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sive. Par ce résumé, il est facile de voir qu'il n'y à point de confusion possible entre l'acrodynie et l'ergotisme convulsif.
Dans l'épidémie de la Havane, dont M. Moreau de Jonnès nous a donné la description , et que l'on désigne vulgairement sous le nom de la Girafe, les articulations des membres sont prises comme de rhumatisme ; des douleurs très - vives surviennent qui occasionnent une tuméfaction sensible, et sont suivies d'une éruption semblable à celle de la scarlatine , éruption qui ne paraît que si le mal tend vers la résolution. L'erreur n'est point encore permise , c'est le propre du rhumatisme de passer d'une articulation à l'autre , et dans l'épidémie de Paris, la douleur restait fixe, les articulations ne se tuméfiaient point sensiblement; mais à leur voisinage se dessinait un érylhème fort notable. Ces caractères suffisent au diagnostic.
M. François (Journ. gén. de méd., 1828, t. cv, p. 360) a trouvé de la similitude entv l'ac.odynie et l'affection qu'un médecin piémontais, du nom San Marino , décrivit sous la dénomination de Pedionalgia epidemica. Mais dans cette maladie, qui est proprement et simplement une névralgie, on n'a mentionné aucune éruption cutanée : or, on sait que généralement, dans l'acrodynie, il a été question des altérations du tégument externe.
Nous laissons parler M. Chardon pour le diagnostic de la pellagre et de l'acrodynie: «La pellagre de Lombardie semblerait d'abord présenter plus d'analogie avec notre épidémie, en ce sens que la peau, le système nerveux , les voies digestives et quelquefois aussi le système absorbant sont affectés; et c'est elle que M. Àliès croit surtout ressembler à l'acrodynie.
«En effet, l'altération de la peau consiste en des taches d'un rouge clair, arrondies, quelquefois blanches , ou bien semblables à des ecchymoses scorbutiques, ou des vésicules, des érythèmes, bientôt suivis de desquamations f urfuracées ; enfin , une coloration de la peau en noir. Cette maladie ne se manifeste que sous l'influence de l'insolation , et le plus souvent sur les parties exposées au soleil , (elles qu'au dos des mains , à la poitrine, aux jambes , et rarement au visage. De plus nous ne voyons pas ici les variétés nombreuses d'affections signalées dans notre épidémie , tandis que nous observons dans la pellagre d'autres symptômes inconnus dans l'épidémie de Paris: telle est la rougeur vive du bout du nez, les éphélides du front.
«Quant aux symptômes nerveux, ils sont pour la plupart tout à fait différents et ordinairement plus graves.
«L'affection des membranes muqueuses n'a lieu que pour les voies digestives , encore n'arrive-t-elle souvent que dans les derniers temps de la vie du malade.
«On observe aussi des hydropisies.maisce n'est que
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vers la fia de la maladie ; du reste , ou ne voit point paraître l'œdème de la face et des autres parties du corps.
« Enfin la pellagre est plus commune chez les femmes que chez les hommes : elle affecte à peu près exclusivement les gens de la campagne , pauvres.] La cause, quoique incertaine , en paraît cependant devoir être attribuée, d'abord à la mauvaise nourriture, puis à l'impression d'un soleil brûlant. Or, toutes ces circonstances ne se trouvent point dans l'acrodynie.»
Nous pourrions ajouter encore à ce long parallèle ; ainsi il nous serait permis d'entreprendre le diagnostic de l'acrodynie et du choléra-morbus indien , qu'un médecin anglais, le docteur Macloughin (Defermon, loc. cit., p. 45), jugeait pouvoir être confondus; nous prolongerions encore ce paragraphe en établissant la distinction de l'acrodynie et du zona , maladies qui ne laissent pas que d'avoir une certaine parenté, suivant M. Récamier (Clinique des hôpit., 3e année, t. m, n°95, p. 394); mais il nous semble tout à fait inutile d'entrer dans aucun détail à ce sujet; il faut éviter de compliquer cet exposé par des développements peu importants : c'est pourquoi nous terminons ici en disant que l'acrodynie, par les diverses circonstances qui la caractérisent, est une affection spéciale qui ne saurait être assimilée à aucune des formes pathologiques que nous venons d'énumérer.
