RÈGNE DU SULTAN AROU'L-ABBÈS AHMED
sortira pure de ta bouche. Si Ibn'el-Kâssem (i) l'avait vu, ses yeux l'eussent contemplé avec délices et la satisfaction la plus douce ; il lui aurait dit : a En vérité, moi vieillard et en cheveux blancs, je n'ai pas su défendre comme toi la saine doctrine ». Si Timam Âlmazâry l'avait vu, il aurait su que notre docteur était bien celui dont il aurait dû suivre les traces. Si le hafidh Ibn-Roschd l'avait vu, il aurait dit : « Viens ici, ô gardien de la droU ture et de l'orthodoxie (2). Si le docteur Al-Lakhmy (3) l'avait vu, il aurait entendu sortir de sa bouche les plus beaux enseignements. Si le docteur Âl-Karâfî (4) Tavait vu, il eût appris de lui les véritables règles de la lecture de FÂlkoran, avec tout ce qu'il a ajouté à cette matière, grâce à la profonde connaissance qu'il avait du sens du texte, grâce à son érudition et à son ardente application à l'étude de l'interprétation. Si AI-Modjfthed(5) l'avait vu, il aurait su que notre cheikh était un champion pour les sciences relatives à l'Alkoran. Si Al-
(1) L'un des premiers et des plus célèbres disciples de rimam Màlek. Il était né à Cordoue et portait le surnom de Moslem&h,
(%\ Ces paroles roulent sur un jeu de mots, le nom du docteur Ibn-Roschd signifiant en arabe le fils de la droiture. Du reste^ il ne s^agit pas ici du célèbre philosophe arabe Averroès, appelé chez les arabes Ibri'Roschd, mais de son granti' père Abou'l-walid Mohammed ben-Ahmed Ibn-Roschd, docteur maléki, imam de la grande mosquée de Cordoue, mort en 520 de l'hégire (142G de J.-C). Celui-ci est auteur d'un grand ouvrage qui se trouve à la Bibliothèque Nationale et qui porte le titre de Kiteb el-Ahkam,c'est-à-dire Traité des décisions juridiques (supplément n^ 398).
(3) Abd*el-Salam ben-Abd'cl-Rahman al-Lakhmy, surnommé /6n-rar/ian, natif de Seville, mort en 627 de l'hégire. II est auteur d'un livre qui porte le titre de Erchad fy tafnir el-Koran, et qui est une introduction pour faciliter la lecture des commentaires de l'Alkoran.
(4) Al-Karàfy, surnom du docteur maléki ISchhibah el-dyn Abou'l- Abbès-Ahmed, mort en 684 de l'hégire. Il est auteur de plusieurs ouvrages très estimés des Musulmans, D'Herbelot, Bibliothèque orientale, article Carafi,
(5) Jeu de mots résultant de la signification du nom d'Almodjàhed, qui veut dire le champion de l'Islam ou celui qui fait la guerre sainte.
304 COMPLÉMENT DE l'hISTOIRE DES BENI^ZBITAN.
Mokâtel (1) l'avait rencontré, il lui aurait dit : Marche, docteur; va combattre le bon combat. Si enfin le savant commentateur deTAlkoran, Al-Zamazkhschary, l'avait entendu, il eût avoué sans peine que c'était lui, Ibn-Marzouk, qui était le véritable Révélateur des chO' ses cachées (2), et il aurait dit à son livre : « Laisse là ton dessein et adresse-toi à ce grand docteur. Si Ibn-Atîyah l'avait vu, il aurait su de combien de grâces et de dons le Très Haut l'avait comblé (3). Abou-Haiyân (4) ne s'était pas douté qu'un jour notre docteur Tentraînerait dans le courant et qu'il n'aurait jamais besoin d'emprunter une seule goutte d'eau à son Océan, et cela, grâce à son immense et vaste savoir, qui embrassait le
(1) Allusion au nom du docteur A 1-Mokàtel, qui signifie le coni'battant. Le docteur AbouM-Hassan sd-Azdy surnommé Al- M okàtel^ natif du Khorassan, fut expulsé de la ville de Merv, oùil enseignait, à cause de son opinion touchant la corporel té de Dieu. Ses partisans soutenaient môme que Dieu avait une barbe noire et fort épaisse, qui couvrait toute sa poitrine. V. d'Herbelot, article Mocatel.
