RÈGNE DU SULTAN ÂBOU-ABO*ALLAH MOHAMMED
traducteur, plutôt que celui d'un historien libre et indépendant.
Du reste, nous savions que la vie de notre cheikh n'était pas restée jusqu'à nous sans interprète ; qu'en effet, elle avait paru, il y a plus de vingt-cinq ans, dans la Revue Africaine (1), et dans un article de co journal signé par un orientaliste fort distingué et très au courant des choses qui concernent l'Afrique. M. Charles Brosselarda tracé cette biographie avec des couleurs vives et brillantes, avec un intérêt et une imagination presque dramatique. Les amateurs du beau style, de récits animés et attrayants, trouveront dans cette notice de quoi satisfaire leur goût et leur curiosité : c'est là aussi que nous les renvoyons, s'ils veulent se faire une idée juste du mérite scientifique du cheikh, de la sainteté du thaumaturge que les musulmans vénèrent dans la personne de leur cidi Ben-Zégry. Seulement, en terminant cet article biographique, nous ajouterons avec l'auteur de l'article eu question cette réflexion, que si, après les trois siècles et demi qui se sont écoulés depuis la mort de Ben-Zégry, son nom a échappé à Toubli, il le doit moins à l'estime que peuvent encore inspirer ses ouvrages qu'à la réputation qui s'est attachée à sa quahté de saint et d'ami de Dieu.
Le cheikh Ben-Zégry mourut, comme il a été dit, dans les premiers jours du mois de safar de Tan 899 de l'hégire ou dans le courant de l'année suivante, cinq ans environ après cidi Al-Senoussy. Il fut enseveli dans le grand cimetière musulman, près du chemin qui conduit à Hubbed. Son tombeau, dont on avait perdu la trace et le souvenir, a été retrouvé en cet endroit dans le courant de l'année 1861, et l'épitaphe dont il est orné, a été publié par M. Brosselard, dans la Revue Africaine,
(i) Revue Africaine, cinquièmo année, numéro du 27 mai
366 COMPLÉMENT DE l'hISTOIRB DES UENI-ZEIYAN.
Voici les curieux renseignements, dont ce savant archéologue accompagne la traduction de ce monument.
(c Le texte de cette épitaphe, dit-il, lui donne la qualification patronymique d'Almaghra\vy, c'e8^à•dire originaire de la grande tribu des Maghrawahj particularité que ses biographes nous avaient laissé ignorer (1). Dans la partie haute du quartier de la Porte de Fer s'élève une mosquée portant le nom de Ben-Zégry, que les fidèles visitent avec dévotion. Du reste, tout ce quartier qui se nomme la Cité de cidi Zégry^ rappelle la mémoire de ce cheikh, et dans les alentours de la mos» quée on montre encore la maison paternelle et à quelques pas de là l'ateher du tisserand, où le jeune apprenti avait^ dit-on, préludé par des chants joyeux à la grandeur future de Vouali (2). »
2* Le cheikh Al-Senoussy.
Après tous les renseignements recueillis et publiés sur la vie du célèbre cheikh Al-Senoussy dans divers journaux et en différents temps par deux orientalistes distingués, d'abord par feu M. Cherbonneau (3) et en dernier lieu par M. Ch . Brosselard, il serait superflu de revenir sur un sujet aussi connu, surtout après Tample notice que celui-ci a fait paraître successivement dans la Revue Africaine {i), d'après un document inédit sur la biographie d'Al-Senoussy et rédigé par un do ses disciples, le cheikh Ahmed al- Ilabbedy, qui avait professe après lui, à Ilubbed,
(1) Revw Africaine, n® do bcplombre 1861, p. 313 et :31C.
(2) Revue Africaine, n» du mois de mai 1861, j). 169.
{''\) Voyez Journal Asiatique. — Documents inédits sur El" Sriioucij son caractère et ses écrits (cahier do février 1854, p. 175) et dans le môme journal, Catalogue des manuscrits arabes de Si-Saïd hen-Bechterzi (cahier d'octobrc-novembro de nicMne année, p. 442 et i'i3).
('i) Livraisons d'avril 1859 et du mois do juillet 18G1.