C'est le propre des affections épidémiques de présenter une gravité différente aux diverses époques qui partagent leur durée : l'acrodynie a offert dans son cours une intensité variable. Les premières personnes qui en furent frappées souffrirent davantage et plus longtemps que les sujets que le mal atteignit quand déjà il se trouvait à son déclin.
Au reste , généralement le pronostic dut être plus grave toutes les fois que le trouble des fonctions digestives fut très-marqué, quand la diarrhée fut abondante , les selles sanglantes , etc , quand le catarrhe
pulmonaire se montra fort intense ; lorsque enfin des douleurs très-vives occupaient la colonne dorsale ou lombaire, et se répandaient avec violence vers les extrémités; lorsque le mal se compliquait de suf fusions séreuses dans les grandes cavités , comme celle que tapisse le péritoine. Les vieillards furent plus gravement frappés par ce mal que les sujets d'un âge peu avancé. A l'hospice de Marie-Thérèse , qui est peuplé de personnes âgées, le mal sévit plus fortement que partout ailleurs : dix-huit sujets succombèrent durant le cours de l'épidémie. La maladie paraissait légère quand elle entraînait une altération marquée du tégument externe. Du reste , il faut établir qu'en général elle dut être regardée comme un accident fâcheux qui faisait le tourment des malades pendant for longtemps , qui récidivait sans motif appréciable , ett
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portait atteinte aux fonctions de locomotion , de sensibilité , de digestion , etc. Si l'on étudie avec soin ces divers accidents, on s'explique facilement l'attention toute particulière qu'éveilla l'acrodynie dès sa première apparition.
L'appréciation des circonstances qui occasionnent l'acrodynie a vivement préoccupé le monde médical : tour à tour on a invoqué, pour expliquer la production de ce mal , une altération particulière du pain , du vin , de l'eau , du sel, du lard, des pommes de terre, et les recherches qui ont été entreprises à ce sujet ne confirmèrent aucune des présomptions avancées.On prétendit encore que l'air vicié par l'encombrement d'un grand nombre d'individus et par une stagnation fâcheuse déterminait le mal épidémique ; mais les observations les plus contradictoires émises en vue de cette opinion suffirent à démontrer son peu de fondement. On mentionna quelques faits qui semblaient devoir faire soupçonner la transmission possible au contact de la maladie qui nous occupe : le plus grand nombre des cas étudiés ne saurait appuyer cette manière de voir. L'étiologie de l'acrodynie ne repose, en dernier résultat , que sur les faits précis qui suivent. D'après le rapport de M. le docteur François (loc. cit.), on a reçu au bureau central de l'administration des hôpitaux de Paris , depuis le 1er juillet jusqu'au 24 novembre 1828, cent quarante -six personnes atteintes de l'épidémie , dont cent dix-sept hommes et vingt-neuf femmes. Par ce relevé , il est facile de voir que le sexe masculin a été surtout exposé à l'influence épidémique. D'ailleurs ce sont surtout les individus d'un âge mûr que l'acrodynie a atteints. Le froid et l'humidité ont généralement été indiqués comme favorisant le développement du mal. A lire cette courte indication, il est facile de se convaincre que l'acrodynie, comme tant d'autres affections épidémiques, résultait d'influences ignorées du médecin. A l'égard de son étiologie, il reste une inconnue que nous n'aurons certes pas la prétention de dégager, et nous pouvons excuser notre ignorance sur ce sujet en rappelant que la plupart des historiens de cette maladie n'ont pas atteint d'autre résultat que nous.
L'acrodynie, dans un grand nombre de circonstances , a paru résister à toutes les médications que l'on tentait de lui opposer. Les moyens rationnels échouaient comme ceux que semblait indiquer l'empirisme.
