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d'une hémorrhagie celte turgescence , cette rougeur du visage qui appartient au délire tremblant; mais s'il existe quelque paralysie ou un état soporeux, il faut penser à une activité plus grande de la circulation cérébrale ou même à une hémorrhagie.
L'épilepsie est une complication fréquente ; elle s'est montrée six fois sur vingt-ciuq malades dont le docteur Barkhausen rapporte les observations. Dans ce cas les sujets présentent des convulsions cloniques des membres , du trismus , du strabisme , quelquefois un délire furieux, du coma. Schmidt, Éberniayer,ont été témoins de plusieurs faits semblables ( Heidelberg klinische annal., tom. m, cah. iv ). Parfois des accès épileptiformes marquent le début du delirium tremens, ainsi que Barkhausen l'a observé.
La gastrite et la gastro-entérite sont des complications du délire ; on a pris quelquefois pour cette dernière maladie le déhre symptomatique survenu chez des ivrognes dont le tube digestif s'était enflammé.
Huzeden soutient que l'anorexie , les rapports, les nausées , les vomissements , l'anxiété épigastrique , la coloration et l'enduit de la langue décèlent la souffrance de l'estomac et l'existence d'un état morbide qu'il appelle gaslricisme. On a invoqué à l'appui de cette opinion les désordres rencontrés dans le tube intestinal et ses annexes, et les différents symptômes présentés par quelques malades, tels que la douleur de l'épigastre qui n'est pas constante, la soif vive, la constipation, la sensibilité du ventre, et les autres symptômes que nous avons énumérés plus haut. Mais ici encore , comme pour les lésions cérébrales , on a considéré les complications comme la cause du délire , et on a oublié encore une fois que l'ingestion d'une quantité excessive et souvent répétée de liqueurs est une cause directe et plus que suffisante de la gastrite et de l'entérite. Il en est de même pour la colite aiguë, l'hypertrophie, l'induration avec atrophie du foie. C'est encore l'usage prolongé des liqueurs ou du vin qui amène dans la tunique de l'estomac ces indurations simples, ou ces dégénérescences squirrheuses qui ne sont point rares chez les ivrognes. On a vu également le délire associé à une phlegmasie de poitrine, à l'érysipèle , aux exanthèmes cutanés , tels que la rougeole, la scarlatine, à l'ophthalmie , à des maladies du cœur, etc. Il nous semble oiseux de dérouler, à l'exemple de quelques auteurs, le tableau de toutes les maladies qui peuvent compliquer l'encéphalopathie crapuleuse; toutes pourraient y figurer, non qu'elles soient toutes également fréquentes , mais , à part celles qui siègent dans le système nerveux et l'intestin , elles offrent peu d'intérêt.
Avant de terminer ce qui est relatif aux complications , nous rappellerons que des blessures , des frac-
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tures des opérations chirugicales peuvent exister en même temps que le délire dont elles seraient, suivant certains auteurs, la cause occasionnelle et non la complication ; nous y reviendrons en parlant de Tétiologie.
Espèces et variétés. — Celles qui nous paraissent les plus importantes sont celles fondées: l°sur la durée de la maladie ; 2" l'absence de complication ; 3° la forme des symptômes. En tenant compte de la première condition , les auteurs ont partagé le délire en aigu et en chronique; nous avons décrit suffisamment chacune de ces formes; la démence périodique des buveurs signalée par le docteur Jahn (Blediz. conversations blatt^n°o5, 1831), la folie ébrieuse, considérées à tort comme des espèces de délire chronique , appartiennent à l'histoire de la folie ébrieuse. La mania a polu, que Pfeufer a séparée avec raison du delirium Iremens , est une vraie manie et non une variété de la première affection.
