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mentale. Cependant on ne peut nier que la folie ne succède souvent à l'exercice exagéré des fonctions cérébrales , et n'en soit aussi le symptôme avantcoureur.
L'extase mystique a été décrite par Pinel et par beaucoup d'auteurs , d'après le tableau qu'en a tracé sainte Thérèse, qui s'est rendue célèbre par ses ravissements , qu'elle appelait , avec raison , à' heureuses extravagances et de célestes Jolies. «On éprouve, dit-elle, une sorte de sommeil des puissances de l'âme, de l'entendement, de la mémoire et de la volonté , dans lequel , encore qu'elles ne soient pas entièrement assoupies , elles ne savent comment elles opèrent; on éprouve une espèce de volupté qui ressemble à celle que pourrait sentir une personne agonisante ravie de mourir dans le sein de Dieu. L'âme ne sait alors ce qu'elle fait; elle ignore même si elle parle ou si elle se tait , si elle rit ou si elle pleure : c'est une heureuse extravagance , c'est une céleste folie dans laquelle elle s'instruit de la véritable sagesse, d'une manière qui la remplit d'une inconcevable consolation ». Nous ne poursuivrons pas plus loin le récit des singulières sensations que sainte Thérèse a éprouvées pendant ses extases; elles ne donneraient pas une idée précise d'un état qui est lui-même excessiment vague, et qui doit varier suivant les .dérèglements de chaque imagination mystique. Les sensations de sainte Thérèse ne ressemblent pas aux extases des appelants qui eurent le bonheur de succéder aux convulsionnaires de saint Médard, et les sensations des appelants différaient sans doute de celles qu'éprouvaient hsjumpers du pays de Gall, les piétistes , les méthodistes , et tous les illuminés des siècles passés et présent. Ce serait faire l'histoire des aberrations de l'esprit humain, que de réunir dans une seule description, sous le titre d'extase, les contemplations réelles ou simulées , intéressées ou désintéressées , des sectes^eligieuses et des hommes qui se sont fait par là un certain renom. Disons quelques mots de l'extase symptomatique de l'aliénation mentale, auquel l'extase mystique emprunte plus d'un trait.
On observe dans cette forme de la folie que l'on nomme mélancolie, l'ensemble des symptômes qui constitue l'extase. Les sujets qui en sont affectés restent immobiles dans leur lit ou dans la situation qu'on les a contraint de prendre; ils ne profèrent pas une seule parole , à moins qu'on ne les y force; leur regard est dirigé vers un point où il reste invariablement attaché ; les rigueurs du froid , les sensations diverses qui se font sentir aux autres hommes, les trouvent impassibles. Ils sont en quelque sorte comme pétrifiés ; l'œil est insensible aux mouvements des corps qui s'agitent autour d'eux; tantôt le visage exprime la frayeur, le chagrin , la joie , une passion quelconque?
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provoquée par une hallucination; tantôt il reste sans aucune expression {vojr. Folie).
Gullen range à tort Textase dans la classe des affections comateuses. Cet élgt n'est souvent que le résultat des lésions diverses que l'on rencontre dans l'aliénation mentale; parfois aussi , mais plus rarement, c'est une simple exagération des fonctions sans aucune altération appréciable. « S'il fallait, dit Bérard , assigner à l'extase une place dans le cadre nosologique , nous n'hésiterions pas à la ranger dans la classe des aliénations mentales , dans l'ordre carac-
térisé par une lésion primitive et essentielle des idées ou de l'entendement , dans le genre des lésions de l'attention , et dans l'espèce enfin des lésions de l'attention par idées trop vives» (art. cité, Dict. des scienc. méd.). Nous ne saurions partager l'opinion de ce médecin sur le rang que l'on doit assigner à l'extase. Elle est le symptôme des maladies cérébrales, et doit figurer dans la symptomalologie de chacune d'elles. Quant à l'extase essentielle , elle est pour l'intelligence ce que le tétanos est pour le système musculaire , une véritable névrose.
FAGE, s. f. Aq faciès, qui paraît venir de j^n, parler.
La face, spécialement destinée aux organes des sens , occupe la partie antérieure de la tête : elle se confond, en haut, avec le crâne; en arrière et en bas, avec le cou; elle est libre en avant et sur les côtés; elle est limitée, en haut, par le crâne, latéralement, par les arcades et les fosses zygomatiques; en bas, par le menton et les branches horizontales de la mâchoire inférieure. Son volume, chez l'homme adulte, ne représente guère que le quart de celui de la tête. Sa forme est à peu près ovale : le tiers supérieur est la partie la plus large , le plus grand diamètre transversal se trouvant communément entre les deux os de la pommette, les deux tiers inférieurs présentent un rétrécissement progressif et régulier jusqu'à l'extrémité du menton ; sa direction est un peu oblique à l'horizon, avec lequel elle forme un angle de 70 à 90 degrés.
Ces caractères généraux de la face varient singulièrement dans les différents âges , dans les sexes, et dans les différentes races.
