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Zwinger ( Dissert, de pathopatridalgia, fascicui dissert, medic, in-4°; Basil., 1710), de Hoyer (de Nostalgia,u\ Act. Acad. natur. curios., t. m, p. 74), de Scheuchzer ( de Nostalgia, comment. Bononicn., t. i). Parmi les thèses imprimées à Paris , celles de MM. Therrin ( Essai sur la nos t., n° 2, in-4° ; Paris , 1 81 0 ) , et Moreaud ( Consid. sur la nostal, n° 176, in-4°; Paris, 1829) nous ont été utiles. On doit regretter de trouver, dans les thèses et les mémoires publiés sur la nostalgie, une quantité surabondante de citations latines , françaises ou autres , empruntées aux littérateurs qui ont parlé de l'amour du pays. Il serait à désirer que ce luxe de citations fût remplacé par des recherches plus scientifiques à l'aide desquelles on pourrait remplir certaines lacunes qui restent cencore dans l'histoire de la nostalgie. L'article que l'on doit à la plume de MM. Laurent et Percy a été seulement recopié par tous les auteurs, et doit faire autorité encore aujourd'hui : le traitement moral y est esquissé avec un talent remarquable {Dict. des se. méd., t. lvi; 1819). Le chapitre consacré par J. Frank à la description de cette maladie mérite également une mention spéciale (Praxeos, etc., trad. franc., in Encyclopédie des se. méd., t. m, p. 131 ).
NYMPHOMANIE, s. f., de vym, fille nouvellement mariée , et p.av.a, folie.
Synonymie. — Furor uterinus, uteromania , metromania, erotomania, hysteromania, andromania, gynaïcomania , aidoiomania , melancholia uterina , nymphocluia, symptoma turpitudinis , enlelipathia , tentigo venerea , salacitas vulvœ , uteri pruritus.
On a décrit sous le nom de nymphomanie des états fort différents : tantôt on a appliqué cette dénomination à un penchant très-développé , mais tout physiologique, aux plaisirs de l'amour, à un libertinage plus ou moins effréné , causé et entretenu quelquefois par un développement très-considérable du clitoris, par l'évolution pubère, par une longue continence ou au contraire par un usage trop fréquent du coït. « Ce penchant, dit Georget (Dict. de méd., t. xxi , p. 1 89), peut bien être très-impérieux sans constituer pour cela une maladie proprement dite-, il rentre alors dans le domaine des passions, et c'est à l'hygiène et à la morale que l'on doit emprunter les moyens d'en diriger l'action convenablement. «Tantôt on a désigné sous le nom de nymphomanes des femmes ou des enfants ayant contracté l'habitude de la masturbation et s'y adonnant avec plus ou moins de fureur. Ici la nymphomanie n'est qu'un besoin réel ou factice du coït, produit par un eczéma des parties génitales, par l'hystérie, par la présence d'ascarides vermiculaires, par l'administra-
tion des cantharides, par le contact d'un vêtement de flanelle, de laine, par une maladie de l'ovaire (Clarus; voy. le Compendium, art. Ovarite); c'est une véritable monomanie, une lésion de l'intelligence et des sentiments ( érotomanie).
Nous avons décrit la monomanie erotique ou érotomanie (voyez le Compendium, t. iv, p. 150), et nous avons dit, avec Esquirol, qu'il ne faut appliquer le nom de nymphomanie qu'au désir exagéré du coït produit par une lésion physique des organes sexuels. En se plaçant à ce point de vue, la nymphomanie n'est plus qu'un symptôme qui ne mérite pas qu'on l'étudié séméiologiquement Nous nous contenterons de reproduire le tableau suivant tracé par M. Louyer-Villermay (Dict. des sciences médic. , t. xxxvi, p. 579).
«La femme se livre sans réserve à toute l'impétuosité de ses sens; elle ne se plaît que dans les idées les plus lascives, les entretiens les plus voluptueux, les lectures les plus obscènes ; à la vue d'un homme, tout son être s'agite , sa sensibilité s'exalte , sa physionomie s'anime, ses yeux étincellent, sa poitrine est agitée , sa respiration précipitée et tumultueuse ; souvent il se manifeste des palpitations violentes , une accélération et un trouble général de la circulation : le trouble va croissant, et tout homme que la nymphomane rencontre devient l'objet de son ardeur: elle l'appelle , elle le provoque; s'il hésite , elle emploie l'adresse ou la ruse pour le séduire ; ses prières, ses caresses, sont-elles impuissantes, elle a recours aux menaces, à la violence; elle se livre avec fureur à la masturbation, publiquement, devant tout le monde; rien ne peut assouvir ses désirs ; elle peut être fatiguée , épuisée , mais non rassasiée. »
On a vu des nymphomanes qui s'adressaient nonseulement à des hommes, mais à des personnes de leur sexe ou même des animaux. Manget parle d'une jeune fille qui homines et canes ipsos ad congressum provocabat.
La marche, la durée, les terminaisons, dépendent entièrement de la cause delà nymphomanie ; celle-ci est souvent associée à l'érotomanie, à la folie furieuse, et alors elle est presque toujours incurable.
Le traitement doit être dirigé contre la cause : ainsi, on a guéri des nymphomanes en excisant le clitoris développé outre mesure ; en faisant disparaître une éruption des parties sexuelles, des ascarides vermiculaires; en faisant cesser une continence trop prolongée. On a cité des exemples de guérisons produites par l'état de grossesse, par l'établissement de la menstruation , par des exorcismes ! M. Louyer-Villermay énumère encore sérieusement ce moyen thérapeutique. Il faut apporter une extrême réserve dans l'appréciation des nombmi-es observations, absurdes
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ou mensongères, qui ont été' enregistrées sous le nom de nymphomanie.
En considérant la nymphomanie en elle-même, il faut lui opposer le traitement moral , les aphrodisia-
ques, l'application du froid intra et extra, les bains, les narcotiques, le régime végétal ou lacté, les émissions sanguines , etc.
OEDÈME. — Voy. Anasarque.
OEDÈME DES NOUVEAU-NÉS —Voy. Sclérème.
OESOPHAGE (maladies de l').
Divisions. — Le conduit œsophagien, en raison de sa structure et de ses fonctions, est exposé aux mêmes maladies que les portions sous - diaphragmaliques de l'intestin. Nous décrirons les maladies suivantes qui offrent un grand intérêt aux pathologistes : 1° le cancer de l'œsophage; 2° les dégénérescences fibreuses el cartilagineuses ;3° la dilatation; 4° la gangrène; 5° l'hémorrhagie ; d><* l'induration ; 7° l'inflammation ou œsophagite; S0 la paralysie ; 9° les perforations ; 1 0° le ramollissement; \\° le rétrécissement ; 12° la rupture ; 13° le spasme ou constriction spasmodique ; 1 4° les ulcérations, 15° les végétations.
Nous comprendrons dans cet article la description des maladies du pharynx et de l'œsophage.
Cancer dé l'oesophage. — La description du cancer œsophagien se trouve mêlée à chaque instant, dans la plupart des ouvrages anciens, à l'histoire de la dysphagie, du rétrécissement , des végétations, de l'œsophagite, etc. etc. Il n'est plus permis maintenant de procéder ainsi dans l'étude des maladiesde l'œsophage; chaque lésion doit être décrite à part , bien qu'elle ait souvent des symptômes qui lui soient communs avec d'autres affections du même organe.
Analomie pathologique. — On a compris sous le nom de squirrhe de l'œsophage tantôt de simples hypertrophies avec induration des tissus normaux , tantôt des dégénérescences fibreuses, des végétations qui amènent le rétrécissement du conduit œsophagien. Ces altérations doivent être soigneusement distinguées du cancer proprement dit ; nous réservons spécialement cette expression pour le produit de nouvelle formation que l'on désigne sous les noms de squirrhe et de matière encéphaloïde. Les auteurs qui ont rapporté des observations de ce genre sont peu explicites , et souvent ils ne disent pas quelle est la nature intime de la lésion qu'ils ont trouvée.
Le caucer affecte plus ordinairement les parties supérieures de l'œsophage et les environs du cardia. 11 procède dans sa marche de deux manières très-distinctes , qui n'ont pas été suffisamment indiquées par les auteurs : ou bien il se développe primitivement
dans une des trois tuniques de l'œsophage, ou bien il se forme en premier lieu dans les glandes nombreuses qui entourent l'œsophage ou dans les tissus ambiants , et ce n'est que consécutivement qu'il atteint les parois de cet organe; souvent même celui-ci n'est que repoussé , comprimé, rétréci ou ulcéré, sans participer à la dégénérescence des tissus voisins. C'est faute d'un examen attentif que l'on a rangé dans les cas de cancer ceux qui présentent les caractères que nous venons d'indiquer. Quelquefois ce sont les glandes bronchiques tuberculeuses qui produisent le rétrécissement et les autres altérations de l'œsophage. Dans deux cas rapportés par de Haen , la lésion était certainement de cette nature {de Deglutitione dîssert., in Ratio medendi , t. vi, p. 9, et obs. 3 , p. 12). Dans un cas cité par Tulpius , c'étaient les glandes dorsales tuméfiées qui comprimaient l'œsophage ( lib. i, obs., cap. 44). Fréd. Hoffmann rapporte des cas semblables, et dit avoir trouvé le conduit œsophagien induré et compris dans des masses glanduleuses, également indurées (Dissert, de morùis cesophagi, supplem.,t. m, p. 256, in-f°; Genève, 1753).
Le cancer encéphaloïde de l'œsophage se présente ordinairement sous la forme de tumeurs de dimension variable, d'un gris bleuâtre, ulcérées ou non. Dans un cas, la tumeur avait son point de départ dans le tissu fibro-celluleux , formant un anneau circulaire de 4 centimètres de hauteur sur 25 millimètres de largeur; elle faisait saillie dans la cavité de l'œsophage qu'elle oblitérait presque entièrement. Une ulcération considérable avait détruit la muqueuse et une portion des tissus sous-jacents. La dégénérescence offrait tous les caractères du tissu encéphaloïde (Rétrécissem. encéphaloïde de l'œsophage, par M. Gaubric, in Bullet. de la Société anat.,^. 16, 18e année). Le cas le plus fréquent est celui où des excroissances fongueuses , formées par la membrane interne infiltrée de matière encéphaloïde ou frappée de dégénérescence squirrheuse, font saillie dans l'intérieur de l'œsophage. Bientôt des ulcérations étendues, à surfaces végétantes , détruisent le cancer , et souvent aussi il se développe une phlegmasie lente, qui amène la suppuration sinon des verrues au moins des tubercules. Les petits abcès que renferment ces corps donnent naissance , par leur rupture, à des ulcéra-
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lions tantôt distinctes, tantôt confluentes, à bords élevés calleux , et sujets à laisser échapper du sang. «J'ai vu, dit J. Frank, à qui nous empruntons cette citation, des excroissances fongueuses pulluler à la suite de ces sortes d'ulcérations; d'autres fois c'est un chancre qui ronge l'œsophage; il survient une perforation et une dégénérescence des tissusde l'organe. Le mal n'épargne pas non plus les parties voisines , la trachée-artère, l'aorte, par exemple, et par suite des atteintes qu'elles en reçoivent , le sujet succombe dans la suffocation, ou meurt subitement par une hémorrhagie» (J.Frank, Traité deméd.prat.,^. 316;Eucyclopèdie des sciences médicales , in-8°; Paris, 1S40). Ce passage de J. Frank reproduit avec la plus grande exactitude les principales circonstances du cancer œsophagien.
Les ulcérations carcinomateuses s'accompagnent d'un travail phlegmasique qui fait adhérer l'œsophage aux tissus ambiants; quelquefois ces adhérences sont salutaires, parce qu'elles préviennent le passage des aliments et des boissons daus les voies aériennes ou les gros vaisseaux; mais souvent aussi ilen résulte de graves désordres. Dans un cas cité par M. Herbert Mayo, l'ulcération du pharynx s'étendit à une division de la carotide et donna lieu à plusieurs hémorrhagies : la ligature mit fin à ces accidents. Watson, Barlhez , ont vu mourir des malades par suite de cette altération (Mondière, Recherches pour servir à l'histoire de l'œsophagiie aiguë et chronique ; Arch. génér. de méd., p. 506, t. xxx; 1832). Dans d'autres cas plus fréquents, l'ulcération fait communiquer l'œsophage et la trachée-artère , soit près de la bifurcation de ce dernier conduit, soit dans une portion plus élevée. Chez une malade observée par M. Bricheteau, la portion cervicale de l'œsophage était squirrheuse ; à sa partie supérieure existait un anneau ulcéré et granuleux, dans la partie moyenne duquel se trouvait une ouverture qui conduisait dans la partie droite de la glande thyroïde (Mondière , loc. cit., p. 508). D'autres fois, il se forme autour de l'ulcère cancéreux un abcès qui provient du phlegmon du tissu cellulaire , placé entre la trachée et l'œsophage ou entre celui-ci et la colonne vertébrale; l'abcès dont parle Gartshore occupait le premier siège (Médical communications, 1. 1, p. 242). Chez d'autres malades, la masse squirrheuse, ramollie et ulcérée, est unie au parenchyme pulmonaire; il communiquait avecune cavité formée aux dépens du poumon droit dans le cas cité par Bleuland et par M. Moutard-Martin (Mondière, loc. cit., p. 510). Wardrop a vu l'œsophage squirrheux et profondément ulcéré communiquer avec le médiastin postérieur et la cavité pleurale droite (voy. London médical repository and review , t. v, p. 536 ; 1827). Guillaume Keir, qui a été témoin d'un fait semblable, croit que l'affection œsophagienne
élait consécutive à la maladie pulmonaire ( Médical communications , t. iv,p. 157). Nous croyons qu'en effet ce mode de développement n'est pas aussi rare qu'on l'a supposé.
L'ulcère cancéreux peut communiquer avec le foie ; dans un cas cité par Kneppelhout, un abcès s'était formé dans le parenchyme hépatique par l'effet d'une ulcération carcinomateusedu cardia et de l'œsophage. L'ulcère peut comprendre les vertèbres et occasionner de graves désordres dans le canal rachidieu et la moelle, témoin le fait cité par M. Anssant (Dissert, inaug. sur les squirrhes de l'estomac , p. 12; Paris , an X).
Symptômes. — Ils ne diffèrent pas sensiblement de ceux qui appartiennent au rétrécissement œsophagien. On observe d'abord chez le malade une dysphagie légère dont il indique assez bien le siège : la gêne qu'il éprouve n'est d'abord que passagère, et se fait sentir surtout lorsqu'il avale des aliments solides; mais il arrive un temps où il ne peut plus manger de pain et où le bol alimentaire est rejeté quelques instants après avoir été introduit dans l'œsophage. Bientôt une douleur très-vive se fait sentir lorsque les aliments traversent le canal œsophagien ou lorsqu'ils s'arrêtent en quelques points de son étendue. S'il n'existe pas d'ulcération, la douleur est faible ou nulle. Les sujets font de violents efforts de déglutition , dans le cas où l'obstacle formé par l'anneau squirrheux est considérable. Chez quelques malades on trouve aussi , à l'aide des doigts portés profondément à gauche et derrière le larynx , une tumeur qu permet alors de préciser nettement le siège et même la nature de l'affection œsophagienne. L'exploration au moyen de la sonde œsophagienne peut fournir de précieuses données diagnostiques; elle fait connaître exactement le point où existe la tumeur, et même sa nature. Si le tissu sur lequel s'arrête la sonde est mou, saignant, si la douleur est très-vive, on est porté à croire qu'il y a une dégénérescence organique des parois de l'œsophage. La déglutition des liquides aussi bien que des solides devient, impossible; il y a régurgitation de matières glaireuses et filantes, dégoût des aliments; l'air expiré a une odeur fétide (J. Frank, loc. cit., p. 317). L'augmentation des douleurs, l'amaigrissement rapide, la fièvre hectique, tous les signes de la cachexie cancéreuse, et l'anémie symptomalique , se montrent dans les derniers temps de la vie du sujet.
