THÉORIE MECANIQUE DE LA DÉFORMATION DES CORPS SOLIDES
L'attention journalière que l'exécution de nos expériences nous obligeait à porter sur tous les détails de chacune des déforma-
lions produites dans des conditions très-diverses nous a conduit a vouloir définir Fétat particulier dans lequel se trouve la matière , lorsqu'elle est amenée à cette fluidité relative qui permet à ses difierentes molécules de se déplacer, les unes par rapport aux autres, sans que jamais aucune trace de réaction apparaisse par une nouvelle déformation , au moment où l'action motrice cesse d'agir.
Cet état de fluidité fait évidemment suite , dans les phénomènes de compression, à la période d'élasticité parfaite et même à la période d'élasticité imparfaite, qui est caractérisée par une modification , en partie permanente , dans la longueur des fibres comprimées.
Lés résistances moléculaires qui correspondent à cette période de fluidité sont nécessairement plus grandes que celles qui correspondent à la période d'imparfaite élasticité, et l'on peut dire que le corps qui y a été amené ne tend plus sensiblement à revenir à ses dimensions primitives.
U semblerait donc que la période de fluidité serait intermédiaire entre l'élasticité et la désagrégation, et qu'elle constituerait un état particulier sous l'influence d'efforts plus grands que ceux de la période élastique, mais plus petits que ceux qui déterminent la rupture, dans le cas où elle peut se produire brusquement, soit par compression, soit même par extension.
N'est-il pas vraisemblable, d'après ces rapprochements, que le plomb et l'étain, par exemple, qui parmi les métaux ductiles se déforment presque indéfiniment sous une pression limite, jouissent de la^ propriété, à partir d'une certaine charge, de donner lieu à une résistance constante par mètre carré, pour toute extension ou toute compression ultérieure.
Dans cette hypothèse , tout travail de déformation pourrait être estimé en fonction de cette résistance constante, en tenant compte du travail de déformation de tou^s les éléments différentiels qui constituent une masse de forme donnée.
Nous nous proposons de rechercher l'expression de ces quan-
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tités de iravaîi, suivant la nature des déformations produites, et en partant de cette hypothèse particulière , déduite des considérations précédentes, qui caractérisent, suivant nous, la période de fluidité.