‹ Compendium de médecine pratique, ou, Exposé analytique et raisonné des travaux contenus dans les principaux traités de pathologie interneChapitre 7 sur 50 · ALB · texte numérisé non relu

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gravité une marche rapide et une durée courte ; une maladie est chronique dont les phénomènes se développent , s'accroissent et se succèdent avec lenteur. Tel désordre pathologique peut être aigu dans sa marche qui est chronique par sa durée , eftfréciproquement : ce sont de semblables états qui doivent être placés entre les formes aiguës et les formes chroniques.

La maladie aiguë entraîne généralement des désorganisations rapides; elle subit dans son cours des transformations fréquentes et marquées, et réagit presque toujours avec intensité , de manière à compromettre l'ensemble des fonctions; sa durée est courte , sa gravité souvent grande , en raison de la rapidité des accidents qui la constituent; elle succède quelquefois à l'action de modificateurs qui ont perturbé profondément l'organisme; enfin c'est à elle qu'il convient d'appliquer cet aphorisme d'Hippocrate : Ad extremos morbos summœ curationes sunt optimœ (Sect. i. Aph. 6).

ALBINIE , s. f. , de albus, blanc. — Leucéthiopie. Disposition particulière de l'organisme , qui a pour caractère essentiel la coloration blanche de la peau , des cheveux et des poils , et l'absence du pigmentum de la choroïde. Les individus qui présentent cet état singulier sont désignés sous les noms d' 'albinos, de blafards, de chacrelas (à Java) , de dondos (à Loango), de bedhas (dans l'île de Geylan) ; ils sont doués généralement d'une constitution débile, et vivent dans un idiotisme plus ou moins complet.

Béclard (Anat. gén., 2e éd. ; Paris, 1827) a pensé que c'est à tort que l'on a considéré cet état comme l'effet d'une lèpre, d'une cachexie, ou comme une forme de maladie ; c'est une erreur de Blumenbach et de Winterbottom , suffisamment réfutée par les observations de Jefferson , qui dit expressément que tous les individus de ce genre qu'il a vus étaient bien conformés , forts et bien portants. M. Breschet (Dict. de méd., art. Albinos) ne voit dans l'albinie qu'une déviation organique , transmissible de génération en génération , comme certains vices de conformation ; elle consiste dans la non-sécrétion du pigmentum. M. Blandin se range au contraire de l'avis de Blumenbach , et s'exprime ainsi (Dict. de méd. et de chir. prat., art. Albinie) à ce sujet : la meilleure preuve que cette affection est une véritable cachexie, une maladie constitutionnelle , c'est l'état misérable dans lequel

vivent les albinos Nous devons dire que l'opinion

de M. Blandin ne paraît pas suffisamment motivée : de ce qu'un individu ne mène qu'une existence misérable , de ce que son intelligence est peu développée , peut-on en conclure que cet individu est malade ? Nous ne le pensons pas. Si l'on adoptait une semblable manière de voir , on ajouterait, ce semble , beaucoup trop à l'extension du mot maladie. De même qu'un viëe de

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conformation , qu'un arrêt de développement ne méritent pas la qualification de maladie , de même l'albinie, qui n'est autre qu'une déviation organique, ne peut être considérée comme un état morbide.

Disons , en terminant , que quelquefois l'albinie ne frappe qu'une portion du tégument : elle est alors partielle.

Celse {De Med., lib. v, cap. xxviu, § 19) a dit de l'état qui nous occupe : Leuce vix unquam sanescit. M. Blandin partage complètement celte opinion.

ALG1DES (fièvres). {Voy. Intermittentes fièvres).

ALIÉNATION MENTALE. {Voy. Folie.)

ALOPÉCIE, s. f. Mot dérivé de àx»^, renard, parce que cet animal , en raison des progrès de l'âge , ou par les chaleurs de l'été , est sujet à perdre ses poils.

Synonymie franc, et étrang. — Calvitie, chauveté, pelade. Fr. — ÂXwirexîa , ôcpîaai;. Gr. — Fluxus capillorum, area, calvities. Lat. — Calvezza, cal* vizie. Ital. — Calvez, calvicie, peladilla. Esp. — Baldness, loss of hair. Angl. — Kahlheit, kahlhopf, glatzmal. Ail.

Synonymie chronol. — ÂXw7re)ua, ôcpîacrt;, Celse. — Area, Sand. — Alopecia, Sauvages, Linné, Vogel, Sagar. — Gangrena alopecia, Young. — Trichosis area, Goodwin. — Calvities > Pfeiffer. — Alopécie, Lagneau , Rayer, etc.

