‹ Compendium de médecine pratique, ou, Exposé analytique et raisonné des travaux contenus dans les principaux traités de pathologie interne (volume 5)Chapitre 6 sur 59 · MUT · texte numérisé non relu

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esl Fort dangereux; mais nous devons ajouter que quelques i;ails relatés par Marcard, Finkc, Sloll, M. Gendrin, etc., ne permeltcnt pas de rejeter celle médication d'une manière absolue. Nous dirons la même chose à l'égard des vers intestinaux. S'il est toujours utile d'entretenir la liberté du ventre au moyen de lavements ou de laxatifs très-doux, il n'est presque jamais utile de recourir à des purgatifs énergiques , qui ont pour effet ordinaire d'augmenter l'écoulement sanguin.

Traitement de la métrorrhagic cousit! tire en elle-même. — Lorsque la cause de l'hémorrhagie est inconnue ou au-dessus des ressources de l'art, lorsque l'écoulement de sang est assez considérable pour devenir redoutable par lui-même , il faut combattre la métrorrhagic , abstraction faite de sa cause.

On doit placer la malade dans un repos absolu et dans une position horizontale, le bassin étant plus élevé que le reste du corps. Le lit doit être assez dur : les matelats de crin remplissent parfaitement cette indication ; la température de la chambre doit être peu élevée, et la malade ne doit être que médiocrement couverte ; il faut éviter que les pieds soient trop chauds. A moins d'accidents graves , M. Lis franc ne veut pas que les malades restent constamment au lit; il les fait transporter sur un canapé , sur une chaise longue , sur un divan ; il conseille aussi de ne point prolonger outre mesure le repos absolu. 11 faut toujours avoir grand soin de débarrasser la malade de tous les liens ou vêtements qui pourraient entraver la circulation.

11 faut soustraire la malade au bruit, à la lumière intense, à toute influence morale vive; il faut lui défendre de parier, de lire , de fixer son attention , d'exciter ses facultés intellectuelles.

A moins que les malades ne soient très-robustes, pléthoriques, il ne faut point les soumettre à une diète complète-, on donne du bouillon, des viandes blanches : lorsque l'eslomac le permet, tous les aliments doivent être mangés froids. Les boissons ne doivent être prises qu'en petite quantité. M. Gensoul assure avoir arrêté des métrorrhagies en privant complètement les malades de boissons.

Froid. — Le froid, inius et extra, est l'un des moyens les plus énergiques auxquels pn puisse avoir recours. Un prescrit des boisons acidul: s à la glace; on applique sur l'hypogaslre, sur les cuisses, sur la vulve . des compresses trempées dans l'eau glacée; on administre des lavements et des injections avec de 1 'eau froide ; enfin , on a recours aux affusipns et aux bains entiers ou ae siège. Ces derniers moyens ne doivent être mis en usage qu'en dernier russort,,car ils ont quelquefois pour résultat de produire des phlegmasitfs viscérales ( Lisfranc, /W. c.\t., p. 4G0). Quand on a recours au froid , il faut l'employer avec

persévérance et pendant plusieurs heures de suite, sous peine d'obtenir un résultat opposé à celui que l'on désire, en raison de la réaction qui succède à l'application momentanée du froid.

astringents. — La limonade simple ou sulfurique pour boisson , les injections avec de l'eau aiguisée avec du vinaigre, de l'eau de Rabel , du jus de citron , les injections avec une décoction de tan , de noix de galle, d'écorce de grenade, de feuilles de noyer, sont souvent utiles. M. Lisfranc prescrit avec avantage le liquide suivant en injection : Pr. eau commune, 1 litre; sulfate acide d'alumine, 4 à 8 grammes. M. Gendrin préfère porter directement sur le col utérin, au moyen d'un bourdonnet de chapie, du sulfate d'alumine en poudre, humecté seulement avec une petite quantité d'eau. M. Lisfranc assure que le sulfate d'alumine , administré à l'intérieur en pilules, est un des moyens les plus puissants pour combattre toutes les espèces de métrorrhagic La dose est d'abord de 3 à 5 décigrammes par jour ; on la porte graduellement jusqu'à 12 décigrammes, et même davantage. Ce médicament , dit M. Lisfranc, est beaucoup plus facilement toléré par le canal intestinal qu'on ne le pense généralement ( loc. cit., p. 402 ). M. Moreau conseille, d'après Évrat, de porter sur l'orifice utérin un citron écorché, et de l'y laisser séjourner pendant quelque temps; l'un de nous a eu plusieurs fois à se louer de ce moyen.

