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râtre. Celle-ci fut délayée avec de l'eau distillée, et filtrée de nouveau: une liqueur noirâtre s'écoula et fut soumise à l'ébullition avec de l'eau et du blane d'œuf ; elle se divisa en deux parties par l'action du feu : l'une solide, insoluble, brunâtre; l'autre liquide et incolore. Cette dernière , soumise à une évaporation lente, forma au bout de quelque temps un sirop entièrement semblable à celui que fournit l'urine diabétique, et, au bout de quelques semaines, il se forma des petits cristaux incolores, prismatiques, rhomboïdaux à leur base , offrant en un mot tous les caractères des cristaux de sucre candi. Traités par les procédés connus , le sirop qui pesait une once , et les cristaux dont le poids était de neuf grains ^ donnèrent des résultats entièrement semblables à ceux que fournissent les produits analogues tirés de l'urine des diabétiques {Froriep's, notizen, b. xlyhi, p. 31). Plus récemment encore Grégor de Glascow et le docteur Rees {Guf's hospit. reports, oct. 1838) ont obtenu, en analysant le sang diabétique, des résultats analogues , et l'intérêt qui se rattache à cette grave question nous engage à indiquer dans ses détails le procédé d'analyse auquel ce dernier médecin a eu recours.
Après avoir fait évaporer jusqu'à siccité douze onces de sang par le bain-marie , soumis cette masse desséchée et divisée à l'eau bouillante pendant plusieurs heures, filtré la solution aqueuse, l'avoir de nouveau fait évaporer jusqu'à siccité, et avoir digéré dans de l'alcool à 0,825 de pesanteur spécifique le résidu desséché une seconde fois, le docteur Rees filtra cette solution alcoolique , la décanta , la fit évaporer jusqu'à siccité, et traita plusieurs fois la masse sèche par de l'éther rectifié , qui dissout l'urée et un peu de matière grasse, laissant le sucre mélangé avec l'osmazôme et le chlorure de sodium. Cette masse étant alors dissoute dans l'alcool, la solution fournit, en s'évaporant spontanément dans un vase plat en verre, des cristaux mélangés de chlorure alcalin et de sucre diabétique, qu'il est facile de distinguer les uns des autres et de séparer , en les faisant tomber dans de l'alcool où le chlorure va au fond, tandis que le sucre qui surnage peut être enlevé facilement à l'aide d'une spatule.
Mille grains de sérum diabétique fournirent ensuite à l'analyse les éléments suivants :
Eau 908,50
Albumine fournissant par l'incinération des traces de phosphate de chaux
et d'oxyde de fer 80,35
Matières grasses 0,95
Sucre diabétique ^ ,80
DIA
Report..,.
Extractif animal soluble dans l'alcool, urée
Album inate de soude
Chlorure alcalin avec traces de phosphate, carbonate alcalin et traces de sulfate, résultat de Tiacinération. .
Perte
DIA
«Je suis bien étonné, ajoute le docteur Rees, que depuis longtemps déjà, on n'ait pas encore constaté la présence du sucre dans le sang des diabétiques, et même sans le séparer; car le sérum du sang mélangé avec l'eau fournit au bout de quelques jours de l'acide carbonique, ce qui, en tenant compte du goût douceâtre et de l'odeur sirupeuse de l'extrait alcoolique évaporé , suffit pour indiquer la préseore du sucre. »
Ces données ne sont peut-être pas suffisantes pour résoudre le point important de palhogénie qu'elles seules cependant peuvent déciiier; mais elles autorisent néanmoins à penser, malgré l'autorité des Vauquelin et des Berzelius, que des nouvelles expériences faites, comme le veut peut-être avec raison Stosch, sur du sang artériel tiré peu de temps après la digestion, conduiraient à des résultats semblables à ceux qu'ont obtenus Ambrosiani et le docteur Rees , et viendraient dès lors démontrer la véritable nature du diabète , et rendre compte de ses principaux symptômes.
Quelques altérations pathologiques , très-variables d'ailleurs, ont également été constatées dans l'appareil digestif. Berndt a vu des dilatations considérables de l'estomac et des gros intestins ; la muqueuse gastro-intestinale est quelquefois injectée, enflammée, ramollie ( Bulletin des se. méd. , t. y , p. 25 ); mais cet état toujours consécutif est bien loin d'avoir l'importance que lui a attribuée M. Dezeimeris, et d'ailleurs cette membrane est souvent pâle (Porter) ou sans aucune altération ; Marshall et Stosch l'ont vue couverte d'un enduit noirâtre. Mead a trouvé le foie stéatomateux ; MaScagni et Juncker ont vu les ganglions mésentériques indurés, hypertrophiés. Les vaisseaux chyhfères, le canal thoracique, peuvent offrir une dilatation plus ou moins considérable. La salive , soumise à l'examen chimique par Yauquelin et M. Ségalas , n'a pré.senté aucune altération; les sucs gastrique , pancréatique et biliaire, analysés par Nicolas etGueudeville, ont paru altérés à ces auteurs par la présence des sucs nutritifs non animalisés.
En résumé, rien de plus variable , de plus inconstant, de moins caractéristique que les altérations pathologiques que laisse après lui le diabète, et qui quelquefois manquent complètement. Si l'ou cherche à tirer quelques déductions nosogéniques de celles que
l'on rencontre dans les reins en particulier, on voit manifestement que les unes sont dues à des effets mécaniques, et que la plupart des autres doivent être considérées comme déterminées consécutivement par une suractivité de sécrétion dont la cause est encore à trouver.
S/mptomatologie. — Le diabète ne débute pas aussi souvent qu'on le croit généralement d'une manière brusque ; mais comme la maladie n'est ordinairement reconnue que lorsque la quantité des urines s'est déjà notablement accrue, et que cette augmentation peut ne se manifester que plusieurs mois après l'époque à laquelle l'analyse chimique eut déjà fait constater la présence du principe sucré , il en résulte que les prodromes ont fréquemment été méconnus ou rattachés à une autre affection. Suivant Haase ( Veber die erkenntn. und cur der chron. krankh., bd. m, abth. i, p. 327), un abattement général et un appétit de plus en plus insatiable précèdent presque toujours ces modifications de la sécrétion urinaire : les digestions se maintiennent bonnes, les évacuations alvines régulières ; ou bien , au contraire, il survient delà constipation, des hémorrhoïdes, des vomissements , de l'amaigrissement , de la chaleur à l'épigastre, des angines, de la tuméfaction dans les ganglions du cou, de la salivation, des frissons, de la céphalalgie (Zipp. , Merkw. heilung eines diab. mell. Hufeland's journ. .^ 1827, st. vu, p. 13 ), Kriiger-Hansen a vu l'ictère, le scorbut, des douleurs articulaires annoncer le diabète. Les organes de la respiration sont quelquefois affectés , et l'on observe, soit une bronchite franche , soit une toux sèche, nerveuse , accompagnée de dyspnée; la peau est sèche, couverte de papules de lichen , ou de pustules impétigineuses ou même porrigineuses ; de l'œdème se montre aux extrémités inférieures ( Naumann, Handb. der med. hlin. , t. vi, p. 560). Wedel a vu la maladie précédée d'hypochondrie ( Diss. de diabète, Jena , 1717); Fr. Hoffmann, d'attaques hystériques ( Consult. et respons. med., cent, ii, cas. 75).
Ces phénomènes, qui ont une durée et une intensité variables, disparaissent quelquefois complètement lorsque la sécrétion urinaire commence à présenter des modifications appréciable aux sens ; alors la maladie est caractérisée par des symptômes que nous allons étudier avec méthode.
A. Symptômes fournis par V examen de l'appareil génito-urinaire. — 1^' Quantité de la sécrétion urinaire.' — Un des phénomènes les plus constants parmi ceux qui signalent le développement du diabète est l'augmentation progressive des urines; mais ici une distinction importante, et que nous n'avons point trouvée indiquée par les auteurs, doit être établie. On comprend, en effet, que la quantité du
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liquide peut augmenter d'une manière absolue , en restant dans ses rapports normaux avec celle des boissons introduites dans l'économie , ou bien , au contraire , subir une augmentation relative , dont l'appréciation aurait quelque valeur diagnostique si les éléments n'en étaient pas aussi variables. Fothergill a vu les urines excrétées être aux boissons comme 4:3, P. Frank : : 5 : 3 ,Berndt : : 7 : 4 , Puchelt : : 21 : 9. Cardanus a vu un malade qui , ne buvant que 7 livres de liquides dans les vingt-quatre heures, rendait néanmoins 36 livres d'urine (Z?e rerum var., lib.vui, cap. 46 ) ; et celui qu'a observé Livizan ( Reil, loc. cit. , bd m, aufl. u. p. 515) rendit 4170 livres d'urine en quatre-vingt-dix-sept jours , c'est-à-dire près de 43 livres dans les vingt-quatre heures, quoiqu'il n'ingérât dans son estomac , pendant le même espace de temps, que 2 livres de substances, et que ses évacuations alvines eussent un poids égal. Mais Neumann [Fon diab. meJ. coiw. blatl. ,' 1830, n** 1 6 ) , Dupuytren et M. Thénard ( Bull, de la Fac. de méd. , t. i, p. 37 ), ont trouvé les deux termes de la proportion égaux ; Kriiger-Hansen amême constaté dans un cas que les urines n'étaient aux boissons que : : 11 : 13. Des différences non moins grandes ont été signalées dans la quantité absolue de l'urine. Dolaeus {Epist., p. 220) l'a vue s'élever à 18 livres pour les vingt-quatre heures; Dodonaeus ( Obs. med., c. îui) à 40 ; Savanarola à 48 ( Pract. , tract, yi, cap. XIX ) ; Jarrold ( Dune. med. ann. ) à 50 et 70. On lit , dans les Commentaires de Bologne (t. i, p. 145), que deux malades affectés de diabète rendirent, l'un 1471 livres d'urine en quatre-vingtdix-sept jours, l'autre 3674 livres en quatre-vingtdix-sept jours. Baumes ( Journ. de méd. , t. lvi ) assure que les évacuations quotidiennes peuvent peser 156 livres, et Fonseca a porté son évaluation à rénorme chiffre de 200 livres.
2° Caractères physiques de l'urine. — Willis a comparé l'urine des diabétiques à celle des hydropiques. Mead lui trouva l'odeur, la couleur et la saveur du miel ; mais s'il est vrai de dire qu'elle reste rarement limpide et naturelle, il faut aussi reconnaître qu'elle peut offrir les caractères physiques les plus variés. Ordinairement trouble , sédimenteuse , elle peut être d'un jaune-paille ou citron ( Naumann , loc. cit., p. 571 ) , grise , brunâtre , opaline; Nicolas et Gueudeville l'ont trouvée inodore, tandis que d'autres observateurs lui ont assigné une odeur fade , aromatique, aigre, d'osmazôme , de viande de veau, de violette. Sa saveur a paru douce et mielleuse dans la majorité des cas ; cependant Dupuytren et M. Thénard l'ont comparée à celle du sel marin.
3° Caractères chimiques de l'urine. — Si on verse dans de l'urine diabétique du sous-acétate de plomb , on précipite la matière aairaale ; si alors on
filtre et qu'après avoir précipité le plomb au moyen d'un courant d'acide hydrosulfurique, on évapore en consistance sirupeuse , on obtient des cristaux d'une substance que MM. Ghevreul , Dumas , Mialhe , ont démontré être un sucre analogue au sucre de raisin, contrairement à l'opinion de M. Chevalier, qui voulait le rapprocher du sucre de canne (Raspail, Chimie organique, p. 30). En traitant l'urine par les procédés connus d'évaporation , on arrive au même résultat ( Nicolas et Gueudeville , Rech. et exp. sur le diab. sucré, p. 57 ).
Si on continue ensuite l'analyse de l'urine pour en isoler les éléments, on trouve, d'après Nicolas et Gueudeville {loc. cit., p. 98), qu'elle ne contient ni urée, ni acides urique etbenzoïque, et que les sels ammoniacaux et phosphoriques y sont en très-petite quantité. Mais ces assertions ont été démenties par les recherches plus récentes de Barruel, qui constata la présence de l'urée, delM. Mialhe, qui découvrit de l'urée et de l'acide urique [Arch. gén. de méd., t. vn, p. 260 ), et de Schindler, qui y reconnut de l'acide benzoïque {Rust's mag., bd. xxxvn, hft. 2 ).
