‹ Compendium de médecine pratique, ou, Exposé analytique et raisonné des travaux contenus dans les principaux traités de pathologie interne (volume 4)Chapitre 5 sur 32 · I — DEL · texte numérisé non relu

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lique (in mém. cité, p. 279). Topken n'est pas éloigné de donner à la maladie le nom à'eretkismus criticus cerehri ahdominalis, parce qu'il pense que son siège est dans le plexus cœhaque ( £/eAer die nafur und den sitz dcr delirium tremens ., in Hufcland's journ., t. XLvni, n° vi, p. 59, 1 822).

Historique et bibliographie. — On a voulu trouver une indication de cette maladie dans un passage des Goaques d'Hippocrate ( § 76); mais les termes vagues dont il se sert s'appliquent à bien des affections cérébrales. Aristote raconte que Denis le Tyran fut en proie, pendant quatre-vingts jours , à un accès d'ivresse ; M. Galmeil trouve là un exemple de délire suffisamment caractérisé. C'est à Sutton qu'appartient l'honneur d'avoir donné une description complète de cette maladie [Tracts on delirium tremens, etc, in-8°, Londres, 1813, trad. enallem. par Heinecken; Brème en 1820). Elle avait été déjà très-bien étudiée par Saunders , qui la distingua des autres maladies, et proposa l'opium pour la combattre. Sutton lui imposa le nom qu'elle porte aujourd'hui , et publia des faits qui offrirent un grand inté: et à l'époque où parut l'ouvrage de ce médecin. Parry ( The med. and phys. journ. , Lond.; janv. 1814), Bidwel ( ^4 case of del. trem. in Lond. med. reposit. , t. IV, 1 81 6 ) , Clifton (^ case ofdel. trem. in Lond. med. reposit. , t. v, 1816 ) , et d'autres médecins anglais et américains, publièrent des observations particulières qui répandirent quelque lumière sur plusieurs points de son histoire , bien que souvent le diagnostic des complications ne soit pas suffisamment établi.

Le mémoire de M. Rayer qui parut en 1819, écrit avec une grande netteté , ajouta cependant peu de chose à l'étude des symptômes , des complications et du traitement. J. Frank en avait esquissé les principaux traits, mais en le confondant avec d'autres phénomènes morbides dus à l'ivrognerie. Dans l'édition de Leipzig {Prax. med. univ. prœcept., part, secund., sect. prima, voluminis primi), ce savant auteur comprend l'histoire du délire dans un chapi tre intitulé Z?e ebrietatCj, et ebriositatedeque ejus effectu^ delirio tremente (p. 735); il montre dans plusieurs passages qu'il atrès-bien saisi le mode de génération des maladies qui procèdentd'un état habituel d'ivresse ( ebriosilas ). 11 s'exprime en ces termes sur quelques affections qui ont été confondues avec le délire : «De- «lirium tremens (sit venia nomini absurdo) sequentes «morbos prore nata amplecti credimus : encephahti- «dem tremefacientem, febrem cephalicam ; rachial- « gilidem tremefacientem febrem lentam nervosam, «maniam, condilionem phlogisticam hepatis, ven- «triculi, pancreatis et lienis, saepe plexui nervorum «solari infensam , atque labefactationem syste- «matisncrvosi universi.» Après cette caumération, il

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ajoute avec une grande sagacité : «Tuierit,delirii tre- «mentis forma sese exhibeote, illam aualysi submit- «tere et juxta prcBcepta Iradita et tradeoda, sineque « prseconcepta opinione , unicuique morbo quod suum «est dare» ( p. 750 ).

