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C. Befoulement du diaphragme

D. Pénétration des viscères abdominaux dans la cavité thoracique par une plaie du diaphragme.

— 2° Obstacles mécaniques à la respiration , qui obstruent les voies respiratoires à l'intérieur.

A. Strangulation.

B. Corps étrangers dans le canal aérien. C Écume bronchique.

— 3° Privation d'air dans le milieu ambiant. A. Submersion.

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B. Raréfaction de l'air.

— 4° Arrêt dans la circulation pulmonaire.

A. Congélation.

B. Choléra asphyxique.

— 5° Suppression de l'influx nerveux.

A. Section de la moelle épinière.

B. Section du pneumo-gastrique.

C Sidération par action de la foudre.

— 6° Respiration de gaz contraires à l'hématose pulmonaire n'ayant point d'action toxique , comme le gaz azote, l'hydrogène, le protoxyde d'azote.

— 7° Respiration de gaz contraires à l'hématose pulmonaire , ayant une action toxique , délétère par le gaz acide carbonique, acide sulfureux, le chlore, l'ammoniaque , l'acide nitreux , l'hydrogène carboné et l'oxyde de carbone , l'hydrogène sulfuré , l'hydro-sulfure d'ammoniaque, l'hydrogène arséniqué, etc.

— 8° Asphyxie des nouveau-nés.

Dans cette longue énumération des causes qui président au développement de l'asphyxie, il est facile de voir que plusieurs d'entre elles doivent appeler naturellement la critique , et peut-être même se trouver éliminées ; nous avons cependant jugé convenable d'en donner l'indication , ce qui nous conduira nécessairement à apprécier leur valeur.

Mais, avant d'aborder l'étude de chacune des variétés de cet état pathologique , ne serait-il pas nécessaire de l'étudier sous un point de vue général? En agissant ainsi, nous éviterons bien des répétitions; puis nous éclairerons le lecteur sur des faits qui lui permettront de juger l'influence que diverses circonstances peuvent avoir sur la production de l'asphyxie.

Nous devons, en commençant, établir le mode suivant lequel la cause asphyxiante entraîne la mort, autrement, discuter la théorie de l'asphyxie; ensuite, nous signalerons les altérations qu'elle détermine tant dans la trame de nos organes que dans l'accomplissement des fonctions. L'asphyxie étant alors connue dans son ensemble, nous pourrons facilement indiquer ses différents modes , exposer son étiologie , faire connaître les phénomènes symptomatologiques et les altérations qui appartiennent à chaque espèce , donner les signes qui sont propres à chaque espèce d'asphyxie, fonder le pronostic suivant les différents cas, énumérer les indications thérapeutiques , et discuter les moyens à l'aide desquels il convient d'y satisfaire.

Théorie de V asphyxie. — En physiologie , la théorie de l'asphyxie est une question d'un haut intérêt ; en médecine , c'est une question de simple curiosité. 11 faut que le physiologiste sache par quelle succession de phénomènes un obstacle à la respiration détermine la mort; pour le médecin, il importe seulement de connaître que c'est par un arrêt dans les fonctions d'hématose pulmonaire que l'asphyxie donne

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lieu à des accidents funestes. Les physiologistes ont particulièrement insisté sur l'explication des troubles qui caractérisent l'asphyxie ; dans leurs recherches , ils sont arrivés à des résultats différents qu'il est intéressant de connaître; mais de cette étude ne découle pas un avantage évidemment pratique. Nous n'insisterons pas longuement sur le sujet dont il est question.

Au temps de Haller (Bérard, loc. cit., p. 228) on expliquait ainsi les phénomènes de l'asphyxie : L'interruption des fonctions respiratoires rend le poumon à peu près imperméable au sang lancé par le ventricule droit ; ce liquide s'accumule dans les divisions de l'artère pulmonaire, s'arrête de proche en proche dans les cavités droites du cœur et le système veineux général ; il cesse de parvenir aux cavités gauches , ou n'y parvient qu'en trop petite quantité : de là l'arrêt définitif de la circulation et l'asphyxie suivant le sens étymologique de ce mot. La cause prochaine de l'arrêt du sang dans le poumon consiste dans l'état fiexueux , les plis des vaisseaux du poumon affaissé pendant l'expiration. Si semblable accident ne frappe pas le fœtus , dont le poumon est toujours dans l'état d'expiration , cela tient à la perméabilité du trou de Botal et du canal artériel. Ghose étonnante ! l'interruption de la circulation pulmonaire appartient également à l'expiration et à l'inspiration. En effet, dans ce dernier état , suivant Haller, l'asphyxie peut encore survenir. L'habile physiologiste cite à ce sujet plusieurs cas de mort volontaire obtenue par un effort d'inspiration longtemps continué. Il fallait résoudre cette nouvelle difficulté : or, voici le résumé de ce qui fut dit à ce sujet. L'arrêt de la circulation provient, suivant les uns, de ce que le cœur est entraîné en bas par le diaphragme ; suivant les autres, de ce que les artères pulmonaires sont allongées, et partant plus étroites. Demoor admet que les artères sont comprimées par les vaisseaux aériens dilatés ; d'autres établissent que l'air introduit par l'inspiration se dilate par la chaleur intérieure des voies aériennes , et comprime enfin les vaisseaux aériens; enfin on tient compte, avec Boerhaave, de l'immobilité du poumon.

Haller (Elem. physiol., t. m), qui, cependant, n'a point consacré un paragraphe spécial à l'étude de l'asphyxie, a émis] sur la théorie de la mort en pareil cas l'opinion suivante, qui exprime à la fois le résultat de ses recherches particulières , et semble être une concession aux théories que l'on professait à son époque. 11 tient toujours à démontrer l'imperméabilité du poumon au sang qui doit circuler dans son parenchyme, et veut trouver là, comme ses contemporains, l'explication de l'asphyxie. Il admet comme expression juste et fondée des faits , la théorie que l'on a donnée des phénomènes de l'asphyxie dans l'expiration , mais propose une autre explication de l'asphyxie qui sur-

vient durant l'inspiration : «L'air, dit-il, d'après Haies, perd dans le poumon son ressort élastique : or, le poumon ayant une tendance permanente à revenir sur lui-même , y obéit : de là déperdition du volume de l'air; le poumon s'affaisse peu à peu, les vaisseaux deviennent fiexueux , et bientôt ils ne laissent plus passer le sang. » Comme le remarque M. Bérard (loc. cit., p. 229), Haller arrive à cette conclusion bizarre , que l'inspiration prolongée arrête la circulation.