Le delirium tremens simple, exempt de toute autre maladie, est une forme assez rare, suivant quelques auteurs ; cependant on ne manque pas de faits qui nous montrent le mal dégagé de toute complication. Le praticien doit attacher une certaine importance à cette distinction, parce qu'elle peut le guider dans le choix du traitement. Eu effet, s'il y a une congestion , une hémorrhagie, une épilepsie, ou quelque inflammation intestinale, la conduite à tenir est toute différente ; enfin la distinction du délire en simple et en compliqué intéresse encore le médecin sous le point de vue du pronostic. La variété du délire, désignée sous le nom de s/mptomatique, n'est point admissible, puisque le délire tremblant ne doit être envisagé jusqu'à nouvel ordre que comme une maladie idiopathique , c'est-à-dire dont la cause connue ou non connue n'appartient qu'à elle seule, et consiste dans l'action d'un agent spécifique.
La symptomatologie du delirium offre des variations assez nombreuses pour que l'on se soit cru autorisé à fonder sur elle des distinctions. Nous avons vu Dreyfu^s admettre un délire avec ou sans fièvre, avec fièvre inflammatoire, gastrique ou nerveuse, suivant que les phénomènes prédominent vers l'un ou l'autre de ces grands appareils. Le seul avantage qu'une telle division puisse offrir, c'est de rappeler à l'esprit que la névrose cérébrale s'accompagne, indépendamment des symptômes qui lui sont propres, d'accidents particuliers révélant tantôt la souffrance sympathique de quelque viscère, tantôt des maladies complexes.
Le délire sthénique est caractérisé par les signes propres au délire, seulement leur intensité est extrême : fièvre, congestion cérébrale, agitation, mouvements désordonnés, délire furieux, pouls fort, grand et développé, tels sont ses symptômes. Dans le délire asthénique l'on retrouve tous les symptômes
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précédents, mais à un degré moindre : la faiblesse est plus grande, le pouls petit; les carotides ne battent pas avec force. 11 ne faut voir dans ces variétés morbides que des différences amenées tantôt par des prédispositions particulières, tantôt parla nature du traitement, ou, enfin, par d'autres circonstances qu'il n'est pas toujours aisé de découvrir.
Dipsomanie. — Il est une forme de delirium tremens que l'on a décrite sous le nom de dipsomanie. Les sujets qui en sont affectés exigent impérieusement qu'on leur donne du vin ou de l'eau-de-vie , et, si on n'accède pas à leur désir, ils entrent en fureur, et tous les symptômes prennent plus d'intensité. Brûhl-Cramer nomme cette maladie iruncksucht i^œnomanie de M. Rayer, dipsomanie d'Hufeland). Hufeland l'a décrite dans les termes suivants : courbature générale, mobilité excessive du système nerveux, hallucinations de tous les sens, et de celui de la vue spécialement, crainte continuelle, tremblement des mains. Le délire res^;emble à celui qui se manifeste dans le cours des fièvres dont la cause principale réside dans les intestins; il n'est que symptomatique, diminue après l'ingestion des boissons spiritueuses, et revient lorsque leurs effets ont cessé. La maladie s'accompagne de fièvre, de coliques, de douleurs de ventre, ce qui n'a pas lieu dans le délire tremblant. Hufeland place la cause du délire dans la souffrance de l'intestin produite elle-même par des excès de boissons. Cette maladie , considérée comme distincte du délire tremblant, peut tenir à des causes très-difféi entes. Que des ivrognes perdent la tê:e par l'effet d'une maladie aiguë ou chronique, et qu'ils réclament des liqueurs spiritueuses, nous ne trouvons là qu'une de ces variations que la symptomatologie nous offre fréquemment dans le cours des maladies; que si l'on veut décrire sous le nom de dipsomanie une aberration des facultés de l'intelligence qui porte les sujets à désirer des boissons spiritueuses, nous ne voyons là qu'une folie ébrieuse, ou une ivrognerie appelée mlennittente par Brahl-Cramer,dans laquelle les sujets boivent de l'eau-de-vie par accès en des temps variables [Ueher die trunksucht und eine heilmeiode derselhen ; Berl. 1819).
