‹ Compendium de médecine pratique, ou, Exposé analytique et raisonné des travaux contenus dans les principaux traités de pathologie interneChapitre 28 sur 50 · AS · texte numérisé non relu

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M. Brachet, offre , au dire de cet auteur, un exemple d'asthénie ganglionnaire. La maladie était caractérisée par la lenteur et la faiblesse de toutes les fonctions; celles-ci s'exécutaient librement; la débilité générale était indépendante de toute espèce d'altération d'organe ; les recherches les plus minutieuses ne purent en faire découvrir aucune. Voici comment survient l'asthénie générale, qui reconnaît pour cause l'asthénie ganglionnaire : le cerveau ayant besoin de recevoir une ondée suffisante de sang , moins pour sa nutrition que pour l'entretien de l'excitation qui lui est nécessaire , ses fonctions sont notablement affaiblies dès que le cœur ne lui envoie plus la quantité de sang qui lui arrivait dans l'état normal : or, c'est ce qui a lieu lorsque le système ganglionnaire frappé d'asthénie ne peut plus stimuler le cœur, ni exciter ses contractions avec assez d'énergie; car alors l'encéphale , privé d'une partie de la stimulation , perd de plus en plus sa vigueur, et tombe dans un état d'apathie ou d'asthénie ; son influence sur la locomotion ou sur la parole, la respiration, etc., diminue à proportion , et cause la faiblesse de leurs organes respectifs. M. Brachet ne doute pas que «bien souvent ces langueurs , ces faiblesses , qui surviennent sans cause connue, sans lésion apparente, ne soient le résultat de la réaction du système ganglionnaire d'abord sur les organes dont les fonctions sont sous sa dépendance, et consécutivement sur celles qui dépendent du système cérébral » (lot: cit., p. 1 69).

Les causes les plus ordinaires de l'asthénie ganglionnaire sont toutes les circonstances capables d'épuiser l'économie par un travail immodéré ou prolongé; ce sont en outre toutes les causes que nous

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avons déjà fait connaître en parlant de l'asthénie générale , telles que l'habitation d'un lieu humide , ohscur, le mauvais air, la malpropreté, la nourriture insuffisante ou de mauvaise qualité, etc.

M. Roche pense que les organes delà vie végétative ne sont pas susceptibles de paralysie complète, et que leur asthénie ne peut s'élever au delà d'un certain degré sans que la vie cesse immédiatement. 11 donne pour raison , que si le poumon, le cœur, l'estomac , les reins , étaient frappés de paralysie , la mort serait si prompte qu'elle ne laisserait pas le temps de la reconnaître. Cette opinion de M. Roche n'infirme en aucune manière la doctrine de M. Brachet : en effet , il peut très-bien se faire que l'affaiblissement des organes contenus dans les cavités splanchniques n'aille pas jusqu'à la paralysie; la débilité des actions organiques suffira pour apporter le trouble dans leurs fonctions. On ne voit pas pourquoi les appareils de la vie organique , qui sont liés si étroitement au système nerveux cérébro-spinal , et dans lesquels les congestions inflammatoires sont si fréquentes , ne pourraient pas , lorsque les phénomènes de la vie sont en moins ,

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tomber dans l'asthénie. Mais il faut reconnaître que , jusqu'à présent , on a plutôt soupçonné que démontré l'existence de ces asthénies : leurs symptômes nous échappent complètement, ou plutôt se confondent avec d'autres émanés de la souffrance des organes voisins. Nous ne parlons en ce moment que des asthénies locales sans lésion appréciable , et non de ces débilités qui succèdent à l'inflammation , et qui sont si communes après la période aiguë des maladies des viscères : l'asthénie sans lésion qui tiendrait à un état tout particulier du système ganglionnaire constituerait une asthénie primitive. Nous nous sommes déjà expliqués à ce sujet en parlant des débilités en général; ajoutons seulement que l'asthénie primitive du système ganglionnaire nous paraît tout aussi difficile à admettre que l'asthénie primitive générale.