Il est difficile, pendant la vie , de distinguer l'induration simple des tissus d'avec le cancer œsophagien; cependant l'existence d'une tumeur appréciable , l'exploration avec la sonde , quelquefois la nature des matières vomies, qui sont sanieuses et contiennent des portions ramollies de cancer, aideront au diagnostic.
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Le cancer de l'œsophage est mortel ; il esl permis de conserver des doutes sur la véritable nature des rétrécissements organiques de l'œsophage qui ont guéri.
On a vanté dans le traitement de cette maladie le calouiélas, les préparations antimoniales, l'extrait de ciguë , la belladone. Le cathétérisme œsophagien n'est qu'un moyen purement palliatif et qui ne peut conduire à aucune guérison durable.
Dégénérescences fibreuse, cartilagineuse et osseuse. — Le tissu cellulaire abondant qui unit entre elles les deux tuniques de l'œsophage peut s'hypertrophier et s'indurer partiellement; il eu résulte alors des plaques ou des anneaux de tissu blanchâtre, résistant, induré, que l'on a confondus pendant longtemps avec le squirrhe et désignés sous ce nom. C'est encore le tissu cellulaire qui est le siège des productions fibro-cartilagineuses, osseuses et pétrées que l'on trouve quelquefois dans l'œsophage. M. Andral a vu une masse cartilagineuse qui s'était ainsi développée au-dessous de la membrane muqueuse (Anatomie pathologique , t. i, p. 276). Morgagni parle, d'après Garnia, d'une transformation cartilagineuse de tout le canal œsophagien. Desgranges a observé un cas semblable (Journal de Boyer, Gorvisart, Leroux, t. iv, p. 203). Samson parle aussi d'une lésion de cette nature (apud de Haen , loc. cit., observ. 10, p. 21 ). Voyez encore des faits pareils dansBccker, Bîiscell. car., ann. 1653, p. 53; — Baldinger, in Haase, Dissert, de deglutitione difjicili ;Gœlling, 1781,in-4°; p. 17, 1781, in-4°; — dans Mondière , Note sur quelques maladies de l'œsophage (Arçh. générales de médecine, t. m, p. 57; 1833). Ce dernier mémoire, auquel on a fait de nombreux emprunts, souvent sans le citer, renferme une bibliographie très-riche ; on y trouve une érudition peu commune.
Denis Vandersterre raconte l'observation d'un homme qui avait présenté pendant sa vie tous les signes d'une dysphagie rebelle : il trouva sur le cadavre tout l'intérieur de l'œsophage cartilagineux, et ayant acquis la dureté de la pierre (ap. de Haeu, loc. cit. casus septimus , p. 20). Monro et Metzger ont rencontré l'œsophage osseux dans presque toute son étendue.
On a attribué les dégénérescences dont nous venons de parler à l'usage abusif des liqueurs fermentées, du café , du thé , de la fumée de tabac. J. Frank cite les auteurs qui ont soutenu celle opinion, et sa savante bibliographie mérite d'être consultée par ceux qui voudraient approfondir l'élude des dégénérescences de l'œsophage [loc. cit., p. 306).
Dilatation. — La dilatation de ce conduit est presque constamment le résultat des maladies qui peuvent l'affecter; les rétrécissements en sent 'e; eau es
les plus ordinaires : aussi trouve-t-on toujours en même temps un ou plusieurs points rétrécis, et par conséquent toutes les lésions qui déterminent les coarctations œsophagiennes.
L'œsophage est exactement dans les mêmes conditions anatomiques que le canal de l'urèthre et l'intestin , sous le rapport de la formation des dilatations et des rétrécissements. Nous verrons qu'il y a également, dans les causes de la dilatation, des points de contact nombreux avec les maladies qui affectent des conduits membraneux et flexibles.
Anatomie pathologique. — La dilatation peut affecter le pharynx, la portion qui lui fait suite, et s'étendre jusqu'aux clavicules (portion cervicale) ; enfin la portion thoracique peut être affectée. La dilatalion est unique ou multiple , simple ou compliquée de rétrécissement et d'autres lésions de l'œsophage, congénitale ou acquise. Nous ne nous occuperons que de ces dernières.
Le siège du rétrécissement délermine assez bien le lieu dans lequel se forme la dilatation. Celle-ci peut être régulière et porter également sur toute la paroi de l'œsophage : on a alors la dilatation régulière ou fusiforme; ou bien elle ne porte que sur uu point circonscrit : il en résulte alors une dilatation latérale, sacciforme, une sorte de renflement ou diverticulum, semblable au jabot des oiseaux.
Dans quelques cas, la dilatation comprend toute une portion de l'œsophage. Dans un cas, elle commençait immédiatement à l'entrée de ce canal daus la poitrine; la portion cervicale était saine. La dilatation offrait sa plus grande dimension vers le milieu du thorax, où elle avait plus de 6 pouces de circonférence; puis elle allait en diminuant graduellement jusqu'à la hauteur du diaphragme. Les parois étaient épaisses et semblables à un morceau de cuir; il n'y avait de rétrécissement nulle part ( Hannay, Dilat. extraordin. avec hypertrophie de toute la portion thorac. de l'œsophage, extrait d'un journal anglais, in Gaz. médic, p. 574; 1833). Chez un autre sujet , l'œsophage était distendu dans toute sa longueur , et ne formait nulle part de diverticule ; il avait 1 1 centimètres de diamètre dans sa plus grande largeur, et renfermait 1 kilog. d'un liquide épais et fétide; la tunique interne était ulcérée, le cardia rétréci (Lindau, Dysphagie produite par une dilatation de l'œsophage, extrait d'un journal allem., in Gaz. médic, p. 731 ; 1840). La dilatation occupait aussi le milieu de la longueur de l'œsophage, qui avait huit fois son diamèlre, chez une malade dont parle le docteur Délie Chiaje(extr. des journaux ital., in Arch.gén. de méd., t. ix, p. 332 ; 1840). On a vu l'œsophage, énormément distendu depuis le pharynx jusqu'au cardia, constituer une sorte de second eslriiiac (Bkisitis, Observ. aiutt., $. 120 f
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tab. 1 5 , fig. 6 ; Observ. médic., p. 4 , obs. 9 , p. 54 , tab. 6,%. 5).
Les diverticulum, ou dilatation sacciforme, ont été observés quelquefois dans le pharynx. J. Frank rapporte une foule de faits eurieux de ce genre. Dans un cas, le pharynx formait uu sac long de 5 pouces, et large de 3, qui descendait en arrière, entre l'œsophage et les vertèbres cervicales; dans un autre cas, il pénétrait dans la poitrine en communiquant avec l'œsophage au moyen de valvules : il est probable qu'il y avait là une disposition congénitale. Chez un autre sujet, le diverticule était situé au-dessous des fibres transversales du constricteur du pharynx; l'ouverture de ce diverticule était étroite et n'avait pas le diamètre de l'œsophage, mais s'élargissait subitement , de sorte qu'il formait un sac volumineux long de 3 pouces 9 lignes, et large de 1 pouce3/4, et de la grosseur d'un poing d'enfant. La partie supérieure du sac atteignait jusqu'au milieu du cartilage thyroïde , l'inférieure jusqu'au quatorzième anneau de la trachée. Les parois étaient épaisses et composées de trois couches (extrait du Bust magazih3 1. xxxrx, cah. 2, in Gaz. mêd., p. 677 ; 1833). Le docteur Bennett a observé chez une femme âgée de dix-neuf ans une singulière dilatation du pharynx : ce conduit était dilaté de chaque côté et formait deux poches considérables, de sorte que, dans la déglutition des liquides, ceux-ci paraissaient d'abord passer dans une cavité, et arrivaient à l'œsophage avec un bruit de gargouillement (extrait d'un journal américain, in Arch.gén. de méd., t. xm, p. 492 ; 1842). Quelquefois on trouve dans la longueur de l'œsophage des dilatations partielles et des rétrécissements qui se succèdent (Bull, de la Soc. anal., p. 45, 16e année).
Les membranes de l'œsophage sont rarement saines; l'interne est injectée, rouge, épaissie, parfois ulcérée. Monro croit que la dilatation peut tenir à la hernie de la membrane interne à travers la tunique museulaire. Le docteur Guise a également attribué ces prolongements sacciformes à une hernie de la muqueuse pendant les efforts de la déglutition (Dissert. sur l'anévrys., n° 252, in-4°; Paris, an XII). Nous n'avons pas besoin de dire que cette cause de dilatation est purement imaginaire. Les tuniques de l'œsophage sont plus souvent épaissies qu'amincies.
Symptômes. — La gène de la déglutition dépend plutôt du rétrécissement que de la dilatation de l'œsophage ; lorsque celle-ci est partielle et en forme de diverticulum, elle cause une dysphagie beaucoup plus considérable que lorsqu'elle est fusiforme et régulière. Une portion d'aliments pénètre dans la partie dilatée de l'œsophage et y séjourne un certain temps. Gollomb rapporte qu'un seigneur de Berne rendait ses aliments tous les quatre ou cinq jours ; dans l'inter-
valle ils séjournaient dans le pharynx ( OEuvres médico-chirurg., in-8 , p. 307; 1798). Ce sont des cas de ce genre qui produisent la rumination (Naumann, Handbuck der mediciiiischen KUnîk, t. v, in-8). M. Déguise a observé ce symptôme sur un malade qui, depuis quinze ans, ramenait ses aliments à la bouche par une sorte de rumination; un sac membraneux communiquait avec l'œsophage. Un symptôme qu'il importe de rechercher est l'augmentai ion du volume du cou lorsque les aliments ont pénétré dans le diverticulum, et l'affaissement du cou une fois qu'ils ont été rejetés par la régurgitation. L'odeur infecte de l'haleine a été aussi observée dans un certain nombre de cas, et peut servir de signe à la maladie. L'amaigrissement et les symptômes de la fièvre hectique se manifestent au bout d'un temps assez long. Le malade dont a parlé Collomb avait conservé toutes ses forces, bien qu'il fut atteint de la maladie de l'œsophage depuis une année.
Causes. — Les causes qui déterminent la dilatation œsophagienne peuvent être rattachés : 1(> à un obstacle apporté au libre passage du bol alimentaire par une maladie des parois de l'œsophage ou des organes voisins; 2° à l'inflammation du conduit membraneux ; toutes les causes viennent se ranger dans ces deux catégories. On a parlé d'une prétendue hernie de la membrane interne à travers la tunique musculaire , sous l'influence d'efforts considérables de déglutition (Monro); mais aucun fait concluant n'a été apporté à l'appui de cette doctrine. Restent donc les obstacles au passage du bol alimentaire, qui seuls peuvent expliquer la dilatation. Dans quelques cas, c'est un corps étranger qui a pénétré accidentellement dans l'œsophage , et a déterminé, en peu de jours, la dilatation de ce conduit , comme chez le jeune paysan de Walkenheim (Mondière, Malad.de l'œsophage ; Archiv. génér. de méd. , t. m, p. 30, 1833). Plus ordinairement la cause doit en être cherchée dans un rétrécissement squirrheux ou d'autre nature de l'œsophage , surtout dans sa portion inférieure vers le cardia. D'autres fois des glandes lymphatiques, indurées et hypertrophiées, ou des masses tuberculeuses développées autour de la portion thoracique de l'œsophage, compriment le canal et jouent le même rôle qu'un cancer ou toute autre lésion qui a son siège dans les parois, et rend difficile le passage des aliments. L'inflammation chronique peut aussi produire le même effet.
Gomment expliquer la formation de ces dilatations qui semblent ne se rattacher à aucune lésion appréciable des parois de l'œsophage. J. Frank parle d'un cas de ce genre : il n'y avait aucun squirrhe ; l'estomac était petit, rond et plus perpendiculaire qu'il ne l'est habituellement. 11 attribue la dilatation à la conîtrichon spasmodique des autres portions de l'œ-
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sophage (ouvr. cit. p. 32l).Ch. Bell admet aussi cette constriction qui met obstacle au passage des aliments; les efforts continuels que le malade est obligé de faire pour opérer la déglutition ont pour effet de dilater le pharynx {The lancet, t. xn , p. 706).
11 est à peine nécessaire de dire que le traitement de la dilatation n'existe pas et qu'il se confond entièrement avec celui des rétrécissements œsophagiens, quelle qu'en soit la cause.
Gangrène (œsophagomalacie.) — On a vu le pharynx et l'oesophage frappés de ramollissement gangreneux dans les scarlatines graves et les angines gangreneuses (Copland, Diction, of practic. medicine, art. OEsopiiagus, t. n, p. 910, in-8; London, 1844). L'ingestion de poisons irritants et caustiques en est encore une des causes.
Parmi les symptômes qui sont très obscurs, on a noté la tuméfaction des parties antérieures et latérales du cou, l'enduit noirâtre de la langue, la faiblesse et l'intermittence du pouls, le hoquet, les éructations fétides et l'odeur gangreneuse, les lipothymies, la prostration, les sueurs froides; il n'y a pas de vomissement ; toutefois quelques malades rejettent peu de temps avant leur mort une petite quantité de mucus sanguinolent. La perforation s'établit sur les points gangrenés et cause une mort rapide. Un cas très-remarquable de gangrène a été publié dans les journaux anglais {Lond. medic. gazet, mars 1839, in Gazet. médic.^. 422 , ann. 1839). L'œsophage offrait sur une longueur de 4 pouces de son trajet une couleur noire et un aspect gangreneux ; cette lésion était déterminée par la compression qu'exerçait sur l'œsophage un vaste sac anévrysmal formé par l'aorte thoracique.
Hémorrhagie {œsophagorrhagie). — Le sang fourni par l'œsophage provient ordinairement d'une ulcération cancéreuse qui a détruit une ou plusieurs membranes ou fait communiquer l'œsophage avec une artère plus ou moins volumineuse , comme dans les cas cités précédemment (voy. Cancer de l'œsophage). L'œsophagorrhagie spontanée, la seule dont nous ayons à traiter ici , provoque la régurgitation d'une quantité variable de sang; quelquefois il tombe dans l'estomac sans que le malade s'en aperçoive et sans produire aucun accident appréciable. Dans d'autres cas, le sujet éprouve une sorte de titillation, de chatouillement, derrière la trachée, dans les points où se trouve la lésion œsophagienne (Copland, A dictionary of praciical medicine , OEsopiiagus (hsemorrhage from), p. 914, in-8, vol. n ; London, 1844).
11 n'est pas toujours facile de distinguer celle hémorrhagie de l'hémoptysie. Dans cette dernière, le sang est parfois rejeté par régurgitation, mais les douleurs et les autres symptômes des maladies de
l'œsophage existent depuis un temps assez long, et d'ailleurs l'examen des organes contenus dans la poitrine conduirait à un diagnostic précis.