Dans l'enfance, le volume de la face, comparé à celui du crâne, est très-peu considérable; la ligne faciale est verticale, l'angle qu'elle forme avec l'horizon est droit. Au moment de la formation des premières dents, la proéminence de la face commence à se faire remarquer, la ligne faciale s'incline, l'angle qu'elle forme avec l'horizon devient de plus en plus aigu. Cette disposition est à son summum vers l'âge de vingt-cinq à trente ans.
Chez le vieillard , la face s'incline de plus en plus vers l'horizon , et l'angle facial devient de plus en plus aigu; le front s'affaisse, la saillie des os maxillaires augmente, tandis que leur étendue verticale diminue par suite de la chute de's dents.
Dans la -femme , la face est plus comprimée transversalement, son volume proportionnel est plus con-
sidérable (Blandin, Traité d'anatomie topographique, p. 67).
Nous n'avons pas à indiquer ici les variétés que la face présente dans les différentes races, et qui se rattachent principalement â l'écartement des yeux , à la direction et à la forme du nez, à la saillie des pommettes et à l'ouverture de l'angle facial.
La face , envisagée en général , présente une symétrie assez parfaite, mais chacun de ses côtés a une figure très-irrégulière. En l'embrassant d'un seul coup d'œil, on y remarque le front, les sourcils, le nez , les yeux , les joues , la bouche et le menton.
Un très-grand nombre d'éléments se rencontrent dans la structure de la face. Sans entrer ici dans une description qui appartient à l'anatomie , nous rappellerons, pour la parfaite intelligence de ce qui va suivre , que la plupart des muscles de la face n'adhèrent aux os que par une de leurs extrémités , et tiennent par l'extrémité opposée à la peau ou à ses dépendances; que le tissu cellulaire est dense sur la ligne médiane, abondant et lâche sur les côtés; que le système capillaire se laisse pénétrer par le sang avec une extrême facilité, et que les veines sont plus petites, mais beaucoup plus multipliées que les artères; que les nerfs sont fournis par le facial pour les mouvements respiratoires et l'expression, et par le trifacial, pour la sensibilité générale et la motiUté digestive (Blandin , lac. cit., p. 69).
Les parties constituantes de la face , considérées dans leur ensemble , ont un aspect qui varie suivant certaines circonstances , mais qui résulte d'abord de la forme des parties les plus fixes du visage , de leur disposition anatomique,et constitue la /?A/*/o«07n/e. Celle-ci , comme nous l'avons dit , varie dans les différentes races, dans les différents peuples, et même dans les différents individus. Son étude ne rentre pas dans le cadre de notre ouvrage, et appartient plus spécialement à l'anatomie appliquée aux arts.
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L'aspect de la face est modifié par notre volonté, nos passions , nos affections naturelles ou factices : ces niodifications,d'abord éphémères, et disparaissant avec la cause qui les avait fait naître, finissent, lorsqu'elles se reproduisent un grand nombre de fois, par laisser des traces durables et indélébiles; elles varient d'individu à individu , et ne s'observent guère que chez les peuples civilisés; elles n'existent pas chez «l'homme inculte et sauvage, dont les facultés morales sont rarement misesen jeu, dont l'intelligence est faiblement éclairée, dont les passions sont peu exaltées. Ainsi l'on a dit des Brésiliens et de la plupart des Américains sauvages, qu'ils avaient tous à peu près les mêmes traits» (Virey, art. Face du Dict. (les se. mcdic). L'étude de Xa plifsiognomonie est plutôt du ressort de la peinture et de la philosophie que de celui de la médecine ; cependant nous verrons qu'elle n'est pas entièrement étrangère à celle-ci : l'on connaît l'ingénieux système fondé sur elle par l'illustre Lavater.
Enfin , l'aspect de la face est modifié par les maladies, et peut offrir des indications précieuses pour le diagnostic, le pronostic et le traitement de cellesci. C'est de la pathognomonie ou prosoposcopie médicale (de Tz^oaui-KO'i c!x.otzz(ù, j'examine la face ) que nous allons nous occuper ici : son étude a une importance séméiologique qu'ont appréciée les auteurs les plus anciens, et qui se fait, pour ainsi dire, sentir par elle-même. Le premier mouvement du médecin appelé auprès d'un malade n'est-ii pas de chercher à lire sur son visage le diagnostic et le pronostic qu'il va devoir porter?
Pour étudier avec méthode et d'une manière complète les signes quelaséméiologie tire de l'inspection de la face, nous les considérerons d'abord chez l'adulte, et suivant qu'ils sont fournis par l'ensemble des traits, ou par chacune des parties qui constituent le visage, prise isoléoient; nous indiquerons ensuite les modifications qu'à/portent à cette étude le sexe el l'âge. Mais la prosoposcopie médicale tire toute sa valeur séméiologique de la comparaison de l'état actuel de la face du malade soumis à l'observation du médecin, avec l'état habituel de son visage : il est donc nécessaire dé connaître celui-ci, et les modifications plus ou moins prononcées qu'y appor;-ent les sensations, pour arriver à des déductions fondées : «L'importance de l'élude de la phjsiognomonie morale, pour le médecin, est évidente, dit M. Double (^Sem^ologie générale, t. i , p. 235); elle doit servir d'introduction à la connaissance de la phjsiognomonie médicale. ï) C'est cette importance qui donne aux médecins ce regard scrutateur , fixe et prol^ond, qu'ils portent involoiUaireoicnt sur toute personne qu'ils aperçoivent pour la première fois; c'est elle qui doit les engager à acquérir des notions sur l'état habituel
du visage des malades qu'ils n'ont pas connu dans l'état de santé. Commençons par dire quelques mots de la physiognomonie.