M. Chardon termine par les considérations qui suivent, le paragraphe qu'il a consacré dans son Mémoire (loc. cit., p. 378) au traitement de cette maladie : «En résumant les succès et les insuccès qui sont résultés de l'emploi des diverses médications, en examinant ensuite les circonstances dans lesquelles ces résultats ont eu lieu , on pourrait établir les indications suivantes :
« S'il y a des signes de pléthore et de la fièvre, on
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fera une saignée plus ou moins copieuse, suivant la force de l'individu et la gravité des symptômes. Tant que l'affection sera légère , on se contentera de prescrire le repos , les bains généraux , les bains de pieds aiguisés avec l'acétate de plomb ; des frictions sur les membres avec des corps gras, quand la sensibilité sera très-grande ; une diète plus ou moins rigoureuse ; des boissons acidulées, telles que le bouillon aux
herbes
«Si la maladie s'aggrave, si l'engourdissement fait des progrès , si les douleurs sont très-vives , on appliquera, le long de la colonne vertébrale, des sangsues en plus ou moins grand nombre, ainsi que des ventouses scarifiées. On insistera sur ces dernières , qui , sans affaiblir autant le malade, ne produisent pas moins d'effet. 11 faut surtout compter sur l'emploi des purgatifs. On pourra les employer de concert avec les narcotiques , sans se laisser trop effrayer par le vomissement, la diarrhée et les autres symptômes de trouble des voies digestives que j'ai même vu céder ordinairement à ces médicaments. On aura encore recours aux vésicatoires appliqués le long de la colonne vertébrale et sur le trajet des nerfs lombo-sacrés. Les bains de vapeur, les bains aromatiques, la poudre de Dower, seront mis successivement en usage. Dans les cas où la paralysie persisterait, on devrait tenter l'électropuncture. Enfin si l'affection est déjà ancienne, on fera usage de la liqueur de Van-Swieten et de la décoction de gayac »
On voit par ce court exposé que les médecins ont eu surtout pour but, dans le traitement de cette singulière maladie, d'obvier à l'inconvénient résultant de tel ou tel symptôme grave : contre les congestions sanguines on prescrivait la saignée, une diète plus ou moins rigoureuse , des boissons délayantes ; contre les accidents du tube intestinal, on employait les purgatifs , les vomitifs , le traitement empirique dit de la charité; contre les phénomènes nerveux on recommandait l'usage de l'opium , de la belladone , de l'extrait de noix vomique, de l'assa-fœtida, de la valériane, du sulfate de quinine, des bains sulfureux, des bains de vapeurs simples, des bains de vapeurs aromatiques, des moxas, des vésicatoires; contre les éruptions à la peau, on employait les lotions émollientes, et avec plus d'avantage les lotions rendues résolutives par l'addition de quelques gouttes d'acétate de plomb liquide; on usait de frictions avec des corps gras unis à quelques principes aromatiques, comme la térébenthine, le baume opodeldoch, etc. Mais, en présence de certaines constitutions épidémiques, la plupart de nos agents thérapeutiques ordinaires échouent, et il fallut rester spectateur inactif des accidents de l'acrodynie dans le plus grand nombre des cas où cette maladie se montra avec quelque force.
M. Récamier pensa trouver dans le jus de l'oseille
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(ntmex acetosa) un moyen spécifique contre l'acrodynie. A la caserne de l'Oursine, cinq cents malades sur sept cents guérirent . dit-on [Clin., t. 3, n° 95, 3e année, p. 393), par la seule administration de ce médicament. Nous avons quelques motifs pour croire que le chiffre de ces guérisons a été un peu enflé, et nous devons d'ailleurs ajouter qu'alors l'épidémie tendait à son déclin. C'est presque toujours quand les affections de cette nature sévissent avec moins d'intensité , quand l'influence épidémique commence à se dissiper, que l'on voit surgir de toutes parts une foule de moyens spécifiques, dont la réputation serait peu durable si le mal subissait une recrudescence.
