‹ Complément de l'histoire des Beni-Zeiyan, rois de Tlemcen, ouvrage du cheikh Mohammed Abd'al-Djalil al-TenessyChapitre 48 sur 90 · RÈGNB DU SULTAN ABOU'L-ABBÈS AHMED · texte numérisé non relu

RÈGNB DU SULTAN ABOU'L-ABBÈS AHMED

Kiteb el'Tneftahh du docteur Al-Djeddy (1), le traité des maximes ou Règles fondamentales (Alkaouâhed) par le docteur Ezz-el-dyn (2), le Kiteb eU Mess&lek ouel-Faïdah] les principes fondamentaux (aZ-Àaotxâ/ied) par Al-Karàfy (3), une grande partie du traité des ressemblances et des conformités (£^na• dhair ou el-aschbah) par le docteur Al-âUêmy (4), le traité de la bonne direction (Evchad) par Al-Obéidy (5),

(1) Le Kiteb el-Meftah d'AUDjeddy, Il existe plusieurs traités cjui portent le titre de Meftah, La clef : 1» le Meftahel-bab el-mok* /al lifehm el-Koran cl-Monzal, La clef qui ouvre la porte fcrmôe et qui permet de comprendre TAlkoran rôvélô, par Abou'l-Hassan al-Araby al-Andalossy (mort à Hamah en 637 de Thégire) ; 2* le ^eftah el'Oloum, La clef des sciences, par le cheikh Siradj el-dyn -Abou-Yaàkoub Youssouf ben-Abou-Bekr al-Sokâky (mort en 626 de rhégire) ; 3® le Meftah eUFekh, La clef de la jurisprudence, jpar le docteur Saad el-dyn Masseoud ben-Omar al-Taftazâny

(mort en 792 de rh(:*gire); et 4» Meftah el-OssouVfy bena^il oroue ala el-Ossoul, par Ibn-el-Hàdjeb. C'est do ce dernier ouvrage qu*il s'agit dans le texte, car il traite particulièrement^ comme on voit, du droit musulman. Quant au nom d'Al'Djeddy ou Al-Djarry^ qui est donné pour l'auteur du Kiteb el-Meftah, nous avouons qu'il nous est tout à fait inconnu : il a été, selon toute ^vraisemblance, défiguré par le copiste de notre manuscrit.

(2) On connaît deux savants do ce nom, le docteur Ezz el-dyn jbn-Abd'ol-Salam, mort en Kgyptc dans la seconde moitié du A^II* siècle de l'hégire, et le cheikh Ezz el-dyn Mohammed Ibn- Djemàa, à qui Ton doit un commentaire sur le poème de l'alfakih Siradj el-dyn ibn-Mohammed cl-Oussely, qui roule sur la doctrine d'Abou-IIanifah (manuscrits de la Bibliothèque nationale, supplément. n« 1868;.

(3) Les principes fondamentaux, par Al-Karafy , Le titre entier de cet ouvrage est : Al-Kawahed el^Saniyak fy asrar e/- Arabiyah. Les principes d'une valeur approuvée, faisant connaître les secrets de l'analyse grammaticale. Il a pour auteur le cheikh Schihah el-dyn Ahmed Ibn-Edris al-Senhâdjy, surnommé AI- Karafy, mort en 684 de l'hégire (1285-86 de J.-C). L'ouvrage se trouve à la Bibliothèque Nationale, ancien fonds, 564.)

(4) Lo nom propre du docteur Al-AUèmy nous est tout à fait inconnu.

(5) Il existe un autre ouvrage (Bibliothèque Nationale, ancien fonds, 529) qui porte le même titre> mais qui n'a rien de commun avec celui dont il s'agit ici. Il a pour auteur le cheikh Zein el-dyn Ibn-Nadjim al-Misry mort en 970 de l'hégire, et il traite des principes de la jurisprudence hanéfite.

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sur les fondements du droit je lus également sous sa direction le Mohassal et le traité Erchad (1); sur le souQsme le traité â{ Ihist d'Alghâzaly (2), à l'exception du quatrième et dernier livre de cet ouvrage. C'est lui qui me revêtit du froc des souGs, comme je l'avais déjà reçu des mains de son père et de son aïeul.