Nous citerons, parmi les auteurs dont il est utile de connaître les travaux, Briihl-Gramer ( Ueber die îrunksucht , Berl. , 1 8 1 9 j , qui a écrit un travail où le délire tremblant est souvent réuni à d'autres affections dune nature différente. WLàQYe.{yi paperon delir. trem., Edinb. med. and. surg.journ., t.^iXj 1823), M. Léveiilé, dont le mémoire original a beaucoup contribué à mettre en lumière les véritables causes du délire simple ou compliqué, soit d'une phlegmasie des méninges, soit d'une phlegmasie de lintestin ; il a cherché aussi à montrer que le délire nerveux de Dupuytren ne diffère pas du délire des ivrognes ( Sur l' encéphale pathie crapuleuse in 3Iém. de l'Acad. roy. de méd. , t. i ).

11 serait sans intérêt pour le lecteur de mettre sous ses yeux toutes les observations rapportées par les médecins allemands ( in Hufeland's Jouni. , in liust's magazin)., anglais ou français, J. Frank et M. Dezeimeris en ont dressé une note bibliographique des plus complètes, et que nous ne pourrions que recopier (in Praxeos^ loc. cit., p. 736; et Bict. de méd.^ art. Délire , p. 42). Nous nous bornerons donc à citer les ouvrages remarquables de : Barkhausen [Beobachtungeti ilber den sauferwahnsinn, oder das delirium tremens , Brem. , 1828 ), de Dreyfuss {Ueber den saujerwahnsinn^ Wurtzb., 1831), de Kopp ( Ueber das delirium tremens : in seiner Beobachtungen imgebiele der ausûehend en heil- Iacnde\, franc., 1 821 ), de Spath ( Ueber das delirium tremens , etc. , in Medicinische annalen de Jleidelbergj 1836, t. ii , cah. a, p. 269) , de Ware ( Rcmark on the history and treatment of delirium tremens, Bost., 1831 ). Le travail du docteur Roesch , consacré à l'étude de toutes les maladies produites par l'ivrognerie , traite du defirium tremens, et renferme quelques remarques utiles sur les causes , les complications , et le traitement.

DÉMENCE {voy. Folie).

DENTITION, s. f. (Maladies causées par la).

Dénominations française et étrangères. — • Dentition. Fr. — Ô^ov-riacjiç, o^owocpuia.. Gr. — Denlitio. Lat. — Trething. Angl. — Zahnung. kWtva.

Définition et division. — On entend par dentition l'ensemble des phénomènes physiologiques qui déterminent l'ossification des germes dentaires et leur issue des cavités alvéolaires, pour constituer les dents. Ces phénomènes se renouvelant, avec certaines modifications, à plusieurs époques delà vie, on a distingué une première et une deuxième dentition. Quelques uteurs (Capuron) ont appelé troisième deatition

l'éruption des dernières grosses molaires , dites dents de sagesse; d'autres (Blandin, Serres) n'ont voulu donner ce nom qu'au remplacement de dents permanentes , et, sous ce point de vue, on a cité des exemples de quatrième , de cinquième et même de sixième dentition (Lison, Bull, de thér., t. xiii, p. 1 90), tandis que MM. Delabarre, Oudet, Toirac, refusent de croire à ces dentitions consécutives, et n'y voient que la persistance des dents temporaires et la pousse tardive des secondes dénis. Les phénomènes pathologiques qui se rattachent à l'éruption des dents, les seuls dont nous devions nous occuper ici, doivent être considérés dans la première et dans la deuxième dentition

Première dentition.

«Dès qu'un enfant de quatre mois, dit Rosen, se sent mal à son aise , on rapporte cela à la dentition , quoique souvent ces incommodités aient une toute autre cause», et M. Guersent fait remarquer avec raison «que la difficulté d'observer les maladies du premier âge, et le peu de connaissances positives que nous avons sur cette partie de la pathologie , ont dû contribuer à enraciner un préjugé qui est devenu populaire comme tous les autres préjugés en médecine.» L'on comprend en effet qu'alors que les éléments manquoiient à une appréciation rigoureuse des relations de causes à symptômes, l'on n'ait tenu compte que d'un seul fait, c'est-à-dire «que la dixième partie des enfants mouraient dans la pousse des dents» (Arbuthnot), et que l'on en ait tiré des conclusions qui , de nos jours encore , sont défendues par quelques médecins.