Les hypothèses se multiplièrent quand il fallut expliquer la nature des accidents qui constituaient l'acro dynie. On prétendit rattacher à un état inflammatoire de la membrane muqueuse gastro-intestinale les principaux accidents de cette maladie : assurément, dans quelques cas , les vomissements , la diarrhée et la fièvre qui survenaient , semblaient autoriser à porter un pareil diagnostic; mais le plus souvent les accidents nerveux qui régnaient seuls donnèrent un démenti à cette explication trop restreinte. On fit de l'acrodynie une affection rhumatismale : mais la fixité même des douleurs, la nature des complications ne permirent point de soutenir sérieusement cette opinion. M. Récamier ( loc. cit. ) crut trouver une certaine parenté entre l'acrodynie et le zona. Aucune de ces deux affections n'est ni purement exanthématique, ni purement nerveuse, le zona peut aussi régner épidémiquement. Dans l'une comme dans l'autre il y a éruption cutanée, et le système nerveux se trouve douloureusement affecté. Des deux côtés il y a dérangement dans les premières voies ; dans le zona, comme dans l'épidémie d'acrodynie, les douleurs peuvent être excessivement violentes alors que l'affection cutanée a déjà disparu, ou bien même sans que celte dernière soit survenue. Il y a toujours, dans les deux maladies, disproportion entre l'éruption et les douleurs; les différents phénomènes qui les caractérisent peuvent paraître d'une manière isolée, comme cela s'observe dans la scarlatine. Nous n'ignorons pas que cette opinion que nous venons de relater a été assez généralement repoussée; cependant c'est encore à celle-ci que nous nous rangerions plus volontiers, et dès lors nous placerions l'acrodynie dans cette classe particulière de névroses qui entraînent parfois des accidents généraux, mais qui déterminent principalement une modification notable dans le tissu de la peau. M. Chardon et Dance paraissent assez disposés à localiser dans le système nerveux les accidents qui caractérisaient la maladie qui nous occupe. Voici comme Dance s'exprime touchant cela {Dict. de méd., art. cité, p. 522): «Cette dernière opinion, sans préciser la nature de l'affection , a du moins pour elle quelque
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chose de spécieux sous le rapport physiologique à cause de l'altération profonde dont la sensibilité , la motilité , et même la nutrition des membres étaient le siège. »
Pour la première fois l'acrodynie fixa l'attention du public médical, en 1828. Gette maladie fut signalée par M. Gayol comme régnant épidémicjuement. Le 26 août M. Chomel en présenta la description à l'Académie et une commission fut nommée pour faire des recherches à ce sujet. Depuis, la maladie continua à se répandre affectant de nouveaux individus, sans laisser libres ceux qu'elle avait attaqués les premiers. Sur quarante personnes qui habitaient l'hospice de Marie- Thérèse, trente-six furent frappés, plusieurs même assez gravement. 11 y eut aussi un grand nombre de malades dans plusieurs quartiers de Paris , et surtout dans ceux des Arcis , de l'Hôtel-de-Ville , des Bourdonnais, et dans le faubourg Saint-Marceau. Dans les hôpitaux , on en vit quelques cas qui venaient du dehors ou se développaient dans l'intérieur de l'établissement. Les casernes de la Courtille, de l'Ave-Maria, les prisons de Montaigu furent envahies. A la caserne de l'Oursine, sur sept cents habitants cinq cent soixante furent affectés. Après quelques variations dans l'intensité du mal, on le vit céder presque entièrement durant l'hiver rigoureux de 1829 à 1830. Quelques cas isolés ont encore été notés en 1831 et 1 832 ; mais leur importance mérite à peine une mention particulière.
On pense que la singularité même de ce mal épidémique, que le nombre de personnes qui furent atteintes durent fixer l'attention des médecins. Plusieurs mémoires furent publiés à ce sujet. M. Dezeimeris inséra au Journal général des hôpitaux (nos 2 , 4, 8 et 1 7) quelques courtes notes sur les caractères de l'acrodynie et sur l'analogie qu'elle présentait avec d'autres affections épidémiques ayant régné en un temps plus ou moins reculé ; M. Genest fit paraître dans les Archives générales de médecine (1828, t. xvm , p. 232, et t. xix, p. 63 et p* 357) un travail intéressant et assez complet sur le mal qui nous occupe. M. Hervez de Chégoin (Journ. grn. de méd., 1 828, t. 1 05 , p. 1 5) fit connaître ce qu'il avait particulièrement observé à l'hospice de Marie-Thérèse. D'autres étudièrent le même sujet, parmi lesquels il convient de citer MM. François (/. gén. de méd., t. 1 05, p. 360), Broussais ( Ann. de méd. phys., t. xiv, p. 261), Montault (J. gén. de méd., t. 106, p. 170), Robert (Ibid, t. 108, p. 309), Duparque (N. Bib. méd., 1829 , t. in , p. 342), Dalmas (J. hehd., n° 9, t. i, p. 333), Defermon (Th. ad. aggreg.; Paris, 1830), et Chardon. (Rev. méd., 1830, t. m, p. 51-374.) Dans ce dernier travail on trouvera un résumé fort bien présenté des diverses recherches qui ont été publiées touchant l'acrodynie. Dance a enrichi le Dictionnaire de médecine d'un article entièrement eon-
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sacré à l'histoire de cette maladie. M. Ozanam en a traité avec quelque rapidité, dans la nouvelle édition qu'il vient de mettre au jour de son Histoire des épidémies.