La théorie esquissée par Haller n'était point assez bien assise pour dominer longtemps dans la science. Un des premiers objets qui, à la fin du siècle dernier, fixa l'attention des médecins et du public, fut celui de rappeler les asphyxiés à la vie. En Angleterre, où les projets de toute espèce trouvent si facilement des protecteurs , on vit s'établir une association qui prit le nom de Société humaine, et qui fit beaucoup de bien. Cette réunion de philanthropes proposa un prix pour le meilleur traité qui paraîtrait avec l'indication des moyens de rappeler à la vie les personnes asphyxiées. Les Mémoires d'Edmond Goodwin et de Charles Kite, médecins de Londres, furent tous deux couronnés. Mais le travail de Goodwin devait jouir d'une plus grande célébrité , en raison même de la théorie qu'il a présentée du phénomène de l'asphyxie. Voici, du reste, l'exposé succinct de ses opinions sur cette matière (The connex. oflife with respirât., p. 82 et suiv.; London, 1788). La mort apparente est encore pour lui le résultat d'un arrêt dans la circulation ; mais l'obstacle au cours du sang ne réside point, comme il a été dit jusqu'à lui, dans le poumon. Le sang artériel est l'excitant nécessaire de la contraction des cavités gauches du cœur, par suite de la suspension des fonctions d'hématose pulmonaire : le sang, à son passage à travers le poumon , ne s'est point imprégné d'oxygène, ne s'est point artérialisé: il pénètre dans les cavités gauches sans avoir acquis ces qualités stimulantes qui devaient provoquer la contraction de l'oreillette et du ventricule ; ces parties restent inactives: il en résulte une asphyxie véritable. Par ses expériences , Goodwin prouve , 1° que le passage du sang au travers du poumon s'effectue pendant l'inspiration et l'expiration , que la respiration soit libre ou empêchée ; 2° que l'abord du sang rouge aux cavités gauches du cœur stimule leur contraction , tandis que le sang noir les paralyse. Il propose, enfin , de nommer l'asphyxie , et de la définir tout à la fois de la manière suivante : Melanœma impedita sanguinis venosiin arteriosum coiwersio , cujus signa syncope et livor cutis.

Il était réservé à Bichat (Rech. phys. sur la vie et la mort; Paris, 1829 , p. 321) de juger les travaux du physiologiste anglais, et de détourner un peu le prestige dont ils étaient environnés dans le monde

savant. «Selon Goodwin , dit-il, la cause unique de la cessation des contractions du cœur , lorsque les phénomènes chimiques s'interrompent , est le défaut d'excitation du ventricule à sang rouge, qui ne trouve point dans le sang noir un stimulus suffisant; en sorte que, dans sa manière de considérer l'asphyxie , la mort n'arrive alors que parce que cette cavité ne peut plus bien transmettre le sang aux divers organes. Elle survient presque comme dans une plaie du ventricule gauche, ou plutôt comme dans une ligature de l'aorte à la sortie du péricarde. Son principe , sa source , sont exclusivement dans le cœur. Les autres parties ne meurent que faute de recevoir du sang , à peu près comme dans une machine dont on arrête le ressort principal, tous les autres cessent d'agir, non par eux-mêmes, mais parce qu'ils ne sont pas mis en action.

«Je crois, au contraire , dit Bichat, que dans l'interruption des phénomènes chimiques du poumon , il y a affection générale de toutes les parties; qu'alors le sang noir poussé partout , porte sur chaque organe où il aborde l'affaiblissement et la mort ; que ce n'est pas faute de recevoir du sang , mais faute d'en recevoir du rouge, que chacun cesse d'agir; qu'en un mot, tous se trouvent alors pénétrés de la cause matérielle de leur mort, savoir, du sang noir; en sorte que, comme je le dirai, on peut isolément asphyxier une partie en y poussant cette espèce de fluide par une ouverture faite à l'artère, tandis que toutes les autres reçoivent le sang rouge du ventricule.»

Bichat s'attache à combattre par des faits la théorie de Goodwin. Ses expériences et l'argumentation à laquelle il se livre le conduisent d'abord à cette conclusion (loc. cit., p. 339), que le sang noir excite, presque autant que le rouge , la surface interne des cavités qui contiennent ordinairement ce dernier , et que , si elles cessent leur action avant celles du côté opposé, ce n'est pas parce qu'elles sont en contact avec lui , mais , au contraire , parce qu'elles n'en reçoivent pas une quantité suffisante , ou même quelquefois parce qu'elles en sont presque entièrement privées , tandis que les cavités à sang noir s'en trouvent remplies.

11 examine ensuite pourquoi le système vasculaire à sang noir est si éminemment engorgé chez les sujets morts d'asphyxie. Le sang noir, circulant dans les artères , n'est point susceptible de fournir aux sécrétions , aux exhalations et à la nutrition , les matériaux divers nécessaires à ces fonctions : toute la portion de ce fluide enlevée ordinairement au système artériel reflue dans le système veineux avec la portion qui doit y passer naturellement ; de là une quantité de sang beaucoup plus grande que dans l'état habituel. Le poumon cesse d'être excité par le sang rouge que lui apportent dans l'état normal les artères bronchiques, et qui, au moment de l'asphyxie, lui par-

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vient noir et stupéfiant ; n'étant plus pénétré d'air , il tombe encore dans le relâchement. Le ventricule et l'oreillette du côté droit sont imprégnés dans toutes leurs fibres par le sang noir , et dès lors ne peuvent plus pousser avec énergie ce fluide vers le poumon. 11 est facile de concevoir, par ces considérations, comment le système vasculaire à sang noir se trouve gorgé de ce fluide dans l'asphyxie.

Le peu d'énergie fonctionnelle des cavités droites du cœur, lacontractilité naturelle des artères, la perméabilité encore assez manifeste du système capillaire de la périphérie, expliquent assez bien l'inégalité dans la plénitude des deux appareils de vaisseaux.

Poursuivant ses démonstrations avec logique, Bichat s'attache à prouver que c'est à l'impulsion du sang noir, transmis par le ventricule aortique dans toutes les artères, qu'il faut attribuer la teinte livide qui caractérise la plupart des asphyxies.

Bichat insiste particulièrement sur cette circonstance qui constitue la base de sa théorie , que c'est en envoyant du sang noir dans les fibres charnues du cœur , en agissant peut-être sur les nerfs par le contact de ce saDg , que le poumon influe , dans l'asphyxie, sur la cessation des battements de cet organe. «Ce fait, dit-il (loc. cit., p. 352), semble d'avance nous en indiquer un analogue dans le cerveau : l'observation le prouve indubitablement. » Bichat pose alors en principe (loc. cit., p. 380) : 1° que , dans l'interruption des phénomènes chimiques du poumon, le sang noir agit sur le cerveau comme sur le cœur, c'est-à-dire en pénétrant le tissu de cet organe , et en le privant par là de l'excitation nécessaire à son action ; 2° que son influence est beaucoup plus prompte sur le premier que sur le second de ces organes; 3° que c'est l'inégalité de cette influence qui détermine la différence de cessation des deux vies dans l'asphyxie , où l'animale est toujours anéantie avant l'organique. Dès lors il est facile de voir que le mot asphyxie est mal choisi pour rendre la pensée de Bichat.

Mais ce n'est pas seulement sur le cœur et sur le cerveau que le sang noir exerce son influence , il modifie encore les principes organiques. «Lorsque les fonctions chimiques du poumon s'interrompent, dit Bichat (loc. cit., p. 416), tous les organes cessent simultanément leurs fonctions par l'effet du contact du sang noir, quelle que soit la manière d'agir de ce sang, ce que je n'examine point; leur mort coïncide avec celle du cerveau et du cœur, mais elle n'en dérive pas immédiatement. S'il était possible à ces deux organes de recevoir du sang rouge pendant que le sang noir pénétrerait les autres , ceux-ci finiraient leurs fonctions, tandis qu'eux continueraient les leurs. En un mot, l'asphyxie est un phénomène général qui se développe en même temps dans tous les organes ■>

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et qui n'est prononcé très-spécialement dans aucun. D'après les considérations qui précèdent , il est facile de se former une idée de la terminaison successive de toutes les fonctions , lorsque les phénomènes respiratoires sont interrompus, tant dans leur portion mécanique que dans leur portion chimique.