Baumes , qui le premier publia un traité ex professa sur ce sujet, considérant avec Lorry la dentition comme une maladie toute nerveuse, pense que les maux qui en proviennent sont d'autant plus multipliés et plus graves 1" que la mobilité de l'enfant est extrême , 2*^ que la constitution a été altérée par la manière habituelle d'élever les nourrissons , 3" qu'il a éprouvé quelque maladie. La première de ces propositions demande seule à être développée.

«Parmi les attributs des tissus organisés qui entrent dans la composition des êtres vivants, dit Baumes, on fait entrer la facilité avec laquelle les solides doués de vie, et de la sensibilité qui en émane, obéissent à l'impression des agents qui les affectent, la promptitude des mouvements qui en dérivent , et le degré d'action résultant de ces mouvements. On fait entrer de même la facilité avec laquelle les fluides, également imprégnés de la puissance vitale et de la propriété qu'elle leur donne, cèdent à l'effort qui les met en jeu, l'activité de leur circulation, et les effets provenant de rintensité de leurs mouveHienls progressif et intestin. Celte double facilité, qui touche de très-près à la maladie , constitue la mobilité qui

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résulte du peu de rapprochement des molécules élémentaires» [Traité de la première dentition, p. 32, 33, 34).

« Toutes les fois , dit maintenant Baumes , que l'effet de l'impression et de la sensation sera infiniment plus grand que la cause qui les détermine , non-seulement la mobilité existera dans toute sa plénitude , mais encore la dentition sera orageuse par suite même de cette excessive mobilité, » et les accidents varieront suivant que celle-ci sera atonique ou sthénique {loc. cit., p. 36 , 39, 41). Gomme corollaire de cette théorie , on voit « que la dentition , même dans l'état ordinaire, donne une très-grande aptitude à être affecté et même à être pris de convulsions , puisque la plupart des enfants dont les dents poussent ont quelquefois dans le sommeil la figure riante ù (Baumes, Des convulsions dans l'enfance, p. 223).

Gardien reproduisit en partie ces idées : reconnaissant que l'éruption des dents, «quoique pénible et très-douloureuse pour les enfants , ne doit cependant pas être regardée comme une maladie,» admettant que la douleur est la cause première et principale du développement des accidents de la dentition, il attribue néanmoins un rôle important à la mobilité à laquelle se joint un état d'éréthisme ou d'atonie de la fibre {Traité d'ace, t. iv, p. 226, 232, 238).

Lombard plaça la cause des dangers qui accompagnent la dentition dans la plénitude et la corruption des humeurs mises en mouvement par la douleur. De Haen, Wasserberg, Underwood, ne tinrent compte que de celle-ci , et l'attribuèrent tantôt à la compression que les racines des dents exercent, en s'enfonçant dans les alvéoles, sur les nerfs dentaires, tantôt au tiraillement de la membrane qui recouvre les dents , tantôt à l'inflammation de la gencive.

Des opinions bien différentes étaient professées d'autre part : considérant que la dentition était une fonction , Rosen écrivit : « Lorsqu'un enfant est venu à terme , né de père et de mère bien portants , qu'en outre la mère , loin de s'être livrée à ses passions pendant sa grossesse , a toujours eu l'esprit tranquille, et ne s'est pas jetée non plus sur des aliments bizarres ou de fantaisie; si, d'ailleurs , l'enfant a eu à sa naissance un bon lait, les dents percent toujours sans de grandes douleurs et assez aisément» {Traité des mal. des enf., traduct. de Villebrune, page 37). Armstrong, Gadogan, défendirent vivement cette manière de voir, et Wechmann alla jusqu'à soutenir que la dentition ne pouvait jamais déterminer de maladies , et que celles-ci tenaient toujours à d'autres causes.