(2) Kaschaf el-khafiâty le Révélateur des choses cachées, c*esl le titre du commentaire de l'Alkoran par le célèbre docteur Abou'l Kassem Mahmoud-al-Zamakhschary.Né dans le Khouarezm en 467, Al-Zamakhschary mourût en 538 de l'hégire, sous le règne d'Almoktafy, 31' khalife abbasside.
(3) Allusion au nom d'Ibn-Atiyah qui veut dire Fils du don ou homme comblé de dons. Abou-Mohammed Abd'el-hakk Ibn- Atiyah al-Maghreby al Andalossy, né en 481 en Espagne, mourut en 546 de l'hégire à Lorca. Il est auteur d'un commentaire sur l'Alkoran qui porte le titre de Wadjiz fy tafsii\ Abrégé du commentaire.
(4) AbouHaiyân Athir el-dyn Mohammed ben-Youssouf cl-Andalossy el-Djaiyàny, né dans les environs de Grenade en 054 de l'hégire et mort au Caire le '28 desafar de l'année 745. C'est un des plus célèbres grammairiens arabes. Il est auteur d'un commentaire sur la grammaire de Sibaoueih et de quantité d'autres écrits ; mais celui auquel il est fait ici allusion est intitulé: Al-Bahr al-mohit fy tafsir el-Koran eUadhim, c'ost-»\-dire la Mer environnante, ou l'océan touchant Texplication de l'Alkoran. L'auteur s'y attache à l'explication des mots rares, des expressions peu usitées, des significations exceptionnelles des mots ([ui se rencontrent dans ce livre. C'est à cet ouvrage que se rapportent et font allusion les paroles du texte. On peut lire la notice de Abou-Haiyàn dans Al-Makkary, Analectes, tomel*"*, seconde partie, pages 825—838.
RÈONB DU SULTAN ABOU'l-ABBÈS AHMED. 305
hadith avec ses différentes branches, les explications qu'en donnent les docteurs, la connaissance de ses textes et de ses variantes, la classification de ses divers genres et la description de ses catégories ; sur ce point sa réputation était devenue si grande, que Ton venait de toutes parts assister à ses leçons, suivre son enseignement, ou bien lui demander la solution des questions difficiles, Texplication des choses obscures.
Les biographes ne tarissent point, quand il s'agit de faire Téloge de notre docteur ; c'est avec pompe qu'ils célèbrent ses qualités morales et ses vertus ; c'est avec la plus grande admiration qu'ils parlent de l'élévation de son âme, de la générosité de son cœur^ de sa piété et de sa religion, de la noblesse de son caractère et de la dignité de ses mœurs. Sous le rapport du talent, du savoir et du mérite scientifique, ils ne craignent pas de le comparer à tout ce que les âges précédents avaient produit de plus illustre et de plus émincnt.
Au dire de l'auteur du Bostartj le docteur Ibn-Marzouk-el-Hafid, considéré comme philologue et comme grammairien, n'aurait non seulement rien eu à envier au célèbre Al-Zamakhschary, au savant Al-Demâminy, à Al-Zedjàdjy, à Khalil, mais il les aurait même éclipsés et en quelques sorte fait oublier, a Mais qu'est-il besoin, s'écrie le même biographe, de nous étendre davantage sur le mérite de notre illustre savant? Il fut, en fait d'érudition, un vaste océan, mais un océan sans rivage ; une lune dans tout son éclat, mais une lune sans déclin ; une source de lait, mais une source intarissable. Quoi donc ? Quand l'astre du jour brille au firmament dans toute sa splendeur, qu'est-il besoin que Ton démontre son existence, et que pourraient ajouter à son éclat les vaines paroles des hommes ? »
Comme spécimen de son immense savoir, comme documents touchant la méthode qui présidait à son en* seignemcnt, et les ouvrages qui servaient de matière