Révulsifs. — Indépendamment des moyens que nous avons indiqués plus haut , ou a conseillé l'application d'un sinapisme sur le ventre, entre les deux épaules, l'immersion des mains dans l'eau chaude; l'ipécacuanha, à doses souvent répétées et de manière à ne produire que des nausées , a été préconisé par P. Frank, Mïirray, Denman , etc. M. Gendrin assure avoir souvent arrêté des métrorrhagies par cette médication.

Seigle ergoté. — Vaguement indiqué par M. Goupil (Journ. des progrès, t. m, p. t83, 1837 ),par M. Péronier; préconisé par Gabini, Sparjani et quelques autres médecins italiens; employé par Marshall Hall dans la ménorrhagic passive seulement [The London meil. and. phy s. journal ; mai 1839), par Dewees dans toutes les métrorrhagies, l'ergot de seigle n'avait pas été, en France, essayé contre la métrorrhagic, lorsque MM. Trousseau et Maisonneuvo soumirent ce médicament à l'expérimentatiou, et se crurent bientôt autorisés à formuler les conclusions suivantes.

«Les contractions utérines produites par l'ergot de seigle, constamment accompagnées de douleurs, amènent rapideineut la suspension des métrorrhagies, tutelle tpte soit la cause de celles-ci.

«L'état de l'utérus n'influe en rien sur la production des contractions.

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« L'ergot de seigle conserve son efficacité même quand une partie des fibres du col de cet organe se trouvent envahies par le cancer.

«On peut sans iuconvénieut porter la dose du médicament à plusieurs gros dans quatre ou cinq jours.

«Il est bon de fractionner les doses, et de les donner à des intervalles égaux.

«11 ne faut pas craindre de débuter par une dose un peu forte : 4 grammes, par exemple, dans les premières vingt-quatre heures» (Trousseau et Maisonneuve , dlémoirc sur l'emploi du seigle ergoté dans la mcnarrliagie et la metrorrheigic, in Bull, général de thérapeut., t. iv, p. 69-S2, 100-109; 1833)

L'expérience ultérieure n'a pas entièrement justifié les espérances conçues par MM. Trousseau et Maiscnneuve. Le seigle ergoté augmente l'écoulement sanguin lorsque celui-ci est accompagné d'une irritation utérine et de douleurs vives, et si M.-Gendrin est trop absolu en rejetant complètement l'emploi de ce médicament ( loc. cit. , p. 1 48 ) , il faut reconnaître, du moins, qu'il ne doit être rais en usage que rarement, et seulement lorsque l'hémorrhagie est entretenue par une espèce d'atonie de la matrice.

Créosote. — Weissbrod vante les effets de la créosote à l'intérieur, à la dose de 3 gouttes pour 180 grammes de liquide, ou de 3 gouttes pour deux lavements ( Stanger , TJeber Gebârmulterblutflùsse und deren Behandlung ; Munich, 1837); nous n'avons aucune donnée qui nous permette de nous prononcer sur l'efficacité de ce médicament.

Opium. — Les médecins anglais, et principalement Whytt, Hamilton , Goaels , Burns, Ingleby, considèrent l'opium comme l'un des plus puissants anti-métrorrhagiques ,et le prescrivent à très-hautes doses. Burns administre jusqu'à 25 centigrammes d'opium à la fois, et ensuite 15 centigrammes de trois heures en trois heures, jusqu'à ce que le danger ait cessé (Burns , Practical observations on ihe utérine hœmorrhagy; London , 1807). Ingleby prescrit 60 gouttes de teinture d'opium, et i! rapporte que Weikenden en a donné jusqu'à 15 grammes à la fois (Ingleby, A practical trealise on utérine hœmorrhagy, London ,1832, p. 59). L'opium avait été déjà préconisé par Sennert, Rivière, Ettmulîer, Horslius , et son efficacité n'est point contestée, mais elle ne se montre que lorsque le médicament est donné à très-hautes doses , et celles-ci ne sont pas toujours sans inconvénient.

On ne saurait trop surveiller, dit Ingleby (loc cit., p. 60), les malades qui ont pris une dose considérable d'opium; sous aucun prétexte on ne doit les quitter, et dès qu'on s'aperçoit d'un ralentissement dans la circulation , à plus forte raison s'il survient du coma, des défaillances, des mouvements

eonvulsifs, il faut discontinuer l'emploi du médicament, et avoir recours aux stimulants diffusiblcs, à l'infusion de café, etc. M. Fabre dit avoir obtenu de bons effets de l'acétate de morphine (Dicl. des dict., t. v, p. 629).