Ici encore la vérité est en dehors des théories systématiques : une enfant de dix mois , robuste et bien portante , est prise tout à coup de dysenterie , de vomissement, de fièvre, d'angine, de convul-

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( sions ; pendant quinze jours ces accidents persistent avec une violence qu'aucune médication ne peut arrêter ; mais dans cet espace de temps , sept dents percent les gencives , et tous les symptômes disparaissent immédiatement (Arnold, //^Mrfem^. corresp. blatt., 1834, n° 32). Que d'observations analogues viennent démontrer que «ce serait tomber dans une grave erreur que de soutenir la parfaite innocuité d'une fonction si fréquemment laborieuse» (Dugès, Dict. de méd. et de cfiir. prat., t. iv, p. 223), et que si la dentition ne saurait , à titre de phénomène physiologique , être considérée comme une maladie , elle peut, aussi bien que la grossesse, l'accouchement? la menstruation , devenir la cause de différents états pathologiques, favorisée qu'elle est surtout par la débilité du sujet et par la présence de tant de phénomènes d'organisation concomitants , phénomènes qui , d'ailleurs , ainsi que l'a si bien établi Billard , deviennent souvent par eux-mêmes les causes de ces affections si diverses et entièrement indépendantes de la dentition , qu'on s'est obstiné à rattacher à celle-ci.

L'influence de la dentition considérée comme cause de maladie étant admise , il fallait en déterminer le mode d'action. M. Gapuron le chercha dans la direction des forces vitales vers la tête, et la sympathie qui lie toutes les parties de l'organisme ( Traité des mal. des enf., p. 171 ); M. Guersent , dans l'afflux du sang, le surcroît d'activité du cerveau, et la susceptibilité nerveuse que détermine l'éruption des dents {Dict. de méd., t. x , p. 134 ); Eggert, dans la surabondance des éléments de l'ossification {Bust's magaz, t. xxni, cah. 1); Reil [Erkentniss und cur der fieber, t. n, p. 60), Tourtual {Praktische beitràgezur ther. der lLinderkr')^ReYié[ieY{Schmidt's jahrb., t. xn, p. 226), ayant constaté que les maladies aiguës , les opérations chirurgicales , la vaccination , hâtaient quelquefois singulièrement l'éruption des dents , font jouer le principal rôle à l'irritabilité. La connaissance précise des circonstances individuelles ou extérieures qui peuvent favoriser ou occasionner le développement des maladies liées à la dentition avait une importance pratique plus réelle; malheureusement depuis Baumes, qui croyait les énumérer en indiquant l'asthénie, la polychymie, la physconie mésentérique , et le rachitisme , on n'est guère arrivé à des données positives. Les chaleurs de l'été, la constipation, l'absence de plyalisme , l'issue des dents canines postérieurement à celle des premières petites molaires , ont été signalées par les auteurs. La constitution ne paraît avoir qu'une influence relative , c'est-à-dire que chez les enfants faibles , lymphatiques , la dentition s'accompagne de diarrhée, de fièvre, d'affections chroniques , tandis que les congestions cérébrales, les convulsions, les