Copland conseille l'usage de la glace, des boissons glacées, des astringents, qui doivent être administrés sous forme d'électuaire, enfin de l'essence de térébentine mêlée à du miel.
Induration. — Les indurations peuvent dépendre : 1° de l'hypertrophie avec augmentation de consistance du tissu celluleux du conduit œsophagien ; 2° de la formation de matière cartilagineuse , osseuse ou pétrée au sein des membranes ; 3° du développement d'un produit nouveau (squirrhe , encéphaloïde). L'hypertrophie affectait exclusivement la membrane musculaire chez un sujet qui se plaisait à ruminer (J. Frank , loc. cit., p. 307). L'induration peut tenir à la cicatrisation de quelque ulcère ou d'un ramollissement; en un mot l'induration se rattache à des maladies très-diverses de l'œsophage , et ne constitue pas une affection distincte de toutes les autres.
Inflammation. Voy. OEsophagite.
Paralysie (gulœ imbecillitas, Galien ; dysphagie atonique des vieillards). — La paralysie des muscles du pharynx et de l'œsophage est le plus ordinairement le symptôme d'une affection cérébro-spinale et du nerf pneumo- gastrique; cependant les auteurs citent quelques cas de paralysie qui ne pouvaient être attribués à aucune lésion appréciable du système nerveux. On doit donc , dans l'état actuel de la science , maintenir la distinction ancienne de la paralysie œsophagienne en idiopathique et en symptomatique.
Symptômes. — La paralysie est complète ou incomplète. Lorsqu'elle est complète, la déglutition est tout à fait impossible, le bol alimentaire s'arrête dans le pharynx ou à la partie supérieure de l'œsophage , et détermine parfois de violents accès de toux, ou bien il est rejeté par les fosses nasales et la bouche; on a vu, dans quelques cas, la suffocation et l'asphyxie provoquées par le passage des aliments dans les voies respiratoires. La dysphagie paralytique offre de trèsgrandes variations : tantôt les malades ne peuvent digérer la moindre parcelle d'aliments solides sans étrangler, tantôt au contraire les boissons et les aliments liquides ne peuvent traverser l'œsophage. Ordinairement les boissons passent beaucoup plus difficilement que les solides. 11 faut que le corps introduit dans l'œsophage soit assez volumineux pour que les parois du canal aient quelque prise sur lui. Quelques sujets ne peuvent avaler que du pain mouillé, de la semoule, du riz, ou bien ils introduisent avec une grande rapidité la substance qu'ils veulent faire parvenir dans l'estomac , ils se livrent à de grands efforls pendant lesquels lesquels le corps est comme convulsé'; d'autres sont obligés de prendre une gorgée
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de -liquide pour faire passer chaque bouchée d'aliment solide. Hoffmann parle d'un cas de ce genre. Morgagni en cite un beaucoup plus étonnant: le malade mangeait facilement toute espèce de nourriture; mais la dernière bouchée restait dans l'œsophage jusqu'au repas suivant ( de Seclib. et caus. morbor., lettre xxvh, § 14). On voit des malades forcés d'enfoncer les aliments dans l'œsophage à l'aide de leurs doigts ou d'une tige (J. Frank, loc. cit., p. 322). La salive ne passe pas du tout ou est avalée très-difficilement, et les malades la laissent écouler au dehors.
La paralysie s'établit quelquefois graduellement; le malade ne peut avaler pendant quelques jours , puis les symptômes de dysphagie se dissipent entièrement pour reparaître après un temps variable. La maladie débute plus souvent tout d'un coup, le sujet ne peut plus avaler sans qu'aucun autre symptôme ait annoncé la paralysie œsophagienne. Le cathélérisme avec la sonde est un moyen précieux d'exploration qui doit être employé par le médecin pour reconnaître la vraie nature de la dysphagie: si la sonde pénètre facilement et sans rencontrer aucun obstacle, on est porté à croire qu'il n'y a aucune lésion organique , et que la paralysie des muscles est la seule cause de la dysphagie. Aussi ne faut-il jamais négliger de recourir à cette exploration si l'on conserve quelque doute sur sa véritable nature. L'examen du pharynx ne fart reconnaître aucune lésion appréciable, on a dit cependant que la luette et le voile du palais étaient plus flasques.
J. Frank dit que lorsque la paralysie porte sur les muscles du pharynx, les boissons et les aliments solides viennent obstruer l'ouverture de la glotte et peuvent ainsi déterminer une suffocation , ou bien remonter, d'une manière désagréable, dans les fosses nasales et dans la bouche. Quand la paralysie affecte en même temps les fibres circulaires et longitudinales de l'œsophage, les substances avalées tombent par leur propre poids et en faisant entendre un bruit analogue à celui que produit un liquide qui pénètre dans une bouteille vide {loc. c/f.,p. 323).
On ne peut rien établir de général sur la marche de la paralysie; on conçoit que, sous le rapport delà durée et de la terminaison , la paralysie œsophagienne doit offrir de grandes variations, suivant qu'elle se rattache à une maladie aiguë du cerveau ou de la moelle , ou à une simple paraiysie idiopalhique.
Étiologie. — Il faut placer d'abord au premier rang, parmi les causes de la paralysie, l'hémorrhagie cérébrale intense, le ramollissement cérébral sénile ou inflammatoire , quelquefois la myélite et le ramollissement qui portent sur le bulbe rachidien et la portion cervicale de la moelle ( voy. Apoplexie et Myélite). On a observé encore cette paralysie chez les
aliénés (Rapp. statistique sur la maison royale de Charenton, in Ann. d'hyg. publ., p. 141 , n° 1 , 1829) et chez un malade qui portait un kyste développé à la base du crâne ( Montault , Arch. générales de méd., t. xxx, p. 434 ).
Une autre cause également fréquente de paralysie de l'œsophage est la lésion du pneumo-gastrique. M. Mondière a réuni sur ce sujet des documents précieux que nous n'avons qu'à reproduire ici. Baglivi, Valsalva, Dupuy, ont institué des vivisections à l'aide desquelles il est prouvé que , en coupant les deux nerfs pneumogastriques, l'œsophage est frappé de paralysie. Toutes les maladies qui intéressent plus ou moins immédiatement ces mêmes nerfs produisent le même résultat: tantôt ce sont des tubercules pulmonaires qui compriment les nerfs servant à la déglutition , et tantôt le tiraillement de ces mêmes cordons nerveux, le gonflement syphilitique des vertèbres cervicales, une blessure du lobe postérieur de l'hémisphère gauche du cerveau.
On a vu la paralysie de l'œsophage survenir chez les sujets atteints de fièvre typhoïde , de typhus , et de ces graves pyrexies qui , comme la fièvre jaune et la peste, détruisent l'innervation et amènent la paralysie. Les cas dans lesquels on ne peut déterminer la cause de la paralysie sont très-rares ; on l'a observée chez quelques femmes hystériques peu de temps après les attaques, ou bien après une émotion morale trèsvive, comme chez une femme dont parle J. Frank : elle perdit la faculté d'avaler et de parler après avoir vu sa maison devenir la proie des flammes (loc. cit., p. 322 ). Hanz en cite un exemple semblable ( Hufeland's joum., 8 b., p. 368). L'impression du froid et l'action des molécules saturnines furent les seules causes appréciables chez quelques malades ( J. Frank, loc. cit., p. 322). La guérison de ces paralysies et les circonstances pathologiques au milieu desquelles elles se développent portent à croire qu'elles sont, en effet , idiopathiques , et qu'elles doivent occuper une place parmi les névroses idiopathiques des organes de la vie de nutrition.
Traitement. — C'est surtout l'orsqu'il s'agit de choisir une médication que l'on doit se rappeler la distinction que nous avons établie entre les paralysies idiopathiques et symptomaliques ; le traitement de ces dernières n'est autre que celui des affections cérébrales et médullaires, et nous ne devons pas nous en occuper; nous dirons seulement que, quelie que soit la cause de la dysphagie, on doit chercher à soutenir l'existence des malades au moyen de la sonde œsophagienne, par laquelle on fait arriver jusque dans l'estomac des aliments liquides. On a remplacé, dans quelques cas , la sonde œsophagienne par une lige de baleine destinée à pousser dans l'estomac les aliments qui n'ont pu frauchir l'œsophage. Willis a répété celte
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opération avec succès chez un malade pendant dixhuit années (Mondière, mém. cit., Arch.gén.demcd., t. m, p. 49, 1 833). Batter employa le même moyen avec un plein succès. Les lavements nourrissants doivent être aussi donnés aux malades qui ne peuvent, supporter que difficilement le cathétérisme oesophagien. Au reste, la vie ne se soutient qu'à grand'peine chez les malades qu'on est contraint de nourrir par la sonde œsophagienne ; beaucoup d'entre eux dépérissent et ne tardent pas à mourir.
Les excitants du système nerveux occupent le premier rang dans le traitement de la paralysie. L'électricité administré par décharge, ou l'électro-punclure, ont produit d'heureux effets entre les mains de Portai , de Gollomb , de Sédillot. On a aussi proposé de traiter cette paralysie en louchant le fond du pharynx avec un pinceau imbibé de teinture de cantharide, ou de placer sur les côtés du cou un vésicatoire que l'on panse avec une pommade contenant 5 à 10 centigrammes d'extrait alcoolique de noix vomique : M. Coze est le premier qui ait proposé ce mode de traitement {Remarques sur la noix vomique considérée comme médicament. ; Journal universel, t. xvi, p. 129-151 ). L'emploi de la strychnine par la méthode endermique doit être essayé. On secoude l'effet de ces médicaments par des bains froids, un régime tonique, des frictions stimulantes sur le corps, etc. Le praticien doit se rappeler que la médication excitante n'est indiquée que dans le cas où le cerveau et la moelle ne sont le siège d'aucun travail morbide inflammatoire ou d'autre nature-, elle serait nuisible en pareille circonstance, ainsi que chez les sujets dont les nerfs pneumogastriques sont affectés.
Perforations. — M. Mondière , qui a fait des recherches si consciencieuses et si belles sur les maladies de l'œsophage, n'a pas trouvé, dans les nombreux ouvrages qu'il a consultés , un seul exemple de perforation spontanée ( Arcli. gén. de méd., t. m , p. 50, 1833). Les journaux allemands ont rapporté récemment l'observation d'un homme chez lequel l'œsophage offrait à son extrémité inférieure et à droite une perte de substance de la largeur d'une p:èce de 1 0 sous ; les bords de celte ouverture étaient unis et réguliers, la muqueuse détruite tout entière dans une étendue de plusieurs lignes [Arch. gén. de méd., t. iv, p. 96, 1839). Cette observation se rapporte évidemment au ramollissement des parois œsophagiennes. Le ramollissement, la gangrène, Tulcélation, sont les seules causes connues de perforalion.
Le travail morbide qui amène cette lésion peut avoir son point de départ dans les parois de l'œsophage comme dans le ramollissement et les ulcérations dont la membrane interne est le siège; 2° dans les organes voisins qui sont primitivement affectés.
Un anévrysme de l'aorte , un phlegmon rétro-pharyngien ou œsophagien, une ulcération de la trachée, le ramollissement de tubercules développés dans les ganglions bronchiques, sont autant d'affeclions qui peuvent entraîner la perforation de l'œsophage (voy. le travail de M. Mondière, où sont réunis tous les exemples de ce genre (mém. cité, t. m des Archives générales de médecine, p. 50 ; 1833).
Les symptômes qui annoncent la perforation sont l'apparition d'une douleur vive, en un point du pharynx ou de l'œsophage, quelquefois d'une tumeur appréciable à la vue ou au toucher, l'expulsion de pus ou de sang, ou de matières tuberculeuses mêlées aux boissons ou aux aliments; enfin les symptômes de la maladie dont la perforation n'est qu'un des effets consécutifs.
Ramollissement. — La diminution de consistance des tissus qui entrent clans la composition de l'œsophage peut tenir 1° à l'inflammation simple soit aiguë , soit chronique ; 2° à un ramollissement gélatiniforme qui paraît se former dans les derniers temps de la vie et être tout à fait indépendant d'un travail phlegmasique, comme le ramollissement, gélatiniforme étudié par M. Carswell ( voy. Estomac ). M. Blandin a observé deux fois cette espècede ramollissement dans l'œsophage ( Dict. de méd. et ckirur. pratiq., t. xn, p. 143). Billard Fa rencontré également chez les nouveau-nés ( Traité des maladies des enfants nouveau-nés, p. 291 , in-8°; Paris, 1833). 3° Le ramollissement de l'œsophage peut s'établir sur un tissu de nouvelle formation comme dans les cas de squirrhe et de cancer encéphaloïde ramollis; 4° le ramollissement peut être gangreneux: nous en avons cité quelques exemples (voy. Gangbène); 5° il peut être consécutif à un travail ulcératif ou éliminatoire de la matière purulente épanchée sous la membrane interne ou provenant des organes voisins (tubercules ramollis, etc.). Le ramollissement œsophagien , comme celui des autres organes, reconnaît des causes très-différentes ; il suffit de les avoir énuméréss pour en donner une idée complète; son histoire se rattache à celle des autres maladies dont l'œsophage peut être affecté.
Rétrécissement [Dysphagia organica ; œsophagostena;deglutitioimpedit,a,stricturaœsophagi). — Le rétrécissement de l'œsophage est toujours uu symptôme; nous ne devons point présenter, ici , l'histoire de toutes les affections dont la diminution du calibre œsophagien est le résultat : nous nous contenterons de les indiquer, et nous envisagerons le rétrécissement en lui-même, abstraction faite de la cause qui lui a donné naissance.
Il ne faut pas confondre, ainsi que l'ont fait quelques auteurs, le rétrécissement de l'œsophage avec les dysphagies œsophagiennes produites par une
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compression exercée sur l'œsophage par une tumeur de la poitrine ou du cou, par la paralysie de l'œsophage, etc. (voy. Dysimiagie). Nous ne donnons le nom de rétrécissement œsophagien qu'à la diminution du calibre de l'œsophage produite par une altération organique des parois de ce canal.
Altérations anatomiques. — Nous ne décrirons pas les altérations appartenant aux diverses affections qui peuvent donner lieu à un rétrécissement de l'œsophage celles - ci seront énumérées plus loin ( Voy. Causes ) , et nous renvoyons le lecteur aux chapitres consacrés à chacune d'elles.
On a admis des rétrécissements de l'œsophage en l'absence de toute lésion de structure de cet organe ; mais dans les cas de ce genre, ou bien l'obstacle opposé à la déglutition est intermittent, et alors il est la conséquence non d'un rétrécissement proprement dit, mais d'un spasme (voy. ce mot), ou bien il est permanent , et alors il est produit par la compression exercée sur l'œsophage par une tumeur du cou ou de la poitrine (voy. Dyspfugie).