((De son école sont sortis plusieurs savants distingués, parmi lesquels nous aimons à citer le cheikh Abou-Zeid Al-Thaâleby, Al-Mazoûny, Abou-Abd' Allah Al-Tenessy et le cheikh Abou'l-Hassan Al-Kalassâdy. Voici comment celui-ci s'exprime, quand il parle du cheikh Ibn- Marzouk : « En arrivant à Tlemcen, dit-il dans le récit de son voyage littéraire, je trouvai dans cette grande cité une foule de savants ulémas, de personnes pieuses, d'hommes dévots et morts au monde, mais celui qui mérite avant tout une mention spéciale, c'est notre illustre cheikh et professeur, l'imam Abou-Abd'AUah Ibn- Marzouk al-Medjissy. Il était alors en pleine possession de la science et jouissait de la gloire qui y est attachée. Son mérite l'avait mis au rang des hommes les plus illustres et les plus éminents. Ayant passé les nuits dans les veilles, il avait cueilli en abondance les fleurs de la science ; puis, à son tour, il avait produit des fruits, poussé des feuilles et des rameaux. Ayant parcouru l'Orient et l'Occident, il était parvenu à pénétrer dans les diverses branches de la science et à s'en rendre entièrement maître. Il s'était levé sur le monde comme une nouvelle lune, apparaissant d'abord à l'Occident, puis

(1) Le Mohassal est un traitiS de métaphysique et do théologie, composé par le cheikh Fakhr el-dyn al-Râzy. Quant au Erchad, La Direction, il a probablement pour auteur quelque théologien ou mufti du VIII* siècle de l'hégire. 11 existe à la Bibliothèque Nationale un manuscrit qui est ainsi intituléet quitraitede lareligionmusulmane selon la doctnne d'Abou-IIanifa (Supplément arabe, 1871).

(2) lulhia oloum el-dyn, La Restauration des sciences religieuses, est le plus célèbre des écrits théologiques du philosophe arabe al-Ghazàly, mort en 505 de l'hégire (11 H de J.-C).

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s'élevant dans la sphère des âmes et se fixant dans ces liauteurs intellectuelles. Il n'y avait rien au monde de plus agréable que sa vue ; rien de plus facile que de pouvoir l'entendre. Il avait suivi l'enseignement des maîtres les plus illustres. Son éloge reste consigné dans les textes dos livres ; son nom est proclamé par la langue de toutes les plumes ; il compte parmi ses ancêtres les plus nobles illustrations. Le cheikh Ibn-Marzouk a été un de ces hommes chez qui les biens de ce monde se trouvent Téunis à ceux de Tautre. Tous ses moments, la nuit comme le jour, étaient remplis par quoique pieux exercice ; on le voyait occupé tantôt à faire la prière, tantôt à lire PAlkoran, tantôt à donner des leçons, tantôt à travailler à la composition de quelque ouvrage. Ajoutez à cela qu'il s'était prescrit certaines oraisons, et qu'il s'était réservé des heures pour certaines pratiques. Il s'appliquait avec ardeur à l'étude, à l'acquisition de la science, afin de chasser l'ignorance ; s'il enrichissait son esprit du trésor des connaissances, c'était dans le but de les communiquer; la célébrité dont il jouissait était pour lui un moyen pour se rendre agréable et utile. J'ai lu sous sa direction, ajoute l'auteur dont nous transcrivons les paroles^ quelques fragments de son traité sur les successions, les dernières pages de YIdâhh du docteur Al-Fàressy, ainsi qu'une partie du commentaire du Teshil (par Ibn-Mâlek). J'ai assisté à ses leçons, quand il expliquait le //i7'a6-eMfor'an (l'analyse grammaticale de TAlkoran par Abou-Zakaria Yahia Ibn-al-Tebrizy (i),la plus grande partie d'Ibn-el-Hadjeb al-Fareyi, la Talqin^ le Teschil d'Ibn-Mâlek, VAlfi- ' ya/i, la Kafiy&h, Ibn-el-Sallah sur le hadith (2), le

(!) Abou-Zakaria Yaliia Ibii-Aly al-Khatib al-Tébrizy, natif de la ville de Tauris, mort l'an 530 de l'hégire.

