‹ Compendium de médecine pratique, ou, Exposé analytique et raisonné des travaux contenus dans les principaux traités de pathologie interne (volume 5)Chapitre 27 sur 59 · PAK · texte numérisé non relu

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trer dans l'histoire particulière des maladies du cerveau , de la moelle et des nerfs.

Diagnostic. — 11 y a deux points essentiels dont nous devons traiter : 1° reconnaître la paralysie et la distinguer des états morbides ou physiologiques qui peuvent être confondus avec elle; 2° établir la lésion d'après les données séméiologiques qu'elle peut fournir. Cette dernière partie du diagnostic rentre dans l'étude des trois groupes que nous avons institués.

Dans le sommeil le plus profond, les muscles sont relâchés mais non paralysés : en effet , la faculté de les mouvoir, la motilité , n'est point lésée, elle est soustraite momentanément à la volonté ou à l'empire des excitants; que l'un ou l'autre de ces agents entre en action, et aussitôt la contraction musculaire s'effectuera; ad primum voluntatis nixum motus muscularis prœsto est, dit justement le commentateur de Boerhaave (Van Swieten, loc. cit., p. 349). Quelquefois l'insensibilité dans le sommeil est portée à un tel point que l'on pourrait croire à l'existence d'une paralysie. Du reste, il est difficile d'établir, dans tous les cas , une séparation tranchée entre la paralysie vraie et certains états morbides qui s'en rapprochent; comment appeler, par exemple, l'immobilité d'une cataleptique, d'une somnambule dont les muscles restent immobiles même sous l'influence d'une vive stimulation cutanée; comment nommer l'immobilité musculaire chez un ivrogne profondément endormi et chez un sujet narcotisé par l'opium, qui retrouveront quelques heures après le libre usage de leurs membres?

Ou peut prendre pour une paralysie un état morbide tout à fait opposé, la contracture d'un membre, par exemple. Il y a en effet dans ces deux phénomènes immobilité du membre et impossibilité de le mouvoir sous l'influence de la volonté ou des excitateurs habituels de la motilité , et de plus, déviation des parties saines vers les parties malades et convulsées, en sorte que l'on peut considérer comme une partie paralysée celle qui, au contraire, est restée parfaitement saine ; cependant on pourra se mettre à l'abri de l'erreur, en portant les mains sur les muscles d'un côté du corps ou sur un membre : s'ils sont convulsés, on les trouve durs, volumineux et contractés; si l'on tient compte des mouvements qu'ils sont chargés d'effectuer, on voit sur-le-champ que le membre est porté dans la situation que doivent lui donner les muscles lorsqu'ils sont contractés : tandis que s'ils étaient relâchés , le membre serait entraîné dans un sens tout à fait opposé, par les muscles antagonistes. C'est surtout dans le cas où les puissances musculaires agissent dans des sens différents que l'on peut se méprendre sur la nature de la maladie. Ainsi l'on peut considérer comme une paralysie du muscle sterno-cléido-mastoïdien droit , le torticolis causé par

la contracture du muscle gauche; de même, pour les muscles orbiculaires des paupières par rapport à l'élévateur de ce voile membraneux , pour les muscles de la langue, de la face; etc. Dans la contracture de la face ( voy. Face ( Névralgie de la ) , le côté affecté présente des convulsions , et attire vers lui le côté opposé qui est sain ; on pourrait croire celui-ci paralysé. Dans la paralysie de l'élévateur de la paupière supérieure, on pourrait admettre une contracture de l'orbiculaire, etc.; de même pour d'autres parties qui ont des muscles antagonistes. Il suffit d'être prévenu de cette erreur et de connaître les usages particuliers de chaque muscle pour poser le diagnostic. Disons toutefois que souvent les mouvements morbides des parties paralysées ne sont pas en harmonie avec leurs fonctions physiologiques. Nous avons dit, en parlant de l'apoplexie, du ramollissement du cerveau, de l'encéphalite (voy. ces mots), que la langue est le plus souvent déviée du même côté que les muscles paralysés, et qu'on ne sait pas toujours pourquoi l'urine ou les matières fécales sont plutôt retenues que rejetées hors de leur réservoir, etc.