Tamponnement. — C'est à Leroux ( Observations sur les pertes de sang chez les femmes en couches et sur le moyen de les guérir; Dijon , 1 776 ) que l'on doit , en partie , un procédé qui rend tous les jours de grands services, et qui consiste à porter jusqu'au fond du vagin, jusque sur le museau de tanche, un linge fin en forme de sac, de doigt de gant, que l'on remplit ensuite avec de la charpie, de l'étoupe, de l'amadou, etc., et que l'on laisse en place pendant an moins vingt-quatre heures. Le sang retenu par ce tampon dans la cavité utérine se coagule , il se forme un caillot qui se prolonge jusqu'au siège de l'hémorrhagie, et s'oppose à l'issue du sang. «Mais il faut pour cela, disent avec raison Desormeaux et M. Paul Dubois (art. cité, p. 667), que l'hémorrhagie n'ait pas été portée assez loin pour priver le sang de sa propriété plastique , et que l'utérus conserve assez de contractilité pour résister à l'accumulation du sang dans son intérieur.»

Chez les jeunes filles vierges, il faut se contenter d'appliquer et de maintenir un tampon sur la vulve , entre les grandes lèvres , de manière à oblitérer l'orifice du vagin. L'un de nous est parvenu , il y a peu de temps, à arrêter par ce moyen, chez une jeune fille de quatorze ans, une ménorrhagie abondante, qui , pendant plusieurs jours, avait résisté à tous les moyens.

Compression de l'aorte. — La compression de l'aorte , mise en usage surtout pour les hémorrhagies consécutives à l'accouchement ( Tréhan , Siebold , Ulsamer, Baudelocque, etc.), pourrait être également employée dans le cas où, pendant l'état de vacuité, une métrorrhagie deviendrait inquiétante par son abondance et sa rapidité.

«On fait fléchir la tête sur la poitrine, celle-ci sur le ventre, les jambes sur les cuisses, et celles-ci sur le bassin. On recommande à la malade de ne faire aucun effort, et l'on applique les quatre derniers doigts de la main droite, rangés sur une seule ligne, sur la ligne blanche, dans la région ombilicale; on déprime graduellement les parois abdominales, jusqu'à ce que l'on sente les battements de l'aorte, et alors on comprime fortement ce vaisseau sur les vertèbres lombaires» (Tréhan, Nouveau traitement des hémorrhagies utérines, etc ; Paris, 1829). Desormeaux et M. Paul Dubois recommandent d'écarter autant que possible les intestins, de s'efforcer de soustraire la veine cave inférieure à la compres sion , et de continuer celle-ci pendant une heure ou deux, après lesquelles on la suspend par degrés.

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M. Baudelocque a fortement préconisé ce moyen dans ces dernières années.

Transfusion. — Dans les cas désespérés, lorsque la perte de sang est assez considérable pour produire des syncopes, un affaiblissement profond , des convulsious, lorsqu'en un mot la mort est imminente, il convient de recourir à une opération qui n'est pas toujours suivie de succès , qui devient quelquefois elle-même la cause d'accidents graves (phlébite, accidents nerveux), mais qui a réussi un si grand nombre de fois qu'il n'est pas permis de la négliger : nous voulons parler de la transfusion du sang.

Nous ne décrirons pas ici le procédé opératoire, nous dirons seulement que le sang doit être injecté lentement, et qu'il faut s'arrêter aussitôt que le pouls devient suffisamment plein, que les forces et le sentiment reparaissent. La quantité de sang qu'il faut introduire varie singulièrement suivant les circonstances : Brown (Arch. génér. de mécl., t. xvni, p. 37; 1828), Klett (même recueil, t. vij, p. 117-119; 1 834), n'en ont injecté que 64 à 66grammes; Ingleby (même recueil , t. vi , p. 339-34 1 ; 1 834) en a injecté 128 grammes ; Benner (même recueil , t. m , p. 1 28- 131 ; 1833), 384 et 448 grammes; Oliver (Journ. des conn. médico-chirurgicales, t. vin, p. 124), 704 grammes.

Prophylactique. — Éloigner toutes les causes qui pourraient ramener l'écoulement sanguin (yoyezÉtiologie), continuer pendant longtempsle traitement qui a été mis en usage et qui est en rapport avec la nature de l'hémorrhagie , telles sont les deux indications que présente le traitement prophylactique de la métrorrhagie. Si l'hémorrhagie estpléthorique, il faut pratiquer des saignées de précaution aux approches des règles, soumettre la malade à un régime peu nourrissant; si l'hémorrhagie est passive , il faut , au contraire , bien se garder de tirer du sang; on prescrit un exercice modéré , une alimentation fortifiante, les martiaux, le quinquina, etc. Dans lous les cas, il faut soustraire les malades aux causes qui déterminent une irritation utérine (coït, émotions vives, exercice immodéré). Nous n'avons pas besoin d'entrer ici dans des détails qui ne seraient que des répétitions, et nous rappellerons seulement, avec M. Gendrin (loti, cit., p. 154), qu'il importe d'insister pendant plusieurs mois, et même pendant des années, sur la médication prophylactique de la métrorrhagie, surtout chez les femmes qui ont été déjà affectées plusieurs fois de celle maladie.