(21 L'imam Abou-Amr Ibn-el-Selab, docteur traditionniste, mort en 642. V. Almakkary II« partie, page 94, et D*herbeIot, article Selah.

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Minhadj d'Alghazâly, une portion de la Rissôlah et autres ouvrages. Il mourut (que Dieu lui accorde sa grâce!) le jeudi, à Theure de VAsr, le 24* de chfiaban de l'an 842 (1438-39). On fit la .prière pour lui dans la grande mosquée, après la prière solennelle du vendredi. Le sultan Âbou'l-Abbès Ahmed assista à ses funérailles, dont je n'avais jamais vu les pareilles. Sa perte fut vivement regrettée et tout le monde en fut affligé.

<c On tient de la bouche de Tun de ses plus doctes disciples, le cheikh Abou-Zeid Al-Thaâleby, le renseignement suivant : « Quand notre professeur Abou-Abd' Allah Ibn-Marzouk se rendit auprès de nous à Tunis, ou il séjourna quelque temps, j'eus Toccasion d'étudier sous sa direction une foule d'auteurs ; c'est ainsi que je lui entendis expliquer le Mowatta pendant la lecture de notre condisciple Abou-Hafs Omar, fils de notre cheikh Mohammed Al-Kolchâny ; c*est devant lui également que j*ai lu entièrement les quartenaires d'Al-Noury. Nous lisions devant lui en nous faisant expliquer ce que nous ne comprenions point. Toutes les fois que je lisais ainsi devant lui un hadith, il jetait les yeux sur le texte en s'abaissant et en s*humiliant ; puis il se mettait à pleurer ; il pleurait ainsi pendant que je continuais à lire, et il ne cessait de fondre en larmes, que lorsque j'avais achevé la lecture du livre (que Dieu lui fasse miséricorde !)

« Il accomplit deux fois pendant sa vie les devoirs du pèlerinage ; la première fois en 790, en compagnie du savant docteur Abd' Allah Ibn-Arafah. Pendant le séjour qu'il fit à la Mecque, il suivit les leçons du cheikh Beha el-dyn Al-Demâminy et du cheikh Abd'el-Nour al-Kiâly ; il put lire aussi Al-Bokhâry sous la direction du professeur Ibn-Saddik, et il s'attacha d'une manière spéciale à renseignement du cheikh Al-Mohheb Ibn-Hischam. Dans son second pèlerinage qui eut lieu en 819 (1416),

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il se rencontra, à la Mecque, avec le docteur Al-Dhoubny Redouan et avec le savant alfakih Ibn-Hadjer. Il revint des régions orientales, Tepprit enrichi de toutes sortes de connaissances, affermi plus que jamais dans la croyance mahométane et pleinement résolu à consacrer le reste de ses jours à la carrière de l'enseignement et à la propagation des lumières parmi ses compatriotes de l'Occident. C'est, du reste, ce qui est attesté par la réputation de savoir qu'il a laissée après lui, par la vénération et l'autorité attachées à son nom dans le monde musulman, et surtout par le nombre considérable d'ouvrages auxquels il a donné le jour,et qui font le plus grand honneur à son zèle et à son érudition. »

C'est par la nomenclature de ses ouvrages qui prouvent la variété de ses connaissances et la fécondité de son esprit, que nous demandons la permission de terminer cette biographie déjà peut être trop longue. Ses ou- ^rage's comprennent les titres suivants :

!• Trois commentaires sur le Bordah, le Grand, inti- "kulé : Idhâr sedhVl-mouadclah fy scharh el-Bordah^ Démonstration d'un sincère amour touchant l'explication du Bordah (1) travail très étendu, où chaque vers «st accompagné de sept différentes interprétations ; le Idoyen et le Petit, commentaires qu'il a désignés sous le :aiom d'Istihàb, l'Exposé complet, parce qu'ils ne laissent :s:ien à désirer sous le double rapport de l'interprétation Xittérale et de l'analyse grammaticale.

