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tinuelles qui s'effectuent par la se'crétiou urinaire.
On a dit que l'impression du froid , en agissant sur l'enveloppe cutanée, pouvait provoquer l'apparition de la boulimie. On sait , en effet , que la faim est plus vive et l'assimilation plus rapide en hiver qu'en été , dans les pays froids que dans les climats chauds ou tempérés. M. Broussais a parfaitement démontré que l'énergie fonctionnelle de l'appareil gastrique tient au refoulement des liquides de l'extérieur à l'intérieur, en particulier dans l'estomac et le poumon ( Phlegmasie chron., t. m ). La sensation de la faim n'est , dans ce cas, qu'un des effets de la sur-excitation du ventricule ; ce n'est pas , comme on l'a prétendu , une influence sympathique exercée par la peau sur le viscère qui provoque lafaim {Diction, de méd., 2e édit., art. Boulimie , p. 525) , mais bien une modification directe qui survient suivant le mécanisme indiqué par M. Broussais.
Nature de la boulimie. — Faut-il attribuer ce phénomène pathologique à une irritation gastro-intestinale ou à un simple éréthisme nerveux ? La solution de cette question est d'une grande importance pour la thérapeutique, car celle-ci est bien différente , suivant la manière dont on l'envisage.
Ceux qui assignent à la boulimie une origine nerveuse font observer, que les phlegmasies et les irritations aiguës de l'estomac détruisant l'appétit , on ne peut pas croire que l'inflammation chronique l'augmente; que l'on ne peut donc la considérer comme un effet de la gastro-entérite chronique , puisque l'aiguë entraîne le dégoût des aliments ; que si elle annonçait la première de ces affections , tous les individus convalescents chez lesquels la faim est excessive, en seraient atteints ou fortement menacés; que si une gastrite légère excitait l'appétit, une gastrite plus forte devrait encore l'accroître, ce qui n'a pas lieu, car l'anorexie est au contraire un des symptômes les plus constants de la phlegmasie gastrique; que dès lors il faut admettre que l'éréthisme qui produit la faim canine n'est pas de même nature que l'inflammation de l'estomac qui occasionne l'inappétence ; que la boulimie ne dépend que d'une excitation nerveuse de l'appareil digestif, et que les malades qui ont faim et qui digèrent ne sont point affectés de gastroentérite, quels que soient d'ailleurs les symptômes qu'ils éprouvent ( Trait, sur les gastralgies et les eniéralgies, par Barras; t. v, p. 449 et pas.).
M. Barras , peu disposé à croire que la boulimie soit le premier pas d'une gastro-entérite, reconnaît cependant que l'éréthisme nerveux y conduit quelquefois, et qu'il est une prédisposition à la gastro-entérite.
M. Broussais a rangé la boulimie au nombre des névrose^ gastriques par irritation de la muco-villeuse (Cours de thérapeut. génér. ; t. y., p. 120). On
peut inférer de là , que toute discussion âU Sujet de la nature de ce symptôme a entièrement cessé , et qu'on s'accorde aujourd'hui à en faire le signe des affections gastralgiques et inflammatoires de l'estomac. La faculté de digérer sans douleur la masse d'aliments ingérés permet d'établir qu'il n'existe qu'une gastralgie (M. Barras, loc. cit.) ;des conditions inverses doivent faire conclure que la muqueuse de l'estomac est irritée chroniquement. On s'aidera d'ailleurs des phénomènes généraux pour se fixer sur la véritable nature de la maladie : si elle se manifeste chez une femme chlorotique , hystérique, ou en proie à d'autres névroses , il n'y a pas à douter : c'est une boulimie gastralgique.