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phlegmasies aiguës , se rencontrent plutôt chez les enfants robustes et pléthoriques. Une dentition trop rapide, trop précoce , ou, au contraire, très-tardive , serait rarement exempte d'accidents; mais la première ayant été rattachée à la scrofule (Billard), la seconde au rachitisme (Wendt) , il faut prendre garde de ne pas attribuer à une cause , des effets qui appartiennent à une autre. Enfin Rosen , Blaud {Philosoph. trans., t. Lxxi , part, ii ), Nils Darberg ( Tal om nœgradet suens, etc.), Raymond [Mém. sur la topogr. de Marseille) ^ Harris [De morbis infaiitum^ p. 7 ), Gilibert ( Diss. sur la dépopulation causée par les nourrices mercenaires, p. 319), après avoir compulsé des tables de mortalité fort étendues, se sont crus autorisés à dire que le défaut de soins , de bons aliments , de vêtements convenables , est la cause la plus fréquente comme la plus puissante des dentitions difficiles. Est-il nécessaire d'ajouter que l'inégalité de développement entre les os de la mâchoire et les dents , les vices de conformation des alvéoles, la présence de dents surnuméraires, les superfétations dentaires ( Journ. de Bojer, Corvisart et Leroux, t.KXYi,p. 252),ledéveloppement, dans les gencives , de petits os étrangers aux alvéoles (Hunter, Bist. des dents humaines; Miel , y4rt. de dirig. les deux dentit., p. 115), en un mot les irrégularités et les anomalies de la dentition , sont une source d'accidents d'ailleurs très-variables. Ainsi Albinus , Sabatier, ont vu des dents cachées dans l'épaisseur des apophyses montante et palatine de l'os maxillaire supérieur donner lieu à des symptômes fort embarrassants pour le diagnostic, et Blasius, en opérant une hydropisie du sinus maxillaire, trouva une dent canine régulière , non-seulement anormale mais encore supplémentaire, occuper une alvéole creusée dans l'épaisseur de la face orbitaire du maxillaire supérieur (Clin, zeitschr. fur chirurg. und augenheilk, t. i, cah. 2, 1836).

Classification. — La classification et même l'énumération des maladies odaxistiques, suivant l'expression de Baumes , se sont ressenties de l'obscurité de la question, et de la diversité d'opinions qu'elle avait fait naître. Baumes , après les avoir divisées en primitives et en secondaires ( Traité de la prem. dent., p. 1 70 ) , traite dans autant de chapitres séparés, du vomissement, du dévoiement, des tranchées, de la constipation, de la salivation, des achores, de la toux, de l'insomnie , de l'agitation et de la frayeur, de la fièvre , des convulsions , des aphthes , de la douleur. Gardien ne voit que deux espèces d'accidents, les uns sont spasmodiques , les autres inflammatoires, et il indique comme maladies propres au travail de la dentition : les croûtes laiteuses, la diarrhée, l'assoupissement et les convulsions ( Traité d'ace, t. iv, p. 242, 247). M. Capuron établit deux ordres : maladies idiopathi-

ques et maladies sympathiques; dans le premier il place : l'irritation, le prurit, la démangeaison, la chaleur brûlante , la douleur , la sécheresse , le gonflement , l'inflammation des gencives , les aphthes ; dans le second : la fièvre , les convulsions , Tépilepsie , les tranchées, la constipation, le dévoiement, le diabète, la suppression d'urine, le vomissement, l'oppression, la somnolence, l'apoplexie (r/-rt«ïé des mal. des enf., p. 171). Billard ( Traité des mal. des enf , p. 263), et M. Guersent ( /oc. c/f.), décrivent des maladies locales : gonflement , inflammation et douleur des gencives; et des maladies sympathiques: convulsions, inflammation des muqueuses. Dugès traite, sans classification préalable, de la fièvre continue, de la fièvre erratique , du vomissement , de la diarrhée , de l'insomnie, de l'éclampsie, de la toux et de l'ophthalmie ( loc. cit.). Enfin Meissner étabht des affections primitives qui sont : toux, constipation, diarrhée, fièvre, assoupissement, agitation , anorexie, amaigrissement, crampes , convulsions , mort subite; et des affections consécutives qui sont : hydrocéphalie , atrophie , épilepsie, paralysie et ophthalmie (Die kinderkr, p. 531 ).

Il est facile de voir qu'aucune de ces divisions ne repose sur une base solide, et que toutes offrent, d'une part , dans leur énumération , des omissions graves , tandis que, de l'autre, elles y font figurer àtitre d'individualité morbide des accidents qui , bien évidemment, ne doivent être considérés que comme des symptômes. Nous allons essayer de nous mettre à l'abri de pareils reproches, et, après avoir rappelé en peu de mots A les phénomènes normaux qui accompagnent la première dentition , et qu'il est indispensable de bien connaître pour pouvoir apprécier où commence l'état morbide , nous parlerons B des maladies locales dont la dentition est toujours la cause déterminante directe , C des affections dont le siège est plus ou moins éloigné de celui de l'ossification dentaire et dont celle-ci est la cause occasionnelle plus ou moins immédiate ; enfin D de quelques accidents purement sympathiques , véritables lésions de fonctions , sans lésions d'organes appréciables.