En résumé , si quelques-uns des résultats fournis par l'examen chimique de l'urine diabétique sont encore incertains et mal établis, il en est un qui constitue un symptôme malheureusement trop rare en médecine , un symptôme à la fois constant et pathognomonique : c'est la présence de la matière sucrée. Le rapport du contenant au contenu n'est toutefois point toujours le même. Vauquelin et M. Ségalas (Journ. de phfs., t. iv, p. 355) ont extrait 25 grammes de sucre de 175 grammes d'urine; M. Mialhe {loc. cit.) n'a trouvé que 31 grammes de sucre dans 500 grammes d'urine; 12 onces de liquide ont donné 246 grains de sucre à Dulk {Huf. journ. ^ 1827, st. vn,p. 55), et 100 parties en donnèrent 5,8151 hh&hmdirin{Schmidt's jahrb., bd. ix, p. 33). La quantité relative du sucre diminue , d'après Gawley {Lond.med.journ., vol. ix), à mesure que la maladie approche de la guérison ou d'une terminaison funeste; M. Bouchardat établit en loi qu'elle est en raison directe de la quantité de pain ou de substances sucrées ou féculentes dont se nourrit le malade ( Mém. sur le diab. y lu à VAcad. des scienc, 12 mars, 1838).
4^ Mixtion. — Les envies d'uriner deviennent d'autant plus fréquentes que la sécrétion augmente, et, par conséquent, que la maladie fait des progrès , P. Frank a remarqué qu'elles se manifestaient , surtout la nuit , vers le matin ; elles sont souvent tellement pressantes, que Nicolaï a vu des malades ne pas avoir le temps de saisir leur vase de nuit, et lâcher les urines dans leur lit ( Progr. de diab. ex spasmo, p. 8 ). La mixtion n'est ordinairement pas douloureuse} cepeudant elle s'accompagne quelquefois d'une
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sensation de froid, ou au contraire, de chaleur dans les hypochondres. Berndt (JEacycl. ff^ôrterb., bd. ix) a vu survenir, à un degré avancé de la maladie , une incontinence d'urine, tandis que P. Frank a observé des dysuries , des stranguries et même des ischuries momentanées.
5" Fonctions et organes de la génération. — Dtlrr, Reil, ont constaté que les diabétiques n'avaient ordinairement ni érection , ni désirs vénériens , et Eliiotson , qui pense que ces symptômes s'observent neuf fois sur dix, pense que la spermatisation cesse d'avoir lieu {Brit. ann. ofmed., août 1837). Neumann {loc. cit.) a vu le scrotum pendant, ridé, les testicules comme atrophiés; Naumann [lac. cit., p. 588) a observé des enflures du prépuce , des phimosis ; enfin V^o]\o{Traité du diab. sucré, traduit par Alyon, p. 337 ), des irritations de la membrane muqueuse du gland, un écoulement continu de l'humeur prostatique. Chez les femmes, les règles se suppriment fréquemment (Naumann, loc. cit., p. 558).
B. Sjrmplômes fournis par l'examen des fonctions de l'appareil respiratoire. — Ainsi que nous l'avons déjà dit à propos des prodromes , les diabétiques ont quelquefois une toux sèche, nerveuse, accompagnée de dyspnée , ou bien des bronchites qui donnent lieu à l'expectoration de crachats muqueux, peu abondants , auxquels Rollo a trouvé une saveur sucrée {loc. cit., p. 18); la voix est ordinairement rauque et très-faible. La phthisie pulmonaire est une complication tellement fréquente du diabète , que J. Copland la place pour ainsi dire au nombre des symptômes de cette dernière maladie : nous aurons bientôt occasion d'apprécier cette manière de voir, qu'il nous suffit d'indiquer ici.
C. Sjrmptômes fournis par l'examen des fonctions de l'appareil circulatoire. — Le pouls, ordinairement sans fréquence ou même ralenti , car on l'a vu ne battre que trente à quarante fois par minute , est petit et faible. 11 s'accélère néanmoins à une époque avancée de la maladie , et il s'établit une fièvre continue ou rémittente qui finit presque toujours par devenir hectique. P. Frank a vu cependant le diabète débuter avec un pouls fort , plein et fréquent et, dans un cas , avec une fièvre intermittente tierce ( £/;/?., liv. v, p. 44). Les membres inférieurs sont quelquefois infiltrés d'une sérosité à laquelle quelques auteurs ont trouvé une saveur sucrée.
D. S j-mptômes fournis par l'examen des fonctions et de l'appareil de la digestion. •^i'^ Faim. — Les diabétiques ont ordinairement un appétit irrégulier, perverti , vorace, porté quelquefois jusqu'à la boulimie. Porter a vu un malade auquel vingt-six livres d'aliments solides et vingt-trois livres de liquides suffisaient à peine pour les vingt-quatre heures , quoiqu'il n'évacuât que 4 livres 8 onces de matières
fécales et 22 livres d'urine ( Zon^. med. and.pkys, journ., juin, 1829 ) ; celui qui servit aux recherches de Dupuytren et de M. Thénard introduisait tous les jours dans son estomac une niasse de substance égale au tiers du poids de son corps. L'appétit augmente généralement à mesure que la maladie fait des progrès; cependant Hecker {loc. cit., p. 667) l'a vu alterner avec l'anorexie et la dyspepsie ; Schônlein a cru remarquer qu'il était toujours en raison inverse de l'intensité de la soif. P. Frank a vu des malades qui ne voulaient que des substances crues ; M. Bouchardat assure que tous les diabétiques ont un goût prononcé pour le paiu , le sucre et les aliments féculents ( loc. cit.).
2^ Soif — La soif est ordinairement très-vive, surtout le soir et pendant la nuit ( Reil, Ueber d. erkenntn. u. cur der fieber, bd. ui , p. 512). Hildanus a vu des malades boire 10 livres de liquides dans une nuit ( Obs. méd. chir. , cent, v, obs. lui) ; Haase {loc. cit. ), 30 à 40 livres dans les vingt-quatre heures, et ZacutusLusitanus jusqu'à 90 livresCPmo;. med. , lib. n , obs. lxxi ). M. Bouchardat ( loc. cit. ) s'est exprimé ainsi : « La soif des malades est en raison directe de la quantité de pain ou de substances sucrées ou féculentes qu'ils mangent. Pour une livre de fécule, ils boivent à peu près 10 livres d'eau : c'est environ la quantité d'eau nécessaire pour que la transformation de la fécule en sucre , sous l'influence de la diastase , soit complète. » Cependant Rubeus ( Noct. exerc. in Hist. med. , exerc. xni , p. 174) et Silvaticus ( Cons. et resp. med. , cent, ni , cons. xn ) ont vu l'appétence pour les liquides rester naturelle , et d'autres auteurs ont même vu des diabétiques avoir horreur des liquides : «Nihil toto «morbi hujus ( diabètes ) tempore virgo bibit, sed «hydrophobae instar omnia liquida horrebat» (Trnka, De diabète comment., p. 24 ).
3*^ Digestion. — Un des phénomènes les plus remarquables du diabète est la facilité avec laquelle la masse énorme d'aliments que prennent les malades est rapidement digérée , sans que les fonctions de l'estomac et de l'intestin cessent d'être régulières ; des renvois acides fréquents sont le seul symptôme gastrique que l'on puisse observer, et ce n'est qu'à une période déjà très-avancée de la maladie qu'il survient quelquefois des vomissements , de la constipation alternant avec de la diarrhée , de la chaleur, de la douleur à l'épigastre ; mais si les troubles delà digestion sont rares et peu importants , il n'en est pas de même de ceux qui surviennent dans la nutrition. Dès le début de l'affection commence un amaigrissement qui, suivant ses progrès, se termine presque toujours par une émaciation complète; et, malgré les observations rapportées par Dolaeus et Camerarius {Diss. de urina pult.,'^. 1 6), ce symptôme peut être regardé
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comme constant. La marche de l'amaigrissement est ordinairement régulièrement progressive ; cependant Home dit avoir observé uu malade dont le poids du corps augmentait tous les jours de deux onces et demie entre dix heures et midi , pour diminuer ensuite de quatre onces de quatre à cinq heures du soir.
4° Cavité buccale. — La langue , presque toujours humide et naturelle, est quelquefois sèche, rouge ou couverte d'un enduit jaunâtre et même noirâtre {Hujel. journ. , 1810, sect. x, p. 118) ; Krimerl'avue no'ive comme du bois d'éhène]m(\ak sa base. Les gencives peuvent être molles , rouges , blafardes , fongueuses , duuloureuses ; des aphthes se développent, l'haleine devient félide ; les dents sont souvent altérées, elles se déchaussent, vactileut , et tombent. Home a vu un malade en perdre seize en peu de temps. La carie et l'odontalgie, que l'on rencontre assez fréquemment ont été attribuées par quelques auteurs à l'action des acides que les'renvois amènent dans la bouche (Nauniann, loc. cit. p. 586). La salive est peu abondante et spumeuse. Rollo(/o<?. cit. , p. 18) lui a trouvé une saveur sucrée , quoique l'analyse chimique n'y ait pu faire découvrir, comme nous l'avons dit, aucune matière sucrée à Vauquelin et iM. Ségalas.
E. Sjmptômes fournis par l'examen desorganes des sens. — La peau subit presque toujours des altérations remarquables dans le diabète; elle devient sèche , rugueuse , écailieuse , se couvre quelquefois d'éruptions de différentes natures (lichen, psoriasis, porrigo, impétigo ); sa sensibilité devient obtuse, ou même s'efface presque entièrement ; Naumann a pu arracher les poils qui recouvrent certaines parties du corps,8ans que les malades éprouvassent aucune douleur [loc. cit., p. 588 }; son exhalation devient presque nulle, «le diabète devant établir entre chacune des espèces de sécrétions des rapports analogues à ceux que détermine une évacuation excessive de quelque nature qu'elle soit (Dupuytren et M. Thénard, loccit.y, cependant on a vu des malades transpirer encore assez abondamment, et Giàxes { Dub. Joiir?uil ., septembre 1837 ) en a observé un qui , chaque nuit, mouillait son linge. Latham a trouvé à la sueur une odeur de foin ( Facts and opin. conccrn. diab. ) , et Autenrieth assure l'avoir vue donner lieuau périnée, à la formation de cristaux de sucre ( Keinhard , Spec. nosol. und iher. ., bd. ii , p. 236). La vision est quelquefois troublée, affaiblie. Des observations d'opacité de la cornée ont été rapportées par Himly, de cataracte par MM. Magendie et Ségalas, d'amaurose , par Berndt ( /of. c;7. , p. 316 ); l'ouïe devient dure , et Dreyssig rapporte des exemples de surdité complète [Handivôrlerb der mcd. klin., bJ. n, (h. i, p. 372).
Ë. Sjinplônics fournis par l'examen des Jonctions du système nerveux. — La marche , les mou-
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vements,sont lents, pénibles, sans vigueur; la parole est embarrassée; il survient quelquefois des paralysies partielles ou générales: d'autres fois, au contraire, on observe des convulsions; les facultés intellectuelles se dérangent; le malade tombe dans la tristesse , rabattement , dans une apathie complète, ou un assoupissement interrompu par des rêves effrayants ou des syncopes ; l'aliénation mentale, l'idiotisme, viennent quelquefois mettre le comble à l'horreur d'un état que les malheureux diabétiques , ainsi que l'a observé deux fois l'un de nous, cherchent souvent à terminer par le suicide.
