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n'ont plus aucun effet. On doit insister alors sur les bains d'eau tiède, et les rendre plus tard alcalins, sulfureux, savonneux. On doit recourir aux applications de vésicatoires sur le ventre ; mais pour qu'ils soient efficaces, il faut que la sensibilité de l'abdomen soit peu développée ou nulle, la chaleur à peinemarquée. On emploie d'abord les vésicatoires volants que l'on promène sur toutes les régions du ventre et sans mettre aucune interruption entre chaque application; si les douleurs et les autres troubles fonctionnels diminuent ou cessent, on peut ne pas insister davantage sur celte révulsion; dans le cas contraire on établit une suppuration plus durable et plus abondante à l'aide d'un large vésicatoire que l'onentretient pendant longtemps, ou mieux encore à l'aide de cautères et de. moxas dont le nombre doit être proportionné à l'ancienneté de la maladie, à l'état des forces et de la nutrition générale. Broussais conseille les vésicatoires et lesmoxas(/oc. cit.,, p. 445) qui constituent, en effet , les agents thérapeutiques les plus efficaces dans cette cruelle maladie ; mais pour en tirer quelque avantage , il faut savoir les manier avec énergie et ne pas désespérer trop tôt. A côté, mais bien loin de ces agents de la médication révulsive , se placent les frictions irritantes , faites avec la pommade stibiée, l'essence de térébenthine ou la teinture decaniharides. On vante les onctions faites avec la pommade mercurielle ; à la dose de 1 0 à 20 gram. par jour ; avec la pommade iodurée : ces derniers médicaments comptent quelques succès; peut-être ceux-ci tiennentils à l'action salutaire exercée par le mercure et l'iode sur l'affection scrofuleuse à laquelle se rattache la maladie.
Quand les douleurs sont vives et les digestions altérées, on se trouve bien d'administrer l'opium à doses peu élevées , mais rapprochées. L'existence de la diarrhée, de coliques sourdes, du météorisme, indique aussi l'emploi des narcotiques; c'est surtout sur le régime et les prescriptions hygiéniques qu'il faut le plus insister si l'on veut soulager les malades, quelquefois même les guérir. On a quelque peine à les empêcher de manger, parce que l'appétit est conservé chez un grand nombre d'entre eux; on les soumet inutilement à la diète , ils se procurent des aliments et renouvellent sans cesse la diarrhée que l'on cherche à arrêter. Leur nourriture doit être presque exclusivement composée d'aliments sucrés et féculents et de préparations lactées ; on cite quelques exemples de guérisons obtenues par l'usage longtemps continué du lait et des fécules.
Historique et bibliographie. — On trouve dans les recueils de T. Bonet, Lieulaud et Morgagni une foule de documents sur les lésions anatomiques que produit la phlegmasie du péritoine. Morgagni cite entre autres observations intéressantes celle d'un
fœtus à terme qui lui présenta toutes les altérations d'une péritonite probablement tuberculeuse (de Sed. et caus., épis. lxvii,§ 17. — Voy. aussi Lieutaud, Hist. anat.-medic. } t. i, p. 4 et suiv. , in-4°). Cullen mérite d'occuper une place distinguée parmi les auteurs qui ont étudié la péritonite: il la met au nombre des inflammations delà région abdominale, et comprend, sous ce litre, les inflammations des différents feuillets et replis qui constituent le péritoine (Elém. de méd. prat., t. i , p. 403 , in-8°; Paris , 1819); seulement il déclare qu'il lui serait impossible d'en indiquer les symptômes.
Il était réservé à Bichat de nous donner sur ce sujet des notions plus précises encore , et d'être le principal auteur de la théorie exacte que nous possédons sur cette maladie (Gasc, art. Péritonite du Dict. des sciences méd., p. 491). M. Gasc, qui a su si bien apprécier les services rendus par Bichat, fait remarquer qu'avant cet illustre médecin « on avait presque toujours confondu, et mal à propos, l'inflammation du péritoine avec celle des organes qu'il recouvre ; on s'était attaché plus spécialement à traiter des affections isolées de l'estomac , des intestins, de la vessie, de la matrice, etc., sans avoir égard à l'affection du péritoine en particulier, ce qui prouve qu'on était persuadé que l'inflammation attaquait à la fois la totalité de ces organes. » Ce fut principalement dans ses cours d'anatomie pathologique que Bichat, appliquant à l'étude de la péritonite les idées générales qu'il avait déjà développées au sujet des membranes dites diaphanes , fit connaître les principales lésions et les symptômes de cette phlegmasie. Pinel,dans la seconde édition de sa nosographie , s'empressa d'adopter l'opinion de Bichat. M. Gasc, après avoir puisé dans l'école de Pinel et de Bichat les vrais principes de la médecine d'observation cultivée depuis avec tant d'ardeur , publia une Dissertation inaugurale sur la maladie des femmes à la suite des couches (in-4°, Paris , 1802); la première partie renferme une bonne description de la péritonite simple. Elle a été reproduite depuis, avec quelques modifications, par son auteur (art. Péritonite, Dict. des sciences méd., 1819).
Bayle et Laennec ont consigné dans les journaux quelques-unes de leurs remarques sur les altérations anatomiques et les symptômes de la péritonite. Broussais est, de tous les auteurs qui ont écrit sur cette affection , celui dont l'immortel ouvrage n'a pas encore été dépassé(/7/sto/Ve des phlegm. chron., tom. ni); dans les observations qu'il rapporte brille une exposition si fidèle et si pratique des phénomènes de la maladie, qu'aujoui d'hui même il serait difficile d'y trouver des erreurs, et que l'on est encore obligé d'y puiser les matériaux nécessaires pour écrire l'histoire de la péritonite.
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Les descriptions données par Broussais ne pouvaient contenir ces détails d'anatomie pathologique qu'on exige aujourd'hui. M. Scoutetten a rempli cette lacune dans trois mémoires importants que nous avons souvent cités {Anat.pathol. du péritoine, in Arch.gén. de mèd., t. m, 1823, t. iv, 1824). Nous avons fait aussi de nombreux emprunts à M. Gendrin, qui a publié une remarquable description des désordres anatomiques que laisse après elle la péritonite chronique (Hisl. anat. des inflamm., t. i, p. 250 , in-8°; Paris, 1 826). Elle a été le sujet d'un grand nombre de mémoires et de travaux particuliers que nous avons indiqués dans le cours de cet article.
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