Asthénie cérébrale. — Toutes les causes pathologiques qui suspendent ou affaiblissent les fonctions de l'encéphale, telles que l'hémorrhagie , le ramollissement, la simple congestion sanguine, amènent l'asthénie , sans exercer sur les fonctions ganglionnaires aucune influence directe , excepté dans les fonctions en quelque sorte mixtes, qui nécessitent le concours des deux systèmes nerveux (Brachet , loc. cit., p. 45 et suiv.). Les asthénies cérébrales , dont M. Brachet rapporte des exemples , sont idiopathiques , c'està-dire que le système nerveux est tout à la fois le siège de la lésion qui cause l'asthénie et de l'asthénie elle-même (Brachet). La réaction du système cérébral sur le ganglionnaire produit un mode spécial de débilité dans la circulation et dans les sécrétions , fonctions dépendantes du système nerveux ganglionnaire. L'affaiblissement des phénomènes vitaux dans ce cas comme dans tous les autres , n'est que sympathique , et se rattache à la lésion du système nerveux cérébrospinal. M. Brachet cite un exemple d'asthénie de l'une des sections cérébrales sans lésion des autres (Obs. xv, loc. cit., p. 1 52) : le système musculaire fut , pendant de longues années, seul atteint d'asthénie, mais la souffrance des nerfs cérébraux finit par réagir sur les nerfs ganglionnaires , et la débilité ne tarda pas à paraître dans les fonctions soumises à l'influence de ce nerf : d'abord limitée au système musculaire , elle s'étendit à toutes les fonctions organiques. Cette solidarité entre le grand sympathique et l'axe encéphalo - rachidien peut bien , dans les premiers temps des maladies , se dissimuler à notre investigation , ou même ne pas exister, mais il est bien rare qu'elle ne se montre pas au bout d'un temps plus ou moins long. L'affaiblissement du système nerveux cérébral se reconnaît à la lenteur ou à la gêne avec laquelle s'exécutent les fonctions qui sont dévolues à l'encéphale : l'intelligence , les volitions , les sensations , la parole , la locomotion , sont notablement lésés ; à ces troubles s'en joignent d'autres qui annoncent la part active

que le système ganglionnaire prend bientôt au développement de la maladie. C'est alors que la nutrition, les sécrétions, les exhalations, la circulation, qui se trouvent sous l'influence immédiate du grand sympathique , s'altèrent , et que l'asthénie devient générale, au lieu de rester limitée au cerveau, à la moelle et aux nerfs qui en partent. Nous ne poursuivrons pas plus loin ce qui est relatif à l'asthénie cérébrale et ganglionnaire , car ce serait faire l'histoire de toutes les affections viscérales , dont elles sont ordinairement le symptôme.

Des débilités locales. — Tous les tissus peuvent être le siège d'une asthénie qui reste bornée à l'organe ou à l'appareil , dans la composition duquel ils entrent comme éléments ; c'est ainsi que l'on retrouve les asthénies sanguines , nerveuses , nutritives , sécrétoires, dans tous les viscères où elles ont reçu des noms ^particuliers. Les asthénies sanguines ont été décrites par quelques auteurs sous le nom d'anémie, de chlorose, d'aménorrhée; les nerveuses, partagées en celle du sentiment, du mouvement, de l'intelligence, sont l'héméralopie , l'amaurose, la surdité, l'anaphrodisie, qui portent sur les fonctions de la sensibilité. L'aphonie, l'asthénie de l'estomac, de la vessie , du rectum , de l'utérus , ont été rangées parmi les débilités du mouvement; le collapsus cérébral, la démence , l'idiotie, parmi les asthénies de l'intelligence; les débilités du sentiment, du mouvement, de l'intelligence, sont la congélation, la syncope, l'asphyxie. Les asthénies nutritives comprennent l'atrophie qui peut frapper tous les organes, les muscles le tissu cellulaire, le cerveau, le cœur, les testicules, etc. ; L'agalaxie et l'aspermasie sont des débilités secrétaires (Nouv. élém. de pathol., par MM. Roche et Sanson, t. n, p. 466 et suiv.) Nous n'examinerons pas chacune de ces asthénies en particulier; leur histoire sera mieux placée quand nous traiterons des maladies dans lesquelles la débilité apparaît comme symptôme. Nous allons seulement tracer les caractères généraux des asthénies partielles, et faire connaître leur cause et leur mode de développement.

Causes des asthénies partielles. — Les états morbides se rallient constamment à une lésion qui occupe le viscère débilité ou un organe plus éloigné, mais qui entretient des rapports intimes avec lui; pour en prendre une idée claire, dit M. Broussais, il faut les examiner d'abord à l'extérieur; où ils peuvent être primitifs ou secondaires, et les voir ensuite à l'intérieur (Cours de pathol., t. v,p. 410); nous suivrons cet ordre.

L'anatomie pathologique nous montre la disparition presque complète de la fibrine des muscles à la suite des douleurs rhumatismales ou d'un long repos , et la substitution d'un tissu graisseur ou gélatineux à cette fibrine. Lorsque les membres ont été le siège

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