2* Al'Mefâtihsil'Keratissiyah fycharh al-Schocratissiyah, Les clefs fournies pur les papiers touchant l'explication des écrits Socratiques.

3* Al'Mefatih al-Marzoukiyah fxf stikhradj zomour SiUKhazardjiyah (2), Les clefs d'Ibn-Marzouk servant à

(1) Poème très connu, composé en l'honneur de Mahomet, par lo cheikh Seheref el-dyn Al-Boussiry.

(2) Au lieu de zomour , on lit Rcdjcz dans Al-Makkary (manuscrit arabe de la Bibliothèque Nationale, n° 788, foL 119.)

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expliquer les allusions d*Âlkhazard jy (poème sur la métrique arabe). Un volume.

4" Un poème sur le mètre Redjez traitant des sciences du h&dithy intitulé Al-Raudah, le parterre (1).

5® Un abrégé du poème précédent, qu'il a nommé Al'Hadicah, le verger (2).

6* Un autre poème sur l'art de dresser les calendriers servant à indiquer les heures de la prière {Almicat) intitulé Aimoknie aUchàfy^ le livre parfaitement suffisant (3).

7* Un commentaire sur les Propositions d'al-Khourt' djy, intitulé : Néhayat el-amal fy charh kiteb eUDjou^ mal, le Comble des espérances touchant le livre des Propositions. Ce livre est un traité de logique mise en vers par le cheikh Namâwar al-Khoundjy. Il se trouvée la Bibliothèque Nationale (anciens fonds arabes, n"* 440). Ce même volume contient le commentaire dont il est ici question avec ce titre un peu allongé : Kenz eUamâny ouel-amal fy nadhm mantek el-Khoundjy, Trésor des désirs et des espérances touchant le traité poétique de logique d'Al-Khoundjy.

8° Ightinam aUforsah fy mohadethat aouamm Kafsa/i, Occasion que Ton a été heureux de saisir pour se

(1) Dans le Takmilei eUdibadj d'Ahmed Baba al-Soudàny ce numéro porte le titre suivant : Deux poèmes sur les sciences du hadith, intitulés: Al'Raudah, le Jardin, où il a réuni les deux Alflyahf celui d'Al-Iràky et celui d'Ibn-Léon en mille sept cents vers.

(2) Le Takmilet donne seulement cotte indication: AJ>r6gé de VAlfiyah d'Al-Irâky. (Supplément arabe, n° 2018.)

(3) Ce numéro est ainsi indiqué dans le Takmilet : Poème sur le Calendrier des heures y qu'il a nommé Al-Moknie el- Chàfy, l'Extrait suffisant, et qui contient mille vers. Après le numéro 6, le Takmilet indique un poème de mille vers imité de la Chatibiyah, traité en vers sur les sept leçons do TAlkoran. par Ibn-Ferro al-Chàtiby, (natif de Xativa en Espagne), et intitulé Herz el-Amàny^ Amulette de tous les souhails, et un autre sur VAlfiyah d'Ibn-Màlek.

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mettre en relation avec la population de la ville de Cafsa. C'est un recueil de réponses et de consultations sur des questions de droit et de théologie qui lui avaient été adressées par un docteur de la ville de Cafsa, nommé Âbou-Yahia Ibn-Akibah et auxquelles il avait répondu.

9* Al-Wéhr&dj ila'stimtâr fy faouâid el-ostadh /bn-eI-Farad/,rEchellepourarriverauxrenseignements demandés par le docteur Ibn el-Siradj , de Grenade, on un cahier et demi. C'est une réponse faite par l'auteur à l'imam Ibn el-Séradj Al-Gharnâty, cadhi de la communauté, qui lui avait adressé plusieurs questions sur la grammaire et sur la logique.

lO* Nour el'rjakin fy scharh h&dith aoulià allah el-mottakiriy La lumière de la vraie religion ou commentaire des paroles traditionnelles des pieux amis de Dieu.