Diagnostic. — On peut confondre avec le délire des ivrognes des maladies qui s'en rapprochent par les symptômes, et qui offrent avec lui une ressemblance assez grande pour que le diagnostic présente quelquefois de grandes difficultés. Cependant il est nécessaire pour le traitement, et sous le point de vue de la médecine légale, de décider si l'affection dont on est appelé à déterminer la nature est un déUre tremblant ou une folie ébrieuse commençante, ou un délire symptomatique de lésions viscérales, d'intoxication par les narcotiques, etc. Rappelons d'abord
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qu'il faut avant tout s'enquérir de la profession du sujet, de ses habitudes, de son genre de vie, et chercher dans les matières vomies et dans les gaz expirés l'odeur d'alcool qui permet dans un grand nombre de cas d'établir sur-le-champ le diagnostic. Mais souvent le récit infidèle ou mensonger des personnes qui entourent le malade, le soin qu'elles prennent à dissimuler son ignoble passion, l'absence de tout renseignement et de toule odeur, sont des obstacles qui arrêtent le médecin; dès lors il recourra à l'étude attentive des symptômes fournis par la maladie.
L'empoisonnement par l'opium, la belladone, la stramoine, la jusquiame donne heu à des symptômes qui ont la plus grande analogie avec ceux du delirium tremeus. Les mangeurs d'opium , et les sujets à qui l'on administre d'une manière continue et à haute dose cette substance et tes divers composés, éprouvent de la douleur de tête , des vertiges , des tintements d'oreilles, des hallucinations bizarres de la vue, semblables à celles du delirium; ils .^e croient dans un monde idéal , s'abandonnent à des rêveries extatiques, conversent avec des êtres imaginaires; leur visage exprime la gaieté; leurs traits sont d'une mobilité excessive , les mouvements des membres mal assurés; en même temps une sueur abondante couvre la peau : il y a absence complète de sommeil. La période de collapsus vient mettre enfin un terme à tous ces accidents. L'odeur d'alcool exhalé par les matières vomies et par la surface cutanée ou la respiration, la forme du délire qui est, en général, violent , et surtout les commémoratifs , feront supposer que l'on a affaire au delirium tremeus. Suivant MM. Pidoux et Trousseau {Traité de thémp., 1. 1, p. 139), les sujets narcoiisés par l'opium ressentent fréquemment sur la peau des démangeaisons : on pourrait se servir de ce signe diagnostique ; mais les sujets ne sont pas en état de rendre compte de leurs sensations.
Dans l'empoisonnement par la belladone, le délire est ordinairement gai, caractérisé par des extravagances, des ris, une loquacité, des gesticuLitions continuelles; par des mouvements dans les mains et les doigts, quelquefois par des convulsions; mais, d'ordinaire, la dilatation des pupilles est extrême, et l'assoupissement se montre après un assez court intervalle, ce c[ui n'a pas lieu dans le delirium tremeus; le pouls est vif et accéléré, ou fort et fréquent, ou irrégulier: on ne retrouve pas ces caractères du pouls dans le cas de délire tremblant. D'autres narcotiques, comme la stramoine, la mandragore, la jusquiame, amènent des effets analogues, et les moyens diagnostiques sont les mêmes que pour les substances vireuses nommées plus haut.
Le délire nerveux traumatiqae décrit par Dupuytren (vof. t. n du Compendium^ p. 630) présente
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quelques-uns des symptômes du délire des ivrognes. On comprendra facilement combien le diagnostic est difficile à établir, si l'on admet, avec M. Léveillé, que le délire observé par Dupuytren, Albers de Brème, et par Lind avant eux , n'est autre chose que le delirium tremens survenu cliez des hommes qui faisaient un usage habituel des boissons vineuses et alcooliques, et chez lesquels le délire a éclaté à l'occasion d'une blessure , d'une opération chirurgicale , ou d'une phlegmasie interne. Ce qui semblei ait confirmer cette manière de voir, c'est, d'une part, l'aveu même de Dupuytren , qui dit l'avoir observé sans qu'il existât d'affection traumalique, et, d'autre part, les succès presque constants obtenus à l'aide des opiacés. Quelle quesoitl'origine de cette névrose cérébrale, qu'elledépende de l'intoxication par l'alcool , ou d'une irritation sympathique transmise au cerveau, les renseignements pris sur les habitudes des malades serviront de guide pour porter le diagnostic. M. Calmeil , contrairement à l'opinion de M. Léveillé, trouve de grandes différences entre le délire des amputés et celui des ivrognes: «il n'offre pas le même mode d'accroissement, ne présente pas la même incertitude de la voix , le tremblement des lèvres : le défaut complet d'équilibre poussé au plus haut degré chez le dipsomaniaque» (art. Delirium TREMENS, A'c/.fl'eméâ?.^ 2®édit., p. 37).