État habituel de fh face. — L'état habituel, naturel de la face , est celui que présentent les sujets en bonne santé, alors qu'ils ne sont soumis à aucune sensation forte. Non - seulement il est le terme de comparaison indispensable à l'établissement de la pathognomonie ; mais , envisagé avec attention , il fournit encore des indications presque certaines sur l'âge, le tempérament, les habitudes hygiéniques des individus : un visage bouffi , recouvert d'une peau fine, blanche, des couleurs vives et circonscrites, indiquent un tempérament lymphatique; un visage sec, pâle ou jaunâtre , à traits fortement prononcés, dénote la prédominence du système nerveux; une figure pleine sans être bouffie, uniformément colorée, sillonnée de vaisseaux plus ou moins apparents , se congestionnant avec une grande facilité, appartient au tempérament sanguin; enfin un teint jaune, verdâtre , changeant brusquement de nuance sous l'imipression de toute sensation forte, se rattache au tempérament bilieux. Les professions exercent sur l'état habituel de la face une influence qu'il importe de bien connaître, afin de ne pas l'attribuer à un état morbide : «Je me rappelle, dit M. Double [loc. cit., p. 238), qu'ayant été appelé auprès d'un malade, je fus tout de suite frappé de la couleuf bleuâtre de son visage; le malade toussait d'ailleurs beaucoup. Je soupçonnais déjà l'existence d'une lésion organique du cœur, et je cherchais à éclairer ce diagnostic par toutes mes questions, lorsque j'appris que cet individu était polisseur d'acier à la roue ; on sait combien la figure des ouvriers de cette classe présente la teinte bleuâtre qui caractérise les lésions organiques du cœur ou des gros vaisseaux. Je fus bientôt convaincu que cet individu n'avait qu'une fièvre catarrhale simple.» Les doreurs, les boulangers, les plâtriers, les ouvriers en plomb, ont ordinairement la face blême; les ivrognes l'ont rouge, couverte de pustules, sillonnée par des petites veines devenues variqueuses.
En général, un visagecalme, médiocrement coloré, d'une température égale et douce, est le signe d'une bonne santé.
A. Pathognomonie chez l'homme adulte. — a. Signes fournis par i ensemble du visage. — U est rare que l'état morbide n'apporte pas des changements plus ou moins marqués dans l'état habituel de la face; cependant celui-ci peut persister pendant un temps plus ou moins considérable. L'on doit bien augurer d'une maladie aiguë lorsqu'au moment de son développement , la figure ne s'éloigne point de son état naturel ; le pronostic, est au contraire, fâcheux si les traits présentent une grande altération dès le
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début: «Gonferendas esse partes affectas cum bene «valenlibus, dit Galien , qufe si similes appareant «bonum, veluli contrarium ex dissimilibus praedi- «cilur.» Mais si le malade offre un visage naturel à la fin de la maladie, ou pendant le cours entier de celle-ci, le pronostic est loin d'être favorable. «J'ai Ml cependant, dit M. Double (lot: cit., p. 237), celte circonstance se présenter dans une fièvre rémittente putride, suivie de guérisou : la malade, d'une constitution forte et robuste, n'éprouva pas la moindre altération dans la couleur ni dans l'expression , et encore moins dans l'embonpoint de sa figure durant la maladie. » Selon Baglivi, il ne faut entreprendre la curation de malades atteints d'obstructions viscérales que lorque la face est naturelle : «Obstruclione visce- «rum laborantibus, si faciès naturalem et vividum «adhuc servat colorem , taliura hominum curationem «suscipite, nam facile sanabuntur. Si vero faciès à «naturali statu multum recesserit, et pallor cura «macie omnia occupaverint, si poteris curationem «non suscipias, faliter enim affecti non sanantur» [Prax. med., lib. i , cap. 1 3, § 2 ). Le retour de la face à son état naturel , après avoir offert des modifications plus ou moins marquées , est toujours un signe très-favorable.
Étudions maintenant les caractères morbides que peut pré.senler la face, considérée dans son ensemble, et qui résultent d'altérations affectant simultanément presque tous les systèmes qui entrent dans sa composition.
1° Signes fournis par l'expression de la face. — Le visage est abattu au début, et dans le cours de presque toutes les maladies aiguës; uue figure triste, réfléchie, morose, sévère, lorsqu'elle n'est point due à des chagrins , à une influence morale suffisamment motivée, est souvent un signe de maladie grave; elle accompagne presque toujours les maladies chroniques anciennes , Thypochondrie ; elle annonce le délire ou l'aliénation mentale. M. Double a cru reconnaître , chez les individus attaqués d'embarras, d'obstructions, de squirrhe du pylore ou du cardia une sorte de physionomie particulière, caractérisée par un air A^ inquiétude répandu sur la figure {loc. cit., p. 247 ). Une figure trop et trop souvent riante sans raison ni cause, est un signe de manie ; un visage tantôt gai , tantôt chagrin sans motifs est, au dire de Virey, l'indice certain de l'hypochondrie chez les hommes , de l'hystérie dans les femmes : une expression de gaieté douce se répandant sur la figure vers la fin d'une maladie , annonce presque toujours une convalescence franche. «Cependant, dit M. Double, dans les convalescences les plus sûres on remarque que les malades restent encore tristes pendant quelque temps, par suite de la faiblesse qu'à déterminée la durée de la maladie : la joie sup-
pose un degré suffisant de forces vitales» (/oc. cit., p. 249).
