‹ Compendium de médecine pratique, ou, Exposé analytique et raisonné des travaux contenus dans les principaux traités de pathologie interne (volume 5)Chapitre 22 sur 59 · OZE · texte numérisé non relu

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casionner la nymphomanie, comme chez une femme âgée dont Bock rapporte l'observation. Chez les enfants , la démangeaison du rectum peut aussi exciter la masturbation.

11 n'est pas toujours facile d'expulser les oxyures hors de l'intestin, lorsqu'ils en occupent les parties supérieures. On doit surtout employer les lavements préparés avec les infusions de semen-contra , de tanaisie , d'écorces de grenadier, de fougère mâle, avec le camphre, avec les gommes-résines. On peut encore administrer des lavements avec de l'huile d'olives. L'application d'une pommade médicamenteuse sur l'anus et dans le rectum jouit d'une grande efficacité; on se sert avec succès de l'onguent napolitain, d'une pommade au calomelas ou de tout autre corps gras, auquel on ajoute le camphre, ou les autres agents thérapeutiques dont nous avons parlé.

OZÉNE , s. m. , dérive de <£», sentir , et, par extension , sentir mauvais : punaisie.

Définition. — Boyer ne donne le nom d'ozène qu'à l'ulcère fétide des narines, qui ne fournit aucune matière, et qui peut durer toute la vie sans faire de progrès sensibles. Cette définition trop restreinte ne saurait être acceptée, et nous lui préférons celle de M. Lagneau , qui donne ce nom « aux ulcères et à quelques autres affections des fosses nasales lorsqu'il s'en exhale une odeur très-fétide» (art. Ozène, Diction, de méd. , p. 609, 2e édition). L'ozène ne doit être considéré que comme un symptôme de maladies très-diverses siégeant dans les fosses nasales; ce symptôme est l'odeur fétide de l'air qui a traversé les fosses nasales.

L'ozène, c'est-à-dire l'odeur fétide qu'exhalent les narines, peut dépendre, 1° de lésions qui affectent la membrane muqueuse ; 2° de la maladie des os qui concourent à former les fosses nasales ; 3° de vices de conformation de ces mêmes parties.

1° Ozène symptomatique de lésions qui affectent la membrane muqueuse. — L'inflammation chronique des fosses nasales, en modifiant la sécrétion de la membrane, donne aux produits de cette sécrétion une fétidité assez grande. M. Lagneau admet aussi «que, dans certains cas, la maladie ne consiste qu'en une altération morbide non ulcéreuse de la membrane affectée, d'où résulte une modification et une augmentation de la sécrétion muqueuse qu'elle fournit» (loc. cit., p. 610). La nature de la mucosité contribue plus à produire l'ozène que la stase, la dessication et la putréfaction de cette matière dans les anfractuosités du nez. M. Cazenave a eu occasion d'observer des coryzas chroniques qui avaient eu pour résultat d'épaissir la membrane pituitaire, et d'obstruer en grande partie les ouvertures du nez [Mém. sur le coryza chronique et l'ozène non vénérien, p. 14, in-8°; Paris, 1835).

Le coryza chronique s'accompagne parfois d'ulcérations chroniques de la membrane de Schneider. Dans ces deux cas, outre l'odeur de punaise qu'exhalaient les malades, on observa encore chez eux l'enchifrènement , une pesanteur habituelle à la racine du nez, l'expulsion de matières sèches ou à demi concrètes et fétides par l'ouverture antérieure des fosses nasales ou par le reniflement. On ne peut s'assurer qu'il existe des ulcérations que dans le cas où elles sont accessibles à la vue, ou en se servant d'un crochet mousse, ainsi que l'a conseillé M. Cazenave; lorsqu'on arrive sur les ulcères, une douleur vive est produite , et le crochet s'arrête sur les bords de la solution de continuité.

On a encore admis comme cause de l'ozène l'ulcération scrofuleuse , cancéreuse, scorbutique et vénérienne.

Voici les symptômes communs aux divers ozènes que nous venons de passer en revue : le malade perd entièrement l'odorat, ou ne sent plus que très-imparfaitement les odeurs; si l'ulcère et la membrane muqueuse sécrètent il s'écoule une eau claire , roussàlre , ou un mucus épais , jaune ou verdâtre , entraînant des matières concrètes; l'odeur que l'on sent en approchant des malades est tantôt fade et nauséabonde , tantôt cadavéreuse ou bien semblable à celle de la punaise, d'où le nom de punais donné aux sujets atteints de cette funeste affection. Dans tous les cas, cette odeur est repoussante et force celui qui la répand à vivre presque entièrement séparé de ses semblables.

Les symptômes qui annoncent la cause particulière de chaque ozène doivent être cherchés dans l'étude de la maladie dont il est le résultat. Dans l'ozène du catarrhe simple , non ulcéré de la tunique muqueuse, il y a tous les signes du coryza chronique ; l'exploration à l'aide du crochet mousse fera découvrir l'ulcération dans le coryza chronique et les autres formes d'ozène. Dans l'ozène syphilitique, l'odeur est plus fétide que dans les autres cas ; et comme les ulcères syphilitiques ne sont jamais que consécutifs, on découvrira sur la gorge ou dans la bouche des ulcérations, et ailleurs des signes de syphilide ou des accidents tertiaires (exostose); la voix s'altère, devient fortement nazonnée; le nez rougit, perd sa forme, s'aplatit; le malade sent une douleur sourde vers la racine du nez; si l'ulcère ne fournit aucune suppuration , le malade n'expulse que quelques croûtes sèches par de violents efforts, à la suite desquels un peu de sang vient colorer le mucus. Dans d'autres cas , la sécrétion est assez abondante ; elle est purulente ou verdâtre.

Le sinus maxillaire peut être aussi le siège de la lésion qui provoque l'ozène ; nous ne parlons en ce moment que de la phlegmasie chronique de la mem-

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