Voici, suivant l'auteur que nous analysons, comment la mort arrive , si les phénomènes mécaniques du poumon cessent : 1 ° plus de phénomènes mécaniques; 2° plus de phénomènes chimiques, faute d'air qui les entretienne; 3° plus d'action cérébrale, faute de sang rouge qui excite le cerveau ; 4° plus de vie animale , de sensation , de locomotion et de voix , faute d'excitation dans les organes de ces fonctions par l'action cérébrale et par le sang rouge ; 5° plus de circulation générale ; 6° plus de circulation capillaire , de sécrétion , d'absorption , d'exhalation , faute d'action exercée par le sang rouge sur les organes de ces fonctions; 7° plus de digestion, faute de sécrétion et d'excitation des organes digestifs, etc..

Lorsque les fonctions chimiques du poumon sont interrompues, la mort survient de la manière suivante : 1° interruption des phénomènes chimiques; 2° suspension nécessairement subséquente de l'action cérébrale; 3° cessation des sensations, de la locomotion volontaire , par la même raison de la voix et des phénomènes mécaniques de la respiration , phénomènes dont les mouvements sont les mêmes que ceux de la locomotion volontaire ; 4° anéantissement de l'action du cœur et de la circulation générale; 5° terminaison de la circulation capillaire, des sécrétions, de l'exhalation, de l'absorption , et consécutivement de la digestion ; 6° cessation de la chaleur animale, qui est le résultat de toutes les fonctions, et qui n'abandonne le corps que lorsque tout a cessé d'y être en activité.

Bichat , dans le développement de ses vues sur la théorie de l'asphyxie, a déployé un grand et immense talent. Tandis que Goodwin considère que l'asphyxie résulte de ce que le cœur cesse de battre , Bichat démontre que ce genre de mort n'a lieu que parce que le cœur continue de se contracter pendant un certain temps, après l'interruption des phénomènes respiratoires. Suivant le physiologiste anglais , le sang noir ne produit l'asphyxie qu'en arrêtant l'action du cœur ; suivant le physiologiste français , le sang noir stupéfie d'abord les centres nerveux, puis les fonctions de la vie animale.

Pendant plusieurs années cette dernière explication prévalut , et la théorie de Bichat reçut un assentiment presque universel. Dans les derniers temps elle a été soumise à une critique sévère : les deux points qui ont surtout été attaqués, sont , 1° l'assertion relative à la perméabilité du poumon pendant l'asphyxie; 2" celle qui a trait à l'action délétère du sang veineux sur les appareils , et notamment sur les muscles.

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Le docteur James Philipps Kay ( Expèr. phys. et ohs. sur la cessât, de la contract. du cœur et des muscles dans les cas d'asphyxie chez les animaux à sang chaud. Journ. des progr., t. x et xi , trad.de l'anglaise a, dans ces derniers temps, fait revivre la théorie émise à l'époque de Haller, en avançant que le premier effet de l'interruption de la respiration est d'arrêter la circulation du sang dans le système capillaire du poumon. L'action chimique de l'air sur le sang doit, suivant cet auteur, influer puissamment sur le passage du sang dans le tissu pulmonaire. Les vaisseaux très-déliés qui entrent dans la composition de tous les parenchymes sont doués d'une sensibilité organique spéciale, qui ne permet leur accès qu'à des fluides d'une qualité déterminée. Les vaisseaux qui charrient le sang rouge dans le tissu pulmonaire ne doivent pas le transmettre avec une égale vitesse , à tous les degrés de dégénération veineuse qu'il est susceptible d'éprouver. Quand la respiration est suspendue , le sang ne subissant plus la modification nécessaire pour qu'il puisse traverser les vaisseaux à sang rouge dans le tissu du poumon , la circulation éprouve par cela même un obstacle , les cavités gauches du cœur reçoivent moins de sang , et ce fluide est pendant quelque temps chassé avec force dans les artères , le ventricule diminue de volume à mesure que la quantité de sang qui lui arrive devient moins considérable, jusqu'à ce qu'enfin il n'en sorte plus par l'artère coupée.

Il ne suffit point au docteur James Philipps Kay de signaler l'arrêt qui survient dans la circulation pulmonaire sous l'influence d'une respiration incomplète , le physiologiste anglais, poursuivant sa critique sur l'œuvre de Bichat , doute que les expériences de celui-ci aient parfaitement démontré l'action délétère du sang noir sur le cerveau , et affirme que pour les muscles il n'en est , certes , pas de même. Déjà M.Edwards (Infl. des agents phy s.; Paris, 1824, p. 10) concluait de ses expériences , que l'influence du sang , à l'abri du contact de l'air, est favorable à l'action du système nerveux et musculaire , puisqu'il la prolonge. M. Kay a essayé d'établir que , bien loin d'exercer à l'instant même une action neutralisante sur la contractilité musculaire , le sang noir peut rétablir momentanément l'irritabilité galvanique dans les muscles, où elle a été détruite par défaut de circulation. Or, le cœur est soumis aux mêmes lois que les autres muscles; c'est pourquoi le sang non oxygéné, loin d'avoir une action positivement nuisible aux contractions de cet organe , peut les entretenir pendant un certain temps. Les expériences tentées par le docleur Kay donnent, en résumé, de l'asphyxie, l'explication suivante : 1° la suspension de la respiration détermine l'arrêt de la circulation pulmonaire, la stagnation du sang dans les cavités droites , et s'op-

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pose à l'arrivée de ce liquide dans les cavités gauches ; 2° la force de contraction des organes est en raison directe de la quantité de sang qui circule dans le tissu musculaire ; 3° le cœur, privé de sang , cesse de se contracter : telle est l'asphyxie. M. Magendie ( Leçons sur le Choléra ) a adopté en partie les opinions du physiologiste anglais : il n'a point hésité à affirmer que le contact du sang artériel n'est nécessaire ni à l'action cérébrale ni à la contraction musculaire.