Citons ici ces paroles de M. Martin Solon , que ne devra jamais oublier le médecin qui comprendra dans sa plénitude la tâche qui lui est réservée; «La satisfaction et le mécontentement peuvent être occasionnés par une foule de causes différentes, qu'il est bon que le médecin sache apprécier. Il est souvent utile , en effet , que le praticien connaisse quels motifs déterminent ces sentiments. Il y parviendrai plus ordinairement parle caractère de discrétion et d'intérêt affectueux que ses questions devront toujours avoir: cette connaissance lui dévoilera souvent le caractère et les dispositions morales de la personne confiée à ses soins; elle déterminera quelquefois le mode de traitement qu'il devra employer de préférence; elle lui apprendra le degré de confiance qu'on lui accorde» [Dict. de méd. et de chir. prat., art. Face).
Une expression ardente, féroce, se lie à la manie furieuse, quelquefois au délire; un faciès stupide, hébété, immoùiler caractérise l'idiotisme; il peut être le résultat d'une affection cérébrale: M. Martin Solon l'a vu survenir et persister pendant plus d'une semaine , à la suite d'une vive contrariété , chez une jeune fille convalescente d'une arachnitis (loc. cit.); un état d'hébétude, de stupeur., moins caractérisé , se remarque dans la fièvre typhoïde , l'ivresse , la commotion cérébrale , les affections qui déterminent un anéantis.'^ement plus ou moins complet de l'innervation; toutefois il n'est point toujours d'un aussi fâcheux présage , il précède quelquefois le développement de la variole, de la scarlatine, ou même d'une affection cutanée légère ( varicelle , érythème noueux ).
La face est anxieuse dans toutes les affections qui apportent une. grande gêne à l'introduction de l'air dans les poumons , un obstacle aux phénomènes de l'hématose, dans l'asphyxie; elle est égarée ddiUS la plupart des formes de l'aliénation mentale.
La plus fâcheuse des expressions de la face est celle à laquelle on a conservé le nom àe/ace hippocratique , et qu'Hippocrale a décrite en ces termes , comme un avant-coureur presque certain de la mort : «Nasus acutus , oculi cavi, tempora collapsa, aures «frigidse ac contractae , et extremitates aurium re- «versae, cutis circa frontem dura et circumtenta ac «arida , color* totius faciei pallidus, aut eliam niger et «lividus et plumbeus» [Prœnol , § n, n° 5). A ce tableau, les auteurs modernes ont ajouté quelques traits importants oubliés par le père de la médecine. Nous emprunterons à M. Double uue description qui nous a paru complète : «Le front ridé, froid et aride; le bord de l'orbite proéminent ; les yeux caves, noyés, larmoyants , languissants et à demi-fermés ; les paupières affaissées, noirâtres, et comme saas
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mouvement ; la pupille ride'e , et ne peignant point , ou peignant mal les objets ; la conjonctive couverte d'un voile opaque ; les poils des cils , ainsi que ceux des narines, parsemés d'une sorte de poussière d'un blanc terne; le nez allongé et aigu par le rapprochement des narines , bordées d'une couleur noirâtre ; les tempes creuses et ridées ; les oreilles froides et retirées en haut, leurs lobes étant renversés ; les lèvres flétries , pendantes , froides et tremblantes ; les pommettes enfoncées dans l'endroit qui correspond à la racine des dents molaires supérieures; la peau terreuse, sèche , et couverte d'une sueur froide ; le teint verdâtre , livide et plombé ; le menton ridé et racorni : telle est l'union de ces symptômes de la face hippocratique avec les approches de la mort, continue M. Double , que feu Fouquet disait en avoir observé les caractères dans un grand nombre de criminels que l'on conduisait au supplice, même dans ceux qui montraient le plus de tranquillité d'âme» {loc. cit., ^.255).
La réunion des signes que nous venons d'énumérer n'est point nécessaire , toutefois , pour constituer la face hippocratique, et faire connaître les approches de la mort : les constrictions des narines et la poussière répandue sur le visage , sur les poils des cils et des narines , suffisent pour montrer Timminence d'une terminaison funeste. Remarquons , d'un autre côté, que plusieurs des signes de la face hippocratique s'observent quelquefois au moment de l'invasion des accès d'une fièvre intermittente pernicieuse, qu'ils peuvent être produits par des veilles prolongées , des chagrins , des fatigues , une frayeur vive , des évacuations excessives , des douleurs extrêmes , par l'asphyxie, etc. On ne saurait assez admirer la sagacité avec laquelle Hippocrate nous avertit de ne point nous en laisser imposer par les cas de cette nature : « Interrogare oporlet num vigilaverit homo , aut alvi «excrementa valde liquida sint, aut famés aliqua « ipsum teneat. Et siquidem horum aliquid confitea- «tur minus grave esse putandum» {Prœnot , § ii, n" 13 ). Cette altération des traits se manifeste quelquefois brusquement au moment des crises violentes. Prosper Alpin ( De prœsag. vita et morte ^\\h. v, cap. m) a cherché à établir les moyens à l'aide desquels on peut reconnaître ces décompositions accidentelles de la face hippocratique proprement dite.
