‹ Compendium de médecine pratique, ou, Exposé analytique et raisonné des travaux contenus dans les principaux traités de pathologie interne (volume 5)Chapitre 28 sur 59 · Î — PAR · texte numérisé non relu

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tables paralytiques. Cette épreuve n'est pas toujours concluante.

Paralysie du sentiment. — La sensibilité est souvent abolie dans les membres paralysés, ou seulement diminuée ; quelquefois elle reste normale, bien que la motilité soit complètement éteinte. L'anesthésie ou la paralysie du sentiment est générale ou partielle, complète ou incomplète; nous allons donner les symptômes de ces diverses espèces d'anesthésie.

Dans l'anesthésie complétera sensibilité est abolie non-seulement dans la peau, mais encore dans les parties plus profondes; on peut enfoncer une aiguille sans provoquer de douleurs. Fréd. Hoffmann raconte qu'un jeune homme était paralysé de la sensibilité à partir de l'ombilic jusqu'aux extrémités inférieures, à un point tel que l'odeur seule l'avertissait qu'on venait de brûler sa peau. On voit des malades qui ne sentent point la douleur occasionnée par le développement d'un phlegmon, par la fracture d'un ou de plusieurs os des membres paralysés. On sait que l'application de sinapismes ou de corps chauds détermine souvent chez les paralytiques la formation de plaies profondes et d'eschares, sans que les malades accusent la moindre douleur. On peut piquer, pincer fortement, brûler la peau et les parties profondes sans la provoquer ; c'est ordinairement de cette manière que l'on s'assure de l'existence de la paralysie du sentiment. Pour se convaincre queles parties situées sous la peau sont paralysées, il faut enfoncer une aiguille ou une épingle à une certaine profondeur; on distingue alors les différents sièges de la paralysie. L'électro-puncture, l'extension forcée d'un membre, sont autant de moyens à l'aide desquels on reconnaît l'existence des anesthésies encore peu prononcées.

L'anesthésie est quelquefois générale, el alors elle est accompagnée en même temps de paralysie du mouvement. Il est rare que cette insensibilité générale persiste longtemps ; la mort ne tarde pas à enlever les sujets. M. Defermon raconte l'histoire fort curieuse d'une paralysie générale du mouvement et du sentiment qui fut de longue durée. Un sujet nerveux fut pris tout à coup d'amaurose et traité sans succès pour cette maladie: bientôt la paralysie occupa les quatre membres; les facultés intellectuelles res tèrent intactes. On découvrit seulement que sur la joue droite il y avait une petite portion de peau qui avait conservé sa sensibilité physiologique : en traçant sur ce point des lettres avec un stylet, on pouvait se mettre en communication avec le malade et se faire comprendre (Bullet. des se. médic. , janv. 1828).

Le mouvement des membres peut être conservé, la sensibilité seule étant abolie. Nous avons dit , en décrivant les maladies de la moelle, qu'une lésion des

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faisceaux postérieurs pouvait n'entraîner que l'anes- t thésie,sans troubler le mouvement des membres(voy. Myélite, Moelle (Maladies de la). Van Swielen rapporte l'observation d'un soldat dont le membre supérieur gauche était entièrement privé du sentiment, et qui pouvait cependant manier son arme avec une certaine adresse. La même insensibilité existait dans les doigts de la main d'un médecin dont Van Swieten raconte l'histoire (loc. cit.; p. 350). On voit aussi des malades chez lesquels le mouvement seul est lésé, et la sensibilité normale. Van Swieten parle d'un sujet dont un des bras était privé du mouvement, la sensibilité étant conservée ; dans l'autre , la sensibilité était abolie, mais les mouvements étaient libres. La séparation complète qui s'établit, à chaque instant, entre les troubles de la sensibilité et ceux du mouvement, est d'une grande importance pour le diagnostic local des maladies du système nerveux : à la physiologie seule appartient l'étude détaillée des faits qui militent en faveur de la destination particulière de certaines parties du système nerveux ; nous dirons seulement qu'au point de vue de l'histoire générale de la paralysie, la distinction des nerfs, en ceux qui sont plus spécialement destinés à la sensibilité, au mouvement, à l'expression faciale , à la respiration , est féconde en applications utiles à la séméiologie (voy. Paralysies symptomatiqaes) .