Lorsqu'elle sévit depuis quelque temps avec une certaine intensité , peut-elle produire une inflammation ? M. Barras est porté à croire que l'excitation nerveuse de l'appareil digestif peut déterminer accidentellement la gastro-entérite ; mais que celle-ci n'en est ni la continuation ni la suite nécessaire, et qu'elles existent presque toujours séparément. « Ces deux états morbides peuvent se succéder, mais ils ne marchent pas souvent ensemble. Telle est même la différence de leur nature, qu'il est permis de dire que la présence de l'un doit généralement faire présumer l'absence de l'autre » (Des gastralgies , etc.; loc. cit., p. 455). La boulimie peut exciter une inflammation de l'estomac, de la même manière que l'inanition. Il est vrai que Bontius, Albertini, Peyer, Morgagni, quoique ayant ouvert des individus qui avaient succombé à ce genre de mort, ne parlent aucunement de la phlegmasie gastrique: Bedi etValsalva n'ont rien trouvé chez les animaux que la privation de nourriture avait fait périr; on a encore cité de nombreux exemples de personnes qui, après avoir échappé à la mort, ont laissé un journal, où elles racontent n'avoir pas souffert les angoisses de la faim. Dernièrement encore, huit ouvriers mineurs, privés d'aliments durant cent trentesix heures (cinq jours et demi), ont très-bien supporté l'abstinence (Jour, des conn. méd.-chir., septembre 1 836, p. 1 1 7). Mais à ces faits, qui ne prouvent pas autant qu'onl'aditen faveurde l'absence de toute lésion à la suite d'une faim prolongée, on peut en opposer d'autres non moins nombreux, dans lesquels la muqueuse gastrique a paru notablement altérée. La discussion que nécessiterait ce point de physiologie pathologique nous entraînerait loin de notre sujet. Ce qu'on peut avancer, c'est que, s'il est vrai que l'exercice exagérée d'un organe doive finir tôt ou tard par amener des lésions dans son tissu, cette proposition, que personne ne met en doute , est applicable à la boulimie. Aussi croyons-nous qu'elle peut provoquer à la longue une véritable inflammation.
Son traitement est celui de l'affection dont elle est le symptôme; toute thérapeutique dirigée contre elle
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seule échouerait nécessairement , puisqu'elle combattrait l'ombre au lieu de s'adresser au corps. On doit donc chercher quel est l'organe en souffrance, et si la polyphagie est le symptôme de la chlorose, de l'hystérie, de la démence, du diabète ou de toute autre affection , il faut mettre en usage les remèdes usités dans chacune de ces maladies : si elle se rattache à une gastralgie, elle ne cessera que dès l'instant où l'on aura enlevé la névrose intestinale ( voyez Gastralgie ).
BOURDONNEMENT {voyez Tintements d'oreilles).
BRONCHITE, s. f., mot dérivé du grec ppo'^x°;, trachée-artère, Ppo'-Yxta, les rameaux de la trachée-artère ou les bronches, et de la particule terminale iiis3 qui sert à la désignation des phlegmasies.
Dénominations françaises et étrangères. — Rhume, bronchite, catarrhe, catarrhe pulmonaire, catarrhe suffocant, catarrhe sec, catarrhe humide, catarrhe muqueux, angine bronchique,
fièvre catarrhale inflammatoire, .Franc xarappou;,
xarappot. Grec. — Destillatio pectoris, catarrhus, peripneumonia catarrhalis, peripneumonia notha, catarrhus suffocativus, bronchitis. Lat. — Bronchite, suffocazione, catarrone, catarronacio. Ital. — Catarro sofocante, romadizo sofocante. Espag. — Bronchial inflammation, inflammatorjr catarrh, bastard peripneumony , suffocative catarrh. Angl. — Bronchialentzundung , steclcfluss. Allem. — Smoorendezinkinge. Holl.
Synonymie suivant l'ordre chronologique. — ■ Kaxappot, Hippocrate; bronchos, Caelius Aurelianus; catarrhus febrilis, seu inflammatorius des auteurs; peripneumonia catarrhalis, Sauvages; peripneumonia notha, Sydenham, Boerhaave, Morgagni, Gullen ; catarrhus suffocativus, Baglivi, Hill ; peripneumonia pituitosa, Forestus; asthma infantum, Millar; internorum bronchiorum phlogosis, J. P. Frank; bronchitis, J. P. Frank, Jos. Frank, Badham, Swediaur, Reil; cauma bronchitis, Young; empresma bronchitis, Good; inflammation ofthe mucous membrane of the lungs, Hastings; catarrhe, catarrhe muqueux aigu, catarrhe muqueux chronique, catarrhe pituiteux, catarrhe sec, catarrhe convulsif, catarrhe latent, catarrhe suffocant, Laenuec; bronchite, Rostan, Boisseau, Andral, Chomel, etc....
Définition. — La bronchite est l'inflammation de la membrane muqueuse des bronches, inflammation caractérisée le plus ordinairement, à l'état aigu, par une toux plus ou moins fréquente, accompagnée et suivie de l'expectoration de mucosités, d'abord transparentes, glaireuses, peu abondantes, plus tard épaisses, opaques, assez copieuses, avec sentiment d une douleur plus ou moins vive généralement répandue
dans toutes les parties delà poitrine, et plus particulièrement dans les régions sous-stcrnales, sans dyspnée bien prononcée, ni fièvre bien vive. La bronchite succède fort communément au coryza.