L'état du système musculaire de la face modifie puissamment l'expression du visage , qui varie suivant que la contraclilité est augmentée, diminuée, ou pervertie.
yd ugmentation des mouvements musculaires. — Dans la fièvre inflammatoire , dans les phlegmasies intenses , dans les maladies accompagnées d'une exaltation des fonctions cérébrales , la face est animée-, les mouvements sont prononcés, se succèdent
avec rapidité ; les muscles sont contractés de manière , à ramener les traits du visage en haut et vers la ligne médiane, dans la plupart des phlegmasies intestinales , et surtout dans la péritonite ; les sourcils sont froncés et rapprochés , le nez est plissé transversalement , la face semble rapetissée ; elle est grippée. Tous les muscles sont contractés d'une manière permanente dans le tétanos ; quelquefois il existe des contractions partielles : ainsi le trismus est déterminé par la contraction des masseters ; le rire sardonique, par celle des zygomatiques. Laennec a désigné et décrit , sous le nom Aq faciès erecta , une expression du visage tout à fait opposée à celle que nous venons de signaler. Les traits de la face , au lieu d'être contractés et ramenés en quelque sorte vers la ligne médiane , sont épanouis et dilatés comme dans les passions gaies et dans les cas où la face exprime la satisfaction. Nous en avons parlé en traçant lasymplomatologie des acéphalocystes. C'est , en effet, dans les cas d'acéphalocystes du foie que Laennec l'a observée ; mais on la retrouve encore dans d'autres maladies.
Diminution des mouvements musculaires, — La contractilité de tous les muscles de la face est notablement diminuée dans les affections adynamiques; elle est abolie dans le coma, dans la compression cérébrale ; l'hémiplégie facialeestun symptôme qui se lie à plusieurs altérations fort importantes à connaître {vof. Face paralysie de la). Les paralysies partielles de la face sont fréquentes , surtout celles des paupières et des lèvres; nous en traiterons ailleurs.
Perversion des mouvements musculaires. — Les mouvements désordonnés de tous les muscles de la face s'observent dans l'aliénation mentale , l'hystérie , l'épilepsie , la chorée , des convulsions générales accompagnant les affections cérébrales , le travail de la dentition, sont déterminés par la présence de vers dans le canal intestinal {voy. leCompendium, Convulsions ). Les convulsions partielles indiquent presque constamment une névralgie faciale ( voy. Face névralgie de la ).
2° Signes fournis par la coloration de la face. — Un teint vermeil, fleuri, est généralement regardé comme un signe de santé ; mais il ne faut pas que la coloration rouge vif de la face dépasse certaines limites :« Faciès nimis colorata, a dit Baglivi, «et praeter rationem rubra et succi plena, suspecta «est ista bonitas; nam praesentis morbi est signum «aut futuri praesagium» ( Prax. méd., lib. i, /?e voce etfacie in aculis ). Une rougeur vive , répandue sur toute la face, se remarque au début de beaucoup de maladies aiguës , de la rougeole , de la scarlatine, et surtout des phlegmasies cérébrales ; elle annonce souvent une épistaxis; elle accompagne constamment la congestion , quelquefois l'hémorrha-
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gle cérébrale. Cependant, dit M. Martin Solon , on doit remarquer que la face reste pâle dans quelques hémorrhagies cérébrales: cela tient , sans doute , à ce que le raptus sanguin qui s'est opéré vers le cerveau, ou la quantité dasangqui s'est épanchée dans cet organe, ont détourné celui qui se rendait à la face. La rougeur est déterminée par une fièvre violente ; elle remplace la pâleur de la face dans le second stade des accès de fièvre intermittente ; elle se manifeste lorsqu'un léger obstacle gène la circulation pulmonaire :« Fit «enim illa rubicunda faciès ab humorum redun- «dantia et illorum quodam veluti stransgulatu , prse- «sertim circa pulmones» (Baglivi, loc. cit.). La rougeur disposée par taches plus ou moins considérables, disparaissant sous la pression des doigts, est le signe des exanthèmes. Il faut savoir distinguer la rougeur morbide de la face, de celle que produisent les impressions morales ; l'arrivée seule du médecin , dit M. Martin Solon ( art, cit. ) , peut occasionner la rougeur de la face: aussi celui-ci ne doit-il juger du faciès , comme du pouls , qu'après l'avoir examiné plusieurs fois, et être resté quelques moments auprès de son malade.