Les anesthésies partielles n'occupent quelquefois qu'un membre, toute la partie inférieure du tronc et les membres abdominaux , un côté de la face , dans quelques cas, 1 à 2 pouces carrés de la peau du ventre, et de la poitrine, etc. (paralysies saturnines , hystériques).

L'anesthésie s'établit d'une manière lente, graduelle, ou subitement. Dans le premier cas, elle est souvent précédée de fourmillements, d'élancements et de troubles qui annoncent la perversion de la sensibilité; tantôt les malades ne sentent les objets qu'imparfaitement et comme à travers une étoffe ou un linge mouillé, etc.; tantôt ils éprouvent dans les membres de l'engourdissement , des sentiments de froid, la sensation d'un liquide chaud ou froid qui coule sur la peau.

L'anesthésie peut frapper les organes des sens; pour s'assurer qu'elle existe , il faut explorer attentivement les diverses portions de l'appareil sensitif , et leur appliquer des excitateurs naturels ou artificiels. Si l'on cherche à constater l'existence de l'amaurose, on expose l'oeil à une vive lumière ; pour reconnaître l'insensibilité de la conjonctive , on y applique les barbes d'une plume ou un corps dur, on place du sel, du sulfate de quinine sur la langue, on introduit du tabac ou de la vapeur ammoniacale dans une narine. Il ne faut pas croire qu'une exploration aussi simple fournisse toujours des résultats positifs, in-

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contestables ; s'il en était ainsi, l'on verrait cesser les dissentiments qui régnent encore aujourd'hui au sujet de certaines anesthésies. N'a-t-on pas soutenu que , dans la paralysie de la cinquième paire, la sensibilité pouvait être conservée, tandis que d'autres auteurs ont trouvé l'anesthésie dans tous les cas (voy. Face (Paralysie de la), t. m, p. 623).

La nutrition paraît aussi s'altérer dans les parties anesthésiées, mais à un moindre degré que dans les paralysies du mouvement: ce qui tend à prouver que l'immobilité du membre et le repos des parties paralysées jouent le principal rôle dans les changements que l'on observe dans les membres privés du mouvement.

Séméiologie. — La paralysie est un symptôme qui, pris d'une manière absolue, a toujours une grandevaleur ence qu'il annonce une maladie du système nerveux central ou des cordons nerveux. Quand on observe une paralysie , quel que soit son siège , on doit songer à une maladie 1° du cerveau, 2° de la moelle, 3° des nerfs, 4° à un simple trouble fonctionnel du système nerveux de l'organe , sans lésion appréciable du système nerveux. Tel est à peu près Tordre suivant lequel on doit établir les données diagnostiques fournies par la paralysie.

Une seconde considération , qui doit sur-le-champ occuper le médecin , repose sur la distinction de la paralysie en celle du mouvement et du sentiment. La première indique ordinairement une lésion matérielle du cerveau ou de la moelle , surtout quand elle est réunie à l'anesthésie ; celle-ci seule , isolée , est souvent un simple trouble fonctionnel : elle est par cela même moins grave que la première. II n'y a rien d'absolu à ce sujet.

On doit examiner ensuite si la paralysie est générale ou partielle. La première est toujours symptomatique d'une affection partielle du cerveau ; elle est encore symplomatique d'une maladie du cerveau ou de la moelle quand elle affecte une moitié du corps ou les deux membres inférieurs; plus limitée encore, elle doit faire songer à la lésion d'un nerf ou à un simple trouble fonctionnel. Si elle est croisée, on doit croire à une lésion siégeant dans l'une et l'autre moitié du système nerveux , et en des points différents et non similaires. Le pronostic est évidemment fondé sur ces diverses circonstances du diagnostic.

La paralysie complète et brusque indique une altération organique bien constituée; incomplète et graduelle, elle se rattache à un travail morbide qui est en train de se faire : la première est donc plus grave que la seconde.

Voilà tout ce que nous pouvons dire de plus général sur les signes diagnostiques et pronostiques que l'on peut tirer de l'étude de la paralysie considérée indépendamment des autres symptômes qui peu-

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vent raccompagner. Quant aux indications thérapeutiques tirées de la paralysie , elles ne peuvent être formulées d'une manière générale que dans le chapitre consacré à l'élude des trois genres de paralysie que nous avons fondés.

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