Marciie. — Que la maladie ait été annonrée par des prodromes , ou qu'elle ait débuté brusquement, lorsqu'une fois elle est caractérisée, les symptômes qui l'accompagnent suivcntordinairement une marche régulière et progressive. M. Renauldin ( Dict. des se. niéd. , art. Dr\B.) , d'après Nicolas et Gueudeville, les a divises ainsi : 1'''' degré. Affaiblissement général, soif et appétit très-vifs, constipation, chaleur interne, froid extérieur, inquiétudes, insomnie, urine inodorC;, limpide, sans sédiment; pas de fièvre. 2*^ degré. Exaspération des symptômes précédents , salive épaisse , peau aride , amaigrissement , mélancolie , rêves affreux , fièvre. S*' degré. Tous les symptômes déjà indiqués ont atteint leur maximum d'iatensité , délire triste et plaintif, ou accès de fureur, désespoir, cécité, surdité , paralysie, fièvre hectique, marasme. Quelques auteurs, se fondant sur des observations rapportées par Medicus , ont admis des diabètes périodiques; mais il est facile de se convaincre qu'aucun fait bien constaté ne peut justifier cette opinion ( Gesch. period. hait, krankli , bd. i , p. 161 ). Cependant Berndt ( loc. cit. , p. 31 9 ) a vu des exacerbations très-marquées revenir à des intervalles réguliers , tandis que P. Frank a vu tous les symptômes diminuer pendant le beau temps, en été, ou même disparaître complètement pendant la durée d'une éruption cutanée, d'une diarrhée {loc cit., p. 42 et 56). Stosch a observé une rémission de six semaines après de violents vomis.^ements. Raimann {Handb. der spec. pat li und i!/jcr.,bd. n, p. 464), Adams {The med. works ofP. Àeg. vol. i p. 432), Graves ( loc. cit ) , ont vu le diabète alterner avec l'hydropisie. L'observation suivante est trop curieuse pour ne pas être rapportée ici.
Une jeune fille de quinze ans était affectée depuis quatorze mois d'une double cataracte dont le développement avait été si rapide que, dans l'espace de vingt jours, les cristallins avaient acquis la couleur et l'opacité du lait: ils parais.saient aussi avoir augmenté de volume, et formaient une espèce de saillie à travers les pupilles très-dilatées. La malade pouvait à peine distinguer le jour d'avec la nuit: elle avait des douleurs d'estomac, de la dyspnée, de la toux, des ,
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sueurs nocliiraes. La menstruation , établie à onze ans, avait été régulière pendant deux ans, et alors s'était supprimée brusquement.
Au bout d'un an se manifestèrent tous les symptômes du diabète, et à mesure qu'ils se prononcèrent, les pupilles et les cristallins leviiirent à Icuis dimensions naturelles; ceux-ci commencèrent bientôt à changer de couleur, à reprendre leur transparence, si bien qu'au bout de quelque temps il n'y eut plus trace d'opacité, et que la vue fut paifailement rétablie.
Après un nouvel espace de temps assez long, les symptômes diabétiques commencèrent à diminuer à leur tour : la sécrétion urinaire resta abondante, mais la quantité du sucre qu'elle contenait était devenue très-minime. La malade se trouvait dans un état assez satisfaisant, lorsque tout à coup elle fut prise d'une violente céphalalgie, à la suite de laquelle une cécité complète fut le résultat du développement d'une nouvelle cataracte double , qui disparut comme ia première , lorsque le diabète eut reparu , accompagné d'un flux énorme d'urine très-sucrée. Quatre semaines suffirent alors pour amener le marasme et une terminaison funeste {^Med. c/iir. revieiv.; janv. , 1830, p. 176).
Durée. — «Le diabète dure aussi longtemps, a dit Dupuytren , que les forces digestives se soutiennent et qu'elles peuvent fournir aux pertes excessives qui ont lieu par les urines.» Presque toujours, plusieurs années s'écoulent avant que la maladie n'atteigne son troisième degré , et l'on voit même dans les Ephémérides des curieux de La nature (2*'ann., décembre, obs. clxxy) qu'elle peut durer toute la vie sans en avancer sensiblement le terme naturel. Toutefois, P. Frank {lac. c(^,p. 61 j a vu un diabète devenir mortel en soixante-sept jours, Dobson, en cinq semaines , et Oosterdyk , en quelques jours seulement {Horns arch.^ bd. n, hft. ii, p. 1065). On sait d'ailleurs que i'àge, la constitution du malade, son état de santé antérieur, les complications qui surviennent, enfin, l'iulensité de la maladie ellemême, exercent une grande infiuence sur la durée du diabète, comme d'aiileurs sur celle de toute autre affection.
Terminaison. — Lorsque la terminaison doit être heureuse , la sécrétion urinaire, et surtout la quantité relative du sucre, diminuent; la faim et la soif deviennent moins vives; les forces se rétabli,ssent, l'embonpoint reparaît, en un mot, toutes les fonctions reviennent peu à peu à l'état normal. Au bout d'un certain temps , on voit les urines , réduites à leur abondance naturelle, ne plus contenir qu'une trèspetite quantité de sucre , ou bien , ce qui est plus rare , elles restent encore assez copieuses, mais n'offrent plus aucune trace de leur élément morbide. La
guérisoQ ne tarde pas alors à être complète, mais malheureusement les récidives sont fréquentes, et ne se font quelquefois pas attendre longtemps.
Lorsqu'aucun traitement n'a pu arrêter la maladie, la mort est ordinairement amenée lentement par les troubles de la nutrition, les indigestions qu'a signalées Prout, le marasme, la fièvre hectique; quelquefois elle paraît être le résultat des désordres nerveux : souvent elle est due aux complications, et surtout à la phthisie pulmonaire. Lorsqu'elle est rapide, Naumann Fa vue survenir par apoplexie (loc. cit.^ p. 594); Sundelin, par l'inflammation des plexus mésentériques (Z/'^or/i'i" arch., 1830, hft. iv).
Complications. — Ainsi que nous l'avons dit, la phthisie pulmonaire accompagne si souvent le diabète, que Bardsley et Copland furent tentés do la placer au nombre des symptômes de cette dernière affection j à laquelle , en considération de ce fait, ils proposèrent de donner exclusivement la dénomination de phthi' sarie sucrée. Nous ne pensons pas que , dans l'état actuel de la science, cette manière de voir puisse être adoptée sans restriction ; mais tout en continuant à ne considérer le développement des tubercules pulmonaires que comme une complication aussi fâcheuse que fréquente , nous rechercherons cependant bientôt si, dans un grand nombre de cas, il ne saurait être attribué à l'influence d'une cause générale , nécessairement introduite dans l'économie par la formation morbide d'un principe sucré. Les complications gastro-intestinales sont assez fréquentes, mais, loin d'apparaître dès le début, ou, comme l'avait pensé M. Dezeimeris,de précéder même la présence du sucre dans les urines, elles ne se développent ordinairement qu'à une époque avancée de la maladie, déterminées qu'elles sont alors par les troubles qui ont existé pendant longtemps dans l'alimeatation : toutefois , si les akérations organiques du canal alimentaire ne nous paraissent devoir être regardées que comme un effet consécutif de l'action prolongée d'une cause mécanique, d'une part, et d'une surexcitation extrême des facultés digestives, de l'autre, nous sommes au contraire enclins à penser , ainsi que nous aurons occasion de le dire , que c'est à une altération/onc;tionneUe primitive de l'estomac qu'il faut rapporter la production de matière sucrée qui constitue le diabète.
Les maladies du foie, la néphrite inflammatoire ou calculeuse, l'hydropisie , le scorbut, les hémorrhagies aloniques , doivent aussi être placés parmi les affections qui viennent quelquefois compliquer la phthlsurie.
Généralement, lorsqu'une des complications que nous venons d'énumérer survient chez un diabétique, les deux maladies réagissent réciproquement d'une manière fâcheuse sur la marche de chacune d'elles
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et le malade ne tarde pas à succomber : cependant on a cité quelques exemples dans lesquels un épancheraent de sérosité dans la cavité abdominale , une maladie ne paraissant avoir aucune relation avec l'affection première, une cataracte, aurait heureusement modifié , ou même fait momentanément disparaître la phthisurie, et prolongé ainsi l'existence du malade.
Diagnostic. — D'après la définition que nous avons donnée du diabète , on comprend que le diagnostic repose tout entier sur la présence d'une matière sucrée dans l'urine ; sans elle, point de diabète , point de diabète sans elle , et toutes les considérations de diagnostic différentiel , si longuement exposées par quelques auteurs, se trouvent réduites à une simple analyse chimique à laquelle on doit recourir dès le début , sans attendre une réunion de symptômes dont aucun n'est constant.
Que de fois , en effet , le diabète n'a-t-if pas été méconnu pendant plus ou moins de temps , parce que la sécrétion urinaire n'avait encore subi aucune augmentation ! Que de fois, ne tenant compte que du phénomène opposé, n'a-t-il pas été diagnostiqué à tort! Une sécrétion urinaire très-abondante, longtemps prolongée , accompagnée d'une faim , d'une soif excessives , d'un amaigrissement progressif, ne s'observe guère que dans la phthisurie sucrée , mais n'est point suffisante , néanmoins , pour mettre hors de doute l'existence d'une affection qui, d'autre part, peut ne pas être accompagnée de ces symptômes. L'analyse chimique de l'urine, même par ses résultats négatifs, rend toute erreur impossible, et ne permet plus d'admettre ce diabètes decipiens signalé par les anciens auteurs , qui manquaient pour se guider de nos moyens d'investigation.
Remarquons, en terminant, qu'en raison de maladies concomitantes des organes génito-urinaires, du sang , du pus , du sperme , des graviers , peuvent exister dans l'urine sans que leur présence, lorsqu'elle ne rend point compte de tous les phénomènes observés, doive arrêter le praticien dans la recherche du sucre dont rien n'empêche le développement simultané. Cette observation ne paraît pas toutefois s'appliquer à l'albumine, et nous ne connaissons pas d'observation authentique de l'existence simultanée du diabète et de la maladie de Bryght, quoique Naumann (loc. cit., p. .572) assure que l'urine diabétique contient souvent une proportion beaucoup plus considérable de celte substance qu'à l'état normal, et que Dupuytren ait regardé cette albuminurie comme le signe et même comme la condition d'une prochaine guérison.
Pronostic. — Si des observations assez nombreuses sont venues démontrer que le diabète (^Z/aZ». mellitus) n'est pas incurable, ainsi qu'on l'avait pensé pendant longtemps, la proposition, dans laquelle Du-
puytren établit qu'il ne l'est «à aucune de ses époques, non pas même lorsque la digestion altérée semble se refuser à fournir les matériaux de la sécrétion», est peut-être exagérée en ce sens, qu'elle semble accorder à la guérison des chances fort nombreuses, tandis que, d'après Copland, elles ne sont en réalité à celles de mort que comme 1 : 7 ou 8. Il faut reconnaître, en effet, que, lorsque la maladie a dépassé une certaine durée et déterminé des symptômes généraux de quelque gravité, une terminaison funeste devient fort à craindre; et si maintenant l'on tient compte de la fréquence des récidives, on sera en droit de conclure que le pronostic du diabète doit presque toujours être fâcheux. L'âge du sujet, sa constitution, la marche de la maladie, ses causes, devront être pris en considération. Nous avons vu que si les complications exercent presque toujours une influence défavorable en rapport, d'ailleurs, avec leur nature, quelques-unes peuvent, au contraire, être regardées comme heureuses.
Etiologie. — L'obscurité qui règne encore sur la nature du diabète a dû nécessairement ajouter à la difficulté de l'appréciation étiologique, et rendre des résultats précis impossibles ; néanmoins , comme la nosogénie et l'étiologie se doivent un mutuel appui, et que travailler aux progrès de l'un, c'est déjà faire avancer l'autre, de nombreuses recherches ont été faites pour constater les causes qui, d'une manière prochaine ou éloignée , peuvent amener le développement de la phthisurie : nous allons les résumer rapidement.
A. Causes prédisposantes individuelles. — Hérédité. — Blumenbach (Medic. bibliot.., bd. ii, p. 126) a beaucoup insisté sur la transmission héréditaire du diabète , et Isenflamm a vu , dans une même famille, sept enfants être successivement atteints de cette affection ; Thomas, RoUo, P. Frank, Morton, Prout, Glarke, ont également rapporté des exemples analogues; mais les observations de ce genre sont encore trop peu nombreuses pour qu'il soit possible d'en tirer une conclusion; d'ailleurs, divers membres d'une même famille peuvent être soumis à l'influence d'une même cause, et, par conséquent, présenter tous une affection identique, sans que l'hérédité entre pour rien dans ce phénomène. Il s'agit de constater si le diabète se développe fréquemment chez des enfants de diabétiques , si ce développement suit la loi générale de la transmission héréditaire, et l'expérience est loin d'avoir prononcé sur ces importantes questions.