Les faits qui ont été publiés par Bichat, sur la modification que le sang veineux imprime aux fonctions cérébrales , n'ont point été détruits : par les travaux du docteur James Philipps Kay. Ce médecin reconnaît, en terminant son Mémoire, que des expériences sur le sujet dont il est ici question sont nécessaires à l'établissement d'une théorie. Nous pensons que, dans l'état actuel de la science, c'est encore à la théorie de Bichat qu'il faut recourir, lorsque l'on recherche une explication un peu méthodique des phénomènes de l'asphyxie. Les travaux de M. Kay peuvent tout au plus motiver quelques modifications; mais, comme ils ne portent la lumière que sur quelques phénomènes isolés de l'asphyxie, on ne saurait les invoquer dans le but de donner de ce mal une théorie un peu complète et satisfaisante. M. Btrard (loc. cit., p. 236) émet, sur la question qui nous occupe, une manière de voirqui nous paraît bien motivée, et que nous adoptons sans hésitation. La théorie dans laquelle on fait dépendre l'asphyxie du défaut d'oxygénation du fluide nourricier est à ses yeux incomparablement plus satisfaisante et plus en rapport avec les faits observés. Cependant il paraît nécessaire de lui imposer les restrictions suivantes, qui sont d'ailleurs dictées par l'examen critique dont elle a été l'objet : 1° Bichat s'est un peu abandonné à des idées systématiques en niant l'obstacle que le sang éprouve à son passage dans le parenchyme pulmonaire au moment de l'asphyxie ; 2° ce physiologiste a exagéré aussi l'influence du sang veineux sur les organes , et notamment sur les muscles. Toutefois, c'est à l'action du sang noir, et non au défaut de circulation , qu'il faut attribuer la suspension primitive de l'action cérébrale dans l'asphyxie-, car la vie de relation est interrompue avant que les pulsations artérielles aient cessé d'agiter la masse encéphalique.

altérations pathologiques. — Les lésions qui caractérisent l'asphyxie sur le cadavre sont susceptibles de varier en raison de la cause qui détermine cet état. Cependant, pour éviter les répétitions qui ajoutent à la longueur d'un article, sans le rendre plus intéressant, nous croyons devoir exposer ici les altérations principales que l'on constate à l'autopsie cadavérique d'un sujet asphyxié.

Le sang subit dans cette maladie des altérations importantes qui portent sur sa coloration , sur sa con-

sistance : il est beaucoup plus noir que dans l'état ordinaire, quelle que soit d'ailleurs la nature du vaisseau dans lequel il se trouve contenu. En contact avec l'atmosphère, il ne tarde pas à rougir; le plus souvent il reste liquide; quelquefois cependant on l'a rencontré dans un état de coagulation assez avancé ( Morgagni , De scd. et caus. morb., epist. xix, § 10 ; — Coster, Observ. anat., dans Gaz. mécl., n° 128 , décembre 1832; — Bérard, loc. cit., p. 224); enfin, rarement les concrétions qui occupent les grandes cavités acquièrent un volume, une consistance, un aspect comparable à celui qu'elles présentent dans d'autres cas. L'appareil vasculaire à sang noir est gorgé d'une grande quantité de sang , tandis que le système vasculaire à sang rouge en contient à peine. Toutes les grosses veines thoraciques et abdominales sont fortement engorgées; le système de la veine porte est aussi distendu considérablement; les capillaires sont très-injectés, et présentent une hypérémie très-remarquable dans le tissu cellulaire sous-muqueux et sous-séreux de l'estomac et des intestins, dans le parenchyme pulmonaire , au sein même de la pulpe des centres nerveux. On remarque, dit M. Devergie (loc. cit., p. 543), une coloration rose, rouge vif, ou quelquefois violacée, de la face et des diverses parties du corps. Cette coloration se distingue des lividités cadavériques, en ce qu'elle peut avoir son siège sur les parties les moins déclives du corps , et que la situation des taches qu'elle forme ne peut jamais être expliquée par la position que le cadavre aurait conservée après la mort : elle a son siège principal dans le tissu muqueux de la peau; souvent le derme y participe , mais à un moindre degré ; et alors , quand on l'incise, il suinte de ses vaisseaux du sang qui constitue un état piqueté assez prononcé.

Dans quelques cas, le cœur gauche contient encore du sang; d'après M. Piorry (loc. cit., p. 7), ses dimensions et sa dureté varient infiniment, suivant la promptitude avec laquelle la mort est survenue, et suivant aussi l'espèce d'asphyxie qui a eu lieu. Toutes les fois que le malade a promptement succombé, le cœur est revenu sur lui-même ; quelquefois alors ses parois sont épaisses, mais son volume apparent est, proportionnément aux cavités droites, remarquableblement petit. Cette différence , ajoute l'auteur que nous venons de citer, ne dépend pas de la proportion ou de la dimension des fibres charnues du cœur, mais bien de ce qu'il s'est contracté avec force dans les derniers temps de la vie, et cela lorsque le sujet était encore très-vigoureux. Le cœur est alors très-difficile à inciser ; il résiste bien au doigt qui cherche à le traverser par la pression , et l'épaisseur de ses parois est considérable. Lorsque , au contraire, l'asphyxie a beaucoup duré avant que la mort soit survenue, le cœur gauche est distendu , bien qu'à un moindre de-

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gré que le cœur droit; ses parois sont alors plus minces et surtout plus molles; il se laisse quelquefois facilement traverser par le doigt qui presse sur lui. La quantité de sang que contient le cœur gauche est, dans les asphyxies lentes, assez souvent considérable; alors encore les artères sont pénétrées de sang.

La membrane muqueuse qui revêt la face interne du larynx et de l'épiglotte est rosée ; parfois la teinte répandue sur ces parties est d'un rouge livide fort distinct. Cette coloration est limitée à l'épaisseur de la membrane muqueuse , comme celle de la peau : elle ne s'étend pas au-delà de cette enveloppe. La membrane qui tapisse la trachée est très-rouge ; sa couleur paraît d'autant plus prononcée, que l'on approche davantage des dernières ramifications des bronches : peut-être est-ce à la minceur des tuyaux bronchiques et à leur transparence qu'il faut attribuer ce fait. Souvent la cavité des bronches est engorgée par des mucosités spumeuses, sanguinolentes, analogues aux crachats des hémoptoïques , et sur la présence desquelles M. Piorry a particulièrement insisté.

Du reste, le poumon , gorgé de sang vers ses parties déclives , est plus pesant que de coutume : sa coloration , de grise et de rosée qu'elle est dans l'état de santé , est devenue violette , noirâtre ; il est marbré , tacheté , et présente toujours une couleur foncée. Ce n'est point à l'extérieur seulement que le poumon présente cet aspect; s'il est incisé, son parenchyme paraît également rouge. De larges gouttelettes de sang s'écoulent alors de la surface des parties nouvellement mises à nu : elles sont plus abondantes et plus nombreuses si l'organe est soumis à une légère compression.

Le volume du poumon varie suivant le genre d'asphyxie qui a entraîné la mort. Toutes les fois qu'il y a eu vers la trachée un obstacle matériel à l'entrée de l'air, le poumon ne s'affaisse pas sous l'influence de l'ouverture des plèvres; loin de là, il paraît très-volumineux. On voit alors ces organes recouvrir le péricarde au point de masquer le cœur, et quelquefois même présenter un tel développement, que leurs bords antérieurs chevauchent l'un sur l'autre après la section du médiastin. Pour que cette circonstance ait lieu , il faut encore que les poumons ne soient point retenus à la paroi costale par des adhérences. Lorsque le poumon présente cette augmentation de volume, il est ordinairement crépitant dans tous les points de son parenchyme qui ne contiennent pas une grande quantité de sang. 11 peut arriver cependant qu'à l'ouverture de la poitrine, au moment de l'incision des plèvres , l'organe pulmonaire s'affaisse. Ce cas a lieu dans l'asphyxie par privation d'air dans le milieu ambiant : alors les cellules aériennes s'affaissent mollement sous le doigt qui les presse, et ne déterminent dans ce mouvement aucun bruit parti-

culier : l'organe se retire vers les parties postérieures et supérieures du thorax.