Lafacese colore en ro«^e-y/(7/ef plus ou moins foncé dans la congestion cérébrale très-intense, dans quelques cas d'apoplexie, dans l'asphyxie par strangulation , dans les maladies qui opposent un obstacle au retour du sang de l'extrémité supérieure, à la circulation pulmonaire , à l'hématose (angine , croup, maladies du cœur, tumeurs, hjrstérie , épilepsie, etc.).
Une couleur bleue caractérise le choléra grave, certains vices de conformations du cœur; elle constitue la cyanose {voy. ce mot) ; Billard l'a observée dans un cas d'altération de la transpiration [Arch. génér. de méd.^ t. SXYI, p. 453).
Lorry rapporte avoir vu , dans une femme prise de maladie atrabilaire, le visage se couvrir d'une couleur d'ébène, qui contrastait parfaitement avec la couleur d'albâtre du reste du corps (Double , loc. cit., p. 245). Une coloration noire plus ou moins foncée est quelquefois produite par l'administration du nitrate d'argent à l'intérieur.
La face est colorée en jaune-pâle dans la plupart des maladies chroniques de longue durée, dans la fièvre jaune , chez les chlorotiques et les hydropiques. M. Landré-Beauvais a vu néanmoins un homme attaqué d'hydropisie qui avait le visage rouge (art. Face du Dict. des se. med.). Hippocrate avait déjà noté ce fait : «... Namque non in pituita alba modo, sed et in hydrope vero quibusdam faciès rubicunda fît. » On sait aujourd'hui que les colorations rouges ou livides, accompagnant les hydropisies, se présentent fréquemment dans le cours des maladies du cœur, et surtout dans celles qui frappent les orifices de cet
organe. Une couleur jaune-paille accompagne là cachexie cancéreuse, le cancer de l'estomac, du foie, quelques altérations organiques du tube digestif; une co\x\t\XT jaune-safran plus ou moins foncée caractérise l'ictère , accompagne quelquefois l'embarras gastrique. Chez les personnes d'un tempérament bilieux très-prononcé , elle se manifeste à la suite des vives impressions morales, de la colère. Enfin, la face est quelquefois à' \xn jaune-vert, ou même d'un vert de poireau, dans l'ictère. Galien parle d'un esclave qui, ayant été mordu par une vipère, devint complètement vert. Dans la chlorose, la teinte du visage est verdâtre ou d'un blanc légèrement jaunâtre, que l'on a comparé à celle que prend la cire lorsqu'elle a vialli et a été longtemps exposée à l'air.
L'absence du sang et la présence des fluides blancs sont pour la face une double cause de décoloration : un teint blême est presque toujours l'indice d'une santé faible; la vie sédentaire, l'habitation dans un lieu abrité et humide, les excès d'étude, de veilles, de fatigue, de plaisirs vénériens, la tristesse, ont la même influence sur la face qu'ils décolorent , et sur les forces qu'ils affaiblissent (Landré-Beauvais , art. cit.).
La pâleur de la face peut être produite par des circonstances accidentelles , une émotion vive , la frayeur, la colère, le froid, la faim; dans ces cas, elle est de courte durée, et souvent bientôt remplacée par une vive rougeur : «Hors de ces circonstances, dit M. Double , la pâleur du visage , qui n'est point naturelle à l'individu, a, dans le principe des maladies , plusieurs significations ; je dis dans le principe des maladies , parce que vers la fin elle n'a rien d'extraordinaire» {loc. cit., p. 243). La pâleur précède et accompagne la syncope ; elle est un des effets à peu près constants du froid fébrile ; elle est presque toujours l'indice de l'état languissant ou de la chute des forces; elle est produite par les hémorrhagies abondantes, par toutes les évacuations augmentées contre nature; elle se manifeste dans le scorbut, dans presque toutes les maladies chroniques. La face devient presque toujours d'un blanc sale [face terreuse, plombée) aux approches de la mort; cette coloration est toujours un signe fâcheux : «Guicum- «que hydropico ascitico faciès derepente plumbea «evadit, dit Baglivi , mors ostia puisât.» La pâleur de la face peut être remplacée par une coloration rouge, partielle ou générale, dans plusieurs maladies , et cela dans un laps de temps assez court. Les auteurs ont noté ces alternatives de pâleur et de rougeur à la face dans la méningite tuberculeuse des enfants, et dans l'hydrocéphale aiguë symptomatique, soit de tubercules méningés, soit de méningite simple.
3*^ Signes fournis par la température de la face. — m élévation de la température de la face
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est inséparable de l'afflux du sang vers cette extrémité, et de sa coloration en rouge vif : elle se manifeste, par conséquent, dans les circonstances où l'on observe celle-ci : lorsqu'elle est considérable, elle doit faire craindre le délire ou l'apoplexie. Le refroidissement de la face, à moins qu'il ne soit déterminé par la température ambiante ou par une syncope, est toujours fâcheux, surtout lorsque la peau est en même temps couverte d'une sueur visqueuse. La peau, en général, et spécialement celle de la face, est-ellç refroidie pendant le frisson fébrile? Des recherches récentes de M. Gavarret tendent à prouver qu'elle est , au contraire , élevée , bien que les nidlades éprouvent la sensation d'un froid intense {vof. Fièvre).