Il est peu d'affections qui soient aussi communes que celle que nous venons de caractériser, on citerait difficilement un individu qui aurait été exempt, dans le cours d'une assez longue carrière , des atteintes du mal dont nous parlons. Dans sa forme la plus légère , la bronchite est à peine une modification à l'état de santé habituel; dans sa forme la plus intense, elle devient un accident très-fàcheux dont la terminaison est souvent fatale.
A toutes les dénominations qui ont été proposées jusqu'à ce jour, celle de bronchite semble devoir être préférée , comme le remarque M. Mériadec Laennec (Notes et add., etc., 1836 , p. 44). Le mot bronchite, s'il a l'inconvénient de supposer prouvé ce que l'on a mis en question (l'idée de l'inflammation), a l'avantage d'être court et d'emporter avec soi l'idée du siège précis de la maladie. En l'adoptant comme terme générique , il paraît assez facile de grouper sans confusion toutes les variétés du catarrhe pulmonaire , soit qu'on les rattache aux différences des altérations de la muqueuse , à celles de l'expectoration , à celles des symptômes , ou enfin à celle de la marche de la maladie.
Le mot catarrhe caractérise seulement le flux muqueux qui succède à un travail phlegmasique ou autre; il ne peut remplacer avantageusement le terme de bronchite , puisqu'il est démontré aujourd'hui que la bronchite peut exister sans qu'il y ait augmentation dans le produit d'exhalation de la membrane muqueuse des bronches. Le mot bronchorrhée , plus court que la dénomination catarrhe pulmonaire , exprime parfaitement d'ailleurs les simples flux qui s'opèrent à la surface interne des bronches.
Divisions. — Sauvages et les auteurs qui l'ont précédé n'avaient point d'opinion bien arrêtée sur la maladie dont nous traitons; les dénominations vagues qu'ils employaient communément, les descriptions écourtées qu'ils nous ont transmises prouvent en faveur de l'opinion que nous venons d'émettre.
Dans la classe V des anhélations avec oppression , le professeur de la faculté de Montpellier (Nos. met., Yenise, 1772, t. i, p. 360) décrit sous le nom de rheuma , la bronchite légère ; il admet la division suivante dans l'histoire de cette maladie : 1° Rheuma catarrhalis ; 2° rheuma epidemicum. Ailleurs il place la maladie dans la classe YII des douleurs vagues (op. cit., 1. 1 , p. 21), et il décrit successivement ou signale sept variétés sous les noms de 1° catarrhus benignus ; 2° catarrhus ferinus , quinte, coqueluche; 3° catarrhus epidemicus , catarrhalis epidemica , grippe- follette ; 4° catar-
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rhus bcllinsulanus. Maladie particulière des glandes, endémique à Belle-lsle-en-Mer ; 5° catarrhus rubeolosus ; 6° catarrhus pectoreus ; 7° catarrhus caninus. Il ne faudrait pas entreprendre une longue discussion pour prouver combien peu sont motivées les divisions admises par Sauvages ; nous ne croyons pas qu'il soit utile de l'aborder ici.
Le docteur James Gopland (Dict. ofpract. med., part, i , p. 249 ; London, 1835) pense que cette importante maladie , avant les travaux que le docteur Badham (On the inflammatory affection of the mucous memb. of the bronchia, in-8°; London, 181 0) a entrepris à son sujet , était, suivant la forme particulière qu'elle présentait , confondue avec le catarrhe ordinaire, avec la pneumonie , sous la dénomination de peripneumonia notha , avec d'autres affections des poumons ou des conduits aériens , plus spécialement l'affection tuberculeuse , l'asthme , etc. Le docteur Young semble l'avoir considérée comme une modification ou une extension d'une phlegmasie de la trachée-artère , ou même comme tout à fait semblable à celle-ci , probablement parce qu'elles se compliquent fort communément ou qu'elles se succèdent avec une grande facilité. J. P. Frank , l'un des premiers, a étudié avec soin l'inflammation de la membrane muqueuse des bronches. 11 dit à ce sujet (Interp. clin., p. 1 10) : «Gùm verô profundiùs per tracheam pénétrât , ac in bronchia descendit inflammatio ; tune in primo casu tracheitidis speciem , in altero peripneumonia? iinaginem refert , in quâ ultimâ vix non constantem internorum bronchiorum phlogosim , in centenis cadaveribus deteximus.» Ailleurs il dit (De curand. hom. morb., 1. 1 , p. 1 , cap. vi.) : «Rectam habebis febrium catarrhalium saltem fortiorem ideam , si eas pro inflammatione bronchiorum, sive pro bronchitide considères.»
