‹ Compendium de médecine pratique, ou, Exposé analytique et raisonné des travaux contenus dans les principaux traités de pathologie interne (volume 5)Chapitre 10 sur 59 · MOR — S · texte numérisé non relu

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toutefois , leur siège le plus ordinaire; dans un cas, elles occupaient l'articulation métacarpo-phalangienne de l'indicateur gauche.

Tantôt la douleur ne se fait, sentir que dans une seule articulation , tantôt plusieurs articulations sont envahies; les douleurs sont continues ou intermittentes, provoquées ou exaspérées parles mouvements et la pression ; quelquefois peu intenses, d'autres fois, au contraire, extrêmement vives: certains malades n'éprouvent qu'une sensation d'engourdissement, de prurit, de picotement; d'autres ressentent des douleurs lancinantes, déchirantes, et assez vives pour les empêcher de dormir et pour leur arracher des plaintes continuelles ou même des cris.

Les articulations douloureuses ne présentent quelquefois ni rougeur ni tuméfaction; d'autres fois , au contraire, elles sont gonflées, chaudes , rouges , et offrent tous les caractères du rhumatisme articulaire aigu.

Les douleurs musculaires sont plus rares, et se font sentir aux lombes, dans les hy pochondres , au cou , dans le dos , dans la continuité des membres. Le malade de M. Becquerel éprouvait une douleur sternale très-vive.

Les parties douloureuses deviennent ordinairement le siège d'un engorgement phlegmoneux , érysipélateux ou gangreneux.

Erysipèle. — L'érysipèle est un des phénomènes les plus constants de la morve ; il a existé dans tous les cas de morve aiguë que nous avons analysés ou observés , et il imprime à la face des sujets affectés de cette maladie un aspect particulier presque caractéristique. Il occupe constamment la face , et spécialement le nez et les paupières ; celles-ci sont gonflées , recouvrent complètement le globe oculaire ; le nez est déformé, presque de niveau avec les joues. «Cette sorte de prédilection de l'érysipèle pour la face , disent MM. Bérard et Denonvilliers ( Compendium de chir. prat.j liv. iv, p. 529), est peut-être due au voisinage des fosses nasales , dont l'inflammation se propage facilement, d'une part au nez , et d'une autre part aux paupières , par les voies lacrymales , qui plongent en quelque sorte dans le foyer du mal. Un fait qui vient à l'appui de cette opinion , c'est que l'érysipèle est moins constant, et se développe plus souvent sur d'autres points du corps , dans le farcin aigu , affection qui , comme on le sait , ne donne pas lieu à l'altération des fosses nasales. »

L'inflammation érysipélateuse occupe souvent les muqueuses nasale , palpébrale et oculaire ; la muqueuse palpébrale est rouge , brunâtre , boursouflée ; elle sécrète un liquide jaunâtre , épais , acre : le sac lacrymal est tuméfié, rouge. L'érysipèle envahit quelquefois une partie ou même la totalité du cuir chevelu (Williams); enfin, il se développe parfois

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dans les points occupés par les douleurs arthritiques ou musculaires.

L'érysipèle de la morve n'est pas franc; c'est un gonflement mal circonscrit, empâté, diffus; la peau est d'un rouge livide , jaunâtre , violacé.

L'érysipèle des paupières est presque toujours œdémateux ; celui des autres parties de la face , du cuir chevelu , celui qui se développe au niveau des articulations douloureuses est phlegmoneux ou gangreneux : dans ce dernier cas, la peau se couvre de phlyctènes, de bulles noirâtres.

Abcès. — Les abcès du tissu cellulaire sont ordinairement précédés des symptômes du phlegmon ou de l'érysipèle; les abcès musculaires, au contraire, se développent brusquement, et d'une manière pour ainsi dire latente; une tumeur empâtée, fluctuante, se montre tout à coup sans douleur, sans changement de couleur de la peau , sans tuméfaction.

Les abcès du tissu cellulaire se rencontrent principalement au niveau des articulations , à la face , au crâne , vers l'aisselle. Les abcès musculaires occupent ordinairement les membres, le mollet.

On trouve quelquefois un nombre considérable de collections purulentes sur le même individu. Le malade observé par MM. Nonat et Bouley portait neuf abcès disséminés dans les régions pariétale droite et occipitale , le front, le bras , la cuisse , la partie antérieure de la jambe et le mollet ; M. Rayer (loc. cit., p. 23) a compté 16 abcès ainsi distribués : 3 sur l'épaule droite , 1 sur la région deltoïdienne gauche , 1 sur l'avant-bras gauche, près du coude ; 1 sur l'avant-bras droit, 1. sur la partie antérieure de la cuisse droite et 2 à la partie postérieure de la jambe du même côté, 1 dans la fosse sous-épineuse gauche, 1 au niveau de l'apophyse épineuse de la troisième vertèbre dorsale , enfin 5 sur le membre inférieur gauche ; le malade de M. Nivet avait deux abcès audessous de la mamelle droite , et un troisième au devant de l'aisselle; plusieurs fois des collections purulentes se sont formées au-dessus des malléoles ; enfin , nous avons dit que des abcès ont été trouvés dans le voile du palais , les amygdales , etc.

Le pus est ordinairement séreux , mal lié , fétide , granuleux, contenant des lambeaux de tissu cellulaire mortifié, des espèces de bourbillons, analogues à ceux des furoncles; on l'a vu quelquefois présenter tous les caractères du pus phlegmoneux, louable. Dans tous les cas , le pus possède une propriété virulente, spécifique (voy. Nature).

Pustules , phlyctènes , bulles } tubercules. — On a observé , dans presque tous les cas de morve aiguë , une éruption pustuleuse spéciale, dont nous avons décrit minutieusement les caractères anatomiques.

Les pustules commencent quelquefois par des pe-

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