Sexe. — Presque tous les auteurs s'accordent à dire que le diabète est beaucoup plus fréquent chez les hommes que chez les femmes , et P. Frank ne l'a jamais observé sur ces dernières. Schônlein l'a vu une fois; Naumann en rapporte plusieurs exemples, mais
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il fait remarquer que toutes les femmes qu'il a vues affectées de cette maladie n'avaient jamais eu d'enfants, ou du moins pas depuis fort longtemps. Bcrndt a établi que le rapport entre les sexes n'était que : : 5:4; mais Autenrieth {loc. cvY., p. 236) a pensé avec raison que l'observation fournissait des termes beaucoup moins rapprochés.
^■ïge. — C'est surtout de vingt-cinq à trentecinq ans que l'on observe le diabète, et l'enfance, plus encore que Tàge avance, paraît en être à l'abri; cependant P. Frank et Berndt Font vu chez des vieillards de soixante-dix ans , Reil {loc. cit., p. 537), sur un jeune garçon de dix-huit ans, Horn,à treize ans, Rolio , sur une fille de douze ans (loc. cit., p. 271), et le docteur J. Johnson, sur un enfant de neuf ans [Med. chir. review, octobre 1838).
Tempérament. — D'après Cawley, la constitution lymphatique prédisposerait puissamment au diabète, tandis que Nicolas et Gueudeville regardent cette maladie «comme particulière aux tempéraments musculeux. »
Un grand nombre de maladies ont également été placées parmi les causes prédisposantes du diabète: ainsi les abcès froids (Ruysch, Gheselden, Latham), les grandes hémorrhagies , les suppurations abondantes, la scrofule (Gawley), la phthisie pulmonaire (Graefe's ud JValth journ., bd. xx, hft. iv, p. 521), et généralement les affections chroniques des organes respiratoires et digestifs , les maladies du foie (Ontyd, Untersuch ûber die ursachen. des todes, p. 712), les vers intestinaux, les calculs rénaux ou vésicaux, la goutte, le rhumatisme (Lehmann), l'aménorrhée, l'asthme, l'hystérie, l'hypochondrie, les névralgies. L'étendue de cette énumération suffit presque pour démontrer que l'importance qu'on a voulu lui attribuer ne saurait être établie sur des bases bien solides. L'influence de l'usage prolongé des diurétiques , des cantharides , des mercuriaux, des purgatifs, du copahu, a-t-elle été mieux constatée?
B. Causes prédisposantes hygiéniques. — Climats. — Se fondant sur ce que le nombre des diabétiques est assez considérable en Angleterre , en Hollande , en Danemark , en Suède , quelques auteurs ont pensé que, de toutes les causes prédisposantes de la phthisurie, un climat brumeux, humide et froid était la plus puissante; et M. Bouillaud [Dict. de méd. et de chir. prat.., art. Diabète) pense qu'une température basse et humide peut, en effet, d'une part, s'opposer à la libre transpiration de la peau, et, de l'autre, activer ou même modifier la sécrétion urinaire ; mais il suffit, pour apprécier cette opinion, de remarquer avec P. Frank que le diabète est encore plus commun en Allemagne et en Italie, que dans les pays du nord de l'Europe.
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alimentation. — Une nourriture insuffisante, presque exclusivement végétale , le pain de seigle , l'usage immodéré du sucre , ont été indiqués par Christie et Haase, taudis que Rollo signale, au contraire, une alimentation forte et très-abondante. L'abus des boissons alcooliques ou acides (Autenrieth) , de la bière, du cidre (Nicolas et Gueudeville), du thé, du café , ont aussi paru favoriser quelquefois le développement du diabète.
Enfin , les chagrins , les travaux d'esprit excessifs , l'abus des plaisirs vénériens , l'exercice immodéré du cheval (Sydenham , Senac), la sustentation de fardeaux trop pesants (Gardanus), l'habitude de retenir longtemps ses urines, l'onanisme, terminent cette longue Hste.
G. Causes efficientes. — Des malades auraient été affectés de diabète immédiatement après avoir mangé une grande quantité d'oignons ( Sylvius , Blorb. int. curât., p. 219), d'asperges, de radis (PauUini), d'épices (Amatus, Curât, med., cent, ii, cur. xciY ) , de balsamique : après avoir bu immodérément du vin du Rhin (Willis), de Ganarie (Lister), des liquides contenant de l'acide carbonique ( Lister, Exerc. med., p. 75), des diurétiques (Tulpius, Oùs. méd., 1. XI, cap. xl\i), des emménagogues (Riediin, Lin. med., ann. iv, nov., p. 948). Les cantharides, les préparations d'antimoine (Lister) , les purgatifs (Sandras, Bull, de thérap., t. vu, p. 129), auraient eu le même effet ; mais , ainsi que le pense avec raison Hecker {Lexic. med. theor. pract., p. 661), il est probable que ce n'est qu'en confondant le diabètes insipidus avec la phthisurie sucrée , qu'on a attribué cette influence h ces différentes substances.
L'impression du froid , le corps étant en sueur, peut , au rapport de plusieurs auteurs , déterminer le diabète; ainsi, Wolff l'a vu survenir de cette manière chez des chasseurs [Horns arch., 1818, hft. xu, p. 194), Haase , chez une sentinelle oubliée pendant toute une nuit, Sundelin chez un homme qui était tombé dans l'eau {Horns arch., 1830. Hft. Y, p. 13). La néphrite inflammatoire ou calculeuse, des chutes sur les reins [Froriep's not, bd. xLvu , p. 240 ) , des lésions de la moelle, la grossesse (Bennevitz, Osanns jahrb.,]\x\\\ti\S2%) , en auraient été l'occasion dans d'autres cas , ainsi que la suppression d'un catarrhe ancien (Rollo , Pearson), d'une salivation abondante ( Reil) , de la sueur habituelle des pieds ou des mains (Darwin, Mondière, Mémoire sur la sueur habituelle des pieds , et les dangers de sa suppr., in journ. l'Expérience, n° 31, 1838). Le diabète aurait succédé ou se serait joint à certaines fièvres intermittentes ou graves, à la dysenterie, à l'hystérie, à l'hypochondrie (Hecker, loc. cit., p. 663 ). M. Renauldin a mentionné l'ossification des artères rénales ( I?ict.
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des se. méd. ), mais il est difficile de comprendre que cette altération puisse non-seulement déterminer, mais même accompagner une affection caractérisée par une suractivité des fonctions, et souvent par une hypertrophie du tissu de l'organe. Enfin, Reil {loc. cit., p. 485), et Thomann (Henke, Handb. der spec. paih., bd. ii, p. 290), ont pensé que le diabète pouvait se transmettre par contagion, et Kampf (Encherid. med., p. 145), qu'il pouvait régner épidémiquement.
En présence de cette étiologie si vague , si faiblement étayée, M. Dezeimeris, s'appuyant sur quelques observations de Riedlin , de Blorton, de Lister, avait cru pouvoir établir, il y a quelques années, ([ue « la cause prochaine du diabète était l'irritation des reins, et que celle-ci était la suite d'une gastrite chronique » (Mém. de la Soc. méd. d'émuL, t. ix, p. 21 1). Cette opinion , que combattirent M^. Bouillaud (Dict.de méd. et de cliir. prat.)^ et Andral ( Cours de paihnl. int., t. ii, p. 368) , est aujourd'hui abandonnée par son auteur lui-même, et nous n'aurions d'ailleurs pas à la réfuter, puisque M. Dezeimeris, pour donner quelque valeur à ses observations , a été obligé de déclarer, ainsi que nous l'avons vu, qu'il ne considérait pas la présence d'une matière urrée dans les surines comme un des caractères essentiels du diabète.
L'étude étiologique du diabète , comme d'ailleurs son histoire tout entière, s'est ressentie, ainsi qu'on le voit, de l'ignorance dans laquelle on est resté pendant si longtemps sur les véritables caractères de cette maladie ; et si les recherches de ces dernières années ont eu enfin pour résultat de mettre ceux-ci en évidence , elles ont encore laissé un vaste champ aux observateurs.
Traitement. Modificateurs hygiéniques. — Les auteurs les plus anciens comprirent l'importante influence que devait exercer sur le diabète l'alimentation des malades, et cherchèrent à la faire se vira la thérapeutique; mais n'étant point guidés par les indications de chimie organique qui seules peuvent conduire à un traitement hygiénique rationnel , ils durent beaucoup varier dans leurs opinions.
Celse prescrivait des aliments astringents, du vin austère., et recommandait aux malades de ne boire que modérément, et de s'abstenir de toutes les substances susceptibles d'augmenter la sécrétion urinaire. Arétée associa aux vins astringents la diète lactée et féculente. Alexandre de Tralles donna la préférence aux aliments très-nutritifs, et ne vit pas d'inconvénients à satisfaire la soif. Aetius recommanda l'usage des végétaux rafraîchissants, dont HouHier et Duret firent une des bases de leur traitement, tandis que Sydenhara préconisa celui des viandes.
Rollo, pensant que deux indications principales
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se présentaient dans le traitement du diabète : 1° « prévenir la formation ou le développement de la matière sucrée; 2° détruire l'action morbifique augmentée de l'estomac, » insista le premier, d'une manière toute particulière, sur le régime animal, seul propre, disait-il, à remphr la première {loc. cit., p. 66 ). Nicolas et Gueudeville pensèrent également que pour rendre au malade les principes d'animalisation, et remédier à la déviation spasmodique des sucs nutritifs sur l'organe urinaire , il fallait chercher les aliments comme les remèdes parmi les substances qui contiennent l'azote et les sels phosphoriques (loc. cit., p. 97 ), et cette doctrine reçut de Dupuytren une imposante sanction. « Le traitement animal conseillé par Rollo, dit ce grand chirurgien , a la même efficacité dans le diabète que le quinquina dans les fièvres intermittentes; sous son influence l'urine commence par contenir de l'albumine ; celie-ci disparaît au bout de quelque temps peu à peu, pour faire place à l'urée , aux acides urique et acéteux, et alors la sécrétion redevient bientôt nor-. maie. » Malheureusement la proposition de Dupuytren , bien que répétée par M. Renauldin ( loc. cit. ) , ne fut pas toujours justifiée par l'expérience; le malade sur l'observation duquel elle avait été fondée succomba lui-même à une rechute, et J. Copland a vu Falimentation animale non-seulement ne pas guérir, mais être nuisible , et donner lieu à des diarrhées mortelles.
Hufeland fit manger, avec avantage, à quelques malades une grande quantité d'œufs crus ; Stegmann, des lentilles, Neumann, des amylacés, des morilles, des truffes , du poisson , des écrevisses, enfin, M. Bouchardat, pensant que le développement, dans l'économie , du sucre diabétique est dû à une transformation subie par la fécule introduite avec les aliments dans 1 estomac, assure «qu'il suffît, pour guérir les malades , de supprimer presque compb'tement les boissons et les aliments sucrés ou féculents qu'ils prenaient auparavant.» «Après douze heures, dit-il, la soif s'apaise , les urines reviennent peu à peu à l'état normal , l'appétit se restreint dans ses limites ordinaires, et le malade se rétablit.»
On appréciera l'importance etl'infailhble efficacité de ces diverses médications en lisant ces lignes de Pinel : «Dans un cas de diabète causé par des chagrins profonds et prolongés, et parvenu au dernier degré, un malade à qui je donnais des soins l'année passée a été guéri en séjournant à la campagne , en se livrant à un exercice régulier, en sortant de son abattement, et en insistant autant sur le régime végétal que sur toute autre suh&tdnce)) (JVofol. pfiiL, t. m, p. 546), et on reconnaîtra la justesse des principes ainsi exposés par M. Rochoux.
«Av^iut tout, iJ faut ménaaer et utiliser les forces
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de l'estomac, et ne lui donner à digérer que les aliments qu'il peut aiséaieui supporter; la quantité en sera couveuablemeut régime, nonobstant l'appétit ordinairement très-prononcé des diabétiques, afin d'éviter les indigestions, qui, suivant Prout, leur sont si souvent funestes. Quelque pressante que soit l'indication d'iulroduire une grande quantité d'azote dans l'économie , elle ne peut passer avant celle de procurer ces bonnes digestions, sans lesquelles le malade est privé du premier des médicaments, un chyle réparateur. Aussi, pour les obtenir, ne faut-il pas craindre d'assoc'er les végétaux de bon choix aux viandes nour- ^rissantes et bien appiêtées. L'usage de bons vins, l'exercice, la respiration d'un air salubre, le séjour à la campagne, les vêtements chauds, agissent efficacement djns le même sens» [Dict. de méd.,i. x, p. 239).