306 COMPLÉMENT DB l'hISTOIRB DKS BBNI-SBIYAN.
à ses leQons^ nous allons transcrire ici les renseigne» ments qui nous sont fournis par quelques-uns de ses plus doctes disciples, a J'ai eu pour maître, dit le cheikh Abou'1-Faradj-Ibn-Abou-Yahia, le chérif de Tlemcen, le savant imam, le docteur universel, lo pieux et ortho<doxe mufti et théologien Âbou-Abd'Âllah Mohammed ben-Ahmed Ibn-Marzouk el-Hafid, de Tlemcen. Arrivé dans cette ville, je dirigeai mes pas vers une colline, séjour de repos et de tranquillité, lieu charmant et plein de fraîcheur, arrosé par une source d'eau limpide (1). Je n'avais pas d'autre but que celui de me mettre sous la direction du savant professeur que je viens de nommer. Lorsque je me présentai devant lui, il m'accueillit comme si j*avais été son enfant, avec tous les égards que Ton a pour un client et avec l'intention de me transmettre intact le dépôt des doctrines qu'il avait reçues lui«>même de ses anciens maîtres. C'est ainsi qu'il me fut permis de puiser dans l'océan de ses connaissances, pendant que ses leçons ne laissaient rien à désirer, et que, pour les mettre par écrit, ma plume finissait par s'émousser. Sous son habile direction, je lus plusieurs commentaires de l'Alkoran ; quant aux hadith ou pa« rôles de notre législateur, je vis plusieurs fois le Sahih d'Al-Bokhâry (2), soit en le lui entendant lire et expliquer, soit en Tentendant lire par un autre sous ses yeux ; et je puis en dire autant du Sahih de Moslem (3).
(1) Il s'agit vraiscmblabloment du villago de Hubbed, situé sur une colline voisine de Tlemcen, et où se trouvait un collège fondé par le sultan môrinide Abou'l- Hassan.
(2) Abou Abd' Allah Mohammed al Djofy al-Bokhàry, né & Bokhâ* rah dans la Transoxamc en 194 do l'hégire et mort en 256, est auteur d'un grand recueil de traditions musulmanes^ qui est intitulé le Sahihf le sincère ou lauthentiquc. Ces traditions, au nombre de 7275, reposent eu grande partie sur l'autorilo d'Ibn-Hanbal, l'un des quatre fondateurs des sectes dites orthodoxes du Mabométisme.
{'.]) Moslem est le nom propre du docteur Abou'l-Hossein Ibn-
RteNB DV BULTAJf ABOU'l-ABBÈS AHMED. 307
Pour ce qui est des traditions transmises par Ai-Terme* dhy et par Âbou-Daoud (1), je les ai lues moi-même devant lui. J'appris le Mo waHa du docteur Mâlek(2), soit en entendant ses leçons, soit en Fétudiant ou le lisant sous sa direction. J'ai lu do la même manière le Homda/i qui traite des paroles de Mahomet (3)^ quelques chapitres de la Hadikah (4), une partie de TaUfouôra,
Aly HedJadJ, disciple d*Ahmed Ibn-Hanbal. II a composé un livre de théologie scholastique intitulé le Sahih^ le Sincère, où il a ramassé des traditions dont Tauthenticité n'est rien moins que certaine.
ii) Âl-Termedhy Abou'l-Eissa Mohammed Ibn-Eissa, mort en ^79 de Thégire, auteur d'un grand recueil de traditions mahomé» tanes, qui porte le titre de /4Z-D;amte al-Kébir, la grande collection. Al-Termedhy a aussi composé un autre ouvrage de traditions» intitulé : Chemâîl el-Naby, les Belles qualités du Prophète, où il s'occupe spécialement des pratiques et exercices religieux de Mahomet. Ces deux ouvrages se trouvent à la Bibliothèque Nationale (ancien fonds, suppléments 302 et 507.) Al-Termedby est aussi le surnom d'un autre docteur, le cheikh Abou-Abd'Allah Mohammed Ibn-Aly, auteur d'un livre de théologie scholastique, intitulé : Ethbat elôlal el-schariat, dans lequel il prétend prouver l'islamisme par le raisonnement et non par l'autorité. 11 mourut en 655 de l'hégire. Quant à Abou-Daoud Soleyman Ibn-al- Ascheâth el-Sigistany, il a donné son nom à un ouvrage qui porte le titre de Kiteb c/-Sonan, et contient un grand nombre de traditions relatives à la pratique de la religion.