Historique et bibliographie. — La métrorrhagie a été connue des plus anciens auteurs, et son histoire bibliographique se confond avec celle des hémorrhagies considérées en général (voy. hCompendium, t. îv, p. 494). Dans les temps modernes, on ne s'est guère occupé que des métrorrhngies obstétricales, et

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nous avons dû chercher les éléments de notre travail

soit dans des observations isolées , soit dans les écrits des accoucheurs. Les auteurs que l'on consultera avec le plus de fruit sont les suivants : P. Frank, Burns {Practical observations on the utérine hœmorrhagy; London , 1807),Duncan (A treatise on the utérine hœmorrhagy; London, 1816), M. Boivin (Mémoire sur les hémorrhagies internes de l'utérus; Paris , 1819), Ingleby (A practical treatise on utérine hœmorrhagy ; London, 1832), Stanger (Ueber Gebdrmutterblutflusse und dercn Behandlung; Munich, 1 837), Gendrin (Traité physiologique de médecine pratique ; Paris, 1839), Lisfranc (Clinique chirurgicale de l'hôpital de la Pitié; Paris, 1842). Nous citerons encore l'article Métrorrhagie du Dictionnaire des sciences médicales, celui du Dictionnaire de médecine, et enfin une bonne thèse de M. Sisay (Essai sur l'hémorrhagie utérine; thèse de Paris, 1837, n° 126).

MICR0SC0P1E, s. f. — «On doit désigner sous ce nom, en pathologie, un mode particulier d'exploration qui nécessite l'emploi du microscope , et à l'aide duquel on se propose de découvrir les altérations que les maladies déterminent soit dans les solides, soit dans les liquides de l'organisme. L'anatomiste et le physiologiste se servent du microscope pour connaître la structure intime des tissus et certains phénomènes moléculaires; le pathologiste ne peut pas non plus s'en passer s'il veut découvrir certaines altérations qui lui ont échappé jusqu'à ce jour.»

«On ne doit pas entendre seulement par microscopie le mode d'exploration qui se fait à l'aide du microscope, mais encore cette partie de la séméiologie qui comprend l'ensemble des connaissances acquises par ce mode d'exploration. C'est ainsi que l'on décrit sous le nom $ auscultation le procédé opératoire lui-même , et les symptômes qu'il révèle au médecin. Il en est de même pour la percussion , la mensuration, et l'analyse chimique. On a coutume, en séméiotique , d'étudier chaque procédé en lui-même, et on s'occupe ensuite de décrire minutieusement les données qu'il fournit à la séméiologie et à la thérapeutique. Telle doit être la marche que doit tenir aujourd'hui le médecin qui se propose de faire l'histoire de la microscopie : 1° il doit commencer par indiquer succinctement la construction du microscope qui doit servir aux observations , les précautions à prendre pour se mettre à l'abri de l'erreur ; 2° ces documents une fois fournis , il doit signaler les altérations qui peuvent survenir dans les différents liquides et les solides de l'économie (symptomatologie); 3° dire les maladies auxquelles ces altérations se rattachent (séméiologie); 4° les déductions importantes que l'on peut en tirer pour le traitement des maladies. Toutes ces divisions doivent nécessaire-

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ment trouver place dans un article de microscopie appliquée à la pathologie. »

«Nous ne voulons pas remplir minutieusement le cadre que nous venons de tracer, l'étude des détails dans laquelle nous serions contraints de pénétrer doit trouver place ailleurs (pus, sang, urine); nous préférons donner une idée générale de la microscopie, et nous attacher particulièrement aux applications que l'on en a faites à la séméiologie et à la thérapeutique; nous dirons ensuite les services qu'elle a rendus, et les espérances que l'on est en droit de fonder sur elle. Si on lui a prodigué des louanges exagérées, qu'il faut savoir réduire à leur jusie valeur, on ne lui a pas épargné non plus des critiques injustes. Les uns ont cru qu'elle pouvait tout, les autres lui ont contesté son utilité; elle a été, en un mot, comme toutes les découvertes nouvelles, l'objet d'attaques et de récriminations injustes (Monneret, De la Microscopie dans ses rapports avec la médecine pratique, in Journal de méd., numéro de juin 1844).