Siège. — Les rétrécissements occupent, par ordre de fréquence, l'extrémité inférieure, l'extrémité supérieure et la partie moyenne de l'œsophage. Home pense que l'extrémité supérieure est leur siège de prédilection , mais l'observation contredit complètement cette assertion. — Nombre. Dans la grande majorité des cas, on ne rencontre qu'un seul rétrécissement ; quelquefois cependant il en existe deux, trois ou quatre , qui sont séparés les uns des autres par des dilatations (voy. Dilatation). — Étendue et forme. Le plus ordinairement, le rétrécissement est circulaire, embrasse toute la circonférence de la paroi œsophagienne, et constitue uue espèce d'anneau ayant depuis quelques lignes jusqu'à 1 pouce et plus de hauteur ( Kinglake, Lond. med. journ. , t. xlviii, p. 213).
La cause du rétrécissement exerce à cet égard une influence notable. Le rétrécissement qui résulte d'un cancer de l'œsophage se présente habituellement sous la forme d'un bourrelet saillant, circulaire, peu élendu (Rokitansky, Arch. gén. de méd., t. ix , p. 323; 1840); celui qui est produit, par un épaississement de la muqueuse, par une dégénérescence fibreuse, fibro-cartilagineuse ou osseuse, n'est souvent formé que par une seule des parois du canal œsophagien, mais il occupe une étendue verticale plus considérable; enfin, dans quelques cas on a vu le calibre de l'œsophage être diminué dans la plus grande partie de son étendue. — Calibre, a Le point où l'œsophage est rétréci, dit M. Mondière (fiech. pour servir à l'histoire de l'œsophagite aiguë et citron., in Arch. gcn. deméd., t. xxv, p. 386; 1831), offre toujours à son centre une filière plus ou moins étroite, qui fait encore communiquer entre elles les parties supérieure
et inférieure de ce conduit. » Le calibre de cette filière varie singulièrement suivant la cause du rétrécissement, l'époque delà maladie, etc. Tantôt le calibre œsophagien n'est que peu diminué; tantôt, au contraire, il ne permet plus que l'introduction d'une sonde, d'une plume à écrire ; De Haen rapporte deux cas de rétrécissements œsophagiens que l'on pouvait à peine franchir l'un avec un stylet , l'autre avec une soie de porc {de Impedila deglutilione, obs. 5 et 10). Le canal central peut être oblitéré lui-même par un corps étranger avalé par le malade. M. A. Bérard a vu un malade atteint d'un cancer de l'œsophage succomber à une occlusion de ce canal qu'aucun effort n'avait pu surmonter; la sonde venait heurter un corps rugueux qu'elle ne pouvait ni déplacer ni franchir : à l'autopsie on trouva un rétrécissement ayant environ 1 centimètre d'étendue verticale; dans son ouverture supérieure était engagé un noyau de prune ( Académie royale de médecine, séance du 20 décembre 1842 ).
Lorsque lecalibredu rétrécissement est très-étroit , la partie de l'œsophage placée au-dessus de lui offre constamment une dilatation plus ou moins considérable , qui remonte quelquefois jusqu'au pharynx, et qui peut devenir énorme (voy. Dilatation). Souvent on y rencontre des ulcérations dont on a attribué le développement h l'irritation produite par le séjour des matières alimentaires et par les contractions répétées du sac, pour chasser au dehors ces mêmes aliments.
La portion de l'œsophage placée au-dessous du rétrécissement est ordinairement revenue sur elle-même; Ev. Home y a trouvé des ulcérations que S. Gooper attribue aux efforts de vomissement; mais M. Mondière objecte avec raison que le vomissement proprement dit n'accom|iague que très-rarement le rétrécissement de l'œsophage.
Le rétrécissement peut donner lieu, par lui-même, à un travail inflammatoire aigu développé au centre des parties affectées :on observe alors toutes les altérations qui caractérisent l'œsophagite aiguë . la suppuration diffuse, les abcès de l'œsophage, etc. Quelquefois le rétrécissement détermine la formation d'un abcès daus le tissu cellulaire des organes environnants; mais M. Mondière nous paraît admettre trop facilement une relation de cause à effet, en attribuant.au rétrécissement de l'œsophage le développement d'un abcès qui était situé chez un malade entre l'estomac et le foie.
Symptômes. — La gêne de la déglutition est le premier symptôme qui soit propre au rétrécissement œsophagien ; elle est d'abord légère et ne se fait sentir que pour les substances solides d'un certain volume ; les malades, pour faire parvenir celles-ci dans l'estomac, sont obligés d'exercer des frictions avec les doigts de haut en bas sur le trajet de l'œsophage , de
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tendre le cou, de l'incliner alternativement d'un côté et de l'autre.
A mesure que la maladie fait des progrès, la gêne de la déglutition augmente ; les subtances solides ont besoin de subir une division préalable très-considérable ; il faut leur donner la forme d'une boule, dont la dimension ne peut pas dépasser celle d'une noisette , d'un pois , etc.; même sous cette forme , elles ne peuvent êlre avalées qu'au moyen d'efforts violents; elles restent quelquefois engagées pendant un temps plus ou moins long dans la partie rélrécie, et déterminent, par leur présence, une angoisse extrême, de la dyspnée , de la suffocation, et même des convulsions générales (Naumann).
La sensation que fait éprouver aux malades la gêne de la déglutition offre, quant à son siège, une particularité assez remarquable : alors même que le rétrécissement occupe le point le plus inférieur de l'œsophage, il semble aux malades qu'il a son siège dans un point plus ou moins rapproché du pharynx. Dans un cas cité par M. Broqua (Recueil périodique, t.xui, p. 31) , la difficulté d'avaler se fit sentir d'abord au pharynx , puis à la partie moyenne du sternum, et ce ne fut que dans les dernières périodes de la maladie qu'elle exista enfin à la partie inférieure du canal, qui était seule rétrécie. Chez des sujets observés par MM. Lechevrel (ibid., p. 1 45) et Howship {P radical remarie upon indigestion , including observations upon the desorders and diseuses of ihe stomach and superior parts of the aliment ary canal , p. 161 ; Londres, 1825), cet effet sympatique fut tellement marqué, qu'il occasionna une erreur de diagnostic en faisant croire à l'existence d'une maladie du pharynx.
L'obstacle opposé à la déglutition donne ordinairement lieu à une sensation de gêne, de constriction plutôt qu'à une véritable douleur ; celle-ci ne se manifeste en général que dans les derniers temps de la maladie, lorsque le rétrécissement est très-considérable; elle se fait sentir dans l'espace interscapulaire , derrière le sternum. Lorsqu'elle est très-vive, elle est presque toujours due à l'existence d'ulcérations (voy. Ulcération).
11 arrive un moment où les aliments solides ne peuvent plus franchir le rétrécissement; ils parviennent jusqu'à lui et sont rejetés : mais ici les phénomènes varient suivant le siège de la maladie. Lorsque le rétrécissement occupe les parties supérieures de l'œsophage, les aliments sont rejetés immédiatement, sans efforts, et par un simple mouvement de régurgitation; lorsqu'au contraire la diminution de calibre a son siège vers les parties inférieures du canal œsophagien, les aliments ne sont rejetés qu'au bout d'une, deux ou même trois heures, par une espèce de rumination qui tantôt s'opère sans efforts, et qui,
clans d'autres cas, au contraire, est accompagnée de spasmes, de suffocation, d'efforts violents.
Dans ces dernières circonstances les aliments ne sont pas toujours rejetés en totalité ; la portion de l'œsophage située au-dessus du rétrécissement étant alors constamment dilatée, les aliments s'accumulent dans cette poche et y subissent une espèce de digestion œsophagienne (voy. Dilatation) , et tandis que la plus grande partie de la pâte chymeuse est expulsée, l'autre parvient dans l'estomac, grâce à la liquéfaction que lui a fait subir le travail digestif. C'est à ce phénomène que quelques malades , affectés d'un rétrécissement considérable, ont dû la prolongation de leur existence.
Lorsque le rétrécissement est parvenu à un degré très-considérable, les liquides eux-mêmes ne peuvent plus le franchir que très-difficilement : la déglutition est accompagnée d'un bruit de gargouillement très-marqué (Taranget, Journ. de Roux, 1786, t. xlvh, p. 256. — Smith, Bled, and physical journal, t. ix, p. 552. — Cassa n , Arch. génér. de méd., lre série, t. x, p. 79); les malades sont obligés de boire à très-petites gorgées et à des intervalles assez éloignés. Une cuillerée d'eau suffit, quelquefois, pour produire une contraction spasmodique de tous les muscles du cou, de violents efforts d'éructation, de la toux , de la suffocation (Gendron , Arch. génér. de méd., t. xiv, p. 450 ; 1842). Enfin il peut arriver que l'obstacle soit complet même pour les liquides: ceux-ci sont alors rejetés bruyamment et reviennent par la bouche et par les narines.
Lorsque le rétrécissement est considérable, beaucoup de malades rendent, par expuition ou par régurgitation , une quantité plus ou moins abondante de salive ou de matières muqueuses, glaireuses. Neumann a vu un malade qui rendait ainsi de 4 à 6 livres de mucosités dans les vingt-quatre heures.
M. Gendron a vu, dans deux cas, le rétrécissement de l'œsophage produire de la toux et une altération dans le timbre de la voix [Journal des connaissances médico-chir., n° de novembre 1837).
Marche, durée, terminaison. — 11 résulte de la nature des causes du rétrécissement œsophagien que celui-ci suit toujours une marche lente et progressive. On observe cependant, quelquefois, dans les symptômes des alternatives dont est il fort difficile de se rendre compte. «On pourrait croire, dit M. Mondière (mém. cité, in Arch. génér. de méd., 1831, t. xxv, p. 378), que, puisque, dans les rétrécissements de l'œsophage, l'obstacle à la déglutition est permanent, les accidents qu'ils déterminent devraient aussi ne présenter aucune rémission. Cependant il n'en est rien, sans qu'on puisse se rendre compte d'une manière satisfaisante de cette particularité.» Dans un cas observé par Leroux, les rémissions étaient si
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complètes, que le malade quitta à plusieurs reprises l'hôpital se croyant complètement guéri.
La durée de la maladie est toujours assez longue; elle peut s'étendre à plusieurs années, et elle varie, on le conçoit aisément, avec la cause du rétrécissement.
La science possède un assez grand nombre de faits dans lesquels la guérison du rétrécissement œsophagien a été obtenue. 11 faut admettre que celuici était dû, dans ces cas heureux, à une altération, suite d'une œsophagite chronique {fausse membrane, adhérence, induration,, etc.), et il faut admettre aussi, avec M. Mondière, qu'un grand nombre des guérisons citées par les auteurs appartiennent non, comme on l'a dit, à des rétrécissements organiques, mais à des rétrécissements spasmodiques , c'est-à-dire au spasme de l'œsophage. La mort est une terminaison fréquente ; elle est amenée par l'abstinence forcée à laquelle sont condamnés les malades. L'émaciation fait de rapides progrès dès que l'obstacle s'oppose à la déglutition des matières solides; les sujets tombent bientôt dans le marasme et meurent, en réalité, d'inanition. Tandemque post tantali penas diu toleratas lento marasmo contabescunt , dit Boerhaave. Marquet parle d'un sujet qui, pesant 160 livres lorsqu'il éprouva les premiers symptômes de la maladie, n'avait plus qu'un poids de 27 livres quelques jours avant sa mort.
Diagnostic. — OEsophagisme. Il affecte presque exclusivement les femmes hystériques et les hommes hypochondriaques; ie spasme survient brusquement ; l'obstacle à la déglutition est complet tout d'un coup: presque toujours on observe en même temps un état spasmodique de plusieurs autres parties; le spasme cesse comme il s'est montré, brusquement, et la déglutition redevient complètement libre.
Paralysie de l'œsophage. — Elle est rarement isolée, et la paralysie que l'on observe dans les autres parties du corps indique la véritable nature des accidents œsophagiens; lorsque la paralysie est incomplète, les malades avalent facilement les corps d'un volume un peu considérable, tandis qu'ils éprouvent de la difficulté pour opérer la déglutition des liquides, ou des solides d'un petit volume : ce signe suffit, à lui seul, pour établir le diagnostic différentiel.
i Compression de l'œsophage. — Dans la dysphagie œsophagienne produite par une tumeur du cou ou de la poitrine, la gêne de la déglutition n'est jamais portée aussi loin. «Quant à la dysphagie produite par fengorgement des glandes lymphatiques voisines, nous pouvons donner comme signes propres à la caractériser, qu'elle se montre principalement dans l'enfance ou l'adolescence , et que le plus ordi-
nairement les glandes sous-maxillaires et celles qui se trouvent situées superficiellement le long du cou, participent à l'engorgement, Ajoutons que cette espèce de dysphagie est peu fréquente, et que l'endroit où se trouvent en plus grand nombre ces ganglions lymphatiques correspond à la quatrième ou à la cinquième vertèbre dorsale, et qu'il est rare que les rétrécissements organiques de l'œsophage aient leur siège dans ce point.»
«Il est encore beaucoup d'autres maladies, comme la luxation des cornes de l'os hyoïde, un engorgement de la glande thyroïde , des lésions organiques de la trachée ou du poumon , qui peuvent occasionner la dysphagie ; mais la plupart de ces maladies s'annoncent par des symptômes particuliers , le plus ordinairement si tranchés et si caractéristiques qu'il est très-difficile de confondre la dysphagie à laquelle elles donnent lieu , avec celle qui résulte d'un rétrécissement organique de l'œsophage.»
« Pour ce que disent la plupart des auteurs , même modernes, qui ont écrit sur les rétrécissements de l'œsophage , qu'on les a souvent confondus avec la dysphagie produite par la compression exercée par un anévrysme de l'aorte , nous observerons qu'indépendamment des symptômes ordinaires aux dilatations de ce vaisseau principal qui ne permettent guère de les méconnaître, il est une chose remarquable et dont il est difficile de se rendre compte , c'est que presque toujours , dans dix cas au moins sur douze , où on a vu les anévrysraes de l'aorte s'ouvrir dans l'œsophage, la déglutition n'a nullement été gênée» (Mondière, mém. cité, in Arch. génér. de méd., t. xxxv, p. 379,380; 1831).
Maladies du larynx, de la trachée , de l'estomac. — Shaw a rapporté une observation dans laquelle on voit qu'une affection du larynx simula un rétrécissement de l'œsophage si parfaitement, que l'erreur de diagnostic ne fut reconnue qu'à l'autopsie [London médical and physical journal, t. xlviii, p. 1 85). M. Moutard -Martin , Monro , ont vu des affections de l'estomac donner lieu à des méprises semblables.
Dans les cas de ce genre , comme dans tous ceux où le diagnostic présente quelque difficulté, le cathétérisme explorateur de l'œsophage est un moyen qui lève tous les doutes : il indique et le siège et le degré du rétrécissement. Pour déterminer le siège , M. Mondière conseille d'employer la sonde de Dupuytren, c'est-à-dire une tige d'argent flexible et cependant assez résistante , longue de 1 8 à 20 pouces , terminée à une de ses extrémités par un anneau, et à l'autre par une boule sphérique. Pour déterminer le calibre du rétrécissement on aura recours à la sonde exploratrice de Ducamp , à une bougie de cire , à une sonde porte-empreinte de gros calibre.
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Après avoir reconnu l'existence d'ua rétrécissement de l'œsophage, il faut rechercher la nature de celui-ci ; mais la chose n'est pas toujours facile ; les symplômes antécédents , la marche de la maladie , peuvent seuls jeter quelque lumière sur cette partie du diagnostic. Quelquefois la sonde indique la présence d'un corps dur, rugueux, et montre ainsi que le rétrécissement est produit par une induration fibrocartilagineuse des parois œsophagiennes.