Définition. — Chute sénile , accidentelle ou prématurée, partielle ou totale, ou défaut de développement des poils ou des cheveux, se manifestant particulièrement au cuir chevelu ou au menton chez les hommes , aux parties génitales , dans les régions axillaires , aux sourcils , aux bords libres des paupières chez les deux sexes.

Division. — L'alopécie peut être générale ou partielle ; mais sur ce caractère on aurait tort de diviser l'histoire de cette affection. C'est surtout en raison des circonstances qui lui donnent lieu que nous avons cru bon de l'envisager : aussi présenterons-nous d'abord la description de l'alopécie idiopathique , qui résulte d'une modification pathologique primitive , simple du bulbe pileux; puis celle de l'alopécie symptomatique , à laquelle nous rattacherons l'alopécie congénitale, l'alopécie sénile, l'alopécie par épuisement, enfin l'alopécie syphilitique. Ainsi nous pourrons sans doute jeter quelque jour sur l'une des questions les plus difficiles de la pathologie cutanée , et sur un accident qui, bien fréquemment, appelle l'attention du médecin praticien. Nous accorderons du reste à l'histoire de cette maladie tous les développements que comporte son importance.

Sïmptomatologie. — V alopécie idiopathique, qui survient par suite d'une affection simple du bulbe pilifère, est sans doute l'une des formes que l'on rencontre le plus communément. Elle se montre surtout dans

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la convalescence des maladies aiguës qui ont présenté quelque gravité. Le plus souvent alors elle a été précédée d'un léger érythème du cuir chevelu, ou du pityriasis capilis. De petites pellicules blanchâtres épidermiques se détachent en grand nombre, et déterminent la chute successive des poils qui s'insèrent à leur voisinage; ce n'est qu'après un temps toujours assez long que de nouvelles productions pileuses se forment pour remplacer celles qui existaient précédemment. D'abord elles sont fort peu épaisses, sèches , cassantes, bifides à leur extrémité , plus tard elles acquièrent un peu de consistance.

L'alopécie est occasionnée quelquefois par l'inflammation du follicule pileux lui-même. Cet accident complique un grand nombre d'affections cutanées , et principalement celles qui prennent le cuir chevelu pour siège. C'est surtout à la suite de la teigne faveuse , de l'impétigo , de l'eczéma chronique, de l'érysipèle , que l'on voit survenir cet accident.

Il est une affection qui entraîne surtout la chute des poils, que Willan a décrite sous le nom &z porrigo decalvans, et qui sévit partiellement sur le cuir chevelu. MM. Gazenave et Schedel {Abrég. prat. des malad. de la peau, p. 232; 1828) pensent avec raison , ce nous semble , qu'il ne faut point en faire une maladie distincte des pustules que l'on désigne généralement par le nom de porrigo. 11 est probable qu'elle est le résultat de la combinaison des variétés nombreuses que l'on a heureusement groupées sous la dénomination unique de porrigo favosa {voy. ce mot) ; il faut donc la rattacher à l'histoire de cette maladie. M. Rayer ne partage point cette opinion {Dict. de méd. et de ckir. prat.^ t. h, p. 68 , art. Alopécie); il ignore de quelle nature est l'affection des follicules pileux qui occasionne cette alopécie : il a vu seulement qu'elle n'entraîne à la surface du cuir chevelu , ni vésicules , ni pustules , ni autres formes éruptives , et , dès lors , il pense qu'elle diffère essentiellement , sous ce point de vue , des alopécies partielles que l'on observe à la suite du favus, des syphilides circinées, etc. {Traité théor. et prat. des malad. de la peau, t. lu , p. 739 ; 1 835).

Il faut croire que , entre les observateurs que nous venons de citer, le différend résulte de ce que la dénomination porrigo decalvans n'a point été convenablement précisée. M. Todd {The Cyclop. ofpract. med., t. 1er, p. 51) semble ajouter encore à l'obscurité de la question , lorsqu'il avance avoir heureusement guéri des sujets affligés de cet inconvénient, en combattant le mal à son origine , c'est-à-dire en remédiant à la gastrite chronique, à la dyspepsie inflammatoire. On est en droit de supposer, par ces derniers mots, que le praticien anglais ne définit point comme MM. Cazenave et Schedel, le porrigo decalvans de Willan, car jusqu'à ce jour les affections tei-

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