!()• bis. Un écrit composé en l'honneur des Soufîs Remplaçants^ dans lequel il traite longuement des hadith et qui commence ainsi : /a première parure d^Abou- Naîmj ou bien d'après une variante qui se trouve dans le Takmilet d'Ahmed Baba el-Soudâny: la première parure sera pour les Remplaçants.

il^ Al^dalilel'hourmj fy tardjih teharat el-Kaghid el'roumy^ Guide vulgaire pour s'assurer de la pureté du papier romain ou chrétien.

12!' AUNashh al-khàles fy l-redd ala m^eddahirotbet el'kàmely Avis désintéressé servant à réfuter celui qui prétend avoir atteint le rang d'homme parfait. L'ouvrage est resté inachevé. Il se compose de sept cahiers. L'auteur se fit un devoir de le composer, afin de réfuter les assertions de son contemporain Timam Kàssom Al- Ocbâny dans une décision juridique qu'il avait donnée au sujet d'une question à lui adressée par les fakirs de l'ordre des Soufis. Ce docteur, qui avait ajouté foi aux artifices de ces imposteurs, trouva ainsi un contradicteur éclairé dans la personne d'Ibn-Marzouk.

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 ces ouvrages plus ou moins considérables on peut ajouter les suivants :

iZ^ Mokhtassarel'IIàouî fifl-fetaoua Vlbrt'Abd'el' NouVy TAbrégé du recueil de décisions juridiques, par Ibn-Abd'el-Nour.

14* Al'Raudh al^bahidj fy messâîl eUkhelidj^ Le magnifique parterre touchant des questions relatives au Khalidjy ouvrage consistant en quelques feuilles seulement.

15« Anouâr eUdher&ry fy mocadderàt ohBokh&ry^ Les Etoiles brillantes sur les passages obscurs d*Al* Bolchâry.

16° Al'Moknie eUchkfy fyilm et-wafef, Le Livre suffisant et parfait touchant la science du temps. O'est un poème qui se compose de mille sept cents vers.

17° Le Talkhis du cheikh Ibn al-Benna, mis en vers sur le mètre Redjez.

18* Talkhis AUmeftah^ ou abrogé de l'introduction à TEloquence par Al-Kazouïny, également mis en vers.

19® Le traité mis en vers du//erz eUamâny, l'Amulette des désirs, ouvrage du célèbre docteur Abou'1-Kâssem Ibn-Ferro Al-Châtiby, mort au Caire en 590 de rhégire (1).

20° Le traité du docteur Al- Khoundjy intitulé : Ai- Djomaly les Propositions, mis en vers.

21° Il a résumé et mis aussi en vers l'Alfiyah d'Ibn- Mâlek.

22'' On lui doit encore im ouvrage qui traite des qualités et dos vertus de son maître l'ami de Dieu, le pieux et dévot Ibrahim Al-Masmoudy. Il consiste seulement en quelques feuilles séparées.

23* Un Commentaire de la Surate : la Sincérité (XII) d'après la méthode des philosophes.

(1) Al-Makkary, Analectesy seconde partie, page 475, et manuscrits de la Bibliothèque Nationale, supplément n» 49ô.

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Cette liste qui est fournie par Tauleur du Bostan et par le biographe Ahmed Baba el-Soudany dans son Takmilet el'dibâdj, sera à peu près complète, si l'on y ajoute deux autres opuscules qui sont attribués à Ibn- Marzouk par un écrivain très accrédité, le cheikh Al- Sakhâwy, savoir: un Commentaire sur Ibn-el-Hâdjeb al-Farehy^ et un autre sur le Teshil du même au* teur.