(2) Le Mowatta \voie aplanie) recueil de traditions classées par ordre de matière, publié d'après Màlek Ibn-Anas, par son disciple Yahia Ibn-Yahia-al-Lcithy, le môme qui introduisit le système do droit malékite en Espagne (mort en 238 de l'hégire).
(3) Le Omdah est un ouvrage dont le titre entier est celui-ci : OTndat eUdhkàm vfiin Kelâm seyid el-anâm, c Les paroles du prophète qui servent de base aux maximes du droit musulman. » L'auteur, Abd'el-Ghàny ben abd'el-Wàhed ben Aly Ibn-Abi Sçrour, natif de Jérusalem, mourut en 600 de l'hégire (1203 — 4 de J.-C). Il y a un autre ouvrage du nom de Omdah qui a pour auteur le cheikh Hafidh el-dyn-Abd'Allah ben-Ahmed el-Nassafy. Il est intitulé : Omdato'l-Akidah liehVil sonnahy la colonne du dogme des partisans de la Sonnah (Bibliothèque Nationale, ancien fonds, 486.
(4) La H&dicah (le Verger) : c'est le titre d'un ouvrage qui traite des lois de l'Alkoran, par Ibn-Ominiahal-Hidjâry (voyez Analectea cTAlmakhary, deuxième partie, p. 119). Il s'a^rit peut-être d'un
308 COMPLÉMENT DB L^HISTOIRB DES BENI-ZBIYAN.
les Grands Préceptes, c'est a dire le livre intitulé al- Raudahf le Jardin (1), l'ouvrage du grammairien Sibaoueih en entier (2); ])\\isVAlfiyah d'Ibn-Mâlek (3), les premiers chapitres du commentaire de VIdahh par le cheikh, Ibn-Abi-rRebie (4), une portion de l'ouvrage intitulé Al'IIakihy par Ibn-Haschem (5). Sur la juris-
autrc auteur qui porte le même surnom d'Al-Hidjâry, c'est-àdire nalif de Gu&dal&x&ra, célèbre traditionniste, jurisconsulte et historien, qui mourut à Coûta en Tan 591 de l'hégire. Plusieurs ouvrages portent le titre de Omda/i, entre autres celui du célèbre cheikh Abou-Bekr Mohammed al-Schàschy, docteur Schàfeite; mais celui que nous venons d'indiquer nous parait être celui dont il s'agit dans le texte.
(1) Il existe deux ouvrages, qui portent le titre de Kiieb el-r&U" dah, l'un est attribué au docteur Mohy-el-dyn el-Nawawy ; qui est un abrégé du commentaire d'Abou'l-Kâssem Abd'el-Kérim el-Raféyi sur le Wadjiz d'Abou'l-Hamed al-GhazÂly, et l'autre a pour auteur Yahia Ibn-Abd'el-Rahraan al-Dimechky al-Isbahàny, mort il Grenade en 608 de Thégire, Quel est celui des deux dont il est ici question ? c'est ce que j'ignore.
(2) Sibawcih, surnom du docteur Abou-Baschar Amrou*ben- Othman Ibn-Kanbar, un des grammairiens arabes les plus célèbres. Son traité de la syntaxe est si estimé qu'on l'appelle communément aUKiieb, le Livre. Sibaweih mourut entre les amiées 161 et 194 de l'hégire.
(3) UAlfiyah est un résumé en vers des règles de la grammaire arabe. Son auteur, Djemal el-dyn-Abou-Abd'AIlah Mohammed, plus connu sous le nom d'Ibn-Mâlek, est mort à Damas en Tannée 672 de l'hégire.