C'est particulièrement aux travaux des observateurs modernes qu'il faut recourir, lorsque l'on veut connaître ce qui a été dit de plus satisfaisant au sujet de la bronchile. Laennec (Traité del'auscult. méd., t. i,p. 135. Paris, 1826) a présenté au sujet de cette maladie la division suivante : «Les inflammations de la membrane muqueuse des bronches peuvent être divisées en inflammations catarrhales , inflammations plastiques ou couenneuses et inflammations ulcéreuses. Les catarrhes pulmonaires eux-mêmes présentent un grand nombre de variétés , sous les rapports de la nature et de la quantité de la matière expectorée , de l'état aigu ou chronique de la maladie , ou des circonstances concomitantes. »
Laennec s'arrête à l'idée de décrire d'abord le catarrhe muqueux aigu; puis, successivement, le catarrhe muqueux chronique , le catarrhe sec et le catarrhe pituiteux. Il rattache encore à cette étude la description du catarrhe convulsif ou coqueluche , du
catarrhe symptomatique , du catarrhe latent , du catarrhe suffocant. Cette division prêterait singulièrement à la critique , si le célèbre observateur qui l'a adoptée avait considéré le mot catarrhe comme le synonyme exact du mot bronchite. Or, il convient de faire remarquer ici que telle n'était pas absolument son opinion , et qu'il s'exprimait ainsi à ce sujet : «Les catarrhes forment la nuance qui réunit les inflammations aux congestions et aux flux purement passifs, et dans certains cas, de catarrhe chronique, il est au moins fort douteux que la maladie soit réellement de la nature des inflammations.»
M. Broussais (Hist. des phlegm.chron., 1. 1, p.l 67, 1826) confond la description du catarrhe avec celle de la péripneumonie. «Si, dit-il , l'irritation morbifique des bronches ne donne d'autre indice de son existence qu'un vice de la sécrétion muqueuse , elle est dite catarrhe; si elle se fait connaître par uû trouble violent de la circulation , joint à l'altération de la sécrétion muqueuse , on l'appelle pneumonie. » Cette synthèse ne saurait convenir à un ouvrage de là nature de celui-ci ; on pourrait même lui reprocher de ne point exprimer ce qui se passe le plus communément , savoir, l'existence entièrement distincte de la bronchite et de la pneumonie. Nous aurons occasion de revenir plus bas sur ce sujet intéressant.
Quoi qu'il en soit , M. Broussais à senti la nécessité de présenter une description particulière de la bronchite , et, dans les considérations qu'il a abordées touchant cette maladie , il a admis qu'elle se manifeste sous deux aspects différents : l'un plus particulièrement sécrétoire , et l'autre secrétaire et convulsif (Cours de pathol. et de thér. gên„ t. h, p. 409 ; deuxième édit. Paris, 1834.)
Boisseau , qui a marqué parmi les partisans de la doctrine physiologique, a établi (Nos. org., t. n , p. 245 etsuiv. , 1828) les divisions suivantes dans l'étude de la bronchite : 1° L'inflammation aiguë des bronches , à laquelle il rattache le catarrhe muqueux , le catarrhe pituiteux , la coqueluche , le croup bronchique , le catarrhe latent ; 2° l'inflammation intermittente et rémittente des bronches ; 3° l'inflammation chronique des bronches , à laquelle il rattache les différentes variétés d'asthme , le catarrhfc suffocant ; 4° enfin l'inflammation partielle des bronches. Nous ne pensons pas qu'il puisse être permis , dans l'état actuel de la science , de confondre dans une description de la bronchite , ni le croup , ni la coqueluche, ni l'asthme (yoy. ces mots), et dès lors nous croyons devoir rejeter la division qui précède.
M. Roche (M. méd.-chir., et Dict. de méd. et de chir. prat., t. iv, p. 259) se range évidemment à la manière de voir de Boisseau , lorsqu'il admet que la bronchite affecte une marche tantôt aiguë, tantôt chronique, ordinairement continue , quelquefois in-
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termittente. 11 faut remarquer ici , que c'est absolument pour remplir un cadre tracé par avance que l'on se laisse aller à admettre une bronchite intermittente; nous ne pensons pas que cette maladie ait jamais été observée par personne , c'est , suivant nous , un des caractères des phlegmasies d'amener toujours avec elles une série d'accidents continus.
M. Andral , qui ne s'est point attaché à donner une description complète de la bronchite , et a présenté seulement au sujet de cette maladie des considérations fort intéressantes, reconnaît {Anat. pathol., t. n, p. 467 et suiv.) que la congestion sanguine peut atteindre isolément soit les grosses bronches, soit les bronches capillaires , soit enfin une portion isolée de l'arbre bronchique. M. Andral admet d'ailleurs {Clin, méd., t. m, p. 171 et suiv., 1834) comme démontrée l'existence d'une bronchite aiguë et d'une bronchite chronique.