Lorsqu'un malade succombe à cette forme d'asphyxie qui procède avec lenteur, comme celle qui résulte d'une cause organique ancienne, celle qui est déterminée par une déviation de la colonne vertébrale (Forget, Journ. hebd. , 1 836 , n° 45, 5 novembre, p. 175 ), le poumon ne présente jamais d'engorgement sanguin ; il se débarrasse, par sa contractilité, du sang qui l'obstrue et qu'il repousse dans le système vasculaire. Aussi, tandis que les poumons sont exsangues, ou à peu près, voit-on presque toujours les cavités du cœur et de l'arbre vasculaire gorgés de sang noir. En ce cas, la plénitude des vaisseaux est moins manifeste que dans l'asphyxie subite. Ces deux genres de mort ne sont peut-être pas identiques. Dans l'asphyxie lente , la respiration et la circulation ne sont que gênées , entravées et non interrompues ; le sang , qui ne cesse pas de circuler, est lentement vicié par l'imperfection de l'hématose : c'est une sorte d'empoisonnement chronique , si l'on peut ainsi dire ; il n'en est que plus irrémédiable , car il pénètre insensiblement l'intimité des tissus.

On comprend parfaitement que les grands réservoirs du sang veineux soient engorgés dans les cas d'asphyxie subite. Le foie, par exemple, paraît toujours sensiblement tuméfié : son volume est accru dans des proportions considérables ; tandis qu'il dépasse de plusieurs travers de doigt le rebord des côtes inférieurement ; il refoule le diaphragme et s'engage assez fortement dans la cavité thoracique ; son parenchyme est gorgé de sang; la rate est aussi très-volumineuse , noire et fortement engouée ; les reins eux-mêmes sont gorgés de sang et tuméfiés.

Comme nous l'avons déjà signalé, la membrane muqueuse gastro-intestinale est fortement injectée, ce qui ne tient qu'à l'engouement du système veineux de la veine porte ; en ses parties déclives, surtout, elle est rouge, et quelquefois livide: la base de la langue est presque toujours injectée , ses papilles sont trèsdéveloppées postérieurement.

La vessie est vide ordinairement.

Les membranes séreuses , si la mort est survenue rapidement, ne contiennent qu'une petite quantité de sérosité; dans les circonstances opposées elles sont abreuvées d'une liqueur sanguinolente qui varie quant à sou abondance.

Nous avons mentionné déjà l'état des centres nerveux : les veines qui rampent dans le tissu cellulaire sous-arachnoïdien sont très-grosses, noires et apparentes; la substance nerveuse est plus ou moins piquetée de sang ; les ventricules cérébraux sont quelquefois distendus par de la sérosité ; il n'y a point de ramollissement notable de la pulpe nerveuse.

Les yeux sont ordinairement très-brillants et très-

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fermes au moment de la mort : cet état se prolonge pendant un temps assez long-. Tantôt la bouche est dans l'état naturel , tantôt elle exprime la souffrance. La rigidité cadavérique paraît communément trèsprononcée, et se prolonge longtemps. M. Piorry s'exprime de la manière suivante à ce sujet : «D'abord , dans les anhématosies à marche rapide , dit-il , les membres sont raides ; mais bientôt il n'en est plus ainsi , et la chaleur animale, conservée , dans quelques cas , pendant plusieurs heures , se perd promptement dans d'autres. 11 y a de grandes variations à cet égard, suivant la température de l'air, les circonstances d'exposition du sujet , son embonpoint , son volume , et l'espèce d'anhématosie à laquelle il a succombé.»

Tels sont les principaux caractères que présente le cadavre des sujets morts asphyxiés. Nous n'insisterons pas pour prouver ici que certains cas particuliers entraînent l'existence de lésions spéciales : c'est un fait dont nous donuerons plus bas la démonstration.

S/mptomatologie. — Il est un grand nombre d'auteurs qui , comme nous , ayant d'abord étudié les phénomènes de l'asphyxie d'un point de vue général , en ont énuméré les principaux symptômes. Les descriptions faites sur ce sujet expriment assez bien les caractères propres au plus grand nombre des cas : elles sont insuffisantes , inexactes , pour quelques asphyxies en particulier. Telle est la difficulté que l'on rencontre toujours quand on s'engage à présenter sur un sujet complexe quelques généralités; nous essayons cependant de remplir cette tâche , sans nous dissimuler les nombreuses difficultés que l'on y rencontre.

La respiration ne peut être suspendue pendant un moment un peu long , sans que des phénomènes particuliers se manifestent , qui révèlent déjà un commencement d'asphyxie. Si l'hématose pulmonaire continue à être empêchée , les accidents revêtent une gravité effrayante , les phénomènes les plus tranchés se manifestent ; mais, suivant que la cause asphyxianie agit rapidement ou lentement, les phénomènes symptomalologiques diffèrent un peu.

Dès que le modificateur vient à manquer aux fonctions d'hématose pulmonaire , un sentiment pénible annonce la souffrance de l'organisme; les mouvements thoraciques sont violents , énergiques , et se répètent avec fréquence : quelquefois des efforts instinctifs se joignent à ces mouvements ; les sujets sont pris de bâillements, de pandiculations. Une douleur se fait sentir au-dessous du sternum, à la bifurcation des bronches ; un sentiment de constriction s'établit à l'orifice supérieur du larynx, à la glotte; les malades sont en butte à des angoisses insupportables. Alors les centres nerveux participent à ces troubles fonctionnels : des vertiges , des tintements d'oreilles, un sentiment de compression cérébrale , sont les premiers désordres que l'on constate ; puis les fonctions d'in-

telligence , le mouvement et le sentiment , sont abolis- La peau se cyanose , le visage se tuméfie , les lèvres se gonflent et prennent une teinte violette ; la veine jugulaire externe forme un relief très-sensible sous le tégument, aux côtés du cou. Les artères battent d'abord avec énergie , et l'on peut constater l'existence d'une véritable réaction ; mais bientôt la circulation pulmonaire s'opère avec difficulté ; les cavités droites du cœur s'engorgent , se tuméfient. Suivant la remarque de M. Piorry (loc. cit., p. 5), la matité s'étend jusqu'à deux pouces sur la droite du sternum , et trois pouces au-dessus de l'espace qu'occupe communément le cœur droit. L'auscultation donne des bruits variés , qui n'ont ici rien de significatif ; les battements du cœur sont inégaux, intermittents. La circulation artérielle reçoit l'influence de la circulation cardiaque ; à la force du pouls succèdent la faiblesse, l'irrégularité, l'inégalité , la cessation des battements. Le malade est alors dans une immobilité absolue , les membres offrent une résolution complète, les phénomènes de la respiration sont totalement suspendus. L'injection du visage est fort prononcée ; les conjonctives oculaires participent à cet état, ainsi que les parties extrêmes , le nez , les oreilles , les mains , les pieds. Des pétéchies , des taches , de larges ecchymoses souscutanées , des sugillations , s'établissent à la peau, et occupent particulièrement les parties déclives ; cependant la chaleur animale persiste encore. L'asphyxie est complète ; la température du corps et l'absence de la rigidité cadavérique sont les seuls phénomènes qui distinguent cet état de la mort caractérisée.