(4) Le cheikh Abou-Abd'Allah Mohammed ben-Soleyman al- Moàfery al-Châtiby, surnommé Ibn-abi rRebie, mort à Alexandrie en 672 de l'hégire ^Almakk, première partie, page 553). Uldahh est un traité grammatical très célèbre qui a pour auteur Abou-Aly Hassan al-Kàressy et al-Fozâwy, mort à Bagdad en 377 de l'hégire. Cet ouvrage a été aussi commenté par un savant arabe espagnol, Abou'l-Abbès Ahmed al-Cherischy (de Xérès), mort eu 619 de l'hégire.
(5) Ibn'Hàschem est vraisemblablement écrit fautivement au lieu de Ibn-IIischâm. Le cheikh Djemal el-dyn, mort en Egypte en 761 de l'hégire, a composé plusieurs traités de grammaire, dont les plus célèbres sont le Moghny el-Lebib et le Kiteb el-Ihrab oue* kaouàhed el-Ihrab où il expose les règles fondamentales de la syntaxe désiiientielle, et dont feu M. le baron Silvcslre de Sacy a donné quelques extraits dans sou A M</io/ogfie grammaticale. Le
RÉGNB DU SULTAN ABOU'l-ABBÈS AHMBD. 309
prudence je lus sous lui tout le Tahdhib (1), ainsi que l'ouvrage d'Ibn-el-Hâdjeb-el-Fareyi (2) et une partie du Mokhtassar ou Précis de jurisprudence de Khalil (3), plus le Talqin (4) et le tiers de Touvrage du cheikh Al-Djellâb (5), une grande partie du poème AUMotaîttiyah (6), puis le texte de la Rhétorique d'Ibn- Roschd (7), et une partie de la Rissêlah (8). En fait d'ouvrages qui traitent de la secte de Schaféi^ je lus le
traité intitulé al^Hàkîky, le positif, le réel, ne nous est connu que par la présente citation.
(1) Al'Tahdhib : c'est le nom d'un ouvrage très estimé dont le titre entier est : Tahdhib messail el-Modaowwanah ou eUMohr' Jitalatah, Examen critique des questions traitées dans la Modaoui/vana et dans la Mokhtalatah^ et qui fut composé en 372 de l'hégire par le docteur Abou-Saîd Khalaf ben-Abou*l -Kàssem al- Saradhéyi de Saragosse. On doit au môme auteur un abrégé de la Jdodaouwanah qui porte le titre de Temhid, l'Accommodement.
(2) Le cheikh Ibn-el-Hâdjeb, auteur d'un ouvrage qui porte le titre de Kiteb el-Foroue. et contient des éclaircissements sur les diverses branches de la loi musulmane.
(3) Le Mokhtassar du Précis de jurisprudence du célèbre juriste cidi Khalil ben-Ishak bcn-Yaàkoub el-Andalôssy a été
Tobjet de plus de soixante commentaires.
(4) Le Talqin a pour auteur le cadhy Abd'el-Wahah al- Sobky. Il existe deux autres ouvrages dont l'un est intitulé Talqin el-Mohtedy, Instruction offerte à celui qui est bien dirigé^ qui a été composé par un savant de grand renom, le cheikh Mohy el-dyn Ibn-Araby Mohammed, de Murcie, mort à Damas en l'année 638 de l'hégire ; l'autre porte le titre de Kiteb el-Talqin, C'est un traité des devoirs religieux du Musulman par Abd'AUah Ibn- Moussa Bchâreky.
(5) Al'Djellab^ surnom du célèbre cheikh Mohammed Al-Méghily de Tlemcen, auteur d'un recueil do questions juridiques, mort en 875 de l'hégire.
(6^ Al'Motalttiyah, poème dont nous ignorons l'auteur.