MM. Chomel et Blache {Dict. de méd., t. vi, p. 53, 2e éd.; 1833) divisent aussi la bronchite en inflammation aiguë et en inflammation chronique ; ils reconnaissent d'ailleurs plusieurs variétés de la bronchite aiguë , parmi lesquelles ils mentionnent la bronchite franchement inflammatoire, la bronchite bilieuse , la bronchite suffocante , la bronchite capillaire, etc.
Le docteur Williams {The cyclop. ofpract. med., vol. i, p. 312; London, 1833) s'exprime ainsi à ce sujet : «La bronchite se présente sous deux aspects différents ; la forme aiguë et la forme chronique. La première se distingue de la seconde en ce qu'elle est accompagnée d'une plus grande intensité dans la manifestation des phénomènes inflammatoires , en ce que sa marche est beaucoup plus rapide. Il est donc convenable de considérer chaque forme séparément; en agissant ainsi , on peut davantage mettre en relief les symptômes de l'une et de l'autre altération. »
Le docteur James Copland {Dict. ofpract. med., 1. 1, p. 249 et suiv.; London, 1835) a adopté les divisions suivantes, qui diffèrent un peu de celles que nous avons précédemment indiquées. Pour lui, la bronchite se manifeste sous trois formes diverses : 1° la forme aiguë ; 2° la forme sub-aiguë ; 3° la forme chronique. La forme aiguë se subdivise en trois variétés : A. la bronchite catarrhale; B. la bronchite vraie; C la bronchite asthénique. Le docteur James Copland motive cette division par des descriptions trèsdétaillées. Nous craindrions , cependant , en adoptant «a manière de voir, de scinder trop notre sujet, puis , d'y rattacher à tort des considérations qui ne lui appartiennent pas sans doute bien directement; c'est pourquoi nous préférons suivre un autre mode d'exposition.
Nous conservons la division naturelle qui a été admise par la plupart des auteurs , en bronchite aiguë
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et en bronchite chronique ; seulement , pour la première forme, nous admettons deux variétés : 1° la bronchite des grosses bronches ; 2° la bronchite des bronches capillaires, et, à la seconde forme, la bronchite chronique, nous rattachons l'étude de la dilatation et de l'occlusion des bronches , dont on a fait, dans ces derniers temps , une étude toute particulière.
1° Inflammation aiguë des grosses bronches. Altérations pathologiques.
S'il est assez rare que le médecin trouve l'occasion de pratiquer la nécropsie d'une personne ayant succombé aux seules atteintes de la bronchite , il est fort commun, au contraire, d'avoir à faire l'ouverture du corps de sujets qui ont succombé après avoir éprouvé les accidents de cette affection , comme complication d'une autre maladie. Dans ces derniers cas , les données que l'on obtient sont encore positives , et c'est d'après elles , particulièrement , que nous allons présenter la description qui suit.
La membrane muqueuse des bronches est souvent frappée d'une congestion sanguine, qui se rapproche beaucoup par ses caractères de celle que l'on observe sur la membrane muqueuse gastro-intestinale enflammée. La rougeur peut être également répartie ou se montrer plus intense en certains points seulement. Ce dernier cas est sans contredit le plus commun ; elle varie, du reste, depuis la teinte rose jusqu'au rouge vif, pourpre ou brun. C'est rarement une injection fine, quelquefois un semis de points rouges, souvent une teinte étendue , uniforme ou nuancée qui existe par plaques , par bandes étroites , séparées les unes des autres et laissant des intervalles dans lesquels la membrane muqueuse se montre à l'état normal. Cette congestion vasculaire peut porter, soit sur les vaisseaux de la membrane muqueuse, soit sur ceux du tissu qui lui est sous-jacent. Quand la rougeur est très -marquée dans les premières bronches, elle se propage ordinairement à la terminaison de la trachée-artère. Communément , cette congestion reste circonscrite , peu étendue; parfois elle atteint un assez grand nombre de tuyaux bronchiques : au dire de MM. Broussais et Boisseau , quand elle n'occupe que les bronches d'un seul lobe, c'est supérieurement qu'elle se fixe.