Ces phénomènes , dit M. Devergie (loc. cit., p. 544), peuvent se succéder plus ou moins rapidement , suivant l'influence plus ou moins grande de la cause qui détermine l'asphyxie. Nous avons dû nécessairement, afin d'analyser les principaux phénomènes qui caractérisent ce genre de mort , prendre le cas où l'asphyxie procède avec quelque lenteur. Il peut arriver, cependant, que la respiration soit tout à coup suspendue; les fonctions cérébrales et circulatoires s'arrêtent alors subitement et la mort a lieu dans un temps fort court. Alors l'injection des téguments de la face en particulier est beaucoup plus prompte à s'effectuer; les efforts d'inspiration se succèdent avec une grande promptitude et une énergie particulière; l'état d'angoisse est extraordinairement pénible : aussi le sujet tombe-t-il bientôt dans un affaissement marqué.

M. Piorry (loc. cit., p. 8), qui a beaucoup insisté sur les asphyxies de cause interne, à marche lente, considère qu'elles sont à coup sûr, de toutes , les moins connues, que la plupart des médecins ne se doutent pas de leur existence lorsque déjà elles ont produit de notables phénomènes : « Le faciès annonce souvent, dit M. Piorry, le moment de l'invasion de l'anhématosie par un changement notable survenu tout

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à coup dans les traits et dans l'apparence du sujet. Que de fois le médecin qui, la veille, avait trouvé l'état du malade satisfaisant, ne voit-il pas le lendemain eu arrivant près de lui , que le plus grand changement est arrivé dans la position de ce malade ! C'est qu'alors souvent, par une cause ou par une autre, s'est développée une anhématosie commençante , que révèlent bientôt la percussion et l'auscultation. 11 est d'autant plus important d'être averti de ce fait, que, dans plus d'une circonstance de ce genre , les médecins songent au système nerveux , croient qu'il s'agit d'une atteinte plus ou moins grave portée aux propriétés vitales , donnent des antispasmodiques ou des stimulants dif fusibles , tandis qu'il s'agit de remédier autant que possible à une anhématosie imminente , et d'employer, suivant les cas, des saignées, l'abstinence des boissons , ou l'évaporation des liquides contenus dans les voies de l'air.

«11 s'écoule un temps très-variable entre le moment où débute l'anhématosie et celui où elle est arrivée à un tel degré , qu'elle soit apparente pour tous. Il est des cas dans lesquels plusieurs semaines , plusieurs mois même , se passent entre les premiers accidents et ceux où la mort survient par défaut d'oxygénation du sang : tels sont , par exemple , certains individus dont les bronches se remplissent peu à peu, et très-lentement, de mucosités dont une partie est chaque jour évacuée ; tels sont encore ceux qui , atteints d'une affection organique du cœur, éprouvent chaque jour un peu plus de dyspnée. De tels malades vivent quelquefois longtemps dans un état d'anhématosie léger, qui permet d'abord l'accomplissement assez régulier des fonctions , mais qui , s'aggravant chaque jour, est enfin suivi de la mort. D'autres fois, au contraire, les symptômes de l'anhématosie marchent avec une telle promptitude , qu'entre le développement premier de la maladie et la mort , il s'écoule à peine quelques secondes.

«Une fois déclarés, les symptômes de l'anhématosie, quelle que soit son espèce, sont à peu près les mêmes. »

Nous avons voulu exposer ici l'opinion de M. Piorry; elle est assez neuve pour mériter quelque considération. Nous hésiterions, ainsi que nous l'avons déjà plusieurs fois établi , à l'adopter sans critique : en effet, il nous paraît évident que, dans celte anhématosie par cause interne , à marche lente , comme dans l'anhématosie par écume bronchique , qui n'est sans doute qu'une variété de cet état , on rencontre des phénomènes bien complexes , qui tous ne sauraient être rapportés à un trouble primitif des fonctions d'hématose pulmonaire. Ces phénomènes rentrent plutôt dans l'histoire de l'agonie {voyez ce mot) que dans celle de l'asphyxie.

Ces considérations nous portent à ne point entrer

ici dans les développements détaillés que M. Piorry présente sur cette matière , et à renvoyer à son livre les personnes qui tiendraient à connaître tout ce qu'il a dit sur ce sujet.

Lorsque l'on cherche à savoir en combien de temps les influences asphyxiantes peuvent déterminer la mort, il faut tenir compte principalement de la soustraction plus ou moins complète d'air à laquelle le sujet se trouve soumis. Dans les cas où toute inspiration est suspendue, la mort est plus prompte que dans ceux où l'air peut pénétrer encore dans l'arbre respiratoire. 11 ne faut pas juger que la mort a eu lieu, que tout espoir dans le traitement soit perdu, parce que les membres sont dans la résolution , parce que le pouls est insensible , etc. Bien que l'état d'activité de plusieurs organes soit changé au point qu'on n'y retrouve plus la manifestation de la vie à ses phénomènes habituels, ils continuent néanmoins à jouir d'un mode d'action qui entretient un reste d'existence , offrant des caractères particuliers , jusqu'à ce que , par l'emploi des moyens qui rétablissent l'exercice de la respiration et de la circulation, les fonctions aient repris leur cours naturel. En général, la mort survient d'autant plus rapidement , que la cause asphyxiante est plus énergique ; plus l'asphyxie a eu lieu d'une manière lente, plus longtemps l'individu conserve la faculté d'être rappelé à la santé.

L'asphyxie entraîne fréquemment la mort, et alors elle présente cette succession de phénomènes dont nous avons tracé la description. Parfois, ayant été soumis à un traitement rationnel , un sujet est rappelé à la vie : d'abord quelques mouvements obscurs se manifestent à la région précordiale ; ils sont profonds, inégaux, irréguliers, et agissent à peine sur la circulation générale. Cependant , bientôt ils se régularisent , la paroi thoracique s'agite peu à peu , l'air pénètre d'abord à peine , puis plus complètement dans l'arbre pulmonaire. Les pulsations du cœur retentissent jusque dans les ramifications artérielles , le pouls bat avec force , il devient tumultueux , précipité , dur, développé. La chaleur s'établit à la périphérie du corps , la cyanose disparaît , le visage pâlit alternativement et se colore. Dès lors on peut assurer que le malade se soustraira aux influences pernicieuses de l'asphyxie. Néanmoins , c'est avec raison que M. Piorry (loc. cit., p. 12) a fait remarquer que si ce fâcheux état a duré un certain temps , que s'il a été grave , toute asphyxie peut être suivie , vers les poumons , le cœur ou le cerveau , de maladies fort graves : ce sont d'abord des phénomènes de congestion , puis d'irritation inflammatoire qui se manifestent; une réaction intense s'éveille , et dès lors les symptômes propres à l'inflammation de ces organes apparaissent dans toute leur intensité. Nous ne saurions donner ici leur description.