Choix du microscope. — 11 est de la plus haute importance de choisir un instrument qui ait une grande précision, et qui soit facile à mettre sur le champ en observation. 11 faut en oulre qu'il ne soit pas d'un prix trop élevé. Pendant longtemps on s'est servi du microscope de 31. ftaspail , qui n'est qu'une forme de microscope simple ; le bon marché de cet instrument, et le parti qu'a su en tirer, dans ses recherches, l'habile savant que nous venons de nommer, lui ont fait une sorte de réputation : disons sur-lechamp qu'il est insuffisant pour le médecin, il faut absolument qu'il emploie un microscope composé. Il prendra, s'il veut, celui de Trécourt et Georges Oberhaeuser, dont le prix est de 100 à 500 francs; ou celui de Charles Chevalier, ou d'Amici. Nous préférons le premier parce qu'il possède tous les avantages que nous avons signalés précédemment. L'éclairage, qui est une partie souvent défectueuse dans les microscopes , est aussi parfait que possible dans celui-là; de plus, il est vertical , ce qui est plus commode pour l'observateur , et important pour certaines observations, surtout lorsqu'elles se font sur les liquides. Enfin on peut toujours, en raison du pas de vis qui fait mouvoir la lunette , se placer exactement au foyer, etc. Nous ne pouvons que renvoyer, pour plus de détails, aux ouvrages suivants, où le lecteur trouvera une description détaillée des procédés microscopiques {Manuel du micrographe, par Gh. Chevalier; — Traité pratique du microscope, par M. Mandl ; — Nouveau manuel complet de l'observateur au microscope, de M. Desjardins; — Cours de microscopie, par M. Donné : in-8°, Paris, 1844). Nous devons seulement établir que les observations ne peuvent être bien faites qu'à la condition que l'éclairage du microscope est parfait , et

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qu'on ne porte pas le grossissement pour les liquides au delà de 400.

Ce que nous avons dit s'applique surtout à la microscopie des liquides; pour l'étude des solides , il faut apporter, dans la construction de l'instrument , plusieurs modifications ; il faut surtout pouvoir éclairer convenablement l'objet, qui ne peut plus être observé que comme corps opaque, à moins qu'il ne soit réduit à une minceur extrême. Le même opticien dont nous avons parlé , M. Oberhaeuser , a construit récemment des microscopes qui sont destinés à l'étude des solides, et remplissent ces conditions. Enfin nous terminerons en disant qu'il faut avoir bien souvent examiné le même objet à l'état sain et à l'état pathologique pour se mettre à l'abri des erreurs , et que ce n'est qu'à la suite d'une longue et patiente élude que l'on peut parvenir à éviter toutes les illusions d'optique qui sont si communes pour celui qui ne sait pas observer.

La microscopie reste incomplète si on n'y joint la représentation exacte des objets qui ont été vus par l'observateur. Aussi est-il indispensable de posséder une chambre claire, à l'aide de laquelle on retrace exactement sur le papier l'image des objets que l'œil a aperçus. Enfin il est nécessaire d'avoir un micromètre destiné à mesurer la grandeur des objets , des lames de verres , des scalpels très-déliés , des tubes de verres , et des réactifs, tels que des acides , des alcalis, de l'alcool, etc.

M. Donné propose l'emploi d'un microscope-daguerrotype, au moyen duquel on peut reproduire, par les procédés usités de photographie, l'image fidèle des objets vus au microscope. 11 annonce la prochaine publication d'un atlas où se trouvent plusieurs dessins obtenus par ce procédé {Cours de microscopie, déjà cité, pag. 36).

Appréciation des services rendus par la microscopie. — Nous n'avons pas l'intention d'énumérer toutes les découvertes faites dans ces derniers temps ; nous voulons seulement choisir quelques exemples, afin de montrer quels sont les services déjà rendus par le microscope, et ceux que l'on est en droit d'en attendre. A cet effet, nous allons jeter un coup d'oeil sur la microscopie des solides et des liquides , soit à l'état normal , soit à l'état de maladie, et reproduire le travail que vient de publier récemment l'uu de nous (Monneret, loc. cit.).

L'étude microscopique n'est certainement pas une science nouvelle , et il suffit, pour le prouver, de rappeler les admirables travaux de Leeuwenhoeck , de Swammerdam, de Ledermuller et Gleichen , et les excellentes observations qui ont été faites à la fin du siècle précédent par Hewson en Angleterre , Muys en Hollande, Foutana en Italie; personne, enfin , n'iguore avec quelle ardeur les anatomistes et les phy-

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