Le pronostic du rétrécissement de l'œsophage est toujours fort grave, et sa gravité est en raison directe de la durée de la maladie. Il est à peine nécessaire de dire que la cause du rétrécissement est ici d'une grande importance : le rétrécissement produit par un cancer de l'œsophage est mortel ; celui qui est la conséquence d'une œsophagite chronique guérit souvent.
Étiologie. — L'œsophagite chronique est la cause la plus ordinaire du rétrécissement de l'œsophage, et celui-ci est alors le résultat d'un épaississement de la muqueuse, d'une hypertrophie du tissu cellulaire sous-muqueux, ou d'un surcroît de nutrition des trois membranes œsophagiennes.
«Nous ne connaissons pas, dit M. Mondière (loc. cit., p. 583), d'observations de rétrécissements de l'œsophage produits par la simple hypertrophie de la membrane musculaire... Dans le plus grand nombre des cas, la maladie a pour point de départ et pour siège Je tissu cellulaire intermembraneux, dont l'inflammation a pour premier effet l'exhalation d'une lymphe concrescible. Tantôt cette inflammation s'établit primitivement dans le tissu cellulaire, tantôt ce n'est qu'une propagation de l'irritation de la membrane interne, et chose remarquable, qui vient nous donner une explication satisfaisante de ce que l'on observe dans beaucoup de cas , cette irritatation de la muqueuse disparaît entièrement ; mais pendant son existence elle a lentement et profondément modifié dans sa nutrition le tissu cellulaire quiluiestcontigu. Ce tissu cellulaire reste malade , s'hypertrophie , et produit souvent, après de longues années, ces indurations avec rétrécissement que l'on ne sait plus à quelle cause rapporter.»
Les corps étrangers de petit volume , l'ingestion volontaire ou accidentelle de substances caustiques, d'acides minéraux , sont des causes iudirectes fréquentes de rétrécissement œsophagien, puisqu'elles ont pour résultat de déterminer une inflammation chronique de l'œsophage. C'est ainsi qu'on a vu des rétrécissements œsophagiens être produits par la présence d'une épingle (Gadelius, Riblioth. médicale, t. xxxix, p. 389), d'une arête de poisson (Littre, Mém. de l'Jcad. des sciences, 1716), d'un os (Marquet, Traité pratique de l'hydropisie et de la jaunisse, p. 171 ; 1770); par l'ingestion d'acide
nitrique (Bayle et Cayol, Dict. des se. méd., t. m , p. 615), de potasse du commerce liquéfiée par l'humidité de l'air (Behier, Bulletin de la Soc. anat., 17e ann., p. 131), de 25 centilitres de la solution de potasse vulgairement connue sous le nom i'eau seconde (Boudet, même recueil, 16e année, p. 45), de 40 à 60 grammes d'acide sulfurique (Mazet , ibid., p. 1 70). ,0n a cité au même titre , comme des causes de rétrécissement œsophagien , la déglutition d'un liquide trop chaud , l'abus des liqueurs fortes, la déglutition de suc de tabac, etc. (voy. OEsoph agite).
Après l'œsophagite chronique vient se placer comme cause de rétrécissement , le cancer de l'œsophage ; puis enfin , comme cause plus rare , les végétations et les polypes développés dans la cavité de ce canal.
Traitement. — Lorsque le rétrécissement n'existe que depuis peu de temps, lorsqu'il n'est pas très-considérable et lorsqu'il est le résultat d'une œsophagite chronique , on parvient quelquefois à le faire disparaître en combattant l'inflammation œsophagienne au moyen des émissions sanguines locales , des vésicatoires , des moxas , des cautères , des sétons appliqués , selon le siège de la maladie , sur les parties latérales ou postérieures du cou, entre les deux épaules, à l'épigastre; au moyen des purgatifs [The Lancet, t. xxn, p. 736, 1827 ; Recueil périodique, t. xxh, p. 145).
Les moyens que nous venons d'indiquer restent néanmoins trop souvent inefficaces, et dans la presque totalité des cas on est obligé de combattre le rétrécissement lui-même. Deux médications se présentent alors : la dilatation et la cautérisation.
Traitement par dilatation. — «Le traitement par dilatation repose entièrement sur les mêmes principes que celui des rétrécissements de l'urèthre et du rectum, par les bougies. Ainsi, introduire dans l'œsophage et y laisser séjourner, pendant un temps plus ou moins long, des bougies ou des sondes de gomme élastique , dont la grosseur est graduellement augmentée; combattre parles anliphlogistiques et les révulsifs l'inflammation qui existe déjà et celle que leur séjour peut déterminer, et seconder leurs effets par les mêmes moyens et les frictions mercurielles, ou avec l'hydriodate de potasse , telle doit être la conduite du médecin «(Mondière, mém.cité, in Arch. génér. de méd., t. xxvu, p. 500 ; 1831). M. Bennet a employé, pour dilater l'œsophage, une baleine terminée par une boule d'ivoire dont il augmentait graduellement le diamètre en la plongeant dans de la cire fondue {yirch. génér. de méd., t. xm, p. 491; 1842); M. Gendron a mis en usage une baleine flexible garnie d'une éponge d'un volume de plus en plus considérable, et il pense qu'on se servira avec avantage d'olives en gomme élastique fixées sur des
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tiges flexibles (du Catké/érismecuratîjf du rétrécissement de t œsophage , iu Journal des connaissances médico-chirurgicales, n° de novembre 1837. — Observation d'un rétrécissement de l'œsophage guéri par le eathélérisme et la cautérisa/ion, in Jrch. génér. de méd., t. xiv, p. 448, 1842). La dilatation conseillée et mise en pratique par Richerand , Dupuytren . Sanson , a procuré des guérisons complètes à Earle (The Lancet , t. v, n° de nov. 1825), à Macilwain (Surgical observations on the more important diseases ofthe mucous canals of the body, p. 244; Londres, 1830), à Home (Practical observations on the treaiment o/sfriciures in the urethraandin the œsophagus,\>. 404 ; Londres, 1821); mais il faut reconnaître cependant qu'elle ne constitue, en général, qu'un moyen palliatif, et que quelquefois elle présente d'assez graves inconvénients.
La présence de la sonde détermine quelquefois une inflammation aiguë, la formation d'un abcès, une perforation; dans quelques cas, l'irritabilité de l'œsophage est si grande que la présence des sondes ne pgut être supportée , et qu'on est obligé d'y renoncer; la sonde au lieu de parvenir dans l'œsophage peut pénétrer dans les voies aériennes; enfin , le chirurgien est exposé à faire fausse route et à perforer l'œsophage ; ce dernier accident est d'autant plus difficile à éviter que, presque toujours, les parois de l'œsophage au-dessus du rétrécissement sont plus ou moins altérées (Mondière, loc.cit.,y. 520). La pénétration de la sonde dans les voies aériennes pourrait donner lieu à des accidents immédiatement mortels, si l'on se servait de l'instrument pour introduire des aliments dans l'estomac, et souvent l'on n'est averti de la mauvaise direction de la sonde que lorsqu'on injecte un liquide. On a prétendu qu'en approchant une bougie de l'extrémité supérieure de la sonde, la flamme était agitée lorsque l'instrument avait pénétré dans les voies aériennes, tandis qu'elle était immobile lorsqu'il était dans les voies digestives, mais i'observation n'a pas confirmé cette assertion (Worbe, Mémoires de la Société médicale d'émulation, 1. 1, p. 211), et M. Mondière conseille avec raison de n'injecter d'abord que quelques gouttes de liquide, toutes les fois qu'on a introduit ou cru introduire une sonde dans l'œsophage.
Traitement par cautérisation. — La cautérisalion , dans le rétrécissement de l'œsophage, paraît avoir été employée pour la première fois, en 1789, par Paletta (Exercitationes pathologicœ, p. 224); elle a été fréquemment mise en usage ensuite par les chirurgiens anglais, et spécialement par Darwin, Andrew (Observations on the application of lunar causlic to sirictures in the nrethra and œsophagus ; Londres, 1807;, Ch. Bell, Macilwain,
Ev. Home (Practical observations on the treafment of sirictures in the urethra and in the œsophagus , t. n; Londres, 1821); eu France elle a réussi entre les mains de M. Gendron.
La cautérisation est pratiquée au moyen d'une bougie armée d'un morceau de nitrate d'argent, d'une baleine garnie à son extrémité d'une petite pelote de linge ou d'une éponge trempée dans une dissolution de nitrate d'argent, d'une éponge encroûtée de beurre et saupoudrée d'alun (Gendron).
Traitement palliatif. — Avant, pendant ou après le traitement curatif du rétrécissement de l'œsophage, il peut devenir nécessaire d'alimenter les malades qui risqueraient de «périr d'inanition. A cet effet, on introduit des aliments dans l'estomac au moyen de la sonde œsophagienne ; mais lorsque celle-ci ne peut franchir le rétrécissement, on en est réduit aux lavements alimentaires; or, ce mode d'aiimentation est souvent insuffisant , et dans un cas de ce genre, Taranget a pratiqué l'œsophagotomie pour pouvoir faire arriver des aliments dans l'estomac (ancien journal, t. Lxvm,p. 251 ; 1786); cette opération est une ressource extrême à laquelle on ne peut avoir recours que lorsque le rétrécissement occupe la partie supérieure de l'œsophage. Si l'obstacle avait son siège à l'extrémité inférieure de l'œsophage, ne devrait-on pas, dans un cas extrême, tenter d'établir une fistule gastrique?
Rupture. — Les ruptures de Fœsophage sont la suite ordinaire des altérations diverses qui portent sur les tuniques de ce canal, et principalement sur la membrane interne. Celles qui y donnent lieu le plus souvent sont le ramollissement gélatiniforme , l'ulcération simple ou cancéreuse, la gangrène, le rétrécissement considérable de l'œsophage. M. Bouillaud a rapporté deux cas intéressants de rupture de l'œsophage, qui se sont opérées dans les points où les tuniques interne et musculaire étaient u\cérées(Observat. de rupture de l'œsophage , etc., in Jrchiv. génér. de méd., t. i, p. 531 ; 1823). Les efforts de vomissement et de défécation paraissent avoir eu une certaine part dans la production de la rupture qui était déjà préparée par la désorganisation des membranes. Les ruptures qui méritent le nom de ruptures spontanées sont très-rares, et l'on ne cite guère que l'histoire de l'amiral Wassenaer racontée par Boerhaave. L'œsophage était divisé transversalement et en totalité , et les deux bouts écartés l'un de l'autre. Les recherches les plus minutieuses ne firent découvrir ni ulcères, ni érosion. Le malade, qui avait provoqué à dessein des vomissements, fit de grands efforts pour rejeter la grande quantité d'aliments que contenait son estomac, et il est probable que la rupture de l'œsophage fut l'effet de ces efforts, comme dans les cas où d'autres lésions ont préparé la rupture*
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M. Guersant en a publié un exemple dans les bulletins delà Faculté de Paris, 1807 (citât, empruntée au mém. de M. Bouillaud, p. 533). La rupture s'établit donc presque toujours dans un point où les membranes sont altérées. Le rétrécissement de l'œsophage semblerait devoir amener des ruptures , car dans les autres conduits membraneux , les obstacles au libre passage des matières déterminent souvent celte lésion; cependant, il n'en est pas ainsi, on voit presque toujours la dilatation survenir en pareille circonstance.
Spasme. — OEsophagismc , constriction, resserrement , spasmodique de l'œsophage ; œsophagospasmus ; spasmodic stricturs ofthe œsophagus.
On donne le nom de spasme du pharynx et de l'œsophage à la constriction plus ou moins complète et durable de ces parties , qui n'est occasionnée par aucune altération appréciable des tissus ; le spasme de l'œsophage est une véritable névrose qui affecte les organes locomoteurs de ce conduit membraneux.
Symptômes. — Le mal débute ordinairement tout à coup; les sujets ne peuvent plus avaler et s'imaginent que le bol alimentaire est arrêté par un obstacle dans le conduit œsophagien. Les symptômes varient suivant le siège du spasme; s'il occupe les parties supérieures, le pharynx par exemple, la déglutition est impossible, accompagnée de douleur ou de la sensation d'une boule dans la gorge , souvent de constriction avec rigidité de toutes les parties qui entrent dans la composition du pharynx, ainsi que de la langue et du cou. Le ténesme pharyngien détermine , dans ce cas, l'expulsion immédiate des substances liquides et solides ingérées. Les malades font de violents efforts pour avaler, et sont saisi en même temps d'anxiété, de menace de suffocation , quelques-uns de convulsions générales.
Lorsque la constriction est située plus bas, dans les parties inférieures de l'œsophage par exemple, le bol alimentaire est rejeté beaucoup plus tard. La sensation de boule est perçue vers la pointe du sternum ou à l'épigastre. Dans les cas où le spasme occupe les autres points de l'œsophage, la douleur se fait sentir entre les épaules; il y a des nausées, des vomissements, ou plutôt expuition des liquides muqueux et filants, ou expulsion d'une grande quantité de gaz (J. Frank, p. 327).
La dysphagie spasmodique varie dans son intensité ; tantôt les aliments solides peuvent être avalés, tantôt les liquides seuls peuvent passer. La substance alimentaire parcourt quelquefois toute la longueur de l'œsophage , puis est ramenée par une convulsion brusque jusque dans la bouche. Quelques malades avalent facilement des boissons chaudes et rejettent
l'eau glacée fait cesser le spasme. On observe encore chez les malades le hoquet , la soif , la dyspnée , la suffocation.
Les symptômes du spasme ne sont pas toujours continus , ils s'exaspèrent par intervalle. Les malades ressentent bien habituellement un resserrement incommode , mais au moment des paroxysmes qui sont provoqués soit par l'ingestion d'une boisson froide, soit par une impression morale subite, tous les symptômes dont nous avons parlé s'accroissent singulièrement ; la déglutition est impossible , le pharynx resserré spasmodiquement , et les boissons rejelées avec rapidité par les narines ou par la bouche , comme dans l'hydrophobie rabique. En même temps la figure devient rouge , la respiration difficile , et assez souvent des mouvements convulsifs se manifestent dans les membres et dans les muscles du tronc.
On a vu le spasme œsophagien ne durer que quelques heures , plusieurs mois et même plusieurs années. Dans ce dernier cas il y a des rémissions plus ou moins complètes. Dans d'autres la forme intermittente a été observée , cette névrose cède alors assez bien aux préparations de quinquina. C'est un des caractères importants du spasme œsophagien comme des autres névroses, soit du sentiment, soit du mouvement, de présenter ces exacerbalions qui ont été si bien signalées par Hoffmann (Oper. omn. medic, ration., t. iv, § 15). J. Frank cite deux observations curieuses : le sujet de l'une est une dame qui fut atteinte pendant cinq ans de dysphagie périodique durant laquelle il lui était possible de prendre du café. L'autre malade ne pouvait ava'er que du fromage , dont elle faisait alors toute sa nourriture (!oc. cit., p. 327).