Un côté du corps pourrait être paralysé, et l'autre convulsé ; il est plus difficile alors d'asseoir le diagnostic ; le gonflement, la dureté plus grande des muscles, et les mouvements fibrillaires que l'on sentirait du côté convulsé , feraient reconnaître la maladie. L'absence de tout mouvement dans le côté paralysé serait un signe important que l'on découvrirait au moment où la convulsion , qui est rarement permanente, viendrait à cesser.

Un membre dont les jointures sont tenues immobiles par une inflammation aiguë ou par une altération chronique, ne peut être considéré comme paralysé , pour peu que l'on dirige son attention sur l'état des jointures. Un rhumatisme articulaire ou la goutte seraient aussi facilement distingués de la paralysie. Le rhumatisme musculaire détermine des douleurs tellement vives, que tout mouvement devient impossible dans les muscles affectés , et qu'on pourrait croire à l'existence d'une paralysie; mais dans cette dernière affection il n'y a pas de contraction musculaire possible, tandis qu'elle est conservée et seulement très-douloureuse dans le rhumatisme. Le phlegmon ou le développement d'un abcès au milieu des masses musculaires ou dans le tissu cellulaire qui les entoure, peuvent gêner la contraction; les phénomènes locaux du phlegmon ne ressemblent à aucun autre. Dans la gangrène d'un membre, l'immobilité, le refroidissement, l'insensibilité des parties , la faiblesse de la circulation , les fourmillements, pourraient faire supposer l'existence d'une paralysie qui offre â peu près les mêmes symptômes; mais la coloration livide ou noirâtre des tissus, la carie, les causes propres à la gangrène , la conservation de

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la motilité qui est seulement douloureuse , sont autant de circonstances qui caractérisent suffisamment celte dernière maladie.

Certaines paralysies partielles peuvent être prises pour des affections du squelette. Une paralysie du muscle grand dentelé a été considérée par Richerand comme une luxation ancienne (M. Marchessaux, Observations de paralysie du muscle grand dentelé' , in Arch. gén. de méd. , t. vu, p. 318). Dans la déformation qui en résulte, les épaules sont surmontées, en quelque sorte, suivant l'expression de M. Marchessaux, de petites ailes de papillon avec lesquelles on représente quelques personnages mythologiques (p. 317). Dans le cas cité, d'autres médecins avaient cru à l'existence d'une carie vertébrale ou à une déviation de l'épine. Des faits semblables avaient été déjà rapportés par M. Gendrin dans sa traduction d'Abercroinbie et par M. Velpeau [Jnatomie chirurgicale, t. u, p. 303). «L'apparition rapide de la maladie , l'examen attentif de l'épaule qu'on ne peut ramener en arrière , l'impossibité d'exécuter les mouvements d'élévation et d'abduction du moignon de l'épaule, l'absence de tumeur ou de saillie anormale des côtes ou de l'omoplate , l'état parfait d'intégrité de la poitrine et de la colonne vertébrale , la disparition complète de la tumeur , lorsqu'on parvient à mettre les muscles au repos : » tels sont les principaux signes de la paralysie du grand dentelé.

La paralysie peut être simulée , et avec tant -d'art, qu'il est souvent difficile de convaincre de mensonge ceux qui cherchent à tromper le médecin. On conçoit difficilement , au premier abord , qu'un malade dont on pince fortement la peau , ou qu'on soumet à d'autres tortures , puisse dissimuler assez complètement ses sensations pour faire croire à l'existence d'une paralysie: il en est cependant ainsi , et ce ne sont pas seulement des paralysies des membres volontaires que simulent ces malades , mais aussi des paralysies de la vessie et du rectum. On est fondé à croire que cette maladie est feinte quand on surprend les malades au milieu de leur sommeil, et que l'on extrait par la sonde une assez grande quantité d'urine : l'un de nous, attaché pendant quelque temps au service de sauté des armées de terre , a observé plusieurs cas de ce genre, et ce moyen de diagnostic lui a toujours réussi. Quant à la paralysie d'un membre , on doit croire qu'elle est simulée si elle existe depuis un certain temps sans avoir amené l'amaigrissement , l'atrophie , la flaccidité, souvent l'œdème et le refroidissement des parties affectées. On a dit encore qu'en suspendant à l'extrémité d'un membre un poids capable de produire une forte extension , quand on venait à le détacher, on sentait et on voyait un mouvement musculaire s'effectuer dans les membres dont la paralysie était simulée , tandis qu'il n'avait pas lieu chez les véri-

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