ADÉNO- MÉNINGÉE (fièvre), adj. Mot dérivé de a^viv, glande, et de primai, membrane. — Sous celte dénomination, Pinel (Nos. phil., 1. 1 , p. 87 et suiv. 4e éd. ; Paris , 1 8 1 0 ) a décrit une forme de pyrexie qui a été appelée febris mesentherica, parBaglivi; febris pituitosa, par §to\\;Jiévre glutineuse gastrique, par Sarcone ; morbus mucosus, par Rœderer et Vagler, et qui en définitive a été dernièrement considérée comme une des formes de la fièvre typhoïde, par M. Ghomel. (Leçons de clin, méd., 1834 , p. 340 et 359.) — Voici comme Pinel s'exprime sur la nature de cette maladie : «Elle résulte d'une irritation particulière de la membrane muqueuse qui revêt les premières voies , et qui , par une sorte de correspondance sympathique avec les autres systèmes de l'économie animale, produit cet ordre de fièvres.» (V. Typhoïde fièvre.)
ADÉNO -NERVEUSE (fièvre), adj. Mot dérivé de a^nv, glande, et de vsupcv, nerf. — Pinel a ainsi nommé la peste du Levant , le typhus d'Orient. (Nos. phil., t. i,p. 244, 4e édit. ; Paris, 1810.) Il la considère comme une sorte de fièvre ataxique, résultant d'une atteinte dirigée sur l'origine des nerfs avec affection simultanée des glandes. (Voy. Peste.)
ADYNAMIE, s. f.,adynamia, impotentia, débilitas , de a privatif et de <5tiv.ap.ic, force, puissance; prostration , faiblesse. Il est plus facile d'exposer les caractères de l'adynamie que d'en donner une définition. «On comprend sous ce nom une disposition morbide de l'économie , dont les principaux symptômes sont l'abattement des traits , la flaccidité des chairs, la difficulté des mouvements, l'obscurcissement des sensations , des facultés affectives et intellectuelles, la faiblesse des pulsations du cœur et des artères» (M. Ghomel, des Fièvres et des Maladies pestilentielles, 1 82 1 , p. 1 6 1 ). Goutanceau veut qu'on n'applique le mot adynamie qu'à un état pathologique dans lequel il y a affaiblissement considérable des forces vitales , mais plus particulièrement de la contractilité de la fibre musculaire. « Pour que l'adynamie ait lieu réellement, il est nécessaire que l'impuissance ou l'extrême difficulté d'agir soit idiopathique, et ne puisse pas être rapportée à une cause organique, soit locale, soit éloignée du lieu affecté» (Dict. de méd., art. Adynamie). On voit que la définition donnée par Goutanceau est synonyme d'asthénie essentielle.
Pinel employa cette expression d'une manière plus restreinte et en même temps plus précise; il s'en servit pour caractériser la faiblesse musculaire qui s'observe dans les fièvres dites putrides : l'adynamie, prise
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dans ce sens, n'était pins que le symptôme d'une maladie. Toutefois on peut voir combien cette expression est difficile à limiter : car lorsque Pinel veut faire connaître les causes prédisposantes et occasionnelles des fièvres adynamiques, il met sur le même rang les causes de l'asthénie, c'est-à-dire de la faiblesse générale sans lésion encore bien marquée des organes, et des altérations déjà nettement dessinées. Ces causes sont :« Le séjour habituel dans les lieux bas et humides, dans les prisons, les hôpitaux, les camps, les villes assiégées, dans le voisinage des voiries, dans les salles de dissection , en un mot dans des lieux plus ou moins étroits dont l'air n'est pas renouvelé , ou est vicié par les émanations de matières en putréfaction, par l'entassement de beaucoup d'individus sains et malades , et surtout lorsqu'ils sont affectés de fièvres adynamiques ou ataxiques. Pinel ajoute encore le défaut de propreté, la nourriture composée d'aliments tendant à la putréfaction , les boissons d'eaux corrompues , l'abus des aromates , des alcalins , des mercuriaux , les évacuations excessives , le coït immodéré, la résorption du pus ; les fatigues extrêmes , l'inaction , les veilles et les études prolongées , les affections morales, tristes, etc.» {Nosograp. p/u'I., t. i, p. 1 62). D'après cela, il est évident que dans l'adynamie, qui résulte d'une mauvaise alimentation, il n'y a souvent qu'une altération générale des fluides , par suite de l'appauvrissement du sang; mais il n'existe pas encore d'affection prononcée d'organe; il en est de même de l'adynamie , par défaut de nourriture , par fatigue extrême , coït immodéré , par séjour dans des lieux bas et humides , etc. Nous montrerons au mot Asthéme que la faiblesse peut se rattacher à un état général de tout le solide vivant , sans être pour cela primitive , mais qu'elle n'est pas toujours l'effet de l'état fébrile particulier que Pinel désignait sous le nom de fièvre putride ou adynamique. Quoi qu'il en soit , le célèbre nosographe et ses élèves en ont fait l'attribut inséparable de cette espèce de fièvre , et dès lors elle exprime toujours une modification pathologique des tissus , déterminée par la maladie.