A. Phénomènes normaux de la première dentition. — Si l'on peut admettre , avec M. Capuron , que le travail de la première dentition commence, rigoureusement parlant , pendant la vie intra-utérine, il faut aussi reconnaître que rien n'est plus variable que l'époque à laquelle apparaissent les signes qui annoncent la prochaine éruption des dents. aNoluit aprofida natura hominem, cumdentibus nasci,y>2i dit Fr. Hoffmann; mais les exemples si connus de Louis XIV et de Mirabeau, ceux que rapportent Hal- 1er, Billard , Dugès , prouvent assez que cette loi est soumise à de nombreuses exceptions, et M. le docteur Toirac pense qu'un nombre d'enfants beaucoup plus

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considérable qu'on ne le croit ge'ne'raleœent naît avec des dents; il a vu la fille d'une /émme géante^ qu'on montrait en public , qui en avait six en venant au monde ( Journ. des conn, méd. , 1833 ). Van- Swieten assure même avoir vu deux incisives inférieures chez un fœtus de cinq mois. D'autre part , le même auteur a vu la première dent ne paraître qu'à l'âge de dix-neuf mois, Lanzoni à sept mois, et l'enfant ne commença à parler qu'à cette époque; Dugès à onze ans, Smellie à vingt-deux. M. Oudet a vu deux fœtus venus à terme , qui, s'ils eussent vécu , eussent au moins été privés de leurs premières dents, puisque tous les follicules de la première dentition étaient en pleine suppuration. Enfin Baumes a connu « à Saint-Gilles un huissier, nommé Vaizon, auquel il n'est jamais sorti aucune dent,» et Borelli a vu une femme de soixante ans être dans le même cas ( dur. dent. , t. i). Quoi qu'il en .soit, on comprendra l'immense majorité des cas, en disant que l'éruption des dents commence du quatrième au septième mois , et se termine du douzième au quinzième. Des symptômes locaux et généraux annoncent et accompagnent ce travail; le bord alvéolaire s'élargit, des saillies correspondant aux alvéoles apparaissent sur sa face externe ; les gencives se tuméfient ; l'enfant est" inquiet , il pleure , il se plaint, perd le sommeil , refuse le sein , ou bien , au contraire , le prend avec une avidité inaccoutumée; il porte à sa bouche les doigts et tous les corps étrangers qu'il peut saisir; il les presse entre les gencives , et alors une salive abondante s'écoule ; il se frotte les lèvres , le nez , les yeux pour apaiser le prurit dont toutes ces parties sont le siège. Cet état , que ne complique du reste aucun trouble dans les fonctions , se prolonge plus ou moins longtemps. Alors le cartilage gengival commence à disparaître, les gencives deviennent mousses , d'un rouge vif, molles et très-douloureuses ; des petites taches blanches se forment sur les points qui vont donner passage aux dents ; l'agitation redouble , la peau est chaude , sèche, offre souvent, et principalement aux joues, des plaques d'érythème simple ou papuleux [feux de dents); sur les membres et le tronc de l'urticaire , quelques pustules d'impétigo ; quelquefois même celles-ci se forment en grand nombre sur la face et le cuir chevelu ( croûtes laiteuses ); le ptyalisme devient de plus en plus abondant; l'enfanta une petite fièvre continue ou rémittente , une légère diarrhée, des vomissements , des mouvements convulsifs presque imperceptibles dans les muscles de la face et des yeux ; enfin les taches blanches que nous avons indiquées sur les gencives se déchirent à leur centre, laissent apparaître une petite pointe osseuse, dont l'issue est bientôt suivie de celle de la couronne tout entière : alors tous les symptômes s'amendent peu à peu, cessent complètement, et Tordre est rétabli.

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