4* Signes fournis par le volume de la face. — \i' augmentation du volume de la face se présente avec des caractères différents : tantôt la face est bouffie., c'est-à-dire pâle, molle, plus ou moins œdéraatiée ; cet état se rencontre chez les sujets lymphatiques , scrof uleux ; il accompagne les affections du cancer, les hydropisies, le scorbut, les maladies de cause hyposlhéaique : tantôt la face est vultueuse., c'est-à-dire rouge, tuméfiée, rénittente; cela a lieu au début des maladies inflammatoires, de la rougeole, de la scarlatine, de l'érysipèle de la face, dans la congestion cérébrale , l'épilepsie, les maladies qui apportent un obstacle à la libre circulation du sïng. «Dans la petite vérole, dit M. Double, la face, légèrement tuméfiée et rouge, annonce une éruption heureuse; mais, si la tuméfaction et la rougeur sont excessives , on doit s'attendre à une petite vérole confluente» {loc. cit., p. 250). La diminution du volume de la face dépend quelquefois de la contraction des muscles , et n'est alors, pour ainsi dire, qu'apparente : cet état constitue la face grippée dont nous avons parlé. La face diminue de volume : 1° par la cessation de la turgescence inflammatoire et de la congestion des tissus , comme on le voit à la suite de l'érysipèle de la face, de la variole confluente; 2° par suite de la fonte du tissu cellulaire, de l'atrophie des muscles : cet amaigrissement se fait d'une manière progressive dans toutes les maladies chroniques de longue durée, et principalement dans celles qui altèrent les fonctions de nutrition; lorsqu'il est porté à l'extrême , il est un signe fâcheux. Un amaigrissement très-rapide de la face est toujours de mauvais augure : on sait qu'il est un des principaux caractères du choléra grave.
«Il est favorable, dit M. Landré-Beauvais, que le visage du malade maigrisse en proportion de la violence et de la durée de la maladie -, mais si les six , les huit premiers jours d'une fièvre aiguë , son visage paraît se soutenir, et devenir même plus plein que dans
l'état de santé , on doit savoir que ce symptôme appartient aux fièvres malignes» ( art. cité).
B. Signes Journis par chacune des parties de la face. — Nous venons d'indiquer rapidement, sans entrer dans des détails qui ne peuvent être convenablement placés que dans les traités de séméiologie, les signes diagnostiques et pronostiques tirés de l'inspection de la face , considérée dans son ensemble ; il nous reste à dire quelques mots de ceux que fournit chacune des parties qui composent le visage, prise isolément , bien qu'il soit assez rare que les modifications de l'habitude extérieure restent bornées à un seul des organes de la face.
1° Signes Journis par l'inspection du front. — Malgré son immobilité apparente , le front est une des parties les plus expressives de la face : sur lui viennent se peindre les passions qui agitent notre cœur ; sa forme recèle , jusqu'à un certain point , l'organisation intellectuelle de l'homme, et les aucieqs l'avaient prise pour une des bases de leur division des tempéraments ; il fournit au séméiologiste plusieurs signes importants.
Le front est sec , sombre , ridé , dans l'hystérie , l'hypochondrie, toutes les maladies nerveuses , les engorgements considérables de la rate, du foie et des veines hémorrhoïdales : le trismus offre le summum de cet état ( Double , loc. cit. , p. 259 ). Hippocrate a dit : « Quod si prœterea frons contrahatur phrene- «ticum.»
La pâleur du front est ordinairement accompagnée de celle de toute la face ; cependant elle poui"rait , au dire de quelques auteurs, exister isolément , et elle serait alors un signe de convulsions prochaines , ou de l'invasion d'une maladie fébrile contagieuse.
La rougeur du front , comme celle de la face , se lie à la plupart des maladies aiguës , à celles qui déterminent un afflux de sang vers l'extrémité supérieure, au développement des exanthèmes: c'est souvent sur le front que ceux-ci se manifestent d'abord. Gn doit craindre une altération organique de l'un des viscères de la poitrine ou de l'abdomen , et principalement du foie, si la rougeur alterne avec une couleur livide (Wilmans, De fronte morbor. interpret.; Magdebourg, 1756, p. 27).
La tuméfaction générale du front, dans la petite vérole , est un des signes de l'imminence de la période de suppuration ( Double ).
Les syphilides se manifestent presque toujours en premier lieu sur le front [corona veneris); on a dit que quand des pustules se reproduisent pendant lopgtemps sur cette partie , on doit soupçonner un engorgement des vaisseaux hémorrhoïdaux , ou une maladie chronique de l'un des viscères de l'abdomen ; mais
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c'est là une opinion qui , comme beaucoup d'autres inscrites dans les anciens ouvrag-es- de séméiologic , demande à èlre vérifiée.
2" Signes fournis par l'inspection des sourcils. Les sourcils sont abattus sur les yeux dans tous les cas de prostration extrême, dans les fièvres continues (Hippocrate, aphorisme xlix ) ; ils sont rapprochés, relevés, contractés dans les affections douloureuses et convulsives, dans rinflammalion de l'iris, de la rétine , du globe de l'œil, du cerveau ou de ses membranes.