(7) Ibn Roschd, c'est le nom arabe du célèbre philosophe Aboul-Walid Mohammed ben-Ahmed Ibn-Roschd que nous appelons Ai^erroés. On sait qu'il a commenté les ouvrages d'Aristote, entre autres la rhétorique du philosophe grec. Né à Cordoue en l'an 520 do l'hégire (1026 de J.-C.) il mourut à Maroc en 595 de l'hégire (1198 de J.-G.) âgé de 72 ans, sous le règne du sultan almohade Yaàkoub al-Mansor.
(8) La Rissêlah, traité de droit malékite par Ibn-Abou-Zeid al-Kairouàuy, mort en 389 de l'hégire (991) de J.-C.)
310 noMPLÉMHNT DE l'histoire des deni-zsiyan.
Tanhih (VAl-Chiràzy (1) sur le Wadjiz (Résumé) d*Âlghazâly depuis le commencement jusqu'au livre de la reconnaissance légale ; de ceux qui concernent la secte des Hanafis le Mokhtassar d'Al-Kodoury (2), et de ceux qui traitent de la secte des Hanbalis le Kâfi (3), le Suffisant (par Ibn-Kodàmah). Pour ce qui est des principes du droit, je lus la Somme (4), le Mokhtass&r d'Ibn-el-Hâdjeb, le Tankihh el okoul (5), (du docteur Sadr-el-châariali al-Mahbouby) , puis le
(1) Le Tanbih sur VWadjiz a pour auteur le docteur schaféite Djemal cl-dyn Abou-Isbak ben-Aly bon-Youssouf al-Sehirâzy al- Ferouzzabady« mort Tan 476 de l'hégire. Le titre général de son ouvrage est Je crois, Tambihfyl'Fekh, Avis donné sut la Jurisprudence. Quant au traité qui porto le titre d'Alwadjiz^ c'est un sommaire de Jurisprudence par le docteur Sohafeite Abou-Hàmed Âl-Ghazàly, ouvrage (jui se trouve à la Bibliothèque Nationale (supplément 409, Saint-Germain, 329). Le Tanbih a été commenté par le cheikh Abou'l-Hassanal-Kalassàdy[Almakkary,Ana/ec/cs, première partie, page 935).
(2) Al'Kodôury, surnom du cheikh Abou*l -Hassan Mohammed de Baghdad, docteur de la secte de Hanbal, qui mourut en Tan 428 de rhégire. Le Mothtassar ou Abrégé qu\ porta son nom est un exposé des dogmes d'Abou-Hànifah. Les partisans do ce docteur ont ce livre en si grande vénération ([u*ils l'apprennent par cœur et le lisent avec dévotion quand ils se trouvent en danger, ou pour demander î\ Dieu quelque faveur.
(3) Le Kâfy, le Suffisant, dont le litre entier est Kiteb el-Kâfy fyH-foroue el-hanbaliyah, livre contenant toutes les décisions de points de droit selon les principes d'Ibu-Hanbal, reconnaît pour auteur le cheikh Moaffek cl-dyn Abd'Allah bcn-Ahmed Ibn-Kodàmah de Jérusalem, mort en 620 de l'hégire (1 2 23 de J.-C.)
(4) La Somme, le titre entier de ce livre est Kiteb cl-Mahsoul fy êlm el-Ossoul, Livre contenant le sommaire des principes du Droit. Il a pour auteur Abou'1-Fadl Fakhr el-dyn al-Ràzy (Mohammed ben-Omar), célèbre docteur schafeitc. Né à Rei dans Tlrak persique, en 543 de l'hégire, Fakhr el-dyn mourut à Hérat en COG (1209 de J.-C.)
(5) Tankih. 11 y a deux livres, à ma connaissance, qui portent ce nom, savoir : Le Tankih el-Ossoul, ouvrage du docteur Sadr elcharlah Obeid Allah Ibn-Masseoud al-Mahbouby, mort en 747 de rhégire ; et le Tankih el-lobab, ouvrage dans lequel Abou-Soràa al-Iràky corrigea le texte duLo6â6 al-fikh, la moelle de la jurisprudence, composé par le docteur schaféite A /imcd ben-Mohammed aUMahamily.