Mûdijicaleuvs pharmtu cuùques. — A l'exception du traitement autiphlogistique que quelques auteurs furent conduits à proposer contre le diabèle, par les idées qu'ils s'étaient formées sur la nature de celte maladie, nous n'allons avoir à énumérer que des médications eulièremeut empiri4ues , pour l'appréciation desquelles on ne trouve que quelques faits isolés, et souveut mal ob.-ervés,
Archigènes, Aeiius, Burserius, Prout, Hufeland, Marsh, Barry, eurent quelquefois recouis, au début du diabète , à des émissions sanguines générales ou locales; mais ce fut surtout Bedingfieldet "Watt qui en firent la base de leur traitement. Ce dernier rapporte avoir guéri un malade en quatorze jours en lui tirant, dans cet espace de temps , cent.huil onces de sang. Keune ly a vula quantité de l'urine diminuer notablement après chaque phiébotomie. Néanmoins, les émistions sanguines furent rarement employées seules, et la plupart des auteurs lui associèrent d'autres moyens. Ainsi Rollo et Kennedy, les vésicatoires (Gerioxxjaliusmag.^ 1832,hft. v, p. 382^; Formey, les lotions froides; ceux-ci, l'eau de chaux, le carbonate d'ammoniaque ; d'dutres , les mercuriaux.
Différents acides minérauxfureut administrés seuls, mélangés ou combines.
Brera dit avoir guéri un diabétique avec l'acide nitrique (/Vor/eyw* not.,hà. xu, p. 347), Scott et Gilby en auraient également retiré des avantages, tandis que Copland , en l'associant à l'opium , n'en a obtenu qu'une amélioration passagère. Un mélange à parties égales de cet acide et d'acide muriatique a aussi été donné à l'intérieur, ou a servi à faire des lotions sur l'épigastre et les hypochondres.
L'acide suifurique a réussi à Pitschaft {Hufel. journ., 1823, st. n), et le sulfate de zinc à Copland.
Vénab'es, Lalhaai, Nicol is et Gueudeviile proposèrent l'usaoe de l'acide phosphorique , au moyen duquel Schaefer guérit un deses malades {Hufel. journ. ^ bd. xxxYii, st. ni\
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Naumann observe avec raison que les acides n'ont sur la sécrétion uriaaire qu'une action encore problématique, et que leur usage est presque toujours contre-indiqué par l'état des voies digestives {loc. cit., p. 676).
Willis, Fothergill, Watt, préconisèrent l'eau de chaux; Schutz vit son administration diminuer la voracité, etfaire cesser les rapports acides (Hufel. journ. ^ bd. xu, st. II, p. i28). Sauvages la donna à la dose de cinq à six onces, trois fois par jour.
Hufeland essaya la magnésie calcinée ( Journ., bd. XLvii, st. VI , p. 117) que le docteur Traller dit avoir employée deux fois avec succès à la dose d'un gros et demi : huit et quinze jours auraient suffi à la guérison. Durr et Neumann [Hufel. Journ., 1822, st. VII ) employèrent l'ammoniaque.
Les astringents furent souvent expérimentés depuis Arétée , qui conseillait les vins de cette nature : «Laudantur, dit Wedel, terra sigillata, lemnia,bolus «armena, terra japonica, corallia , lapis haematites, «crocus martis adstringens» (Diss. de diab., Jena, 1717, p. 22 ). Dower, Selle, Dreyssig, préconisèrent le sulfate d'alumine, que Mead faisait dissouilre dans du lait ( alun , dr. iij ; lait , ^iv, à prendre 3iv trois fois par jour ). Brisbane etOosterdyck ne lui reconnurent aucune action.
Jarold prescrivit la décoction de noix de galles ; Kruger-Hansea , l'acétate de plomb; enfin l'écorce de chêne, le sumac, le cachou, le tannin pur, furent également ordonnés. M. Sandras dit avoir guéri un diabétique en lui faisant prendre chaque jour, pendant un mois , un scrupule de Kino {loc. cil). Nau^ mann (/oc. cit., p. 676) n'attribue, ainsi qu'A'matus Lusitanus, aucune efficacité aux astringents; Sydenham et Lebeuwald pensent qu'associés aux narcotiques, ils peuvent être de quelque utilité.
Les toniques jouirent pendant longtemps d'une grande réputation :«Eximia corticis peruviani contra «hauc affectionem vis» dit Marcus {Diss. de diab., Gott., 1775, p. 34); Harris, Sioeller {Hufel. journ., bd. VI, p. 56 ), Montani, employèrent avec succès le quinquina et l'associèrent à l'opium: Richter guérit avec cetLe substance un diabète qui avait succédé à une fièvre intermittente pernicieuse; Neumann assure qu'elle fait rapidement disparaître la petite quantité de sucre qui souvent, vers la fin de la maladie, se retrouve encore pendant longtemps dans l'urine. La cascarille, le simarouba, furent employés comme succédanés du quinquina.
Fraser reconunande beaucoup l'usage du fer ( Samml auseri abli., bd. xxiii , p. 483); J, Marshall guérit un diabétique en dix semaines , en lui faisant prendre trois fois par jour 12-24 goulles de tinct. ferri murialic. J. Peacock rapporte trois cas de guérison par le fer associé à l'opium {Schmidt's
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jahrb., bd. vn, p. 368), Latham et Vénables attribuèrent au phosphate de fer ( 2 à 10 grains) une action spécifique conteste'e par Copland.
L'emploi des purgatifs eut également des partisans: J. de Buchwald dit avoir guéri, par la rhubarbe, trois malades chez lesquels le diabète avait été déterminé par l'abus des diurétiques [Diss. de diabelis curât. per rhabarbarum ; Kopenh., 1733), et déjà avant lui , Harris avait attribué une guérison très-rapide à l'administration de la préparation suivante. ^ Rhei elect. % V ; santal, alb. citrin dr. j ; cardamom, min. dr. v; infunde lento igné in vini canarin., opt. tt)j); douze cuillerées auraient suffi pour ramener la sécrétion urinaire à son abondance ordinaire. Dobson associa la rhubarbe au quinquina; Lister, aux aromatiques; Morton et Brocklesby , au laudanum; Scott fit usage du calomel ( Hufe.l. joum., bd. iv , st. n , p. 183); Copland pense avec Trnka et Marsh, qu'en général il est utile de provoquer chez les diabétiques, trois ou quatre évacuations quotidiennes, au moyen de légers minoratifs, ainsi que le conseille Prout.
L'émétique , l'ipécacuanha , furent administrés à doses vomitives par Berndt et Richter ( Med. chir. bemerk., bd. i, p. 76) , et déjà avant eux par Michaelis, Ettmiiller, Rollo, Watt. Le tartre stibié, donné à doses fractionnées, fut aussi préconisé par quelquesuns de ces auteurs , et surtout par Hildenbrand [Jnn. schol. clin. Ticin., Pavie , 1830, part, ii, p. 53). Krimer guérit un diabétique en seize jours par la préparation suivante : ^ tartre stibié, gr. iij ; eau de laurier-cerise, %']. à prendre trente gouttes, quatre fois par jour. Copland associa l'émétique à l'opium , aux toniques , aux aromatiques.
Les diaphorétiques eurent quelquefois de bons résultats. Carter guérit un diabète bien caractérisé par l'usage prolongé de la poudre de Dower (Lond. med. repos., novemb., 1823). Copland pense que les diurétiques eux-mêmes peuvent modifier l'activité morbide des reins et favoriser la guérison. Buchan,Herz, Brocklesby, prétendent avoir guéri des diabétiques en leur administrant d'un demi-scrupule à quatre scrupules d'alun dans les vingt-quatre heures ( Hecker, loc. cit., p. 678).
Les narcotiques, et principalement l'opium, furent de tout temps préconisés contre le diabète. Aetius employait la theriaca andromachi, Zacutus, le/?/n7onium persicum. Willis regardait l'opium comme un remède puissant {Pharm. raf ., part, i, sect. vn, p. 1 86); son opinion fut partagée par Darwin , Greutzwieser (Diss. de cognoscendo et curando diabète, Halle, 1794, p. 40). Un grand nombre d'auteurs modernes ont expérimenté ce médicament, et ne lui ont reconnu de l'efficacité que lorsqu'il était donné à hautes doses ;Dzonçli veut qu'on aille jusqu'à produire
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l'ivresse, et même l'intoxication. Schônleinest arrive à faire prendredeux drachmes de teinture thébaïque dans les vingt-quatre heures; Ware,vingt et quarante grain s d'opium; Tommasini, jusqu'à .soixante grains. Baillie a vu , dans le service de ce dernier, un diabétique guérir en trente-six jours, après avoir pris sept cent quatre-vingt-quinze d'opium [Revue méd., mai, 1825).
L'opium a été associé à un grand nombre de médicaments : à la scammonée , au calomel , à l'ipécacuanha ( poudre de Dower ) et au tartre stibié par Heinecken (puh. scammon. pulv. op. aa 3 j ; calomel gr. V; tart. stibiat. gr. i j , pour douze pilules); aux amers , par Baillie (laudanum cum infus. rhei sive dec. columbo. cinquante gouttes trois à quatre fois par jour); aux aromatiques, par Neumann; aux toniques, à la magnésie, par Zipp; on fit usage pendant longtemps de cette curieuse préparation de Sydenham. ^ Theriac androm %]&', conserv. flaved. aurant. §j ; diascordii § 6 ; zingib. condit. nue. moschat. condit. Sk dr. iij ; pic. e chelis cancror. compos. dr. J6; cort. exter. granat. Bd. angel. hispan. Corail, rubr. proepar. Trochisc. de terra lemnia, âh dr. j ; boli armen 3ij ; gumm. arab,.^ dr. ^\ f. cum s, q. sjr. de vos. siccio elect. de quo sumat ad magnitudinem nue. moschat. maj. mane, hora quinta promeridiana et nocte, per mensem integrum^ superbibendo sequ. infusionis cochl., vj; r. rad. enul, campan. imperat. Jngel. Gentian, sk%6',foL absinth. rom. marrub. alb. centaur. min. calamenth., ââ; manip.,y, baccar. Juniper. §j ; incidantur. minutim.^ et infundnnturvini canarin tb v/; stent. simul. in infus. frigida. coletur tantum modo tempore usus.
Dans tous les cas il faut continuer l'usage de l'opium pendant longtemps encore après la guérison, et avoir soin d'entretenir, durant tout le traitement, le ventre libre. La valériane , l'assa fœtida, la digitale , furent employées comme succédanées de l'opium, ou associées à ce médicament , par Rollo et P. Frank. Berndt employa avec succès l'acétate de morphine.
Morgan, Brisbane, Wrisberg, et surtout Schônlein, ont recommandé les cantharides, tandis que Neumann regarde leur usage comme fort dangereux , et que Haase assure qu'il ne connaît pas une seule observation authentique dans laquelle ce médicament ait procuré même de l'amélioration. Les auteurs ont également varié sur la dose qu'il était permis de prescrire. Schônlein veut qu'on arrive rapidement, quoique progressivement, à une dose élevée ( deux à trois gouttes de teinture de canth., toutes les deux ou trois heures). Morgan faisait prendre deux ou trois fois par jour quinze à trente gouttes d'une teinture faite avec une once et demie de poudre de canthar. par livre d'élix.
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vitriol. P. Frank a donné jusqu'à une once de teinture de cantharides par jour ; Wolff pense , au contraire , qu'il est dangereux de dépasser cinq gouttes dans les vingt-quatre heures.
La térébenthine, le copahu, ont été expérimentés par Schonlein ; le cubèbe, par Baum gàrtner [Handb. d. spec. krankh, u. heilungsl.^ bd. n, p. 110); le colchique, par Wallis et Puchelt. Le premier a relaté une guérison obtenue par l'administration de vingt à trente gouttes de vin de colchique , quatre fois par jour (/l/cû'. cliir. zeit., 1825, bd. iv, p. 350); le second est arrivé au même résultat en n'en prescrivant que soixante gouttes [Heidclb. klin. annal., bd. vni, hft. IV, p. 550).