3° Signes fournis par l'inspiection desy^eux. — «Ita valet corpus, sicuti valent oculi,adit Hippo- «crate: cum illi bene videatur valere, corpus bene « valet ))(jE'/nW., lib. m). De toutes les parties de la face , les yeux sont , en effet , celles qui fournissent au séméiologiste les signes les plus importants, sans parler, bien entendu , de ceux qui se rapportent aux différentes affections de ces organes eux-mêmes.
Paupières. — La contraction des paupières , qui , serrées fortement l'une contre l'autre , ne peuvent être écartées qu'avec peine , et ne laissent apercevoir qu'une petite partie du globe de l'œil , est un signe mortel, à moins que cet état ne soit la suite de veilles (Double, loc. cit. , p. 268 ). Si les yeux paraissent plus petits que dans l'état naturel, ou s'ils sont d'inégale grandeur, c'est un mauvais signe : «Ex oculis al terum minorera esse perniciem denuu- «tiat», a dit Hippocrate. L'affaissement des paupières, qui, imparfaitement rapprochées , ne recouvrent que le blanc de l'œil, ne peuvent être mues par le malade qu'avec une extrême difficulté, tandis qu'elles n'opposent aucune résistance aux doigts du médecin , indique une grande prostration : cet état ne se manifeste guère qu'à la suite de longues maladies, ou sous l'influence de maladies aiguës malignes ; toutefois , il peut être déterminé par des évacuations trop abondantes , et par toutes les causes qui abattent subitement les forces vitales (Hippocrate, Prœnot., § 3 ). Les paupières sont complètement et continuellement abaissées dans la paralysie de leurs muscles , dans certaines apoplexies.
Le? paupières sont convulsionnées dans l'hystérie, l'épilepsie , les maladies nerveuses. Le clignotement perpétuel est de fâcheux augure : «Oculos per- «petuo nictare perniciosum est», dit Hippocrate. Quelquefois le clignotement précède l'épistaxis ( Osv>ald. De oculo ut signo ; Magdebourg , 1752, p. 16). Il est des personnes, toutefois, qui ont un tremblement habituel ou passager des paupières , sans éprouver d'ailleurs aucune incommodité.
Les paupières sont tuméfiées , pâles , blanchâtres chez les sujets lymphatiques, scrofuleux. «Tumores « in supernis palpebris relicti , dum alia circumcirca «gracilescunt, récidivas faciunt» , a dit Hippocrate ;
et M. Double assure avoir plusieurs fois vérifié la justesse de celte remarque , principalement à la suite des fièvres intermittentes (/of. cit., p. 289). L'engorgement œdémateux des paupières , lorsqu'il se prolonge longtemps, est un signe fâcheux : il doit faire craindre une hydropisie générale ou locale considérable.
\J amaigrissement des paupières annonce le marasme : dans la face hippocratique, les paupières sont terreuses et ridées.
Cils. — Quelques auteurs avaient cru remarquer que les cils étaient plus longs chez les scrofuleux et les phthisiques. M. Vernois a constaté, en effet, quatre-vingts fois cette disposition sur quatre-vingthuit malades , dont soixante dix étaient scrofuleux ou tuberculeux ( Elude des diverses circonstances qui semhlentj pendant le cours des maladies ^ déterminer la forme recourbée des ongles ; in Jrch. génér. de méd., 3® série, t. iv, p. 310).
«Les cils offrent un des signes les plus graves et les plus certains delà face hippocratique: c'est lorsque les poils dont- ils se composent se recouvrent d'une poussière animale qui ne peut être autre chose que la matière sébacée fournie par les poils , et dont le refroidissement et le dépôt sont l'effet des approches de la mort et de l'inertîe qui en est ia^suite» ( Double, /oc. C7>., p. 270).
Caroncule et Glandes lacrymales. — ^La tuméfaction et la rougeur de la caioncu'e lacrymale qui ne sont pas produites par une irritation locale accidentelle, sont un des signes du déhre, de l'apoplexie, des hémorrhagies nasales ; il y a tuméfaction et pâleur dans le scorbut, les hydropisies, la scrofule, la chlorose, les cachexies; l'affaissement de la caroncule dénote ue grande prostration ( Double ). Les yeux sont larmoyants dans le coryza, les angines, la rougeole , la scarlatine : des larmes abondantes , répandues sans motifs , font souvent reconnaître la nature nerveuse de symptômes très-embarrassants pour le diagnostic.
Couleur des feux, — La couleur naturelle des yeux a-t-elle quelque importance séméiologiquePOn a dit que la sclérotique était bleue chez les individus lymphatiques, scrofuleux, d'un blanc perlé chez les phthisiques. BL Vernois, dans le travail que nous avons déjà ci té, sur cent dix malades atteints de scrofule ou de phthisie pulmonaire , a trouvé quatrevingt-dix-sept fois des yeux bruns ou bleus {loc. cit., p. 324).
Les colorations morbides de la conjonctive oculaire et de la sclérotiq.ue sont plus importantes à noter : une rougeur plus ou moins intense se manifeste dans l'état fébrile , les phlegmasies aiguës , les exanthèmes , les affections qui empêchent le retour du sang de Textrémilé supérieure, l'épilepsie, l'hy-