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Parmi les auteurs qui ont cherché dans les désordres matériels des organes la cause de l'asthme , nous citerons M. Ferrus , qui , dans la seconde édition du Dictionnaire de médecine, a admis deux espèces d'asthme : le premier ou idiopathique , dont le siège primitif est dans l'une des nombreuses dépendances de l'appareil nerveux ; le second , ou symptomatique , a pour cause une maladie d'un viscère autre que le cerveau ou ses annexes. Nous avons déjà montré les inconvénients de cette division. Du reste , si on voulait scruter la distinction adoptée par M. Ferrus , on verrait que l'asthme idiopathique ou nerveux qu'il a établi comprend l'asthme essentiel ; pour cela il suffît de s'entendre sur le sens que l'on attache à ce mot. On trouvera dans la Physiologie du système nerveux de George ( t. u ) les idées principales que ce médecin a émises au sujet de l'asthme ; il le rapportait à une irritation cérébrale. Les auteurs des Nouveaux éléments de pathologie (t. h, pag. 333) ont fait de l'asthme une névrose de la muqueuse pulmonaire provoquant la convulsion des muscles respirateurs.
On lira avec fruit le Traité de Robert Bree intitulé : Recherches pratiques sur les désordres de la respiration, etc. , traduit par Th. Ducamp; Paris, 1819. Ce Traité complet de l'asthme et des diverses dyspnées renferme une analyse de tous les livres qui ont paru sur cette matière, ainsi que l'article du Dictionnaire de médecine pratique, de Gopeland, qui est une véritable monographie de l'asthme. Quant au Traité de Millar sur l'asthme convulsif , il ne peut être d'aucune utilité. Nous terminerons en recommandant la lecture d'un Mémoire que l'on doit à M. Lefèvre. Ce médecin a résumé dans son travail tout ce qu'on a publié de plus important sur ce sujet ; il a reproduit les principales observations consignées dans les ouvrages , et en a ajouté deux autres qui lui sont propres. M. Lefèvre place la cause de la maladie dans une irritation de la muqueuse bronchique, et s'appuie sur les recherches faites par Reissessein, Varnier, touchant la contraction spasmodique des bronches. On peut consulter sur ce point d'anatomie et de pathologie les Mémoires récents de M. Bazin , présentés à l'Académie des sciences, et la 29e livraison du Traité complet d'anatomie de l'homme, par M. Bourgery ; voyez aussi la bibliographie des articles Emphysème pulmonaire , Maladies du coeur et Group.
ATAX1QUE (fièvre), s. f. de a privatif, râ?tç, ordre, irrégularité, désordre.
Synonymie. — Typhus , Sauvages, Gullen. — Fièvre maligne des auteurs. — Febris atacta , Selle. — Febris nervosa, Frank. — Fièvre nerveuse, pernicieuse , cérébrale , de mauvais caractère , des prisons.
La description qu'a donnée Pinel de la fièvre ataxique ou maligne s'applique à une affection violente du
tube digestif avec irritation prédominante du système nerveux de relation. La dénomination d'ataxique que Pinel emploie à l'exemple de Selles exprime seulement l'irrégularité , le désordre , qui se manifestent dans ces fièvres ; elle ne donne aucune idée du siège de la maladie. Tout en plaçant la fièvre ataxique au nombre des fièvres essentielles , il dit qu'elle dépend d'une atteinte profonde portée au système nerveux ; mais il ne spécifie en aucune manière le siège ni la nature de l'affection. 11 semble même vouloir faire entendre qu'elle envahit toutes les parties du corps, et s'étend à tous les tissus. «On peut reprocher à Pinel, dit M. Broussais, d'en faire une affection essentielle, c'est-à-dire générale , après avoir fixé son siège dans l'appareil nerveux » ( Exam. des doct., t. m, p. 459 , 3e édition). Sans entrer dans les discussions graves que soulèvent ces questions qui doivent être examinées au mot fièvre, nous nous contenterons de tracer rapidement, d'après Pinel, le tableau des symptômes qui constituent la fièvre ataxique : état obtus ou sensibilité excessive des organes des sens ; vue égarée ; vertiges; délire ou intégrité de l'intelligence; coma; inquiétude continuelle ou indifférence du malade sur tout ce qui le concerne ; nulle connaissance de tout ce qui se passe autour de lui; insomnie ou somnolence; agitation, carphologie; tremblement général ou local; soubresauts des tendons ; convulsions ; paralysies ; symptômes de tétanos, de catalepsie, d'épilepsie; prostration extrême; rougeur et pâleur momentanées de la peau ; chaleur souvent entremêlée de frissons fugaces , moindre ou plus élevée que dans l'état de santé; langue nette ou recouverte d'un enduit blanchâtre, humide ou sèche; soif nulle ou très-grande : «quelquefois horreur de l'eau; déglutition gênée ou même impossible , et parfois sentiment de strangulation; vomissement spontané ou provoqué par la cause la plus légère ; diarrhée ou constipation opiniâtre ; » le pouls tantôt fort, fréquent, régulier; tantôt petit, faible , lent , ir régulier ; lipothymies, syncopes; respiration facile ou difficile, fréquente ou lente, parfois accompagnée de hoquets , de toux , de soupirs , de rire involontaire; chaleur vive ou refroidissement, sueur froide ou chaude, visqueuse ou ténue; excrétion de l'urine suspendue , difficile et douloureuse , ou trèsabondante; urines ordinairement limpides, quelquefois sédimenteuses. Le type de ces fièvres est continue, rémittent ou intermittent ; ses complications les plus fréquentes sont les fièvres gastriques, muqueuses et adynamiques (Nosographie philos., t. i, p. 186 et suiv. ).
ATONIE , s. f . de a privatif et tovoç , ton , tension , défaut de ton , affaiblissement, relâchement. On donne le nom d'atonie au défaut de tonicité , de contractilité organique d'un tissu ou d'un organe. Il ne faut pas confondre l'atonie avec l'asthénie et l'adynamie;