Haase {loc. cit., p. 363), Erhart, Stegmann {Horns arch., 1828, heFt. n, p. 306) , ont guéri des diabétiques avec le camphre que Richter prescrit à la dose de 1 0 à 12 grains dans les vingt-quatre heures, et auquel Shee attribuait une grande efficacité {Duncan's ann. ofmed., 1 706, vol. i, n° 7).
Le soufre a réussi à Ghristie , à Morgan ; Rollo prescrivait le sulfure d'ammoniaque pour détruire l'action morbijique augmentée de V estomac {loc. cit., p. 40); Trafvenfeld, Hufeland , Lippert, l'ont employé avec succès en l'associant à l'opium ou à une eau aromatique [liq. ammon. sulphur. gtt. xijxiv; Tinci, op. simp. gtt. xxxij; aq. dist. § v; aq. cinnam % y, à prendre une cuillerée toutes les trois heures. — Liq. ammon. sulph. gtt. viij; aq. meliss 3 iv; Àt prendre deux cuillerées trois ou quatre fois par jour).
P. Frank, Fiirst , Berndt, ont retiré de bons effets des préparations de cuivre (cupri ammoniato-sulphur.^op.puriaàgv x; extr. taraxac. Ed. althaeae éidî 3']] pour faire des pilules de deux grains . — Morph. acét. gr. xv ; cupr. sulphur. ammoniat dr. ft ; Fell. taur. inspiss., lign. quaso. pulv. âa iv ; pour faire cent pilules. En prendre cinq matin et soir).
Les mercuriaux , portés jusqu'à salivation , ont été employés avec succès par Scott ; Frank les associait aux toniques; Brera fît usage du nitrate de mercure.
Berndt a rapporté un cas de guérison au moyen de la créosote à la dose de huit gouttes par jour {Hufel. journ.., 1834 ; st. 11, p. 94).
Dulk et M. Rochoux, se fondant sur l'absence de l'urée dans l'urine diabétique, ont proposé l'administration de cette substance; mais Vauquelin et M. Ségalas, qui l'ont expérimentée, ont vu sous son influence la sécrétion urinaire augmenter, sans subir aucune modification dans sa composition.
Quelques remèdes externes furent encore essayés contre le diabète. Arétée faisait faire des frictions aromatiques sur l'épigastre et l'abdomen ; Neuraann ,
à son exemple, fît usage avec avantage, selon lui, du Uniment suivant : ^ unguent. rorismar. compos. 5 ij ; balsam. perur. nigr. dr. ij ; liq. ammon^ caust. § tb; tinct. canthar. dr. ij, Marshall préfère la pommade d'Autenrieth; Scheu a fait appliquer des moxas sur les hypochondres, au niveau des dernières vertèbres dorsales; Van-Swieten, Whytt, Riedlin, Frank, Neumann , ont appliqué des vésicatoires sur l'épigastre, les hypochondres, au niveau du sacrum; Tissot faisait frotter tout le corps avec de l'huile; Nicolas et Gueudeville , voulant répéter les expériences de Rollo , employèrent à cet effet le lard , et assurent que ce moyen leur a réussi comme auxiliaire; néanmoins le liniment volatil leur paraît préférable.
Les bains ont joué un grand rôle dans le traitement du diabète. Dès le milieu du seizième siècle , Altomare prescrivait des bains sulfureux, etOribaze employa ceux de vapeur; depuis, Horn, Bardsley, Lefèvre, Watson, en ont retiré des avantages. Zacutus, Grainger et Michelotti ont, au contraire, préconisé les bains froids.
Si maintenant on cherche à tirer de cette longue et fastidieuse énumération quelques indications générales et rationnelles sur le traitement du diabète , nous peusons que, dans l'état actuel de la science, on doit considérer une alimentation animale, et l'abstinence de boissons et d'aliments sucrés ou féculents , en tenant compte , d'ailleurs , comme l'exige M. Rochoux, de l'état des voies digestives, comme le plus puissant moyen auquel on puisse avoir recours , et comme celui que réclame la nature même de la maladie. Les émissions sanguines générales ou locales seront utiles au début .^ chez les individus forts et pléthoriques, ou lorsqu'il se manifeste de la fièvre, des symptômes de réaction générale; les toniques deviendront indiqués dans la période avancée, lorsque l'altération des digestions et l'épuisement des forces ne permettent plus à l'économie de réparer les pertes causées par la surabondance de la sécrétion urinaire, et s'opposent à la réaction qui doit rétablir l'équilibre des fonctions : les minoratifs et les diaphorétiques seront presque dans tous les cas d'efficaces adjuvants. Une indication non moins importante sera fournie par la cause de la maladie, qui devra être combattue par un traitement approprié, toutes les fois qu'elle pourra être appréciée.
Nature et siège. — De nombreuses théories ont dû, comme on le pense bien, être émises sur la nature du diabète. Les Grecs la trouvèrent dans une activité morbide particulière qui faisait que les liquides du sang traversaient les reins sans subir aucune modification , et Galien ajouta que la faculté attractive de ces organes était augmentée, tandis que leur puissance rétentrice était diminuée. Gamerarius la plaça dans un spasme dont il ne détermina , d'ailleurs , ni
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les conditions ni raclion. Fr, Hoffmann pensa que l'urine était d abord retenue dans les reins et les uretères, qu elle passait ensuite dans le sang- et le décomposait [Cousait, med., cent. ii,ca8. 85). P.Frank fit du diabète uoe maladie du système lymphatique, compliquée d'une exaltation des fondions urinaires, déterminée par la présence d'un virus formé dans le corps ou introduit du dehors; il appuya cette théorie sur ro,)inion des anciens, qui pensaient que le diabète pouvait résulter de la morsure du serpent dipsas fAetius, Teiralnhl. iv, serm. i,cap. xsn) , et sur une observation de Lalham , dans laquelle la maladie aurait eu pour cause une morsure de rat.
Cullen admit une altération des forces d'assimilation ; Good , une simple excitation ; Richter , Clarke et Blarsh, une dépravation de la perspiration cutanée ; Wolla.ston, un changement dans Télectricité animale des reins. Brisbane crut à une paralysie des nerfs rénaux; Formey, à une inflammation du système gang^lionnaire; Neumann pensa que les plexus rénaux cessaient d'agir sur les testicules , de manière que les sécrétions urinaire et spermatique se confondaient (Med. convers. ùlatt, 1830, n° 16, p. 126); Naumann, qu'il existait un état parai/tique, qui interrompait la communication entre le système ganglionnaire et le système cérébro-rachidien [foc. cit., t. VI, p. 635). Faut-i! rappeler, quoique Tulpius (lib, u,obs. xLvi), et Nicolas et Gueucleville aient cité deux observations à l'appui de cette opinion , que Duret avait attribué le diabète à la présence d'un insecte dans les reins ou la vessie ( HoUerius, De morh. intern., lib. i, cap. XLiii).
D'autres auteurs, ne tenant compte que du caractère essentiel du diabète, s'efforcèrent surtout d'expliquer la formation du principe sucré. «Le suc gastrique, ditRoUo, peut posséder des propriétés acides particulières, capables d'assimiler la matière végét;ile à une substance delà nature du sdcre. Celle-ci est donc formée dyns l'estomac, eu vertu de cette faculté saccharifiante, et évacuée ensuite par les reins. 11 existe, ajoute-t-il, une chaîne de maladies dépendantes de l'estomac dont le diabète constitue le premier anneau , le scorbut, le dernier, tandis que la boulimie, la chlorose , la dyspepsie, la pyrose , l hystérie, la lithiase, lapolydipsie, le pica, l'anorexie, l'hypochondrie, la goutte el la polysarie, forment les anneaux intermédiaires» ( /or, ri<.,p. 22,58, 70). Nicolas etGueudevilie placèrent également 'e siège du diabète dans l'appareil digestif , et considérèrent cette maladie comme une déviation spasmodique et continuelle des sucs nutritifs non animalisés sur l'organe urinaire.
Aucune de ces théories ne rend compte d'une manière satisfaisante de la formation du sucre diabétique et de sa présence dans les urines, et une
disposition anatomique rigoureusement démontrée ne permet pas d'adopter Texplicalion , du reste fort ingénieuse, proposée par Bartholin, combattue par Riolan, et reproduite par Darwin, d'après laquelle le chyle, mal élaboré, au lieu de passer dans le torrent circulatoire, arriverait directement, au moyen d'anastomoses, du réservoir de Pequet-dans les vais.seaux absorbants des organes urinaires et dans le système urinaire lui-même.
Sans prétendre résoudre complètement une question qui exige encore de nombreuses recherches , nous pensons néanmoins que si l'on considère :
1° Les difficultés que, dans l'état actuel de nos connaissances chimiques, présente l'analyse du sang, et les résultats contradictoii es que cette analyse a d'ailleurs donnés;
2° Que les éléments du sucre diabétique , réunis pour former cette substance, dans l'urine, peuvent être isolés dans le sang, et que , par conséquent , l'analyse peut ne pas démontrer la présence du sucre dans ce liquide, bien qu'il y existe réellement;
3" Que le chyle des diabétiques n'a pas encore été l'objet de recherches dont les résultats seraient peutêtre importants à connaître ;
4" Que, suivant les expériences de M. Bouchardat, la diastase , la levure , la pressure , le gluten , l'albumine et la fibrine altérée peuvent transformer la fécule en .«ucre, et que ces substances peuvent accompagner Id fécule dans l'estomac ;
5° Que l'étiologie , la symplomatologie, Tanatomie pathologique , comme la thérapeutique du diabète, lui donnent tous les caractères d'une affection générale, et ne permettent pas de la considérer , ainsi que l'ont fait Dreyssig (loc. cit., p, 381 ) et Ontyd (lac. cit., p. 702), comme une maladie complètement localisée dans les reins; on peut supposer avec quelque raison que, par suite d'une opération saccharifiante, dont la cause première reste à déterminer, les éléments du sucre diabétique sont formés dans l'estomac, charriés avec le chyle, versés par le canal thoracique dans le torrent circulatoire; parcourant le cercle décrit par le sang, ils traversent avec ce liquide les reins, où leur présence détermine une opération organique particulière propre aux reins, en vertu de laquelle ces éléments sont réunis pour former le sucre de diabète , tel qu'on le trouve dans l'urine.
En adoptant cette manière de voir, on compi-end que la formation du sucre , imposée aux reins , étant la cause déterminante de leur suractivité sécrétoire, la quantité absolue des urines soit en raison diiecte avec celle du sucre, bien que celui-ci puisse exister dansles urines avant qu'elles ne présentent une surabondance remarquable : on comprend que l'hypertrophie des reins étant le résultat de lu suractivité sécrétoire, au
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lieu d'en être la cause, se rencontre frétfiiemment , sans toutefois être constante; ou se rend compte enfin, ce nous semble, de la pltjiart des symptômes du diabète , de sa marche , de ses terminaisons , de ses complications , et surtout de celle de la phlhisie pulmonaire qui a tant occupé les pathologistes.
Classification dans les cadres nosologiques. — L'obscurité répandu*; sur la nature du diabète a fait placer cette maladie dans des cadres nosologiques très-différents. Cullen , la meilant au nombre des maladies nerveuses (n^c/flr.vie),la rangea parmi les affections spasmodiques (3^- ordre). Good la considéra comme une maladie des fonctions excrétoires affectant une surface interne (vi* classe, ordre 2^). Sauyages, ne tenant compte que de l'jboHdance des urines, ne vit dans le diabète qu'un flux séreux (x*' classe, ordre 3*^). Pinel , avouant son ignorance relativement à la nosogénie,le réunit à ses lésions organiques particulières (y^ classe, ordre 2") , et M. Andral l'a placé parmi les lésions de sécrétion de l'appareil urinaire.
