‹ Compendium de médecine pratique, ou, Exposé analytique et raisonné des travaux contenus dans les principaux traités de pathologie interneChapitre 17 sur 50 · A OR · texte numérisé non relu

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qui oui leur siège dans la tunique moyenne ou le tissu cellulaire subjacent à l'interne. L'inflammation ne peut persister quelque temps dans celle-ci sans que le tissu cellulaire n'y participe , et c'est même là une preuve propre à faire considérer les divers produits morbides des artères comme reconnaissant pour cause une inflammation primitivement développée dans la membrane interne.

Le pus existe assez souvent sous les écailles cartilagineuses ou osseuses qui couvrent l'aorte. Dans quelques cas, au lieu d'un véritable pus, c'est une matière qui ressemble tantôt à du fromage, à du suif, ou à du miel , et qui s'amasse dans des clapiers formés aux dépens de la membrane interne et moyenne; souvent aussi le décollement d'une incrustation osseuse produit une petite cavité qui se remplit de cette matière épaisse à laquelle on donne le nom A'athérôme, et qui a été considérée à juste titre comme une espèce de pus. Scarpa, Kreysig, Laennec, et d'autres observateurs , Ont vu le sang s'infiltrer sous ces lames osseuses , dans l'épaisseur des tuniques, s'y coaguler ; alors la fibrine se décolore, prend la consistance d'une pâte friable, et se convertit en matière athéromateuse. Celle-ci n'est , pour quelques médecins, que le résultat d'un vice de nutrition, et pour d'autres, un effet de l'inflammation qui , devenue chronique dans les tissus secs où elle peut difficilement arriver à la suppuration, les rend friables , fait qu'ils se déchirent par plaques, et amène consécutivement ces épanchements albumino-fibrineus qui s'altèrent et se transforment diversement (M. Broussais, Cours de path., t. m, p. 171).

Incrustations osseuses, cartilagineuses et calcaires de l'aorte. — Elles sont , en général, placées entre la tunique interne et moyenne. On peut quelquefois séparer la première de ces membranes, et alors on les trouve comme enchatonnées dans la seconde. Souvent la membrane interne, inégale et rugueuse semble avoir été envahie et détruite par les incrustations ; celles-ci sont alors baignées par le sang.

La forme de ces productions est variable ; en général, très -irrégulières , elles sont quelquelquefois disposées par lames minces et tranchantes à leurs bords , et ressemblent assez bien à des esquilles d'os, surtout lorsqu'elles ont perforé la membrane commune, et qu'elles font saillie à l'intérieur du vaisseau. Quand ces incrustations ont une épaisseur assez grande , elles se dessinent plutôt à l'extérieur qu'à l'intérieur de l'artère. Leur première origine est l'incrustation cartilagineuse, dont la consistance est plus molle que celle des cartilages naturels. L'ossification y a lieu par le dépôt de petites incrustations osseuses qui , formées d'abord par des points séparés, finissent par se réunir, s'étendre et envahir une portion souvent assez considérable du tube artériel : dans ce cas , elles croissent par intussusception. Mais tel n'est pas toujours leur mode de

production. Quelquefois ellesn'ontpas étépréeédées du développement d'un cartilage accidentel, et on les voit même naître au milieu de fausses membranes, sécrétées, soit au dedans, soit au dehors de la membrane interne de l'aorte. Elles sont , pour un grand nombre de médecins, la dernière phase de l'évolution de la pseudo-membrane ( M. Bouillaud). Du reste, la pathogénie de ces produits anormaux est encore environnée de ténèbres; elle sera examinée avec soin lorsque nous parlerons des maladies des artères.

Symptômes de l'aortite aiguë et chronique. — L'inflammation peut frapper séparément la crosse de l'aorte, sa portion pectorale et abdominale. Cette division toute anatomique ne peut pas toujours servir dans l'étude des symptômes; quelques-uns cependant s'y rattachent plus particulièrement. Prévenons d'abord, en commençant, que l'on parvient rarement à diagnostiquer d'une manière précise l'inflammation de l'aorte, parce qu'elle se dérobe presque entièrement à nos moyens d'investigation. Si le diagnostic des anévrysmes de l'aorte est si difficile , que Laennec, après dix années de recherches assidues, n'était pas encore parvenu à l'établir solidement, à plus forte raison doit-il l'être dans les inflammations de l'aorte.

On soupçonnera l'existence de l'aortite lorsque, à la suite de causes que nous chercherons plus loin à apprécier, on trouvera les battements de l'aorte augmentés de force. Le malade éprouve quelquefois , suivant le trajet du vaisseau , des douleurs sourdes et profondes qui imitent les douleurs du rhumatisme , ou une sensation de chaleur et de malaise dans la région de cette artère (Bouillaud). Si la portion abdominale de l'aorte était enflammée , on pourrait sentir les battements forts et énergiques de l'artère; mais ce symptôme est d'un bien faible secours , surtout quand on songe que la présence de gaz contenus dans l'intestin , l'hypocondrie, une affection nerveuse, donnent lieu à ce même phénomène.

On a vu. dit M. Broussais, l'aorte faire éprouver dans la région lombaire des douleurs qui se propageaient dans les cuisses; mais c'est déjà lorsque le tronc de l'artère est dilaté qu'on observe ce symptôme.

11 existe d'autres signes plus incertains encore, tels que des anxiétés, de la gêne dans la respiration , des défaillances , et ce groupe de phénomènes morbides que J. Frank et d'autres auteurs attribuent à la fièvre inflammatoire ou angéioténique.

Les symptômes de l'aortite chronique sont encore plus obscurs. Combien d'individus à l'autopsie desquels on trouve l'aorte couverte de plaques osseuses , et désorganisée profondément, sans qu'on ait aperçu le moindre symptôme pendant la vie. Quelquefois, cependant, la nutrition s'altère; ce qui paraît dépendre de? maladies de cœur, qui ne tardent pas à survenir •>

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