PARALYSIES SYMPATHIQUES
Le trouble fonctionnel du mouvement ou du sentiment est encore toute la maladie comme dans les paralysies rassemblées dans le chapitre précédent, mais il y a de plus une lésion viscérale évidente ou une maladie déterminée dont la paralysie n'est qu'un effet sympathique. Nous avons admis dans l'élude générale des convulsions une semblable division (voy. Convulsion, t. n, p. 492).
Le docteur Graves , qui a porté sou attention sur les paralysies dont nous nous occupons , blâme les pathologistes d'en avoir trop exclusivemeut cherché la cause dans les centres nerveux et dans une altération organique ou un trouble fonctionnel du cerveau et de Ja moelle épinière (Lond. medic. and surg.journ., nos 58 et 59 , in Archiv. génér. de médec. , t. xi, p. 200; 1836). 11 pense que la lésion d'un rameau nerveux ou de ses extrémités périphériques peut se réfléchir, en vertu d'une action rétrograde, à d'autres rameaux, et amener aussi des paralysies dans des points assez éloignés du lieu primitivement affecté. Quoi qu'il en soit de l'explication , on voit en effet des paralysies se développer par suite de la maladie d'un viscère. Le médecin anglais cite un cas de paraplégie succédant à une entérite aiguë , un autre lié à une gastro-duodénite, à un rétrécissement de l'urèthre (mém. cit., p. 207 et suiv.). La relation de ces faits ne nous a pas entièrement convaincus.
Nous avons parlé de la paralysie que le docteur Stanley a vu compliquer les affections aiguës des reins, et qu'il croit provoquée par l'irritation transmise à la moelle (voyez Moelle (Maladies de la). L'ouverture cadavérique n'a révélé aucune altération appréciable dans les parties auxquelles on avait cru devoir attribuer la cause de la paralysie. Dans tous les cas dont il vient d'être question , le docteur Graves explique le développement de la paralysie par l'influence de la maladie viscérale sur une portion limitée du système nerveux périphérique : il en résulte un trouble fonctionnel de la moelle épinière , et par suite la paralysie sympathique dont il est question.
La paralysie a été observée dans la dysenterie (Zimmermann), dans les fièvres intermittentes. N'y avait-il dans ces cas aucune lésion du système nerveux ?
C'est ce que ne disent pas très-positivement les auteurs qui les rapportent. Des médecins dignes de foi ont eu occasion d'observer, quoique bien rarement, la \ paraplégie chez des malades atteints de cancer de l'estomac , de gastrique chronique , de maladies de l'utérus , et chez lesquels le système nerveux n'était le siège d'aucune lésion.
Les névroses s'accompagnent fréquemment de paralysie; on voit souvent, après une violente attaque d'hystérie, un membre frappé de paralysie pendant quelques heures, ou des malades conserver une anesthésie partielle qui disparaît brusquement, après un temps variable. Chez les hypochondriaques , on observe quelquefois des paralysies , mais on est fondé à dire qu'elles sont le plus ordinairement symptomatiques.
Traitement. — La paralysie sympathique étant toujours liée à une maladie , il faut s'occuper d'abord de combattre cette dernière par des remèdes appropriés. La paralysie sympathique des affections de l'estomac, de l'utérus , de l'hystérie , sera traitée par des agents thérapeutiques tout à fait différents. Si l'on réussit à guérir la maladie primitive, la paralysie cède quelquefois; on ne peut même espérer une guérison durable qu'à cette condition. Dans le cas où elle persisterait , on aurait recours à un traitement local ou général qui ne doit pas différer beaucoup de celui dont nous avons tracé les règles en parlant de la paralysie idiopathique.