RÈGNE DU SULTAN ABOU-MALEK ABD*EL-WAHED
nait ces paroles : « Grand prince, la ville de Fez est à vous, et mon empire vous appartient. Si vous méprenez sous votre auguste protection, vous ferez un acte digne de votre gloire et de Votre Majesté. » Et il terminait sa lettre en rappelant au uultan l'amitié qui avait toujours régné entre ses ancêtres et ceux des souverains hafsides.
Abou-Fâres accepta le présent, rendit la pareille, recommanda au roi de traiter à l'avenir ses sujets avec plus de douceur, et reprit le chemin de l'Orient, emportant avec lui la reconnaissance du roi, celle de tous ses sujets, ainsi que l'admiration des habitants deTIfrikiah, de ceux des deux Maghrebs et même de l'Andalousie entière.
Bien que ces derniers détails paraissent étrangers à rhistoire de Tlemccn, nous n'avons pas voulu en priver le lecteur, parce qu'ils sont peu connus, et qu'ils se rattachent, du moins indirectement, aux circonstances et aux mobiles qui poussèrent le sultan de Tunis à porter les armes hors des frontières de son royaume et à intervenir dans les affaires des puissances occidentales.
Les événements, dont nous venons d'emprunter le récit à l'historien anonyme cité par le copiste de notre manuscrit (Histoire de la dynastie Abd'el-Wâdite), sont relatés à peu près dans les mêmes termes par le cheikh Abd'Allah Mohammed-Al-Zerkechy, dans son histoire des sultans de Tunis (manuscrit de notre collection, fol. 63). En comparant les deux récits. Ton est fortement tenté de croire qu'ils sont dus à la même plume, et que l'auteur anonyme dont il est question, n'est pas autre que notre cheikh Al-Zerkechy, ou bien que l'un s'est contenté de compiler l'autre.