Historique et bibliographie. — Trois périodes bien distinctes peuvent être établies dans l'histoire du diabète. La première commence avec Celse; car, ainsi que l'a démontré Mercurialis ( De afj'cct. infim . ventr., lib. m, p. 374), on ne trouve rien dans les œu\Tes d'Hippocrate qui puisse s'appliquer à cette affection , et nous n'avons pas été plus heureux que M. Rochoux , en recherchant les passages attribués par Nicolas et Gueu'Jeville au père de la médecine et à Aristote; elle se termine à Willis. Pendant cette époque , un seul fait , l'abondance de la sécrétion urinaire, attira l'attention des observateurs , et, comme nous l'avons dit, un grand nombre d'affections différentes durent être confondues sous une même dénomination ; néanmoins, si Celse et Galien {De loc. affect., lib. vi, cap. ni) sont fort peu explicites, et mentionnent à peine quelques symptômes que l'on puisse rapporter au diabète , quoique ce dernier assure qu"il a eu occasion d'observer deux fois cette maladie, assertion combattue par Duret, qui pense que les malades de Galien ayant été guéris n'étaient pas de véritables diabétiques, on trouve déjà dans Arétée {De caus. et sign. diiit., lib. n, cap. n, et De cur. morb. diut., lib. vi, cap. in) une description assez complète, surtout sous le point de vue de la séméiologie : le traitement qu'il recommande est basé sur une diète lactée et féculente , et l'usage de vins astringents. Alexandre de Tt ailes (lih. ix, cap. yiu) reproduisit presque exactement les idées d' Arétée , et n'y ajouta qu'une comparaison entre le diabète et la lienterie, et la recommandation de prendre des aliments très-nutritifs. Aelius insista sur le passage des aliments non digérés par la voie des urines, et, revenant aux opinions thérapeutiques d' Arétée, pres-
crivit l'usage desvégétaux rafraîchissants, dontChaussier et Duret firent plus tard la base de leur traitement. En 1481, Fr. de Bustis publia un résumé exact et complet de tout ce qui avait été écrit sur le diabèie, et y ajouta le fruit de sa propre expérience.
La seconde époque commence, avec Willis, en 1674. Ce médecin ayant constaté que l'urine des diabétiques avait quelquefois une saveur douce et sucrée (PZ/arm. ration., Oxford, 1674, sect. iv , cap. [u , p. 207), ce caractère fixa l'attention des pathologistes , et fît admettre une nouvelle espèce de diabète, auquel on donna d'abord le nom de diabètes anglicus, puis celui de diabètes mellitus. Mais la découverte de Willis n'eut, pour ainsi dire , pas d'autre résultat que la distinction de cette nouvelle variété par les médecins anglais , la chimie n'étant point encore assez avancée pour en tirer parti. La thérapeutique resta donc entifremenl livrée à l'empirisme , et si de nombreuses observations ne laissèrent presque rien à ajouter à l'étude des causes et des symptômes, elles n'apportèrent encore aucune lumière dans celle de la nature du diabète. Parmi les ouvrages publiés depuis Willis jusqu'à Cawley, il faut citer ceux de Lister (Exercit. de hfdrophob., diab. et hydrop., London , in-8", 1 694), de Ad. Wedel ( Diss. de diab. , Jena, 1717), de Blackmore {On the drops f and diab., London , in-8°, 1 727), de Buchwald {De diabet. curât, inipr. per rhabarb., Copenhague, 1 733), de Krusenstein ( Theoria fluxus diabetici. Halle, 1746), de Nicolai {Progr. de diab. ex spasmo, Jena , 1 7 7 2), et enfin de Trnka , qui , d'ailleurs , s'est borné à ^as^.embler les observations éparses dans les anciens auteurs [Comment, de diabet. , Vienne, 1778).
Pool et Dobson , en 1775, mais surtout Cawley, en 1778, commencèrent la troisième période historique du diabète en constatant par l'analyse chimique la présence d'une matière sucrée particulière daus les urines, et imprimèrent, par cette di-couverte , une direction nouvelle aux travaux des pathologistes, qui comprirent que, pour arriver à un traitement rationnel, il fallait préalablement déterminer la cause, le siège et le mécanisme de la formation du sucre diabétique dans l'économie. Cullen {Firsts Unes of the pract., etc. Edimb. , 1783, in-8'') et Place {Diss. de vera diab. causa in dejectu assimil., quœr., Gôttingue, 1 784) émirent une théorie qui ne reposait que sur la supposition, très -vaguement formulée, d'une altération des forces assimilatrices, et qui ne rendait compte d'aucun des , hénomènes en question. Darwin prétendit, comme nous l'avons vu, que le chyle mal élaboré arrivait directement dans les organes urinaires, et P. Frank, en 1791 , après avoir démontré plus rigoureusement encore que ne l'avait fait Cawley, la présence du sucre diabétique dans les
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urines, prétendit que le diabète était une maladie du système lymphatique, compliquée d'une exaltation des fonctions urinaires, déterminée par un virus formé dans l'économie ou introduit du dehors, et lui opposa les préparations de cuivre et de mercure. Creutzwieser, s'occupant surtout du traitement du diabète (Diss. de cognosc. et curand. diab. Halle , 1 794), attribua à l'opium, déjà préconisé par Willis, une très-grande efficacité , que Tommasini s'efforça également de démontrer par une observation d'ailleurs très-curieuse [Storia ragion di un diabet., Parme, 1794 , in-S").
En 1797, Rollo publia un ouvrage dans lequel il émit des opinions entièrement nouvelles, auxquelles on doit peut-être les nombreuses recherches dont le diabète est depuis devenu l'objet.
Le médecin anglais établit: l°que le diabète sucré était une maladie de l'estomac, indiquée par la variation de l'appétit , l'état de la digestion , la difficulté des selles et leur quantité , le goût de la salive , le phénomène que présente le sang, et l'émaciation du corps; 2° que la formation du sucre, ou d'une matière possédant les propriétés sucrées, provenait de quelques changements morbifiques dans les puissances naturelles de la digestion , comme d'une altération particulière des sucs gastriques qui décomposaient la matière végétale prise avec les aliments ; 3" que les reins et les autres parties du système , telles que la tête et la peau, étaient affectés secondairement, par sympathie , et par un stimulus particulier; 4° que la quantité de l'urine, surpassant la somme des aliments solides et liquides, prouvait que l'absorption des poumons et de la peau était beaucoup augmentée (O/i diab. meUitus; Londres, 1 797. Traduit par Alyon ; Paris , an vi).
Cette manière d'envisager le diabète conduisit Rollo à opposer à cette maladie un traitement reposant sur des indications nouvelles : «Les procédés curalifs doivent donc consister, dit-il, à détruire la propriété saccharifiante de l'estomac, à lui procurer une assimilation salutaire , à prévenir l'augmentation de l'absorption de la surface , à diminuer l'action augmentée, et à rétablir les reins dans l'état naturel. »
Les principaux moyens pour obtenir ces résultats parurent être à Rollo : le repos , une entière abstinence des substances végétales , un régime animal exclusif , l'emploi des émétiques, du sulfure d'ammoniaque et des narcotiques; il formula ainsi son traitement : A déjeuner, un litre et demi de lait et un demi-litre d'eau de chaux mêlés ensemble ; du pain et du beurre. A dîner, des boudins composés de sang et de graisse , l'usage modéré des viandes faisandées , et des graisses aussi rances que l'estomac pourra les supporter, telles que celle de porc.
A souper, les mêmes substances qu'à déjeuner. Pour boisson journalière , dix mille décimigrammes de sulfure d'ammoniaque dans un décilitre d'eau. On fera au malade des frictions tous les matins avec du lard , et on lui appliquera une flanelle sur la peau ; on ne lui permettra que de très-légers exercices ; on lui fera prendre, à l'heure du sommeil, vingt gouttes de vin antimonial tartarisé , et vingt-cinq gouttes de teinture d'opium ; on augmentera graduellement ces doses. On appliquera sur chaque rein un vésicatoire d'un centimètre de diamètre, et on l'entretiendra avec soin. On conservera la liberté du ventre avec une pilule composée de parties égales d'aloès et de savon.
«Dès le second jour de ce traitement, dit Rollo, l'urine du malade se rapproche de l'urine naturelle», et le succès de cette médication lui fournit les conclusions suivantes :
1° La matière sucrée qu'on trouve dans l'urine est formée dans l'estomac, et doit surtout sa formation aux substances végétales , comme le prouvent les effets immédiats produits par l'abstinence des végétaux et l'usage de la diète animale exclusive ;
2" L'ascescence prédomine dans l'estomac des diabétiques , et continue même quelquefois lorsqu'on a cessé entièrement l'usage des végétaux , et que le sucre a été formé. On peut conclure, en outre , que, tant que l'ascescence continue , la disposition à la maladie n'est point détruite;
3° La matière sucrée peut disparaître en trois jours , et ne pas se reproduire de nouveau en s' abstenant de matières végétales ; mais on ne peut déterminer exactement l'époque à laquelle la maladie et la disposition morbifique peuvent être totalement anéanties ; .
4° La maladie consiste dans l'augmentation d'action de l'estomac , et probablement dans une trop grande sécrétion et une viciation du suc gastrique; cependant l'état particulier ou spécifique de ces diverses fonctions, considérées comme causes de la maladie, est encore enseveli dans l'obscurité, et n'en sortira que lorsqu'on aura expliqué avec exactitude la physiologie de la digestion dans l'état de santé.
Enfin Rollo, ayant exposé à la même température du sang de diabétique , et du sang appartenant à un homme sain , vit le premier prendre , au bout de deux jours, à sa surface, une apparence caséeuse qu'il perdit par l'évaporation de la partie séreuse , pour devenir alors sec, résineux, et se conserver ainsi sans présenter , encore au seizième jour, aucun signe de putréfaction, tandis que le second en avait donné dès le quatrième, et dut être jeté le septième, en conclut que, dans le diabète, une matière sucrée était répandue dans toute l'économie, et que le sang lui-même en contenait en moindre proportion que
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l'urine , à la vérité , par suite de la puissance que possédaient les reins de la séparer avec les autres matières salines, et de l'augmentation de leur action par un stimulus , en vertu duquel ils sécrétaient cette matière sucrée, avec autant de promptitude qu'elle était formée dans l'estomac.
Voici toute la théorie de Rollo; nous avons dû donner quelque développement à son exposition, parce qu'elle n'est restée coŒiplétement étrangère à aucune de celles qui lui ont succédé.
Jusqu'ici la médecine française était restée, comme on le voit, presque entièrement étrangère aux travaux dont le diabète avait été l'objet en Allemagne , et surtout en Angleterre ; mais, en 1803, Nicolas et Gueudeville lurent à l'Institut national, dans la séance du 1 4 fructidor, un mémoire qui , pour la précision des expériences chimiques, laissa bien loin derrière lui toutes les recherches antérieures (Rech. et expér. chitn. et niéd. sur le diabète sucré^ etc. ; Paris, 1803, în-8°).
«M. Pool, pharmacien anglais, dirent ces médecins, de concert avec M. Dobson , fit évaporer , en 1775, deux pintes d'urine, et trouva une masse granulée , se rompant entre les doigts , qualifiée par une odeur douce et un goût sucré; en 1778, Gawley fit passer de cette urine à la fermentation vineuse, puis acéteuse; enfin, en 1791, M. Frank, fils du célèbre professeur de climquede Pavie, ajoutant un peu de levain aux urines , en retira un alcool qu'il disait être très-agréable.
«Aucun de ces travaux ne nous était encore connu, lorsque nous avons entrepris l'analyse de l'urine; aussi les nôtres n'ont-ils aucun rapport avec ceux de ces chimistes. Jusqu'ici leurs expériences, étant imparfaites , n'ont présenté aucun secours au malade , aucune utilité pour la pratique médicale.
«En effet , la masse granulée de MM. Pool et Dobson , n'ayant point été observée , n'a pu éclaircir la nature des urines ; Gawley et Frank n'ont fait que confirmer ce^que le goût avait appris à Willis, et, nous laissant ignorer si les sels , si multipHés dans nos urines, existaient dans celles du phlhisurique , ils n'ont pu fournir aucune indication à la médecine. »
Pour arriver à des résultats plus positifs et plus complets , Nicolas et Gueudeville eurent recours à une analyse chimique minutieuse, à l'aide de laquelle ils obtinrent du sucre diabétique cristallisé, et crurent reconnaître que l'urine ne contenait ni urée, ni acide urique et benzoïque, assertion qui , comme nous l'avons dit, a été démentie depuis. Passant ensuite à l'examen du sang, ils le trouvèrent très-séreux, presque privé de sels ammoniacaux et phosphoriques ; mais ils ne purent y constater un seul atome de matière sucrée. Les sucs gastrique, pancréatique et biliaire leur parurent altérés par la présence de sucs
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nutritifs non animalisés. Mais lorsque de ces faits, Nicolas et Gueudeville voulurent déduire un jugement sur la nature et le traitement du diabète, comme leurs devanciers , ils se jetèrent dans des hypothèses, et pas plus qu'eux ne fournirent d'indications à la médecine.
