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tandis que ces deux derniers mots désignent plutôt un état général de l'économie dans lequel il y a faiblesse, l'atonie, au contraire, signifie une faiblesse locale ; cependant les asthénies partielles ou locales de certains auteurs ne sont autre chose que des atonies; elles résultent comme celles-ci d'un affaiblissement de la contractilité des tissus , et d'une affection locale ou générale qui a débilité les tissus qui en sont le siège. On trouvera aux mots asthénie tout ce qui a rapport à V atonie.
AUSCULTATION, s. f. Dans le langage médical le mot auscultation (dérivé de ausculto , j: 'écoute) désigne une méthode de diagnostic, qui est basée sur la connaissance des bruits que l'organisme en fonction produit , soit dans l'état sain , soit dans l'état de maladie. Elle comprend l'étude de tous les bruits qui peuvent être perçus à distance , ou par l'oreille immédiatement appliquée sur la région qui résonne, ou encore par l'intermédiaire d'instruments destinés à conduire le son. Elle apprécie leur valeur, qu'ils soient naturels ou artificiellement produits.
L'auscultation a initié le médecin à une foule de mystères qu'il ne pouvait soupçonner avant son application à l'étude des maladies. Cette méthode nous conduit chaque jour à l'appréciation la plus exacte de l'état des organes ; elle a agrandi le domaine de la médecine en facilitant le diagnostic de plusieurs états pathologiques, qu'autrefois le médecin ne pouvait reconnaître que sur le cadavre.
La découverte de l'auscultation , dit M. Littré , est un des plus beaux fleurons de la médecine contemporaine , et elle a placé au rang des génies inventifs et des hommes les plus éminents de la science Laennec , qui en a développé tous les résultats dans son magnifique ouvrage sur X Auscultation médiate et les maladies des poumons et du cœur. Baglivi disait, vers la fin du xyu6 siècle : O quantum difficile est curare morbos pulmonum! O quanto difficdius eosdem cognoscere ! Grâce à Laennec , le diagnostic des affections de poitrine a pris une précision inespérée, et il est incontestable que le traitement a gagné à cette clairvoyance nouvelle du médecin : mais il n'y a pas tant gagné qu'il ne reste plus rien de l'exclamation douloureuse de Baglivi; seulement i! faut la retourner, et aujourd'hui il est plus difficile de guérir les affections du poumon que de les connaître ; remarquable liaison des travaux de la pensée dans le cours du temps, et concours merveilleux des grandes intelligences qui se répondent fidèlement de siècle en siècle! Ce que le médecin italien réclamait sans pouvoir le trouver nulle part , c'est Laennec qui en dote les contemporains et l'avenir.
-Suivant Dance (Dict. de méd., 2e éd. , t. iv, p. 394) l'auscultation a sur les données fournies par les symptômes des avantages nombreux qui consis-
tent : 1° à faire reconnaître si les troubles de la respiration sont ou non essentiels aux organes thoraciques, s'ils dépendent d'une lésion propre à ces organes , ou ne sont que le résultat d'un trouble consensuel; 2° à fournir des données précises sur la lésion de ces mêmes organes, lors même que leurs fonctions ne sont pas altérées ; 3° de préciser le siège du mal , d'indiquer son degré , sa marche , ses progrès ; 4° enfin de faire reconnaître des maladies qui sans son secours resteraient entièrement ignorées.
Quand on apprécie les nombreux avantages qui résultent de l'application de l'organe de l'ouïe à la connaissance des maladies, on s'étonne d'apprendre que la découverte de l'auscultation , déjà entrevue par Hippocrate, n'ait porté ses fruits qu'en 1818 et par les soins de Laennec. Cette circonstance est trop curieuse pour que nous hésitions à la mettre ici dans tout son jour.
Le passage suivant du traité De morbis (n, § 59) prouve qu'Hippocrate avait cru entendre , par l'application immédiate de l'oreille, un bruit propre à faire distinguer l'hydrothorax des épanchements purulents. «Vous reconnaîtrez par là, dit-il, que la poitrine contient de l'eau et non du pus , si , en appliquant l'oreille pendant un certain temps sur les côtés , vous entendez un bruit semblable au frémissement du vinaigre bouillant.» Il est probable, dit Laennec (Auscult. méd., 1. 1, p. 37, 2e édit.), que le bruit entendu par Hippocrate était celui de la respiration mêlée d'un peu de râle crépitant.
Quoi qu'il en soit , cette indication que l'on trouve insérée dans les œuvres d'Hippocrate ne fixa en rien l'attention des pathologistes , personne ne sut l'exploiter et elle tomba complètement dans l'oubli.
