologique.
11 faut d'abord distinguer deux sortes d'extases. Dans l'une , qui existe sans état morbide du système nerveux , il y a exagération des fonctions cérébrales , et les sens tendent à se fermer aux impressions du dehors; les sensations instinctives sont ellesmêmes suspendues. L'autre extase , que l'on pourrait appeler symptomatique , est le signe de différentes affections du cerveau , et spécialement de la mélancolie. On peut soutenir, avec plusieurs auteurs , que l'extase est toujours un état morbide , puisqu'il y a lésion de plusieurs fonctions , les unes étant suspendues , les autres mises fortement en jeu ; mais il n'en faut pas moins établir quelque différence sous le point de vue du traitement. Un homme fortement occupé de résoudre un problème, comme Archimède, ou appliqué à quelques recherches scientifiques, ne peut être comparé à un sujet atteint d'aliénation