Quand on cherche à distinguer l'une de l'autre, l'asthénie et l'adynamie , on éprouve un grand embarras ; il cesserait bientôt si on adoptait la définition que donne M. Littré. Il considère l'asthénie comme une diminution des actions organiques , sans aucune lésion appréciable ou antécédente , ou concomitante des solides ou des liquides (Asth., Nouv. Dict. de méd., p. 247); s'il en était ainsi, l'asthénie se reconnaîtrait aisément par l'absence de toute altération. Mais sans croire avec M. Littré que l'asthénie puisse exister indépendamment de toute lésion {voy. Asthénie ) , nous mettrons à profit son opinion, en donnant le nom d'adynamie à la débilité qui succède à une affection organique bien caractérisée; dans ce Sens, l'adynamie
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est le symptôme non-seulement de la fièvre putride, comme le voulait Pinel, mais de toutes sortes de maladies. Nous réserverons l'expression d'asthénie à l'affaiblissement qui suit un état morbide encore peu marqué , ou qui se manifeste d'une manière lente et progressive. Nous avouerons toutefois que cette distinction entre l'asthénie et l'adynamie est un peu délicate : nous faisons des vœux pour que l'on comprenne sous le nom d'asthénie toute diminution des actions organiques. L'adynamie a l'inconvénient de rappeler à l'esprit la faiblesse qui se montre dans les affections du tube digestif : or on sait aujourd'hui qu'elle peut survenir à la suite des phlegmasies d'autres viscères. M. Broussais remarque que le sens et l'étymologie du mot adynamic sont en tout semblables à l'expression d'asthénie (Exam. des doct., t. m, p. 447). Traçons les signeg propres à faire distinguer l'adynamie vraie de l'adynamie fausse.
La diminution des forces se traduit aux yeux du médecin , par la pâleur et la décoloration de tous les tissus , la prostration des traits du visage ou une expression d'hébétude et de stupeur ; l'habitude extérieure annonce une grande faiblesse ; le décubitus est dorsal ; le malade finit quelquefois par glisser vers le pied de son lit, et s'y pelotonner comme un corps inerte; le système musculaire est plus que tout autre frappé d'impuissance; les mouvements sont lents, difficiles et impossibles : dans ce dernier cas, il y a un relâchement complet des puissances musculaires , ce qu'il ne faut pas confondre avec la paralysie. Le pouls est petit, dépressible, quelquefois très-fréquent; la respiration ralentie, plus faible. Le malade selivre avec peine aux mouvements; il se plaint de céphalalgie, de pesanteur de tête; il éprouve une sorte d'hébétement ou une diminution de l'acuité de plusieurs sens, de l'ouïe, et de la vue spécialement ; on voit ces individus adynamiques plongés dans une apathie et une morosité qui ne leur sont pas ordinaires; ils ont peu de sommeil, et lorsqu'ils s'y livrent ils sont fatigués par des rêvasseries continuelles. Les fonctions de l'innervation sont su tout frappées d'adynamie ; l'intelligence faiblit , et il semble que les sensations s'éteignent. Eu même temps la chaleur diminue, surtout aux extrémités; la sensibilité au froid devient trèsgrande; il y a inappétence, dégoût pour les aliments. Quelquefois cependant les malades prennent une certaine quantité d'aliments qu'ils digèrent assez bien; le ventre est météorisé, les matières fécales plus liquides et d'une grande fétidité, ainsi que la sueur et les urines; la sueur est froide et les excrétions souvent involontaires; le contact de l'urine et des fèces irrite incessamment la peau du sacrum , du bassin ou des jambes , décolle l'épiderme , et souvent le tégument se gangrène dans une grande étendue. Les malades maigrissent avec une grande rapidité; quelquefois le