Il est quelquefois difficile d'établir, dès le début, si l'affection que l'on a à traiter est un cas d'encéphalopathie ébrieuse ou un cas de folie: le délire, les hallucinations, les mouvements désordonnés, les vociférations, l'expression du visage, diffèrent quelquefois très-peu dans les deux maladies. Cependant l'insomnie n'est pas aussi opiniâtre dans la folie; le tremblement des lèvres et des mains est aussi moins marqué; enfin la durée de l'affection, la recherche des causes qui l'ont provoquée , l'efficacité du traitement mis en usage , mettent sur la voie du diagnostic.
M. Calmeil dit qu'il est aisé de confondre la paralysie générale commençante avec le delirium tremens ; dans les deux cas, embarras de la prononciation, incertitude dans la marche et dans les mouvements, agitation , insomnie ; la difficulté redouble encore lorsque la paralysie est produite par des excès de boissons auxquels se livrent les malades, lorsqu'elle se présente avec le cortège de symptômes propres au delirium tremens; même difficulté lorsque des aliénés sont en proie à un accès de delirium tremens ; on peut supposer alors qu'ils vont être pris ('e paralysie générale. Parfois on est tenté de croire que c'est à un déhre tremblant que l'on a affaire , et bientôt l'on s'aperçoit que le malade est aliéné (Calmeil , art. cit.). C'est dans ces cas douteux qu'il faut s'enquérir avec soin de l'état habituel du sujet , des maladies dont il est atteint ; et quand ces documents font défaut, ou quand il reste quelque doute dans l'esprit , il faut attendre ;
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la marche aiguë du délire tremblant , la diminution graduelle des symptômes , auront bientôt dissipé tous les doutes.
Lorsque le délire se rattache à la phlegmasie des méninges ou de la substance cérébrale, il est précédé de céphalalgie , de fièvre , et des prodromes qui appartiennent aux maladies aiguës; il est, d'ailleurs, accompagné ou suivi de mouvements convuisifs, d'un état comateux , et des signes d'une congestion cérébrale plus ou moins active ; en même temps, la perte de l'intelligence est presque complète, et on n'observe pas ces hallucinations si singulières , ou bien elles sont de courte durée; l'insomnie opiniâtre, l'agitation continuelle , sont remplacées par un état soporeux, ou des convulsions ; quelquefois la complication de méningite, d'encéphalite, d'apoplexie, d'hypérémie cérébrale avec le delirium tremens , ajoutent beaucoup à la difficulté du diagnostic , parce que les symptômes de ces affections se mêlent ensemble. Un grand nombre de maladies qui attaquent les ivrognes provoquent le délire. On s'exposerait à commettre de graves erreurs si l'on oubliait que le delirium tremens, véritable névrose excitée sympathiquement par la maladie d'un viscère, peut marcher en même temps qu'elle, comme toutes les complications. C'est encore dans ces cas qu'il est difficile de dire si le désordre survenu dans les facultés cérébrales est une simple névrose ou l'effet d'une méningite, d'une encéphalite, ou de toute autre altération.