Considérant la phthisurie comme une consomption entretenue par une déviation spasmodique et continuelle des sens nutritifs non animalisés sur l'organe urinaire^ ajfcctant particulièrement les tempéraments musculeux , ayant leur siège dans l'appareil digestif, suspendant toutes les sécrétions et excrétions auxquelles l'organe urinairc supplée par l'excès de ses évacuations , Nicolas et Gueudeville pensèrent que, pour remédier à cet état spasmodique et rendre au malade les principes d'animalisation , il fallait prescrire les aliments les plus azotés , la partie musculeuse du bœuf et du mouton, le lard, les viandes faisandées, les phosphates étendus dans du petit-lait , l'acide phosphoreux à la dose de huit à dix gouttes par gobelet, l'ammoniaque qui , tendant sans cesse à se décomposer^ remplace par son azote celui que fournissait autrefois le sang, les narcotiques, l'opium, le musc.
Le mémoire de Nicolas et Gueudeville, dont nous ne donnons ici que les conclusions , eut un grand retentissement; et les progrès incessants de la chimie, dont l'histoire du diabète donne pour ainsi dire la marche, engagèrent dans des recherches analogues un grand nombre de chimistes dont quelques-uns oublièrent peut-être trop, qu'entre l'économie et une cornue, il existe des différences qui ne disparaissent jamais.
Le sang fut analysé de nouveau par Wollaston [Philosoph. fra«*., vol. ci), Vauquelin et M. Ségalas (Journ. de phjsiol.^ t. iv), MM. Henry et Soubeiran (Journ. des progr. des scienc. méd., 1. 1); l'urine, par Baruel, M. Mialhe (Jrch. génér. de méd., t. vu); le sucre par MM. Dumas, Ghevreul ' (Bull, de la Soc. philomat., 1815), et nous avons fait connaître les résultats obtenus par ces chimistes distingués qui , d'ailleurs , ne s'occupèrent ni de la nosogénie du diabète , ni de son traitement.
En 1806, Dupuytren et M. Thénard publièrent, dans le Bulletin de la Société médicale, un mémoire dont le but principal était de faire considérer le régime animaJ comme ayant, dans le diabète, la même efficacité que le quinquina dans les fièvres intermittentes, erreur qu'il suffit de mentionner : la nosogénie n'y était nullement traitée.
Enfin, le 12 mars 1838, M. Bouchardat a lu à l'Aacdémie des sciences un mémoire dont nous avons indiqué les conclusions qui , si elles étaient justifiées par l'expérience, conduiraient à une thérapeutique rationnelle et sûrement efficace , puisqu'elle repose-
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rait sur une nosogénie et une étiologie rigoureusement établies.
Tels sont les ouvrages qui présentent sur le diabète des théories complètes, et propres à leurs auteurs; on trouve, soit un exposé plus ou moins complet de l'état de ia science , soit des considérations particulières sur rétiologie, la syraptomatologie , l'anatoraie pathologique ou e traitement de celte maladie , dans les traités de Miiiler {Beschreih der harnr., Francfort, 1810), de Watt [Cases ofdiab. etc, Glasgow, 1808), de Prout [Inquiry into tlie nat. and treatm. ofdiab., Lond., 1825), de Stosch (^ersuch ciner pafhol. und thérap. des diab. w<?/., Berlin, 1 828) ; dans les observations ou mémoires publiés dans différents journaux, tels que Hom's aixh. (band ii, heft. 2; 1818, hft. 12; 1828, hft. 2; 1830, hft. 4); Froriep's noiizen (bd. xu, bd. XLvn); Hafeland's journal (bd. iv, St. 2; bd. xu, St. 2;bd. XIV, St. 2; bd. xxxvii; St. 3; 1 810, st. 10; 1822, st. 7; 1823, st. 11; 1827, St. 7; 1834, .st. 2); Schmidt's jahrbûcher (bd. vn, bd. n); Mcdicin convers. blatt (i 830, n" 16); Medic. chirurg. zeitung (1825, bd. iv); Graef'e's und f'Falther's Journ. (bd. xx, hft. 4); Lond- med. journ. (vol. IX, juin 1 829) ; Lond. med. reposit. (novembre 1 823) ; Brit. ann. ofmed. (août 1 837) ; Med. chir. review (janvier 1830, octobre 1838); Arch. gén. de méd. (t. vu, xvn, xvm); enfin dans les articles de MM. Renauldin (Z?/cic >les sciences méd.), Bouillaud (Dict. de méd. et de chir. prat.), Rochoux {Dicf. de méd.); dans ceux de Gopland {Dict. vf pracl. med.) et de Naumann [Handb. der medic. kiinik) qui valent une monographie.
DIAPHORÈSE , s. f., dérivé de 8i%, par, à travers et de «pspw , je porte , et suivant d'autres étymologistes, de (S'tacpopew , je dissipe , je répands.
Ge mot, qui n'est plus guère employé dans la science aujourd'hui , n'a jamais eu un sens bien déterminé : les uns l'ont appliqué à toute exhalation cutanée, quelles que soient son abondance et les circonstances qui président à son développement; et, en lui donnant cette acception, il n'est plus qu'un synonyme de sueur: d'autres n'ont voulu d signer par lui qu'un état intermédiaire dans lequel la peau , quoique humide, n'offre point sur sa surface un liquide condensé en gouttelettes; enfin, M. Bai hier, d'Amiens, pensant qu'il ne fallait appeler diaphorèse qu'un phénomène pathologique, a donné ce nom à l'orgasme cutané qui, dans certaines maladies, précède et accompagne quelquefois les sueurs, et spécialement celles qui paraissent être de nature critique.
La diaphorèse, dans l'une comme dans l'autre de ces définitions, n'étant qu'un phénomène d'exhalation cutanée, nous renvoyons à l'article Sueur les considérations de physiologie pathologique qui s'y rattachent.
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DIAPHRAGME (Maladies du). James Gopland (Z>/cf. of pract. med. , part, u , p. 5 1 9 ) se plaint de la négligence apportée jusqu'ici dans l'étude des maladies d'un organe, auquel sa structure musculo-tendineuse, sa situation entre trois membranes séreuses , ses rapports plus ou moins immédiats avec la colonne vertébrale , les côtes et leurs cartilages , les poumons , le cœur, le foie, l'estomac, le pancréas, les reins, la rate, ses relations physiologiques avec les appareils de la digestioa et de la respiration, donnent une si grande importance pathologique , et Boisseau ( Nosogr. organ., t. n,p. 618) pense «que les maladies du diaphragme sont , non pas très-rares comme on le croit, mais mal connues, rapportées à d'autres organes, ou comptées pour rien parce qu'elles sont souvent secondaires.» Sans contester l'intérêt et l'utilité que pourraient présenter des recherches nouvelles sur la pathologie du diaphragme , il est peutêtre permis de croire, cependant , puisque les travaux étendus des anatomo-pathologisles modernes n'ont encore apporté que si peu de matériaux sur ce point, que les résultats auxquels on arriverait n'auraient pas l'importance que quelques auteurs leur ont accordée a priori, et il faut se rappeler qu'on s'expose à commettre de graves erreurs lorsque , comme paraît le faire Gopland , on conclut par induction des conditions physiologiques d'un organe à la fréquence et à la gravité de ses altérations : n'aurait-on pas été conduit à formuler, en procédant de cette manière, une proposition dont l'observation démontrerait aujourd'hui l'inexactitude, et l'inflammation spontanée du péritoine, de cette vaste poche séreuse, superficiellement placée, exposée à tous les agents extérieurs, sans cesse soumise à des mouvements que lui imprime la masse intestiaale, n'aurait-elle pas semblé devoir être beaucoup plus commune que celle de la plèvre , que protègent un« enveloppe osseuse et une couche épaisse de parties molles? Cherchons donc dans l'appréciation rigoureuse des faits ce qu'il est permis d'en déduirç ou d'en espérer sur les maladies du diaphragme dont rénumération a d'ailleurs varié suivant les auteurs, Votiû {Analom. méd., t. n, p. 442) , indiquant l'inflammation, l'endurcissement, la suppuration, rindura|rion, l'érosion et la rupture; Boisseau {lac. 6i>. ), Tififlammation , le spasme et la paralysie; et J. Gopland (/oc cit.), l'inflammation, la perforation , les tumeurs enkystées ou non circonscrites , les productions cartilagineuses , osseuses , charnues , fibreuses , les kystes, les hydaiides , les spasmes, la paralysie , et enfin les ruptures. U est facile de voir que parmi ces affections, les unes doivent être réunies , car elles se rattachent à une seule altération , et que d'autres sont du domaine de la pathologie externe ; nous pensons comprendre toutes celles qui doivent trouver place dans le cadre de cet ouvrage , en traitant dg
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l'inSammatioa , des perforations , des spasmes et de la paralysie : les vices de conformalion du diaphrag^nie appartenant à l'histoire deshernies diaphi aguiatiques.
A. Injlammahon du diaphragme. — Paraphrcnésie. — Phréaite. — Diaphragniaiile. — Diaphragmite. Fr. — Paraphremlis. Lat. — ZwerchfeUsenlzilndung. Alleni. — Dastaard razendc koortx. Holl.
Confondant des affections fort diFférentes, quelques auteurs anciens décrivirent sous le nom de ^a7'ayy/i/'e/t^.ç/<',tantôirinfiammatiou de la portion de séreuse qui, dans la poitrine ou Tabdouien, revêt le diaphragme , taulôt celle du tissu cellulaire qui environne ce muscle, tantôt entin celle des organes voisins, et ils donnèrent comme signes caractéristiques de cette affection une douleur très-vive, une violente dyspnée, un sentiment de resserrement, le hoquet, et enfin, le rire sardouique. Lorsque , éclairés par le flambeau de l'anatomie pathologique, les auteurs plus modernes eurent différencié ces diverses altérations , et précisé leur siège , il fut établi que linflamniation du tissu musculaire du diaphragme devait seule por ter le nom de phrénite, et dès lurs les observations rapportées jusqu'alors sous ce titre furent envisagées sous un nouvel aspect , et l'existence de la phrénite fut regardée comme très-rare , sinon comme problématique. Cependant Boerhaave revint en partie aux opinions anciennes , et Portai ( loc. cit., p. 443), écrivit eu 1804 :« L'inflammation du diaphragme est plus commune qu'on ne croit, et il résulte des observations de Blasius, de Bonnet, de de Haen, de Senac, de Lieutaud et des nôtres, que celte inflammation peut avoir son siège dans la partie musculeuse, comme d.ms la partie membraneuse ou tendineuse de ce mucle. Or, si l'on remonte aux sources indiquées par Portai , à ces observations sur lesquelles il fonde son assertion , on trouve ( Lieutaud, Hist. anatom. méd., t. H, p. 95 ) des faits ainsi rapportés.
Obs. 7 73.— «Yir septem et quadraginta annorum «paraphrenitide corripitur. Variis serius quam par «erat, adhibitis prsesidiis, accessit pro more risus sar- «doniens; et quinto die obiit.
«Insiituia cadaveris sectione, reperitur universum ((diaphragma, maxime prope ejus capita, inflamma- «tuiii.cum Variis gangrsenge notis.» Prœterea crusia quœilam tenax pulmones afjligebat ad meinbranam eostas succigentem, diaphragma et pericardium (Glar. Haen).
Obs. 774. — «Quaedjm virgo acerbissimis dolo- «ribus cruciabatur ver-^us eostas mendosas, et alam «sinistram, cum feb; e vehementi et delirio. Persis- « tente morbo intra paucos dies fatis cessit.
«Inter exenferationem cadaveris inventum est «septum transversum in anteriori parte inflam- «matum^ et purulentia defœdatum» (Bonetus).