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Diagnostic. — M. Rostan a dit (Traité éîém. de diag. ; 1826, t. n, p. 736): «La suspension des différents actes fonctionnels , produite par une cause qui a spécialement agi sur le poumon , porte le nom d'asphyxie.» Cette définition doit nous guider dans l'établissement des signes diagnostics de l'état dont nous traitons. Nous n'ignorons pas que toutes les maladies qui gênent et finissent par empêcher la respiration , soit en oblitérant le conduit aérien , soit en comprimant le poumon , en empêchant la dilatation de la poitrine , les mouvements du diaphragme , etc. , causent la mort par une sorte d'asphyxie; mais nous ne saurions admettre qu'elles doivent être comprises dans le tableau que nous traçons ici , car l'asphyxie, en ces cas, n'est qu'un épiphénomène, un mode de terminaison d'une maladie qui n'agissait pas primitivement sur le poumon en suspendant ses actes fonctionnels. Cette seule considération doit suffire pour faire la distinction de l'asphyxie proprement dite et de l'asphyxie symptomatique.

M. Piorry a désigné sous le nom tfanhématosie le défaut d'oxygénation ou d'hématose du sang, et dès lors il a confondu avec l'asphyxie des états qui n'ont point été généralement rapprochés de cet accident par les pathologistes. Ce médecin a tracé de la manière suivante le diagnostic des anhématosies considérées en général. Nous croyons devoir insérer ici textuellement ce passage de son livre; car le diagnostic de l'asphyxie n'a point été encore traité aussi complètement que par l'auteur que nous venons de citer. «Le défaut d'hématose se reconnaît à la teinte noire des capillaires des lèvres, de la langue, des gencives et de tous les capillaires , au développement gradué et successif des veines , à la gêne de la respiration , à son accélération , à une altération profonde dans les traits , à des troubles de circulation , à la diminution de l'action cérébrale, à la faiblesse des muscles , etc.. Chaque asphyxie présente ensuite des caractères spéciaux qui la distinguent des autres...

«Les affections qui peuvent être confondues avec les anhématosies se réduisent à celles du système nerveux et de l'appareil circulatoire. Remarquez qu'à un degré avancé , elles se trouvent presque toujours compliquées avec quelques-unes des anhématosies qui surviennent alors comme symptômes, et qu'il reste seulement alors à démêler quelle est des deux affections, celle qui a pris l'initiative. Mais dans le principe , il est urgent de distinguer l'anhématosie des affections encéphaliques ou circulatoires.

«Dans l'encéphalohémie ( congestion cérébrale), symptômes cérébraux variés tandis que les mouvements respiratoires s'accomplissent , et que les capillaires et le sang sont d'un beau rouge , mais absence de râles humides dans le thorax , ou de toute autre cause d'asphyxie.

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«Dans l'encéphalorrhagie (apoplexie cérébrale sanguine), mêmes phénomènes , et, de plus , symptômes locaux de paralysie.

«Dans l'encéphalite, ou dans l'encéphalo-malaxie (ramollissement inflammatoire ou non inflammatoire du cerveau), les signes distinctif s précédents, et, de plus , sensibilité exaltée des membres , contractures

continuelles , et présence des autres signes commémoratifs ou actuels de ces affections. Dans certaines asphyxies , les membres sont raides lorsqu'on veut les étendre ; mais ce ne sont pas là les contractures épileptiques ou continues du ramollissement.

«Dans la commotion, dans la contusion cérébrale , diminution , suspension de l'action encéphalique , réunis à un plus ou moins grand nombre des symptômes de Pencéphalopathie (souffrance du cerveau en général) , tandis qu'on ne trouve aucune circonstance organique ou aucun symptôme propre à l'anhématosie.

«Dans la syncope , diminution rapide de l'action du cœur, affaiblissement extrême des battements du pouls, diminution ou perte de connaissance avant qu'aucun phénomène se déclare vers les organes respirateurs ; de plus , absence de toute cause probable d'asphyxie ; les accidents cessent momentanément et presque instantanément lorsque la tête du malade est abaissée.

«Dans les maladies du cœur portées à un haut degré , symptômes physiques donnés par l'auscultation et par la percussion , propres aux affections de cet organe, absence de tout ronchus dans les bronches et dans les vésicules pulmonaires. Remarquez ici, que presque toujours se trouvent réunis dans les maladies du cœur les phénomènes qui appartiennent à la gêne de la circulation , et ceux qui dépendent d'obstacles matériels à la respiration.»

Telles sont les considérations que nous a transmises M. Piorry sur le diagnostic de l'asphyxie : nous rappelons , en terminant ce que nous voulons dire sur ce sujet, que les circonstances commémoratives et l'appréciation minutieuse des influences auxquelles était soumis le patient dès la première manifestation des accidents , conduisent presque toujours le médecin à porter son diagnostic avec certitude.

Pronostic. — Pour établir le degré de gravité de l'asphyxie , il est nécessaire de tenir compte des influences qui ont occasionné cet accident, de la durée de l'asphyxie , des phénomènes qui la caractésent , enfin , des accidents qui lui succèdent.

On a établi avec raison que le cas est d'autant plus grave , que la cause qui y a donné lieu est plus difficile à éloigner. M. Bérard (loc. cit., p. 237) reconnaît qu'il y a des asphyxies inévitablement, ou presque inévitablement mortelles , parce que leur cause ne peut être enlevée ; telles sont la plupart des as-

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phyxies par obstacles mécaniques à la respiration , tumeurs diverses, membranes du croup, etc.. Nous ferons remarquer ici que ces asphyxies sont toujours consécutives.

L'asphyxie qui résulte de l'action sur l'économie d'un gaz délétère est plus grave que l'asphyxie simple , parce que , au trouble qu'ont subi les fonctions d'hématose pulmonaire, vient se joindre l'influence de la substance toxique, qu'il n'est pas toujours facile de neutraliser.

L'asphyxie la moins grave est celle qui est primitive et simple. Dans ce cas , en effet , si les secours sont administrés à temps , si le sujet n'est point soustrait trop tardivement à l'influence asphyxiante, l'air étant rendu à la respiration , il y a beaucoup à espérer en faveur du retour à la santé.

Mais , comme il est facile de le prouver d'après ces dernières considérations , les chances du rétablissement de l'hématose pulmonaire dépendent beaucoup du temps pendant lequel elle a été interrompue. M. Bérard (loc. cit., p. 238) pense qu'il est fort difficile de décider quelle est l'époque où toute espérance de guérison est évanouie , où la mort réelle a succédé à la mort apparente : « La transition de l'une à l'autre doit être brusque , dit-il , aux yeux de ceux pour qui la vie est un principe et non un résultat; ce principe une fois échappé du corps , toute médication auprès de l'asphyxié serait vaine , car ce serait tenter d'obtenir sa résurrection. Cette vue me paraît aussi fausse qu'elle est, pour le cas qui nous occupe, décourageante et nuisible. Quant à moi, j'aimerais mieux dire qu'un animal asphyxié n'est, à proprement parler, ni mort ni vivant. Ces résultats que l'organisme produisait avant l'asphyxie, c'est-à-dire, la sensibilité, les mouvements , la respiration , la circulation , il a cessé momentanément de les produire ; mais ni les solides , ni les liquides du corps ne sont assez profondément altérés , les premiers dans leur texture , les seconds dans leur composition , pour que cette machine ne puisse entrer de nouveau en mouvement , si l'on change la condition de quelques-uns de ses rouages, du rouage pulmonaire, par exemple, à l'aide d'une insufflation artificielle. »

Il est, comme nous l'avons exposé, des symptômes qui indiquent à quel degré l'asphyxie est arrivée. D'après ces symptômes , on peut asseoir avec quelque certitude le pronostic : la persistance ou l'abolition de la circulation , la transmission de la chaleur aux extrémités, doivent surtout guider le médecin dans l'occurrence.