L'encéphalopathie saturnine donne lieu à des accidents qui ont plus d'une analogie avec le délire des ivrognes; dans le délire saturnin, les idées roulent quelquefois sur des sujets riants, le malade s'entretient de ses occupations ; il éprouve toutes sortes d'hallucinations, se lève , marche dans sa chambre, et si OD veut l'attacher dans son lit , il entre en fureur , fait des efforts considérables pour se délivrer de ses liens ; ses mouvements sont mal assurés. Dans ce cas encore, la cause spécifique sous l'influence de lalaquelle le mal a pris naissance peut seule conduire à un diagnostic précis. Quant au tremblement des doreurs et des artisans qui manient le mercure , l'intégrité des fonctions intellectuelles et l'absence des autres symptômes rendent toute erreur difficile. Il ne peuty avoir quelque doute que dans le cas où le tremblement mercuriel se manifeste chez un ouvrier qui vient de se livrer à des excès de boissons ; le mal qui débute souvent dans ces circonstances s'accompagne des signes de l'ivresse, ce qui pourrait en imposer , mais pour un temps fort court, car, une fois cet état dissipé, il ne resterait que les symptômes propres à la maladie.
Pronostic. — La gravité de l'encéphalopathie crapuleuse dépend surtout: 1" du nombre des rechutes; il est d'autant plus sérieux que le mal s'est reproduit
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plus souvent. Barkhausen , au contraire , regarde la première atteinte comme plus dangereuse que les autres. 2° Le pronostic est fâcheux lorsque les symptômes sont très-intenses, particulièrement le délire, les convulsions, l'agitation, l'insomnie. Des phénomènes insolites, comme les convulsions épileptiformes, la paralysie, le coma, un collapsus profond, ne sont si graves que parce qu'ils annoncent une complication. 3° Ce sont ces dernières qui doivent servir de base au pronostic ; si le délire est simple , la terminaison est presque toujours heureuse ; elle est , au contraire , souvent funeste quand une des complications sur lesquelles nous avons insisté se déclare; les plus redoutables sont les maladies du cerveau, la paralysie, la démence, l'imbécillité, et pour une époque reculée, les altérations organiques de l'intestin ou du foie; une maladie intercurrente, comme une pneumonie, un érysipèle , ajoutent aussi à la gravité. Les signes précurseurs d'une terminaison heureuse sont le retour du sommeil , l'apparition des sueurs , la cessation du délire, du tremblement.
Éliologie. — La cause spécifique du delirium tremens est l'introduction dans l'économie par une voie quelconque, mais le plus ordinairement par l'intestin, de boissons fermentées , amères , vineuses ou alcooliques. Le mal attaque de préférence les buveurs d'eau-de-vie (Jos. Frank, ouvr. cité, p. 744). Quelques auteurs pensent que les excès de vin sont une cause plus fréquente de cette affection. Elle peut sévir également sur des hommes qui font usage de boissons préparées avec des fruits, du miel ou du lait fermentes, etc. Le cidre, la bière, produisent les mêmes effets ; le docteur Spath dit avoir connu deux hommes qui ne buvaient absolument que cette dernière boisson , et dont l'un fut atteint deux fois , et le second quatre fois , de delirium tremens (mém. cité). Le docteur Hôring pense que le café peut occasionner cette maladie; il en est de même des liqueurs dans la composition desquelles on fait entrer quelques plantes stupéfiantes, comme l'ellébore blanc, lajusquiame, l'ivraie , le ledum palustre , le lycoperdon , le lauriercerise, etc. ; par l'usage de ces différents liquides qui contiennent tous de l'alcool, le sang artériel se sature de ce principe, et va porter dans le cerveau une surexcitation très-grande qui en exalte et en trouble les fonctions.
L'alcool peut pénétrer dans les tissus par différentes voies; Jos. Frank admet que ce liquide mêlé à l'air , à l'eau d'un bain , ou employé en fomentation , en lavement, peut faire naître la maladie (p. 744) : ces cas doivent être assez rares. Il faut, en général , se défier du récit des malades , qui dissimulent avec le plus grand soin la débauche à laquelle ils se livrent, et qui parviennent souvent à mettre en défaut la surveillance la plus active. Sutton , M. Léveillé et
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