Diagnostic. — L'introduction de la sonde ne fera découvrir aucun obstacle organique ou d'autre nature; elle parcourra librement le canal, pourvu qu'on la fasse pénétrer doucement et qu'on emploie une sonde d'un assez gros calibre. Le spasme se distingue encore des autres affections par la variation extrême que l'on observe dans l'intensité et la marche exacerbante des symptômes , par la manifestation d'accidents nerveux appartenant à l'hystérie, la chorée ou d'autres affections nerveuses. 11 ne faut pas se fier à ces intermittences, dit J. Frank; en effet, plusieurs des affections organiques de l'œsophage ne déterminent pas de souffrance conlinue dès leur début, et ne gênent la déglutition que lorsqu'une cause nouvelle ou l'abord d'une plus grande quantité de sang vers l'organe malade , vient suspendre ou même abolir l'influx nerveux» {loc. cit., p. 329).
Èiiologic. — Le spasme de l'œsophage est comme la paralysie le symptôme ordinaire de plusieurs maladies du cerveau, de la moelle ou des autres viscères;
les boissons froides; chez d'autres, au contraire, ! dans ce cas , le spasme est symp»omalique , quelque-
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fois il constitue toute la maladie et forme alors une névrose essentielle à l'appareil musculaire du conduit œsophagien.
Hoffmann avait déjà remarqué que les affections de la partie supérieure de la moelle entraînent parfois la constriction nerveuse de l'œsophage ; elle est rarement le symptôme des affections cérébrales. L'un de nous a eu occasion d'observer, dans son service d'hôpital , deux cas de spasme qui dépendait du développement de produits tuberculeux et cancéreux à la base du crâne. Les deux états morbides qui s'accompagnent le plus souvent de spasmes œsophagiens sont l'hystérie , l'hypochondrie et la chorée ( J . Frank, loc. cit., p. 329) , le tétanos et l'hydrophobie rabique, dont le spasme pharyngien est un des symptômes les plus constants. Les affections de l'utérus et des ovaires, la mélrite aiguë et chronique, la grossesse , donnent lieu à ce symptôme. On l'a vu dans ce dernier cas ne cesser qu'après l'accouchement. Les sympathies nombreuses qui unissent l'utérus aux autres organes expliquent la plus grande fréquence du spasme œsophagien chez les femmes dont la constitution nerveuse est encore une forte prédisposition à cette maladie. La suppression subite des menstrues et les troubles qui portent sur la menstruation provoquent souvent l'œsophagisme. On a cité des cas d'affection du larynx qui ont occasionné le spasme de l'œsophage.
Ge symptôme se rattache encore à d'autres maladies , à celles de l'estomac par exemple , et spécialement au cancer de cet organe. L'inflammation aiguë et le cancer de l'œsophage sont des causes fréquentes de spasme que l'on peut comparer, sous ce rapport comme sous beaucoup d'autres , à celui qui se manifeste chez les sujets atteints de maladies du canal de l'urèthre. 11 faut savoir faire la part de l'affection organique et du spasme dans la production des dysphagies que l'on observe si fréquemment dans les maladies de l'œsophage ; ce serait se montrer trop exclusif que de ne pas vouloir admettre que le spasme est souvent le premier symptôme de ces maladies.
Les causes de la constriction spasmodique essentielle sont des émotions morales vives , telles que la frayeur, i'imagiuation et tout ce qui peut exciter et perturber fortement le système nerveux. Un malade craint d'être atteint de la rage, et il ne peut plus avaler jusqu'à ce qu'on ait tué le chien qui l'avait mordu (in Serres, Biblioth. médical. xxxix,p. 234). Un autre, au moment de communier, ne peut avaler l'hostie. Nous connaissons un hypochondriaque qui est pris de spasmes très-violents chaque fois que par mégarde oa lui fait manger de la viande de porc. L'imagination a une grande part à la production de ces spasmes. Le spasme peut être sympathique d'une altération du sang, comme chez les chlorotiques ou les
individus qui ont été empoisonnés par le virus rabique ou le venin d'un autre animal.
Le sexe féminin , le tempérament nerveux , les troubles qui surviennent à l'âge critique , l'hérédité, sont placés par les auteurs au nombre des causes prédisposantes.
Parmi les causes déterminantes que J. Frank considère comme pouvant amener le spasme œsophagien, il en est plusieurs qui sont très-contestables ; nous reproduirons d'après lui l'éuumération de cet ordre de causes sans nous porter garants de la vérité de ses assertions :«La frayeur, un malaise, l'imagination, les boissons glacées et prises tandis que le corps est tout en sueur par l'exercice de la danse , ainsi que l'ingestion de liquides chauds, les mets brûlants, les épiceries , les substances acres et vénéneuses, le tartre émétique, le sublimé corrosif, ledatura slrainonium, la semence du hêtre, le champignon agaricus muscarius, le fruit de l'atropa belladona, les violences externes qui portent sur l'épigastre, l'impression du vent, delà bise, la présence d'entozoairesdans l'estomac. et les intestins, les conduits cholédoque et hépatique, enfin, dans l'œsophage lui-même, la suppression d'une épistaxis , des règles , du flux hémorrhoïdal et de la sueur des pieds, la cicatrisation d'un exutoire, une affection de l'utérus, la présence d'un calcul dans les reins , l'action de la foudre, la morsure delà vipère, sont autant de causes délerminentes» (J. Frank, loc. cit., p. 327).
Nous terminerons ce qui est relatif à l'étiologie du spasme œsophagien en rappelant que cette névrose de l'œsophage peut dépendre, 1° d'une lésion matérielle et appréciable du système nerveux ou des autres organes; 2° d'un simple trouble sympathique, d'une altération du sang, comme chez les chlorotiques et les enragés ; 3° le spasme peut enfin constituer toute la maladie sans que l'on puisse en saisir le véritable point de départ.
Traitement. — Il faut d'abord instituer le traitement de la maladie principale , toutes les fois que la névrose du pharynx et de l'œsophage est symptomatique ou sympathique : dépend-elle par exemple de l'hystérie, de l'hypochondrie, d'une maladie de l'utérus, de l'œsophage, etc., il est évident qu'il faut commencer avant tout par combattre la maladie et ne s'occuper qu'ensuite du spasme œsophagien. Toutefois, il importe de porter remède à la dysphagie, qui ne tarderait pas à causer la mort par inanition, si l'on ne trouvait moyen de nourrir le malade : on aura re-, cours au cathétérisme œsophagien; cette opération ne doit pas être considérée seulement comme un moyen palliatif du spasme, il en est le meilleur traitement curatif , suivant beaucoup d'auteurs. De même que dans les rétrécissements spasmodiques de l'urèthre il est nécessaire d'employer des sondes assez
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volumineuses et de les maintenir en présence du rétrécissement jusqu'à ce que le spasme ait cessé, de même l'on doit introduire des sondes volumineuses jusqu'à l'endroit rétréci, et les y laisser un temps assez long pour que la contraction spasmodique soit vaincue. Quelquefois la sonde est fortement repoussée,et l'on est obligé delà maintenir avec une certaine force. L'irritabilité est tellement grande chez quelques sujets, qu'il est impossible de la faire pénétrer.
Le spasme idiopathique , essenliel , doit êlre combattu, comme les névroses, par des antispasmodiques administrés à l'intérieur et à l'extérieur; on applique extérieurement des cataplasmes préparés avec les feuilles decigué, dejusquiame, la tête de pavot, les frictions avec le laudanum, des embrocations avec des liniments dans lesquels entrent, l'opium, l'éther acétique, le camphre, les extraits de belladone et dejusquiame. Le Uniment suivant a réussi , dit-on, dans un assez grand nombre de cas : Uniment camphré etde térébenthine, '•&■ 31 grain.; teinture d'opium, 24 gram.; huile de cajeput, 4 gram. On conseille les flictions avec des flanelles imprégnées de vapeur de benjoin, de myrrhe, de succin , avec un liniment ammoniacal, avec les teintures d'assa fœtida, de castoréum , les frictions avec l'onguent mercuriel à haute dose, les décharges électriques ou l'électro-puncture. On a aussi employé avec un grand succès les sels de morphine et l'extrait aqueux debelladone par la méthode endermique ; on place les vésicatoires sur les parties latérales du cou. On se sert également d'emplâtre de camphre et de belladone que l'on applique sur la poitrine et le sternum. Si la névrose résiste à tous les moyens mis en usage , on peut recourir à la cautérisation transcurrente. M. Jobert rapporte un exemple fort remarquable de guérison qu'il a obtenue en promenant un fer rouge sur le devant du cou et la partie antérieure du thorax (Jobert, Étude sur le système nerveux ,L u, p. 666, in-8; Paris, 1838).
On emploie à l'intérieur les médicaments dont nous venons de parler, et surtout le musc, le camphre, le castoréum, les infusions ou les potions dans lesquelles entrent les teintures de musc , de camphre, d'assa fœtida, l'eau distillée de laurier-cerise, le cyanure de potassium, l'hydrochlorate d'ammoniaque, le sulfate de cuivre ammoniacal , l'opium , le laudanum, les boissons froides et glacées ( J. Frank, loc. cit., p. 331; — Copland , Dict. of pract. mcdicin., loc. cit. ; — Mondière , JRcch. sur Cœsophagisme; Jrch. gén. de mcd., 2e sér., t. i , p. 465 ). Lorsqu'on ne peut faire pénétrer ces médicaments par l'œsophage , on les administre en lavement.
Nature. — Nous nous sommes suffisamment étendus sur les causes du spasme œsophagien pour qu'il ne soit plus nécessaire d'entrer dans de longs
développements à ce sujet ; disons seulement que leà symptômes , la marche, le traitement du spasme, ne laissent aucun doute sur sa nature , et qu'elle appartient à la classe mixte des névroses, qui portent en même temps sur les organes de la vie de nutrition et de relation.
Ulcération. — On doit distinguer plusieurs espèces d'ulcérations : 1° celles qui surviennent dans l'œsophagite aiguë; 2° dans l'œsophagite chronique; 3° dans 'le cas de ramollissement; 4° de cancer de l'œsophage; 5° celles qui résultent d'un travail ulcératif dont les organes digestifs sont le siège (fièvre typhoïde).
Dans l'œsophagite, l'ulcération peut se développer dans tous les points de la membrane muqueuse, ou commencer par les follicules ; ces ulcérations ont été décrites ]>a.v Jirunnev (de Glaiidulis duodeni, ch. 10, p. 136). Copland en a donné une bonne description. « L'inflammation , dit-il , commence par la membrane interne , et se propage à la tunique sous-muqueuse; il se forme alors une suffusion séreuse ou séro-purulente , la tunique interne est soulevée par de petites pustules purulentes sur lesquelles s'établissent plus tard des ulcérations : on observe surtout ces suppurations chez les jeunes enfants (Dict. of practic. medicin., t. n , p. 912). Les bords des ulcères sont entourés d'une légère induration rougeàtre , injectés , et tendent à la cicatrisation; ils sont ordinairement en petit nombre , un à trois dans toute la longueur de l'œsophage. Leurs dimensions varient; on n'en trouve souvent qu'un seul lorsque l'ulcère est considérable. Sandifort en a observé un qui avait 3 centi-= mètres de long. Dans un cas rapporté par le docteur Lindesay , l'ulcération avait 4 pouces de long ; ses bords étaient du pus épais. Sir Everard Home pense que les ulcérations sont plus fréquentes à la partie postérieure ; les autres les placent dans les parties supérieure et inférieure de l'œsophage. Hunter, qui professe cette opinion , attribue cette prédilection à l'irritabilité plus grande dont jouissent les parties indiquées, qui reçoivent une plus grande quantité de filets nerveux ( Naumann , Handbuch der medicinischen Klinik, t. v ).
Nous avons décrit le ramollissement et le cancer œsophagiens , et nous avons vu que l'ulcéraiion était un effet très-ordinaire de ce travail pathologique; nous n'avons pas à y revenir.
L'ulcération, dans les cas précédents, s'est établie par suite d'une altération primitivement développée dans la tunique de l'œsophage; mais souvent l'ulcération succède à un travail d'élimination qui a son siège dans les organes voisins, comme dans le larynx, les glandes bronchiques, la trachée, ou dans le tissu cellulaire rétro-œsophagien. Les cas dans lesquels on a rencontré des altérations de ce genre sont
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très-nombreux : tantôt c'est un phthisique chez lequel une communication s'établit entre la trachée et le canal alimentaire (journ. allem., in Arch. gén. de méd., t. n , p. 101; 1838), tantôt c'est un phlegmon rétro-œsophagien qui se fait jour dans l'œsophage, ou bien une masse cellulo-fibreuse qui détruit par un travail ulcératif la paroi du canal (extr. des journ. ital., in Arch. gén. de méd., t. iv, p. 323; 1834).
Terminaison. — L'ulcération est la cause la plus ordinaire des perforations et des ruptures de l'œsophage; elle peut déterminer la mort subitement, lorsque l'ulcération , primitivement ou consécutivement développée dans l'œsophage, fait communiquer celui-ci avec une branche de la carotide (voy. les cas rapportés par M. Mondière, mém.sur l'œsophagite, in Arch. gén. de méd., t. xxx, p. 506 ; 1 832), avec la trachée , dans laquelle pénètrent du pus, des aliments ou des boissons, avec un kyste formé aux dépens de la glande thyroïde, avec une excavation tuberculeuse du poumon, etc. Copland dit avoir vu un malade expirer après avoir rendu une grande quantité de sang; à l'autopsie, on ne trouva qu'une ulcération large cl irrégulière qui avait détruit les deux tuniques internes , et dans quelques points la troisième (article cité, p. 912).
Symptômes. — Ils sont variables comme ceux des diverses maladies dont l'ulcération est le résultat ordinaire : la douleur œsophagienne est assez vive, circonscrite; on observe des vomissements de matières glaireuses et sanguinolentes, une dysphagie considérable portant sur les substances solides , tandis que les boissons sont facilement avalées. La salivation est encore un symptôme qui a été noté par les auteurs.
Végétations , polypes , stéatojies , verrues. — Sous ces noms on désigne des affections assez différentes, qui ont leur siège dans la membrane muqueuse de l'œsophage. Les végétations qui méritent réellement le nom de polypes sont des excroissances charnues, plus ou moins pédiculées, mobiles, pouvant s'élever ou s'abaisser dans le conduit œsophagien, à la manière d'une soupape. Quelquefois ces tumeurs ont une longueur de 1 à 2 pouces , comme dans le cas cité par Schneider (Mondière, mém. cit. , p. 53 ; Arch. gén. de méd., t. m, 1833). Souvent les végétations partent de la surface d'un ulcère squirrheux ou encéphaloïde. Les auteurs n'ont cité aucun fait authentique de végétations syphilitiques.
Les polypes donnent lieu à une dysphagie croissante, et à tous les signes d'un rétrécissement. A l'aide du caihétérisme on parvient à reconnaître la nature de l'obstacle; quelquefois aussi, lorsque le polype a son siège dans le pharynx, on peut apercevoir le produit morbide en abaissant fortement la base de la largue. Monro a rapporté une obser-
vation curieuse d'un polype œsophagien dont on enleva une partie par la ligature. On pourrait suivre cet exemple dans le cas où l'excroissance serait accessible aux instruments du chirurgien.