L'épaississement de la membrane muqueuse des bronches peut être l'effet de l'engorgement sanguin qui s'y est formé, ou d'un changement dans la nutrition des parties. La tuméfaction que l'on observe dans les cas de bronchite aiguë n'est souvent que la conséquence de l'hypérémie; elle se joint alors à la couleur rouge des parties , et n'est appréciable pour le médecin que parce qu'elle dimiuue le calibre du conduit qu'elle affecte. On a remarqué que quelquefois le ramollissement était la conséquence de cette modification survenue dans l'état des parties ; cette altéra-
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tion nous a paru fort rare , et n'est jamais , à beaucoup près , si évidente que quand elle porte sur la membrane muqueuse gastro-intestinale. Suivant Boisseau (loc. cit., p. 272), le ramollissement va quelquefois jusqu'à la réduction de la membrane muqueuse en une sorte de pulpe ; on l'observe çà et là sur la membrane et non dans une grande portion de son étendue. Existe-t-il une véritable gangrène des bronches? A-t-on pris le ramollissement que nous venons de signaler pour une gangrène? Cette question ne saurait être résolue d'une façon définitive. Nous pouvons seulement avancer que la gangrène est en ces circonstances une altération fort rarement observée.
11 est assez rare , dans le cas que nous traitons que , à l'ouverture de la poitrine, le poumon s'affaisse comme lorsqu'il n'a subi aucune altération ; après l'enlèvement de la paroi antérieure du thorax , il remplit encore la cavité dans laquelle il était enfermé : c'est que l'air qui remplit ses canaux , étant mélangé à des mucosités abondantes, ne s'échappe qu'avec la plus grande difficulté ; il reste contenu dans les conduits où il circulait naguère. On trouve alors dans les bronches un liquide muqueux , opaque , visqueux , plus ou moins tenace , quelquefois séreux , souvent mélangé de sang, et qui dépend d'une transsudation qui s'est opérée après la mort ou dans les derniers moments de la vie. Ces produits de sécrétion envahissent aussi la trachée-artère et le larynx. Parfois, mais fort rarement, le mucus bronchique se montre purulent.
A ces diverses altérations , viennent s'en joindre d'autres, par exemple l'engouement des cavités droites du cœur et du système veineux à sang noir en général. Comme ces lésions ne sont pas caractéristiques de la bronchite, nous croyons inutile d'y insister.
Symptomatologie. — La bronchite, de même qu'un grand nombre de maladies inflammatoires, est susceptible de présenter une multitude de degrés , le plus souvent très-légers; elle se montre comme une simple indisposition ; c'est alors surtout qu'elle prend le nom de rhume ; d'autres fois plus intense , elle devient une maladie plus importante , et mérite de fixer l'attention du médecin.
En peu d'heures le rhume peut atteindre son plus haut degré d'intensité : souvent il est annoncé par quelques accidents de coryza, par de la céphalalgie, un peu de fatigue dans les membres et un malaise général. Le mucus nasal , dont l'exhalation a été d'abord suspendue, coule maintenant avec plus d'abondance; il est clair, limpide et filant , et souvent tient en dissolution quelques principes assez irritants pour occasionner l'excoriation des narines et de la lèvre supérieure. Cependant à ces accidents vient se joindre un peu d'enrouement, une toux médiocre, à peine douloureuse , et l'expectoration de quelques crachats grisâtres -ou spumeux. L'appétit pour les aliments
diminue un peu, souvent les organes du goût sont inhabiles à percevoir la saveur des aliments ou des boissons , on n'observe pas d'autres accidents vers les fonctions digestives. Les battements de l'artère sont à peine plus développés et plus fréquents ; en quelques jours ces phénomènes se dissipent, sans que jamais ils aient présenté assez de violence pour contraindre le sujet qui les a subis à suspendre ses occupations.
La bronchite aiguë intense se montre avec un ensemble symptomatologique plus imposant, et peut être considérée comme une véritable maladie ; sa description admet parfaitement la division classique en trois périodes : celle de l'invasion , de l'état et de la terminaison.
Ici , les phénomènes précurseurs ont quelque analogie avec ceux qui annoncent l'invasion de la plupart des phlegmasies , des lassitudes spontanées , un sentiment de courbature générale , des douleurs assez vives dans la tête, siégeant le plus souvent à la région frontale , mais s'étendant quelquefois à tout le crâne, des alternatives de frissonnement et de chaleur, les accidents du coryza, quelques douleurs vers les parties latérales du col, un peu de gêne dans l'acte de la déglutition, une soif assez vive, de l'anorexie, un endolorissement de tout le ventre , la constipation , un peu de fréquence et de développement du pouls , un léger sentiment d'oppression , une toux sèche et courte, de l'enrouement, de l'accélération dans les mouvements d'inspiration et d'expiration , tels sont les symptômes qui annoncent l'invasion de la bronchite aiguë.