Les ouvrages que nous venons d'énumérer étaient tous complets, si nous en croyons les écrivains qui les mentionnent, mais il y en avait presque autant auxquels l'auteur n'avait pu mettre la dernière main et qu'il a laissés inachevés : nous croyons superflu d'en citer ici les titres et les noms. Toutefois, pour no rien omettre de ce qui est de nature à donner une juste idée du mérite scientifique de notre auteur, nous dirons qu'outre les travaux sus-mentionnés on avait aussi de lui des prônes ou allocutions religieuses qu'il avait prononcés dans les mosquées les jours du vendredi, ainsi qu'une foule de réponses ou décisions juridiques sur diverses matières de controverses ,qui avaient fait le tour du monde musulman, qui jouissaient partout d'une grande autorité, et qui étaient citées comme règles de droit et de conduite par tous les jurisconsultes et les muftis, décisions qui ont été recueillies par certains auteurs et dont on retrouve une partie dans les publications d'Al- Wanchérissy et d'autres savants auteurs africains.

II. — Cidi Kâssem ben-Eïssa Ibn-Nâdjy Abou'1-Fadl et Âbou'l-Kàssem.

Le cheikh Ibn-Nâdjy était un habile jurisconsulte, un savant très distingué^ un homme modeste et fort pieux. Il était né à Tlemccn vers le milieu du viii® siècle de Thégire. Epris d'un grand amour pour la science, il quitta do bonne heure le lieu de sa naissance pour aller entendre les professeurs les plus célèbres do son cpoquc ;

320 COMPLÉMENT D£ l'HISTOIRB DBS BBNI-ZBITAN.

c'est ainsi que dans la ville de Kairouân il s^ attacha aux leçonsdu docteur Abou-Mohammed Abd'Allah al-Chaîby; qu'à Tunis il suivit renseignement d'Ibn-Arafah (1) et des maîtres formés à l'école de ce fameux docteur, tels que le cheikh Abou-Mehdy al-Ghabrîny, le hâfidh Al- Barzely, le cheikh Al-Abby, le cadhi Yaâkoub al-Zaghby et autres savants dont il serait trop long de faire Ténumération. Il remplit successivement les fonctions de cadhi à Béja, à Djerba et à Kairouân. Il était très versé dans la Madaouxçànah (de Sahnoun), dont il avait fait une étude très approfondie et qu'il aimait à citer dans ses décisions. On lui doit un excellent commentaire de la Rissêlah (d'Ibn-Abou-Zeid al-Kaïrouâny), ouvrage dont le cheikh Mohammed ben-Abd'el-Karim al-Méghîly faisait un si grand cas, qu'il ne le désignait pas autrement que par le nom de Commentaire (ïor. Il est aussi Fauteur de deux commentaires sur la ModaoU" wana/i, Tun intitulé : V Hivernal en quatre livres, et l'autre que l'on appelle VEstivalyen deux livres seulement. Il a eu pour disciples une foule d'hommes qui se sont distingués par leur savoir : qu'il nous suffise de citer le nom du docteur Ahloulou, auteur d'un commentaire du Précis de jurisprudence par cidi Khalil. Le cadhi Ibn-Nâdjy mourut en 837 do l'hégire (1433 de J.-C), vers la fin du règne du sultan Abou-Abd'Allah Mohammed, fils d'Abou.Teschifin(2).

Après le docteur Ibn-Marzouk el-Hafid, il faut compter parmi les plus grandes illustrations du règne du sultan Ahmed le cheikh cidi Lahsen, ainsi nommé par ses contemporains et par les habitants modernes de la ville de Tlemcen. Ce qui a contribué à rendre son nom cé-

(1) Le docteur Abou-Abd*Allah Mohammed Ibn-Arafah al- Oûrghammy, imam et prédicateur delà grande mosquée Al-Zeitounàli à Tunis, mourut en 802 de l'hégire, à l'âge de 87 ans.

(2) Ahmed Baba el-Soudàny, Takmilet el-dibadj, page 271 de mon exemplaire, et le chérif Ihn-Mariam, le f^os/a.i. pn.^-? 1 • i.