Historique et bibliographie. — Les écrits de Galien renferment des notions très-exactes sur les maladies de l'œsophage; elles sont disséminées dans ses ouvrages. Aretée, Avicenne, Willis, Brunner, F. Sylvius, ont publié de précieuses observations sur ces maladies ; mais devant nous borner à une bibliographie générale, nous ne citerons que les écrits dans lesquels se trouve renfermée la description de toutes les maladies de l'œsophage. Nous placerons en tête les dissertations de F. Hoffmann : Dissert, medica de morbis œsophagi , Halle, 1722,in-4°, in Opéra omnia suppl.,i. m, p. 250, in-fol., Genève, 1 763. — De Morbis œsophagi , œsophagi et pharyngis spasmodicis, t. vi; 1735. — De Haen a réuni dans un mémoire des faits curieux sur les principales causes du rétrécissement œsophagien ( de Impedita deglutitione ; Rat. medend., t. vi , p. 1, in-12; Paris, 1776). — Bleuland a contribué par ses recherches pleines d'érudition à éclairer l'histoire des maladies de l'œsophage : Observationes anatomicomedicœ de sana etmorbosa œsophagi structura; Leyde , 1 788 , in-4°. Il en est de même de Monro : Dissert, de djsphagia; Edimb., 1797. — Morbid anatomy ofthe gulet, stomach and intestines; Edinb., in-8°, 1 8 1 1 ; — de Everard Home : P radical observations on tke treatment of strictures in the ureihra and œsophagus , in Medic. comment., 1. 1 et n , et in-8° ; Lond., 1 82 1 ; — Howship : Practical remark' upon indigestion , etc.; Lond., in-8°, 1 825 ) ; — Macilwain : Surgical observations on the more important diseases of the mucous canal ofthe body; Lond., 1830, in-8°. Les ouvrages de Bleuland , de Monro , de Everard Home , de Howship et de Macilwain, renferment l'histoire la plus complète que l'on puisse offrir de toutes les maladies de l'œsophage. Nous ne devons pas non plus oublier J. Frank, dont le chapitre consacré à la description de ces maladies a été mis à contribution par tous les auteur» qui ont écrit sur ce sujet (Pr axeos univer. prœcepta, trad. franc., in Encyclopéd. des se. médicales , t. v).
De tous les mémoires publiés en France depuis quelques années, et qui ont trait aux maladies de l'œsophage , les plus remarquables sont ceux que l'on doit à M. Mondière; ils nous ont été d'un grand secours pour la rédaction de notre travail. Gomme les différents articles qui ont paru dans les dictionnaires, et même dans d'autres livres , ne sont que la reproduction plus ou moins fidèle et non déguisée de la publication de M. Mondière, nous n'avons pas cru devoir les citer; nous nous bornerons à rappeler ici les
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titres des mémoires de ce médecin : 1° Recherches sur l'inflammation de l'œsophage et sur quelques points d'anatomie pathologique de cet organe , thèse in-4°; Paris, 1S29; — 2° Observations sur les accidents déterminés par le séjour des corps étrangers dans l'œsophage, in Arch. gén. de méd. , t. xxiv ,• p. 388 ; 1830. — Recherches pour servir à l'histoire de l'œsophagite aiguë et, chronique ; Arch. gén. jt. xxiv,p. 543, 3e série; 1830. — Suite, t. xxv, p. 358 ; — suite, t. xxvn, p. 494 ; t. xxx, p. 481 . — Recherc. sur l'œsophagisme; Arch. gén. de méd., 2e série, t. i,p. 465. — Note sur quelques maiad. de l' œsoph.; Arch. gén. de méd, t. n,p. 504, et t. m, p. 28. Les travaux plus récents renfermés dans les ouvrages de MM. Naumaan et Gopland, nous ont été de quelque secours (Naumann , Handbuch der medicinischen Klinilc, t. v , p. 35. — Gopland , Dictionary of practical mcdicine , t. u, p. 908.) OESOPHAGITE, s. f., Inflammation de l'œsophage. — OEsophagitis, angina œsophagca, cynanche œsophagea, laimîtis , disphagia inflammatoria , inflammatio œsopliagi, gulœ ; Entzilndung der Speiserôhre , allem.
Divisions. — L'inflammation de l'œsophage est aiguë ou chronique, limitée à la membrane interne, étendue aux trois tuniques, ou bornée seulement aux follicules ; elle est caractérisée dans certains cas par le développement d'une fausse membrane. Nous décrirons , 1 ° Xœsophagite aiguë, dans laquelle nous comprendrons à titre d'espèces A Xœsophagite jolliculeuse , B Yœsophagite pseudomembraneuse ; 2° Xœsophagite chronique.
OEsophagite aiguë. — Altérations anatomiques. On doit noter d'abord les diverses colorations morbides de la membrane interne du pharynx ou de l'œsophage. Gelle-ci est d'un rouge pâle ou foncé, brunâtre, et la rougeur disposée par plaques ou par stries sur la membrane enflammée. Gelle-ci est en même temps hypérémiée, tuméfiée; son épithélium détruit par place ou détaché par lambeaux. Le tissu de la membrane interne est mou, friable, et s'enlève comme une pulpe inorganique d'un rouge brun dans certains cas (Gopland, A dictionary of\practical medicine, t. n, p. 908 ).
Le tissu cellulaire sous-muqueux participe à l'alté ration de la membrane interne pour peu que la phlegmasie ait été aiguë; il est œdémateux, ou bien infiltré d'un liquide séro- sanguinolent. Parfois on trouve, çà et là, dans le tissu cellulaire de petites collections purulentes; enfin , dans quelques cas, le phlegmon s'établit entre la tunique musculeuse et les organes adjacents, dans le tissu cellulaire qui est si abondant dans tous ces points. M. Barras a publié un cas intéressant d'abcès développé dans les membranes de l'œsophage et ouvert à l'intérieur dece canal {Arch.
gén. de méd. , t. x , p. 1 34 ) ; un autre , à peu près semblable a été observé par M. Bourguet (Mondière, Recherches pour servir à l'histoire de l'œsophagite aiguë et chronique ; Archiv. génér. de méd. , t. 24, p. 557 ; 1 830 ). Le développement d'abcès dans le tissu cellulaire sous-muqueux ou dans celui qui est placé en dehors de la tunique musculaire dépend de la transmission de la phlegmasie aux trois tuniques (abcès rétro-pharyngiens et rétro-œsophagiens) : c'est là en quelque sorte le phlegmon de l'œsophage. Galien connaissait les abcès produits par l'œsophagite. C'est à la suite de cette phlegmasie que , des ramollissements ou des ulcérations venant à s'établir, le conduit membraneux se trouve rétréci par les cicatrices qui en résultent, quelquefois même ses parois agglutinées en grande partie. Les abcès de l'œsophage sont quelquefois situés aune telle hauteur, qu'on peut les apercevoir : Abercrombie en a ouvert un qui avait son siège dans la partie inférieure du pharynx. On ne doit pas considérer comme appartenant à l'histoire de l'œsophagite les cas d'abcès rétro-pharyngiens : ce sont très-souvent de véritables phlegmasies qui se développent dans le tissu cellulaire qui se trouve placé entre l'œsophage et la colonne vertébrale. Desault, Garmichael, M. Ballot, ont rapporté des cas de ce genre (Desault, OEuvres chirurg., 2e part., p. 256; 179S.— Garmichael, Edinb. med. chir. trans. ; 1820. — Builot, Arch. gén. de méd., t. xn, p. 25; 1841).
Après le ramollissement de la membrane interne de l'œsophage, il est très-fréquent d'observer les ulcérations. Celles-ci , lorsqu'elles sont inflammatoires, ont pour siège la membrane interne rouge , hypertrophiée, saignante; quelquefois elles s'étendent jusqu'à la musculeuse , ou à des organes voisins avec lesquels l'œsophage contracte des adhérences. Dans un cas cité par M. Scouletten, la face antérieure d'une vertèbre , adhérente à l'œsophage, empêchait le liquide de s'épancher dans la cavité du péritoine (Scoutetten, dissert, inaug., p. 22,in-4°; Paris,1822). Le siège le plus ordinaire des ulcérations est la partie supérieure et inférieure de l'œsophage : ce qui tient , suivant Hunier, à ce que les parties irritantes des substances ingérées sont retenues plus longtemps dans ces régions.
Le ramollissement et l'ouverture des abcès amènent des perforations dont l'origine inflammatoire se reconnaît à l'absence de tout obstacle au libre passage des aliments et à la sensibilité très-grande que le moindre contact des aliments doit exalter singulièrement; autour des ulcérations inflammatoires se dessinent des aréoles constituées par les tissus injectés. Symptômes. — La douleur est le symptôme le plus constant et le meilleur, quel que soit le siège de la phlogose. «La douleur, dit M. Mondière, est rappor-
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tée par les malades à la partie inférieure du pharynx; comme nous voyons ceux qui sont atteints de blennorrhagie ou de calcul vésical souffrir surtout à l'extrémité du gland.» (Mondière, Rcch. pour servir à l'histoire de l'œsophagiie aiguë et chronique, in Arch. génér. de méd. , t. xxiv, p. 549; 1 830 ). La douleur n'est ressentie pendant longtemps qu'à l'inf tant où des substances alimentaires traversent l'œsophage : aussi plusieurs malades , craignant cette douleur, refusent de manger. Elle est occasionnée surtout, suivant J. Frank, par la sécheresse extrême des parties enflammées, qui, n'étant plus lubrifiées par le mucus, rendent le passage du bol alimentaire difficile et douloureux (J. Frank, Médecine pratique, édit. de Y Encyclopédie des se. médicales, t. v, p. 301 ; Paris, 1840). 11 est plus probable que le gonflement, la rougeur et la contraction spasmodique qui résultent de l'accroissement de la sensibilité, par suite du travail phlogostique , sont les vraies causes de la dysphagie et de la douleur. Celle-ci augmente chez quelques sujets par le décubitus dorsal , suivant Galien ; chez d'autres , elle suit le trajet de l'œsophage, et se fait sentir entre les deux épaules, tout le long du canal membraneux : tantôt c'est vers le pharynx et au niveau du larynx , tantôt derrière le sternum et le cartilage xyphoïde. La douleur se manifeste plus vive et mieux circonscrite, chez quelques sujets , lorsqu'on vient à presser entre le larynx et la colonne vertébrale. Le mouvement de la tête, et surtout l'action de la redresser vivement, augmente beaucoup la douleur chez quelques sujets ; après s'être fait sentir, pendant quelque temps, en un point de l'œsophage, elle suit , en descendant , le trajet de ce canal. M. Mondière éprouva sur lui-même ce déplacement successif de la douleur, qui correspond, sans doute, à la propagation du travail phlegmasique.
Les malades accusent tantôt une chaleur qui affecte les points indiqués, tantôt la sensation d'un corps rond, d'une boule qui, .de l'épigastre, remonterait vers le larynx.
La dysphagie, ou la gêne de la déglutition , est un symptôme qui se montre de bonne heure, et qui s'accompagne ordinairement, dès le début, de douleur, de chaieur, et des autres sensations que nous avons indiquées. La dysphagie est très-grande lorsque la phlegmasie est fort étendue, et lorsqu'elle a déterminé une tuméfaction considérable ou une ulcération. Le bol alimentaire s'arrête tout d'un coup par la contraction convulsive de l'œsophage, et le malade indique exactement le point où il est placé. Le spasme des muscles œsophagiens est, en grande partie, la cause de la dysphagie; il y contribue bien plus que l'obstacle apporté par les altérations dont nous avons parlé. Quelques malades , pour parvenir à avaler, sont contraints de tendre le cou et de faire de grands
efforts de déglutition. Lorsque les aliments traversent l'œsophage , ils font entendre un bruit particulier, une espèce de gargouillement qui sert aussi à faire reconnaître la maladie.
Au début, la sécrétion de l'œsophage est tarie; plus tard elle est singulièrement accrue, et les malades rejettent, seul ou mêlé à des substances alimentaires, un liquide glaireux fourni par le pharynx et l'œsophage. Les aliments sont expulsés au bout d'un temps variable : si la phlogose a son siège dans la partie inférieure du pharynx , les aliments sont gardés peu de temps ; ils séjournent plus longtemps s'il existe quelques-unes de ces dilatations en sac dont nous avons parlé; il peut se faire alors que les aliments soient conservés pendant plusieurs heures et même, a-t-on dit , pendant plusieurs jours ; ils sont ensuite rejetés par le vomissement.
Le spasme œsophagien , rendu manifeste par la dysphagie , est un symptôme fréquent de l'œsophagite: il en est de même du hoquet (Mondière, loc. cit., p. 549. — Copland, loc. cit., p. 909. — Naumann, Handbuch der medicinischen Klinik, t. y, p. 36. — J. Frank, loc. cit., p. 300). Van Swieten, Hoffmann , considèrent ce symptôme comme fréquent dans les aphthes de l'œsophage. Boerhaave attribue le hoquet à la contraction de l'œsophage qui tire le diaphragme et l'estomac; cette théorie, dont nous avons eu occasion de vérifier bien des fois l'exactitude dans un grand nombre de maladies, nous paraît la seule acceptable, confirmée qu'elle est par les observations faites sur les malades atteints d'affections de l'œsophage et de l'estomac.
Les vomissements ont été notés dans cette maladie par de Haen, J. Frank, par Bleuland, Mondière, etc.; ils sont sympathiques de l'affection de l'œsophage. La soif est très-vive , la fièvre s'allume , les douleurs, l'anxiété , la souffrance morale qui tourmente les malades , ne tardent pas à amener le marasme et la mort. Cette fatale terminaison est hâtée par l'horrible abstinence d'aliments solides et même liquides à laquelle le malheureux patient est condamné.
Marche , durée , terminaison. — Trop souvent la phlegmasie persiste, soit parce qu'elle est méconnue, soit parce qu'elle résiste au traitement mis en usage , et alors on voit survenir des altérations organiques graves. La terminaison la plus heureuse est la résolution ; la diminution des douleurs, de la dysphagie et des autres symptômes , indiquent celte terminaison.
Le mal peut se terminer par suppuration ; le pus se dépose dans ia membrane muqueuse ou forme des collections placées en dehors du conduit musculaire. Les abcès rétro-pharyngiens et œsophagiens s'ouvrent dans l'œsophage, plus rarement dans les organes environnants.
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Les symptômes qui annoncent la terminaison par ulcération consistent dans des douleurs excessivement vives en un point du conduit œsophagien , en un sentiment de chaleur ou de brûlure, dans l'expulsion d'un liquide glaireux et teint de sang; il y a aussi une salivation abondante qui est surtout marquée quand l'ulcère occupe la partie supérieure de l'œsophage ; M. Mondière cite un cas de ce genre ( mém. cité, p. 562).
Des adhérences peuvent s'établir entre les points opposés de la paroi interne enflammée; il en résulte alors tous les signes du rétrécissement de l'œsophage (voy. ce mot). 11 peut encore arriver que les membranes , ramollies par l'inflammation, se rompent, ou qu'elles soient frappées de gangrène; les signes de ces graves désordres se montrent tout à coup. L'œsophagite se termine encore par le passage de l'état aigu à l'état chronique.
Espèces et variétés. — OEsophagite des enfants. Billard établit qu'elle est assez commune chez les nouveau-nés; elle est caractérisée anatomiquement par la rougeur de la membrane interne, la destruclion plus ou moins étendue de son épithélium , le ramollissement de la tunique interne (Billard, Traité des maladies des enfants nouveaunés , p. 291, in-8°; Paris, 1833). Il est fort douteux que l'exfoliation de l'épithélium et le ramollissement soient toujours des effets de la phlegmasie ; Billard lui-mêne est obligé d'avouer que souvent il n'existe aucune trace de phlegmasie. On est porté à croire, à plus forte raison, que la gangrène est le plus ordinairement indépendante d'un travail phlegmasique.