Suivant M. Broussais ( Cours de path., etc.; loc. cit. , p. 4 1 2 ) , la bronchite peut débuter par une affection de la gorge ou du larynx , par une trachéite avec enrouement, extinction de voix. « J'ai souvent remarqué , dit l'auteur que nous venons de citer, un rapport entre les parties sur lesquelles le froid agit, et l'organe par lequel débute la bronchite : quand elle dépend d'un refroidissement de la tête, elle commence souvent par les fosses nasales ; quand elle dépend d'un refroidissement du cou, elle s'annonce par la laryngite; quand elle dépend du refroidissement du dos, ce qui arrive quand on a chaud par devant et froid par derrière, comme dans les camps, au feu des bivouacs, elle débute par une trachéite... A proprement parler, la bronchite n'a pas de début uniforme , et, indépendamment des causes , chaque tempérament a sa manière d'en éprouver les premiers phénomènes.»
Les faits allégués par le chef de la doctrine physiologique ressortent un peu de ceux qui généralement sont admis; ils n'en méritent pas moins de trouver place en cet article.
Quelle que soit d'ailleurs la forme et la nature des accidents de prodrome , lorsque la bronchite vient à être confirmée , le mal se révèle par des accidents plus
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caractéristiques ; le sujet éprouve un sentiment de plénitude , de sécheresse , de chaleur, de chatouillement, derrière la partie supérieure et moyenne du sternum , quelquefois jusqu'à l'appendice xyphoïde et la région épigastrique, souvent dans un seul ou dans les deux côtés de la poitrine. 11 se plaint d'une sensibilité inaccoutumée , qui lui fait percevoir l'impression que l'air exerce sur la membrane des bronches enflammées, et d'un sentiment de gêne , de constriction autour de la poitrine. Une douleur ordinairement peu vive se fait sentir au voisinage du sternum, quelquefois il paraît difficile d'en assigner exactement le siège ; cette douleur n'est que passagère , obtuse , parfois un peu vive; il s'y joint un sentiment de fatigue douloureuse, vers la base de la poitrine et dans le dos.
La difficulté de la respiration est généralement peu prononcée; ce n'est point en effet dans l'inflammation des grosses bronches que la dyspnée acquiert son plus haut degré d'intensité ; la respiration ne subit d'accélération que pendant et après les secousses de la toux. Parfois le malade éprouve le besoin de faire une profonde inspiration ; il est cependant bientôt arrêté dans cet acte par la manifestation de la toux, qui accompagne la moindre augmentation dans les mouvements du thorax.
La toux est, de tous les symptômes qui se développent dans ce cas, l'accident le plus important et le plus pénible. L'action de parler, de boire, le moindre changement de position , le froid , l'accumulation de crachats dans les voies aériennes lui donnent lieu le plus ordinairement, sa persistance est d'autant plus grande, que l'expectoration est plus difficile , et fournit un mucus moins abondant ; elle augmente en général vers le soir au moment du coucher, et lorsque le paroxysme fébrile se fait sentir, vers le matin, elle revient encore avec force, c'est à ce moment qu'elle donne lieu à l'expulsion de crachats en plus grande abondance. La toux se manifeste par une série de secousses plus ou moins fréquemment répétées , ce qui fait dire qu'elle se reproduit sous la forme de quintes. Elle est presque toujours précédée d'un sentiment de titillation et de gêne qui a pour siège la partie inférieure de la trachéeartère et le point de division de ce large conduit en deux bronches. Elle paraît quelquefois causée par le déplacement de mucosités à l'intérieur des canaux aériens, ce qui fait éprouver au malade la sensation d'un bouillonnement incommode. Quoi qu'il en soit, elle a lieu plus ou moins sonore , quelquefois sifflante et sèche, souvent rauque et sourde, d'autres fois humide et accompagnée d'un bruit profond de râle ; elle est plus ou moins opiniâtre. Chaque secousse de la loux éveille dans toute la poitrine, mais plus particulièrement derrière le sternum et dans la direction de la trachée - artère , des douleurs plus ou moins
vives, parfois déchirantes, avec sentiment de brûlure , douleurs qui persistent souvent après la toux. Au même instant, une congestion sanguine, dont l'intensité est proportionnée à l'intensité et à la persistance des efforts se prononce vers les téguments des parties supérieures. Les veines jugulaires se gonflent; la face devient rouge et bouffie ; des larmes s'écoulent, une céphalalgie intense, siégeant au-dessus des orbites, fatigue le malade. Le ventre est agité de secousses pénibles; aussi des douleurs plus ou moins intenses se manifestent - elles , ayant pour siège la région de l'épigastre, souvent celle des hypocondres, et se propagent même jusqu'au basventre. Si les quintes de toux sont prolongées, on voit survenir des nausées et souvent même des vomissements qui terminent la quinte : cet accident est fort commun dans la bronchite des enfants.