RÈGNE DU SULTAN ABOU'l ABBËS AHMED.

lèbre et vénéré, c'est moins retendue de son savoir et la fécondité de sa plume, que Téclat de ses vertus et la réputation de thaumaturge qui lui avait été faite par la crédulité de ses coreligionnaires : sa vie qui appartient bien plus à Tagiographie mahométane qu'à Thistoire de la science et de la littérature arabe, mérite néanmoins d être connue; parce qu'elle se rattache par plusieurs côtés aux événements politiques de son temps, et qu'elle peut, d'ailleurs, intéresser ceux qui aiment à étudier les mœurs orientales, à pénétrer dans la vie intime des Arabes à une époque où l'ascétisme exerçait un grand empire sur les esprits aussi bien dans le monde chrétien que parmi les mahométans de TÂsie et de l'Afrique. Nos renseignements seront puisés aux sources déjà connues, et nous ferons parler, autant que possible, les auteurs arabes qui nous ont servi jusqu'ici de guides dans nos recherches et nos notices biographiques.

Le cheikh Âl-Hassan autrement dit La/isen, Ibn- Makhlouf ibn-Suad ibn-Saïd al-Mezily al-Râchidy Abou-Aly, connu plus communément sous le surnom d'Abarkan, qui dans la langue berbère veut dire le Noiv^ le cheikh, l'alfakih, l'imam, le docte professeur, l'ami de Dieu, l'homme pieux, Tillustre Kotb ou Pôle de sainteté, vint au monde dans les premières années du règne d'Abou - Hammou Moussa. Il était issu d'une famille berbère, les Amzilah, fraction de la grande tribu des Beni-Râched (1). Il était né dans le village de Djàméak qui fut détruit pendant les guerres de ce siècle et dont les habitants émigrèrent à Tlemcen et dans les villes voisines : c'était là que reposaient les cendres de ses an-* cètres. Sa mère, qui était de race masmoudienne, était venue s'établir dans la Maiisourah^ à la suite du sultan mcrinide Abou'l-Hassan, pendant qu'il faisait le siège de

(1) Les Bcni-Râched appartenaient ii la grande race des Zén6tes*

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Tlemcen en 737 de l'hégire (1336 de J.-C.) sous le règne d'Abou-Teschifin (1).

Le cheikh Lahsen raconte lui-même que, lorsque dans sa jeunesse il sortait do la ville avec sa mère pour aller respirer le bon air de la campagne, et que, traversant les ruines de la Mansourah, ils étaient arrivés à un certain endroit, elle lui disait : « C'est ici, mon fils, qu'était située la maison où nous demeurions à l'époque où cette ville était encore habitée. » Sa première éducation se fit sous lasurvoillance de ses parents, qui comptaient parmi les familles les plus honorables de la ville. Arrivé à 1 âge où la raison commence à se développer et à recevoir une direction plus ou moins libérale, il fut confié aux soins des deux plus savants professeurs de Tépoque, le fameux docteur cidi Ibrahim al-Masmoudy et l'imam Ibn-Marzouk el-HaQd, qui lui enseignèrent TÂlkoran et les éléments de la grammaire arabe. Étant ensuite parti pour rOrient dans le but de s'acquitter du devoir du pèlerinage, il s'arrêta d'abord dans la ville de Bougie, où il suivit le cours d'enseignement du docteur Abd'el-Rahman al-Waghrsily ; de là il se rendit àConstantine pour entendre le célèbre professeur Abou-Abd* Allah al-Marrekoschy. Arrivé à la Mecque, il fit connaissance avciplusieurs savants dont il se fit l'humble disciple et qui, à la fin de leurs cours, lui délivrèrent des diplômes de licence et les certificats d'étude les plus élogieux. Après un séjour do cinq ans dans la ville sainte, il se décida à reprendre le chemin de l'Occident avec le bâton sacré de pèlerin, portant suspendu à son cou le vénéré cliapelet de la Mecque, la mémoire ornée de pieux souvenirs, l'esprit enrichi d'une ample moisson de nouvelles connaissances, le cœur muni d'une double cuirasse contre l'impiété et les opinions hérétiques et hétérodoxes.

(l) Y oyez Histoire des Berbères, dijnanlie mérinide. Tome IV, page 219 et suivantcb.

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