«Depuis un petit nombre d'années, dit Laennec (loc. cit., p. 5), quelques médecins ont essayé dans les cas d'affections de l'organe central de la circulation d'appliquer l'oreille sur la région précordiàle... Je n'ai trouvé nulle part cette méthode indiquée ; Bayle est le premier à qui je l'aie vu employer, lorsque nous suivions ensemble la clinique de Corvisart. Ce professeur lui-même n'en faisait jamais usage ; il dit seulement avoir entendu plusieurs fois les battements du cœur en écoutant très-près de la poitrine {Essai sur les mal. du cœur, etc., 3e édit., p. 396). Bayle, au reste, non plus qu'aucun de ceux de nos anciens coudisciples, à qui j'ai vu employer quelquefois cette auscultation immédiate , dont ils tenaient probablement , comme moi , la tradition de lui , et dont l'idée première remonte à Hippocrate, n'en avaient non plus que moi pu tirer un autre parti que celui de sentir plus fortement les battements du cœur, dans les cas où on ne les distingue pas facilement à la main. »
«Je fus consulté, en 1&16, par une jeune personne qui présentait des symptômes généraux de ma-
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ladie du cœur, et chez laquelle l'application de la main et la percussion donnaient peu de résultat à raison de l'embonpoint. L'âge et le sexe de la malade m'iuterdisant la possibilité de l'auscultation immédiate, je vins à me rappeler un phénomène d'acoustique fort connu : si l'on applique l'oreille à l'extrémité d'une poutre, on entend très-distinctement un coup d'épingle donné à l'autre bout. J'imaginai que l'on pouvait peut-être tirer parti , dans le cas dont il s'agissait, de cette propriété des corps. Je pris un cahier de papier, j'en formai un rouleau fortement serré dont j'appliquai une extrémité sur la région précordiale, et posant l'oreille à l'autre bout, je fus aussi surpris que satisfait d'entendre les battements du cœur d'une manière beaucoup plus nette et plus distincte que je ne l'avais fait par l'application immédiate de l'oreille. »
Dès lors Laennec fut sur la voie de la découverte de l'auscultation médiate. Cependant , tandis que cet habile observateur consignait dans son livre les faits qui lui assurent la gloire de la découverte de l'auscultation , M. Double, qui n'avait point encore eu connaissance de son travail , inscrivait dans sa Séméiologie générale le précepte suivant : «Pour bien apprécier le bruit que les malades font en respirant , et pour le saisir très-clairement , même lorsqu'il semblerait d'abord ne pas exister , il faut approcher exactement l'une des deux oreilles contre la paroi thorachique , et en parcourir ainsi tous les points et toutes les faces. Non-seulement on distingue fort bien ainsi la nature et l'intensité du bruit qui a lieu , mais on en fixe assez précisément le siège. J'ai retiré souvent de grands avantages de ce mode d'exploration de la respiration qui m'est propre, et auquel j'ai été naturellement conduit par le même mode d'exploration appliqué aux battements du cœur, dont je fais aussi chaque jour de très-utiles applications cliniques. »
Les auteurs anglais, sans contester à Laennec l'honneur de la découverte de l'auscultation médiate , rappellent qu'un philosophe de leur nation , Hook [Posth. works, p. 39 et suiv.) avait depuis longtemps fait connaître par des observations pleines de justesse l'importance des bruits qui résultent des mouvements intérieurs de notre Corps.
Laennec dut s'occuper de perfectionner l'instrument grossier dont il s'était d'abord servi. En dernier résultat il fit usage d'un cylindre de bois de seize lignes de diamètre , long d'un pied , percé dans son centre d'un tube de trois lignes de diamètre , et brisé au milieu à l'aide d'un tenon garni de fil qui est arrondi à son extrémité, et long d'un pouce et demi. Les deux pièces dont il se compose sont évasées à leur extrémité , à un pouce et demi de profondeur, de manière que l'une puisse recevoir exactement le tenon ,
et l'autre un obturateur de même forme. Le cylindre ainsi disposé est l'instrument qui convient pour l'exploration de la respiration et du râle. On le convertit en un simple tube à parois épaisses pour l'exploration de la voix et des battements du cœur, en introduisant dans l'entonnoir ou pavillon de la pièce inférieure l'enbout ou l'obturateur qui se fixe à l'aide d'un petit tube de cUivre qui le traverse , et qui entre dans la tubulure du cylindre jusqu'à une certaine profondeur.
Ainsi était construit le stéthoscope de Laennec (de ôrîjêoç, poitrine et de tootvêco , j'explore). Cet instrument a subi bien des modifications depuis sa première application à l'auscultation. Quelques médecins, dans le but sans doute d'en rendre l'usage plus facile, d'autres en Yue d'accoler leur nom à celui de Laennec peut-être , ont indiqué quelques formes particulières à donner à ce petit appareil. Nous avouerons que bien que les modifications se soient multipliées à cet égard , elles ne prouvent pas beaucoup en faveur de l'esprit inventif des constructeurs d'instruments, et n'ajouteut rien du reste à la valeur ni à la commodité du stéthoscope de Laennec. 11 nous semble par conséquent fort inutile d'entrer dans aucun détail descriptif à ce sujet.