Les crachats varient quant à leur aspect et à leur abondance, suivant qu'on les observe dans les premiers jours de la bronchite , ou à la période la plus avancée. Tant que la toux reste sèche et sifflante , tant que les quintes persistent , l'expectoration est difficile, laborieuse, et n'amène que des crachats peu abondants , salés , visqueux , semi - transparents , écumeux, quelquefois striés de sang. Si la maladie est plus ancienne, si les secousses de toux sont plus rares, si la toux est moins sèche et un peu grasse, les crachats sont expectorés plus facilement et sans augmenter d'abondance , sont opalins, semi-transparents, tirant un peu sur le jaune, parfois mêlés au liquide visqueux et transparent des premiers jours , d'autres fois nageant au milieu d'un fluide salivaire assez abondant, qui semble ajouter à leur quantité. Bientôt la matière expectorée est jaune , opaque , consistante , quelquefois verdâtre ; elle adhère avec assez de force à la partie supérieure du vase ou surnage sur une mucosité semi-transparente et assez fluide, ou, enfin, reste en suspension au milieu d'elle. Ces crachats ne répandent communément aucune odeur.
Le docteur James Copland ( loc. cit., p. 251 ) considère que les crachats constituent un des signes les plus caractéristiques de la bronchite. 11 pense que plus la viscosité des crachats est prononcée, plus l'inflammation est intense; il ajoute que, en certaines circonstances, il est permis d'établir, d'après l'inspection des crachats seulement , si le mal passe franchement à la résolution , s'il subit une légère augmentation, d'apprécier, en un mot, les changements qui caractérisent son cours. Lorsque les crachats diminuent de quantité et deviennent tout à coup visqueux , on peut diagnostiquer une recrudescence ; s'ils augmentent, au contraire , et prennent une fluidité inaccoutumée, on peut en conclure cette conséquence , que la résolution ne se fera pas longtemps attendre.
La percussion ne fournit au médecin que des résul-
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tats négatifs, le thorax percuté résonne bien en toutes ses régions, et, au point où le mal présente le plus d'intensité, la sonoréité thoracique n'est nullement altérée.
Le palper de la paroi dénote quelquefois l'existence de ronflements, de sifflements, qui dépendent du passage de l'air dans les canaux bronchiques ; il en résulte un frémissement tout particulier à la paroi thoracique, frémissement qui est sensible pour le malade comme pour la personne qui l'observe.
L'auscultation surtout fournit quelques données importantes, qui contribuent puissamment à l'exactitude du diagnostic. L'oreille , appliquée sur la poitrine avec ou sans stéthoscope, perçoit, au début du mal, l'existence d'une respiration rude, sèche, qui provient sans doute et de l'accélération des mouvements respiratoires, et de la sécheresse des canaux aériens. Mais bientôt, et souvent même sans qu'il ait été possible de noter les phénomènes que nous venons de signaler, on entend un râle sonore, grave, sec, qui se développe principalement au moment de l'expiration ; parfois ce râle est remplacé par un sifflement plus ou moins aigu, qui survient encore pendant l'expiration. Quand l'exhalation pulmonaire , d'abord suspendue, se rétablit et augmente , le râle prend peu à peu le caractère du râle muqueux , du râle bronchique humide. 11 est rare cependant , que ce dernier phénomène soit aussi général que le râle sibilant ou ronflant. L'étendue qu'occupent ces bruits anormaux est en rapport avec l'extension du mal : en général ils sont plus prononcés en arrière qu'en avant, et inférieurement que vers la partie supérieure. Du reste, les râles que nous venons de décrire varient , quant à leur nature et à leur siège , suivant qu'on les observe le matin ou le soir, ou vers le milieu de la journée, suivant qu'on les étudie avant, pendant ou après les secousses de la toux , suivant que l'expectoration s'effectue avec plus ou moins de facilité. 11 est fort rare que l'expansion pulmonaire soit suspendue , on a dit cependant qu'elle peut diminuer d'intensité ou être même entièrement abolie, en conséquence de l'occlusion des canaux bronchiques par la matière des crachats. Cette suspension des bruits respiratoires n'est alors que momentanée , et l'on observe le rétablissement subit du murmure vésiculaire, après quelques efforts de toux , ou l'expectoration de quelques crachats.
Au début de la bronchite, le pouls présente communément de l'accélération ; l'artère est développée, résistante et pleine ; le cœur bat avec force ; il soulève énergiquement la paroi thoracique , et ses bruits retentissent dans une grande étendue de la poitrine. La face est rouge et quelquefois un peu gonflée , la muqueuse nasale, les conjonctives , sont le siège d'une injection sanguine assez vive-, les lèvres sont rouges