On doit baser sur la constitution d'un sujet, sur son état de santé ou de maladie, le pronostic de l'asphyxie. Certaines affections peuvent, en effet, résulter de l'accident dont nous traitons, et elles sont d'autant plus graves , qu'elles sévissent sur un organisme

déjà malade. Telles sont les considérations qui appartiennent au pronostic de l'asphyxie en général.

Traitement. — Le traitement de l'asphyxie est préservatif et curatif. Il faut , par des procédés sagement combinés, prévenir, autant que possible, toute suspension de l'hématose pulmonaire ; mais , pour indiquer ce qu'il convient d'entreprendre à cette fin , il serait nécessaire d'étudier les cas particuliers : or, nous nous réservons de satisfaire à cette tâche dans les paragraphes qui suivent. Il faut, pour remédier à l'asphyxie , établir des rapports actifs au sein du parenchyme pulmonaire , entre le sang qui traverse le poumon et l'air qui doit pénétrer dans les bronches. Pour parvenir à ce résultat , les moyens sont trèsmultipliés , et varient suivant la cause qui a donné lieu à l'asphyxie. Nous ne pouvons donc pas encore les exposer ici.

Nature et classification dans les cadres nosologiques. — Sauvages (loc. cit., p. 426) rangeait l'asphyxie parmi les névroses; Pinel {loc. cit., p. 294) plaçait cet état parmi les névroses des fonctions nutritives. On ne saurait approuver, dans l'état actuel de la science, une semblable classification. Cependant le docteur Good {loc. cit., p. 581 ) rattache cet état à la disposition de l'organisme qu'il désigne du nom neurotica, l'attachant à l'ordre iv, systatica, des maladies qui affectent plusieurs ou la totalité des puissances sensoriales simultanément. Nous le répétons, on ne pourrait accéder à une semblable manière de voir. Nous nous sommes suffisamment expliqués , ce nous semble , sur la nature de l'asphyxie , en traitant de la théorie de cet état pathologique ; nous ne voulons plus revenir à ce sujet, et nous nous bornons à dire que , pour nous , l'asphyxie réside essentiellement parmi les affections qui résultent d'une altération primitive dans les qualités du sang , et qu'elle mérite une classification particulière , en ce sens , que les causes qui président au développement de cet accident sont toutes placées en dehors de l'organisme , du moins pour l'asphyxie proprement dite.

1° Asphyxies par obstacles mécaniques à la respiration , qui agissent en dehors des voies respiratoires. — La forme d'asphyxie dont nous devons traiter ici est parfaitement simple, en ce sens qu'elle entraîne la mort seulement par la suspension des fonctions d'hématose pulmonaire. Elle agit avec une grande rapidité , surtout quand elle résulte d'un obstacle puissant à la pénétration de l'air dans la cavité pulmonaire. Dans cette catégorie , nous avons cru devoir placer la description de l'asphyxie par compression de la paroi thoracique à l'extérieur , par refoulement du diaphragme, par épanchement d'air ou de liquide dans la cavité des plèvres, par pénétration des viscères abdominaux dans l'excavation thoracique, à travers une plaie du diaphragme. On voit, en lisant cette

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énumération , que l'étude de cette catégorie est bien digne de l'attention des médecins.

A. Asphyxie par compression de la paroi thora-

cique à l'extérieur.

M. Devergie (loc. cit., p. 550) s'exprime ainsi sur le sujet qui nous occupe : « L'asphyxie qui est le résultat de la compression , soit de la poitrine , soit de l'abdomen , est un état qui précède fréquemment la mort des individus qui se trouvent au milieu d'un écoulement, soit de terre, soit des matériaux d'un bâtiment quelconque. Ici elle survient avec une rapidité extrême lorsque la pression exercée est trèsgrande; la respiration peut être instantanément suspendue, et alors le sang, devenant immédiatement, à l'égard des organes, aussi négatif qu'il peut l'être, la vie s'éteint, et l'ensemble des phénomènes communs aux asphyxies ne se montre pas. On ne trouve donc pas à l'autopsie cadavérique cette coloration de la peau , cet engorgement des poumons et de tout le système veineux qui ont été précédemment signalés. Mais la compression exercée sur les organes contenus dans la poitrine , peut offrir des nuances très-variées, et, dans quelques circonstances, tous les phénomènes de l'asphyxie , comme toutes les altérations qu'elle laisse à sa suite , peuvent se rencontrer chez un individu qui a péri de cette manière. »

Les circonstances au milieu desquelles le sujet asphyxié se trouve placé suffisent le plus ordinairement pour établir le diagnostic de cette maladie ; nous ne croyons pas devoir entrer dans des considérations détaillées sur ce sujet. Le pronostic de cet état varie suivant l'énergie de la cause asphyxiante , suivant la prolongation des accidents : sur ce sujet , tout développement serait encore superflu.

Nous indiquerons plus bas le traitement qu'il convient d'opposer à l'asphyxie par compression de la paroi thoracique à l'extérieur.

B. Asphyxie par épanchement d'air ou de li-

quide dans la cavité des plèvres.

Nous doutons que jamais aucun fait d'une pareille asphyxie ait été observé ; mais , comme elle a été mentionnée par les auteurs, nous avons jugé convenable de la citer ici. M. Bérard (loc. cit., p. 218) admet qu'un double épanchement , s'il est considérable , affaisse l'un et l'autre poumon , et cause l'asphyxie. Un épanchement borné à la cavité d'une plèvre pourrait, quoique plus lentement, amener le même résultat en enfonçant le médiastin vers le côté sain. Une double plaie pénétrante de la poitrine, assez large pour permettre à l'air atmosphérique de s'introduire librement dans les plèvres , est suivie de l'affaissement des deux poumons ; c'est en vain que , dans ce cas . le diaphragme et les muscles des parois thoraciques en-

trent en contraction; le poumon ne se dilate point avec la poitrine tant que l'air a accès dans les plèvres. M. Bérard ajoute : « On a généralement attribué l'affaissement du poumon au poids de l'atmosphère; cependant c'est là une erreur grossière. La pression atmosphérique s'exerce, dans ce cas, à la fois, et sur la surface externe, par suite de la solution de continuité des parois thoraciques , et sur la face interne. Or, ces deux pressions se faisant équilibre, si le poumon s'affaisse , c'est en obéissant à son élasticité, chose qu'il ne peut faire dans l'état d'intégrité des parois thoraciques, puisque la pression atmosphérique ne s' exerçant alors qu'à l'intérieur du poumon, elle le maintient en contact permanent avec les parois. » Quoi qu'il en soit ,. l'expérience démontre que quand une large ouverture est faite à la cavité de la plèvre, le poumon correspondant n'est plus susceptible de se dilater au moment de l'inspiration. Il nous suffît de constater la réalité de cette dernière circonstance pour maintenir comme possible l'asphyxie dont il est ici question.

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