‹ Compendium de médecine pratique, ou, Exposé analytique et raisonné des travaux contenus dans les principaux traités de pathologie interne (volume 4)Chapitre 6 sur 32 · DEN · texte numérisé non relu

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Il ne faut pas croire cependant que cette marche soit régulière et constante. Les symptômes que nous venons d'énumérer , et qui ne sauraient être considérés comme constituant un état morbide, ne se rencontrent chez quelques enfants que pendant l'éruption des molaires ; chez d'autres ils manquent entièrement, et la dentition commence et s'achève sans qu'on en soit averti autrement que par la présence des dents.

Cet état physiologique fait place à l'état morbide toutes les fois qu'il y a exagération d'un ou de plusieurs de ces phénomènes normaux, ou apparition de symptômes nouveaux plus ou moins graves.

B. Maladies locales directement déterminées par la dentition. — Inflammation des gencives. — Lorsqu'en raison de circonstances variables et encore mal appréciées , comme on l'a vu, l'éruption des dents rencontre des obstacles, l'état de congestion dans lequel se trouvent les gencives se transforme en véritable inflammation; leur tissu devient tendu, d'un rouge presque violet, sec, luisant; les douleurs sont continues , exaspérées par le plus léger contact , et arrachent à l'enfant des cris continuels ; l'inflammation se propage aux parties environnantes aux joues, au palais, à la langue, au pharynx, aux lèvres ; la fièvre est violente , la tête est congestionnée, la face rouge et bouffie. Si l'inflammation continue à faire des progrès, il survient quelquefois des exhalations sanguines à la surface des gencives, et comme l'enfant exerce la succion sur le sang exhalé , et empêche ainsi qu'il ne s'écoule à l'extérieur,il est arrivé que cette hémorrhagie ait été méconnue (Billard, loc. cit , p. 269). D'autres fois des aphthes se développent en nombre plus ou moins considérable. Alors l'haleine devient fétide, et des symptômes^ généraux graves peuvent compromettre rapidement la vie du petit malade; la gangrène peut envahir les gencives et s'y limiter , ou bien , au contraire , s'étendre à toute la cavité buccale. Alors , dit Chambon , «la sanie, entraînée dans l'estomac avec la salive , enflamme l'œsophage et le ventricule luimême , occasionne un hoquet continuel avec perte subite et absolue des forces , et la mort» ( Des maladies des enfants , p. 93).

Il est rare , toutefois , que les désordres locaux atteignent cette gravité ; le plus ord'uairement , l'inflammation des gencives reste stationnaire àun degré modéré, pendant tout le temps qu'exige l'éruption complète des dents. Si elle dépas.se ces limites, un traitement approprié l'y ramène facilement ; ou bien, dans le cas contraire, la mort arrive par le fait des accidents symptomatiques ou sympathiques , qui ne tardent pas à devenir prédominants.

C. Maladies dont le siège est plus ou moins éloigné de celui de C ossification dentaire, et dont celle-ci est la cause occasionnelle plus ou

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