Lorsque l'on fait usage de l'instrument que nous venons de décrire , il faut le saisir par sa partie inférieure, celle qui avoisine l'enbout, en le tenant comme une plume à écrire , on l'applique alors par cette extrémité sur la région que l'on veut explorer; on presse assez pour que , par tous les points de sa section inférieure, il repose sur la partie à examiner : on pose l'oreille sur l'autre extrémité de l'instrument, et au moment où l'instrument est maintenu par la conque de l'oreille, on cesse de le soutenir avec la main; en agissant ainsi, on obvie à toute espèce de frottement qui pourrait donner lieu à un bruit particulier et induire en erreur.
Latennec a tracé de la manière suivante les précautions générales que demande l'auscultation (loc. cit., p. 43) : «1° Appliquer exactement et perpendiculairement le stéthoscope, de manière à ce qu'il n'y ait point d'hiatus entre les contours de son extrémité et les parois de la poitrine ; 2° on doit éviter de presser trop fortement, surtout lorsque le cylindre est dégarni de son obturateur, et que la poitrine du malade est très-maigre; la pression serait alors quelquefois douloureuse ; 3° il n'est pas nécessaire que la poitrine soit nue : tous les signes stélhoscopiques positifs , et souvent même les signes négatifs , peuvent être perçus à travers des vêtements épais , pourvu qu'ils soient exactement appliqués sur la poitrine. Cependant il vaut mieux que celle-ci ne soit couverte que de vêtements légers, comme un gilet de flanelle et une chemise. Les robes de soie, les étoffes de laine,
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nuisent souvent par le bruit que produit leur froissement contre le ste'thoscope.
L'observateur doit , sur toute chose , ne pas se mettre dans une position gênante , et ne pas trop baisser la tête ou la renverser en arrière par une extension forcée du cou. Plutôt que de prendre ces positions , qui font porter le sang à la tête, et nuisent en cela à la netteté de l'ouïe , il vaut mieux mettre un genou en terre.
Pour l'examen des parties antérieures de la poitrine, le malade doit être couché sur le dos ou assis et légèrement incliné en arrière; pour l'examen des parties postérieures , il doit être penché en avant , les bras fortement croisés ; pour celui des côtés, on le fait légèrement pencher sur" le côté opposé, et on lui fait mettre la main sur la tête.
C'est avec raison que l'on recommande généralement dans l'auscultation d'appliquer l'oreille alternativement sur l'un et l'autre côté de la poitrine , en comparant toujours les résultats de l'auscultation sur les parties homologues. Nous ne possédons pas de caractère qui puisse dénoter évidemment, dans les cas qui se rapprochent de l'état sain , si le poumon subit un commencement d'altération , ou s'il fonctionne régulièrement. Mille circonstances , qui n'appartiennent pas à une modification pathologique , peuvent altérer les bruits respiratoires ; en auscultant alternativement les points de la poitrine qui se correspondent , on apprécie convenablement le mode suivant lequel les fondions du poumon s'effectuent à des hauteurs et dans des conditions semblables, et dès lors on est à même d'établir une comparaison. Si l'on constate quelque différence, il y a déjà présomption pour soupçonner une maladie.
Cherchons à préciser maintenant l'usage qu'il convient de faire de l'enbout ou obturateur de l'instrument. Laennec recommandait son usage dans l'exploration du cœur et de son impulsion ; il pensait encore que son application était utile lors de l'appréciation des caractères de la voix. On a critiqué cette manière de procéder (Raciborski, Man. de l'ausculta p. 85); nous établirons plus bas ce que nous pensons à cet égard. Lorsque l'on ausculte la respiration , les souffles, les râles, les bruits particuliers du cœur, l'instrument est dépourvu de l'enbout , et repose sur la poitrine par l'évasement de sa base.
Depuis l'application que Laennec a faite de l'auscultation à la connaissance des maladies , les travaux se sont multipliés à cet égard ; les résultats ont été nombreux , et il convient aujourd'hui , pour guider dans l'étude compliquée de ces différents faits, de procéder avec une certaine méthode.
Le tableau suivant renferme l'indication des principaux signes pathologiques que l'auscultation révèle au médecin :
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1° Auscultation appliquée aux phénomènes de la respiration.
A. Auscultation à distance.
1 ° État physiologique.
2° Respiration soufflante.
3° id. Iuctueuse.
4° id. ronflante.
5° id. stertoreuse.
6° id. sifflante.
— Succussion hippocratique.
B. Auscultation médiate ou immédiate.
— 1° Bruits d'expansion vésiculaire à l'état normal.
2° id.
exagéré
3° id.
diminué
1° Bruits de souffle bronchique.
2° id. caverneux.
3° id. amphorique.
— 1° Bruits de la voix à l'état normal.
2° Bronchophonie.
3° Égophonie.
4° Pectoriloquie.
— Tintement métallique.
— Bruit de frottement.
1° Bruits de râles.
2° Bruits de râle vésiculaire.
3° Bruits de râle bronchique.
4° Bruits de râle caverneux.
2° Auscultation appliquée aux phénomènes de la circulation centrale.