L'œsophagite s'annonce chez les nouveau-nés par le vomissement du lait, et par l'amaigrissement rapide qui se manifeste; l'enfant refuse de prendre le sein de sa nourrice. La congestion sanguine qui est si constante dans l'œsophage pendant le premier temps de la vie, et l'ingestion de boissons trop stimulantes, quelquefois trop chaudes, sont les causes qui amènent cette phlegmasie chez l'enfant.
Dans ïœsophagitc jolliculeuse que l'on a admise bien plus par analogie que par l'observation directe, les follicules seuls seraient gonflés, hypertrophiés , et sécréteraient une matière blanche , pultacée. D'une autre part aussi, ces follicules s'ulcéreraient à leur sommet. M. Mondière, qui admet cette œsophagite folliculeuse , est fort embarrassé pour en fournir une description méthodique et prise dans la nature (iVote surquelq.mai. de l'œsophage, in Archiv.gcn.de mcÎL, t. m, p. 35; 1833). Cette inflammation n'aurait pour symptômes que l'expuition continue de glaires et de mucosités épaisses et filantes.
L'œsophagite diphihéritique a une existence incontestable. Le plus ordinairement elle n'ef I que l'ex-
tension de la diphthérite buccale et pharyngienne, et se présente dans les mêmes circonstances pathologiques que celles qui président au développement du croup et des autres espèces de diphthérite. Dans l'observation 26, rapportée par Billard, le muguet recouvrait la langue et la voûte palatine d'où il s'était étendu tout le long de l'œsophage (Billard, loc. cit., p. 299; — yoy. aussi Valleix, Clinique des maladies des nouveau-nés , p. 90, in-8"; Paris, 1838). Pour arriver à diagnostiquer . le mal , il importe d'explorer attentivement tout l'intérieur de la bouche: la gêne de la déglutition , la régurgitation du lait et des boissons par le nez, le refus de prendre le sein, etc., sont des signes qui annoncent chez l'enfant une diphthérite œsophagienne.
Diagnostic. — On peut confondre l'œsophagite avec une affection de l'épiglotte, du larynx, du corps thyroïde, de la trachée, un anévrysme des artères carotides ou de l'aorte, avec un abcès du cou; en un mot, avec les maladies nombreuses qui déterminent la dysphagie. Les ulcérations de l'épiglotte peuvent donner lieu à la plupart des symptômes de l'œsophagite; cependant l'extinction ou la raucité de la voix , le siège exact de la douleur, l'affection tuberculeuse ou syphilitique concomitante, etc., sont en faveur d'une maladie du larynx. Quant aux autres affections, il nous suffit de les avoir signalées. Le rétrécissement cancéreux ou spasmodique de l'œsophage peut faire croire à une phlegmasie; et, dans ce cas, le cathétérisme de l'œsophage ne pourrait faire cesser l'embarras du médecin, puisque la sonde est aussi arrêtée par un obstacle : toutefois, dans le cancer, il y a une tumeur appréciable à la sonde et quelquefois même extérieurement; dans l'œsophagite, !a cause est ordinairement facile à apprécier, et d'ailleurs la marche éminemment aiguë du mal le ferait aisément distinguer du cancer de l'organe.
Le pronostic de l'œsophagite est toujours sérieux; il doit être fondé sur la cause qui a donné naissance à la phlegmasie : si elle a été provoquée par la déglutition d'une substance vénéneuse, irritante, par une boisson très-chaude , etc. , elle doit inspirer plus d'inquiétude que quand elle s'est développée spontanément. J. Frank considère comme la plus grave l'œsophagite accidentelle (loc. cit., pag. 302). La terminaison indiquera aussi la nature du danger que court le malade ; les adhérences, les coarctations, sont plus ou moins prochainement mortelles.
Étiologie. — La pénétration dans l'œsophage de corps étrangers capables par leur volume ou leur forme d'irriter les parois de ce conduit, l'ingestion d'une boisson bouillante, comme le thé, de poisons actes et corrosifs, d'acides concentrés, l'abus de certains ijitp'dîiiîmenî?, du racrrure/'.c l'opium, de l'iode,
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sont considérés par les auteurs comme des causes d'œsophagile. On dit l'avoir observée dans la rage , le tétanos, la fièvre jaune, la variole, la scarlatine (J. Frank, loc. cit., pag. 301); mais les faits rapportés à l'appui de celte opinion n'offrent pas toute l'exactitude désirable. M. Mondière croit à l'influence exercée par la rétrocession de quelques phlegmasies cutanées, comme la scarlatine, la rougeole (mém. cit., p. 536); c'est là une pure assertion qui n'est fondée sur aucune preuve de faits. Nous accordons volontiers que l'œsophagite se montre dans le cours des exanthèmes, de la scarlatine surtout, dans laquelle la détermination morbide interne se fait aussi vers la surface de l'intestin , et spécialement vers le pharynx et l'œsophage; mais il n'y a rien là qui ressemble à une rétrocession. Le rhumatisme peut affecter les muscles du pharynx et peut-être ceux de l'œsophage ; nous ne pensons pas qu'on puisse rapporter à la phlegmasie les cas de ce genre. On voit chez quelques sujets la phlegmasie de l'œsophage se développer spontanément, sans aucune cause appréciable, et pénétrer dans les parties inférieures du tube digestif. Broussais a été témoin de quelques exemples de celte phlegmasie de toute la membrane interne gastrointestinale.
Traitement. — Quand on voit paraître les premiers signes de l'œsophagite, on soumet le malade à une abstinence rigoureuse, on lui permet une petite quantité de boissons mucilagineuses et tièdes, on pratique une saignée générale, que l'on est obligé de renouveler lorsque le sujet est robuste, la phlegmasie violente ou produite par quelque agent toxique. F. Hoffmann conseille la saignée du bras, puis celle de la veine sous-linguale. On doit surtout insister sur les saignées locales pratiquées à l'aide de sangsues appliquées en grand nombre et plusieurs fois sur les parties latérales du cou, entre le larynx et l'œsophage. Les ventouses pourraient rendre aussi quelques services, mais elles produisent beaucoup de douleur lorsqu'on les applique sur le cou , et on doit leur préférer les sangsues; les cataplasmes émoliients et les embrocations huileuses ne doivent pas être non plus négligés. On seconde les effets du traitement anliphlogistique local par l'emploi des révulsifs portés sur les extrémités inférieures , et des lavements purgatifs. Lorsque la pharyngite et l'œsophagite ont donné lieu à des collections purulentes , on parvient à les ouvrir quand elles affectent le premier siège. Dans un cas rapporté parM. Prioux, l'abcès formait une saillie trèsappréciable dans le pharynx (Archiv. géhér. de médec, compt. rend, de l Acad. deméd., t. xxiv, p. 141 ; 1830).
OEsophagite chronique. — Rarement primitive, elle succède à la phlegmasie aiguë incomplètement guérie. Il est difficile de dire quelles sont les lésions
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principales qu'entraîne après elle l'œsophagite chronique; celles que M. Mondière regarde comme appartenant jplus spécialement à cette phlegmasie sont le rétrécissement et l'ulcération. Le rétrécissement, dont l'origine phlegmasique ne saurait être mise en doute , est celui qui s'accompagne de lésions concomitantes de texture et de coloration des membranes œsophagiennes; la tunique muqueuse est hypertrophiée, colorée en gris-ardoise ou en un rouge livide, ulcérée en plusieurs points. La tunique museuîeuse et le tissu cellulaire participent aussi à l'hypertrophie, s'indurent et constituent des rétrécissements. Faut-il attribuer toutes les indurations et les dégénérescences squirrheuses à un travail phlegmasique chronique? Nous ne le pensons pas, et nous ne saurions partager la manière de voir de M. Mondière, qui croit que, sous son influence, les tuniques de l'œsophage, s'épaississant, s'indurent, deviennent cartilagineuses et même osseuses, subissent la transformation cancéreuse, et donnent naissance à des excroissances polypiformes» ( Rech. pour servir à l'histoire de l'œsophagite aiguë et chronique, in Arch.gén. deméd., t. xxv, p. 358; 1831). Le rétrécissement est un résultat ordinaire de la phlegmasie qui frappe le» conduits membraneux; le canal de l'urèthre et le tube digestif nous en offrent des exemples fréquents : mais toutes les fois qu'il existe des produits de nouvelle formation , des tissus squirrheux ou encéphaloïdes , on est fondé à soutenir que l'inflammation n'est pas la seule cause qui a provoqué de pareilles dégénérescences (voy. Rétrécissement).
Les ulcérations sont une suite fréquente de l'œsophagite chronique, et on peut les considérer comme étant évidemment de nature inflammatoire dans le cas où la membrane muqueuse est ramollie, saignante, d'un rouge livide ou grisâtre; nous avons dit ailleurs que la présence des aliments dans l'œsophage dilaté ne pourrait servir à expliquer leur développement (voy. Dilatation, Rétrécissement).
Spnplomatologie. — On observe, co nme dans la phlegmasie aiguë , des douleurs , la dysphagie, la régurgitation, les nausées, le hoquet, et de plus les symptômes des diverses altérations qui ne tardent pas à suivre la phlegmasie chronique, telles que la dilatation, le rétrécissement, l'ulcération. Ces symptômes ont été indiqués avec soin quand nous avons fait la description de chacune de ces lésions , et nous ne devons pas y revenir.
Êiiologie. — Les corps étrangers, tels qu'une pièce de monnaie, un os, une arête de poisson, une épingle, qui séjournent quelque temps dans l'œsophage, déterminent fréquemment l'inflammation chronique; on a encore accusé l'usage abusif des liqueurs fortes et l'ingestion des substances acres et corrosives,
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Le traitement de l'cesophagite ne diffère pas de celui à l'aide duquel ou combat la dilatation, le rétrécissement , etc.; cependant , il est nécessaire, au moment où la période aiguë cesse , de remplacer les antiphlogistiques par des révulsifs énergiques que Ton place sur les côtés du larynx et de la trachée. On placera trois à quatre cautères de chaque côté ; ils agissent mieux que les vésicatoires : les moxas et les sétons pourraient les remplacer avantageusement ; quelquefois on les met entre les deux épaules, ou à la partie postérieure du cou. Faisons remarquer que ces agents thérapeutiques sont sans action aucune sur les rétrécissements et les dégénérescences qui existent alors. — Historique et bibliographie : voy. OEso-
PHAGE.
OP1STH0T0N0S. —Voy. Tétanos.
ORTIÉE (fièvre). — ■ Voy. Urticaire.
OVAIRES (maladies des). — Les maladies des ovaires sont encore mal connues; quelques-unes d'entre elles appartiennent spécialement à la pathologie externe, ou ne peuvent être constatées qu'après la mort; et. celles-là nous ne ferons, pour ainsi dire, que les iudiquer. Les affections ovariquessont: 1° les abcès, 2° l'atrophie, 3° le cancer, 4° l'hydropisie enkystée, 5° l'inflammation, 6° les kystes de différente nature (graisseux, pileux, fœtaux, fibreux, fibro-cartilagineux , osseux, hydatiques, etc.), 7° la mélanose, 8° les tubercules.
Abcès. — Altérations analomiques. Les abcès de l'ovaire se présentent sous deux formes différentes; quelquefois le pus est contenu dans plusieurs parties qui communiquent les unes avec les autres, ou qui sont, au contraire, complètement séparées. M. Négrier a vu dans les ovaires des petites loges purulentes disséminées, assez régulières , toutes semblables , qu'il considère comme des vésicules graafiennes enflammées, et gonflées par le liquide purulent qu'elles avaient sécrété. Le plus ordinairement le pus est contenu dans une seule poche, et celle-ci, dont le volume varie, est placée dans un point quelconque de l'organe. Souvent le tissu de l'organe a complètement disparu, et le pus occupe toute la cavité de la membrane fibreuse de l'ovaire; l'abcès se présente alors sous l'aspect d'un kyste purulent. La membrane fibreuse peut, subir une distension considérable, à la faveur de laquelle l'abcès acquiert quelquefois un volume très-considérable. Taylor a vu un ovaire transformé en une poche purulente qui pesait 17 livres, et qui contenait 20 pintes de pus; Habersbam a décrit un abcès de l'ovaire que remplissaient 400 onces de pus (American médical recorder, l . vx, p. 487 ).
La membrane fibreuse est épaissie , revêtue à sa surface interne par une couche pseudo-membraneuse plus ou moins épaisse. Presque constamment
des adhérences récentes unissent la poche purulente soit à la paroi abdominale, soit à l'un des organes du ventre (voy. Terminaison ).
Symptômes. — Lorsque l'abcès est le résultat d'une ovarite aiguë , son développement donne lieu à certains symptômes qui permettent quelquefois d'annoncer la formation du pus (voy. Ovarite ); mais en ne considérant que l'abcès déjà formé, et en luimême , on voit que les symptômes varient suivant le volume de la collection purulente et la direction que prend le pus.
Lorsque l'abcès est peu volumiueux il ne détermine par lui-même aucun phénomène qui puisse le faire reconnaître; lorsqu'il est d'une dimension considérable il donne lieu à tous les symptômes de l'hydropisie enkystée de l'ovaire , de laquelle il est impossible de le distinguer; quand un abcès moyen tend à se faire jour vers l'extérieur , la présence d'une tumeur dans la région ovarique, et le point vers lequel se porte le pus , fournissent quelques données au diagnostic ; mais il est presque toujours impossible de déterminer avec certitude si le pus est collecté dans l'ovaire ou dans le tissu cellulaire du petit bassin.
La marche et la durée des abcès de l'ovaire varient suivant la cause qui produit la collection purulente.
Terminaison. — La mort peut être produite par les troubles généraux que déterminent tous les abcès du petit bassin ; les malades ont une petite fièvre continue avec exacerbation vers le soir , ils maigrissent , sont pris de diarrhée , et finissent par succomber dans le marasme , et la fièvre hectique.*
Souvent la mort est due aux complications qui accompagnent l'inflammation suppurative de l'ovaire ( métrite , métro - péritonite , fièvre puerpérale , etc.).
L'abcès peut donner issue au pus qu'il renferme, et celui-ci peut suivre des routes très-différentes.
Cavité abdominale. — Le pus peut perforer les parois de la poche qui le renferme, s'épancher dans la cavité abdominale et produire une péritonite promptement mortelle. Dupuytren , MM. Négrier, Velpeau, Piorry (Bulletin clinique, 1. 1, p. 108), Bright ( The cyclopedia of practical medicine, t. m, p. 228), ont observé des faits de ce genre.
Paroi abdominale. — La poche ovarique contracte quelquefois des adhérences avec la paroi abdominale; la peau qui recouvre celle-ci au niveau de l'abcès rougit, s'amincit, se perfore, et le pus est versé à l'extérieur. Le docteur Lœvenhardt a prévenu par le bistouri l'ouverture d'une tumeur semblable, ayant son siège au-dessus de la branche horizontale du pubis ( Casper's ff^ochenschrift , n° 40 , 1841); MM. Lisfranc (Clinique de la Pitié, t. ni,